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Full text of "Mémoires publiés par les membres de la Mission archéologique française au Caire"

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I 






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in 2010 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/nnmoirespub04inst 



MISSION ARCHÉOLOGIQUE FRANÇAISE 

AU CAIRE 



TOME QUATRIEME 







u 



"'-"^ 







..' 



MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX- ARTS. 



MÉMOI RES 



PUBLIES 



PAR LES MEMBRES 



DE LA 



MISSION ARCHÉOLOGIQUE FRANÇAISE 



AU CAIRE 



SOUS LA DIRECTION DE E. GRÉBAUT_, DIRECTEUR DE LA MISSION 

ARCHÉOLOGIQUE DU CAIRE 



1885-1886 



TOME QUATRIEME 



// 



MONUMENTS POUR SERVIR A L'HISTOIRE DE 
L'EGYPTE CHRÉTIENNE AUX IV' ^ET" V« SIÈCLES VT 

\C PAR 



E. AMÉLINEAU. 



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PARIS 

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE, 
DE L'ÉCOLE DES LANGUES ORIENTALES VIVANTES, DE L'ÉCOLE DU LOUVRE, ETC. 

2^, RUE BONAPARTE, 28 
1888. 



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MONUMENTS 

POUR 

SERVIR A L'HISTOIRE DE L'EGYPTE CHRÉTIENNE 

AUX IVE ET V^ SIÈCLES 

PAR 

E. AMÉLINEAU. 



INTRODUCTION. 

Le titre de cette publication indiquera suffisamment le but cherché par l'auteur. 
11 n'a en aucune manière voulu entreprendre ici l'histoire de l'époque à laquelle 
appartiennent les monuments qu'il a recueillis un peu partout, qu'il a traduits, com- 
mentés et qu'il publie dans le présent volume; il a simplement eu le désir de mettre 
au service des historiens un certain nombre de matériaux sur lesquels leur attention 
ne s'est pas portée jusqu'ici. On connaît l'histoire religieuse de l'Egypte aux qua- 
trième et cinquième siècles de notre ère par les œuvres des historiens grecs : c'est 
dire qu'on n'en connaît guère que l'extérieur. Les diverses oeuvres qui forment ce 
volume sont des œuvres indigènes; par conséquent elles doivent nous donner les 
détails intimes de cette histoire, ou nous devons nous attendre à ne trouver ces 
détails nulle part ailleurs. Je dois dire de suite, qu'elles ne trompent pas l'espoir 
qu'elles font concevoir : elles nous fournissent bien ces détails si précieux pour le 
philosophe autant que pour l'historien. 

L'époque à laquelle appartiennent les monuments que je publie est importante 
entre toutes dans l'histoire du Christianisme en Egypte : elle commence à la fin de 
l'horrible persécution de Dioclétien, elle embrasse toutes les luttes de l'Arianismc 
et du Nestorianisme, elle se termine avec le concile de Chalcédoine qui fut le signal 



II E. AMÉLINEAU. 



de la décadence et de la ruine. C'est à cette époque qu'eut lieu l'immense effloraison 
monacale qui couvrit l'Egypte de moines, cénobites ou anachorètes. Cette efflo- 
raison dura près de deux cents ans dans toute sa splendeur. Après le concile de 
Chalcédoine, elle commença de décroître; à la fin du sixième siècle elle était bien 
déchue. L'arrivée des Arabes devait la ruiner complètement. On trouvera dans les 
documents que je publie l'un des types les plus curieux de ces moines de la Thé- 
baïde qui ont toujours été donnés à l'Occident comme des modèles inimitables de 
mortification et de pénitence. Par un heureux hasard sa vie a été d'une longueur que 
je serais tenté d'appeler démesurée : il ne vécut pas moins de cent dix- huit ans. 
J'aurais pu à la rigueur rattacher à son nom presque tous les monuments que je 
publie; malgré l'importance qu'on a voulu lui donner, je n'ai pas cru que la vérité 
se fût bien trouvée de ce rapprochement un peu trop violent. 

Ce moine s'appela Schnoudi. Son nom était connu de quelques spécialistes lorsque 
dernièrement on a plus particulièrement appelé l'attention sur lui. Le personnage 
qu'on a voulu présenter au public ne ressemble guère, je crois, à celui qui se dé- 
gage de lui-même de ses propres œuvres et des œuvres contemporaines ou autres. 
Comme tous les documents qui forment cette publication, à l'exception d"un seul, 
.ont quelque rapport avec Schnoudi, il s'ensuit que tous ont été fouillés avec plus 
ou moins de soin et qu'on en a donné certains extraits; c'est la première fois qu'ils 
sont publiés dans leur intégrité. Deux savants se sont surtout occupés de Schnoudi : 
ZoËGA au commencement de ce siècle, ou pour mieux dire à la fin du siècle dernier,' 
M. Re\illout de nos jours. Chacun d'eux a pris dans les différentes œuvres de la 
littérature copte les passages qui allaient plus spécialement au but poursuivi. Ce 
but n'a pas été le môme pour les deux. Le premier, Zoëga, a fait connaître dans 
son catalogue des manuscrits coptes conservés à la bibliothèque du cardinal Bor- 
GiA,^ les quatre ou cinq œuvres que je publie; il ne cherchait qu'à attirer l'attention 
des savants sur les copies que Tuki avait faites d'après les manuscrits de la biblio- 
thèque vaticano et sur les parchemins sahidiques du musée de Velletri. Des œuvres 
maintenant en question il n'a donné que des extraits pouvant jeter quelque lumière 

1. L'ouvrage de ZoKga a été publié à Rome en 1810 après sa mort : il y avait travaillé une grande 
partie de sa vie. 

2. Le titre exact est celui-ci : Catalogus Codiciim copticorum manuscriptorinn qui in inuscvo Bor- 
giano Velitris adservantvr. 



iVIONUMENTS, ETC. m 



sur la géographie de l'ancienne Kgypte. Jt a atteint son but; il a donc droit à la 
reconnaissance de la science. Le second, M. Revillout, a voulu distinguer Schnoudi 
de ses contemporains et le faire connaître tel qu'il fut. Dans son Mémoire sur les 
Blemmyes il a traduit et publié quelques traits de l'œuvre de Visa, disciple et pané- 
gyriste' du célèbre moine; puis dans deux articles publiés dans la Repue de l'histoire 
des Religions, et intitulés : Les origines du schisme égyptien; premier récit : le 
précurseur et inspirateur Sémiti le prophète, il a donné une biographie historique 
et littéraire de celui qu'il nomme Sénuti le prophète.- 11 a fait un choix parmi les 
récits nombreux contenus dans les œuvres coptes qu'il avait sous la main, il les a 
paraphrasés et commentés en empruntant un assez grand nombre de passages aux 
œuvres mêmes de Schnoudi telles que nous les ont conservées les parchemins du 
musée de Naples. De ce procédé est sortie une figure extrêmement frappante et 
curieuse, mais qui ne me semble pas entièrement conforme à l'histoire. 

La cause de ce défaut de ressemblance parfaite me semble devoir être rapportée 
à la valeur que M. Revillout a attribuée aux œuvres coptes. Sur cette valeur je 
dois dire que je diffère profondément d'avis avec cet honorable savant, et c'est à 
faire valoir les preuves de mon opinion que sera consacrée cette introduction. Je 
crois devoir en effet au respect que j'ai pour la science de ne pas présenter des 
documents au monde savant sans lui dire en même temps ce que j'en pense, jusqu'à 
quel point je les estime et comment je crois qu'on en doit faire usage. S'il s'agis- 
sait de monuments historiques ordinaires tels que nous les comprenons en Occi- 
dent, j'aurais pu me dispenser peut-être de cette critique, bien qu'il soit toujours bon 
pour un éditeur de textes nouveaux de montrer qu'il en connaît la valeur et qu'il 
sait la déterminer; mais ici le monde dans lequel nous font pénétrer ces documents 
est tellement en dehors de celui que nous connaissons et auquel nous sommes 
accoutumés, qu'il faut l'avoir pratiqué longtemps pour pouvoir le juger en con- 

1. Revue de l'histoire des Religions, IV'^ année, tome VIII, n°* 4 et 5. 

2. Je ne sais trop pourquoi M. Revii.i.out transcrit ainsi le nom de son héros. Ce nom en dialecte 
sahidique s'écrivait ujenoTTe et se prononçait Schénoudé; en memphitique il s'écrivait u|cnoT-V et se 
prononçait Schénoudi : pas un seul monument ne donne l'orthographe ccnOTTC ou cc«\ot-\- qui aurait 
été celle de la langue hiéroglyphique. J'écris Schnoudi selon la prononciation actuelle des Copies parmi 
lesquels ce nom est resté fort en honneur. Cette prononciation varie assez sur la dernière voyelle, on 
entend tantôt Schnoudi, tantôt Schnoudé, tantôt même Schnouda. M. Rf.vh.i.ovt a sans doute voulu 
conserver la prononciation grecque et fautive }i'.vo'jO:o;; mais les Grecs n'avaient pas de chuintante. 



IV 



E. AMELINEAU. 



naissance de cause. Je dois même avouer que si je n'avais eu l'avantage, avantage 
peu désirable à bien des points de vue, mais inappréciable pour la connaissance 
des mœurs et des lieux, de vivre pendant quelques semaines avec les successeurs 
actuels de ces antiques et célèbres moines, je n'aurais pas compris nombre de faits 
et j'aurais en vain cherché le sens de certaines expressions qui m"apparaissaient 
pour la première fois. J'ai donc employé tous les moyens pour parvenir à faire de 
cet ouvrage un utile instrument pour ceux qu'attirera l'histoire de cette période du 
Christianisme en Egypte. 

Le séjour que j'ai fait à plusieurs reprises chez les moines coptes m'a permis, 
par une sorte de marche en arrière d'arriver, en contemplant le présent, à voir ce 
que fut le passé. D'ailleurs il y a dans la vie monacale actuelle en Egypte peu de 
différence avec la vie des premiers ascètes. C'est envoyant les moines d'aujourd'hui 
lire les œuvres du temps passé, c'est en les entendant me raconter les vies extra- 
ordinaires de leurs grands hommes, que j'ai compris ces hommes et leurs actions. 
Je n'ignorais cependant auparavant ni les uns ni les autres; dès mon enfance mon 
oreille avait été bercée de ces légendes; mais le souffle n'était pas passé qui devait 
donner la vie à tous ces ossements épars. Je n'ai donc pas cri faire une œuvre 
antiscientifique en me servant de ce que j'ai vu, entendu, pour arriver à déterminer 
la valeur des monuments qui composent ce volume. J'ai d'abord dans la première 
partie de cette introduction essayé de déterminer intrinsèquement, d"après la mé- 
thode habituelle de comparaison, la valeur des divers documents pris chacun en 
particulier; puis dans la seconde j'ai voulu élargir le débat et j'ai dit ce que je pen- 
sais de la manière de composer des auteurs coptes. Cette manière est si différente 
de Ici nôtre que personne ne sera surpris que les résultats soient si éloignés de ceux 
que nous recherchons habituellement; mais je serais fâché qu'on en fît un crime 
à ces braves gens qui ont pensé tout d'abord à eux avant de penser à nous. Cer- 
tainement si je n'avais recherché que la satisfaction de mes goûts personnels, je 
ne devrais pas une bien grande reconnaissance à de pareils auteurs; mais je dois 
les juger d'après ce qu'ils sont et non d'après ce que j'aurais désiré qu'ils fussent. 
Etaient-ils tenus de contenter mes goûts avant les leurs? Evidemment non. Donc 
au lieu de récriminer contre eux, j'avais mieux à faire : j'avais à les comprendre, 
puis à les expliquer. Après les avoir compris et expliqués, je pouvais les juger et 
montrer combien 'eur méthode me semblait inférieure à celle de la race hindo- 



MONUMENTS, ETC. 



européenne; je n'y ai certes pas manqué. Mais je dois toujours leur savoir gré de 
m'avoir fourni le sujet d'une étude qui ne manque pas de charme malgré son ap- 
parente sécheresse et qui a une réelle importance pour l'histoire du sentiment reli- 
gieux dans l'humanité. L'étude approfondie de cette histoire est appelée à redresser 
bien des jugements et peut-être à contrister bien des âmes qui se sont habituées à 
recevoir des jugements tout faits et à orner le passé des vertus du présent : les 
droits de la vérité me semblent trop forts et trop sacrés pour que j'aie pu un seul 
moment hésiter. Je crois fermement que l'homme ne peut que gagner à posséder 
la vérité pure de tout alliage. En aucune façon les conclusions qui ressortent avec 
évidence de l'étude de certains faits ne peuvent être nuisibles au bien général de 
l'âme humaine. On s'est habitué à couronner les solitaires et les cénobites de 
l'Egypte de l'auréole lumineuse des vertus les plus parfaites : si Tétude de leurs 
œuvres et de leur vie montre que cette auréole a été indûment usurpée, l'âme 
peut bien rester un moment étonnée, mais elle se retournera bientôt vers 1" infinie 
vertu et s'écriera : L'homme et ses œuvres sont fragiles; Dieu seul est immuable. 



L 



Les monuments publiés ici ne sont ni de la même main, ni du même âge. De 
même les sujets traités dans ces diverses œuvres sont différents. Cependant elles 
se rapportent toutes à une même époque, et c'est la raison pour laquelle je les publie 
en un seul tout. Ces monuments sont au nombre de cinq : i° Un abrégé du pané- 
gyrique de Schnoudi, par son disciple Visa, texte copte en dialecte memphitique 
avec des fragments sahidiques du même ouvrage rejetés en appendice; 2'' Un éloge 
funèbre attribué à Dioscore, le célèbre fauteur du schisme égyptien, à propos d'un 
évêque de la Haute-Egypte, nommé Macaire de Tkôou : le texte est copte en dia- 
lecte memphitique; 3° un Discours attribué à S' Cyrille sur la mort : le texte est 
également en dialecte memphitique; 4° une série de Lettres échangées entre les 
archevêques Pierre Monge d'Alexandrie et Acace de Constantinople, lettres ayant 
trait à la grande controverse du monophysitisme ou eutychianisme : le texte est en 
dialecte memphitique; 5° enfin le Panégyrique complet de Schnoudi par son dis- 
ciple Visa : ce panégyrique ne nous est parvenu que dans la traduction arabe ; mais 



VI E. AMELINEAU. 



cette circonstance ne saurait nuire à la valeur intrinsèque, car il contient un grand 
nombre de faits que l'abréviateur copte avait omis de son plein gré, comme je le 
démontrerai dans l'analyse raisonnée que j'ai à faire de chacune de ces œuvres. Je 
joins en appendice plusieurs morceaux, de simples fragments, nécessaires à la com- 
plète compréhension du texte principal, ou simplement à son explication. La raison 
de cet assemblage, je le répète, c'est que sans exception tous ces documents se rap- 
portent à l'histoire des quatrième et cinquième siècles, racontent la vie entière ou 
quelques détails de la vie d'un personnage célèbre dans son pays, ou jettent une cer- 
taine lumière sur plusieurs événements de cette époque agitée et presque inconnue. 

I. Vie copte de Schnoudi. 

L'œuvre par laquelle je commence cette publication est la vie de Schnoudi 
par son disciple Visa. Voici le titre que le copiste copte a mis en tête de l'œuvre 
de Visa : ^ev» uottss-ï e£io7y.^€ti tti2s.0M «cm «ïujc|)Hpi ctô. c^-^ ô^itott e£io7V.piTOTq 
MneuuoT eeoTôvÊi j^npoc^RTHC evnev ujenoT'^ nmpecÛTTepoc oto^ nievp;;^^;;^^- 
Mdwtii^piTHC edvq^icTopeni mmwott ti2s.€ c^h eeoTTô^fe d^nô. £mcâv TieqMôs.eHTHc eo^r- 

tuûeïi u^oTo 2îk.e nie^ooT wre Tiepepr^AV-eiri eecTô^Ci exe cott -5 janiôwùoT ennn ne 
*€« oToeipHMH «Te c^*^ ôwMHH. Ce qui se traduit ainsi : Quelques-unes des vertus 
et des merveilles que Dieu a opérées par la main de notre père saint, le prophète 
apa Schnoudi; lesquelles a racontées le saint apa Visa' son disciple, pour la gloire 
de Dieu et le profit de quiconque les entendra, afin que chacun rende gloire à Dieu 
en tout temps, surtout au jour de sa commémoraison sainte., qui est le septième 
jour du mois d'Epiphi : dans la paix de Dieu. Amen. 

Comme on le voit, ce titre n'est pas celui que l'auteur Visa avait donné à son 
œuvre, s'il lui en avait lui-même donné un. M. Revillout- a d'abord appelé cette 

1. Ce nom s'c i.t en copte ûhca, et se prononce Visa : j'ai adopté l'orthographe de la prononcia- 
tion, comme pour le nom de Schnoudi. Ce nom de ûhcjv est le même que celui du dieu égyptien | yr!n- 

2. Le nom de M. Revit.i.out reviendra forcément sous ma plume assez souvent : la raison en est 
bien simple, M. Revii.i.out s'est occupé de Schnoudi avant moi; comme j'ai d'autres idées que lui sur 
un certain nombre de faits, je suis arrivé à d'autres conclusions que je m'efforcerai de faire valoir. 
Pour ce faire, je suis obligé de réfuter ce que je crois erroné dans l'œuvre de mon devancier : cela ne 
m'cmpcchc pas d'estimer les travaux de valeur. 



MONUMENTS, ETC. VII 



œuvre une chronique' et ensuite une biographie;'' je ne puis adopter ni l'une ni 
l'autre de ces appellations. Ce n'est pas une chronique; car non seulement il n'y a 
aucune date indiquée dans le courant de l'œuvre, mais si l'on excepte le commen- 
cement et la fin, c'est-à-dire les récits de l'enfance et de la mort de Schnoudi, il 
est impossible d'y trouver un ordre quelconque qui rappelle tant soit peu Tordre 
chronologique. Les divers récits y sont amalgamés comme ils se sont rencontrés 
sous la plume de l'auteur, sans le moindre lien qui puisse les rattacher ensemble. 
Il eut cependant été possible et même facile de mettre de l'ordre dans ce désordre, 
même sans vouloir se conformer à l'ordre chronologique. On a bientôt fait d'énu- 
mérer les principaux événements de la vie de Schnoudi, car elle roule toujours 
dans le même cercle : observances monacales, gouvernement de son monastère, 
influence extérieure de Schnoudi, lutte contre le paganisme, défense de la foi ortho- 
doxe, voilà quels sont les principaux chefs sous lesquels se rangent facilement les 
divers récits contenus dans la vie du moine égyptien. Mais l'auteur n'a nullement 
pensé à cet ordre : les faits qui se rapportent à l'un des chefs précédents sont dis- 
séminés un peu partout, ils ne sont groupés nulle part. Une telle œuvre ne saurait 
donc être désignée par le titre ambitieux de chronique. Elle ne peut davantage 
être nommée une biographie. Le mot biographie emporte par lui-même quelque 
chose de complet : l'œuvre copte contenue dans le volume 66"" des manuscrits 
coptes de la bibliothèque vaticane n'est pas une œuvre complète : ce n'est qu"un 
abrégé. 

Le titre que je viens de citer montre à lui seul que nous n'avons pas affaire 
à une biographie complète. En effet, et je dois ici appeler la philologie à mon se- 
cours, le conjonctif qui relie la seconde partie de la phrase à la première, se rap- 
porte non pas à l'expression indéfinie quelques-unes, mais aux mots j-ertus et mer- 
veilles, de sorte qu'il ne faut pas comprendre que Visa lui-même n'a raconté que 
ces quelques vertus et merveilles que l'on trouve dans l'œuvre copte; mais que 
cette œuvre n'est qu'un abrégé, ne contient que quelques-unes de ces vertus et de 
ces merveilles qui ont été racontées par l'apa Visa, le disciple du saint archiman- 
drite et prophète Schnoudi. Si le titre était l'œuvre de Visa lui-même, il faudrait 
certainement le comprendre dans le sens le plus favorable à l'auteur et comme l a 

1. Revii.i.out, Mémoire sur les Blemmyes, p. i. 

2. Revue de l'histoire des Religions, 4^= année, tome VIII, p. 401 et passim. 



VIII 



E. AMELINEAU. 



compris M. Revillout en croyant se trouver en présence d'une véritable biogra- 
phie. On peut m'objecter, il est vrai, certaines expressions qui se trouvent au cours 
de l'œuvre et surtout le commencement. Voici ce commencement tel que je l'ai 
traduit : «Je commencerai de raconter les vertus et les merveilles qu'a faites notre 
père saint apa Schnoudi, lesquelles j'ai vues de mes yeux, moi Visa son disciple, 
ainsi que celles que notre père saint apa Schnoudi m'a dites de sa bouche où U 
n'y avait jamais de mensonge. Je vous en raconterai maintenant quelques-unes.» 
L'expression employée dans le texte est la même dans les deux passages, j- le 
sais; mais Visa ne pouvait pas avoir la prétention d'énumérer et de raconter tout 
au long les actions merveilleuses de son père Schnoudi; car, comme il le dit plu- 
sieurs fois, elles sont innombrables et dépassaient ses forces à lui qui n'était qu'un 
«homme humble et inhabile dans l'art du discours, ne sachant pas conduire une 
barque et craignant de se noyer dans les flots de la mer» . Il a donc fait son œuvre 
aussi complète qu'il l'a pu, mais sans espoir de n'oublier rien. Si cette raison ne 
suffit pas pour prouver ce que je dis, j'ajouterai qu'il était possible d'arriver à la 
même conclusion en examinant les fragments thébains de la même œuvre qui se 
trouvent au musée de Naples. Il n'était pas même besoin d'aller à Naples pour 
faire cette constatation, il suffisait d'ouvrir le catalogue de Zoëga aux pages 3 77 
et 379 : là se trouvent deux fragments de la vie de Schnoudi et dans les deux on 
trouve des traits que ne contient pas la vie memphitique. Il était donc facile de 
conclure que cette vie memphitique n'était pas l'œuvre complète de Visa. En 
outre j'ai rencontré moi-même dans les fragments thébains ou memphitiques que 
Lord Crawford a bien voulu mettre à ma disposition, un fragment memphitique 
ayant tout l'air d'appartenir à une vie de Schnoudi et où l'on rencontre un récit 
qui ne se trouve pas dans l'abrégé du Vatican. Enfin, l'année dernière, dans mes 
courses à travers la Haute-Egypte, j'ai eu la chance de découvrir et de mettre le 
premier la main sur une vie arabe de Schnoudi, vie attribuée au même auteur, 
c'est-à-dire à Visa, et offrant un bien plus grand nombre de faits que la vie mem- 
phitique, et des détails plus circonstanciés dans plusieurs narrations qui se trouvent 
à la fois dans les deux œuvres. 

A ces preuves qui sont en grande partie extrinsèques, je peux en ajouter une 
autre qui est purement intrinsèque. Dans un certain nombre de récits, la vie mem- 
phitique présente les faits d'une manière très sommaire et quelquefois incompré- 



MONUMENTS, ETC. IX 



hensible. La traduction en est possible, mais on ne peut en avoir la parfaite intel- 
ligence; on sent que certains détails ont été omis qui devaient donner la lumière. 
Les exemples ne seront pas inutiles. A un certain endroit de la vie memphitlque 
l'auteur raconte que Schnoudi fit creuser un puits, et il le fait ainsi : \\ arriva un 
jour qu'on travaillait à un puits et qu'on le creusait dans le monastère : les frères 
y travaillaient. L'un des frères qui était avec eux pour le travail courut, il informa 
notre père apa Schnoudi qui se leva, prit son bâton de palmier et vint près du 
pi.Vits : il étendit son bâton, il le planta et à l'instant le bâton prit racine, fit pousser 
des branches et des régimes de dattes. Les frères qui travallaient mangèrent de ses 
fruits, et le puits est demeuré jusqu'à ce jour.» Il n'est personne qui ne voie que 
cette narration est incomplète, car pourquoi le frère court- il avertir Schnoudi? 
Quelquechose devait être arrivé qui nécessitait la présence du thaumaturge. Pour- 
quoi Schnoudi lui-même plante-t-il son bâton et fait-il pousser un palmier? Le 
texte memphitique n'en dit rien. Et cependant, il n'est pas ordinaire qu'un auteur 
raconte en laissant de plein gré sous silence les détails qui font comprendre les 
actions des personnages qui agissent. Dans la circonstance présente si l'un des 
frères, celui qui avait la surveillance du travail et qui n'était autre que Visa lui- 
même, court avertir Schnoudi de ce qui se passait, c'est que l'endroit où l'on creu- 
sait le puits n'était pas propice et que le terrain supérieur s'éboulait sur les frères 
à mesure qu'ils creusaient. De même si Schnoudi plante un palmier c'est afin de 
retenir la terre par les racines de l'arbre, et il n'y a là rien que de très naturel. Un 
autre exemple de la même manière de procéder se retrouve dans le récit que 
l'abréviateur fait de la construction de l'Eglise et du monastère. «Dans le temps 
qu'on n'avait pas d'Église», dit-il, «notre Seigneur Jésus le Christ apparut à notre 
père apa Schnoudi et lui dit : Lève-toi; augmente l'église, fonde u.-i monastère et 
bâtis une église en mon nom et au tien. — Mon père apa Schnoudi dit : Mcm 
Seigneur, où trouverai-je de quoi achever l'endroit et le bâtir. — Le sauveur lui 
dit : Lève-toi, va vers ta demeure qui est dans le désert : ce que tu trouveras dans 
le chemin, prends-le et achève l'église avec. Et ne pense pas le moins du monde 
que ce soit une œuvre du diable; mais c'est ainsi qu'il arrivera jusqu'à ce que tu 
aies bâti l'église et le monastère selon ma volonté. Je suis le Seigneur, j'ai dit. 
Alors notre père se leva, il marcha vers 1 intérieur du désert, il y pria toute la nuit. 
Mais lorsqu'il sortit du désert, au matin, il trouva une petite bouteille, fiiisant une 

b 



X E. AMELINEAU. 



palme de long, il étendit sa main, la prit et s'en retourna au monastère. Et ensuite 
notre Seigneur Jésus vint vers notre père, ils marchèrent ensemble, ils augmen- 
tèrent les fondements du monastère; et ainsi mon père désigna les manœuvres, 
les artisans, les maçons et les charpentiers. Ils travaillèrent à l'église et ils l'ache- 
vèrent le Seigneur les aidant en tous travaux et en toute chose dont ils avaient 
besoin.» Il est évident au premier coup d'œil que le récit n'est pas complet et qu'il 
ne suffit pas de trouver une bouteille d'une palme de long pour pouvoir bâtir un 
monastère comme celui que bâtit Schnoudi et que j'ai vu, car il existe encore. Le 
récit primitif devait dire ce que contenait cette bouteille; et- en effet, la vie arabe 
dit que la bouteille était remplie de pièces d'or, et elle ajoute beaucoup d'autres dé- 
tails sur cette construction qui a été l'une des œuvres les plus durables de Schnoudi. 

Je pourrais multiplier ces exemples, car il y a beaucoup de récits où l'on sent 
des lacunes dans la vie memphitique et où la vie arabe fournit des détails qui 
complètent la narration et satisfont l'esprit étonné du lecteur. Les deux passages 
que j'ai cités suffisent, j'espère, à montrer que mon induction n'est pas chimérique; 
mais qu'elle repose sur des faits assez nombreux et assez probants. La vie mem- 
phitique contenue dans le manuscrit de la Vaticane n'est donc pas l'œuvre génuine 
de Visa : ce n'est pas une biographie, ce n'est qu'un abrégé fait par un moine 
pieux pour la plus grande gloire de Dieu et pour le profit des lecteurs qui devaient 
y trouver ample matière à édification. 

Cette conclusion ne doit pas cependant faire nier l'œuvre même de Visa. Que 
Visa ait écrit une vie de son maître Schnoudi, c'est ce que tous les documents con- 
cordent à prouver. Comme l'abrégé copte, la vie arabe est attribuée à Visa, le 
disciple de Schnoudi et son successeur. Ce Visa nous est d'ailleurs connu par 
d'autres monuments. Dans le Panégyriguc de Macaire de Tkôou, attribué au pa- 
triarche Dioscore et que j'examinerai bientôt, Visa est dit avoir été le successeur 
de Schnoudi après sa mort, comme il était son vicaire de son vivant. En outre 
le musée de Naples possède des écrits qui sont sans contredit Tœuvre personnelle 
de Visa' : ce sont des lettres et des sermons où l'on voit clairement que la méthode 
de composition est la même, et aussi le style, que dans le résumé memphitique. 
En effet à chaque instant, comme on pourra s'en apercevoir en lisant les docu- 

I. ZoËGA, Cat. coJ. copt., n. CCII— CCVII, 5o2 — 5i5. 



MONUMENTS, ETC. XI 



mcnts que je publie, soit dans la vie copte, soit dans la vie arabe, on se trouve en 
présence de textes scripturaires cités à tout propos : les lettres et les sermons de 
Visa sont de la môme facture. Le style y est aussi humble et sans couleur que 
dans la vie de Schnoudi : ce dont il ne faut pas se plaindre d'ailleurs, car les dif- 
ficultés de l'intelligence du texte sont moins grandes et moins nombreuses. Le 
nom de Visa est inscrit en tête des fragments dont je parle, et dans ses lettres on 
voit qu'il est vraiment le successeur de Schnoudi et qu'il continue l'œuvre de son 
père. En outre dans la narration même de la vie, comme dans la préface, Tauteur 
parle toujours de lui à la première personne, et il le fait avec un air de sincérité et 
de véracité qui ne laisse aucun doute. Je crois donc que Visa est bien l'auteur de 
la vie de Schnoudi et que dans le résumé copte nous avons son texte même, toutes 
les fois qu'il n'a pas été tronqué. Cependant quand je dis que nous avons son texte 
même, il ne faut pas s'y méprendre, car nous n'avons sans doute que des fragments 
de l'œuvre personnelle de Visa. Je crois en effet que Visa écrivit son ouvrage dans 
le dialecte thébain. Plusieurs raisons me portent à le croire : d'abord le monastère 
de Deir Schnoudi est situé au Sud-ouest d'Akhmim qui est bien dans la Haute- 
Egypte; en second lieu tous les parchemins qui contiennent les œuvres de Schnoudi 
et celles de Visa sont écrits en dialecte thébain; en troisième lieu les parchemins 
que l'on découvre encore aujourd'hui dans le monastère illustré par notre héros 
n'offrent que des textes sahidiques, ainsi que les inscriptions que Ton rencontre 
dans ce monastère et dont j'ai pu copier une partie. Cet ensemble de faits prou- 
vent, je crois, que le dialecte thébain était parlé dans le monastère de Schnoudi, 
et que par conséquent les ouvrages écrits dans ce monastère n'ont dû l'être que 
dans le dialecte du Sahid. Le texte memphitique n'est donc qu'une traduction, et 
je ne sais si je m'éloignerai beaucoup de la vérité en pensant que la traduction tut 
la cause même de l'abrégé et que le traducteur a voulu se rendre la besogne plus 
courte et plus facile. D'ailleurs le choix qu'il a fait dans l'ouvrage de Visa montre 
qu'il a agi d'après une idée préconçue, car il n'a donné aucun détail qui soit avant 
tout historique, ou du moins qui paraisse l'être; il a laissé de côté tout ce qui n était 
pas assez merveilleux à son gré, tout ce qui lui paraissait plus se rapporter au type 
de l'homélie que du récit; il n'a pris que les pages qui, avant tout, devaient l'édilier 
lui-même d'abord, et édifier ses lecteurs ensuite. S'il a conservé, en certains en- 
droits, quelques phrases nécessaires pour rattacher ensemble les diverses parties 



XII E. AMÉLINEAU. 



du récit il l'a fait maladroitement et les a rendues fort difficiles à comprendre, sé- 
parées qu'elles sont de leur contexte. C'est en particulier le cas pour la phrase où 
l'auteur tâche de se donner quelque courage en disant : «Allons, maintenant, mani- 
festons pour vous les vertus et les merveilles que Dieu a opérées par la main de 
mon père le vieillard; car voici un grand nombre, de jours que je souffre et suis 
troublé, craignant de m 'approcher des œuvres merveilleuses de mon père apa 
Schnoudi; car je suis sans force et inhabile dans le discours, de peur que je ne 
sois noyé dans la mer des eaux parce que je ne sais pas nager; car je suis débiteur 
d'une grande dette, mais le créancier nest pas troublé dans ses œuvres.»' Cet 
amalgame me semble incompréhensible de prime abord si l'on veut se rendre 
compte, non pas des mots qu'on peut toujours comprendre de force ou de gré, 
mais de la suite et de la genèse des pensées dans l'esprit de l'auteur. Bien plus, si 
le texte n'est pas fautif et rien ne montre qu'il le soit, le traducteur memphitique 
n'a pas compris le texte sahidique; car le dernier membre de phrase «le créancier 
n'est pas troublé dans ses œuvres», n'est pas compréhensible. Si au contraire je 
prends le passage correspondant dans la vie arabe, je vois tout autre chose. D'abord 
je me rends compte de l'emploi de la seconde personne du pluriel et je vois que 
j'ai affaire à un discours prononcé par Visa, le jour de la commémoraison, c'est- 
à-dire de la fête de Schnoudi, tandis que rien ne m'indique la raison pour laquelle 
je me heurte dans le texte copte à un pronom pluriel de la seconde personne que 
rien ne justifie apparemment. En outre je lis : «Voici les enseignements que le saint 
anba Schnoudi nous a toujours donnés, et que nous venons, ô nos fils, de vous 
expliquer à l'instant; et nous allons vous raconter quelques-unes de ses nombreuses 
actions et des merveilles que Dieu a accomplies par sa main. Et voici que jadis j'étais 
craintif, rempli d'appréhension, n'osant pas expliquer les qualités et les mérites de 
mon père le saint, le grand, notre père anba Schnoudi, notre vrai père, père uni- 
versel; car je craignais et redoutais étant faible, humble de parole et d'action, de 
me noyer dans les flots de la mer, puisque je ne sais pas nager, que je suis petit 

I. Peut-être puis-jc donner la cause de ce contre-sens. Le texte thébain pouvait très bien avoir 
ujTcpTip çji iieq^Éiinj-e. Le mot ujTcpTip est une forme très rare d'un participe à nuance fréquentative 
qui signifie : qui a Vhabitude de se remuer et de troubler, turbulent. Le traducteur memphitique n'ayant 
pas saisi cette nuance a mis le même mot ujoopTep en memphitique, et ce mot n'a pas le même sens : 
ou alors il faut dire que c'est un sens inconnu jusqu'ici. 



MONUMENTS, ETC. XIII 



et chétif; et mon esprit est faible, j'ai commis des fautes et j'ai endossé une dette 
considérable; mais le créancier est pitoyable et indulgent de caractère.-^- Il n'y a 
rien que de très compréhensible dans ces paroles : avant le jour où il se décida à 
prononcer l'éloge funèbre de son maître et de son prédécesseur, Visa avait reculé 
devant la grandeur de la tâche en y comparant sa petitesse et son insuffisance : 
telle est la pensée exprimée sous une suite de métaphores de mauvais goût, j'en 
conviens, mais très compréhensibles. S'il surmonte enfin cette sorte de répugnance, 
c'est qu'il connaît la pitié et l'indulgent caractère du créancier envers lequel il a 
contracté une trop lourde dette, c'est-à-dire de son père Schnoudi. 

S'il m'a été possible de démontrer que l'auteur de la vie de Schnoudi est Visa, 
et que ce Visa a écrit son œuvre dans le dialecte thébain, je ne peux guère espérer 
d'arriver à savoir à quelle époque a été faite la traduction memphitique. Je tâcherai 
plus loin, en examinant le texte arabe, de déterminer à quelle époque et même à 
quelle année a été prononcé le discours de Visa; mais il m'est complètement im- 
possible de savoir à quelle époque a été faite la traduction memphitique. Tout ce 
que je peux dire c'est qu'elle a été faite avant la fin du dixième siècle, car le ma- 
nuscrit du Vatican qui contient cet abrégé de l'œuvre de Visa a "été donné au cou- 
vent de Scété dédié à S^ Macaire en l'an g35 de notre ère. Cependant quelques 
remarques faites sur l'ensemble de la littérature copte peuvent limiter l'espace dans 
lequel a pu se faire cette traduction. Je crois en effet que l'ouvrage connu sous le 
nom à' Apophthegmes des Pères est un ouvrage écrit primitivement en copte dont 
nous n'avons longtemps connu en Occident que la traduction grecque ou latine. 
Je crois en outre que cet ouvrage dont des fragments assez nombreux ont été con- 
servés en sahidique,' a été écrit en memphitique par les moines de Scété dont il 
était en quelque sorte comme le livre de famille^ quoiqu'il ne nous en ait été con- 
servé que trois ou quatre fragments dans ce dernier dialecte.' Pour justifier cette 
croyance, je me fonde sur ce fait que dans les fragments thébains que nous con- 
naissons de cet ouvrage, il n'est pas fait mention d'un seul moine habitant au- 
dessus d'Assiout ou Lycopolis, et que tous ceux dont les noms sont entourés de 
gloire ou simplement cités avec honneur sont des moines ayant vécu dans l'Egypte 
moyenne et dans la Basse-Egypte, le plus grand nombre d'entre eux ayant vécu 

1. ZoËGA, Cat. cod. copt., n° CLXIX, p. 287 — 361. 

2. Ces fragments se trouvent dans le manuscrit 64 du Vatican. Cf. ZoKr,.\. op. cit., p. 120 — 132. 



XIV E- AMÉLINEAU. 



à Nitrie ou à Scété. S'il n'est pas possible actuellement de dire avec certitude à 
quelle époque précise ont été composés ces Apophthegmes, on peut cependant déter- 
miner l'époque avant laquelle ils n'ont pas été écrits, ainsi que celle avant laquelle ils 
ont été réunis en un seul corps d'ouvrage. En effet, il y est fait mention du règne 
de Marcien et des efforts que fit ce prince pour faire souscrire la célèbre définition 
doctrinale connue sous le nom de Tome de Léon; ils n'ont donc pas été composés 
avant la fin du cinquième siècle. D'un autre côté, il n'y est fait aucune allusion à 
l'invasion de l'Egypte par les Arabes, ni même à aucun des patriarches succes- 
seurs de Dioscore : on n'y trouve le nom d'aucun moine postérieur à Daniel qui 
gouverna tous les monastères de Nitrie et de Scété et qui vivait à la fin du cin- 
quième siècle; on peut donc avec toute vraisemblance dater la composition de cet 
ouvrage des dernières années du cinquième siècle ou des premières du sixième. Or, 
dans cet ouvrage, on ne connaît pas Schnoudi, son nom ne s'y rencontre pas une 
seule fois; par contre il est connu peu de temps après que l'Egypte a été ravagée 
par les Perses sous la règne d'Héraclius; car dans la vie de Pisentius évêque de 
Keft, vie écrite par l'un de ses successeurs sur des notes laissées par le disciple 
même de Pisentius, on voit que les écrits de Schnoudi lui étaient connus. En effet, 
on cite dans cette vie un sermon de Schnoudi sur la tenue qu'on doit garder à 
l'église, où le prêtre, surtout à l'autel, ne doit ni cracher ni se moucher, où Ton 
ne doit ni parler ni se tenir mollement,' et il est probable que Pisentius a été connu 
des moines de Scété peu de temps après sa mort. Or, l'invasion des Perses doit se 
rapportera la cinquième année du règne d'Héraclius, c'est-à-dire à l'année 61 5 de 
notre ère. Il est donc probable que c'est vers la fin du sixième siècle, un siècle 
environ après sa mort, que Schnoudi fût connu des solitaires de Nitrie et de Scété, 
qu'on lût sa vie et ses œuvres préalablement traduites, et par conséquent qu'à cette 
même époque remonte l'abrégé qui forme la première partie des documents que 
je publie. Mais toutes ces inductions ne doivent être données que comme une 
simple conjecture. 

Je pourrais discuter ici la valeur historique de cet abrégé, mais comme les faits 
qu'on y raconte se retrouvent tous ou à peu près dans la vie arabe, je remets cette 

I. ZoËGA, Cat. cod. copt., p. 41 — 45. Le passage auquel je fais allusion se trouve p. 42 pour le 
texte et 44 pour la traduction. J'ai copie tout cet éloge dans le Cod. copt. du Vatican n° 66 et je le 
public en ce moment t'ans les Mémoires de l'Institut Égyptien. 



MONUMENTS, ETC. XV 



discussion, afin de ne pas me répéter et de ne pas faire double emploi; car les 
mêmes raisons militent en faveur de mon sentiment dans les deux cas, et tout ce 
qui peut se dire de la traduction arabe, peut et doit se dire de l'abrégé memphitique. 

II. Panégyrique de Macaire de Tkôou par Dioscore d'Alexandrie. 

Le document qui suit l'abrégé de la vie de Schnoudi par Visa, porte le titre 
suivant : oireuRcoMion eis.qTd.oiroq ii2s.e nennevTpie^p^Xl^^c ceoTô^Ê uchioît ti^p- 
|)(;^HeTiici\onoc nxe pôwUO'^ iiiô^i^ioc 2s.iocK.opoc eô.qTô.oiroq ^HkSiShs. Môvud^pi iiicni- 
CHonoc «Te tkcoott '^noTVic aihichott ctô». Md^puies-uoc noirpo epe^oipi'^em MMoq 
eiî'dwiiupèv '^hhcoc «tc Ties.(i|>7V.es.i?(x)nidi ^ett n2s.inepe ô^nes. nevc^tioT-^- oojTv. iyô.po-4 
€2s.eM îieqiyniï eôvqTis.Me èvnev 2s.ïOci\opoc 2i.G ôv^oslcor efco'iV utc iiiAv.d.\î.ô^pioc ££\\ 
pèviic^ ^en oirMGTeMo7V.ouGiTHc. Ce qui se traduit ainsi : «Éloge que prononça notre 
patriarche saint, notre père l'archevêque de Rakoti, le saint Dioscore, lequel éloge il 
prononça sur abba Macaire, évêque de la ville de Tkôou, au temps que le roi Mar- 
cien l'avait exilé à Gangres, île de la Paphlagonie, lorsque apa Paphnuti alla le 
visiter pour apprendre à apa Dioscore que le bienheureux avait terminé sa vie a 
Rakoti en confessant la foi.» Le copiste qui a mis ce titre en tête de son œuvre 
ajoute ce qui suit : «Lorsque Dioscore prononça cet éloge étaient près de lui une 
foule de clercs et de moines qui étaient allés le visiter dans son exil. Ce discours a 
été écrit par les diacres Pierre et Théopistos qui l'avaient suivi.» 

Cette œuvre attribuée à Dioscore, le célèbre patriarche alexandrin qui commença 
le schisme malheureux première cause de la décadence de l'Egypte chrétienne, est 
connue en partie. Dans son catalogue, Zoëga en a cité un certain nombre de pas- 
sages et semble l'avoir considéré comme une œuvre historique, car il dit : «Multa 
prœterea continet hoc encomium spectantia ad historiam concilii Chalcedonensis, 
pro Dioscoro quidem instituto narrata» ;' mais, comme Ton voit, le savant auteur 
avait été mis en garde contre les faits rapportés et avait accusé Dioscore de 
les avoir tournés à son avantage, en d'autres termes de les avoir falsifiés. Après 
lui, Quatremère dans ses admirables Mémoires géographiques et historiques sur 
l'Egypte, a plusieurs fois l'occasion de citer cetHo^e^sur lequel il fait d'ailleurs cer- 

1. Zoëga, Cat. cod. copt., p. 99 — 107. Le passage cité se trouve p. 104. 

2. Quatremère, Mémoires géogr. sur l'Egypte, etc., totn. I, p. 19, 216, 265 et ailleurs. 



XVI E. AMÉLINEAU. 



taines réserves : «Si l'on s'en rapportait au témoignage de Dioscore, dit-il, Schnoudi 
aurait été un des adhérents de ce patriarche et de l'hérésie des monophysites; et 
ce fait, s'il était prouvé, servirait à expliquer pourquoi les écrivains grecs et latins 
qui ont célébré les solitaires de l'Egypte ont gardé, sur ce qui concerne Schnoudi, 
le silence le plus absolu. Mais il me semble que l'autorité de Dioscore n'est pas 
suffisante pour décider la question. On peut supposer que ce patriarche qui, dans 
y Éloge de Macaire, avance quelques faits évidemment faux, a voulu faire croire 
qu'il comptait parmi ses partisans un solitaire dont le nom était en vénération dans 
toute l'Egypte.»' Le but que s'était proposé Quatremère étant tout spécial et tout 
à fait différent que celui que je me suis proposé, il n'est pas étonnant que nous ne 
soyons pas arrivés aux mêmes conclusions. Pour ma part, je crois volontiers que 
Schnoudi serait parfaitement devenu monophysite, non pas s'il eût vécu après le 
concile de Chalcédoine, car il ne doit pas avoir survécu à l'année où ce concile se 
tint, c'est-à-dire à l'année 45 1 ; mais s'il eût pu alors avoir quelque force et quelque 
puissance en dehors de son monastère. D'autre part je doute beaucoup que Schnoudi 
ait jamais eu de l'influence en dehors de la province d'Akhmim et qu'il ait été en 
vénération dans toute l'Egypte : j'ai pour cela de bonnes raisons, que je donnerai 
d'ailleurs. Quoi qu'il en soit pour le moment, Quatremère, avec la droiture et la 
sincérité qui le caractérisent, a exprimé ses doutes sur la valeur des faits contenus 
dans l'œuvre copte, il en a même formellement accusé l'auteur d'avoir avancé 
quelques faits évidemment faux. 

Il semble donc après le témoignage de ces deux auteurs, aussi savants que con- 
sciencieux, qu'on ne pût guère espérer de trouver dans V Éloge de Macaire de 
Tkôou une mine de renseignements historiques. Cependant M. Revillout a cru 
pouvoir présenter cette œuvre à ses lecteurs comme une source nouvelle d'infor- 
mations devant être de la plus grande utilité pour faire connaître l'histoire véritable 
du concile de Chalcédoine. Il en a d'abord parlé dans son Alémoire sur les Blem- 
myes, à propos de la destruction d'un temple par Macaire aidé des moines que Visa 
avait amenés du monastère d'Athribis.- Dès l'époque où M. Revillout a publié 
ce mémoire il écrivait : «Les édits de Théodose étaient alors si peu exécutés et si 
peu exécutables, qu'à peu près à la date du traité de Maximin avec les Blemmyes, 

1. ZoRga, Cat. cod. copt., tom. I, p. k). 

2. Revit.i.out, Mémoire sur les Blemmyes, p. 48 — 5g. 



MONUMENTS, ETC. XMI 



Schnoudi était obligé d'employer la violence et d'avoir recours à la multitude' de 
ses moines-soldats pour faire renverser un temple païen situé en pleine Thébaïde, 
près de Panopolis, et encore desservi par son grand -prêtre. Ceci se passait à la 
veille du concile de Chalcédoine, qui eut lieu pendant l'année 43 i . Sénuti avait 
alors cent neuf ans, et, en effet, nous savons, d'autre part, qu'il fut un des plus 
chauds partisans de Dioscore, après la condamnation de ce patriarche, qu'il écrivit 
plusieurs fois à son successeur monophysite Timothée Klure, et qu'il mourut .sous 
le patriarchat de ce dernier à l'âge de cent dix-huit ans. Remarquons en outre, que 
c'est à propos du concile de Chalcédoine, de ses préliminaires et des prétendues 
révélations qui en firent prévoir le résultat anti-monophysite que Dioscore, alors 
exilé, rapporta tous ces faits à des moines jacobites. Le héros, l'évêque Macaire, ré- 
cemment mis à mort pour des actes de fanatisme monophysite commis pendant 
l'élection de Protérius, était alors considéré par ce parti comme un martyr. Le 
récit est mis dans la bouche de Pinoution, diacre de cet évêque, racontant à Dio- 
score les faits qui s'étaient passés devant ses yeux en Thébaïde avant le concile 
de Chalcédoine, où ils allaient.»- On voit par cette citation que M. Revillout 
semble accepter l'œuvre attribuée à Dioscore pour historique; cependant il paraît 
y apporter quelques restrictions. Je ne relève pas maintenant plusieurs points qui 
ne me paraissent pas entièrement exacts et que j'aurai l'occasion de rectifier dans 
la suite de cette introduction; je dois seulement montrer le chemin qu'a parcoum 
la pensée de l'auteur depuis l'année 1 874, époque à laquelle a paru le Mémoire 
sur les Blemmyes, jusqu'à l'année 1880, où il publia dans la Revue égyptologique 
les Récits de Dioscore exilé à Gangres sur le concile de Chalcédoine? Dans la courte 
introduction qui précède cette publication xM. Revillout parlant de l'état des esprits 
dans l'épiscopat égyptien, écrit : «Ils (les évèques d'Egypte) ne songeaient certes 
pas à combattre leur chef; mais un rôle actif dans le nouveau concile qu'on allait 
réunir (à Chalcédoine) leur semblait une chose peu enviable. La plupart méditaient 
donc surtout au moyen de ménager leur retraite et de retourner chez eux, et ils 

1. Cette multitude de moines-soldats se réduit à quatorze hommes. iNL Revillout qui a traduit et 
publié le texte devait le savoir puisque le nombre s'y trouve. Il faut avouer que l'expression est mal- 
heureuse. 

2. Mémoire sur les Blemmyes, p. 48 — 5o. 

3. Revue égyptologique, i'"'^ année, n° IV; 2"-' année, n» I; 3"^ année, n^' I. 



XVIII E- AMELINEAU. 



n'écoutaient que d'une oreille fort distraite les brûlantes exhortations de Dioscore. 
C'est le patriarche qui témoigne lui-même de tous ces détails (après sa condamna- 
tion dans le concil de Chalcédoine et le schisme qui en fut la suite), dans un livre 
rapporté par nous de notre mission d'Italie et dont nous allons donner des extraits. 
Cet ouvrage plein des renseignements les plus curieux sur la période du concile 
de Chalcédoine (particulièrement sur la conférence, jusqu'ici inconnue, qui aurait 
eu lieu avant le concile, à Constantinople, dans le palais même de l'empereur), cet 
ouvrage, dis-je, fut d'abord rédigé en grec (car Dioscore, ainsi que ses prédéces- 
seurs, parlait cette langue et ignorait même, nous dit-il, l'égyptien); mais il fut 
aussitôt traduit en copte pour ses fidèles de race égyptienne, et il devint l'une des 
pièces capitales de l'église jacobite d'Alexandrie, qui en fait, tous les ans, solennel- 
lement la lecture liturgique complète dans le sanctuaire de la Vierge le 20 (?) et le 
21 de Paophi.»' 

J'ai le regret de ne pouvoir être d'accord avec M. Revillout; mais toutes les 
affirmations que contiennent ces lignes me semblent en désaccord avec la vérité 
froidement envisagée. D'abord l'œuvre en question n'est pas une pièce capitale 
de l'église jacobite d'Alexandrie; car, si elle était récitée à certains jours dans la 
liturgie copte, elle ne l'était ni plus ni moins que comme les autres œuvres ren- 
fermées dans cette liturgie et qui nous ont été conservées dans une douzaine de 
volumes de la bibliothèque vaticane. Rien n'indique que cet Éloge de Macaire 
fut une pièce capitale de l'église d'Alexandrie plus que la vie de Schnoudi, le ser- 
mon de S' Cyrille et les Lettres d'Acace et de Pierre Monge que je publie, et une 
foule d'autres vies, d'autres éloges et d'autres sermons que je pourrais publier dès 
maintenant et qui se lisaient aussi à certains jours de Tannée. En outre, si je com- 
prends bien les paroles de M. Revillout, il s'agirait ici de l'église particulière d'Ale- 
xandrie, et non de l'Eglise d'Egypte en général; car la mention du sanctuaire de 
la Vierge localise bien l'idée autant que le lieu. Or s'il en était ainsi, cette lecture 
devant être faite dans une église particulière dédiée à la Vierge à un jour fixe, serait 
une exception unique dans la liturgie copte, laquelle était la liturgie de toute l'Eglise 
d'Egypte; de plus la ville d'Alexandrie n'a rien à faire ici puisque le livre a été 
écrit pour les monastères de Scété et qu'il est assez vraisemblable que les moines 

1. Revue e^ptologique, 4*^ année, n° IV, p. 188. 



MONUMENTS, ETC. XIX 



de Scété inscrivaient sur des livres à leur usage des références liturgiques les con- 
cernant et non celles qui devaient guider les clercs de IKglise d'Alexandrie. Enfin, 
si je ne me trompe, les mots eTr2i.coK ucott ^ Mnô^oni tic^mô.^ à ucou »o)uj £ç\\ 
'^■Tid.peeHoc «coTiiô. Mne».OTii, signifient non pas qu'on devait en faire la lecture le 
20 et le 2 1 de Paopi dans le Sanctuaire de la Vierge; mais qu'on devait en lire la 
première partie le 20 du mois de Paopi et la seconde le lendemain, jour auquel on 
célébrait une fête de la Vierge : ce qui est fort différent.' Cet éloge n'est donc pas 
une pièce capitale de l'Eglise d'Alexandrie, pas plus qu'il ne lui était particulier. 

Quant aux renseignements précieux qu'il contient, je suis désolé d'avoir à les 
considérer comme nuls et non avenus. En effet, si je considère les renseignements 
que l'auteur de cet éloge nous a légués et qui nous sont parvenus d'autre part, je 
vois que toutes les données fournies par le prétendu Dioscore sont tellement falsi- 
fiées qu'elles ne sont plus reconnaissables. Tout d'abord le concile de Chalcédoine 
n'a rien à faire avec notre morceau : on en parle beaucoup, on fanathématise 
presque à chaque ligne; mais il n'y a pas un seul mot qui puisse servir à l'histoire 
des sessions de ce concile. Il est vrai qu'il en pouvait être question à la rigueur 
dans la partie du manuscrit qui est perdue; mais si l'on examine ce qui précède 
et ce qui suit, on sera persuadé que dans les seize pages qui manquent au manu- 
scrit il ne pouvait être question que de faits miraculeux opérés par Macaire à 
Constantinople, et même il est fait allusion dans la suite du récit à l'un de ces faits 
en faveur d'un, employé du palais, nommé Séléphius, qui avait une charge de 
secrétaire dans la chancellerie impériale. D'ailleurs tous les faits rapportés dans cet 
éloge et qui ne se rencontrent pas ailleurs n'ont, à mes yeux, aucune valeur historique. 

Le plus important de ces faits est la réunion à Constantinople d'une conférence 
présidée par l'empereur Marcien et l'impératrice Pulchérie, où les royaux époux 
auraient essayé de faire souscrire la lettre du pape Léon, le fameux Tome de Léon, 
avant l'ouverture du concile, ce qui aurait ainsi rendu inutile ou tout au moins 
beaucoup plus facile l'assemblée elle-même de Chalcédoine. Cette réunion est 
nommée par M. Revillout : Conférence doctrinale tenue devant l'empereur: et 

1. Le cynaxare copte porte au 21 de Paopi la mention suivante : Le mémo jour (21 de Paopi) : 
Nous devons fêter le souvenir de la mort de Notre Dame mère de la lumière dans la tète que l'on tait 
pour chaque mois : que son intercession soit toujours avec nous : Amen. 

2. Revue Egypt. 3*^ année, n" I, p. 17. 



XX E- AMELINEAU. 



entrevue avec la plupart des Métropolitains, l empereur et la cour entière.^ Dio- 
score y joue un rôle prépondérant, il y insulte l'impératrice et finit par obtenir un 
grand succès oratoire, si bien que l'assemblée entière s'écrie qu'elle n'a pas d'autre 
foi que Dioscore, que la foi de Dioscore est celle des Pères. Finalement la con- 
férence se sépare sans avoir signé le Tome de Léon; mais, selon l'auteur de V Éloge, 
l'empereur, après le départ de Dioscore, fit rentrer les évêques et obtint leur signa- 
ture sans difficulté : ce qui revient à dire que le succès de Dioscore fut un échec 
complet. Faut-il le dire? je ne puis admettre la réalité de cette conférence, car le 
récit fourmille d'invraisemblances et de faussetés. Tout d'abord cette assemblée 
ne contint pas la plupart des métropolitains, car on n'y cite que cinq archevêques, 
celui d'Antioche, celui de Jérusalem, celui d'Éphèse, celui de Constantinople et 
Dioscore : cinq archevêques n'étaient pas la plupart des métropolitains, et d'ailleurs 
ces cinq archevêques étaient accompagnés d'évêques, circonstance qui empêche 
complètement d'admettre l'idée qui semble être celle de M. Revillout, qu'il n'y 
avait que des métropolitains dans cette assemblée, puisqu'il ne dit pas un mot des 
simples évêques. Mais il y a encore quelque chose de plus regrettable pour la thèse 
de M. Revillout, c'est que parmi les noms de ces cinq archevêques deux pré- 
sentent une impossibilité manifeste. En effet, les cinq métropolitains nommés sont : 
Etienne d'Antioche, Juvénal de Jérusalem, Anatolius de Constantinople, Etienne 
d'Éphèse et Dioscore d'Alexandrie. Or, à l'époque du concile de Chalcédoine, 
l'archevêque d'Antioche se nommait Maxime et non Etienne, et l'archevêque 
d'Ephèse Etienne au lieu de Marcel. Il est vrai que M. Revillout a réponse à 
cela : «Une erreur du copiste, dit-il, a changé les noms des métropolitains d'Antioche 
et d'Ephèse. Le texte porte ici Marcel d'Ephèse et Etienne d'Antioche, Or c'était 
à Éphèse qu'Etienne était évêque et d'ailleurs c'était à l'évèque d'Antioche qu'ap- 
partenait la prééminence, selon les Égyptiens (après les évêques de Rome et d'Ale- 
xandrie) et non à celui d'Éphèse qui venait en dernier lieu. C'est peut-être par haine 
contre les >'cstoriens de Syrie que cet échange a été fait dans la copie. Mais il faut 
restituer avec certitude Maxime d'Antioche et plus loin Etienne d'Éphèse.»' J'ad- 
mire, je l'avoue, la certitude de M. Revillout. Il est possible, en effet, que le co- 
piste se soit trompé; mais il est aussi très possible qu'il ne se soit pas trompé et qu'il 

I. Ravuc éiQyl.. ■•^'-' année, n" i, p. 19. 
■2. Ibid. p. I 9, note l . 



MONUMENTS, ETC. XXI 



ait bien copié le texte qu'il avait sous les yeux. Si la chose était de peu d'impor- 
tance, j'admettrais facilement l'erreur; mais dans un passage capital l'erreur doit 
m'être démontrée péremptoirement pour qu'il y ait possibilité de l'admettre. Or. 
dans le cas présent, elle ne l'est pas. Encore si ce changement de deux noms au.s.si 
importants, changement qui peut à lui seul faire crouler tout lamas de preuves 
dont on s'etforce d'entourer l'authenticité de l'œuvre, si ce changement, dis-je. 
était la seule erreur importante; mais le malheur veut que le récit de cette confé- 
rence doctrinale contienne un autre nom qui met encore plus le lecteur sur ses 
gardes et le confirme dans ses doutes. Ce nom est celui de Flavien, lequel embar- 
rasse beaucoup M. Revillout. Pour se tirer de cet embarras, M. Revillout estime 
qu'il faut remplacer Flavien par Tatien, et voici les raisons qu'il donne : «Le texte 
donne ici la leçon Flabianos, (tandis qu'il écrit plus loin Flavianos. comme les 
actes conciliaires et les pièces officielles contemporaines, le nom de Tancien évèque 
de Constantinople, déjà mort et remplacé, d'après lui-même, par Anatolius, ex- 
pressément nommé,) et il ne fait pas figurer ce Flabianos parmi les principaux 
évêques indiqués comme présents à la séance. Il est certain, en effet, d'après notre 
document même qu'il ne s'agit pas de S^ Flavien, mais d'un magistrat laïque, comme 
ceux que nous voyons siéger au concile de Chalcédoine et diriger les débats. Juste- 
ment le principal de ceux qui figurent dans les actes est Tatianos, préfet de la ville, 
chargé en cette qualité de Tinstruction et de la poursuite des affaires litigieuses. 
Je crois donc qu'il faut corriger Flabianos en Tatianos, bien que le nom de Flave, 
alors porté par l'empereur, ait été très fréquent. Notons du reste que le discours 
de Dioscore semble avoir été rédigé après coup, d'après d'anciennes notes par Pierre 
Monge, l'un des secrétaires de Dioscore qui plus tard lui succéda. Ce Pierre Aîonge 
dont nous publierons encore une des œuvres ne paraît pas très consciencieux. Il 
ne serait pas impossible qu'il se soit lui-même, peut-être volontairement, trompé 
sur le nom propre afin de laisser les simples croire à l'ingérence du condamné 
d'Éphèse, S' Flavien, dans cette affaire, alors que, pour les gens instruits, il don- 
nait un récit véridique à trois lettres près.»' Ces raisons peuvent être ingénieuses, 
mais elles ne me satisfont pas. Un auteur qui donne un récit véridique à trois 
lettres près, quand ces trois lettres suffisent pour égarer ces simples qui sont la 

I. Revue égypt., 3*^ année, n° 1, p. 19, note 4. 



XXII E. AMELINEAU. 



masse des lecteurs et pour imputer à un personnage mort les paroles d'un per- 
sonnage vivant, cet auteur, dis-je, n'est pour moi qu'un menteur et un faussaire : 
ses œuvres ne méritent aucune créance, car ses affirmations, quand on ne peut les 
contrôler, sont toutes sujettes à caution. Mais je suis loin d'appliquer ces épithètes 
de menteur et de faussaire à l'auteur de ÏÉloge de Macaire; pour moi, il n'est qu'un 
simple ignorant. S'il a écrit ici Flavien, c'est que ce nom lui était connu comme 
celui d'un des plus grands adversaires de Dioscore. Dans la discussion doctrinale 
où Dioscore tient le premier rôle, d'après notre récit, l'empereur Marcien, l'impéra- 
trice Pulchérie, ce Flavien et Théodoret, le célèbre évêque de Cyr, prennent seuls 
la parole; ce n'est qu'après le succès oratoire de Dioscore qu'un personnage nommé 
Andracatès, parle à l'empereur pour lui conseiller d'écarter Dioscore, lui assurant 
que, l'archevêque d'Alexandrie parti, tous les évêques souscriraient le Tome de 
Léon. Il est donc vraisemblable que le Flavien en question devait être un évêque 
aux yeux de l'auteur. Les paroles que l'on place dans sa bouche en fournissent 
une preuve assez claire, il me semble. Voici, en effet, ce que dit Fauteur de Y Eloge: 
«Le roi dit : Réglez-nous la foi afin que vous puissez vous en retourner chez vous. 
— Je (Dioscore) répondis en lui disant : C'est la foi de nos pères que nous avons 
suivie jusqu'à ce jour. Ta bouche oserait-elle dire que ce ne sont pas des ortho- 
doxes que ceux qui nous ont laissé la foi, à savoir Alexandre, Athanase, Théophile, 
Cyrille et Jules de Rome, ainsi qu'hmocent et Célestin. Je nommais tous ces évêques 
pour le forcer à parler et voir s'il les recevait, s'il écouterait leurs noms, ou si sa 
foi n'était pas droite. Flavien ayant d'abord parlé au roi répondit et me dit : Dio- 
score, les anciens sont passés et il n'y a plus que des hommes nouveaux, et c'est 
nous (qui sommes ces hommes nouveaux). — Je répondis et lui dis : Ce que nos 
pères ont établi dans les synodes, le détruisez-vous? Certes je ne me rangerai pas 
avec vous (comme un) prévaricateur. — Flavien fit signe au roi afin qu'on lût le 
Tome de Léon, et lorsque le roi eut ordonné de lui donner le livre, je pris la pa- 
role, je dis : '^u'apportes-tu au milieu de nous?» — On le voit quand Flavien ré- 
pond à Dioscore, il dit bien que les évêques du temps passé ne sont plus, et qu'il 
ne reste plus que des hommes nouveaux. Comme il s'agit d'une définition doctri- 
nale, est-il téméraire de croire que ces hommes nouveaux sont les évêques du 
temps présent? Je ne le crois pas. S'il en est ainsi, Flavien est un évêque, et non 
pas un préfet de la -illc. D'ailleurs qu'est-ce qu'un magistrat chargé de l'instruction 



MONUMENTS, ETC. XXIII 



et de la poursuite des affaires litigieuses peut bien avoir à faire ici dans une défi- 
nition dogmatique car, comme le disent clairement les paroles mises dans la bouche 
de l'empereur Marcien, c'est bien d'une définition dogmatique qu'il s'agit : nouvelle 
preuve que Flavien était regardé comme un évéque par lauteur de ÏÉloge. Dés 
lors la conduite de la conférence se comprend très bien, car on laisse les évêques 
discuter entre eux d'abord, et ce n'est qu'après l'acte de violence de Dioscore qui 
a jeté à terre le Tome de Léon que l'empereur et l'impératrice interviennent, et 
qu'enfin, lorsque tout espoir de conciliation est abandonné, Andracatès donne à 
l'empereur le conseil que j'ai déjà indiqué. Si l'on objecte à cela l'intervention de 
l'empereur et de l'impératrice, je répondrai que l'empereur, selon l'expression de 
Constantin, est l'évêque du dehors, et qu'à cette époque la personne en qui rési- 
dait vraiment la majesté impériale était l'impératrice Pulchérie. D'ailleurs les deux 
époux prennent part à la discussion, non pas pour imposer leurs idées; mais pour 
reprocher à Dioscore ses prétentions et sa violence. La manière grossière dont Dio- 
score répond à l'impératrice Pulchérie, la menaçant du sort de sa mère, l'impéra- 
trice Eudoxie, dont le «siège» aurait été dévoré par les vers si elle ne s'était rendue 
au tombeau de SUean Chrysostome, est aussi une raison qui milite contre l'authen- 
ticité de Y Éloge; car Dioscore, malgré sa fougue et son audace, n'eut jamais osé 
parler de la sorte à l'impératrice, surtout en présence de l'empereur Marcien qui 
ne proteste pas. J'avoue que cette analyse du récit est minutieuse, mais quand il 
s'agit de questions aussi délicates dont la solution importe à la connaissance de la 
vérité, j'estime qu'on ne saurait apporter trop de prudence à ses jugements. 

L'étude intrinsèque du texte n'est donc pas en faveur de cette conférence doctri- 
nale tenue en présence de l'empereur dans son palais de Constantinople. Les ren- 
seignements que nous possédons d'autre part sur les préliminaires du concile de 
Chalcédoine ne semblent pas laisser place à cette conférence préliminaire. Ce con- 
cile avait primitivement été convoquée à Nicée où les évoques s'étaient rendus et 
en avaient inutilement attendu l'ouverture pendant près de trois mois. Ce fut après 
ce retard que l'empereur Marcien, ne pouvant quitter Constantinople, se décida à 
transporter le lieu du concile à Chalcédoine. De tous ces faits historiques, il n'est 
nullement question dans l'œuvre copte. On y lit en revanche que les évoques 
d'Egypte retournèrent chez eux et que Dioscore avait été seul mandé près de l'em- 
pereur; mais ces assertions ne sont pas exactes, l'empereur avait adressé des lettres 



XXIV E. AMÉLINEAU. 



à tous les évêques d'Egypte, et si quelques-uns après être sortis d'Alexandrie se 
firent débarquer, il y en eut encore quatorze qui, sans compter Dioscore et Ma- 
caire, prirent part au concile où on les voit présenter une requête à la troisième 
session. De même le récit de l'émeute qui eut lieu à Jérusalem, à l'occasion de 
l'archevêque Juvénal, est tellement entouré de circonstances horribles auxquelles 
on ne peut ajouter foi que le but de l'auteur se montre fort clairement. Enfin la 
partie du récit qui se rapporte plus directement à Macaire de Tkôou présente aussi 
des impossibilités manifestes. D'après ce récit, xMacaire fuyant de Constantinople 
pour échapper à la fureur de Marcien, s'embarque pour Alexandrie où il arrive 
au moment où un concile d'évêques était réuni à Alexandrie pour nommer le suc- 
cesseur de Dioscore déposé par le concile de Chalcédoine et exilé à Gangres. Le 
texte s'exprime ainsi : «Comme nous demeurions encore là (àCanope) le roi écrivit, 
on assembla tous les évêques à Rakoti. Avant qu'un mois ne se fut écoulé, voici 
qu'abba Macaire, l'évêque de Tkôou vint du synode. Je le rencontrai dans la ville 
(d'Alexandrie).» D'après ces paroles, Macaire aurait donc assisté au concile, et ce- 
pendant tout ce qui précède, tout ce qui a été mis dans la bouche de Dioscore ne 
laisse aucun doute sur ce fait, que Macaire n'a quitté Constantinople que pour re- 
venir à Alexandrie. D'un autre côté, s"il est réellement parti de Constantinople 
sans aller à Chalcédoine, comment se fait-il qu'il n'arrive à Alexandrie qu"après 
la clôture du concile et l'arrivée des lettres de Marcien à Alexandrie, c'est-à-dire 
environ deux mois après l'époque où l'auteur nous a affirmé précédemment qu'il 
avait quitté Constantinople? Toutes ces considérations me font rejeter la véracité 
de ï Éloge de Macaire de Tkôou, attribué à Dioscore, et je n'y puis attacher aucune 
valeur historique. 

J'irai même plus loin et j'avouerai que pour moi Dioscore n'est pas l'auteur de 
l'œuvre copte. La seule raison qu'on ait d'attribuer l'œuvre à Dioscore est le titre 
que le scribe a mis en tête de son œuvre. Or ce titre ne peut en tout cas s'appliquer 
à l'œuvre entière, car le récit de la mort de Macaire de Tkôou n'est certainement 
pas de Dioscore, puisque nous y voyons ce patriarche prier l'archimandrite de 
Tabennîsi, Paphnuti, l'un des successeurs de S' Pachôme, de raconter comment 
l'évêque égyptien était mort dans la ville d'Alexandrie. Quant à la première partie, 
si elle était l'œuvre de Dioscore, il me semble qu'on y trouverait une plus grande 
connaissance des événements historiques et des détails sur la conduite de Dioscore 



MONUMENTS, ETC. XXV 



lui-même. Aucune allusion n'y est faite à ce qui se passa dans le concile de (^hal- 
cédoine, aux tergiversations de Dioscore refusant d'aller au cfjncile en se vovant 
accusé et trouvant une raison différente à donner à chaque sommation qu'on lui 
faisait. Le but de l'auteur, but fort visible, étant moin^ de faire léloge de Macaire 
que de justifier Dioscore, il serait fort étonnant que Dioscore, s'il en était l'auteur, 
n'eut pas trouvé de meilleure défense et n'eut pas surtout fait valoir les souffrances 
de son exil. Cependant il est fait allusion à ces souffrances vers la fin des paroles 
attribuées à Dioscore; mais ce n'est qu'une seule phrase, et c'est un récit qu'il 
faudrait. 11 est évident pour moi que si nous ne trouvons pas ici ce que l'esprit 
est naturellement porté à demander et à attendre, la cause en doit être attribuée à 
l'impossibilité où s'est trouvé l'auteur d'écrire sur un sujet qu'il ne connaissait pas. 
Cette raison me paraît très forte, si l'on examine le double but que s'est proposé 
cet auteur, d'abord le panégyrique de Macaire et par suite la glorification de Dio- 
score. J'admettrais même volontiers que l'éloge de Macaire n'est joint au panégv- 
rique de Dioscore que pour rehausser l'éclat qui doit rejaillir sur le patriarche 
d'Alexandrie. 11 me semble donc que si l'auteur avait connu les détails de l'exil 
de Dioscore il n'eut pas manqué de les faire valoir en faveur de son héros, ce 
qu'il ne fait pas : preuve qu'il n'en savait rien. D'ailleurs M. Revillolt en ad- 
mettant que Pierre Monge, compagnon d'exil de Dioscore, a du rédiger plus tard 
les notes qu'il avait prises pendant que Dioscore parlait, n'est pas aussi éloigné de 
mon avis qu'il le paraît tout d'abord, sans peut-être se rendre bien compte lui- 
même de toute l'importance de son aveu. Si l'on admet, en effet, que Pierre Monge 
a rédigé plus tard sur de simples notes l'éloge qu'aurait prononcé Dioscore; si 
surtout l'on ne tient pas comme improbable que ce Pierre Monge, qu'on regarde 
comme un faussaire, a bien pu altérer les noms pour servir sa thèse, je ne vois 
pas bien quelle confiance on peut après cela avoir en un tel auteur. 

iMais quel est donc cet auteur? M. Revillout, d'après le titre que j'ai traduit, 
pense que c'est Pierre Monge. Je pourrais tout aussi bien penser que c'est le diacre 
Théopiste, nommé avec le diacre Pierre, dans ce même titre; mais un passade 
du récit laisse supposer que ce Théopiste ne savait pas l'égyptien, tandis que le 
diacre Pierre servait d'interprète entre Dioscore qui ne savait que le grec et Ma- 
caire qui ne parlait que l'égyptien. Quant au diacre Pierre j'avoue ne pas savoir 

si c'est le même que celui qui fut connu plus tard sous le nom de Pierre Monge 

d 



XXVI E- AMELINEAU. 



et qui fut archevêque schismatique d'Alexandrie. Rien dans le texte de l'œuvre 
copte ne donne à le penser. Dans les chroniqueurs grecs que j'ai sous la main (mal- 
heureusement je ne les ai pas tous), je n'ai pas trouvé un seul passage qui puisse 
justifier cette identification, et je crois que le nom seul de Pierre, très porté à cette 
époque comme à la nôtre, n'est pas une raison suffisante pour admettre l'identité 
des deux personnages. D'ailleurs le diacre Pierre nommé dans le titre de notre 
document fût-il le même que Pierre Monge, que je ne le croirais pas l'auteur de 
l'Eloge. Ma principale raison pour le priver de cette paternité est que, cette iden- 
tité une fois admise, les mêmes invraisemblances se retrouvent que lorsqu'il s'agit 
de Dioscore. En effet, si le diacre Pierre qui fut le compagnon d'exil de Dioscore 
a écrit lui-même cet éloge de Macaire et cette glorification du patriarche déchu, 
comment se fait-il qu'il n'ait pas décrit autrement les malheurs et les souffrances 
de son maître? comment n'a-t-il pas mieux connu les événements? comment 
n'a-t-il pas su les noms des principaux acteurs du concile de Chalcédoine et les 
a-t-il confondus les uns avec les autres? Toutes ces questions restent sans réponse 
dans l'hypothèse que Pierre Monge est l'auteur ou plutôt le rédacteur du discours 
attribué à Dioscore. Pour moi, l'auteur de ce morceau littéraire est sans doute 
un moine pieux qui, dans sa cellule, loin des hommes et des événements, ayant 
appris de ci de là quelques particularités sur le concile de Chalcédoine, ses prélimi- 
naires et ses conséquences, a charmé ses loisirs en écrivant ces pages dans lesquelles 
il vengeait bien, pensait-il, la déposition de Dioscore en le montrant intimement 
lié avec un saint comme Macaire de Tkôou. Que Dioscore ait prononcé à Gangres 
un panégyrique de Macaire, c'est possible et même probable; mais je ne peux 
croire que c'est le morceau qu'on lira plus loin. Comme je l'ai dit ailleurs, les écri- 
vains coptes ont toujours présenté leurs ouvrages comme l'œuvre de témoins ocu- 
laires ou auriculaires, afin de s'attirer la croyance des lecteurs,' mais ce n'est pas 
une raison pour croire que nous avons là une preuve d'authenticité et autre chose 
qu'un artifice purement littéraire, à moins que des témoignages étrangers ou des 
raisons int?-insèques ne nous le démontrent, comme c'est le cas pour l'œuvre de 

I . Cf. Voyage d'un moine égyptien dans le désert dans le Recueil de trav. relat. à laph. etc., VF année, 
p. 27 et 28 du tirage à part. Les idées que j'ai simplement indiquées alors seront développées plus 
loin. Les travaux que j'ai faits depuis que j'ai publié ce Voyage ont fait entrer plus avant encore ces 
idées dans mon esprit et je ne crois pas me tromper. 



MONUMENTS, ETC. XXVII 



Visa. Ce que je dirai plus loin sur la manière de composer des écrivains coptes 
fera mieux comprendre encore ce que je ne peux développer ici. L'Éloge de Ma- 
caire n'est pas composé d'une autre manière que les œuvres qui s'y trouvent jointes 
dans le présent volume, et c'est une nouvelle raison de croire que ni Dioscore, ni 
Pierre Monge n'en sont l'auteur ou le rédacteur. Somme toute, j'admets très volon- 
tiers que Dioscore a prononcé un éloge funèbre de Macaire, que Paphnuti de Ta- 
bennîsi est allé le visiter dans son exil à Gangres, que Macaire était un de ces 
évêques rustres de la Haute-Egypte, dignes contemporains de Schnoudi; mais 
quand je lis les Trois Mousquetaires, j'admets très bien aussi que Louis XI 11 et 
Richelieu ont existé, qu'il y a eu des intrigues entre Anne d'Autriche et le duc de 
Buckingham : j'admets mèrhe beaucoup d'autres choses encore; mais l'on ne me 
fera pas croire qu' Alexandre Dumas est un historien ni que Fauteur de Y Éloge de 
Macaire n'est pas un romancier. 

La valeur historique de cette œuvre est donc minime et même très minime. 
Quant à l'époque où l'on a composé ce morceau, je ne peux guère l'indiquer même 
approximativement. Si l'on peut tenir compte de certains indices, il aurait été éla- 
boré avant la mort de Dioscore qui n'est pas mentionnée et qui arriva en 454. 
Peut-être est-il permis de penser que l'archimandrite Paphnuti, revenu dans son 
monastère après sa visite à Gangres, raconta son voyage à ses moines et que l'un 
d'eux composa le discours de Dioscore. Malgré le sentiment de Zoëga et de .\L Re- 
viLLOUT, je ne peux croire que ce discours ait été primitivement écrit en grec, puis 
traduit en copte; ce sentiment ne s'appuie que sur l'ignorance où se trouvait Dio- 
score de la langLie égyptienne, d'après l'auteur; je ne trouve rien dans cet Éloge 
qui trahisse la traduction, et si l'on admet avec moi que Dioscore n'en est pas 
l'auteur, quoiqu'il ait pu prononcer un, discours sur la mort de Mccaire, les mots 
du titre nous apprenant que les diacres Pierre et Théopiste ont recueilli ce discours 
peuvent être considérés sans difficulté comme le mot de passe qui permettait à l'au- 
teur de forcer de prime abord et de plein pied l'entrée des cœurs et de se concilier 
la croyance de ses lecteurs. Un livre qui se serait présenté seul, sans se donner 
comme l'œuvre d'un témoin oculaire, aurait été nul et non avenu, on ne l'aurait 
pas pris au sérieux et on lui aurait donné l'épithète qu'il eût méritée d'ailleurs, cm 
l'eût traité d'apocryphe. Pour moi V Éloge de Macaire deTkôou attribué à Dioscore 
est simplement une œuvre apocryphe reposant sur quelques données historiques. 



XXVIII E. AMELINEAU. 



Les réflexions précédentes justifieront, j'espère, le sentiment que j'adopte. Je 
pourrais les étendre; mais je suis persuadé que j'en ai dit assez et que mes lecteurs 
trouveront d'eux-mêmes un moyen facile de réfuter quelques objections qui pour- 
raient être faites à propos de tel ou tel passage du texte copte. Jai dit ce qui me 
semblait juste, ce que je crois être la vérité; si je me suis trompé, qu'on me le 
pardonne.' 

III. Sermon de S"^ Cyrille d'Alexandrie. 

L'œuvre qui vient après V Éloge de Macaire de Tkôou est un sermon attribué à 
S' Cyrille, patriarche d'Alexandrie, l'un des docteurs les plus renommés de TÉglise 
catholique. Le titre qu'on trouve en tête de l'œuvre est le suivant : ottAouoc 
eev^Tô^oTToq n2s.e niô^uioc uTrpiATV-oc Tiiô^p^HeniCHOiioc «Te pô.uo'^ CTÊie T2s.ïnep- 
nTtt<^ein iiTe '^v^tt;)^!! neM nniô^T €p€ mpcoMi iiTè<7V.ô<incopoc nô.'^ tiTGq\^"!r;)^R 
€opHi Gneti2s.i2s. Mc^'^ €T0«5. 0.^06.22.1 2vG eefee ttH ereviTMOT €TOi n2s.ev2S-i enoTre- 
pHOT. ô.qces.2s.ï 2>k.G on eeÊie ô^û&ôw ^goc^iAoc neM €tii^ô<hioc eTô*.Trc^ô.i «TRe^ees^ï- 
pecïc MT1IÔ.UI0C icoes.nnHc nï;)(^pTrcocTOMOc es.qcô.2s.i :^e on €eCie cicinnioc nicio^rp 
€e£ie TiipH'^ eTô.qeni\OT ^en iitouoc mtiiô>.uioc eeo2».copoc ïiicTpevTH7V.ô.TKC €qTco£io 
jsK'^^ Mnïô.c'ïoc eG02s.copoc oines. nTeqTdvce^oq on eTeqô^p^n. ^en OT^ipnnH nT€ 
c^'^ ô.Mnn. C'est-à-dire : Discours que prononça le saint Cyrille l'archevêque de 
Rakoti, sur le départ de l'âme et sur l'heure où l'homme malheureux rendra son 
ame entre les mains du Dieu vivant. Il (y) parla de ceux qui moururent ennemis 
l'un de l'autre. Il parla aussi d'abba Théophile et d'Épiphane qui souscrivirent la 
condamnation du saint Jean le Chrysostome. Il parla encore de Sisinnios l'eunuque 
et de la manière dont il mourut dans le monastère du saint Théodore le stratélate, 
en priant le Dieu de ce saint Théodore de le replacer dans sa charge. Dans la paix 
de Dieu : ainsi soit-il. 

On voit oar ce titre que ce discours est mis sous le nom de S* Cyrille d'Ale- 
xandrie et qu'il dut être prononcé après le concile d'Éphèse, puisqu'on y fait allu- 
sion à un fait qui se passa pendant le séjour de S' Cyrille à Constantinople en se 

I. .le renvoie à plus loin l'examen de la question soulevée par M. Revit.i.oi-t à propos de la mort 
de Schnoudi : cette question demande d'assez longs développements qui seront mieux à leur place 
plus loin. 



I 



MONUMENTS, ETC. XXIX 



rendant au concile, ou à son retour après la condamnation de Nestorius. Le dis- 
cours serait donc postérieur à l'année 48 1, c'est-à-dire à la tenue du concil d'Kphcse 
et antérieur à l'année 444 époque à laquelle mourut S' Cyrille. Mais avons-nous 
bien ici un sermon authentique du grand patriarche? Je dois dire tout d'abord que 
je ne le crois pas. N'ayant pas sous la main les œuvres du célèbre archevêque, je 
ne peux pas vérifier mon assertion; mais je trouve dans le sermon même que je 
publie assez de preuves intrinsèques pour en rejeter l'authenticité. 

Tout d'abord le titre présente une fausseté historique évidente, en mettant sur 
le même pied Théophile d'Alexandrie et S^ Epiphane de Chypre comme avant 
souscrit tous deux la condamnation et la déposition de S' Jean Chrysostome. La 
vérité est que Théophile d'Alexandrie, pour faire sa cour à Timpératrice Euioxie, 
et aussi pour satisfaire sa jalousie personnelle, fut l'âme de ce fameux conciliabule 
du Chêne où fut déposé S^ Jean Chrysostome. Quant à S^ Epiphane, circonvenu 
par les intrigues et les caresses du patriarche alexandrin et de ses adhérents, il 
sembla d'abord faire cause commune avec eux; mais lorsqu'il vit le parti pris de 
violer la justice de la manière la plus éhontée, il s'enfuit à Salamine, son évêché, 
avant la fin du conciliabule et la déposition du grand évêque de Constantinople. 
Il est vrai que le titre étant l'œuvre du copiste, le sermon pourrait être authentique 
malgré l'erreur du scribe prétentieux qui l'a copié; mais dans le discours lui-même 
on trouve plusieurs passages qui ne permettent pas d'en attribuer la paternité à 
S^ Cyrille. 

Il est dit, en effet, dans le courant du discours que S^ Cyrille quittant Constan- 
tinople pour se rendre à Éphèse présider le concile, laissa dans la ville capitale près 
du roi l'archimandrite de Tabennîsi, Victor, qui était très agréable à Théodose 
le Jeune. Or, les actes du concile d'Éphèse nous font connaître les noms des 
chargés d'affaire de Cyrille près de l'empereur : c'étaient deux de ses diacres et le 
célèbre abbé Dalmace. On ne trouve point le nom de Victor parmi eux. Quand 
après la déposition de Nestorius et la décision dogmatique du concile, on voulut 
faire parvenir à l'empereur, malgré les fauteurs de Nestorius, la nouvelle de ce qui 
s'était passé au concile, c'est à Dalmace que S' Cyrille envoie le pauvre qui portait 
cachées dans un bâton la décision et les lettres du concile; ce n'est point à Victor, 
comme on devrait l'attendre d'après la phrase de notre sermon. De plus, on trouve 
dans cette œuvre des faits qui surpassent et défient toute croyance, comme le pas- 



XXX 



E. AMELINEAU. 



sage où l'on raconte que Schnoudi fut emporté sur un nuage de Constantinople à 
son monastère et qu'il bénit le patriarche en passant au-dessus de sa barque. Une 
vision où le vieil Anubis joue son antique rôle de psychopompe, une série de faits 
extraordinaires, le réveil à la vie de Théophile après l'apparition de S^ Jean Chryso- 
stome et de S' Épiphane qui viennent lui pardonner sa trahison, beaucoup d'autres 
circonstances montrent encore que nous sommes en présence d'une œuvre apo- 
cryphe; car je ne puis croire que S^ Cyrille dont on connaît par ailleurs la haute 
intelligence ait pu ajouter foi à de pareils faits. En outre, je ne puis admettre que 
S^ Cyrille ait manqué de tact au point de se vanter en pleine chaire d'avoir été 
intronisé archevêque d'Alexandrie avant qu'on n'eût enseveli Théophile ; car pareille 
hâte était formellement interdite par les canons et empêchait la validité de l'élection. 
Pour toutes ces raisons, je rejette l'authenticité du sermon attribué à S^ Cyrille. 

Cependant quiconque voudra lire attentivement ce sermon verra clairement par 
certains détails qu'il n'a pu être fait que par un homme connaissant la ville d'Ale- 
xandrie beaucoup plus grecque qu'égyptienne; car ce n'était que dans cette grande 
ville qu'on pouvait voir les arts cultivés avec le degré de perfection auquel le discours 
fait allusion. En outre, dans la première partie les pensées trahissent dans plus d'un 
endroit la manière grecque. S'il faut le dire, je trouve que la première partie du 
discours est éloquente, qu'elle est digne de S^ Cyrille. Aussi je croirais assez volon- 
tiers que l'auteur de notre morceau a pris un ou plusieurs passages des œuvres 
de S' Cyrille, peut-être une homélie entière qu'il a traduite en copte, et que ne 
trouvant pas le morceau assez nourri de ces aliments d'édification dont les moines 
étaient fort friands, il l'a agrémenté des jolis passages où sont racontées d'incroyables 
visions ou de misérables billevesées. Je prie mes lecteurs de ne voir ici rien d'affir- 
matif et de certain; ce n'est qu'une hypothèse de ma part, hypothèse qui pourrait 
se trouver juste, mais que rien ne justifie jusqu'à présent. 

Donc nulle valeur historique dans ce discours, nul fait certain sinon les faits que 
suppose la narration et qui sont connus de tout le monde. 

Le sermon attribué à S* Cyrille a été signalé par Zoëga qui en donne quelques 
extraits." M. Revillout l'a aussi connu : il en traduit plusieurs passages où Ton 
trouve le nom de l'eunuque Sisinnios changé en celui de Jésinius, je ne sais sur 



I. ZoRga, op. cit., p 28 — 29. 



MONUMENTS, PITC. XXXI 



quelle autorité.' Inutile de dire que le discours parait parfaitement authentique à 
M. Revillout et qu'il lui fournit des données historiques certaines. 



IV. Lettres de Pierre Monge et d'Acaœ. 

Avec le sermon attribué à S* Cyrille finit la partie copte des monuments com- 
plets et sans lacunes, ayant trait à Schnoudi. Je dois maintenant m 'occuper des 
célèbres lettres que Pierre Monge archevêque d'Alexandrie est dit avoir écrites à 
Acace archevêque de Constantinople. Ces lettres ont une assez grande importance 
et jouent un rôle assez grand dans la solution d"un problème historique, pour que 
je traite de mon mieux la question de leur authenticité. C'est à cause de leur im- 
portance et du bruit qu'on a fait autour d'elles que j'en donne le texte dans ce 
volume, avec une traduction qui difîère en plusieurs endroits de celle qu"a donnée 
M. Revillout.^ 

Ici encore, on le voit, je me rencontre avec M. Revillout, et moins que jamais 
je ne puis être de son avis. J'exposerai tout au long les raisons de mon sentiment : 
on les jugera. 

En présentant les lettres d 'Acace et de Pierre Monge aux lecteurs de la Revue 
des Questions historiques, M. Revillout s'exprime ainsi : «Un des reproches les 
plus vifs que les Gallicans aient faits aux papes c'est d'avoir condamné sans raisons 
suffisantes le patriarche Acace de Constantinople qu'ils représentent comme un 
zélé catholique. Ils allèguent pour cela certains documents venus de Constantinople, 
auxquels ils accordent beaucoup plus de créance qu'aux pièces authentiques con- 
servées par l'Église de Rome, et d'après lesquelles Acace aurait trcs sciemment 
abandonné le concile de Chalcédoine et les orthodoxes, pour s'attacher aux par- 
tisans de Dioscore. Or il se trouve que la tradition constante de ces schismatiques 
invétérés d'Egypte est en tout temps conforme à celle de Rome sur ce point de 
fait, que, pour eux comme pour les papes, Acace est bien réellement devenu mono- 
physite, au milieu de sa carrière, et qu'il est mort dans cette communion. 1 ous 
leurs chroniqueurs (et en particulier Sévère d'Aschmouneïn dont nous possédons 

1. Revue de l'histoire des religions, loc. cit. 

2. Revue des Qiiestions historiques, 4^ livraison, XIF année, i*"" juillet 1877, p. 83 — 134. 



XXXII 



E. AMELINEAU. 



à la Bibliothèque nationale un très précieux manuscrit') sont d'accord à ce sujet; 
Sévère indique même qu'on possédait, de son temps, dans le monastère de S*Ma- 
caire, à Schiet,- la correspondance de Pierre Monge et d'Acace, correspondance 
très compromettante pour ce dernier. Cette correspondance, je l'ai trouvée à Rome, 
lors de ma dernière mission, dans un manuscrit copte rapporté d'Egypte par As- 
SEMANi et qui provient justement de ce monastère de S^ Macaire que Sévère nous 
avait indiqué. 11 me semble donc bon et utile de faire connaître cette nouvelle source 
d'informations qui a l'immense avantage de faire corroborer l'opinion des papes 
par celle de leurs plus ardents adversaires. Evidemment, on ne saurait prétendre 
que, de deux côtés aussi opposés, on se fût entendu pour fausser l'histoire et trahir 
la vérité. Ajoutons à cela le langage plus éloquent encore des faits, et de faits notoires 
qui ne sont niés par personne, et nous arriverons à la conséquence forcée qu'Acace 
était plutôt un trompeur audacieux qu'une dupe et une victime.»^ 

Ces paroles ne laissent aucun doute sur la pensée de l'auteur : M. Revillout 
considère évidemment les Lettres d'Acace et de Pierre Monge comme un monu- 
ment authentique. Je ne veux pas ici prendre parti pour ou contre ces historiens 
gallicans dont parle M. Revillout, encore moins combattre ou appuyer le senti- 
ment des papes de Rome; je me renfermerai dans la question même. Qu'Acace 
ait été condamné comme monophysite par la cour de Rome, ce n'est un mystère 
pour personne ; qu'il ait été regardé comme un des leurs par les monophysites 
d'Egypte, il n'y a rien d'étonnant en cela, le premier fait étant avéré. Cependant 
il ne suffirait pas aux yeux de l'historien qu'il y ait eu simultanément condamna- 
tion à Rome et communion à Alexandrie, pour établir le monophysisme d'Acace; 
car, quoique l'entente ait été impossible entre Rome et Alexandrie, comme le re- 
marque fort bien M. Revillout, il suffirait, pour arriver au même résultat, que 
Rome et Alexandrie aient trouvé chacune leur intérêt dans l'affirmation que le 
patriarche de Constandnople était devenii monophysite, Rome pour le condamner, 
Alexandrie pour se faire une gloire d'un pareil changement dans un de ses plus 



1. Ce manuscrit est le 139 de l'ancien fonds arabe. J'ignore en quoi il est si précieux, car cet ou- 
vrage se trouve dans toutes les bibliothèques d'Europe. 

2. C'est-ù-dire Scété ; le mot Schiet, ou plutôt Schiît, est le nom copte. 

3. Revue des Qitestiotts historiques, ibid., p. 83 — 86. Les mots mis en italique l'ont été par M. Re- 

VIT.T.OUT. 



MONUMENTS, ETC. XXXIII 



sérieux adversaires. Quant à tous les chroniqueurs coptes qui sont d'accord à ce 
sujet, et en particulier à Sévère d'Aschmouneïn. j'avoue que cette touchante union 
ne me fait qu'une médiocre impression et n'emporte pas ma croyance et ma ff>i. 
Tout d'abord de chroniqueurs, les coptes n'en ont guère : je ne connais pour ma 
part que les vies de moines ou de patriarches dont la vie de Schnoudi peut passer 
pour un type parfait, et j'ai montré, je montrerai plus loin encore qu'on ne peut 
pas la regarder comme une chronique. L'historien des Patriarches, Sévère d'Asch- 
mouneïn lui-même, quoique chroniqueur, ne mérite pas toujours une entière 
créance, parce qu'il manque de critique, ce qui n'étonnera personne, j'espère, 
dans un copte, et dans un copte vivant au milieu des Arabes. Ce Sévère, dans la 
notice qu'il consacre à Pierre Monge, a parlé d'Acace et de sa conversion au mono- 
physisme, et afin qu'on puisse le juger en connaissance de cause, je vais citer ce 
qu'il dit de Pierre Monge. Voici ces paroles : 

«Le Patriarche Pierre, qui est le vingt-septième de la liste. — Lorsque Timothée 
(Elure) alla au Seigneur, le prêtre Pierre fut, par la volonté de Dieu, établi pa- 
triarche dans la ville d'Alexandrie. Or l'empire romain qui s'obstinait alors à faire 
mémoire du concile de Chalcédoine, était sans cesse bouleversé, parce qu'il n'était 
pas assis sur le fondement du rocher immobile qui est Dieu le Verbe, Jésus-Christ. 
C'est pourquoi Acace, patriarche de Constantinople, écrivit à Pierre, patriarche 
d'Alexandrie, pour lui demander de le recevoir à sa communion, et cela dans de 
nombreuses lettres qu'il lui fit tenir, en lui assurant qu'il repoussait les Chalcédo- 
niens, nommés par lui hérétiques, ainsi que le tome plein de blasphèmes de Léon, 
et toutes les doctrines de Nestorius. Pierre écrivit aussi une lettre pour s'assurer 
de la sincérité de ses discours. Lorsque cette lettre parvint à Acace, il la reçut avec 
une grande joie et la montra à qui le voulut parmi ceux qui professaient la foi 
orthodoxe. Ensuite il écrivit ses synodiques et les envoya au bien-heureux Pierre. 
Or il y avait quelques évêques qui n'étaient pas présents lorsque fut écrite la cor- 
respondance des deux patriarches Pierre et Acace, et Satan, l'ennemi de Dieu, 
souffla dans le cœur de ces évêques une mauvaise pensée. Les principaux étai';nt 
Jacob évêque de Sais, et Mennas évêque de Minia Tama. Ils se rendirent à la ville 
d'Alexandrie et dirent au patriarche : Comment as-tu reçu Acace à ta communion, 
Acace, un fauteur du concile de Chalcédoine? 11 répondit doucement : Je l'ai reçu 
à pénitence de cette erreur. Et il leur apprit ce qui lui était arrivé en tait de mes- 



XXXIV E. AMÉLINEAU. 



sa'^es attestant le repentir d'Acace, et comment il lui avait fait reconnaître la foi 
orthodoxe, et il leur raconta qu'il avait envoyé des évêques vers lui pour entendre 
sa profession de foi suivant les canons de l'Église. Mais ils ne reçurent pas ses ex- 
plications parce que l'orgueil s'était établi dans leur cœur. Ils s'éloignèrent du siège 
de Tévangéliste et apôtre saint Marc, et, dans leur ignorance, ils dirent comme les 
fils d'Israël : Point de part commune avec David, ni d'héritage avec le fils de Jessé. 
Et ils se séparèrent du patriarche Pierre et ne rentrèrent plus sous son obédience, 
à tel point qu'ils furent nommés sans chef (acéphales). Or les lettres échangées 
entre les deux patriarches susmentionnés sont au nombre de quinze. Lorsque 
Pierre fut nommé patriarche d'Alexandrie, il éprouva de grandes persécutions de 
la part des hérétiques. Ceux-ci le chassèrent et donnèrent son siège à un homme 

nommé Timothée Après sa mort, Jean de Tabenne (Talaïa) fut établi à 

leur tête. Knsuite le patriarche Pierre revint à son siège avec une grande gloire, et 
le temps de son pontificat fut de huit années. Enfin, il s'endormit avec paix et 
honneur le deux du mois d'Athor. Toutes ses lettres sont dans le monastère de 
S'Macaire, ainsi que la missive adressée au bienheureux empereur Zenon, et la 
réponse de celui-ci. On y trouve tous les joyaux du style, de la sainteté et de la 
connaissance de la foi orthodoxe.»' 

Telle est la notice consacrée par Sévère à l'archevêque Pierre Monge. On ne 
peut douter, après l'avoir lue, que Sévère n'ait vu le manuscrit conservé main- 
tenant au Vatican sous le n" 62 du fonds copte. Ce manuscrit a été en grand partie 
écrit par un moine nommé Chaïl (Michel?) fils de Matoi : le copiste n'a malheureuse- 
ment pas donné la date, comme l'ont fait plusieurs de ses confrères; mais le manu- 
scrit écrit à Scété n'est pas postérieur au onzième siècle. Les lettres contenues dans 
le manuscrit du Vatican sont au nombre de quatorze, et VHénotique de Zenon a été 
regardé comme la quinzième. Il n'était pas difficile de les trouver à Rome, puisque 
Zof-CA en avait donné les titres et l'analyse dans son catalogue dès l'année icSio.' 

Apres la l'.ctiirc de cette notice une chose est évidente, c'est que Sévère ne l'a 
écrite que sur notre manuscrit. Or l'autorité de Sévère ne peut être que celle du 
manuscrit lui-même : par conséquent tous les chroiiiqueurs coptes, y compris Sé- 

1. Revue des Questions historiques, loc. cit., p. 83 — 84. note. — J'ai donné la traduction citée par 
M. Hkvii.i.out. 

2. ZoRr.A, dm. coj. :npt., p. çij. 



MONUMENTS, ETC. XXXV 



vère, se résument en un seul auteur, qui est l'auteur des lettres publiées ici. Il faut 
maintenant juger ces lettres, rechercher quelle en est la valeur et trouver la s(^lution 
du problème qu'elles soulèvent. Pour cela, il me faut entrer dans quelques con- 
sidérations historiques. 

Si je m'en rapporte aux faits tels qu'ils ressortent de la lecture de nos lettres 
d'Acace et de Pierre Monge, je vois tout d'abord que la correspondance des deux 
archevêques a abouti à V Hé no tique de Zenon. Voici comme les faits se seraient 
déroulés. Acace, ayant fortement réfléchi et ayant reconnu Terreur où il se trou- 
vait, avait chargé Pierre Monge de faire des ouvertures orales à son archevêque, 
à une époque où celui-ci était obligé de se cacher à Alexandrie, chassé du siège 
archiépiscopal. L'archevêque de Constantinople, par Tentremise du diacre Julien, 
mandait à Pierre qu'il voulait rejeter le concile de Chalcédoine, et que telle était 
déjà son intention sous le règne de Basilisque, quand Timothée Elure se trouvait 
à Constantinople dans le palais de"cet empereur. Il n'avait été empêché de le faire 
que par l'audace importune du magistrien Théoctiste. Pierre Monge, surpris de ce 
message verbal, demande à l'archevêque de Constantinople ce qu'il en doit croire. 
Quatre-vingts jours après cette lettre que le diacre Julien avait emportée à Con- 
stantinople, un serviteur du diacre, nommé Théodose, apporte à Pierre la réponse 
d'Acace; mais comme celui-ci avait pris le titre d'archevêque et l'avait aussi donné 
à son correspondant, Pierre Monge lui renvoya la lettre sans la lire, et il en écrivit 
une seconde où il malmène Acace et lui reproche sa témérité. A cette lettre Acace 
répond en se soumettant humblement, en recopiant sa première lettre où il pro- 
testait de son envie de secouer le joug honteux de l'infidélité. Pierre Monge. à la 
réception de cette lettre, fut assailli de mille tourments, dit- il. ne sachant ce qu il 
devait faire. Il avoue son impuissance à guérir la maladie invétérée d'Acace et en 
laisse le soin à Dieu, se bornant à faire une série de phrases optatives, où toute la 
création est appelée à venir s'affliger et pleurer sur le sort misérable de l'arche- 
vêque de Constantinople et de ceux qui l'ont suivi dans son erreur. Tout ce qu'il 
peut faire, dit -il en finissant, c'est de prier le Seigneur qu'il les convertisse ci les 
sauve. Acace, dans sa réponse, se déclare heureux et satisfait, il anathématise le 
tome de Léon et le concile de Chalcédoine. Mais, dit- il, il faut quelque chose de 
plus, il faut que Pierre le reçoive, lui et ses compagnons, à la communion de 1 K- 
glise d'Alexandrie, car si Pierre ne le faisait, le Seigneur Dieu entrerait en jugement 



j^XXVI E- AMÉLINEAU. 



avec lui. Cette perspective d"entrer en jugement avec le Seigneur trouble encore 
plus le malheureux Pierre Monge qui se décide à rendre le bien pour le mal tout 
en faisant bien remarquer à Acace que, pour lui, anathématiser le concile de Chal- 
cédoine, c"est anathématiser ses prédécesseurs, c'est s'anathématiser lui-même. 
Acace répond que les conséquences de son anathème ne lui ont pas échappé, et il 
s'anathématise; il est prêt à se déposer lui-même avec ses évêques. Mais est-il con- 
venable et opportun que Pierre soit aussi intraitable? ne craint-il pas les schismes 
et les soulèvements du peuple? Aaron a péché aussi, et cependant Moyse ne Ta 
pas exclu du sacerdoce? Et Acace redouble ses anathèmes, ses supplications. Il 
s'écrie : «Jai péché. Seigneur, j'ai péché, pardonne-moi, car je suis un pécheur.» 
j^ierre Monge se rend enfin, ou plutôt il consent à se rendre, si c'est la volonté de 
Dieu. Pour connaître cette volonté, les deux évêques devront se livrer simultané- 
ment à un jeûne sévère de quarante jours, ne voir personne, ne boire ni vin ni 
boisson fermentéc, ne point s'oindre d'huile. Au bout des quarante jours. Dieu 
devait enseigner ce qu'il y avait à faire et envoyer une vision aux deux pénitents. 
Acace se soumit à ces conditions, il jeûna les quarante jours et en informa Pierre 
Monge, lui recommandant d'envoyer à Constantinople des moines du désert et 
des citoyens d'Alexandrie supplier l'empereur Zenon de faire l'union des Églises 
en rejetant le concile de Chalcédoine. Lui-même, Acace, se rendra au palais et per- 
suadera le cœur de l'empereur. Pierre Monge lit ce que lui demandait Acace, il 
envoya des moines à l'empereur et en informa l'archevêque de Constantinople 
dans une lettre où il lui apprend, qu'après avoir jeûné les quarante jours, il a reçu 
de Dieu ordre de l'accueillir, et que, conformément à cet ordre, il le recevait à sa 
communion, lui pardonnait et le regardait comme archevêque. Acace tint sa pa- 
role, (it rendre à Zenon le célèbre décret (d'union connu sous le nom d'Hénotique, 
le confia à laugustal Pergame qui le porta en Egypte pour le faire souscrire à Pierre 
Monge. Celui-ci examina le décret, le trouva conforme aux conciles de Nicée, de 
Constantinop'" et d'I^phèse, le souscrivit et fut rétabli sur son siège le vendredi, 
dix-neuvième jour du mois de Paschons. Il se hâta d'informer Acace de tous ces 
événements. Acace, heureux de ces nouvellei:, envoie le témoignage de sa joie à 
l'archevêque Pierre et lui apprend que Dieu a bien voulu, le dimanche, cinquième 
jour du mois de Pavni, lui confirmer dans une vision son pardon et son absolution, 
i.e même jour et vi la même heure, Pierre Monge. ainsi qu'il l'écrit à Acace, avait 



MONUMENTS, ETC. XXX Vil 



la môme vision, et il finit sa correspondance par une sfjrte de symbfjJe et par des 
souhaits chaleureux afin que tous deux ils soient dignes d"entrer au Paradis par la 
grâce, la miséricorde et l'amour de notre Seigneur Jésus le (Christ. 

Voilà fidèlement analysée la correspondance de Pierre Monge et d'Acace. avec 
tous les faits qu'elle renferme. Si maintenant j'interroge les historiens grecs, je me 
trouve en présence d'événements fort différents que je dois exposer. 

Le patriarche de Constantinople, Acace, avait été choisi comme légat par le pape 
Simplicius. A cette époque, l'église d'Orient et surtout l'Egypte étaient dans le plus 
grand trouble et le plus grand désordre. Après la déposition de Dioscore, on avait 
élevé le diacre Protérius à l'archiépiscopat; mais lorsque Dioscore fut mort dans 
son exil, ses partisans d'Alexandrie lui choisirent pour successeur le diacre Timo- 
thée, surnommé Élure, en l'année 457. Ce Timothée qui était prêtre avant d'être 
nommé subrepticement évêque, excita dans la ville d'Alexandrie une horrible sédi- 
tion pendant laquelle Protérius, réfugié dans son église, fut mis à mort dans le 
baptistère même. On célébrait alors les fêtes de Pâques. La populace d'Alexandrie, 
célèbre par sa turbulence et sa cruauté, mit le corps de l'archevêque en pièces, le 
promena par les rues, le donna en pâture aux oiseaux et aux chiens. Quelques 
fanatiques ne reculèrent pas devant des actes de cannibalisme et dévorèrent les en- 
trailles du malheureux Protérius. Si l'empereur Marcien eût alors vécu, la crainte 
de son nom eût contenu les séditieux; mais la nouvelle de sa mort avait été offi- 
ciellement annoncée et avait été la première occasion des troubles. Denys. le général 
gouverneur de l'Egypte, était alors occupé dans la Haute-Egypte, sans doute à ré- 
primer quelque invasion. Il revenait en grande hâte à la nouvelle des troubles de 
la ville. Il arriva trop tard, ou peut-être s'il était déjà de retour à Alexandrie avant 
la Pâque, son autorité fut impuissante à maintenir l'ordre. Une députation d'Ale- 
xandrins catholiques se rendit près de l'empereur Léon pour le prier de punir ces 
atrocités. L'empereur envoya un commissaire spécial, nommé Stilos, et Timothée 
Élure fut exilé. 11 resta dix -huit ans dans son exil. A la place de Protérius on or- 
donna un autre évêque portant aussi le nom de Timothée et surnommé Solotac.ole. 
Presque à la même époque, en 488, Anatolius, le patriarche de Constantinople qui 
avait assisté au concile de Chalcédoine, mourait et était remplacé par Gennadius 
qui devait occuper son siège jusqu'en l'année 471. Son successeur tut Acace. 
Trois ans plus tard, 474, l'empereur Léon mourut, ayant désigné comme son suc- 



5^XXVIII E. AxMÉLINEAU. 



cesseur son pctit-fils Léon le Jeune, né de Tlsaurien Zenon et d'Ariadne. La même 
année réunit dans le tombeau l'aïeul et le petit -fils : Zenon resta seul maître de 
l'empire d'Orient. Deux ans après, Zenon, après avoir étonné le monde grec par 
ses débauches et être devenu odieux à l'impératrice Vérine, veuve de Léon, fut 
obligé de s"enfuir, laissant Vérine lui donner Basilisque comme successeur. On 
était alors en l'année 476. La ville d'Alexandrie, pendant le laps de temps qui 
s'était écoulé entre l'exil de Timothée Élure et l'avènement de Basilisque, avait 
joui d'un calme relatif sous le pontificat de Timothée Solofaciole. Cependant la 
fraction eutvchienne n'avait pas désarmé, et toute la douceur de caractère du nou- 
veau patriarche ne réussit qu'à lui attirer la sympathie, mais non à ramener à sa 
croyance la partie dissidente de son troupeau. A l'avènement dé Basilisque, une 
députation d'Alexandrins schismatiques se rendit près du nouvel empereur et ob- 
tint le rappel de Timothée Élure qui revint en triomphe à Constantinople. Pendant 
ce temps-là, les schismatiques d'Alexandrie, voyant la fortune leur revenir, chas- 
sèrent Solofaciole qui se retira dans le monastère de Canope. A Constantinople, 
Timothée Klure, faisant acte de suprême juridiction sur l'Eglise d'Orient, rendait 
à la ville d'Éphèse la dignité patriarcale dont l'avait dépouillée le concile de Chalcé- 
doine, y rétablissait l'évêque Paul qu'on en avait chassé, anathématisait le concile 
de Chalcédoine, forçant tous ceux qui l'abordaient de l'imiter, puis se rendait à 
Alexandrie. Avant de quitter Constantinople, il avait amené l'empereur Basilisque 
à écrire une lettre encyclique pour terminer cette éternelle question du concile de 
Chalcédoine. L'empereur, avec cette habileté étonnante qui caractérise les césars 
grecs de cette époque, ne trouva rien de mieux pour ramener l'union dans les 
églises et dans les cœurs, que d'anathématiser aussi le célèbre concile et d'imposer 
à tous son anathème. Cinq cents évêques se trouvèrent qui accueillirent la lettre 
impériale, comme le salut, et la souscrivirent : ils devaient plus tard se rétracter 
cl plaider linlimidation pour obtenir leur pardon. 

Pendant qr-j. tous ces événements se passaient, ni l'empereur, ni Timothée Élure, 
ni les évêques en général ne semblent avoir pris garde à un personnage qui se 
tenait à 1 écart et les surveillait d'un œil jaloux. Ce personnage était Acace. l'arche- 
vêque de la ville impériale. Lui qui ne croyait être au-dessous du Pape de Rome 
que pour une cause relative et uniquement parce que la nouvelle Rome était posté- 
rieure a la premier; , il se sentit profondément froissé de voir que le patriarche 



MONUMENTS, ETC. XXXIX 



d'Alexandrie s'arrogeait, en sa présence même, une a-itorité suprême sur tout 
rOrient, alors que le concile de C.halcédoine avait élevé le siège de (>)nstantinople 
au dessus de tous les autres, celui de Rome excepté. La publication de la lettre 
encyclique, pour laquelle on ne l'avait pas consulté, augmenta encore son mécon- 
tentement. Soit que réellement sa foi fut alors ce qu'on nommait f)rthodoxe, .soit 
que la peur ou l'ambition contrariée l'aient porté à dissimuler momentanément ses 
véritables sentiments, comme l'en accuse Théophane,' il se fit le champion de 
l'orthodoxie. Ayant vu la tournure que prenaient les événements politiques et 
demeuré sans doute fidèle à Zenon, il fomenta une sédition contre Basilisquc. le 
traita d'hérétique et ameuta le clergé et les moines. Basilisque effrayé quitta la ville, 
et bientôt après retira en partie sa première encyclique en en publiant une seconde 
où il donnait satisfaction au patriarche Acace. Deux ans s'étaient déjà écoulés dans 
ces divisions intestines et ces troubles religieux, lorsque Zenon reparut sur la scène 
politique et reconquit son trône sur Basilisque. L'un des premiers actes de Zenon 
fut d'annuler tous ceux de son prédécesseur. Le contre-coup de ces événements se 
fit naturellement sentir à Alexandrie : le parti schismatique tomba et laissa la place 
une autre fois encore au parti catholique. L'empereur était résolu à exiler de nou- 
veau le vieux Timothée Élure, mais il le laissa mourir dans la ville d'Alexandrie, 
se contentant de rappeler Solofaciole. A la mort de Timothée Élure. croyait-il, le 
schisme s'éteindrait de lui-même. Il avait compté sans la ténacité des Orientaux. 
A peine Timothée Élure fut-il mort, qu'on lui donna un successeur qui fut Pierre 
Mongc. Zenon, très irrité de ce contre-temps, ne parla de rien moins que de mettre 
à mort le nouvel élu, et, s'il faut ajouter foi à Nicéphore, il aurait même puni de 
la peine capitale les évêques consécrateurs de Pierre Monge.' Mais les choses n'al- 
lèrent point, sans doute, jusqu'à cette extrémité, et certaines influences agirent si 
bien près de l'empereur que l'archevêque schismatique put se borner à se cacher 
et attendre des temps meilleurs. Son attente ne devait pas être trop longue. 

Pendant ce tem.ps-là, le pape Simplicius suivait d'un œil attentif le cours des 
événements en Orient. Ayant vu la conduite d 'Acace sous le règne éphémère de 
Basilisque, il crut avoir trouvé en lui l'homme que demandait la situation. 11 le 

1. N'ayant ici que la seule chronique d'Evagrius, je suis obligé de citer cet auteur daprùs la note c, 
col. 2609 du tome LXXXVI de la Patrologie grecque de Mionk. 

2. Migne. Patrologie grecque, col. 261 5, n. 81. 



^L E. AMÉLINEAU. 



chargea de le représenter auprès de Tempereur et de faire les fonctions de ce que 
nous nommons aujourd'hui un légat, mais avec des attributions beaucoup plus 
étendues. Instruit des moindres particularités des faits journaliers de Constantinople 
ou d'Alexandrie, il multipliait ses lettres, stimulant le zèle de son homme de con- 
fiance, le forçant presque à agir et lui témoignant quelquefois un étonnement naïf 
que son légat n'eût pas mieux compris et exécuté ses instructions.' Le fait est que 
Tarchevèque Acace n'avait vu dans la charge dont on Tavait revêtu qu'un honneur 
de plus, qu'une occasion de se mêler à des affaires plus nombreuses avec une auto- 
rité plus grande : quant à la souveraine et infaillible autorité de la cour de Rome, 
il ne semble pas l'avoir reconnue. Aussi il en prit à son aise avec les instructions 
du pape, exécuta les unes, négligea les autres, et, pour ce qui regarde TÉgypte en 
particulier, réprimanda Solofaciole qui avait rétabli le nom de Dioscore sur les 
diptyques sacrés et le prononçait au canon de la Messe, il le lui fit effacer; mais il 
refusa de s'entremettre pour faire exiler Pierre Monge et enlever ainsi toute cause 
au schisme. Comme il avait fait pendant le règne de Basilisque, il attendait les 
événements pour pouvoir en tirer parti. Avait-il déjà l'intention de briser avec la 
cour romaine? Qui pourrait l'affirmer? Cependant sa conduite ultérieure tendrait 
à le faire croire. Son génie était froid, calme et cauteleux; il était susceptible et 
jaloux de son autorité. La plus petite négligence à son égard lui causait un déplaisir 
mortel, et sa rancune ne connaissait point de fin. Les événements qui vont suivre 
le montreront. 

Sur ces entrefaites, Timothée Solofaciole, voulant témoigner sa reconnaissance 
à l'empereur, lui envoya une députation. A la tête de cette députation se trouvait 
un prêtre, nommé Jean le Tabcnnîsiote, parce qu'il avait embrassé la religion éta- 
blie par l\\chôme dans l'île de Tabennîsi;* il est plus connu sous le nom de Jean 
Talaïa. Ce Jean Talaïa était l'économe général du patriarchat d'Alexandrie : il avait 
à sa disposition des sommes considérables. Connaissant bien son temps et son pays, 
il savait que .-our réussir il ne devait pas hésiter à semer l'argent à pleines mains : 
en Orient le bagschiscli fleurit toujours et a toujours fleuri. 11 se fit ainsi des pro- 
tecteurs puissants. Le but de sa mission était probablement double : il devait 

1. Cf.Lcitres de Simplicius ù Acacc. I.mîhk. Co;;c\, tome IV, col. loj-^ — 1029; 1029 — lo-^ô. Édition 
de itioi. Il y a erreur (.-c pagination. 

2. II s'agit de l'île siiu.ée dans la Haute- Egypte où Pachôme établit son monastère. 



MONUMENTS, ETC. XLI 



d'abord remercier l'empereur au nom de Timothée Solofaciole. et en second lieu 
obtenir de l'empereur, qui s'était réservé le droit de nommer l'évèque d'une ville 
aussi turbulente qu'Alexandrie, la promesse de ne reconnaître pour patriarche qu'un 
catholique, c'est-à-dire un partisan du concile de Chalcédoine, ou de laisser aux 
Alexandrins, qui se passaient d'ailleurs de la permission impériale, le libre choix 
de leur archevêque. Sans doute il ne cacha pas assez son jeu. on vit clair dans ses 
menées, et l'empereur lui-même, au rapport d'Evagrius, surprit ses calculs ambi- 
tieux. Il obtint cependant de Zenon que l'élection du futur patriarche serait laissée 
à l'Église d'Alexandrie; mais il dut signer une renonciation à poser sa candidature. 
Cette signature lui coiàta sans doute fort peu, espérant bien se faire élire d'abord 
et forcer la main à l'empereur ensuite. Lui aussi avait compté sans Acace. Soit 
que le patriarche eût vu dans Jean Talaïa un homme peu disposé à se laisser con- 
duire, soit qu'il eût été blessé par quelques-uns des actes de l'envoyé alexandrin, 
il conçut pour lui une très forte antipathie qui devait bientôt se faire jour et amener 
un schisme regrettable. 

Cependant les faits semblèrent d'abord donner raison aux calculs de Jean Talaïa. 
Peu de temps après son retour de Constantinople,' Jean vit mourir Timothée Solo- 
faciole et il fut élu pour lui succéder. Le nouvel élu fit immédiatement part de son 
élection au pape Simplicius et à l'archevêque d'Antioche Calendion. Quant à l'em- 
pereur afin .de le préparer, il se décida à ne lui faire connaître son élection que par 
l'entremise de Hillus, le maître des requêtes, dont ses largesses lui avaient fait un 
ami et un protecteur. Il négligea complètement Acace. Malheureusement un dé- 
placement de Hillus déjoua tous les calculs de Talaïa; l'empereur apprit son élec- 
tion par une autre voie, ainsi que l'archevêque Acace. Il n'est pas téméraire de dire 
que le jaloux Acace excita Zenon à ne pas accepter l'élection, malgré la liberté 
laissée au clergé alexandrin. L'empereur refusa de reconnaître Jean Talaïa comme 
patriarche et ordonna' de le chasser d'Alexandrie. L'abréviateur Liberatus accuse 
formellement Acace d'avoir conseillé et fait adopter cette conduite à Zenon.' Peut- 

1. M. Revii.i.out (loc. cit., p. qS et i oo) parle de deux voyages et de deux missions de Jean Talaïa 
à Constantinople. Je ne vois rien qui puisse justifier ces deux voyages dans le texte d'Evagrius auquel 
renvoie M. Revii.t.out. 11 est vrai qu'il cite aussi les Gesta de twmine Acaa'i : ne les ayant pas je ne peux 
contrôler. En tout cas. s'il y a erreur de ma part, elle ne peut qu'être minime. 

2. Cf. Patr. gra'c, tome LXXXVI, col. 2620, n. 87. 



j^Ljj E. AMELINEAU. 



être d'ailleurs Acace était-il déjà en rapport avec Pierre Monge. On était alors en 
l'année 481, et Tannée suivante, 482, Zenon publia son célèbre Hénotique, adressé 
à TKgypte, à la Lybie et à la Pentapole pour y rétablir l'union. Sans aucun doute 
Acace dut avant la promulgation de ce décret entretenir une correspondance ou 
des relations avec Pierre Monge alors en Egypte : il y a tout lieu de croire que 
rilénotique n'a été fait que pour placer Pierre Monge sur le trône patriarcal de 
S' Marc, et par conséquence les deux acteurs de cette triste histoire durent avoir 
pris leurs précautions et s'être entendus probablement entre eux sur les principales 
idées que devait contenir le décret d'union. Aussi dès son apparition, Acace le fit 
tenir à Pierre Monge qui le signa et qui fut reconnu par l'empereur comme pa- 
triarche unique et légitime de l'Église d'Alexandrie.' 

Telle est l'histoire de l'Hénotique et celle des événements qui l'ont amené et 
précédé. On voit qu'il y a une certaine différence entre la version égyptienne et la 
version grecque des mêmes faits. Cependant, on peut encore répondre que sans 
doute il V a certaines contradictions entre les deux récits, mais que ces contra- 
dictions sont plus apparentes que réelles, car les auteurs grecs passent sous silence 
le récit des négociations entre Acace et Pierre Monge, tandis que l'ouvrage copte 
dans les lettres citées nous fait Thistorique de ces négociations. A la rigueur, on 
pourrait le soutenir; mais la suite des rapports qui se continuèrent entre Acace et 
Pierre Monge montrera qu'il n'en peut être ainsi et que nous avons affaire à des 
lettres complètement apocryphes. 

Kn etfet. si l'Hénotique de Zenon avait été rédigé, sans doute par Acace, de 
manière à ne pas condamner ouvertement le concile de Chalcédoine et à proscrire 
l'hérésie d'Kutychès de telle sorte que Pierre Monge pût le souscrire sans renoncer 
à ses idées, l'accord fait entre les deux archevêques dut contenir plusieures condi- 
tions secrètes au sujet de la conduite que Pierre Monge tiendrait à l'égai^d des dis- 
sidents d'Alexandrie. Pierre Monge dut envoyer ses lettres synodiques à Acace et 
au \\\pc Simplicius, recevoir à sa communion les sectateurs de l'ancien patriarche 
Solofaciole et les adhérents de Jean l'alaïa. se mettre en rapport avec tous les autres 
evêques d'Orient. Il observa fidèlement ces conditions tout d'abord; mais devant 
les obsessions d'un évoque et des moines de la Basse Egypte, devant une sédition 

I. Tout ce récit se ii*}uve dans Kvayrius, lih. II et III. Cf. Pair. c;nvc., tome LXXXVI. 



MONUMENTS. ETC. X|,|II 



qui éclata dans le Cœsareion, c'cst-à-dirc dans Té^lise hâtic sur l'emplacement où 
s'était élevé autrefois le temple de (>ésar, il changea de sentiments, ou plutôt dé- 
voila ceux quil n'avait jamais quittés, anathématisa le concile odieux et tous ceux 
qui l'adoptaient. 11 clfaça des diptyques les noms de Protérius et de Solofacioie, 
rétablit ceux de Dioscore et de Timothée Ékire. le meurtrier de Protérius, ex- 
huma la dépouille mortelle de Solofacioie et la fit jeter hors de la ville.' (!e.; faits 
furent bientôt connus d'Acace qui les reprocha à Pierre, (x'iui-ci, pour se défendre, 
lui adressa une lettre qui nous a été conservée par Evagrius. 11 y répond aux dif- 
férents reproches qui lui ont été adressés par Acace, après avoir tout d'abord prié 
Dieu de récompenser l'archevêque de Constantinople de tout le zcle que celui-ci 
a déployé, de toutes les souffrances qu'il a endurées pour établir fortement la vraie 
foi et ramener l'union dans l'Eglise. Ne lui a-t-il pas persuadé à lui-même, Pierre 
Monge, que le très saint et œcuménique concile qui a été réuni à (^halcéaoine n'a 
rien fait contre la foi et que les décisions en sont conformes aux décrets des con- 
ciles antérieurs? Pierre Monge sait que des moines, ses ennemis, l'ont accusé de 
plusieurs crimes près d'Acace. En premier lieu on dit qu'il a fait une translation 
de la dépouille du bienheureux Timothée : s'il avait agi de la sorte, il eût commis 
une action qui ne serait ni agréable à Dieu, ni conforme aux lois. En second lieu, 
comment aurait -il pu anathématiser le concile de Chalcédoine, lui qui l'a reçu? 
Acace ne peut ignorer la légèreté d'esprit de tous ces moines qui ne cherchent 
qu'à semer la zizanie, et qui ne cessent de courir le monde pour le décrier et trou- 
bler la paix de l'Église. Aussi, il ne doute pas le moins du monde qu'Acace n'em- 
ploie ses bons offices près de l'empereur pour faire en sorte que le gouvernement 
impérial prenne les moyens les plus propres à maintenir la paix au sein de la com- 
munauté chrétienne.^ 

Evagrius cite cette lettre comme ayant été écrite après le rétablissement de Pierre 
Monge sur le siège d'Alexandrie. On voit donc dès lors qu'au lieu de pardonner, 
Pierre Monge avait dû lui-même demander pardon; qu'au lieu d'imposer des con- 
ditions, il avait dû en accepter; qu'au lieu d'anathématiser le concile de Chalcédoine, 
il avait dû le recevoir et le reconnaître comme orthodoxe. Dès lors que deviennent 
les affirmations contenues dans les Lettres coptes? PJ maintenant qu'on lise la tra- 

1. Pair, grœc.^ col. 2631, n. 6. 

2. Evagrius. lib. III, cap. XVII. Ibid., col. 2620. 



XLiV E- AxMÉLINEAU. 



duction de ces lettres, qu'on fasse bien en particulier attention à celles qui sont 
données sous le nom d'Acace, et Ion ne pourra douter un moment qu'un homme 
de la trempe d'Acace n'a pas de pareils sentiments : Acace ne s'est jamais humilié, 
et rcût-il fait, ce n"eût pas été d'une façon aussi plate et aussi répugnante qu'on le 
trouve dans ces lettres. Il est vrai que M. Revillout trouve toutes les habiletés 
dans les lettres attribuées à Acace, il y voit le génie aussi singulier qu incontestable 
de cet homme qui n'écrit une première partie de sa phrase que pour la retirer dans 
la seconde, établit une sorte de jeu de bascule dans les idées qu'il exprime, et re- 
prend d'une main ce qu'il a donné de l'autre. Il est évident que si M. Revillout 
ne trouve pas dans ces lettres, comme Sévère d'Aschmouneïn, tous les joyaux 
du style, il en trouve au moins une grande partie; car il prend bien soin de mar- 
quer avec quel art les négociations se poursuivent de chaque côté, comment les 
deux correspondants, j'allais dire les deux adversaires, prennent et gardent leurs 
positions, ne se font qu'à bon escient des concessions réciproques et jouent au plus 
lin. .l'avoue pour ma part qu'après avoir fait tous mes efforts pour comprendre, 
je n'ai rien vu, je ne sais trop pour quelle cause, de cette habileté macchiavélique 
découverte par M. Revillout. Il est probable que je n'ai pas assez éclairé ma lan- 
terne; car je n'ai vu dans ces lettres qu'une lourde et indigeste composition, roulant 
tout entière sur des lieux communs, sans aucun de ces détails qui montrent évi- 
demment qu'une lettre appartient à l'auteur auquel on l'attribue. Rien qui n'y sente 
les artifices d'une rhétorique banale. En outre la conduite de Pierre Monge en cette 
circonstance aurait été absurde. Qui pourrait croire qu'un malheureux exilé dans 
la position de Pierre Monge, réduit à se cacher, sans ressources, recevant un beau 
jour une lettre d'un personnage comme Acace lui offrant la paix et se soumettant 
à lui, aurait eu la simplicité de renvoyer la lettre sans la lire parce que la suscription 
lui aurait déplu? Et Acace lui-même se serait-il humilié au point de renvoyer cette 
même lettre avec des excuses, lui qu'une simple négligence de la part de Talaïa 
jeta dans unv; voie qui devait aboutir au schisme? Cela ne me paraît pas vraisem- 
blable, .le ne puis admettre non plus les visions racontées dans les dernières lettres : 
elles heurtent le bon sens trop fortement pour qu'on ait un seul instant l'idée d'une 
créance possible. 

Pour moi, il y v eu une correspondance 'Mitre Acace et Pierre Monge : de cette 
correspondance n(^.^s ne possédons plus que la lettre conservée par Evagrius. Peut- 



MONUMENTS, ETC. VT V 



être avait-elle été eonservée dans les archives du patriarchat d'Alexandrie. En tout 
cas on en connaissait l'existence, au témoignage de Sévère d'Aschmouneïn ccjmme 
à celui de l'auteur du cynaxare qui me paraît beaucoup plus solide. Ce fait joint à 
deux autres, la promulgation de l'Hénotique et la date du rétablissement de Pierre 
Monge sur le siège patriarcal, a servi de fondement à un moine quelconque pour 
bâtir son œuvre apocryphe. On peut même croire avec vraisemblance que le moine 
connut les pièces originales de cette correspondance, car on trouve dans la lettre 
où Pierre Monge annonce qu'il a souscrit V Hénotique de Zenon un passage qui 
est à peu de chose près identique à Tune des premières phrases de la lettre con- 
servée par Evagrius.' Si le faussaire a eu cette correspondance entre mains, il faut 
avouer qu'il en a pris à son aise. D'ailleurs il a agi de même à l'égard de Y Héno- 
tique : ce décret tel qu'on le trouve dans Evagrius est plus étendu que le texte 
conservé dans la traduction copte. Plusieurs phrases, peu importantes d'ailleurs, 
ont été omises par le traducteur égyptien et il en a ajouté une par laquelle, de sa 
propre initiative, il attribue à Nestorius l'hérésie des deux natures.- Je suis persuadé 
que le texte que notre moine avait sous les yeux était identiquement le même que 
celui que nous possédons encore; car, dans la version copte, aux endroits précis où 
des phrases du texte grec ont été omises, on sent qu'il y a dans les idées une solu- 
tion qui ne devait pas exister dans le texte authentique, et la comparaison le prouve 
en effet. C'est une nouvelle preuve qu'un auteur copte n"a jamais pu suivre un texte 
quand il le traduisait, et qu'il y a toujours mis du sien, heureux d'avoir ajouté de 
nouveaux ornements et d'avoir paré au goût égypto- chrétien ce qui lui semblait 
un peu nu. Quant aux mentions de faits et de personnages historiques, il n'y a rien 
qui doive nous faire conclure à l'authenticité des lettres. En effet, un faussaire est 
toujours dans l'obligation de faire un fond de tableau qui réponde à la réalité, afin 
de ne pas trop choquer la vraisemblance et de ne pas s'attirer la défiance de ses 

1. Ce passage est le suivant : «J'ai trouvé qu'il (le décret de Zenon) était aussi conforme i la 
foi orthodoxe de trois cent dix huit pères qui se sont réunis dans la ville de Nicée et des cent cinquante 
pères qui se sont assemblés à Constantinople ainsi qu'à celle du concile d'Ephèse et de S' Cyrille. > — 
Il faut remarquer cependant que V Hénotique renferme à peu prés la même phrase qu'a pu emprunter 
le faussaire copte. 

2. Je dois faire observer qu'il y aune grande dilïérence entre la manière dont Nestorius parlait des 
deux natures et celle dont en parlait le pape S' Léon. Comme je le dirai plus loin, toute cette mal- 
heureuse controverse repose sur une confusion dont ni les Latins ni les Grecs ne se sont rendu compte. 



-j^j Yl E. AMÉLINEAU. 



lecteurs. Les auteurs coptes, pour avoir eu limagination un peu trop facile et 
n "avoir pas considéré une œuvre littéraire du même œil que nous qui sommes 
les héritiers des Grecs et des Romains, n'étaient pas dénués de tout jugement et 
savaient fort bien que l'apocryphe ne leur était loisible que dans certaines limites : 
c'est pourquoi leurs œuvres les plus fantastiques sont toujours attribuées à un 
témoin oculaire ou auriculaire, comme je l'ai déjà dit, et moyennant cette précau- 
tion peu coûteuse, leurs œuvres passaient facilement et étaient adoptées par tous 
ceux qui ne demandaient qu'à se laisser tromper. Notre auteur, pour le cas présent, 
a mis son œuvre sous le patronage de Pierre Monge et d'Acace, il a dû se réjouir 
et être fier d'avoir montré combien l'archevêque d'Alexandrie avait été supérieur 
à celui de (>onstantinople. Ses petites inventions lui ont été très agréables, et nul 
doute que ses frères ne l'aient regardé comme un grand et saint personnage pour 
avoir si bien humilié Acace et exalté Pierre Monge. Je ne peux dire à quelle époque 
.se fit cette pieuse supercherie; mais il me semble assez probable qu'elle ne dût pas 
être de beaucoup postérieure à la correspondance même des deux archevêques et 
à l'Hénotique de Zenon, lequel fut promulgué en 482. En effet, pour que l'œuvre 
présentât quelque sel aux lecteurs et obtînt le but cherché, il ne faillait pas que l'on 
fût très éloigné de l'époque où les faits s'étaient passés; il fallait au contraire que 
le souvenir de ces faits fût assez récent pour que les allusions du faussaire fussent 
comprises de tous, ('/est pourquoi je ne m'écarterai pas beaucoup de la vérité, en 
plaçant vers 490, année dans laquelle mourut Pierre Monge, et plutôt avant qu'après, 
la rédaction de nos prétendues lettres d'Acace et de Pierre Monge. 

.le terminerai cet examen par une remarque semblable à celle que j'ai déjà faite 
à propos de VLloij;c de Macai'-e de Tkôou attribué à Dioscore. Dans le style des 
Lettres, rien ne trahit la traduction, ce qui devrait avoir lieu si elles étaient authen- 
tiques, car la \éritable correspondance a été écrite en grec, l'out v est du copte 
le plus indéniable. Au contraire, le décret de Zenon trahit de suite la traduction : 
le traducteur, qui n'a pu joindre ensemble les différentes propositions dune phrase 
ou d une période, a dû les couper et cette opération n'a rendu le texte ni plus beau, 
ni plus chiir. Pour toutes ces raisons donc les Lettres d'Acace et de Pierre Monge 
conservées dans le Nolume 62 des manuscrits coptes de la bibliothèque vaticane 
sont apocryphes ;i,i premier chef, et ce n'est certes pas dans ces lettres qu'on peut 
aller chercher la ju: tilication de la conduite de la cour de Rome à l'égard d'Acace. 



MONUMENTS, ETC. XLVd 



V. KrAGMKNTS ])I\KRS. 

La série des documents coptes se termine par plusieurs fragments sahidiqucs et 
un fragment memphitique. Le premier se rapporte au moine Hgoul, l'oncle de 
Schnoudi et son initiateur à la vie religieuse, le fondateur vraisemblablement du 
monastère d'Athribis et le premier qui réunit sous sa direction les solitaires et les 
cénobites. Le rôle de Bgoul dans Thistoire du monachisme égyptien est important, 
comme Ta fort bien vu M. Revillout; malheureusement nos renseignements sur 
ce rôle sont fort bornés et ne consistent que dans le fragment dont je publie le texte 
avec la traduction. M. Revillout a attribué ce fragment à Schnoudi : cela pourrait 
être, je n'y vois pour ma part aucune objection.' Les quatre fragments qui suivent 
se rapportent à la vie de Schnoudi; ils ne contiennent rien qui ne se trouve dans 
l'abrégé memphitique ou la vie arabe : je dois cependant faire exception pour le 
fragment memphitique; mais l'état dans lequel se trouve ce fragment est tel qu"on 
n'en peut presque rien tirer. Des deux derniers morceaux qui terminent la série copte 
des documents que je publie, l'un se trouve au Musée de Naples; j'ai découvert le 
second l'année dernière dans la Haute-Egypte et il est conservé dans la bibliothèque 
de la Mission française permanente au Caire. Tous les deux ont rapport à une 
règle monastique très curieuse et que je croirais volontiers avoir été celle du mo- 
nastère de Schnoudi. Le fait seul que le second de ces deux morceaux provient 
de son monastère est un argument assez fort en faveur de ce sentiment. Le con- 
tenu même de ces deux fragments assez longs montre, je crois, que l'on doit en 
reporter la composition au temps même de Schnoudi, ou peut-être de son oncle 
et prédécesseur Bgoul; car il est dit expressément que l'un et l'autre établirent des 
règlements monastiques. Je les regarde donc comme une œuvre du cinquième siècle 
au plus tard, et peut-être le fragment du Musée de Naples est-il antérieur. On peut 
user de tous les renseignements qu'ils fournissent afin de mieux comprendre et 
mieux exposer la vie des moines qui vécurent sous la direction de Schnoudi. 

Je passe maintenant à l'examen du document que je regarde comme le plus im- 
portant de ceux que je publie, c'est-à-dire au texte arabe de la vie de Schnoudi. 

I. M. RKvir.i.orr après avoir cite et traduit un passage de ce fragment reproduit d'ailleurs par Zoëca, 
ajoute : «On voit par cette page de la vie de Pdjôl (Bgoul). écrite, ce semble, par Sénuti (Schnoudi) 
lui-même, quel était l'esprit du nouvel ordre.» — Revue de lliisl. des relii;.. tom. Vill. n" 4. p.4«o. 



^j^Yjjj E. AMÉLINEAU. 



VI. Vie de Schnoudi (texte arabe). 

Je ne crois pas qu'il existe dans les bibliothèques d'Europe un manuscrit arabe 
ayant trait à ce célèbre moine : du moins je n'en connais pas. Je crois donc, jusqu'à 
preuve du contraire, que je suis le seul européen qui ait pu avoir la chance de 
mettre la main sur cette vie arabe. Jusqu a présent j'en connais quatre manuscrits : 
le premier appartient à Téglise copte de Naggadeh, le second à celle de Louqsor, 
le troisième se trouve à la bibliothèque du Patriarche copte au Caire, le quatrième 
au couvent de Moharraq. J'ai fait prendre au nom du gouvernement français copie 
des deux premiers : et c'est sur ces deux exemplaires et sur le manuscrit du pa- 
triarchat que j'ai fait ma traduction et que l'édition du texte arabe a été préparée. 
Ces trois manuscrits sont loin d'avoir la même valeur. Le premier est criblé de 
fautes : le copiste a mal lu ou mal entendu, il n'a pas su distinguer les points dia- 
critiques, et, en une foule d'endroits, il a écrit un texte incompréhensible. Cependant 
en plusieurs passages il contient d'excellentes leçons. Le second est beaucoup mieux 
écrit au point de vue de la calligraphie et beaucoup plus fidèlement copié : il ne 
doit présenter qu'un tout à fait petit nombre de mots mal copiés, s'il en présente 
quelques-uns, ce que je ne crois pas. Le texte est donc bien meilleur que l'autre, 
et cependant il renferme aussi des leçons peu compréhensibles que le premier rec- 
tifie parfois heureusement. Quant au manuscrit de la bibliothèque patriarcale j'ai 
pu le consulter et le mettre à profit. Je ne peux en aucune façon déterminer l'âge 
des deux manuscrits dont j'ai une copie : ils ne doivent pas être très anciens et rien 
n'indique à quelle époque ils ont été copiés ou celle à laquelle le manuscrit qui a 
servi à cette copie a été lui-même écrit. Au fond, il importe peu de le savoir; car 
fort heureusement il est possible d'indiquer à peu près exactement l'année à laquelle 
a été écrit le manuscrit copte qui a servi au traducteur arabe. 

I>c titre de cette traduction est le suivant : «Au nom du Père, du Fils et du 
Saint b^sprit. un seul Dieu : amen. Nous commençons avec l'aide de Dieu (qu'il 
soit exaltéj et avec la bonté de sa direction à copier le discours commémoratif pro- 
noncé par le père saint, grand, parfait, l'étoile, le pur Mar Visa en l'honneur du 
grand saint, notre père anba Schnoudi, l'archimandrite de la montagne d'Athribis : 
dans la paix de iiolre Père. Amen. > On hi voit, nous sommes bien en présence 
du même ouvrage que celui auquel fait allusion le titre de l'abrégé memphitique; 



iVlONUMENTS, ETC. XLIX 



mais nous sommes renseignés en plus sur la nature de cet ouvrage qui est un pané- 
gyrique dans toute la force du mot, car les premières paroles du texte nous ap- 
prennent à quelle occasion fut prononcé le discours de Visa. Voici ces paroles : 
«Lorsque les chrétiens orthodoxes habitant les trois villes de Qaou, d'Akhmim et 
de Psoi se furent réunis après l'enterrement du grand prophète anba Schnoudi, et 
que les gens de ces trois villes se furent assemblés près de notre père Visa pour 
le consoler et l'interroger sur la grâce que Dieu (qu'il soit béni et exalté; lui avait 
accordée en l'élevant à la dignité de notre père anba Schnoudi, ils lui firent tous 
cette interrogation, disant : «O notre père, nous voulons que tu nous donnes à 
boire l'eau de la source sainte et bénie, afin qu'en tout temps le berger prenne soin 
des brebis.» Et lorsqu'il les vit ayant un désir passionné vers Dieu en tout moment, 
trouvant suave l'audition de ses paroles délicates et souhaitant entendre raconter la 
vie du fidèle serviteur de Dieu, notre père saint, anba Schnoudi, il commença de 
leur expliquer les signes et les merveilles que Dieu avait opérés par ses mains, 
pour la gloire de la Trinité sainte, pour l'utilité, l'intérêt et le profit de quiconque 
les entendra et les imitera, et pour la glorification perpétuelle de Dieu qui opère 
des miracles par ses saints. Et voici ce que dit notre père Visa dans son discours 
prononcé le septième jour d'Abib.» On s'attendrait après cela à trouver le com- 
mencement du discours, mais l'auteur poursuit de la même manière et ajoute : 
«Et lorsque le peuple, les frères, les moines et les habitants des monastères voisins, 
les frères saints associés avec lui dans la loi de la vie monacale et pure, entendirent 
la beauté de son adoration, la douceur des paroles qu'il prononçait par suite de la 
sagesse de Dieu dont il était rempli, et surtout sa science noble, étonnante, sur- 
abondante, alors il s'écrièrent tous, l'implorant et disant : O notre Père saint, la 
place tenue par les pères est passée aux fils, et tu es digne d'occuper la place 
d'anba Schnoudi l'archimandrite!» — Alors Visa leur dit : «Soyez les bienvenus, 
etc.» C'est ainsi qu'après cette seconde entrée en matière qui me paraît une inter- 
polation, à moins que le défaut qui me choque ne soit l'eflet d'une mauvaise tra- 
duction de l'auteur arabe. Visa entre en matière et célèbre son père, l'archiman- 
drite Schnoudi. Il s'agit donc bien d'un panégyrique, et nous sommes ainsi bien 
loin d'une chronique. Quiconque connaît la littérature -jopte ne sera pas surpris 
de trouver un panégyrique au lieu d'une histoire : les Coptes aftectionnaient beau- 
coup le genre oratoire. D'ailleurs ce n'est pas ici le seul discours que Visa prononça 



^ E. AMELINEAU. 



en l'honneur de Schnoudi, le jour anniversaire de la mort du prophète archiman- 
drite. Le catalogue de Zoëga contient la mention d'un autre discours semblable : 

TÔ.TOC 2^e o.vi neoooT .vmp UMeeTe Miieïi2s.oeic nicoT .uiipoq>HTHc evnô. lyeuoTTTe 
ucoT cdviyq .vvneCioT ^nn^p. ou oTreipuïm uTe nnoiTTe oô.mhu; c'est-à-dire : Dis- 
cours de notre saint père apa Visa l'archimandrite, lequel il prononça le jour où 
l'on fait commémoraison de notre seigneur père, le prophète apa Schnoudi, le 
septième jour du mois d'Epiphi.' Ce discours dont il ne reste malheureusement 
qu'un feuillet n'est certainement pas le même que celui qui nous a été conservé 
en arabe, car le commencement n'est pas semblable. En effet, après avoir prié 
Dieu de bénir la multitude assemblée en son nom dans le lieu saint et en l'honneur 
de son serviteur, le saint apa Schnoudi, il s'écrie en s'adressant à Schnoudi lui- 
même par une prosopopée hardie : <:Tu as été honoré dans ta vie et honoré dans ta 
mort; ton nom sera béni près de nous et près de Dieu. La parole de David est 
vraie : «On conservera éternellement la mémoire du juste;» et «Ton souvenir durera 
de génération en génération.»^ Nous connaissons les souffrances que tu as endurées 
sur cette montagne, nous savons ton amour pour les pauvres, et Dieu n'oubliera 
ni tes larmes, ni tes prières, ni tes nuits passées dans la veille.»^ On aura beau 
chercher dans le document que je publie, on ne trouvera pas trace de semblables 
paroles. Je dois même dire que le ton de ce dernier panégyrique me semble tout 
autre que celui du premier : Visa était sans doute un virtuose qui savait varier sa 
manière, tout comme les grands poètes de nos jours. Il n'est pas étonnant d'ailleurs 
qu'il ait eu à le faire, car ce qui se produisit à l'époque où il prononça le discours 
conservé dans la traduction arabe, dut se reproduire chaque année, et chaque année 
les nombreux pèlerins tout aussi avides que les premiers d'entendre les louanges 
du grand Schnoudi durent presser Visa de leur faire un panégyrique. Or tant va 
la cruche à l'eau qu'à la (in elle se brise; il faut en changer : de même Visa ne put 
pas toujours servir le même morceau à ses auditeurs, il dut changer de ton et varier 
sa mélodie, il le fît. 

Que le texte arabe ait été traduit du copte, c'est ce qui sera évident pour qui- 

1. /<>ii;\, dût. cod. coft.. p. 5i("). 

2. l.c premier texte est tiré du Ps. i i i, v. 7 et le second du Ps. i ■^^4. v. 13. 

3. Voir le texte daii*. ZoKga, loc. cit., p. 5 Kï — 5 i 7. 



MONUMENTS, ETC. Ll 



conque lira attentivement ce texte. Non seulement on peut et on doit le cn^ire 
d'après le contenu de Touvrage; mais une foule de passages, de locutions, d'images, 
montrent que le traducteur arabe a traduit mot à mot son texte, et que .souvent il 
a décomposé les mots composés pour en donner une traduction selon le sens éty- 
mologique. Je ne peux pas faire ici cette démonstration, elle m'entraînerait dans 
une série de discussions étymologiques beaucoup trop longues, et elle .serait fort 
inutile d'ailleurs, car la chose est évidente. Je me suis contenté de le faire ob.server 
quelques fois dans les notes qui accompagnent ma traduction. Ici je prie le lecteur 
qu'il m'en croie sur parole : je ne l'induirai pas en erreur. Une autre preuve de 
cette traduction se rencontre dans les noms de lieux que le traducteur a traduits en 
arabe d'après le sens du copte : ainsi pour un village dont le nom signifiait le 
Pressoir du raisin, d'abord transcrit du copte en lettres arabes et traduit ensuite 
en arabe avec une parfaite connaissance du copte. Les exemples de pareils faits 
sont assez nombreux; mais je dois avouer que la traduction n'est pas toujours juste. 
Notre traducteur savait donc le copte, et très probablement le dialecte sahidique 
autant que le memphitique; mais ce n'est qu'une conjecture de ma part. Je ne peux 
rien dire de certain sur l'époque à laquelle a été faite sa traduction, ni savoir quel 
était ce traducteur. Il semblerait, d'après les deux mots syriaques mar et meimar 
qui se trouvent souvent répétés dans le texte arabe, que l'auteur de la traduction 
ait pu être un moine originaire de Syrie et par conséquent ayant longtemps habité 
Nitrie; mais je ne sais si ces deux expressions suffisent pour servir de fondement 
à une hypothèse. Peut-être ce moine, sans être Syrien d'origine, avait-il longtemps 
vécu à Nitrie ou à Scété et été envoyé comme évêque dans la Haute- Egypte, ou 
bien avait-il quitté les monastères du Nord pour s'établir dans le Sud. On compren- 
drait alors facilement que ce traducteur se fût servi de mots syriaques tombés dans 
l'usage courant à Scété, et qu'il ait connu le dialecte sahidique; car le fait qu'on ne 
possède pas en Europe de manuscrit contenant la vie de Schnoudi prouve bien 
que cette vie fut traduite dans la Haute-Egypte et n'en sortit pas : autrement les 
voyageurs et les chercheurs de manuscrits coptes ou arabes-chrétiens en auraient 
sans doute déterré quelqu'un soit dans les couvents du désert libyque, soit dans 
ceux de la Basse-Egypte. En tout cas cette traduction n'eut pas besoin d'être faite 
avant que l'usage de la langue copte se fût perdu dans la Haute- Egypte, ou du 
moins l'usage du dialecte sahidique; mais il n'est guère facile d'indiquer cette 



LU E. AMELINEAU. 



époque qu'on doit peut-être étendre jusqu'au treizième siècle de notre ère et qu'on 
ne peut, je crois, faire commencer avant le dixième. 

Si je ne peux pas indiquer l'époque à laquelle a vécu le traducteur et a été faite 
la traduction, je serai plus heureux pour trouver le temps où le manuscrit, sur lequel 
cette traduction a été faite, a reçu sa dernière forme. Je montrerai plus loin qu'en 
efîet certaines pages ont dû être ajoutées à l'œuvre primitive de Visa. Quant à ce 
qui m'occupe maintenant, c'est-à-dire quant à la fixation de la date où l'ouvrage 
de Visa a reçu la forme même sous laquelle il nous est arrivé, je trouve en cette 
œuvre un passage qui me renseigne complètement à ce sujet et que je demande 
la permission de citer ici en son entier. Il se trouve dans une sorte de prophétie 
ayant trait à la fin du monde en général et au sort prochain de l'Egypte en particu- 
lier. Schnoudi retiré dans sa caverne a reçu la visite du Seigneur le Messie et Jésus 
a déroulé à ses yeux étonnés une série d'événements épouvantables. Schnoudi sort 
de sa caverne triste et abattu : à sa vue son disciple Visa lui demande : «Que t'est-il 
arrivé pour avoir un visage si renfrogné?» — Il me dit : «Pleurons sur nos âmes et 
sur tous les hommes : il eût été meilleur pour l'homme de n"être pas né, car voici que 
le Seigneur le Messie, notre vie, nous a raconté en ce jour les malheurs et les tristesses 
qui fondront sur le monde et m'a dit : «Raconte ces choses à tes enfants, écris-les 
pour leur usage afin qu'ils se convertissent et se perfectionnent encore; qu'ils pren- 
nent tous garde, après avoir entendu cela, de n'être pas négligents et de ne pas 
livrer leurs âmes à Satan.» — Et je lui dis : «O mon père saint, fais-moi l'amitié 
de me raconter cela, et tu prieras pour nous afin que nous ne tombions pas aussi 
dans ce péché.» — Et dit mon père : «Certes je vous dis ce que m'a montré la 
Messie, ô mes enfants, afin que le souvenir en reste jusqu'à la fin des temps.» Alors 
il dit : «Après vous avoir quittés et être entré dans ma caverne du désert, pendant 
c|ue je récitais ma prière sous la caverne de la montagne, le Seigneur est venu et 
m'a dit : «La paix soit avec toi, ô Schnoudi!» — Et je lui dis : «Bienvenue est ta 
présence, ô grand Seigneur, maître du ciel et de la terre!» Alors sous la caverne 
de la montagne, je le baisai bouche à bouche; et Satan se montra à nous sous le 
figure d'un ouvrier, portant une coulfe de paille n'ayant pas servi; il s'arrêta et nous 
la cacha dans le flanc sud de la montagne, sans respect pour nous. Je me levai 
alors, je m'av'ançai vers lui, je le frappai, je pris sa tête, je la frappai contre la pierre 
jusqu'à ce que je l'eusse tachée de son sang. Et le Seigneur me dit : ^ Cesse, ô 



MONUMENTS, ETC. LUI 



Schnoudi, son icmps n'est pas encore venu.» Je le laissai; et, confus d'une grande 
confusion, j'allai et je dis au Seigneur le Sauveur : <'Qu'y a-t-il donc ainsi contre 
nous?» — Et le Sauveur dit : «Mon père et moi, n')us l'avons épargné depuis le 
commencement du monde afin que mes élus se manifestent et s'opposent à lui. et 
je vais te dire ce qui sera avant que cela n'arrive. Les Perses se révolteront contre 
les grands de Mossoul, ils viendront en Egypte et feront un grand massacre; ils 
pilleront les enfants des Égyptiens et vendront leurs enfants à prix d'or, par suite 
de leur despotisme excessif et de leur injustice, l^lusieurs seigneurs seront maitrcb 
et plusieurs esclaves seront seigneurs.' Les Perses causeront à l'Egypte un grand 
malheur, car ils prendront les vases sacrés de l'église et ils y boiront du vin devant 
l'autel sans crainte et sans effroi; ils violeront les femmes devant leurs maris. 
Quelque temps après, avec ma permission, les Perses quitteront l'Egypte : ensuite 
se lèvera l'Antéchrist, il entrera près du roi des Grecs et il sera nommé lieutenant 
de sa part sur les deux dignités des offices gouvernementaux et des évéchés.' il 
entrera en Egypte, fera plusieurs choses et s'emparera de l'Egypte et de ses dépen- 
dances, il construira des fossés et des forteresses, il fera bâtir les murailles des villes 
qui sont au désert, il gardera l'Orient et l'Occident. Ensuite il combattra le pasteur, 
le chef des évêques d'Alexandrie, le chef des chrétiens qui habitent l'Egypte; et 
quand on le combattra, celui-ci s'enfuira vers le pays de Tatman jusqu'à ce qu'il 
arrive à ton monastère, triste et affligé ; et quand il y sera arrivé je te ferai retourner 
et le ferai s'asseoir sur son siège une autre fois. Ensuite se lèveront les fils d'Ismaël. 
et ceux d'Aissou (?); ils maltraiteront les chrétiens qui habitent le pays d'Egypte, 
et certains d'entre eux désireront être les maîtres de toute la terre, régner sur elle 
et bâtir le temple de Jérusalem. Et quand cela arrivera, sache que h fin du monde 
est proche. Les Juifs attendront l'Antéchrist et ils devanceront les peuples à son 
arrivée. Et si vous voyez la destruction dont parle le prophète Daniel arriver dans 
le lieu saint, elle viendra de ceux qui nieront les souffrances que j'ai endurées sur 
la croix; ils feront leur bon plaisir dans l'intérieur de mon église, ne craignant rien, 
ne redoutant rien. Alors ceux qui m'ont crucifié seront d'accord avec l'Antéchrist. 
ils nieront la réalité de ma résurrection sainte : que celui qui lit comprenne, car 
l'Antéchrist a l'intention de tromper chacun par sa tausseté; il désire décevoir me> 

1. C'est-à-dire l'anarchie régnera. 

2. C'est-à-dire qu'il réunira en ses mains la puissance civile et religieuse. 



LIV 



E. AMELINEAU. 



élus mais ils ne le suivront pas, parce que je les sauverai de sa main, et ceux qui le 
suivront, il les marquera au front et à la main droite. Alors cet audacieux défendra 
de vendre et d'acheter, excepté à ceux qui porteront sa marque; il guérira les ma- 
lades par son habileté et leur dira : «Je suis le Messie.» Et ils viendront et lui diront : 
«Si tu es le Messie, dis à ces pierres de se transporter et de se jeter à la mer;» et 
elles se remueront devant les infidèles, mais devant les croyants elles ne bougeront 
pas. Puis arrivera une grande disette, et tous ceux qui auront cru en lui seront 
ruinés; et ils lui diront : «Donne-nous du pain que nous mangions et ne mourions 
pas de faim»; et il leur donnera beaucoup d'or. Et ils répondront en disant : «Est-ce 
que l'or peut se manger pour que nous nous en nourissions?» Et ils jetteront dans 
la rue leur or et leur argent : ils pleureront sur l'or. Les mers, les fleuves et les 
puits se dessécheront, et ils reviendront vers lui en disant : «Donne-nous de l'eau 
à boire, si tu es le Messie.» Et il se mettra dans une violente colère contre eux, il 
les brusquera et les accablera de grands malheurs. Malheur aux femmes qui seront 
enceintes ou nourrices en ce temps-là! On percera les ventres des femmes enceintes, 
on y fera entrer des serpents qui pénétreront et suceront les mamelles. Il prendra 
le poison des serpents et empoisonnera les armes de la guerre; et malheur à celui 
qui entendra et écoutera ses paroles. Et certes mes élus que j'aime reconnaîtront 
ces signes, ils s'enfuiront dans la campagne et dans le désert, aux lieux que je leur 
préparerai. Et ils diront aux montagnes : Tombez; et aux bois : Couvrez-nous; et 
ils m'imploreront et j'aurai pitié d'eux. Je leur ferai pousser des fruits dans les 
vallées, je leur rendrai douces les eaux des sources et des fontaines, ô mon élu 
Schnoudi. C'est moi le Dieu qui te parle. Prenez garde quand on vous dira : Le 
Messie est ici ou là; ne croyez pas, car ce sera un faux messie. Veillez et retenez 
tout ce que je vous ai expliqué. Cela arrivera comme l'éclair; quand il luit, il paraît 
d'Orient en Occident : ainsi l'arrivée du Messie. Et les hommes descendront jusqu'au 
fond de la mer. ils creuseront pour trouver de l'eau et n'en trouveront point; puis 
ils creuseront encore plus bas jusqu'à ce qu'ils trouvent de la vase molle qu'ils 
mettront sur leurs ventres pour rafraîchir leurs estomacs. L'Antéchrist prendra leurs 
enfants et les pressera sous les meules des pressoirs. Alors des animaux sauvages 
sortiront des cavernes et des rochers, ils dévoreront les hommes désobéissants; 
et les hommes se laisi^eront dévorer pendant six mois, comme le scorpion pique 
l'homme, et une grande détresse pèsera sur eux, ainsi que l'injustice de la part 



MONUMENTS, ETC. LV 



des rois qui les opprimeront, les dépouilleront, eux et leurs enfants : les gens se 
haïront entre eux, ils se livreront à la mort et une grande injustice régnera sur la 
terre à cause des péchés de ceux qui l'habitent, parcequ'ils se trompent les uns les 
autres. Les bonnes actions cesseront, personne ne souhaitera la justice de la part 
de celui qui commande envers celui qui est commandé; les rois de ce temps-là 
réuniront injustement des biens nombreux, ils oublieront les implorations et les 
prières, ils renonceront à me connaître à cause de l'injustice qui régnera parmi eux. 
Et tout cela arrivera dans ce siècle de la part des Assyriens qui régneront sur 
eux, à cause de leurs fautes et de leurs nombreux péchés; car ce peuple est la verge 
de ma colère et la force de mon indignation. Malheur aux chefs et aux maîtres des 
peuples dans toutes les villes, dans tous les villages et tous les monastères ! car les 
peuples souffriront beaucoup de ceux qui régneront sur eux et qui les feront souffrir 
à cause de leurs richesses. Ce sont là les signes de la fin : je te les ai tous dits. 5 
mon élu Schnoudi. Et quand paraîtra l'Antéchrist qui troublera toute la terre, j'en- 
verrai mes prophètes Enoch et Élie, pendant qu'il sera au milieu de ses injustices 
et qu'il commettra ses mauvaises actions; alors ils feront voir qu'il n"est pas le 
Messie, mais celui qui rend tout le monde désobéissant : il se mettra en colère 
contre eux, il les tuera et leurs corps resteront trois jours et demi jetés dans les 
rues de Jérusalem. Puis je leur rendrai l'esprit de vie, ils lui résisteront, le vaincront 
et avertiront tous les hommes du jour de la résurrection sainte; puis ils se re- 
poseront dans le festin des mille années et dans les biens que j'ai préparés à mes 
élus ainsi qu'à ceux qui croient à la Trinité sainte : ce sera la résurrection première. 
Après cela aura lieu la seconde résurrection, et les morts se lèveront sans corrup- 
tion, ceux dont on a tué les corps par l'épée, ceux qui ont été dévorés par les lions, 
ceux dont les corps ont été brûlés par le feu, ceux qui se sont noyés dans les eaux. 
en un mot tous les morts, quel qu'ait été leur genre de mort, suivant ma volonté à 
moi, le Seigneur qui te parle; car je les ressusciterai à la seconde résurrection, et 
ils se rassembleront dans la vallée de Josaphat et je donnerai à chacun selo:* ses 
œuvres. Et toi, tu t'asseoiras avec les Apôtres, et tu jugeras avec justice ceux qui 
ont fait le bien pour la résurrection de la vie et ceux qui ont fait le mal pour la 
résurrection de la mort. Et voici que je t'ai tout raconté, ô mon élu Schnoudi. je 
t'ai fait prophète jusqu'à la fin, car il n'y a personne qui te ressemble dans les 
choses pour lesquelles je t'ai aimé. Apprends cela à tes lils et à tous les hommes. 



LVI E. AMELINEAU. 



afin qu'ils le retiennent et vivent avec moi dans mon royaume. Que ma paix soit 
avec toi, ô Schnoudi, ami de mon père : prêche-leur ce que je viens de te dire.» 
Alors il monta dans les cieux et les anges lui rendirent gloire. Et voici que je vous 
ai fait connaître ce que m'a expliqué le Seigneur, à vous et à tous les chrétiens nos 
frères : soyons sur nos gardes, efforçons-nous de ne pas commettre de péchés afin 
que nous évitions les reproches qui tomberaient sur nous au jour du jugement de 
vérité, au jour de la mort pour ceux qui renoncent à leur foi et nient Dieu et qui 
recevront la perte en héritage, en ce jour de leur perdition.» 

J'arrête ici cette longue citation : Schnoudi continue longtemps encore à parler 
du jugement; ceux qui voudront connaître la suite se reporteront facilement à la 
traduction du texte arabe et satisferont leur désir. Ce que j'ai cité remplira parfaite- 
ment le but que je me suis proposé. 

Dans le long et filandreux discours qui est placé dans la bouche du Messie, on 
a dû remarquer deux sortes d'événements qui sont prédits : les uns se rapportent 
à l'histoire de l'Egypte chrétienne, et les autres ont trait à la fin du monde, au grand 
cataclysme qui doit irrémédiablement tout détruire. De cette dernière partie, en- 
tièrement composée de traits empRintés aux évangiles synoptiques, à l'Apocalypse 
et à quelques prophètes de l' AncienTestament, mêlés à quelques élucubrations faciles 
de Schnoudi ou d'un autre, je n'ai pas à m'occuper ici : elle ne peut en aucune 
façon me servir à dater le dernier développement de notre ouvrage. Il en est tout 
autrement de la première partie : on y trouve une série de faits nettement indiqués 
et sous lesquels nous pouvons mettre une date bien déterminée. D'après notre 
auteur, les Perses envahissent l'Egypte, la conquièrent, y séjournent un assez long 
temps et y commettent tous les crimes qui offensent le plus un chrétien et un 
homme. Puis ils se retirent, et, de nouveau reconquise par les généraux de Con- 
stantinople, l'Egypte est soumise par l'empereur grec à un gouverneur qui a dû 
laisser une assc triste réputation chez les Coptes pour qu'on le nomme ici Antéchrist. 
Ce gouverneur s occupe de fortifier les places du désert, c'est-à-dire celles qui défen- 
daient l'Egypte contre une invasion du coté de !a Syrie. Entre temps, il persécute 
le patriarche qui est obligé de prendre la fuite. Alors les enfants d'Ismacl et les fils 
d'Aïssou s'emparent de l'Egypte. Je ne connais pas les fils d'Aïssou qui sont proba- 
blement cousins germains des fils d'Ismaël; mais ces derniers sans aucun doute sont 
les Arabes. Après l'invasion, le patriarche est replacé sur son tronc; mais l'anarchie 



MONUMENTS, ETC. LVII 



se met parmi les vainqueurs qui se livrent des combats fratricides pour s'assurer 
la possession du pays et dont quelques-uns rétablissent le temple de Jérusalem. 
Or, ces événements qui nous sont donnés comme prophétisés avant leur accom- 
plissement sont parfaitement historiques, d'où je conclus que mon auteur, c'est-à- 
dire celui qui a écrit ces passages, les connaissait et vivait à une époque où ils 
étaient déjà accomplis. C'est qu'en etfet les Perses envahirent l'Egypte sous le règne 
d'Héraclius et commirent tous les excès racontés par les auteurs grecs. La campagne 
d'Héraclius, pour reprendre possession de la vraie Croix, les fit sortir de l'Égvpte. 
C'était en l'an 627 de lère chrétienne. Les Coptes replacés sous l'autorité de l'em- 
pereur grec n'en furent pas mieux traités : encore maintenant, quand on leur parle 
de cette époque, ils racontent avec effroi que les Grecs arrachaient poil à poil la 
barbe de leurs ancêtres et mangeaient leur soupe sur la tête des Coptes agenouillés. 
Le gouverneur qui fortifia les places du désert, c'est-à-dire El Arisch, était le Ma- 
koukas des historiens arabes; le patriarche exilé se nommait Benjamin; il fut rappelé 
par Amrou, le conquérant de l'Egypte. L'année 640 avait vu la prise d'Alexandrie 
et la perte définitive de l'Egypte. Peu après cette conquête, comme on peut le lire 
dans les historiens arabes, la désunion se mit parmi les chefs musulmans; des com- 
pétiteurs s'élevèrent et se disputèrent ardemment le khalifat. La famille des Ommya- 
des finit par l'emporter avec Moaouyah premier. Cependant Moaouyah fut regardé 
comme un usurpateur par un grand nombre de chefs puissants; et après sa mort, 
quoiqu'il eut de son vivant fait prêter serment à son fils Yezid, Hussein, fils d'Ali, 
Abd-er-rahman, fils d'Abou-Beker, Abd-allah, fils d'Omar, et un autre Abd-allah, 
fils de Zobéir, ne reconnurent pas le nouveau khalife. Des guerres intestines eurent 
lieu, et après la mort de Yezid et le règne fort court de son fils Moaouyah second, 
la dignité de khalife passa aux mains d 'Abd-allah ibn Zobéir. Alors la Syrie se 
révolta et les Syriens élurent à Damas comme khalife iMérouan ibn el-Hakem qui 
lui aussi appartenait à la famille des Ommyades, et qui envoya son fils Abd-el-aziz 
conquérir l'Egypte sur Abd-er-Rahman qui la gouvernait au nom du khalife Abd- 
allah ibn Zobéir. La victoire resta à Mérouan en l'année 6S4. Après la mort de 
Mérouan qui arriva cette même année, on reconnut comme son successeur son 
fils Abd-el-Melek ibn Mérouan. 11 y avait alors deux khalifes, l'un maître de l'E- 
gypte et de la Syrie, l'autre possesseur des contrées que tout bon musulman re- 
garde comme sacrées. Chaque année les pèlerins, sujets d"Abd-cl-Mclek. devaient 

h 



LVIII E- AMÉLINEAU. 



se rendre à la Mecque, et la Mecque était en la possession d'Abd-allah ibn Zobéir. 
Pour éloigner de son rival ses sujets les plus fervents, Abd-el-Melek conçut le projet 
de choisir une autre ville comme but du pèlerinage saint, et il choisit Jérusalem 
nommée d'abord ville sainte par Mahomet et dépouillée ensuite de sa prérogative 
religieuse au profit de la Mecque. Le khalife y fit reconstruire la célèbre mosquée 
d'El-Aksa et son projet réussit. Les pèlerins de ses états cessèrent d'aller à la 
Mecque et se rendirent à Jérusalem, jusqu'au moment où la mort d'Abdallah, qui 
avait vu toutes ses provinces conquises par son rival, laissa Abd-el-Melek seul 
possesseur de la dignité de khalife, rendit inutile le double but du pèlerinage et 
finit le schisme musulman. Ces événements arrivèrent en l'année 690 de notre ère. 
Or, notre auteur connaît ce schisme quoiqu'il confonde une mosquée avec le 
temple de JéRisalem; il vivait donc à cette époque, et puisqu'il ne mentionne pas 
la fin du schisme, il nous est parfaitement permis de croire qu'il écrivait avant 
l'année 690 et après l'année 685. C'est donc dans l'intervalle que le passage cité 
a été écrit. C'est donc sur un manuscrit copte écrit à cette époque que la traduction 
arabe a été faite.' 

Ce n'est pas la seule conclusion que je puisse tirer de la longue citation qui pré- 
cède, car elle nous laisse aussi apercevoir la manière dont Visa a fait son discours 
et dont les copistes l'ont allongé. Je crois, en elîet, reconnaître d'après ce morceau 
et ce qui le suit que notre Visa, lorsqu'il mit son récit par écrit, ne lécrivit pas 
tel qu'il l'avait prononcé, mais qu'il puisa dans les œuvres de Schnoudi pour orner 
son panégyrique. Le morceau que j'ai cité était, en effet, célèbre dans les œuvres 
du grand archimandrite, car je crois que nous y trouvons une partie de ce célèbre 
sermon sur la mort qui, au dire de son panégyriste, faisait pleurer tous les audi- 
teurs et qui parvint jusqu'à Rome où l'apôtre Pierre rouvrit les yeux à la lumière, 
prit le livre où se trouvait l'œuvre de Schnoudi et loua beaucoup l'auteur. Évi- 
demment on ne peut prendre au sérieux cette légende avec les détails qui raccom- 
pagnent; mais elle prouve du moins que, parmi les œuvres de Schnoudi, ce mor- 
ceau était célèbre entre les célèbres. Je crois aussi que le commencement du pané- 

I. Il va sans dire que je n'ai pas la prétention d"aftirmcr ici que le traducteur arabe s'est servi du 
manuscrit où pour la premiùrc fois a clé insérée la mention des événements dont je viens de parler; 
mais il s'est servi de ce .nanuscrit ou d'un autre do même famille, la rédaction étant arrêtée dés la fin 
du septième siècle, c'cst-i\-dire deux cents ans après la mort de Schnoudi. 



MONUMENTS, ETC. [jx 



gyrique est un extrait des principales idées morales qui se rencontraient dans les 
œuvres du prophète, et dont quelques-unes d'ailleurs sont fort belles et fort bien 
exprimées. Cependant, il peut se faire que Visa ait réellement prononcé ces deux 
morceaux, car avec la mémoire des Coptes on peut s'attendre à tout; mais il n'a 
certainement pas prononcé les prédictions qui m'ont servi à établir la date du ma- 
nuscrit sur lequel on a fait la traduction arabe. De même, on rencontre quelques 
autres passages qui ne me paraissent pas très authentiques, quoiqu'ils puissent 
l'être cependant. On rencontre, en effet, plusieurs récits à la fin desquels se trouve 
une prière analogue à la suivante : Que sa protection soit sur nous et sur celui qui 
a écrit ce livre. Il pourrait se faire que chacun de ces morceaux fut l'œuvre d'un 
copiste différent, car il n'y a pas de raison pour mettre cette prière à la fin de tel 
récit plutôt qu'à la fin de tel autre. Si tous les récits qui se terminent par cette 
prière manquaient dans l'abrégé copte, ce me serait une raison d'affirmer plus 
sûrement qu'il y a eu interpolation; mais l'abrégé memphitique en contient quel- 
ques-uns, et cette prière peut n'être due qu'à un mouvement pieux du copiste. 
Cependant une raison assez forte me confirmerait dans la pensée qu'il n'en est pas 
ainsi, c'est que ni l'abrégé memphitique, ni la vie arabe, ni les fragments sahidi- 
ques ne sont la reproduction exacte de l'œuvre de Visa. On trouve, en effet, dans 
l'abrégé memphitique des traits qui manquent dans plusieurs récits identiques du 
panégyrique arabe, et réciproquement; il n'y a pas jusqu'aux fragments sahidiques 
où nous ne puissions trouver des renseignements qui font défaut dans les parties cor- 
respondantes des autres œuvres : ainsi le duc qui fait l'expédition contre les Blem- 
myes, Héraclius, n'est nommé ni dans le texte memphitique ni dans le texte arabe, 
on ne trouve son nom que dans le fragment thébain conservé au musée de Boulaq 
et publié par M. Bouriant. Je le répète, comme je l'ai dit ailleurs, je ne crois pas 
qu'un copiste copte ait put résister à la tentation d'ajouter quelque chose à l'original 
qu'il copiait, soit pour expliquer des passages qui lui semblaient obscurs, soit pour 
orner ce que lui paraissait dépourvu d'une quantité suffisante d'ornements. 11 ne 
faudrait pas toutefois donner une trop grande extension à mon idée, car cela ne 
doit s'entendre que des copistes que je nommerai auteurs, et qui ont développé 
leur modèle jusqu'à une époque où les œuvres ont été assez connues et assez lues 
pour défier les interpolations. En tout cas cette manière de procéder cessa dès 

qu'on fit des traductions arabes. 

h* 



LX E. AMÉLINEAU. 



Maintenant que j'ai établi comment a été composé notre panégyrique, il sera 
bon de dire quel a été le but poursuivi par l'auteur et par ses continuateurs ano- 
nymes. Ce but, je l'ai déjà indiqué dans les premières pages de cette introduction, 
c'est l'édification spirituelle. Le véritable but des auteurs coptes dans ces vies des 
Pères du désert, pour employer l'expression courante, c'est de faire dire aux lecteurs : 
Allah, Allah, c'est-à-dire : Que Dieu est grand, puissant et que son serviteur An- 
toine, Macaire, Pachôme, Schnoudi ou d'autres, faisait de grandes choses. De là 
vient qu'on trouve à satiété à la fin de chaque miracle cette phrase : Et ils glori- 
fièrent Dieu et le prophète saint apa Schnoudi. On peut prendre n'importe quel 
récit de la vie de Schnoudi, de l'éloge de Macaire, du sermon attribué à S' Cyrille, 
et on verra en chacun que l'auteur procède toujours de la même manière : il donne 
les circonstances qui doivent faire comprendre son récit : ces circonstances de 
temps ou de lieu, de personnes ou de choses, ne sont rien pour lui, elles servent 
à faire comprendre pourquoi et comment le miracle eut lieu, pourquoi et comment 
telle apparition se fit, telle parole fut prononcée, et c'est tout; aussi dès que le 
miracle a eu lieu, dès que la vision a disparu, que la parole a été prononcée, le 
récit est achevé par la formule ordinaire et ils glorifièrent Dieu et le saint apa 
Schnondi, et souvent nous ne savons pas comment se termina l'événement auquel 
nous nous étions intéressés en commençant. Cette manière de procéder, il faut 
l'avouer, n'est guère en rapport avec nos habitudes et nos exigences littéraires, 
mais elle est merveilleusement adaptée au but d'édification poursuivi par l'auteur. 
Je l'ai dit plus haut, de nos jours encore le Copte se délecte en de pareils récits, 
il méprise profondément les Musulmans qui n'ont rien de semblable à montrer 
dans leurs livres; dans le Coran ou les traditions sur le prophète, on ne rencontre 
que de grossières inventions qui n'ont, en eifet, aucun rapport avec les merveilles 
qui peuplent la littérature copte. Quant à nous autres, Européens, qui n'avons que 
peu ou point Je religion à leurs yeux et qui, en tout cas, sommes les adhérents 
de' ce pape de iU;me qu'ils regardent comme le père des tyrans, toutes les légendes 
de nos saints ne peuvent égaler une seule des leurs. Mon Dieu, je crois qu'ils ont 
raison; l'Orient est la patrie des merveilles. En Orient quand on fait si bien que 
d'ajouter foi aux récits merveilleux, ce qui ne manque jamais d'arriver, on le fait 
sans aucune restriction; la raison disparaît complètement; en Occident au con- 
traire, même dans les récits les plus extraordinaires, la raison n'abdique pas son 



MONUMENTS, ETC. LXI 



entière indépendance et fait quelque restriction, soit dans certaines explications. 
soit dans certaines circonstances du récit. La raison en est que nous suivons le récit. 
et que nous ne le devançons pas, comme on le fait en Orient. En Occident l'an- 
nonce du merveilleux nous met de suite sur nos gardes; en Orient le simple énoncé 
d'un fait, sans la moindre de ses circonstances miraculeuses, fait pâmer d'aise tous 
les auditeurs. Il nous faut des raisons pour admettre un miracle; pour eux, étant 
admis que Dieu est tout-puissant, il n'y a plus aucune raison de douter que tel 
ou tel fait prodigieux ait eu lieu. On voit la différence des idées et des esprits. 

En outre l'auteur d'une vie des Pères du désert a toujours un but particulier ; 
son personnage doit être comparé à quelqu'un des grands personnages de l'Ancien 
Testament. Pour le commun des solitaires, même pour les Antoine, les Macaire 
et les Pachôme, c'est ou Elie le héraut et le cocher d'Israël, surnommé, je ne sais 
trop pourquoi, le batelier, ou Elisée, ou Jean le Baptiste. Pour Schnoudi, nous 
trouvons les trois personnages réunis ; mais ils ne suffisent pas : il faut quelque chose 
de plus grand et c'est Moïse en personne. Moïse le grand législateur et le plus 
grand des prophètes, qui est le type que doit reproduire Schnoudi. La chose est 
clairement exprimée plusieurs fois et mise dans la bouche même de Schnoudi : 
«Tout ce que Moïse a fait autrefois sur la montagne du Sinaï, le Seigneur m'a 
accordé de le faire sur la montagne d'Athribis, dit expressément Schnoudi. Il n'est 
pas étonnant après cela que plusieurs des miracles opérés par Schnoudi soient 
calqués sur ceux qui sont rapportés dans les quatre derniers livres du Pentateuque. 
Et puisque je retrouve de nouveau devant moi cette question du surnaturel dans 
les œuvres coptes, je dois m'en expliquer franchement. 

Je dois dire tout d'abord que je ne saurais ajouter la moindre f -i aux faits pro- 
digieux contenus dans les différents documents que je publie. Voici mes raisons. 

Quiconque lira les deux documents qui nous ont conservé les principaux taits 
de la vie de Schnoudi, s'apercevra facilement que la plupart des faits miraculeux 
rapportés sont imités des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Si j en 
avais ici le temps et le lieu je pourrais démontrer également que les actions célèbres 
de Macaire et de Pachôme sont attribuées à Schnoudi. Comme Moïse, Schnoudi 
fait s'entr'ouvrir la terre qui dévore des criminels, il fait jaillir de l'eau des puits où 
l'on n'en trouve plus, il a une baguette de palmier qui opère des merveilles, il 
parle avec Dieu, etc. Comme Élie il traverse souvent le Nil à pied, sans barque ni 



LXII E. AMELINEAU. 



batelier, ainsi qu'on l'observe naïvement, comme Jésus Christ lui-même il envoie 
des malheureux à tel ou tel endroit leur disant : Vous trouverez là quelqu'un, 
dites-lui : «Schnoudi vous fait dire telle chose»; et de même il multiplie les pains. 
Comme Élie encore, Schnoudi s'élève et voyage dans les airs, non pas sur un char 
de feu, mais sur une nuée lumineuse qui se trouve toujours à sa disposition lors- 
qu'il en a besoin. Macaire avait fait parler un mort dont le cadavre se trouvait sur 
son chemin : Schnoudi le fait aussi. Antoine avait eu à lutter contre les démons 
qui troublaient sa solitude : Schnoudi non-seulement soutient des luttes défensives 
contre Satan; mais aussitôt qu'il le voit, il prend l'offensive, le terrasse et se montre 
prêt à le tuer, car il croit le diable périssable. Ce qu'il y a de vraiment extraordi- 
naire dans sa vie, et ce qui montre bien qu'on a voulu lui créer une légende, c'est 
que les actions les plus ordinaires et les plus communes sont représentées comme 
des actions miraculeuses au premier chef. A-t-il besoin d'un fanal pour éclairer sa 
marche pendant la nuit, c'est l'ange Raphaël qui lui sert de guide et qui tient dans 
sa main une colonne lumineuse, parce que l'ange Raphaël a conduit le jeune Tobie 
vers une terre étrangère, l'a ramené sain et sauf et que le grand archange ne peut 
pas se servir d'une vulgaire lanterne. A-t-il envie d'une pomme, un frère la lui 
procure; mais ce frère a préalablement été enlevé par un ange dans les jardins du 
Paradis et y a cueilli les fruits qu'il apporte au désir de son père. Les frères se 
trompent-ils en creusant un puits, n'observent-ils pas assez bien les lois du perce- 
ment de la terre, le terrain s'éboule -t-il en conséquence, c'est Satan qui veut les 
empêcher de travailler et Schnoudi accourt y mettre bon ordre. Et nombre d'autres 
cas dont on trouvera les détails dans les documents copte ou arabe. Schnoudi n"a 
même pas un simple désir, si absurde qu'il nous paraisse, qui ne soit accompli sur 
le champ d'une manière miraculeuse. Un jour, sans raison, il demande à Jésus 
Christ qui le visite de faire que toute la plaine soit couverte d'eau et d'y venir 
naviguer avec les anges; le lendemain la plaine est couverte d'eau, une barque 
dirigée par le Messie et ses anges vogue doucement jusqu'aux pieds de Schnoudi 
qui prend la corde pour amarrer la barque et qui, ne trouvant aucune anfractuo- 
sité dans un bloc de pierre pour y attacher la corde, le perce avec son doigt comme 
il aurait fait d'un morceau de cire chauffé au feu. l>a répétition des mêmes pro- 
diges est fréquente : Schnoudi ne se sert pas moins de cinq fois de sa nuée lumi- 
neuse, la première pour revenir du concile d'Éphèse, la seconde pour apparaître 



MONUMENTS, ETC. LXIII 



de nuit à l'empereur Théodose qu'il réveille en sursaut dans son palais de Cons- 
tantinople, la troisième pour parler en l'air à un préfet mal appris qui n'approu- 
vait pas la conduite du prophète archimandrite, la quatrième pour échapper à une 
sentence de mort rendue contre lui, la cinquième pour parler au peuple d'Akhmim 
assemblé dans le marché devant une statue que Schnoudi veut détruire. Je trouve 
que ce moyen de locomotion avec lequel Schnoudi se rendait de son monastère 
à Constantinople en trois heures est un peu trop fréquemment employé. Il ne faut 
pas abuser même des meilleures choses. 

Il est évident que c'est mettre là trop facilement la puissance divine à contribu- 
tion, et pour des motifs plus que puérils. En Occident l'école catholique demande 
non-seulement des preuves pour croire à un miracle, mais encore elle détermine 
certaines conditions sans lesquelles le miracle ne peut pas avoir lieu : Tune de ces 
conditions c'est que le but atteint et le motif pour lequel les lois de la nature sont 
suspendues ou violées, soient dignes tous les deux de la majesté divine; on admet 
même qu'il est convenable à cette majesté de Dieu que l'instrument dont elle se 
sert pour opérer ses prodiges soit digne de la haute fonction qui lui est conférée : 
cependant ce dernier point n'est pas essentiel. En Orient, au contraire, on n"est pas 
si philosophique, mais on est plus naïvement logique : ce que Dieu peut faire en 
grand, il le peut en petit. Il n'est pas besoin qu'on lui mette ce qui nous semble 
des conditions, il agit comme bon lui semble, il est tout -puissant et fait ce qu'il 
veut. Cette manière diverse d'agir avec la divinité vient de l'idée qu'on s'en fait 
dans les deux hémisphères. Chez nous, nous nous sommes habitués à regarder 
Dieu comme un être terrible dans sa bonté même : sa justice est aussi infinie que 
sa miséricorde, et cette pensée fait que, malgré toute la naïve tend'esse de l'âme, 
ce n'est pas à Dieu le Père que nous nous adressons pour raconter nos misères et 
nos douleurs : Dieu le Père est toujours resté à nos yeux quelque peu entouré des 
foudres et des éclairs du Sinaï. Le chrétien est plus porté à se jeter entre les bras 
de Jésus-Christ, le Dieu fait homme, l'homme de douleurs qui sait compatir ô nos 
peines parce qu'il les a endurées lui-même, et si le fidèle tremble encore devant la 
divinité voilée sous l'humanité, il a des intermédiaires auxquels il peut s'adresser 
sans crainte, la Vierge Marie, m.ère de toute la chrétienté et les phalanges innom- 
brables des saints qui ont été soumis, comme lui, à toutes les épreuves de la vie hu- 
maine. En Orient, c'est maintenant tout le contraire, et l'idée que Ton se tait de Dieu 



LXIV E. AMELINEAU. 



touche de bien près à la matière, non pas dans l'idée même qu'on s'en fait, mais dans 
la conduite qu'on tient envers lui. Dieu est un maître et un père pour le chrétien 
aussi bien que le musulman; il participe à toutes les attributions comme à tous les 
devoirs du chef de tribu ou du père de famille. Au lieu de ne jamais prononcer son 
nom en vain, on l'a à chaque instant à la bouche, même pour les choses les plus 
futiles. Aussi quand on a quelque faveur à demander, quelque grâce à obtenir, ce 
n'est ni aux saints du paradis, ni à Mahomet le prophète qu'on s'adresse, c'est 
Dieu qu'on implore directement dans un langage enfantin et avec les mêmes 
paroles que l'enfant peut dire chaque jour à son père. Si l'on n'obtient pas sa 
demande, on n'ira pas jusqu'à l'injurier comme Louis XI injuriait les statues de 
ses madones, mais on se conduit avec une grande indifférence à son égard, on se 
contente dire : malesh, allah kerim, cela ne fait rien. Dieu est toujours généreux^ 
et l'on continue de faire comme si rien n'était. Si Dieu n'a pas voulu cette fois, il 
voudra bien une fois, car on le priera plus fort et on le pressera plus vivement, 
comme Elie recommandait aux prêtres de Baal de le faire sur la montagne. Et Ton 
demandera à Dieu la grâce de faire quelque petite infamie, de commettre quelque 
gros crime, aussi facilement que le marchand d'Horace demandait à Jupiter de le 
laisser voler tranquillement ses clients. Dieu peut tout : comment ne pourrait - il 
pas faire que telle action mauvaise devienne bonne en certaine circonstance ? Il 
n'est pas étonnant qu'avec ces idées, le chrétien d'Orient soit tout naturellement 
amené à croire les choses les plus invraisemblables du moment qu'on les passe 
au compte de la Divinité. Allah kerim, ce mot justifie tout, et ce mot se trouve 
aussi bien dans la bouche du chrétien que dans celle du musulman : on loue les 
saints et les personnages pieux, mais on ne leur fait pas la politesse de croire qu'ils 
opèrent des prodiges, c'est Dieu lui-même qui opère ces prodiges en leur honneur, 
et tout ce qu'on peut dire de Dieu, on doit le croire. Le chrétien se conduit en tout 
comme le mi-sulman, avec cette différence que Dieu le Père reste caché pour le 
Copte qui en a peur, et qu'il s'adresse directement à Dieu le Fils. Je dois ajouter 
aussi que les anges et certains saints sont censés faire un grand nombre de miracles 
dans les ouvrages coptes; mais c'est Dieu qui agit à leur prière. 

Les écrivains coptes pouvaient donc raconter tous les prodiges qu'ils voulaient 
avec la certitude de trouver créance près de leurs lecteurs. Chose étonnante, les 
témoins mêmes des actions les plus communes d'un homme avec lequel ils avaient 



MONUMENTS, ETC. l,XV 



vécu ne protestaient pas lorsqu'on entourait ces actions de prestiges et de mer- 
veilles, ils admiraient comme les autres, ils étaient les premiers à renchérir en sur- 
naturel. Bien plus, et je ne crois pas me tromper, cjlui-même dont on racontait 
ces prodiges avait cru à leur réalité pendant qu'il vivait : S' Antoine crut avoir vu 
un Faune et un Satyre, il leur avait parlé; de même Schnoudi fit parler des mt^rts 
et eut un commerce habituel avec tous les saints du Paradis. Jusqu'à un certain 
point, je crois qu'il fabriqua lui-même sa légende, ou du moins une grande partie 
de sa légende, et cela sans arrière-pensée d'imposture. Que cette légende ait été 
fabriquée, nous en avons une preuve certaine dans un fait que raconte la vie arabe, 
et c'est Visa lui-même qui nous fournit les expressions qui nous montrent claire- 
ment, avec la bonne foi la plus naïve, que tous les ornements merveilleux de cette 
merveilleuse vie ont été ajoutés après coup. Je cite de nouveau la traduction du 
texte arabe : «Un prêtre vint vers mon père et le pria de lui donner des conseils. 
Ce prêtre n'avait pas de femme et il était avancé en âge : la passion le poursuivait. 
Souvent mon père lui faisait des recommandations et le mettait en garde disant : 
Va, marie-toi et laisse la prêtrise,' car le Seigneur n'acceptera pas l'offrande de 
quiconque commet l'adultère. Et voici qu'un homme et sa femme eurent affaire 
à des gens riches; les grands personnages et leurs lieutenants le maltraitèrent, le dé- 
pouillèrent de tous ses biens et le jetèrent en prison. Sa femme alla trouver ce 
prêtre et le supplia en disant : «Tu vois ce qu'on nous a fait, je veux que tu 
viennes avec moi vers notre père anba Schnoudi pour le prier de me faire misé- 
ricorde, afin qu'il envoie dire de mettre mon mari en pleine liberté.» Et voici que 
ce prêtre se fit voir à elle comme un scheikh menant une conduite honnête, il causa 
avec cette ignorante et elle tomba d'accord avec lui sur la mauvaise- fréquentation. 
Alors ce prêtre alla vers mon père avec elle, et mon père lui dit : «Certes, tu ne 
l'as pas conduite ici pour rien!» Alors il envoya dire qu'on élargit l'homme et 
celui-ci vint avec sa femme vers mon père, lui baisa la main en disant : «Certes, 
tu m'as fait une grande miséricorde, car je suis tombé malade en prison par î-'uite 
de ce qu'on me faisait souffrir.» Mon père lui donna une aumône, lui lit quelques 
recommandations et lui dit : «Ne t'irrite pas et ne te fâche pas contre ta femme, 
car on ne l'a pas conduite ici pour rien.» — Et l'homme lui fit serment, en disant : 

I. Cette phrase signifie simplement, je crois : Ne fais plus les fonctions de prêtre. 



LXVI 



E. AMELINEAU. 



«O mon père, je n'ai pas laissé de haine en mon cœur.» Alors le prêtre se présenta 
aussi à mon père qui lui fit des reproches et lui donna quelques avis en disant : 
«Évite de remplir tes fonctions de prêtre jusqu'à ce que tu sois pur, sans cela Dieu 
ne t'accordera pas de délai.» Mais ce prêtre continua de demeurer dans le péché 
avec cette femme pendant une année, et ainsi le péché s'accumula sur eux. Et ils 
vinrent à mon père pour qu'il acceptât leur pénitence, et mon père fit la leçon au 
prêtre en disant : «Évite d'exercer tes fonctions, si tu ne veux pas être brûlé.» Alors 
voici qu'il jugea avec justice sur ce qui lui était arrivé; et le prêtre continua de 
nous visiter, et toutes les fois qu'il venait chez nous, il commettait l'adultère avec 
elle. Un jour qu'une grande foule se réunit près de mon père, le prêtre et la femme 
vinrent aussi, et l'odeur infecte de leur péché se répandait partout. Et le véridique' 
sortit avec la femme : nous le suivions, et mon père lui dit : «Combien t'a-t-il 
payée aujourd'hui avant de te conduire ici?» Elle nia, et le prêtre dit aussi : «Moi! 
je n'ai avec elle que les rapports d'une sainte amitié.» Et mon père se rappela les 
jugements que le Seigneur avait ordonnés à Moïse sur le mont Sinaï : de son bâton 
il frappa la terre qui s'entr'ouvrit et les engloutit vivants tous deux. Tous les assis- 
tants eurent peur, ils quittèrent le désert et mon père dit : «L'ange du Seigneur 
les a frappés du bâton que je tenais à la main et ils sont descendus dans l'enfer 
éternel, car ils ne m'avaient pas écouté.» Et ce bâton avec lequel il a fait plusieurs 
prodiges, comme autrefois celui de Moïse, existe encore aujourd'hui. Et voici que 
les évêques, les prêtres et les moines hérétiques allèrent trouver le gouverneur 
d'Ansna,' parce que mon père les réprimandait afin de les faire se convertir, car 
il aimait toutes les créatures de Dieu, et ils dirent : «Voici que Schnoudi vient de 
tuer en un seul jour un homme et une femme.» Quant à mon père, il n'y fit aucune 
attention, car il aimait ardemment le martyre. Et voici que mon père, avec la vo- 
lonté de Dieu, alla trouver le gouverneur; et plusieurs grands personnages d'Akh- 
mim et du rovaume'* accompagnèrent respectueusement le véridique pour parler 
en sa fa\'eur. Et le gouverneur était un homme ^'iolent. sévère, ne voulant pas se 
laisser corrompre pour l'élargir ; mais les grands et les riches personnages trouvèrent 
un prétexte en sa faveur et ils témoignèrent en disant pour lui : «Cet homme n'a 



1. C'est-à-dire Schnoudi. 

2. C'cst-à-dirc Antii'jë. 

'^. (ycst-à-dirc de h' province ou du pays environnant. 



MONUMENTS, PH C. l.XVII 



rien fait qui mérite la mort.» — Et Tcmir' dit à mon père : "('.combien de fois as- 
tu dépasse tes droits et as-tu tué? Qui es -tu pour tuer un homme et une femme 
en un seul jour?» — Et le véridique dit : «(^omme Samuel, j"ai adressé la parole 
à Dieu; il a tué Agag, roi des Amalécites, et Dieu lui a compté cette acticm comme 
une action pieuse; j'ai fait de même : fais de moi ce que tu voudras.» Aussitôt le 
juge ordonna qu'on lui coupât la tête avec l'épée. VA les hommes dirent : «Certes, 
c'en est fait, comment va-t-il se tirer de là?» Et le Seigneur le Messie voulut glo- 
rifier ses élus, et lorsque le bourreau tira son glaive, deux anges sortirent du ciel 
dans un nuage de lumière, ils enlevèrent mon père et remontèrent avec lui; et 
les assistants s'en étonnèrent grandement et dirent : «Vraiment, ô Dieu, ce sont là 
de tes signes et de tes miracles!» Les deux anges volèrent alors avec lui dans une 
heure jusqu'à notre monastère, et nous fûmes tous stupéfaits des faveurs qui avaient 
eu lieu.» 

Je n'ai rien ajouté ni retranché à ce récit que j'ai traduit le plus fidèlement 
possible. Il en résulte que Schnoudi avait bel et bien assommé les deux pécheurs, 
car lui-même l'avoue en disant : J'ai fait comme Samuel. Or Samuel poignarda 
Agag. D'ailleurs les contradictions abondent dans ce récit. On dit d'abord que les 
deux adultères furent engloutis vivants : Schnoudi raconte lui-même ensuite que 
l'ange du Seigneur les a préalablement assommés de coups de bâton et finalement 
il avoue que cet ange du Seigneur et lui sont une seule et même personne. En 
outre, si le prêtre et la femme avaient été engloutis sous terre, les évêques et le 
reste du clergé n'eussent pas accusé Schnoudi, et Schnoudi lui-même, s'il ne se 
fût pas senti coupable, n'eût pas pris la précaution de se faire escorter des person- 
nages influents d'Akhmim et de la région qui essaient de corrompre un juge qui 
ne veut pas être corrompu, comme l'auteur prend soin de le faire observer lui- 
même avec une naïveté dont nous ne saurions trop lui savoir gré, puisqu'elle nous 
laisse voir la manière dont il composa son panégyrique et sut entourer son père 
d'une auréole de miracles qui n'eurent jamais lieu. 

Je regarde donc tous les prodiges de la vie de Schnoudi comme des artifices de 
style propres à atteindre le but poursuivi par l'auteur, c'est-à-dire l'édification des 
lecteurs et des auditeurs. Mais cette manière n'est pas propre à \'isa, elle est celle 

I. J'ai conservé ce mot ù dessein, car il montre bien jusqu'à quel point les écrivains coptes se 
sont appropriés les expressions arabes. 



LXVIII E. AMÉLINEAU. 



de tous les écrivains coptes; et ici la question prend une largeur et une importance 
considérables. En effet, si la manière de composer, le but poursuivi et les moyens 
employés pour atteindre ce but sont les mêmes, je crois qu'on ne doit pas distin- 
guer entre ouvrage et ouvrage, entre tel solitaire et tel autre. Qu'importe, en effet, 
que l'ouvrage se nomme vie, éloge, histoire lausiaque, Apophthegmes, Pratiim spi- 
rituale^ ou autrement? Qu'importe qu'en tête de tels ouvrages on trouve les noms 
d'Antoine, de Paul, de Macaire, de Pachôme ou de Schnoudi? Il me semble qu'on 
ne doit faire aucune différence entre ces divers ouvrages, qu'ils aient été, ou non, 
connus et traduits par les Grecs ou les Latins. Le véritable historien ne peut pas 
prendre au sérieux ce clinquant dont on a recouvert un cadavre desséché : son 
devoir est de rechercher sous ces ornements d'apparat quel est le fonds réel des 
événements accomplis, des actions faites et des pensées ordinaires à ces hommes 
saints qui ont sans doute mérité la vénération dont on les entoure, mais non pas 
par les causes sur lesquelles insistent le plus les ouvrages composés en leur honneur. 
Je ne peux pas prouver ici que tous les ouvrages auxquels je fais allusion doivent 
être mis sur le môme pied : cette démonstration exigerait presque un volume, car 
.on ne peut faire un pas dans les œuvres de cette sorte sans soulever une nuée de 
problèmes dont la solution n'est pas toujours facile. Cette démonstration, je la ferai, 
Dieu aidant, à mesure que je pourrai publier quelques autres œuvres semblables 
à celle-ci. Pour le moment, il me suffit d'avoir fait cette démonstration pour la vie 
de Schnoudi; mais avant de chercher à déterminer la valeur historique des deux 
documents que je publie sur la vie de Schnoudi, je dois répondre à une objection 
qui se sera certainement fait jour dans l'esprit de quelques-uns de mes lecteurs. 

Cette objection est celle-ci : Comment se fait-il que toute la littérature copte soit 
ainsi composée de prodiges inadmissibles, de merveilles quelquefois ridicules? 
Comment les Grecs et les Latins ont-ils pu se laisser prendre à ces fables, les ont- 
ils crues, et comment ces mensonges littéraires, qu'on me passe l'expression, ont- 
ils pu si bien se faire adopter qu'aujourd'hui encore il ne se fait pas un livre d'ascé- 
tisme qui ne fonde ses préceptes sur les exemples tirés de la vie des Pères du désert? 
Cette objection est grave, je l'avoue; mais à mon sens, elle ne prouve que la ti'op 
grande facilité des Occidentaux à croire les Orientaux, à prendre au sérieux ce qui 
chez ces derniers n'est qu'affaire de passe-temps, de récréation ou de ruse. La 
cause de cette trop grande facilité de croyance chez les Occidentaux doit être tout 



MONUMENTS, ETC. LXIX 



d'abord recherchée dans un manque de critique; mais ce manque de critique lui- 
même a pour racine le plus mystérieux des sentiments humains, le sentiment religieux 
qui nous porte à adopter tout d'abord de confiance ce qui flatte et poétise nos 
croyances. L'homme a besoin du merveilleux et du surnaturel rc'est une consolation 
pour lui de l'inventer, quand il ne Ta pas. Ce fut le cas de l'Egypte, et surtout le cas 
de l'Egypte chrétienne. 

Tout le monde sait que l'une des découvertes les moins attendues que réservait 
l'Egypte aux savants qui s'occupent de son passé, était la trouvaille de véritables 
contes ou romans remontant à une antiquité très reculée. On s'attendait bien à 
trouver des dates historiques, des hymnes religieux, comme l'a dit M. Maspero/ 
mais des contes et des romans? Cependant il semble qu'on eût pu et dû s"y attendre, 
car l'Egypte pas plus qu'une autre région ne devait échapper au résultat d'une des 
lois fondamentales de l'esprit humain. Les autres nations avaient eu leurs contes, 
elles les ont précieusement gardés : l'Egypte a fait de même. Non-seulement sous 
les Pharaons les anciens Egyptiens, tout comme nous, égayaient leur esprit et char- 
maient leur imagination ; mais maintenant encore, leurs descendants répètent ces 
contes dont ils ignorent la provenance, et je connais tel village de la Haute-Egypte 
où une vieille femme raconte aux enfants qui se serrent autour d'elle le conte connu 
sous le nom de Roman des deux frères. Aussi bien que le roman de pure imagi- 
nation, les Egyptiens antiques connurent le roman que nous nommons historique. 
Or dans les œuvres assez nombreuses que nous possédons de ce genre, le mer- 
veilleux, le surnaturel le plus échevelé, qu'on me pardonne l'expression, joue un 
rôle considérable. Ce merveilleux a même envahi les monuments qu'on appelle 
historiques : les stèles de Bentresh, du Songe, sont assez connue"^ pour que je 
n'aie pas besoin de rappeler les faits auxquels je fais allusion. Le roman de Satni 
montre que ce goût du surnaturel persista dans l'empire pharaonique; les récits 
d'Hérodote nous sont un garant qu'à l'époque où les Grecs commencèrent à con- 
naître l'Egypte, les contes étaient toujours en honneur, et enfin le fait que ce même 
roman de Satni a été trouvé dans la tombe d'un moine chrétien prouve qu'à la 
période chrétienne la connaissance des écritures anciennes de l'Egypte n'était pas 
aussi perdue qu'on a bien voulu le dire, et que ces moines ne croyaient pas trop 

I. Maspero, Les contes populaires de l Egypte ancienne. Introduction, p. l. 



LXX E. AMELINEAU. 



mal employer leur temps à relire les œuvres du passé, quelque licencieuses qu'elles 
nous paraissent avoir été. 

Ces quelques réflexions montrent bien, ce me semble, que la littérature la plus 
goûtée par le peuple égyptien, celle qui faisait ses délices et qui les fait encore, c'était 
la littérature populaire avec tout le déploiement du merveilleux le plus exagéré. Ces 
moines qui lisaient les romans et les contes de l'ancienne Egypte étaient des fellahs 
comme Schnoudi, comme Visa, comme Pachôme, Macaire et les autres, c'est-à- 
dire de petits propriétaires dont les parents les muaient fait instruire, sans être trop 
gros messieurs. Lors donc qu'ils se mirent à composer à leur tour, ils durent néces- 
sairement par le seul fait des lois de l'esprit humain, être amenés à l'imitation, 
éloignée sans doute, mais réelle, des récits dont ils avaient été nourris. Cela est si 
vrai que l'on trouve des phrases identiques dans les œuvres hiératiques et dans les 
œuvres coptes, qu'on peut transcrire facilement certains tours de ces dernières en 
hiéroglyphes sans la moindre erreur, et que pour la vie de Schnoudi en particulier 
il est facile de voir que Visa connaissait le Roman des deux frères et qu'il l'a imité 
au moins en deux passages. Sans doute il n'a pas copié mot à mot, le merveilleux 
antique s'est paré à la mode chrétienne et pour des besoins chrétiens; mais je ne 
crois pas qu'on puisse nier l'imitation. Dans le premier de ces passages, Visa parlant 
des mortifications que Schnoudi faisait secrètement dans sa caverne du désert, de 
ses veilles, de ses prières et de ses jeûnes ajoute : «Et quelquefois il enchanta cette 
vallée' si bien que personne ne le voyait, et il allait à sa caverne en paix, réussis- 
sant dans toutes ses actions.» De même lorsque Bataou a plaidé par-devant Phra- 
Harmachis pour se justifier aux yeux de son frère Anepou, il lui apprend qu'il en- 
chantera son cœur et le placera sur le sommet de la place de l'Acacia. Il semble 
que ce passage plaisait fort à Visa, car c'est là même qu'on trouve la seconde imi- 
tation dont je parle. Pour le mieux montrer, je dois citer tout le discours du petit 
frère Bataou à son grand frère Anepou : «Ainsi, lui dit-il, tu t'es figuré une mauvaise 
action! ainsi tu ne t'es pas rappelé une seule bonne action ou une seule des choses 
que j'ai faites pour toi! Ah! \a-t'en à ta maison, soigne toi-même tes bestiaux, car 
je ne demeurerai plus à l'endroit où tu seras, j'irai au Val de l'Acacia. Or, voici 
ce que tu feras pour moi : tu viendras prendre soin de moi si tu apprends qu'il 

I. La vallée par laq'ielle il se rendait à sa caverne : c'est cette même bande sablonneuse dont j'ai 
parlé plus haut. 



i 



MONUMENTS. ETC. (.XXI 



m'est arrivé quelque chose. Car j'enchanterai mon cœur, je le placerai sur le 
sommet de la fleur de l'Acacia; et, si on coupe l'Acacia et que mon cœur tombe 
à terre, tu viendras le chercher; quand tu passerais sjpt années à le chercher, ne 
te rebute pas, niais, une fois que tu l'auras trouvé, mets-le dans un vase d'eau 
fraîche; alors je vivrai de nouveau, je rendrai le mal qu'on m'aura fait, CJr. tu 
sauras qu'il m'est arrivé quelque chose, lorsqu'on te mettra une cruche de bière 
dans la main et qu'elle fera des bouillons : ne reste pas un moment de plus, après 
que cela te sera arrivé.»' 

Écoutons maintenant le récit de Visa : Schnoudi se trouve dans cette caverne 
du désert où il se rendait en enchantant la vallée afin que personne ne le vît; il y 
reçoit la visite d'un solitaire de ses amis et au cours de l'entretien, celui-ci dit à 
Schnoudi : «Je te quitte : aujourd'hui le Seigneur vient me rendre visite. C'est la 
dernière fois que je te parle dans le corps, car l'ange du Seigneur me l'a appris la 
nuit dernière; il m'a appris aussi le jour de ta mort que tes enfants attendent pour 
qu'il leur soit un signe jusqu'à l'éternité,^ car c'est le jour de la naissance de Cyrille 
le sage, l'archevêque d'Alexandrie, et de Mar Victor, l'archimandrite de Tabennîsi; 
et non seulement tu mourras le même jour, mais encore à la même heure. Et ce 
jour célèbre et sanctifié sera le septième du mois d'Abib, et des saints innombrables 
viendront à ta rencontre.» — Mon père lui dit : «Comment saurai-je le jour où tu 
mourras?» — Alors Mar Thomas lui dit : «Je t'apprendrai un signe qui t'étonnera. 
Cette pierre sur laquelle tu t'asseois hors de ta demeure pour voir les péchés de 
tous les hommes, au moment où mon âme sera séparée de mon corps, elle se 
fendra en deux comme un livre que l'on ouvre : et celui qui guida Tobie, iils de 
Tobit, dans le pays étranger, c'est-à-dire l'archange Raphaël, tu le verras marcher 
devant toi et devant ceux que tu auras choisis, jusqu'à ce que tu arrives dans ma 
demeure sans barque; et fais-moi le plaisir pour l'amour du Seigneur d'enterrer 
mon corps malheureux, parce que je suis orphelin et n'ai personne au monde. 
Alors s'accomplira pour moi ce qui a été écrit : J'augmenterai tes bénédictions. 
Et j'ai confiance que ton cœur trouvera du repos ainsi que ceux qui viendront avec 
toi : le Seigneur vous récompensera de votre charité et vous accordera votre salaire. > 

1. Maspero, op. cit., p. 14 et 15. 

2. Il ne faudrait pas comprendre que les moines de Schnoudi désirassent sa mort : ce serait un 
gros contre-sens, car il ne s'agit ici que des moines fidèles, et non de récalcitrants. 



LXXII E. AMÉLINEAU. 



Alors mon père admira les douces paroles de Mar Thomas, puis il s'attrista beau- 
coup de ce que le saint avait dit : «Je ne tarderai pas à mourir», il frappa ses deux 
mains l'une contre l'autre et dit : «Que la volonté du Seigneur soit faite.» Puis le 
saint solitaire Mar Thomas baisa la main de mon père et lui dit : «A partir d'au- 
jourd'hui je te confie à Dieu jusqu'à ce que je te rencontre dans l'assemblée des 
saints.» Alors mon père le quitta, revint à sa demeure et se livra à ses adorations. 
Trois mois après, alors que mon père, ayant fait sa prière, était debout près de la 
pierre dont nous avons parlé, il s'assit pour se reposer un peu. Aussitôt la pierre 
se fendit en deux. — Et Schnoudi se mit en marche pour retourner à son monas- 
tère, prendre quelques frères avec lui et se diriger vers la montagne où Mar Thomas 
s'était endormi de son dernier sommeil. De même, un jour que «Anepou, le grand 
frère de Bataou, entrait dans sa maison et s'asseyait, ayant lavé ses mains, on lui 
donna une cruche de bière et elle fît des bouillons, on lui en donna une autre de 
vin et elle se troubla. Il prit son bâton avec ses sandales, aussi ses vêtements avec 
ses outils, il se mit à marcher vers le val de l'Acacia, il entra dans la villa de son 
petit frère et trouva son petit frère étendu sur sa natte, mort.»' 

Le récit de Visa n'a sans doute ni la fraîcheur ni la naïveté de l'antique nar- 
ration, on sent que la langue s'est chargée et appauvrie; mais, malgré l'énorme 
décadence qu'accuse le second récit, il me semble impossible de ne pas voir que 
le second est l'imitation du premier. Ce mot enchanta si étonnant sous une plume 
chrétienne, ces signes d'événements arrivés, cette similitude de paroles, d'actions 
et de situations, tout concourt à prouver l'influence des écrits antiques sur les 
œuvres nouvelles. En effet, les œuvres coptes ne sont que des œuvres égyptiennes 
habillées à la mode chrétienne. Si l'on y trouve, en outre, cette profusion d'anec- 
dotes d'oi^i l'on doit tirer une leçon, il faut peut-être l'attribuer autant à l'influence 
de Yagada juive qu'à l'influence de l'évangile, car les paroles et les discours sont 
quintcssenciés, tout y est tiré de vive force, sans la moindre marque de cette 
admirable limpidité qui a fait des évangiles le plus beau livre et le plus doux qui 
soit tombé entre les mains de l'homme. 

J'attribue donc la manière de composer des écrivains coptes à leur tempérament 
national. Je ne suis pas de ceux qui croient expliquer tous les récits étonnants et 

I. Maspkro, op. cit., p. 20 21. 



MONUMENTS, ETC. LKXIII 



incroyables éclos dans les déserts et les solitudes de T Egypte par des circonstances 
purement extérieures, par des visions fruit de cerveaux malades ou peu nourris. 
Sans nier l'influence des conditions physiques où se fouve l'individu sur la pensée 
humaine, je ne crois pas qu'il suffise de parler de jeûnes immodérés, de chaleur 
excessive pour expliquer la manière d'écrire des auteurs coptes à l'époque chré- 
tienne. Pour moi, j'y vois un véritable genre littéraire cultivé à dessein comme il 
avait été reçu des ancêtres. Ces vies, ces panégyriques ne sont que des hymnes 
épiques en l'honneur du personnage que l'on veut célébrer. Et de plus il faudrait 
bien se garder d'appeler imposture et imposteurs une telle manière d'écrire et ceux 
qui s'en servent : l'auteur copte n'a envie de tromper personne, c'est un très honnête 
homme qui cherche avant tout sa satisfaction personnelle et celle des auditeurs ou 
lecteurs qui sont dans les dispositions voulues pour être admis à ce festin délicat, 
très heureux et très fier des ingénieux moyens qu'il a trouvés pour se procurer 
cette délectation intellectuelle, peu inquiet des objections qu'ils peuvent soulever, 
prêtant de lui-même le flanc à la critique et fournissant, avec la plus grande naïveté, 
des armes à ceux qui voudraient l'attaquer et le convaincre d'imposture. Peu à 
peu, il se grise lui-même de ses propres récits, il arrive à les croire, et ses lecteurs 
les ont crus avec lui, doué ainsi de cette faculté intense qui fait que le créateur 
d'une œuvre littéraire vit lui-même dans son œuvre et croit à la réalité de ses 
fictions. J'imagine que les grands poètes épiques, les troubadours et les trouvères 
de notre beau moyen âge firent de même, crurent en leurs œuvres. Mais va-t-on 
demander à Torquato Tasso compte de son merveilleux et l'accuse-t-on d'impos- 
ture parce qu'il a su charmer ses lecteurs par des récits dont il est impossible d'ad- 
mettre la réalité? Personne n'y pense. Je crois qu'on doit faire de même pour les 
auteurs coptes, pour ces chantres du monachisme ou des martyres. Que si l'on 
m'objecte que cette manière de voir est nouvelle, je ne le nierai pas; mais je ré- 
pondrai qu'elle est basée sur des faits minutieusement étudiés et sévèrement ana- 
lysés; et pour apporter une preuve de plus je dois dire que l'Egypte actuelle foi- 
sonne de personnages regardés comme saints, et que sur leur compte courent des 
récits aussi merveilleux que ceux dont Visa composa jadis son panégyrique en 
l'honneur de Schnoudi. Je demande la permission d'en citer quelques-uns, ceux 
d'abord qui sont de date plus éloignée, les faits que l'on m'a racontés et ceux dont 
j'ai été moi-même le témoin. 



LXXIV E. AMÉLINEAU. 



Quand on remonte le Nil, Ton arrive, après avoir dépassé Assiout et Gaou-el- 
Kébir, site de l'ancienne ville d'Antœopolis, à un endroit où le fleuve fait un énorme 
coude et longe une falaise élevée, abrupte, située en face de la ville moderne de 
Tahtah et nommée Gebel scheikh-Aridi. Ce scheikh Aridi est un très grand 
personnage, fort en honneur dans toute cette contrée et qui a vécu, m'a-t-on dit, 
il y a environ deux siècles. On raconte de lui des choses merveilleuses. Après sa 
mort, on lui bâtit un tombeau qui fut confié à la garde d'un fervent musulman. 
Tous les malades des environs accouraient se faire guérir sur la tombe du scheikh ; 
le gardien du tombeau élevait la voix, suppliait Aridi d'apparaître et de guérir les 
malheureux affligés. Le scheikh se montrait compatissant, et, sous la forme d'un 
énorme serpent, il s'offrait à la vue des pèlerins et opérait les guérisons les plus 
miraculeuses. Les pèlerins qui avaient su garder leur virginité jouissaient aussi du 
privilège de faire apparaître le bon serpent. Cependant certains incrédules, il y en 
a partout, mirent en doute la puissance du serpent et sa vitalité. Un nouveau miracle 
vint confondre leur incrédulité. Le gardien appela un jour le serpent qui apparut 
aussitôt, le saisit, le coupa en menus morceaux à la vue de tous les assistants, 
déposa ces morceaux dans une marmite qu'il couvrit, et lorsqu'il enleva le cou- 
vercle de la marmite, le serpent était intact, comme s'il n"eut jamais été dépecé. 
Personne n'osa plus dès lors mettre en doute la puissance ni l'immortalité de ce 
dragon bienfaisant. De nos jours, son nom est toujours célèbre, la montagne le 
conservera peut-être longtemps encore; mais la dévotion pour le saint personnage 
a subi une décroissance. Le cœur de l'homme est plein de défaillances et cherche 
la nouveauté même dans les plus saintes choses : un bienfaiteur qui a pu pendant 
deux siècles dispenser libéralement ses bienfaits à tout venant n'a guère de chance 
de durer plus longtemps. 

A une époque plus rapprochée de nos jours a vécu dans la grande ville du Caire 
un autre scheikh des plus vénérables, connu aujourd'hui sous le nom de scheikh 
Saleh Abou Hodid. Il est passé au paradis de Mahomet il y a environ une cinquan- 
taine d'années; mais il a conservé sur terre une bonne renommée. On a donné 
son nom à tout un quartier du Caire, dans lequel on lui a construit ce qu'on a cou- 
tume d'appeler une élégante mosquée. Ce brave homme n"eut pas toujours le bon- 
heur en partage sur la terre : souvent la vertu est peu ou point récompensée ici-bas. 
11 avait coutume d aller par les rues de la ville criant à tue-tête ses prières et ses 



MONUMENTS, ETC. LXXV 



invectives : la vie des misérables pécheurs qui s'offraient à ses regards l'exaspérait. 
Comme les pécheurs sont nombreux, même au Caire, il était dans un état d'exas- 
pération continuelle : nuit et jour, il invectivait et criait, semblable au juif Jésus qui, 
lors de la révolte de Judée et le siège de Jérusalem par Titus, cria la même malé- 
diction pendant trois ans. On le traita de fou : il n'avait plus qu'un pas à franchir 
pour être saint. Ce pas, ses voisins et ceux dont ses invectives gênaient la tran- 
quillité, le lui firent franchir : on le dénonça au gouverneur comme un fléau public. 
Le gouverneur le fit arrêter, charger de chaînes, lui fit mettre les fers aux pieds 
et aux mains, et le scheikh Saleh fut mis en prison sous bonne garde, les portes 
étant bien et dûment fermées. Mais que peuvent les précautions humaines contre 
les amis de Dieu? Le lendemain matin les gardes ne retrouvèrent plus que les 
chaînes et les fers dans la prison : Saleh était dans la rue, priant Allah de sa plus 
belle voix, reprochant de ses cris les plus aigus leur incroyance à la foule des 
tièdes musulmans qui font passer les biens de ce monde avant ceux de la vie future. 
Il s'était endormi fou, il se réveilla saint. Depuis ce jour Saleh le fou devint le scheikh 
Saleh abou Hadid, c'est-à-dire le scheikh Honnête, le Père aux fers. Sa vénération 
est toujours en grand honneur. 

Un sceptique trouvera peut-être que de pareils faits sont d'un autre âge et qu'au 
fond il n'était peut-être pas très difficile de faire pareils prodiges. Je peux lui citer 
des faits contemporains et qui ne sont certainement pas d'un âge autre que le nôtre, 
comme on le verra. J'ai entendu raconter à des Européens qui m'ont certifié le 
fait qu'un musulman, renouvelant les prodiges des ascètes antiques, avait fait vœu 
de rester toujours assis à l'endroit où il se trouvait. 11 vécut trente ans dans cette 
position, exposé au soleil et à toutes les intempéries de l'air. Il acq lit bientôt une 
immense célébrité, on venait en foule près de lui, il eut des disciples qui vivaient 
des aumônes faites au saint et qui s'en trouvaient, ma foi, fort bien. L^n pacha géné- 
reux et fervent lui fit même présent d'une tente de pourpre et d'or où il s'abritait 
contre les ardeurs torrides de l'astre du jour et la froîcheur des nuits : quand le Nil 
montait, ses disciples le soulevaient de terre de peur que l'eau ne l'atteignît, ils se 
relayaient les uns les autres jusqu'au moment où l'eau s'étant retirée avait laissé la 
place libre, et alors on l'asseyait de nouveau. Trente ans durant, il ne coupa ni les 
cheveux de sa tête, ni les ongles de ses pieds et de ses mains. Je laisse à penser 
l'état de décomposition vivante où se trouvait ce malheureux quand il mourut. 



LXXVI E- AMÉLINEAU. 



Un autre qui vit encore a fait le vœu de ne jamais s'asseoir et de courir toujours 
dans la région déserte et inculte qui s'étend entre Zagazig et Tanis. L'autorité 
musulmane l'ayant poursuivi parce qu'il devenait dangereux aux voyageurs, il a 
dû quitter le théâtre de ses exploits. L'avenir lui réserve sans doute sa récompense : 
on lui bâtira une mosquée. 

Mais ce sont là des faits anodins; le scheikh Soliman que la terre a encore le 
bonheur de posséder a donné de bien autres exemples. Ce scheikh habite la mou- 
dirieh de Benisouef et le petit village de Bellifyeh. J'ai eu le bonheur de fouler de 
mes pas profanes le sol sacré, témoin des merveilles de ce nouveau thaumaturge. 
Né à Abousir de parents riches, il a reçu une éducation soignée et chacun croyait 
en son âme et conscience qu'il serait un bon musulman et accroîtrait selon son 
pouvoir le nombre des enfants du prophète. Mais les joies de la terre furent dé- 
daignées par lui, les grossiers plaisirs de la chair ne furent jamais l'objet de sa con- 
voitise. Sa vertu commença de se manifester un jour qu'il marchait sur la voie 
ferrée de la Haute -Egypte : comme cette voie est la meilleure route, chacun y 
marche à l'aise, ayant soin de s'écarter quand le char de feu s'annonce. Soliman 
y marchait donc un jour comme les simples mortels, mais quand arriva le monstre 
vomissant le feu et la flamme, fendant l'espace dans une course haletante, le thau- 
maturge nouveau resta fièrement planté au milieu des rails, et la locomotive pieuse, 
refusant d'écraser un si saint personnage, s'arrêta net à deux pas de lui, au grand 
étonnement des voyageurs meurtris. De ce jour la sainteté de Soliman fut reconnue : 
tout le monde le vénéra sans qu'on perdît cependant l'espoir de lui faire épouser 
quelque belle personne qui le rendrait père de beaux enfants. Comme rien n'y 
faisait, on prit un moyen radical. On choisit une jeune fille qui voulait bien con- 
sentir à devenir l'épouse du saint jeune homme, on l'introduisit dans une maison 
destinée à abriter les amours des nouveaux conjoints, et, le soir venu, la fille bien 
instruite, on fit entrer Soliman qui n'était au courant de rien. Les maisons des vil- 
lages égyptiens n'ont que des fenêtres étroites par lesquelles il n'est guère possible 
qu'un homme puisse passer, et l'on ferma solidement la porte que gardèrent des 
gens déterminés. On croyait être sûr du résultat. Vaine prudence des humains, tu 
n'as jamais pu, par tes calculs les plus compliqués et tes batteries les mieux dressées, 
mettre en faute la providence divine! Le lendemain matin, alors que le village 
entier s'apprêtait à féliciter l'heureux Soliman, on le vit venir du côté du désert, 



MONUMENTS, ETC. LXXVII 



et chacun s'enfuit rempli d'elfroi. Il venait, en efTel, monté sur un lion, le roi du 
désert, et le guidant comme un cheval docile au moyen d'un immense dragon 
qui lui servait de frein. Les projets grossiers de ses parents furent alors abandonnés : 
le scheikh Soliman, depuis ce jour, put vivre dans sa maison solitaire, adonné à 
tout les exercices de la plus fervente piété. Un jour, il se trouvait dans un village 
voisin, nommé Bahah, car il ne réserve pas la vue et les bénéfices de sa sainteté 
au seul lieu de sa naissance; il était allé demander l'hospitalité à l'un de ses amis. 
J'ai eu moi-même l'honneur et le plaisir de trouver bon gîte et bon couvert dans 
la même maison. Par hasard, l'arrivée de Soliman chez son ami coïncida avec la 
présence dans le village d'une sainte femme, native d'Ellahoun et nommée scheikha 
Zénab. Il ne paraîtra surprenant à personne que ces deux amis de Dieu, se sachant 
au même village, aient eu le désir de se voir pour se communiquer les faveurs 
respectives que la bonté d'Allah leur accordait : jadis en Occident, une fois par an, 
Scholastique recevait la visite de son frère Benoit et réchauffait son âme en des 
colloques spirituels. La conversation de Soliman et de scheikha Zénab fut pieuse 
en toute manière; elle se serait continuée longtemps, si l'une des propositions avan- 
cées par Soliman n'eût choqué les oreilles et le cœur de son interlocutrice. La 
dame se leva furieuse, et d'une main vigoureuse elle appliqua un soufflet retentis- 
sant sur la joue étonnée de Soliman ; puis elle s'en alla sans lui adresser ni un 
regard, ni une parole. La stupéfaction des assistants fut grande, on fit des représen- 
tations au souffleté; mais lui, voyant plus loin que les simples profanes qui l'en- 
touraient : «Amis, dit- il, ne soyez point surpris et louez Dieu : cette femme est 
plus avancée que moi dans les voies du Seigneur!» 

Le village de Bahah où se passa cette scène de sainte colère et d'humble rési- 
gnation semble un lieu favorisé du ciel, et ici je dis ce que mes yeux ont vu et mes 
oreilles entendu. Pendant le séjour que j'y ai fait, dans la maison même où avait 
eu lieu le colloque interrompu de Soliman et de Zénab. j'appris que des actes 
extraordinaires se passaient à quelques pas de moi. Un dévot personnage, nommé 
Bereqa (ce qui signifie petit voïlé), en était le héros, et chez lui la sainteté n'avait pas 
attendu le nombre des années, car à peine âgé de vingt-deux ou vingt-trois ans il 
était déjà vénéré comme l'eût été un vieillard blanchi souj: le Imnioi^' de la sainteté. 
Cependant jusque vers sa vingtième année, rien n'avait semblé le prédestiner à 
la haute vocation qui devait être la sienne; il était jeune d'idées et de désirs comme 



LXXVIII E. AMÉLINEAU. 



d'années, et il avait uni sa destinée à celle d'une fellaha qui, pas plus que lui, ne 
soupçonnait ce qui allait arriver. Comme Bereqa allait atteindre ses vingt ans, il 
entendit parler du service militaire, de levées qu'on faisait pour le compte du gou- 
vernement égyptien et qu'on destinait à renforcer les garnisons du Soudan : ses 
vœux ne s'étaient jamais tournés du côté de la milice séculière, il n'eut donc aucune 
peine à s'engager dans la milice céleste et à renoncer à tous les honneurs qu'il 
aurait pu trouver dans la carrière militaire. Dès lors sa conduite devint étrange, il 
contrefit le fou, préférant paraître insensé aux yeux des hommes et être sage en 
présence de Dieu. Les actions extraordinaires, les prières nombreuses qu'il faisait, 
le peu de souci qu'il semblait prendre de la vie à l'extérieur, l'habitude qu'il eut 
bien vite contractée de ne jamais adresser la parole aux hommes que pour leur 
parler des choses de Dieu, le firent bientôt entourer de respect et considérer comme 
un saint. Ce qui avait d'abord paru les actes d'un fou, devint des œuvres mer- 
veilleuses dont le secret échappait à l'humaine connaissance. On Ta dit avec raison : 
du sublime au ridicule il n'y a qu'un pas, et la proposition réciproque n"est pas 
moins vraie. Bereqa fut consulté, il donna des recettes infaillibles pour guérir les 
chameaux malades, les vaches infirmes, tous les estropiés de la nature. Sa propre 
femme, qui osa douter de son excellente sainteté, éprouva tour à tour les effets 
terribles et salutaires de sa puissance surnaturelle; car il ne connaissait plus ni la 
chair ni le sang, et la malheureuse incrédule, affligée d'une cruelle maladie, fut 
obligée, pour obtenir sa guérison, de recourir à l'intercession de celui dont elle 
avait osé mettre le pouvoir en doute. J'avoue que lorsque j'entendis raconter ces 
faits, ma curiosité fut vivement excitée, surtout lorsqu'on ajouta que Bereqa pou- 
vait lire à volonté dans l'avenir et dans les plus mystérieux secrets de la nature, 
comme dans un livre ouvert. Ce n'était point, disait -on encore, un vulgaire sorcier, 
car ses recettes n'étaient que des prières. Je souhaitai donc vivement de le voir et 
mon bonheur voulut que, dans l'après-midi du second jour que je passai dans 
l'heureux village, comme je me livrais avec mes amis à quelque profane occupa- 
tion, mon oreille fut tout à coup frappée de sons étranges et gutturaux qui me firent 
soudainement tourner la tète du côté d'où ils partaient. C'était Bereqa en personne : 
il s'annonçait de loin par des éjaculations aussi pieuses que sonores. Il fut bientôt 
près de nous, criant, soufflant toujours. Je ne pus comprendre une seule de ses 
paroles et l'on ne voulut pas me les traduire : elles étaient sans doute trop saintes 



MONUMENTS, ETC. L^\\\ 



pour mes oreilles d'infidèle. Mais je compris parfaitement ses gestes et ses actions. 
11 s'agenouillait d'un pied, élevait en l'air le bâton qu'il tenait à la main, poussait 
un cri guttural, puis se relevait et se mettait à sauter et à faire tous les contorsions 
pieuses qu'on fait d'ordinaire dans les ■{ikres^ musulmans. Tout à coup il saisit les 
mains des nombreux enfants qui nous entouraient, de force ou de gré il les fit 
ranger en cercle, se mit au milieu, et un véritable :{ikre commença. Jamais, même 
à la fête du moueled el nabi, c'est-à-dire de la naissance du prophète, je n'ai voi 
de tels soubresauts, ni entendu des exclamations aussi profondes sortir d'une poi- 
trine humaine. Peu à peu, à mesure que le mouvement s'accélérait, l'écume lui 
sortait de la bouche et blanchissait ses lèvres. Il me semblait prêt à succomber de 
fatigue et me donnait le vertige. Brusquement il s'arrêta, sortit du cercle enfantin 
où quelques hommes étaient allés se ranger comme par une sorte d'attraction ver- 
tigineuse, et il s'en alla comme il était venu. J'avoue que je ne fus pas convaincu 
de sa sainteté; j'étais même plus près de croire à une sorte de folie qui pouvait 
devenir furieuse; mais je me gardai bien de le dire, car, les yeux étincelants, la 
bouche entr'ouverte d'émotion, dans un religieux silence des fellahs m'entouraient 
et je voyais bien que ces simples gens n'étaient point incrédules. Il m'avait été 
donné de voir comment se forment les légendes. 

Ces faits suffiront, je crois, pour montrer que l'amour du merveilleux et du sur- 
naturel n'est point éteint en Egypte, et que la vallée du Nil est demeurée la terre 
classique du genre. Ce n'est pas que de pareils faits ne soulèvent des contradictions 
encore assez nombreuses; mais elles sont bientôt noyées dans le flot de la croyance 
populaire. Schnoudi lui aussi eut ses contradicteurs, on l'accusa même devant les 
gouverneurs grecs et je ne peux nier qu'il ait été condamné à mort. La similitude 
me semble donc parfaite. S'il est facile d'expliquer les prodiges musulmans que 
j'ai cités, il n'est pas plus difficile de trouver une explication pour ceux de Schnoudi. 
Entre les uns et les autres la chaîne ne s'est pas rompue : je retrouve les mêmes 
prodiges et la même manière de composer dans les deux dernières œuvres que 
nous sachions sorties du calame d'un auteur copte, la vie du bienheureux Isaac, 
patriarche d'Alexandrie sous les khalifes Ommyades, et le martyre de Jean de 



I. On appelle ainsi des réunions religieuses où les participants répètent ù chaque instant le nom 
d'Allah en se livrant aux mouvements les plus extraordinaires. 



LXXX E. AMÉLINEAU. 



Phanidjoif au treizième siècle de notre ère, sous le règne du Sultan Mélek-el- 
Adel.^ Encore de nos jours, à la fête du célèbre et grand saint Barsoum, les Coptes 
affirment qu'il y a chaque année une série de prodiges que Dieu opère pour la 
consolation de ses enfants. 

Pour toutes ces raisons, je le répète, je ne peux admettre les récits merveilleux 
que contiennent soit la vie de Schnoudi, soit les autres œuvres coptes que je publie. 
Et l'on ne peut m'objecter que les uns soient l'œuvre de schismatiques, les autres 
l'œuvre d'orthodoxes : le fait seul de leur continuité jusqu'à nos jours détruit le 
fondement sur lequel on a élevé tout l'édifice, et je les mets sur le même pied 
les uns et les autres. Mais s'il en est ainsi quel avantage à les publier? Je suis tenté 
de répondre comme saint Paul : Multum per omnem modiim : cet avantage est 
immense. Tout d'abord chaque fait surnaturel est entouré de circonstances pure- 
ment naturelles qui nous offrent une foule de renseignements utiles à l'histoire et 
à la géographie. En enlevant la couche de merveilleux qui recouvre les plus simples 
actions on peut facilement quelquefois, et d'autres fois avec beaucoup de difficulté, 
trouver et reconnaître la pure vérité. C'est un travail minutieux, qui demande beau- 
coup de temps et de loisir, mais qui récompense sûrement de la peine qu'il donne. 
En outre, cette manière si extraordinaire d'écrire l'histoire jette un jour éblouissant 
sur les idées, la religion et les aspirations de la race copte. N'est-ce donc rien? et 
ces résultats ne récompensent-ils pas amplement des fatigues de l'œuvre? Je n'at- 
tache donc qu'une valeur subjective et en quelque sorte logique à la partie sur- 
naturelle de tous ces documents; mais je peux trouver une foule de renseignements 
que je crois vrais, historiquement parlant, dans la partie qui sera dépouillée des 
ornements merveilleux. Il n'est pas nécessaire d'expliquer pourquoi j'agirai de la 
sorte en racontant l'histoire de Schnoudi : mes raisons paraîtront évidentes à 
chacun. Or, en agissant ainsi, je crois me conformer scrupuleusement aux règles 
de la critique historique. 

Après cette longue digression qui ne me paraît cependant pas inutile, je reviens 
aux deux documents qui nous ont conservé l'histoire de Schnoudi sous les couleurs 

1 . Ce village existe encore sous le nom d'Ez-Zeitoun, traduction du copte. J'y suis passé près de 
Bcnisouef. 

2. Ces deux œuvres seront sans doute publiées avant celle-ci : la traduction est faite, je n'ai plus à 
ajouter que les réflexions complémentaires qu'elles comportent. 



MONUMENTS, ETC. LXWI 



les plus surnaturellcmcnt épiques. Je ne regarde pas le panégyrique arabe comme 
une traduction exacte de l'œuvre authentique de Visa. Selon la manière accou- 
tumée des auteurs coptes, l'œuvre authentique de Visp a subi des retouches et des 
changements : quand, où et comment, il n'est guère po.ssible de l'indiquer toujours 
avec certitude. Cependant en certains passages il est possible de le faire : par 
exemple, lors de la première expédition des gouverneurs grecs contre les hlem- 
myes, ni le document copte ni le panégyrique conservé en arabe ne nous donnent 
le nom du général commandant l'expédition, c'est-à-dire du gouverneur de la 
Haute-Egypte, ou peut-être du préfet augustal d'Alexandrie. Ce nom, le fragment 
thébain publié par M. Bouriant' nous l'a conservé, c'est celui de Héraclius. Ces 
divergences sont le fruit de la manie littéraire des copistes, ils ne doivent soulever 
aucune objection contre la valeur historique des divers récits. Si c'était la seule 
divergence que l'on trouve entre les documents coptes et le document arabe, elle 
ne donnerait pas lieu à de grandes difficultés; malheureusement il y en a une plus 
grave et qui vaut la peine d'être discutée tout au long, car selon qu'on adopte la 
leçon de tel ou tel document, on doit abréger ou prolonger la durée de la vie de 
Schnoudi et fixer l'époque de sa mort en 45 1 ou en 460. Je crois que c'est ici le 
lieu d'élucider cette importante question et de donner à la discussion du problème 
tous les développements qu'elle comporte. 

Le problème a été résolu en partie double. D'un côté M. Qu.\tremkre s'exprime 
ainsi : «Étant devenu vieux, il (Schnoudi) remit à son disciple 'Visa la conduite 
de son monastère. Il mourut âgé de cent dix-huit ans vers l'époque de la tenue 
du concile de Chalcédoine. Si l'on s'en rapportait au témoignage de Dioscore. 
Schnoudi aurait été un des adhérents de ce patriarche et de l'héré-^ie des mono- 
physites; et ce fait, s'il était prouvé, servirait à expliquer pourquoi les écrivains 
grecs et latins, qui ont célébré les solitaires d'Egypte, ont gardé, sur ce qui concerne 
Schnoudi, le silence le plus absolu. Mais il me semble que l'autorité de Dioscore 
n'est pas suffisante pour décider la question. On peut supposer que ce patriarche, 
qui, dans V Éloge de l'évêque Macaire, avance quelques faits évidemment faux, a 
voulu faire croire qu'il comptait parmi ses partisans un solitaire dont le nom était 
en vénération dans toute l'Egypte. Si Schnoudi avait été réellement un des advcr- 

I. Recueil de trav. relat. à la phil. et à l'arch. égypt. et .^ssyr... Ci. n 5 des fragments publiés 
plus loin. 



LXXXII E. AMÉLINEAU. 



saires du concile de Chalcédoine, son disciple, qui a rapporté ses actions dans le 
plus grand détail, eût-il manqué de remarquer un fait aussi important? Je serais 
porté à croire que Schnoudi mourut pendant la tenue du concile, et qu'il ne vit 
pas les disputes qui en furent la suite. Le silence des écrivains grecs et latins s'ex- 
pliquerait facilement. En effet, le monophysisme ayant séparé l'Egypte du reste 
de l'église, il dut être presque impossible aux écrivains ecclésiastiques de s'assurer 
si un solitaire, retiré dans le fond de la Thébaïde, était mort orthodoxe. Et l'on 
aima mieux omettre son nom que de s'exposer à placer parmi les saints un homme 
qui eiàt adhéré à l'hérésie.»' 

On voit avec quelle conscience, quelle timidité un savant comme Quatremère 
exposait ses doutes et son sentiment. Après lui, M. Revillout a résolu la question 
dans un sens tout différent. «Schnoudi, dit-il, avait alors (à l'époque de la réunion 
du concile de Chalcédoine) cent neuf ans, et, en etTet, nous savons d'autre part, 
qu'il fut un des plus chaudes partisans de Dioscore, après la condamnation de ce 
patriarche, qu'il écrivit plusieurs fois à son successeur Timothée Élure et qu'il 
mourut sous le patriarchat de ce dernier à l'âge de cent dix-huit ans.»^ Ce que 
M. Revillout écrivait dès l'époque où il publia son Mémoire sur les Blemmyes, il 
a continué de l'écrire avec plus de certitude encore dans les Origines du schisme 
égyptien : «Quant à Schnoudi, écrit-il, s'il nous fallait de nouvelles preuves après 
toutes celles que nous avons données pour montrer qu'il survécut à son ami Jean 
de Lycopole et au concile de Chalcédoine, nous citerions les lettres qu'il adressa 
à Timothée, successeur monophysite de Dioscore sur le siège d'Alexandrie.»^ Et 
M. Revili.out cite les deux lettres que je citerai bientôt aussi, car elles sont dune 
grande importance pour la solution du problème qui nous occupe. 

Les deux auteurs que je viens de citer ne peuvent être plus opposés l'un à l'autre : 
le premier croit à l'orthodoxie de Schnoudi et pense qu'il ne \ écut pas après le 
concile de Chalcédoine, c'est-à-dire après l'an 45 i ; le second sait pertinemment 
que Schnoudi fut l'un des plus ardents partisans de Dioscore et qu'il mourut sous 
le patriarchat de Timothée Élure : tous les deux admettent cependant que Schnoudi 
mourut âgé de cent dix-huit ans. J'avais cru d'abord que le panégyrique arabe me 

1. QuATKi'MfcRF., Mémoires géop-aphiques sur l'Efjyte, etc., p. iq, tom. 1. 

2. Rkvii.i.oùt, Mémoire sur les Blemmyes, p. 48 et seqq. 

3. Revue de l'hist. des relig., tome N'ill, 4'' annéj, n" 5, p. bjô. 



MONUMENTS, ETC. LXXXIII 



donnerait la solution du problème ; mais il ne fait qu'ajouter à l'obscurité déjà si 
grande des données contradictoires. Selon ce document Schnoudi aurait vécu cent 
neuf ans et deux mois; il serait mort l'année même du concile de Chalcédoinc. 
Voici, en effet, ce qu'on y lit : «Après cela mon père avança en âge, garda le lit et 
tomba malade d'une maladie mortelle, le premier jour du moi d'Abib. Le Seigneur 
Sauveur vint à lui, la nuit, et s'assit près de lui pour le consoler. Mon père lui dit : 
«O mon Maître et mon Dieu, ne peux-tu pas me rendre vigoureux comme je l'étais 
auparavant, afin que j'aille au concile; car le patriarche m'a envoyé chercher pour 
que je connusse les blasphèmes qu'ont proféré les hérétiques contre la Trinité sainte 
et les imperfections qu'on lui a attribuées?» Alors le Sauveur lui répondit avec 
des paroles douces et lui dit : «O mon élu Schnoudi, veux-tu vivre encore à l'âge 
où tu es arrivé? Tu as déjà vécu cent neuf ans et deux mois depuis le jour de ta 
naissance jusqu'à ce jour; car tu as ceint la robe des anges alors que tu avais neuf 
ans, et tu as passé cent ans et deux mois dans la vie monacale. Le septième jour 
du mois d'Abib qui est un jour saint, tu viendras chez moi dans le séjour du repos 
afin de t'y reposer éternellement.» Et l'auteur raconte les derniers moments de 
Schnoudi. Il est donc évident que d'après cette narration Schnoudi n'aurait vécu 
que cent neuf ans et deux mois et qu'il serait mort l'année même du concile de 
Ghalcédoine, le i'^'" juillet 451. Mais l'abrégé copte et l'un des fragments thébains 
que je publie disent qu'il vécut cent dix-huit ans, ce qui reporterait l'année de sa 
mort à l'an 460 et non en 458 ou 45g, comme l'a pensé M. Revillolt.' Mais 
Schnoudi a-t-il survécu au concile de Ghalcédoine et à la condamnation de Dios- 
core? C'est là le point difficile. D'après un fragment thébain conservé au musée 
de Naples, il semblerait que Schnoudi ne survécut pas au concile de Ghalcédoine. 
Il y est dit, en effet, à propos du saint solitaire Jean de Lycopolis : «Tournons- 
nous maintenant vers le souvenir du saint prophète Jean, cet homme si partait 
qui devint très vieux et s'avança dans ses jours, par la grâce de Dieu qui était en 
lui. Avant V apostasie, le prophète apa Schnoudi allait très souvent le voir, comme 
je l'ai dit; du reste le prophète apa Schnoudi se reposa avant Vapostasiey Ce texte 
semble bien dire que Schnoudi mourut avant la défection qui, selon l'auteur de 
ce fragment, eut lieu au concile de Ghalcédoine. Pour se débarrasser de ce témiM- 



1. Rev. de l'hist. des rel., tome VIII, p. SyS. 

2. ZoËGA, Cat. cod. copt., p. 540. 



l* 



LXXXIV E. AMELINEAU. 



gnage gênant, M. Revillout veut qu'il y ait une faute dans le texte et lit «le pro- 
phète apa Jean mourut avant ï apostasie».' J'avoue que cette manière de faire dis- 
paraître une difficulté est assez ingénieuse; mais je me permettrai de faire observer 
que la phrase ainsi corrigée n'offre pas grand sens, car il était de notoriété publique 
que le saint Jean de Lycopolis était mort avant le règne de Marcien, ce qui est 
d'ailleurs indiqué assez clairement par cette phrase que Schnoudi le visitait avant 
V apostasie. Donc quand l'auteur répète presque la même phrase à propos de la 
mort de l'un des deux amis, il semble bien que cette phrase doive s'appliquer à 
Schnoudi et non à Jean.' Le second argument invoqué par M. Revillout ne me 
paraît pas plus solide. Il s'appuie, en effet, sur deux lettres que Schnoudi a écrites 
à un patriarche d'Alexandrie nommé Timothée, et que l'honorable savant que j'ose 
contredire affirme être Timothée Élure, patriarche d'Alexandrie. Je dois citer ces 
lettres afin qu'on puisse porter un jugement en connaissance de cause. Voici la 
première : «Schnoudi, le minime, écrit à son bien-aimé père, le très ami de Dieu, 
apa Timothée l'archevêque : Salut dans le Seigneur. J'ai éprouvé une grande joie 
en recevant les lettres de ta paternité sainte par l'entremise de notre frère et père 
apa Maximin : elles nous ont été une consolation et un encouragement. Nous nous 
sommes conduits^ comme si nous eussions adoré en elle ton image portant le 
Christ, et nous avons affermi notre cœur en entendant les paroles de la divine 
sagesse qui est en toi, de cette sagesse d'où provient la justice, qui a la gloire et 
la richesse à sa droite et à sa gauche et sur la langue de laquelle reposent^ la grâce 
et la loi. Nous avons dit comme ce saint personnage : Qui suis-je, Seigneur, mon 
Maître, pour que tu m'aimes de la sorte. ^ Certes le Seigneur nous a gratifiés d'un 
grand présent, qui est l'afîection de ta sainteté ; tu es notre pasteur, tu nous paîs 
et nous gouvernes en toute chose, tu intercèdes pour nous en tes prières saintes et 
agréables à Dieu.*" Nous supplions ta perfection de prier pour nous, afin que nous 

1. Rev. de l'hist. des rel., tome VIII, p. 574. 

2. Le mot iiAiiu mis au commencement de la dernière phrase offre une nuance qui est tout à fait 
en faveur de l'opinion que j'énonce : si l'auteur avait voulu parler de Jean de Lycopolis, il n'eut pas 
employé ce mot, mais une conjonction de liaison. 

3. Mot-à-mot : nous avons été. 

4. Mot-à-mot : SU" sa lans^ue qui porte la loi et la grâce. 

5. I\lot-à-mot : avec cette mesure. 

6. Tout ce passage a été traduit par M. Revu.i.out (/oc*, cit., p. ^yj), comme si les verbes du texte 



MONUMENTS, ETC. LXXXV 



soyons dignes d'achever notre course en paix, comme notre bienheureux frère. 
Salut dans le Seigneur, ô notre bien-aimé et très saint pere.'>' 

Je ne possède du texte de la seconde lettre que les passages publiés par ZoKga : 
j'emprunterai donc la traduction de M. Revillout. «C'est notre Seigneur, écrit 
Schnoudi, le Dieu béni et son Christ Jésus, le roi de gloire, qui te donnent force et 
puissance et qui te conservent pour nous, ô mon père ou plutôt notre père à tous. 
Nous sommes tes serviteurs et tu es notre père et le père de tous ceux qui espèrent 
en le Dieu tout-puissant.^ Véritablement nous sommes remplis de dévotion en en- 
tendant tes pieux enseignements et tes paroles qui nous renouvellent et nous ra- 
jeunissent dans la foi; et ce n'est pas seulement à nous qu'elles produisent un tel 
effet, mais également à quiconque les entend. Que dirai -je donc à ta charité qui 
sait si bien nous gouverner, moi, pauvre misérable? Tu m'honores"* et me rends 
gloire au-delà de mes mérites. Beaucoup de personnes louent ton action de m'écrire, 
à moi misérable, et en même temps aux pauvres frères, tes serviteurs, que ton 
intercession près de Dieu vient secourir. Salut, notre cher et bon père. Souviens- 
toi de moi dans tes prières toujours si bien reçues au ciel.» — De la troisième lettre 
nous ne possédons que la suscription et le commencement. La suscription est du 
même Schnoudi au même Timothée, et le commencement de la lettre, au témoi- 
gnage de ZoÊGA,* est conçu presque dans les mêmes termes que la première. 

Or, je le demande à mes lecteurs, y a-t-il dans les deux lettres que je viens de 
citer un seul mot qui puisse indiquer de quel Timothée il s'agit? Nous savons que 

copte eussent été au futur; les expressions cro, cravooïic, cKT^TÊcpri*., eKnpccÊe-re ne seront jamais 
des futurs, mais des présents. Il est évident que le futur prête mieux à la thèse de M. Revillout, mais 
il me paraît bon d'adapter les thèses aux textes, et non pas les textes aux thèses. 

1. ZoËGA : Cat. cod. copt., p. 428. 

2. Cette phrase qui se trouve dans Zoëga me semble mal coupée par M. Revillout : elle doit se 
traduire ainsi -. «Tu es mon père, notre père à tous, à nous tes serviteurs, et le père de quiconque 
espère en Dieu le créateur de toutes choses. 

3. Voici la traduction d'après le texte de Zoëga : Tu m'honores au-delà de mes mérites et dî ma 
mesure. Un grand nombre (te) louent de ce que tu m'as écrit, à moi le pauvre, et aussi à nos pauvres 
(frères), à nous qui sommes des frères, tes serviteurs, au secours desquels viennent tes prières. 

4. Rev. de l'hist. des rel., loc. cit., p. 577. 

5. Zoëga, op. cit., p. 428 : hanc excipit initium tertiae, pariter inscriptao tôt .nttot, ad euradem 
Timotheum, et ab iisdem fere verbis incipiens ac praecedens. La précédente c'est celle que j'ai traduite 
en premier lieu. 



LXXXVI E. AMÉLINEAU. 



ce Timothée fut patriarche d'Alexandrie, et c'est tout. Mais il y a eu bien des 
Timothées qui ont été patriarches d'Alexandrie. S'il s'agissait de Timothée Elure, 
le successeur monophysite de Dioscore, ne trouverait-on pas quelques expressions 
dénotant les sentiments de l'auteur? Est-ce que Schnoudi si décrépit qu'on le sup- 
pose n'eût pas trouvé des paroles ardentes pour stigmatiser les persécuteurs, louer 
les martyrs et exalter Dioscore? Mais alors il ne serait plus ce Schnoudi qui, sur 
son lit de mort, au dire de son panégyriste, regrettait de n'avoir pas vécu au temps 
d'Arius pour lui rompre la tête avec son bâton et lui arracher sa langue blasphé- 
matrice. Cette absence de mots caractéristiques d'une époque troublée, ce ton 
paterne, ces pieuses phrases qui ne signifient rien et qui ne sont remplies que de 
formules qu'on peut adresser à tous les patriarches du monde, me semblent donc 
favoriser peu la conjecture de M. Revillout. Cependant s'il n'y avait qu'un pa- 
triarche du nom de Timothée, il faudrait bien admettre que les lettres de Schnoudi 
lui ont été adressées; mais il y en a eu deux autres que Schnoudi a connus; l'un 
vécut et fut archevêque en même temps que Timothée Elure, c'est Thimothée 
Solofaciole. Ce Timothée Solofaciole fut élu et sacré au moment de l'exil de son 
homonyme, c'est-à-dire en 467 ou en 459.' Si Schnoudi eût vécu jusqu'en 460, il 
eût pu lui écrire; mais comme pas une seule expression de ces lettres ne fait con- 
naître son opinion dans cette ardente controverse du monophysisme, on n'en peut 
pas conclure qu'il ait adhéré à Timothée Élure plutôt qu'à Timothée Solofaciole. 
L'autre Timothée fut le second successeur de S^ Athanase en 38 1 et mourut en 
385. Schnoudi a donc parfaitement pu lui écrire, puisqu'il avait à cette époque 
plus de quarante ans. Pour moi, en toute hypothèse, je crois que c'est à ce troisième 
Timothée qu'ont été adressées les trois lettres de Schnoudi. Dans les deux lettres 
que nous possédons encore, il n'y a qu'une seule phrase qui puisse paraître caracté- 
ristique; c'est celle où^ à la fin de la première lettre, Schnoudi écrit : «Nous sup- 
plions ta perfection de prier pour nous, afin que nous soyons dignes d'achever 
notre course en paix, comme notre bienheureux frère». Je croirais assez volontiers, 
malgré l'expression de bienheureux frère au lieu de bienheureux père, qu'il s'agit 
d'apa Bgoul, l'oncle et le prédécesseur de Schnoudi, et que cette première lettre 
a été écrite après la réponse de l'archevêque à la notification que lui avait faite 

I. Cette date n'est pas certaine, les historiens donnent les deux années 4^7 ou 459. 



MONUMENTS, ETC. LXXXVII 



Schnoudi de la mort d'apa Bgoul et de sa propre éleetK^n comme remplavanl 
d'apa Bgoul. Mais ce n'est là qu'une simple conjecture que je ne peux affirmer, 
n'ayant pas de preuves positives. 

Des deux arguments sur lesquels se base M. Revillout pour avancer que 
Schnoudi survécut au concile de Chalcédoine, on le voit, pas un seul n'offre assez 
de solidité pour que nous puissions y adhérer. La question reste donc tout entière, 
et nous n'avons pour la résoudre que les deux textes contradictoires copte et arabe. 
Le texte copte a en sa faveur qu'il est double et qu'on le trouve dans l'abrégé 
memphitique et dans un fragment thébain; mais on peut objecter que ce chiffre 
de cent dix-huit ans vient peut-être de la préoccupation de l'auteur de donner à 
Schnoudi la longévité de Mo'ise. Mais alors pourquoi ne le ferait-il pas mourir 
à cent vingt ans au lieu de cent dix-huit ans? pourquoi lui retranche-t-il deux 
années? D'un autre côté le texte arabe avec sa version de cent neuf ans semble 
en parfaite concordance avec Y Éloge de Macaire de Tkôou dont l'auteur attribue 
cent neuf ans de vie à Schnoudi à l'époque de la convocation et de la tenue du 
concile de Chalcédoine. Mais aussi on peut objecter au traducteur arabe ou à l'au- 
teur sur laquelle il a fait sa traduction de n'avoir écrit cent neuf ans que pour 
donner un chiffre rond de cent ans à la durée de la profession monacale de 
Schnoudi. Or, je crois que cette objection est fondée. En effet, si le lecteur veut 
bien se reporter à la fois au récit de la mort de Schnoudi dans la vie arabe, et au 
récit du diacre Pinoution sur la destruction du temple de Kothos, il verra que les 
deux récits sont identiques. Or, comme on ne trouve rien de semblable dans l'abrégé 
memphitique ni dans le fragment thébain où l'âge de cent dix-huit ans est attribué 
à Schnoudi, j'en conclus que le traducteur ou l'auteur dont il s'est servi connaissait 
un récit que l'auteur de ÏÉloge de Macaire a copié et introduit dans son œuvre. 
Mais en le traduisant ou en voulant l'expliquer, l'auteur du panégyrique arabe ne l'a 
pas compris et a fait un contre-sens. En effet, on lit dans ÏEloge de Macaire : «J'ai 
eu cette nuit une vision (c'est Schnoudi qui parle), le Seigneur était assis sur mon 
lit me visitant. Je lui ai dit : Mon Seigneur et mon Dieu, ne peux-tu pas me donner 
de la force maintenant comme autrefois? — Le Sauveur me dit : O Schnoudi. 
vivras-tu encore après cette grande vie? tu es dans ta cent neuvième année depuis 
que tu pis dans ce grand service.» Le mot que je traduis par service est le mol 
grec Xiroopyia, qui signifie emploi public, charge, fuiiiistère, service que ton doit 



LXXXVIII E. AMÉLINEAU. 



remplir : l'auteur copte s'en est servi parce qu'il s'est aperçu que ce mot lui fournis- 
sait un double sens à la fois civil et religieux, il a joué sur le mot; mais son idée 
est fort claire. L'auteur de la vie conservée en arabe ne l'a pas compris ainsi et il 
a écrit : «Le Seigneur sauveur vint à lui, la nuit, et s'assit près de lui pour le con- 
soler. Mon père lui dit : «O mon Maître et mon Dieu, ne peux-tu pas me rendre 

vigoureux comme je l'étais auparavant, afin que j'aille au concile Alors le 

Sauveur lui répondit avec des paroles douces et lui dit : O mon élu Schnoudi, 
veux-tu vivre encore à l'âge où tu es arrivé? Tu as déjà vécu cent neuf ans et deux 
mois depuis le jour de ta naissance jusqu'à ce jour, car tu as ceint la robe des Anges 
alors que tu avais neuf ans, et tu as passé cent ans et deux mois dans la vie mona- 
cale.» La suite du récit est identique dans les deux documents; s'il y a différence 
dans ce que je viens de citer, je l'attribue à ce mot Xizoop^irf. qui n'a pas été com- 
pris. Par suite de cette inintelligence du mot, l'auteur a pris le chiffre de cent neuf 
ans comme celui de la vie entière, il a retranché les neuf ans de l'enfance de 
Schnoudi passée au village près de ses parents et il a trouvé cent ans juste : les 
deux mois lui ont été fournis par la comparaison des dates de la naissance de 
Schnoudi au mois de Pachons et de sa mort au mois d'Abib. Ou même s'il a bien 
compris le mot XttoopYia, il l'a entendu du service de la vie entière, alors qu'il 
fallait l'entendre du service de la vie monacale; car l'on ne peut pas dire que l'en- 
fance de Schnoudi ait été une profession sainte publiquement avouée et connue, 
comme l'est la profession monacale. En outre, le chiffre de neuf ans pour l'entrée 
de Schnoudi dans la vie religieuse ne doit pas être arbitraire, puisqu'il se trouve 
exact dans les deux calculs, et cette rencontre ne peut pas être fortuite. Schnoudi 
est donc mort à l'âge de cent dix-huit ans en l'année même du concile de Chal- 
cédoine, le i" juillet 451.' Cette date explique l'affirmation de l'auteur monophy- 
site, le récit arabe de la mort de Schnoudi et les paroles de l'auteur de V Eloge de 
Macaire faisant dire au Seigneur : «Tu es dans ta cent neuvième année depuis que 

I. Cette conclusion se trouve parfaitement confirmée par un fragment de parchemin récemment 
découvert et que j'ai acheté pour la Bibliothèque nationale de Paris. Ce fragment ne contient que deux 
lignes, mais ces deux lignes disent expressément que les cent-neuf ans doivent s'entendre de la vie 
monacale de Schnoudi. Je n'ai pas présentement le texte sous les yeux au moment où je corrige les 
épreuves de mon irrvail, mais je suis siàr du fait. Je publierai d'ailleurs ce fragment et une foule 
d'autres achetés en nv.-me temps. 

(Bruxelles, 28 octobre 1886.) 



MONUMENTS, ETC. LXXXIX 



tu es dans ce grand service : maintenant quitte ce corps et viens vers nous.» Ces 
paroles indiquent bien quelle était la croyance générale sur la mort de Schnoudi. 

Une seule objection peut être faite à cette date : cette objection se tire du récit de 
la mort de Nestorius d'après l'auteur de V Éloge de Macaire. J'y répondrai d'abord 
en disant que ce récit est pour moi une pure fantaisie, loin d'être historique, et 
comme il n'y a que ce seul témoignage sur la manière dont Nestorius serait niort. 
la langue rongée de vers, je le rejette complètement. En outre il peut parfaitement 
se faire que xMacaire et Dioscore fussent déjà partis pour le concile et rendus à 
Constantinople, s'ils y sont allés, à l'époque où Nestorius et Schnoudi moururent. 
Le fait que l'archimandrite Paphnuti de Tabennîsi passa un an à Canope entre le 
départ et le retour de Macaire vient à l'appui de mon sentiment que je crois solide- 
ment établi. Schnoudi est donc mort en 45 1 à l'âge de cent dix-huit ans : par con- 
séquent il est né en 333, et, sous le patriarchat de Timothée, deuxième successeur 
de S^ Athanase, il avait environ cinquante ans. 

Cette discussion d'un problème important mettra fin à l'examen critique des 
documents publiés dans ce volume. Je dois maintenant dire quelques mots de la 
manière dont j'ai traduit et édité les textes coptes et le texte arabe. 

J'ai voulu faire une édition critique autant que cela m'était possible. Les textes 
coptes offrent une quantité assez considérable de fautes évidentes et de passages 
que j'ai regardés comme fautifs. J'ai corrigé les uns et les autres. J'ai de même 
corrigé l'orthographe des mots grecs passés dans le texte copte. Ces mots grecs se 
présentent à nous sous une orthographe très capricieuse, même fantastique : le même 
mot répété deux fois s'écrit souvent de deux manières différentes et il faut quel- 
quefois de très bons yeux pour découvrir le mot grec auquel on a affaire.' J'ai 
donc rendu leur forme primitive aux malheureux estropiés; mais j'ai toujours eu 
soin en ce cas, comme dans les deux autres, de donner en note la leçon des ma- 
nuscrits, de sorte que le lecteur sera toujolirs à même de voir si j'ai eu raison ou 
non dans mes corrections. Pour ce qui regarde l'orthographe du copte, j'ai tâché 

I. Cette variété d'orthographes pour le même mot provient souvent de l'iotacisme. de l'emploi in- 
différent des muettes de même ordre les unes pour les autres, etc. Chaque fois que le même mot con- 
tenait deux fois le son / exprimé en grec par deux lettres différentes, on est presque sûr que les Coptes 
les transposeront et qu'ils écriront Rirniîk.moc pour Kina^TTHoc. De même pour les muettes. De plus le 

mot est quelquefois méconnaissable. C'est ce danger que j'ai tâché de conjurer. 

m 



xc 



E. AMELINEAU. 



d'orthographier le même mot de la même manière; le dialecte memphitique affec- 
tionnant les voyelles complémentaires, je les ai ajoutées où elles manquaient; le 
dialecte sahidique s'écrivant au contraire le plus possible sans ces mêmes voyelles 
je les ai retranchées, où j'ai cru qu'elles avaient été ajoutées à tort. Quant à la 
ponctuation des textes coptes, je n'ai fait usage que du point à la fin d'une phrase. 
Malgré la multiplicité des signes qui peuvent nous paraître des signes de ponctua- 
tion, je ne crois pas que les scribes coptes aient jamais eu à leur service un véritable 
système de ponctuation; car ils emploient à tort et à travers ceux dont ils se servent, 
que la phrase soit ou non finie, qu'il y ait ou non interrogation, qu'il y ait ou non 
parenthèse ou incidence, séparant même les mots en deux afin de pouvoir em- 
ployer leurs signes. Je n ai donc pas fait attention à une semblable ponctuation et 
c'est, je crois, tout l'honneur qu'elle méritait. De même, je n'ai pas employé les 
traits verticaux ou horizontaux qui surmontent certaines lettres et indiquent la sup- 
pression ordinaire de la lettre e. Dans un assez grand nombre de manuscrits ces 
traits manquent complètement, et dans les manuscrits qui les donnent d'ordinaire, 
ils manquent souvent : d'où j'ai conclu qu'ils ne sont aucunement nécessaires et je 
ne les ai pas employés. Je n'ai pas même fait exception pour le verbe i aller quoi- 
que ce verbe, réduit au seul iota, se trouve quelquefois placé après certaines 
voyelles qui pourraient le faire confondre avec des adjectifs ou des pronoms et 
qu'en ce cas il soit ordinairement surmonté d'un trait. Quant à la manière de couper 
les mots, je crois que l'on doit séparer tous les mots qui sont séparables quand ils 
ne font pas ensemble un seul corps, si je puis ainsi parler, ce qui a lieu pour tous 
les mots à l'exception de certaines prépositions et de l'article défini et de l'article 
indéfini singulier tout au moins. Quant aux affixes, il est évident qu'ils doivent être 
réunis à la racine verbale, quelle qu'elle puisse être. 

La traduction des documents coptes est avant tout fidèle. J'ai voulu en la faisant 
faire œuvre de philologue. Je n'ai donc pas cherché l'élégance aux dépens de la tra- 
duction; mais j'ai cependant fait en sorte que toutes mes phrases fussent françaises. 
L'une des plus grandes difficultés qu'offrent de semblables traductions se trouve 
dans l'emploi du pronom personnel de la troisième personne qui se rencontre à 
chaque instant dans le récit. Dans la même phrase le même pronom désigne sou- 
vent deux et quelquefois trois personnages : c'est l'inconvénient des langues à suf- 
fixes pronominaux, de l'arabe aussi bien que du copte. Quand un lecteur français 



MONUMENTS, ETC. XCI 



trouve cette phrase : il s'en alla et il mourut, il est persuade que c'est le même per- 
sonnage qui s'en alla et mourut après s'en être allé; en copte c'est ordinairement 
un autre personnage qui s'en alla et un autre qui mourut. J'ai taché de remédier 
le plus possible à cet inconvénient sans trop alourdir ma phrase. Si quelquefois la 
phrase est trop lourde, si elle offre la répétition de mêmes mots, je prie le lecteur 
bienveillant d'avoir égard à la difficulté et de penser que j"ai voulu rendre tous les 
mots du texte, de sorte qu'un commençant pût trouver dans ma traduction jus- 
qu'aux plus petites nuances du texte et s'en servir comme d'une traduction mot- 
à-mot, sans qu'elle le soit. Quand la clarté du sens a exigé un léger écart ou quelque 
courte paraphrase, j'ai toujours répété en note le mot-à-mot, et j'ai mis entre paren- 
thèse les particules ou les mots qu'exige la construction propre à notre langue dans 
ses phrases. J'ai cherché en outre à rendre autant que je l'ai pu la naïveté de mes 
documents. Ai- je réussi? je ne sais; mais je n'ai rien négligé pour réussir. Je 
demande seulement qu'on ne m'impute pas les défauts de mes textes antiques. 

Je dois aussi prévenir le lecteur de quelques phénomènes propres à la manière 
égyptienne de composer. A chaque instant on trouve dans les textes coptes comme 
dans les anciens textes hiéroglyphiques et hiératiques, des locutions comme celles-ci : 
Beaucoup de jours après cela, longtemps après, etc.; ces sortes de locutions ne signi- 
fient absolument rien ou signifient simplement quelquefois le lendemain. En général 
les conteurs égyptiens n'attachaient aucune importance à la notion précise du temps : 
ces formules leur remplissaient bien la bouche, c'est tout ce qu'ils demandaient; 
ils s'en servaient comme de phrases vagues, comme nous disons vulgairement : 
et puis, ou après cela. 11 ne faudrait donc pas bâtir de système chronologique sur de 
pareilles données. Une autre bizarrerie de la construction copte est la suivante, rou- 
tes les fois que deux actions se suivent immédiatement et sont faites par le même 
agent, le copte fait toujours marcher la charrue avant les bœufs et usait fort de la 
figure de rhétorique nommée ainsi par les Grecs. Quand donc on rencontre des 
phrases comme celles-ci : 11 s'assit et s'en alla; il ne faut pas comprendre que celui 
qui agit s'en alla après s'être assis, mais qu'il alla s'asseoir. Cette particularité pro- 
vient sans doute de l'ancienne langue oi^i la nuance de certains temps s'exprimait 
d'une manière semblable, mais sans copulative, comme r'est le cas en copte. 

La traduction du panégyrique arabe a été faite dans le même sens et d'après 
les mêmes principes. Je n'ai pas la prétention de connaître beaucoup l'arabe : je 



XCII E. AMÉLINEAU. 



ne l'ai étudié que depuis ma venue en Egypte et surtout dans les œuvres chré- 
tiennes; mais je peux en toute sûreté de conscience revendiquer cette traduction 
comme mienne. Je ne cache pas que toutes les fois que je me suis trouvé embar- 
rassé je me suis fait aider : n'étant pas habitué à la lecture des manuscrits, j'aurais 
perdu un temps infini à vouloir m'obstiner à lire, je me suis fait lire et j'ai tra- 
duit. Depuis j'ai révisé soigneusement ma traduction sur la lecture oculaire du 
texte. L'habitude que j'ai des pensées et des œuvres chrétiennes m'a beaucoup 
facilité la compréhension de mon texte. Quant à la constitution du texte lui-même, 
le mérite en revient autant qu'à moi à l'un de mes amis, Ali effendi Bahgat, dont 
j'écris ici le nom avec la plus sincère reconnaissance. Ma part se borne, dans l'édition 
du texte, à avoir indiqué les leçons qu'il fallait faire entrer dans le corps du texte 
et certains passages qui étaient évidemment fautifs. Je n'ai voulu corriger aucune 
des fautes qui s'attaquent à la grammaire, ni les constructions vicieuses; si je l'eusse 
fait, je n'aurais pas publié une œuvre copte; mais je ne présente pas le panégyrique 
de Visa traduit en arabe comme un modèle littéraire. Il me suffit, et il suffira sans 
doute aussi aux historiens, qu'on puisse s'en servir pour l'histoire des faits, et sur- 
tout des idées et des mœurs. Dans l'édition du texte arabe, comme dans celle des 
textes coptes, j'ai laissé de côté la foule de signes qui accompagnent d'ordinaire 
nos éditions européennes : j'ai imprimé comme impriment les Arabes. Les savants 
qui voudront profiter de ma publication en seront toujours à même : ce sera là 
mon excuse. 

Et maintenant que la voie me semble libre et bien préparée, que j'ai indiqué la 
manière dont j'avais compris et exécuté mon travail, que j'ai surtout discuté de 
mon mieux et établi la valeur respective des documents que j'ai à mon service, 
je peux, je crois, en toute sûreté, essayer de retracer quelle fut la vie de Schnoudi 
et de faire revivre à mes propres yeux, comme aux yeux du lecteur, cette étrange 
figure que l'on a ou trop vantée ou trop rabaissée. N'ayant presque aucun fil con- 
ducteur, m.anquant surtout de point d'appui chronologique, je serai forcé d'adopter 
des subdivisions logiques et de rassembler les faits sous un certain nombre de 
chefs : je ferai en sorte que le tout ne cause pas trop dennui. Que si malgré tout 
l'ennui arrivait, il faudrait uniquement sen prendre à mon inhabileté. Le person- 
nage par lui-même est digne d'exciter le plus haut intérêt. Si je ne faisais usage 
en écrivant cette nistoire que des seules données historiques, je crois que je ferais 



MONUMENTS, ETC. XCIII 



un portrait manquant totalement de ressemblance, et que je donnerais une très 
fausse idée de l'époque où vécut mon héros : je me servirai donc des récits mer- 
veilleux, mais en indiquant toujours que ces récits sont le fruit de la pensée hu- 
maine et non l'image de la réalité. C'est à cette seule condition qu'à mon sens (m 
peut véritablement comprendre cette phase de l'histoire de l'Egypte chrétienne 
où, comme dit le plus ancien livre religieux de cette terre merveilleuse, le corps 
était sur la terre et l'esprit vivait dans les cieux. 

Le Caire, novembre i<S85. 



Nota. Cette Introduction était déjà écrite et imprimée lorsque mon attention a 
été attirée sur un passage cité par Zoëga et confirmant fort heureusement, d'une 
manière péremptoire même, la date que j'ai plus haut assignée à la mort de 
Schnoudi. M. Revillout n'a sans doute pas connu ce passage, ou tout au moins 
n'y a pas attaché d'importance, autrement il n'aurait pas cru et imprimé que 
Schnoudi survécut au concile de Chalcédoine. Voici le passage en question tel 
que le publie Zoëga : eucMekMes.evT gn ncHoCiHTre THpoir ^A.^^. «chtcouj THpoT ns^^H- 
MioTTpuoc MRTHpq 2SLG es.uTp€np MTiujds. €Tpe iieino5' «ô.ueveon lya^ne «evu ot\ 
TGipoMTie Tô^ï eT€ TennevTH t€ £pd<ï ^ti TMe^ coe «poMne 2s.inT*> neneicoT «o'.V.\o 
MTon MMoq es.new cettoireioc ^m Mne^ cdvuiq neCiOT ncoir MiiTcnooTc A\.neicioT. ' 
Ce qui se traduit ainsi : «Béni sois-tu en toutes tes œuvres et en toutes tes dispo- 
sitions, ô Démiurge de toutes choses, toi qui nous as rendus dignes que ce grand 
bien nous arrivât en cette année qui est la neuvième, dans la sixième année depuis 
que notre père, le vieillard apa Schnoudi, s'est reposé, dans le septième mois et 
le douzième jour.» Celui qui parle ainsi n'est pas nommé, mais la seule mention 
du nom de Schnoudi le fait assez connaître : c'est Visa. Le grand bien dont il 
parle, c'est qu'une grande famine et une maladie contagieuse ayant désolé le pays 
en cette année-là, les frères du monastère de Schnoudi furent assez heureux pour 
n'en pas souffrir et pour secourir les malheureux qui vinrent implorer leur pitié, - 
comme le vieux Schnoudi l'avait fait lui-même pour les prisonniers relâchés par 
les Blemmyes. Donc cette famine et cette épidémie eurent lieu la sixième année 

1. Zoëga, Cat. cod. copt. n° CCVI, p. 5 12 et 513. La traduction en latin se trouve ù la pape 514. 

2. Le reste du passage donne des détails fort curieux sur les secours que Visa fit administrer par 
ses moines aux victimes de la famine et de l'épidémie. 



XCIV 



E. AMÉLINEAU. MONUMENTS, ETC. 



qui suivit la mort de Schnoudi, et Visa prononça ou écrivit les paroles que j'ai 
citées, du mois de Phamenoth le douzième jour, c'est-à-dire le 9 mars. D'après la 
manière de compter des Coptes, cette sixième année devait être l'année 456, si 
Schnoudi est mort en 45 1. Il est facile dès lors de le savoir, car cette sixième 
année doit correspondre exactement avec la neuvième année dont parle Visa et 
qui, comme l'a fort bien remarqué Zoéga, doit être celle de l'indiction :' Or, si 
l'on s'en rapporte aux tables de VArt de vérifier les dates, la neuvième indiction 
ou plutôt la neuvième année de l'indiction courante est l'année 456. J'ai donc eu 
raison d'assigner le 2 juillet 45 1 comme date de la mort de Schnoudi. 

Bruxelles, 19 février 1887. 



I. On ne peut objecter que le mot indiction ne se trouve pas dans le texte, car les Coptes ne con- 
naissaient pas d'autre manière de compter et connaissaient au contraire très bien l'indiction. Sur les 
stèles funéraires, quand la date de l'année est indiquée, elle l'est presque toujours par l'année de l'in- 
diction, comme on peut le voir à la salle copte du musée de Boulaq. Cf. Zoëga, op. cit., p. 514, n. 11. 



MONUMENTS 



POUR SERVIR A 



L'HISTOIRE DE L'EGYPTE CHRÉTIENNE 



AUX IV^ ET V^ SIÈCLES 



TEXTES ET TRADUCTION 



MONUMENTS 

POUR 

SERVIR A L'HISTOIRE DE L'EGYPTE CHRÉTIENNE 

AUX IVE ET VE SIÈCLES 

PAR 

E. AMÉLINEAU. 



I. VIE DE SCHNOUDI.' 

(Fol. ig recto.) ^d«.n R.0T24.1 eÊioTV^eu ni2s.0M ïicm «iuj'4>Hpi eT^>w ■\>-\ ô^itot- 
cÊoTVgiTOTq MnenicoT eeoirevÊ Mnpoc^HTHC es^nis. ujenoT'f niTipeciQTTepoc oto^ 
nies.p;^iMi\.H2s.piTHc eô^qgicTopein^ mmcoott «2i.e ^h eeo7res>)à ôvîtôv ùwcdv ncq-viev- 
eHTHC €OT(00ir4 Mc^'^ OTO^ OTTOHOTT noTTOM «lÊieH eend<ccoTeA\. epcooT nce'\"woT 
M(|>'^ ncHOTT niûen n^oiro 2s.€ me^ooT^ iiTe neqepc^Meiri eeoTevfe exe cot ^ 
AinievÊioT enHn ne 5en OT^ipHnn «Te <^'^ es.MHn. 

Quelques-unes des vertus et des merveilles que Dieu a opérées par la main de 
notre père saint, le prophète apa Schnoudi, prêtre et archimandrite, lesquelles a 
racontées le saint apa Visa, son disciple, pour la gloire de Dieu et le profit de 
quiconque les entendra, afin que chacun rende gloire à Dieu, surtout au jour de 
sa commémoraison sainte, qui est le sixième jour du mois d'Epiphi. Dans la paix 
de Dieu, ainsi soit-il.*" 

I. Cod. Vat. 66 depuis le recto du fol. 19 jusqu'au verso du fol. 82 exclusivement. Il n'y a pas 
de pagination. — 2. Cod. eTe^qe^iTOOTc. — 3. Cod. eevqoTCTopm. — 4. Dans une Jnumeralion. la pré- 
position ne se répète pas. — 5. Cod. 6t£oot, ce qui est une mauvaise orthographe. — 6. Ce titre est 
dû au copiste et non à l'auteur, comme on le voit facilement. 



E. AMELINEAU. 



MneuMô.i\ôwpïoc nicoT Q^os-à.ii ô^ne». ujenoT')- môvI CTôiinevir eptooir ^en nô.ûev'A. ô.noK 
ÉiHcev ueqMôweHTHc ueM uiiiG;)(^cooTrnï on €Tdv nenicoT eeoirô.£i ô».ïies. ujenoir'^ 2i.oTOTr 
€poï ^en neqpooq €tg mmok ^Aï MMeenoirss. n^HTq nevi '^noir G'^nes.TôvOTG ^d.n 
K0Tr2s.i epcoTGti GÉioTV. n^iKTOTT. ôwiric MTenoTTCono ncoTcn e£io?V. '^noir nni2s.0M neM 
niujcbHpi (fol. 1 g verso) €Tô< t^*^ epenepuein' mmcoott e&oTV-^iTOTq MnevicoT w^oKKo. 
ïc OTTMHUj i^ô^p ne^ooTT ^^odi OTOO '^■lyTGpTcop eiep^o'^ €'^ MTievOTTOi e^oirn eni- 
oÊHOTTi nujc^Hpi ïiTG nô>.ïcoT ô^ues. ujeno-y^- 2s.€ ô^noK. oTôwceenRc oto^ ïi^is^^ioothc 
^en iicd.2s.ï MHncoc nTô^ooMC ^en Tiine?^ô^i^oc nT€ niMcooir eeûe 2s.e '^eMi nnHÛi 
d.tt. '^-ep^x.pecocTein' uô.p ^en oTruiiy^ n^^^peoc ô.A7V.ev Tiïîx.ô.nicTHC uj^opTep evn 
^en neqpÛROin nevicoT uô^p eviiô. ujenoTT')- <ilj>ô^iiiep'^M€Tri eenevïieq (piKi eTenepujô.i 
ttô^q M^ooTT oTriyoTCô.2S-ï ne nneq^ÊiHOTri €end.neT neM^ ne^d^cRHcic neM neq- 
noAiTeiev^ neM neqô^peTH nuïOTr€puî':|>Hpï mmcoott neM niniiy^- MMHmi Mnevpev- 
2vo^on eTevyujconi eÊioTV-^iTOTq eoironi nnes.ninpoc^HTH.c eeoires.£i neM nidiiiocTo7V.oc 



«Te TIOC. 



Je commencerai de raconter les vertus et les merveilles qu'a faites notre père 
saint apa Schnoudi, lesquelles j'ai vues de mes yeux, moi Visa, son disciple, ainsi 
que les autres (prodiges) que notre père saint apa Schnoudi m'a racontés de sa 
bouche où jamais il n'y eut de mensonge : je vous en raconterai (donc) maintenant 
quelque chose. Allons, en ce moment, manifestons pour vous les vertus et les 
merveilles que Dieu a opérées par la main de mon père, le vieillard; car voici 
un grand nombre de jours que je souffre et suis troublé, craignant de m'approcher 
des œuvres merveilleuses de mon père apa Schnoudi, car je suis (un homme) 
sans force et inhabile dans (l'art) du discours, craignant^ d'être submergé dans la 
mer des eaux parce que je ne sais pas naviguer. En effet, je suis débiteur d'une 
grande dette; mais le créancier n'est pas troublé dans ses œuvres, car mon père 
apaSchnoud:, l'homme de la bonne commémoraison dont nous célébrons aujour- 
d'hui la fête, est digne qu'on raconte ses bonnes œuvres, ses actions ascétiques, 
son régime de vie, ses vertus admirables, et les grands miracles qui furent (faits) 
par lui, semblables à ceux des prophètes saints et des apôtres du Seigneur. 

I. Cod. tiiepf m. — 2. Deest. — 3. Cad. uoAhtia.. — 4. Mot-à-mot : de peur que je ne sois 

Ce passage est assez alambiqué. 



MONUMENTS, ETC. 



ne oTTou ot'Vmi 2s.e 22.€ iaeuo.Ao7V.eT (fol. 20 recto) ££\\ nooiy ujauj\ -V^^^^V-ic 
oi!ro£ Mes.TUjon M;iHTq U2s.e uetiio-^ «2s.iues.ioc' MnetuoT eTCMevpoiOTT. '^>io)T 2k.c 
tievndv lyenoTT'^ ne ottotooi^ 5en muè^pi otto^ ties.Tujo.i niK'\ ne »2s.e oevn uot!2s.i ^ft 

neccooT OTO^ ôw^THiTOTT eroTq uoTMôineccooT eepeqôvMoui mmoot ^eu twoi. ui.u*. 
neccooTT ss-e d,.q2s.oc mc^iwt nevTies. ujenoT'^ 2S-e mô». nie^AoT ujeivoT-^ «in \\t£-\- 
2S.0TrujT enieccooT «eMHi oto^ '^«es.^ôv otjiotss-ï «ô^u e£ioA;iet\ «ô^fee^e m;îht-^. 
TOTe TIIR0T2S.I «ôJA-OT uje«OT'^ «e ô^qeppHTC «d<ies.ï ne ^e« «iomot «Te '\>-\ eTUjon 
n^HTq oirop «ôn.cj'^ enô.nes.1 n«0Tr2s.ï ïi07r2i.ï. ne2s.e ejud^ir AiniuoT2s.i «ôwAot uje- 
MOTT'^^ MniMô^tteccooTT 2s.e ^HTine '^«es.'^ «ô^h Mnd.iynpï è<7V.?V*. oTop«q mhi «oa.- 
«es-poTT^ï MMH«i 2i.€ OTiyHpi MMô^TTèvTq «Hï eipevUji* e^'^' «eMd^q MniegooT jie.u 
nie2s.iopp • oTop nessie niMdvMecooo'y «coott 22.€ '^«ôvOTopTiq «coTen (fol. 20 verso) 
eppHi MMHtti MTiôvTe "^pH. pcoTn. TOTe TV-oinott ôi niMdvneccooTr 51 MTiidJ\o7r u}e«OT'^ 
OTTop d.qivMoni «nieccooTT neMdvq. 

OTTop dipeiyes-npoTr^ï ujconi mavhhi ujô^pe niMes.rtectoo'y oirwpTi Mnie^AoT^ ««eq- 

II y avait un bourg nommé Schenalolet'' dans le nome de la ville de Schmin; 
c'est là qu'habitaient les parents justes de notre père béni. Le père d'apa Schnoudi 
était laboureur de la terre et il avait quelques brebis; il les donna à un berger 
afin que celui-ci les fît paître dans la campagne. Le berger dit au père d'apa 
Schnoudi : «Donne -moi le petit garçon Schnoudi afin qu'il veille avec moi sur 
les brebis et je t'abandonnerai un peu de mon salaire pour cela.» Le petit garçon 
Schnoudi commençait alors de croître dans la grâce de Dieu, laquelle était en 
lui et peu à peu il devenait beau. La mère du petit garçon Schnoudi dit au berger: 
«Voici, je te donnerai mon fils, mais envoie-le moi au soir, chaque jour, car il 
est pour moi unique, je me réjouis en Dieu avec lui jour et nuit.» Et le berger leur 
dit : «Je vous le renverrai chaque jour avant que le soleil ne se couche.» Alors 
certes le berger prit le petit garçon Schnoudi et il fit paître les brebis avec lui. 

Et lorsque le soir était (venu), le berger envoyait le jeune garçon Schnoudi vers 

I. Cod. iie>.2^-TReoc (sic). — 2. Cod. OTrtoin (sic). — 3. Cod. iie^AoT ujcttou"^ -\- Avne^i ja.&.jicccùot (sic). 
— 4. Cod. e . . . Ô.UII. — 5. Cod. M.neJKoTs-. — 6. Ce bourg existe encore aujourd'hui; d'après le récit il 
devait être fixé au nord-ouest de la ville actuelle d'Akhmin, et cela pour de-ix raisons. Le nome d'Akhmin 
(Schmin) ne s'étendait pas très loin au sud, et le récit ne dit pas que les deux voyageurs, le père et le 
fils, aient été obligés de traverser le Nil pour aller au monastère d'apa Bgoul, c'est-à-dire à Athribis, 
située à l'ouest d'Akhmin ou Panopolis. Le bourg actuel de Schandaouil répond à toutes les conditions. 



E. AMELINEAU. 



ndwipH'^- ne ujevqc^copuj nneq2s.i22. eÊioTV. nTeqiyTVHTV. epe himcoott nnoTr ujôv iieq- 
MOTT. OTTOO evpeujivn nioTTCoini i efioTV. MMHni ujô^pe ^MiK'S' MiiiKoir2$.i nujHpi 
neM neqïCOT eMTVes.^ neA\. niMes.necoooir cTrano mmoc 2s.e eeûe ott MTieRoirwpTi 
MnenujHpi ô.it npoir^i Tenep^o'^- udvp ^nne oirneT^cooT ujcotii neMô^q. tot€ ujô^pe 
nïMes.nec(ooT 2s.cc tmeqio'^ 22.e ^en OTMeeMHi '^oiroopTi MMoq ncoxen npoir^ï 
MAA.Hni. oTrepooTT 2s.e eÊioTV-^en nie^ooir' 0». niMis-neccooir mouji ^ic^ô.^ott MTVR.oir2i.i 
HUjHpi ujenoTT'^ ujô>.Teqc|)o^ eiiiujHï mmcoott ne oiron OTrnoir^i 2s.e ^i22.en kiujki 
MMtooir. TOTe TiievAoïr evq^ooTV. enecHT eniMcooir otto^ es.quj7V.nA e^pni ^^ '^p^ epe 
neq2$.J2S- c|)opiy efcoTV. enujcoi eTc^e niMô«.neccooTr 2!..€ ô.qep^ic^es^o'y MMoq evq;x;^0Tiq 
^es>Ten '^noir^ï 1y0.Teqnes.Tr ec^n epe iiïi\oir2s.i nujnpi nes.es.iq. otto^ nevpe iiiMevne- 
ccooTT epMeepe eq2i.(o mmoc 2s.e evïnes.ir enii nTHÊi nTe tiii\ot2s.i nujnpi eiroi 
Mc^pn'^ ni nAevMnes.c n^pooM. oiro^ nes.ipH.'^ '^Tevceoi ec^evoir es.iuje nni ecRen 
neveccooT. eTes. tootti 2s.e ujconi Tie2i.es.q es.qi n2s.e neqicoT ô^qeMAes.^ neMHi on 
eq2S-(o MMOC 2s.e eeÉie oir MneKOTTOopu Mnes.uîHpi nni npoT^i. ne22.Hi nes.q 2s.e 

ses parents, au village. Mais lui, apa Schnoudi, s'en allait vers un canal d'eau, un 
peu éloigné du village; et en ces jours-là c'était le mois de Tobi; et ainsi il éten- 
dait les mains pour prier, et l'eau lui montait jusqu'au cou. Et chaque jour, lorsque 
la lumière était venue, la mère du petit garçon, ainsi que son père, querellait le 
berger en disant : «Pourquoi n'as- tu pas envoyé notre fils, au soir, car nous 
craignons qu'il ne lui arrive quelque mal?» — Alors le berger disait à ses parents: 
«En vérité, chaque jour je vous l'envoie au soir.» Et un jour parmi les jours le 
berger marcha derrière le jeune garçon Schnoudi jusqu'à ce que (celui-ci) parvint 
au canal d'eau, et il y avait un sycomore au-dessus du canal. Alors l'enfant des- 
cendit dans l'eau et il pria Dieu, ses mains en haut étendues vers le ciel. Le berger 
le suivit; il se cacha sous le sycomore afin de voir ce que faisait l'enfant, et le 
berger a souvent rendu ce témoignage disant : «J'ai vu les dix doigts du petit 
garçon étant comme dix lampes de feu, et ainsi je m'en retournai en arrière, je 
marchai vers mes brebis. Et lorsque le jour eût paru, dit-il, son père vint, il me 
querella disant : «Pourquoi n'as-tu pas envoyé mon fils vers moi. au soir?» — 

I . Cod. GÛoASCU OTTCÇOOTT. 



MONUMENTS, ETC. 



to7V.i MTieuujHpi Mô>.n MMOu '^'eMuujev MMoq ôwii eopeqopi ;5ô.tot. ottoo iw iie-^iojT 
oAq eneqHi (fol. 21 verso) ua.i ue uji ctô. îiiMdvuecoioir 2s.oTOTr €&.'4cpM€op€ 

Meueucô^ I 2s.e neoooir ie2s.eu gtô< Hds.i lyooni 0. neqicoT o7\.r\ ujô. 'j)u eeoTdvâ 
ewTies. n2s.(jo7V. 2s.€ UTeq(T'ï cmott e£io7V.^iTOTq. eTi 2s.g eirgi rmwit eTd».q;5o3!iT eniTonoc 
«Te c^H GeoTTô^Ci dwHdv n2s.co7V. iyis.Ten ottmiATv.iou' kô^tô». ot-^mô.'^' 2s.e t\i^pe otou 
pevii MHia nds.p;)(^con htg '^noTV.ic ujMin- ^ô^totc^ eq'^- cfeco îicoott eu h eTepuo^pi 
enoirv^TT^HL. nG2i.e (pn eec^ivÊ d>.nes. n2s.co7V. Hïiipo>Mi eT^eMci ^dk.TOTq 2£.e reuoH 
MOT Môwpon eCioTV. oït^h Miiiô.p;)(^JAv.d».u2^piTHc • èvqTconq 2^e «2s.e '^HeecTTivè 

Teqes-^e eqss-co mmoc 2s.e cmott epoi tiôs.ïcot llI^s>p^ïMô.u2s.pITHc. oto^ eTA.Tuje 
€5oirn ô^TT^eMci. totc n€ oTon OTrpcoMi (fol. 22 recto) eq^eMci ^evTeu dvuèk 
nssLOùTV. epe ottoïi oirnues. nis.ï\es.ees.pTon ^icoTq otto^ exev nnioT2i.i «vyupi «*.t 



Je lui dis : «Emmène ton fils, je ne suis pas digne qu'il reste avec moi.» — Et son 
père l'emmena dans sa maison.» Voilà ce que nous a affirmé le berger.-* 

Dix jours après que ces choses furent arrivées, son père l'emmena vers apa 
Bgoul pour en être béni. Lorsqu'ils étaient encore en chemin, comme il appro- 
chait du monastère^ d'apa Bgoul, à un mille environ, une foule de grands per- 
sonnages de la ville de Schmin se trouvaient avec celui-ci qui leur enseignait ce 
qui était bon pour leurs âmes. Le saint apa Bgoul dit aux hommes assis près de lui : 
«Hé vous autres, allons au devant de l'archimandrite!» Le saint apa Bgoul se leva 
avec les autres hommes assis près de lui, ils sortirent. Lorsque apa Bgoul se tut 
approché d'apa Schnoudi, il saisit la main d'apa Schnoudi, il la plaça sur sa tète 
en disant : «Bénis-moi, mon père l'archimandrite.» Et lorsqu'ils furent entrés, ils 
s'assirent. Il y avait alors un homme assis près d'apa Bgoul, ayant en lui un esprit 
impur, et lorsque le petit garçon vit l'esprit qui était en cet homme, il étendit .-^a 
main, il prit une petite bêche, il com.mença de frapper le démon qui était dans 

I. Cod. «oiTMTrAÀiott. — 2. Ce mot ujMm a été ajouté en dessus de 'a ligne : le scribe lavait omis 
et l'a lui-même ajouté. — 3. Cod. iirccwcAi. — 4. Mot-à-mot : Voilù ce que nous a dit le berger en nous 
faisant témoignage. — 5. Mot-à-mot : de l'endroit. Ce mot Tonoc, selon le contexte, signifie «à l'église. 
au monastère». Il devait impliquer toutes les possessions ou simplement tout l'enclos d'un monastùre. 



E. AMELINEAU. 



d.qeppHTc npco^T MTii2s.ô.iMcon CT^en nipcoMi oto^ ô.qwiy eÊioTV. «22.6 ninues. 
MnoïiHpon eqî2s.co mmoc 2s.€ '^■Md.q>coT eÊioA ^ô^pou co ujenoir'^ 2s.€ otthi icssLen 
ô^ïtidwir epoK es. Tii;)(^p(OM ottcom nctoi oirog^ ^en '^otthott ew Tiinnev €pd.nev|)(;^copem ' 

MTimoir2SLi tiujHpi ujeno-y'^ 2i.G 0^1 iyô.T€ nicHoir i TièvujHpi. 

es^cuîtoTii 2s.e on Menencôv nes.ï es. evnes. ii2s.co7V. cô^î2i.i ncM <i|)icot nes.Ties. ojenoT'f 
eqss-co mmoc 22.e Mô<p€ Tin\0Tr2i.ï «ujHpi opi ^ô^tot nTô^ï2^eÊi2s.oMô.c- otto^ nTeRi 
nccoq enei2s.H^ ues.p eMes.ir nevTies. ujenoT'^ tccoïii nevTies. Ti2i.(o7V. Te nujenicoT ^h. Me^ir.^^ 

OTTOp ô^qX^*^ ^ô^TOTq. €TÔ. pOTTpI 2».€ UJCOTlï MHie^OOTT €T€MMÔ.Tr (fol. 22 VCrSo) es. 

es.Ties. Ti2SL(o7V. etiROT ^en ottmô. MMô^TTôK-Tq Tin\oir2SLi 2s.e p^coq ne^TV-oir ujenoTTj es.qTHïq 
eoTTMô^ MMdwiTô^Tq. ôv evnô. ti2s.co7V. 2s^e dvqqô.1 nneq£iô<7V. €TiiyoL)i CTc^e ô.qnd.Tr eoTô.c'- 
ue7V.oc uTe nôc eqpcoïc eniRO-yssLï nujHpï uïeno-y^ €q€ni\OT. oiro^ TiessLe nies.ç^c'eAoc 
«evTid. Î12SLC07V. 2s.e ô^uujevnTconii nujcopTi ïiicx"-^^ nTeRnô.2SL€Mq ^0.24.00^ MHiq 
pï22.Gn nmoTTSsLï nujHpi lyenoir'^ nicx»-^*- ^^P "Te h'A.iô.c TiieecÊurTHC ne eev 
nôc me o'yopnq nô^u eepeuTHiq e22.(oq 24.e otthi i7ô.p qnô.ujcoTii noirpcoA\.i n;^i- 

l'homme, et l'esprit mauvais s'écria à haute voix disant : «Je m'enfuirai loin de toi, 
ô Schnoudi, car depuis que je t'ai vu le feu me dévore»; et à l'instant même l'esprit 
se retira de l'homme. Celui-ci fut guéri et rendit gloire à la bonté de Dieu.^ Apa 
Bgoul dit (ensuite) au petit garçon Schnoudi : «Attends jusqu'à ce que le temps 
soit arrivé, mon fils.» 

Et il arriva après cela qu'apa Bgoul parla avec le père d'apa Schnoudi disant: 
«Que le petit garçon reste près de moi cette semaine, et reviens le chercher»; car 
la mère d'apa Schnoudi était la sœur d'apa Bgoul, née du même père et de la 
même mère. Et il le laissa près de lui. Et ce jour- là même, lorsque le soir fut 
arrivé, apa Bgoul dormit seul dans une chambre et il plaça le petit garçon Schnoudi 
seul dans une (autre) chambre. Et apa Bgoul leva ses yeux en haut vers le ciel, 
il vit un ange du Seigneur veillant sur le petit garçon Schnoudi endormi. Et 
l'ange dit à apa Bgoul : «Lorsque tu te seras levé au matin, l'habit que tu trou- 
veras devant toi, mets-le sur le petit garçon Schnoudi, car c'est Thabit d'Élie le 
Thesbite, et le Seigneur Jésus te Ta envoyé afin que tu l'en revêtes; car en vérité 

I. Cod. Gp«sue<3(;toyMn. — 2. Coti. o^cÉtoavvNC. — 3. Cod. enics^H. — 4. Cod. 01 .svcvt". — 5. iMot-à- 
mot : au Dieu bon. 



MONUMENTS, ETC. 



MMoq quô^ivcoT «oTMonivcTiipiou otto^ quô^ujoini «coAceA ueM cuenu- uoTon 
niûen eenô^uje epevTq MneqTouoc oiro^ Teqeui\7V.Hcu. ujomi €cmhi\ e&oTV. uj^vm 
£dtti 2SL(00Tr. ev dvTiô. n22.toA 2s.e ôv^Toonq ^ô.nd.T00Tri (fol. 23 recto) evqojTy.! mui 
cy^WMà. CTevq2s.eMq 5o.2s.coq ô.qMOTT'^- cevnev ujenou^'^- d^qTHiq ^loixq^ otoo ô^q^vr^ 
MMOud.;^oc £><qx^'^ ^evToxq. Menencè. ^ô.u K0Tr2i.i 2s.e ue^ooT cirujou i\fcM 
noTrepHOTT ^i OTCon i\22.e c^h eeoTrôwÊi ô^tiô. n2$.co7V. ueM nï;ie?V.u|ipi ujeuoT-V dvTi 
eûoTV. eTMOUjï neM noirepHOTr otto^ nd.pe niued^Tiev nujoi mouji ueMOiOT iie 
cpôiTiTcooir MnccooTT n«^oq g^coq ne oirpooMi eqoTrd.fe ne eq.viouïi 5eu jiô.'^-^. otoo 
€Ti eTMOUji neM noirepHOTr muit evnd. nsi-coA iieM ô^rô. ujenoT-^ t\eA^ ô^nè. nujoi 
ev OTTCMH lyconi ujô^pcooir efcoTV^n Tc^e ec2s.io mmoc 2t.e d.Treô.uj ojenoT-^- tvèkp;>^i 
Mô^nss^piTHc eniROCMOc THpq mc5>oot. ne2s.e 0.110. ii22.co7V. ïiô^rô. nujoi 2s.e îiô.co« 
nujoi èwRccoTeM ^oor. €Tô.icmh. eTô.ci efcoTV^en T<^e '^noTT. nessie ô.nô. nujoi u^vn^v 
nss-CoA 2s.e ô^^^h otto^ eTô.TrepcTrMc^toneïti+ neM «OTrepHoir 5en ^.^h exô^TTcoeMeq 
(fol. 23 verso) iie2s.e 0.110. hsslcoTV. 110.110. nujoi 22-e Mevpeiiujeii niR0Tr2s.i nô.AoT 

il sera un homme juste et élu : il ne s'en lèvera point de semblable après lui en 
tous pays; il bâtira un monastère, il sera un ornement et une protection pour qui- 
conque viendra vers lui en sa demeure^ et son église durera pendant des généra- 
tions.» Apa Bgoul se leva de grand matin, il prit Thabit qu'il trouva devant lui, il 
appela apa Schnoudi, il l'en revêtit, le fit moine et le garda près de lui. Quelques 
jours après, comme ils étaient ensemble l'un avec l'autre, le saint apa Bgoul et 
l'adolescent Schnoudi, ils sortirent marchant Tun avec l'autre, et apa Bschoi 
marchait aussi avec eux; il habitait la montagne de Bsôou et lui-même (Bschoi) 
était un homme saint marchant dans les (sentiers) de Dieu.'' Et comme ils mar- 
chaient encore tous les trois ensemble, apa Bgoul, apa Schnoudi et apa Bschoi, 
une voix se fit entendre au-dessus d'eux, venant du ciel (et) disant : «Aujourd'hui 
l'on a établi Schnoudi archimandrite sur le monde entier.» Apa Bgoul dit à apa 
Bschoi : «Mon frère Bschoi, as-tu entendu aussi cette voix qui tout-à-Thcure est 
descendue du ciel?» — Apa Bschoi dit à apa Bgoul : «Oui»; et lorsqu'ils se furent 
mis d'accord l'un et l'autre sur ce qu'ils avaient entendu, apa Bgoul dit à apa 

I. Cod. na.TRCoc. — 2. Cad. cKeni. — 3. Cod. ç^itoiTq. — 4. Cod. cyA\.t^^wiim. — ^. Mot-à-mot : 
en son endroit. — 6. Mot-à-mot : dans les choses de Dieu. 



8 E. AMELINEAU. 



'^no'y neoq 2s.e iie2SLes.q 2s.€ ds.^H. iiessLe ô^hô. n2s.co7V. 2s.e eTô».RcoeM€c 2s.€ oir. ^^^ 
iie2s.e es.nes. ujettoir'^ nô».nd»- nss.to'A. es.T(Th eg7V.i MM€enoTr2£. 2s.e eTô^iccoxeM 22.e 

ncM ôwHis. Tiiyoi evyepujc^Hpi MMoq eMds.iyco oiro^ nev-y^cooir mc|>'^ eTr2s.co mmoc 

c|>H cooTrevû 2s.e ô».nev ujenoir'^ eTds.q(7î Mnic^HMev nes.uue7V.ïRon eTevqi nô.q 
edoTV^en t^£ ivqTHiq e'^ô^Hes.^copHcic ^en £^es.tt niiy^ n^ici eirouj ncM ^ô^n 
esi-oopp nujpooic eirouj ncM £d.n «HCTeids.^ mmoïi hui toi epcooT rôvï^ ires-p ne 
Mnô^qoTcoM MMHttï ne lyev poir^ï «Te "^pn ptoTH oirop ne Mnd.qo?rcoM ujev- 
(fol. 24 recto) Teqci ô^T^TV-ev ottcoik. neM ot^mott ne TeqTpo'^H. 5en nô<i ô. neq- 
ccoMis. ujcooTTï OTTO^ dv Tiequjèvp TtoMi enequevc eô^qujMds. eMô^ujoc). otto^ neqûioc 
Tnpq n^js^. neqcnonoc nevqTeneconT enAiô^c nieecûiTTnc ninnio^oc+ wcg hicTV.. 
Hôiipn'^ on evqujconi noiTTpeq'l-cÊico noiron niÊien nïnoir2s.i ndJ?V.aiOTri MMôwTevTOT 
è^n d.ATV.ev n^M. nine^eAAo neqoi ncno'!r2s.evioc5 ^en neq^Êinoiri MneqcHoir rnpq 

Bschoi : «Allons vers le petit garçon Schnoudi»; et lorsqu'ils lui eurent demandé : 
«Est-ce que tu as entendu cette voix qui tout-à-l'heure est descendue du ciel?» 
lui, il répondit : «Oui». Apa Bgoul lui dit : «Qu'as-tu entendu?» — Apa Schnoudi 
dit à apa Bgoul sans le moindre mensonge : «Ce que j'ai entendu, c'est quaujour- 
d'hui l'on a établi Schnoudi archimandrite sur le monde entier.» Apa Bgoul et 
apa Bschoi l'admirèrent beaucoup et ils rendirent gloire à Dieu en disant : «Vrai- 
ment, il sera une perfection consommée!»*^ 

Mais apa Schnoudi, lorsqu'il eut pris l'habit angélique qui lui était venu du 
ciel, s'adonna à la vie d'anachorète en de grandes et nombreuses soutfrances, 
avec des nuits de veille nombreuses et des jeûnes sans nombre, car chaque jour 
il ne mangeait pas avant le soir au coucher du soleil, et il ne se rassasiait pas; 
mais du psin avec du sel composait sa nourriture. Par suite son corps devint 
sec et sa peau adhérente aux os, il s'amaigrit grandement : le but de toute sa vie'" 
était d'imiter Élie le Thesbitc, le cocher disraël. De cette manière il devint le 
maître de tous, non-seulement des petits garçons, mais même des vieillards: étant 

I. Cod. noTTcAioc. — 2. Cod. «vhcticv. — 3. Coif. ne ^^^p. — 4. Cod. nicivia>;)(;oc. — 5. Cod. 
ncnoTCb^coc. — 6. Mo!"-à-mot : un parfait consommé. — 7. Mot-à-mot : et son but avec toute sa vie 
était, etc. 



MONUMENTS. ETC. 



UTC neqccoiT «cm ueqc&woTri lycoiii eT^^oTVît. ^eu por^ motou niàeu M'bpn-\- 
ttOTTCÊKo ^€n n^HT nuH eeoTTcoiij CMeripe t\io)«;5 «etve^. oTop uds.-42s.oi ne ttoe^n 
Av.Hiy ne^HC'Hcic neM p^es-u ?V.ouoc eiTMcp «çutoAh eTOTô^fe. otoo es.-4ceMj\i upA.n 
uevMcon uniMO«ô^;)(^oc^ «eM pivu €tiicto7V.h e7r2s.oiiep (fol. 24 verso) ottoo çtoi 
Mpc^ neM coAceA «Hïv^Trxw "^e «iptoMi. oTop ^eu «0^1 THpoT uô.'42s.o> mmoc 
^e\i neqpcoq €Te mmom MeenoTss. u^Hxq 2i.e MTii2s.e otcô<2s.i eÊioApiTOT MAid>.Td>.T 
MTie n^c THiq e^oTti epooi. oto^ «ô>.qco?V.ce7V. Mneqfeioc Kô^Aoic ne ^en n2s.co\\ 
eÊioTV. nnip&HOiri «Te '\-MeTMond<;)(^oc+ ^en pô.n niiy^ nevcnncic hcm od<\\ noAi- 
Teiô." eoTiy. nd^qoïAHA c^ô^p niÊi ncon MUiepooTT edj-^- unew'' MMeTè^noiev ud^T*.con, 
^en niessLcopp 2s.e Mnd>.qnROT euTnpq ujevTe nioiroiini ujô^i. Menencwc uTe-^-Ti 
noirnoT2S-ï ncpoM eeûe mccoMev 2SLe nneqMoirnn «^o:)7VeAv.. OTT.unuj ud.p ucon 
MTiis.qoTcoM ïC2s.en Ticd.j2i£ids.T0« ujes. iicev&Êi^vTOH OTop on lyô^qep ni.vi nepoo?r nxe 
niTièvc^es. çeoTô^û neveoireM conv 0.7^X0^ TeqTpo'^n OTroTC^ noTOJAi Te ucm oTiy- 
Êin eT^opn (fol. 2 5 recto) ^tocTe^ Tiô^ïpn'^ nTe Teqcevp^ motur epoq eA\.evujco. 
OTO^ dv nipiMi ujconi eqp^o7V.2s. ne».ppôwq M^^pn*^ noTreÊico ^cocTe OTn nxe neqùe^TV. 

diligent dans ses œuvres en tout temps, il portait le Christ, persévérant dans la 
méditation des Écritures, de sorte qu'ainsi sa louange et ses enseignements étaient 
doux à la bouche de chacun à la manière du miel, (doux) au cœur de ceux qui 
veulent aimer la vie éternelle. Et il a prononcé une foule d'exégèses et de discours 
remplis de préceptes saints, il a donné des règles aux moines, (écrit) des lettres 
vives, terreur et consolation pour les âmes humaines. Et de tout cela il disait de 
sa bouche où il n'y eut jamais de mensonge : «Je n'ai pas dit un mot de moi 
seul, sans que le Christ ne l'ait mis dans ma bouche»; et il ornait bellement son exis- 
tence de la perfection des œuvres de la vie monacale en de grandes actions ascé- 
tiques, en de nombreuses pratiques, car il priait douze fois par jour faisant vingt 
et une génuflexions de repentance à chaque fois; et dans la nuit il ne se couchait 
pas du tout jusqu'à ce que la lumière parût; il prenait ensuite un peu de sommeil 
afin que le corps ne pérît pas (trop) promptement. Souventes fois aussi il ne 
mangea pas du samedi au samedi, et de même il passa les quarante |ours de la 

I. Cod. uei<qcp^opin. — 2. Cod. ç(0C2w.e. — 3. Cod. n\M.OTrn.eK'XOZ. — 4. Cad. nrc •\^.m.ctmotiii\;X''^<^' 

— 5. Cod. noAuTUN. — 6. Ce chiffre est douteux, peut-être faut-il lire rZ, ce qui serait le double de 
16. — 7. Cod. ça>c3k.€. 



lO E. AMELINEAU. 



ujcoK eïiecHT M'^pw'^ ti^ô^tt X°^ "''"^ ^^" ^^°* OTTOg^ nceujcoTii n^evMe CMô^iyw 
eeÊe nipoTO ujoiro enecHT tiTC niepMCOoiri nevi €T^d^'^ nnevir nifeen ;$en neqÊiô^A 
Mc^pH'^ noiTMaiOTr oiro^ nô^pe c^'^ ujoii neMes.q ne ^en neq^ooir THpoT. equjoii 
2s.e Oïl ^en neqMonô^cTHpiou uô^qepeecopein' noiTMHiy nnoÊiï eTOTipi mmooott 
^en niROCMOc THpq oirog^ nn eenHoir iyes.poq ujes.qeMi uoTMORMeR neM nn 

eTÔ^TTÔilTOTT THpOTT OTO^ TldxipH'^ Mô^qTCOÊl^ eSi-WOlT THpOIT eepOTTOTTSS.es.I OTOp 

ttce2SLiMï noirnèvi j4en niÛHMô. ïiTe n^*^- 

ô.cujtoTii 2i^e on noire^ooir ô.qi H2s.e oirptoMi ujis. nevicoT Mnpoc^nxnc d.nd. lye- 
noTT'^ eqnn coit'^mï 2s.e ncen^cooiTT ^en n^ouj ncoi '^noTV.ic. (fol. 2 5 verso) ^5)0^1 
oirn ô^qi eq^cn oirniuj'^ neMnèv^ n^nT eqo^ OTTOg evqoircopn e^oirn Mnô^icoT eq2s.co 
MMoc 22.e eioirtûiy €(Tï cmott efeoT^-^iTOTn^ to nevicoT eeoirevCi ô».pnoTr nxe c^nô.i mcÇ)"^ 
Tô».poi neM nenujAnTV. eeoires.Êi ^ihô. nTe c]j)'^ ^ô, nevno&i nni efeoTV. 2s.e ceouj 
nooTTO. OTOp ô^-yTevMC ninpo^nmc GeoTrevÊi ivnes. ujenoir'^ enn Tnpoir ctô. nipcoMi 

pâque sainte sans manger de pain, mais sa nourriture était des légumes et des 
baies bouillies. De cette manière sa chair se débilita grandement, les larmes lui 
devinrent douces comme du miel, de sorte que les yeux se creusèrent profondé- 
ment à la manière des trous d'une barque et qu'ils devinrent très noirs à cause 
de l'abondance des larmes qui coulaient, tombant à toute heure de ses yeux : et 
Dieu était avec lui pendant tous les jours de sa (vie). Etant dans son monastère 
il voyait une multitude de péchés commis dans le monde entier, et de ceux qui 
venaient à lui il connaissait les pensées et toutes les actions, et ainsi il priait pour 
eux afin qu'ils fussent sauvés et trouvassent miséricorde près du tribunal du 
Christ. 

Or, un jour il arriva qu'un homme vint vers mon père, le prophète apa 
Schnoudi : il appartenait au village de Psenhoout'' dans le nome de la ville de 
Psoi.^ Cet homme vint donc dans une grande affliction, et il envoya (quelqu'un) 
à l'intérieur (au monastère) vers mon père en disant : «Je désire recevoir ta bé- 
nédiction, ô mon père saint : peut-être que la miséricorde de Dieu me relèvera 
avec tes prières saintes, afin qu'il me pardonne mes péchés, car ils sont nombreux 
excessivement.» Et l'on apprit au prophète saint, apa Schnoudi, tout ce que Thomme 

I. Cad. ivA,qcpoc(«>pm — 2. Cad. cêoAç^itootr. — 3. Ce village appartenait au nome de Psoi. — 
4. I.a ville de Psoi est la ville actuelle de Menchyeh. 



I 



MONUMENTS, ETC. i i 



2SLe eujcon ^nevccoTÇM nccoi £>£\\ c^h e'\-uô.2£.oq uevu ic j^rn^wd^^ epoi eujon 
;)(^nd>.ccoTeM nccoi d».M le y^wà^wà^ip enôw^o ô^m. oTog nt-îs-e nipoîMi 2s.e -^-MevcoxeM 
ttco3i\ Tiô^oc ttiWT ^e« £coÊi ui£i€n nTeuHdwOTes.^cds.^ui mjw.o)ot uhi. ne^oTe^ù 
2ve dviids. ujenoTT'^iMewq- (fol. 26 recto) 2i.e ds>2sLG ii€i\Mofei Mn€Meo efcoTV. motoh 
niÊeu €ep€H^co7V. e^Mô. eTeunes>^(oA €poq. TiessLe nipwMi uevq 2s.€ A.ciyoini mmoi 
noTe^ooTT ei^GMCi ujevTen nKfncooTT nT€ nes.'^Mi ev ourpwMi cini mmoi epe otô^coti 
^en neqMOTTT.* eiMGTi 22.€ '^ttes.ss.iMi noTniuj-^ neiss^oc «uotû h^htc utô^oAot 

ttTdvOTTttOq MMOI H^HTOTT nOTTMHUJ «G^OOT. OTecpMHCI «OTTOiT lie €Td.I25LeMq 

n;iHTC OTTO^ TOTe es.ïuj(ORi ^en uiRev^i ô>.ieoMcq ôvii iyes.poii eriô^iMô^ nexioiT eooTeviQ. 
'^iiOTT 2£.e MevTevMOi 2fi.€ eiioTTCouj «Tivep OIT ^ï«&. iiTe HOC ujes-ttô^p^Hq ^e^poi otoo 
«Teq^ôi HôwttoÊii «Hi eûoA. (fol. 26 verso) tia.icot 2^e «Ss^iuevioc- otoo .»>i.T\po 
<i^HTHc is-Ties. uj€no'5"^ iie2s.ô»-q nes^q 2S-e Muepo^i mhô^imô». ô.7V'\d. twmk ^en ot^o)- 
AeM ^oy\ G^oirn e'^noTV.ic ujMin ^nd^2s.€M ni2s.oTr^ ed.qi epHc eûoA^en '^^le^po 

avait dit. Mon père dit à celui qui lui parlait : «Va, dis à l'homme qui est venu: 
Si tu veux m'écouter en tout ce que je te dirai, alors tu me verras; (mais) si tu 
ne (veux) pas m'écouter, alors tu ne verras pas mon visage.» — Et l'homme dit: 
«Je t'écouterai, mon seigneur père, dans tout ce que tu m'ordonneras.» Mais le 
saint apa Schnoudi dit : «Amène-le-moi à l'intérieur,» Et lorsqu'il (l'homme) fut 
entré vers mon père, il se jeta (à terre), il l'adora. Mon père Schnoudi lui dit: 
«Dis ton péché en présence de tout le monde afin que tu t'en ailles dans le lieu 
où tu dois aller.» — L'homme lui dit : «Il m'est arrivé un jour que j'étais assis 
devant l'aire de mon village qu'un homme passa près de moi, portant une bourse 
à son cou. Je pensai trouver en elle une grande quantité d'or à prendre pour 
me réjouir pendant un grand nombre de jours. Je n'y trouvai qu'un seul quart 
(de pièce d'or), et alors je creusai la terre, je l'y enfouis et je suis ici venu vers 
toi, ô mon père saint. Maintenant apprends-moi ce que tu veux que je fasse atin 
que le Seigneur ait pitié de moi et qu'il me pardonne mes péchés.» — Mon père 
le juste et le prophète apa Schnoudi lui dit : «Ne reste pas ici, mais lève-toi 
promptement, entre dans la ville de Schmin, tu trouveras le duc qui, par le 

I. Cod. nia^oc. Cf. Recueil de travaux relat. à la philol. et à l'arch. égypt. et assyr.. VI"-" année : 
Voyage d'un moine, p. 12, note 3 du tirage à part. — 2. Cod. n3k.iHcoc. 



12 E. AMELINEAU. 



eiTOï <^coHH e£io7V.oiTOH MMoq oiro^ ceniv^ nô^q n^ô.» coni €es>TrRco?V.n uoTruiiy^ 
«pcoMi ïiTe '^TioAic ujMin qnô.2i.(jL)nT epcooir eMô^^ujoc). mouji ^coh nTeuuje e^oirn 
cniconi OTTop ce«ô^2SLOc Mni2s.oir2 2i.€ eq;)^H mmô^'S' n^^xè^\\ • oiro^ ni2s.0T^ nô.ujeni\ 
2g.e eMHï T€. ev2S-0c uô.q 2S-e eMwi t€. oto^ nes.ipH'^ c5nô>.^oefiiej\ neMOOOTT. totc 
y^nd^obiK^ e^oirn enicon^ iiene^ «Te c^'^. oto^^ iv^oTrnoir ô^qu}end.q n2i.€ TiipcoMi 
ôwqipi KôwTev ^pH'^ €Tèk c^H ceoTTôwÊi 2SLOC nevq ottoo ô^ tiiss^ott^ coTVi nTe^ô^r^e 
pcoq ncM niconi oirop nô.ipH'^ ev c^wô^ï mc^'^ Tô^p^oq RevTis. npH'^ eTis. tiô^icot tô.- 
Mon MMoq. 

evcujcoTiï 2s.e ou noTcon d>. hiô^uioc RirpiATVoc oirtopTi nces. hô^ïcot ôviiiv ujenois''^ 
iiinpoc|)HTHc (fol. 27 recto) neM evnes. ÊiiRTCop Tiiô.p^iMevn2s.piTHc ee£ie necTopioc 
nïè>.ceÊiHC OTTop eTes.Triye e^oirn eTTio?V.ic tiTe '^MeToirpo ô. nenioiT n2s.iRevioc- 
es^Tiis. ujenoTT'^ i eqMoiyi ^en Tiïnev7V.d.Tion3 nTe noirpo ô^q22-iMi noTrnevc^pi ncoiro 
eccH'^ e&oTV. ô^qoTVc ev^Tnic c'^eHÛi «tg nequjôwp ujes. Tiinô^Tr eTô^qï €TieqMOiievCTH- 
piott. ô>.cujconï 2s.e gtô. noirpo ^d<ir eÊioTV. eepo7ruj€ ncooT enoTTonoc tot€ ev iidvicoT 
d^Ties> ujenoTT'^ i 2s.€ eqnevTevAoq €ni2SLOi neM nenio'^ eeoirô^Éi ôn-Môv ï\irpi?^7V.oc tii- 

fleuve, va vers le midi et que l'on va saluer sur son chemin : on lui présen- 
tera des voleurs qui ont dépouillé un grand personnage de la ville de Schmin, 
il se mettra en colère contre eux grandement. Va toi-même, entre parmi les 
voleurs et l'on dira au duc : Il est ici avec nous. Et le duc te demandera : Est- 
ce vrai? Dis-lui : C'est vrai; et ainsi il te tuera avec eux : alors tu entreras dans 
la vie éternelle de Dieu.» Et aussitôt l'homme se mit en marche, il fit comme le 
saint lui avait dit : et le duc lui prit sa tête comme aux voleurs, et ainsi Dieu lui 
fit miséricorde'^ comme mon père le lui avait annoncé. 

Il arriva une fois que le saint Cyrille envoya chercher mon père apa Schnoudi 
avec apa Victor l'archimandrite au sujet de Nestorios l'impie, et lorsqu'ils furent 
entrés dans la ville royale, notre père juste apa Schnoudi alla marchant dans le 
palais du roi •. il trouva un grain de froment jeté à terre, il le prit, il le mit dans 
le sac de sa ceinture de peau jusqu'au moment où il arriva à son monastère. 
Lorsque le roi les congédia pour qu'ils allassent dans leurs endroits, il arriva 
alors que mon père Schnoudi se rendit pour prendre place dans la barque avec 

I. Cod. ;)(;ô.ç6>A. — 2. iv2k.TKeoc. — 3. Cod. nin<s.AAô.Tiojv. — 4. Mot-à-mot : la miséricorde de 
Dieu le prit. 



MONUMENTS, ETC. i3 



2S.0C uô<q 2s.e ;)(^«ô.ujTd.7V.0K ô.ii ucm nid.p;)(^ieTiicHonoe «ô.Teo)OTu r^l.p mmo-^ 
evti ne. nevitoT 2^e ne2s.d>.q uoioir 2s.e ic2s.e mmou Mô^pe '^otouj muoF ujoini. totc 
ivqiye ^ic^oirei ïi0Ti\0Tr2s.i «eoq neM ncqMèvOHTHc e^Mouji ueMd^-4 *^-^cpi epd.T-4 
ô.qujTV.HTV. €q2s.co mmoc 2s.€ nds.oc ihc n^c ô^uj ne nipu-^ eepeuoTVT endwAvoud^cTH- 
pion. (fol. 27 verso) ^^ocou eqMOKMen MMoq ££\\ u^j ic oi5"rHui uoTOiuu es.ci 
e&oTV.^en Tc^e otto^ evCTd.7V.oq «cm TieqMd.eHTHc ô^c^oAMeq enTici d^c^OiTV »\eMevq. 
eTôiTT^o^ 2^e enineTV.es-i^oc «Te c^iom è<qs2SL0iruîT eniycoi !i2s.e is.£iÊiew uirpiTy-Aoe ni- 
ô^p^ienicuonoc d^qnôvir enevicoT evnev ujenoT-^- eq^en eMH-^ ïi-^Tuni ueM neq- 
MôweHTHc ôvqcouj efeoTV. eq2i.coA\Moc 2i.e cmott epoH neuiooT eeoTTôiÊi hAiô^c uùepi. 
Tie24.e ndvïcoT e^nes. lyenoir'^ nds.q 2S-e èK.pi nô^MeTi 00 iiè^iooT eeoTè<fe otoo nevipH-^ 
ô. '^5'Hni ocoA neMô^q es-cenq eneqMondiCTHpîou. ne hchott ue^p MUiajwM ue 
nie^ooTT eTeMMôvTT. eirciRi a\.tikoii\ ii2i.e nicHuoir ô.qco?V.ï H'|-Hd<c^pi ucoto eTè<- 
qenc eqnHoir eÊoTV-^en TiiTiô<?V.d.Tion' tiTe noirpo oiro^ ô^q^iTc e^pni eniconi uciui 
OTO^ OTniiy^ ncMOTT htc tioc d>.qujOL)Tii ;*en îiiconi ucini MnoTiy2$.eM2i.oA\. nKO*\q 

notre père saint abba Cyrille l'archevêque et apa Victor l'archimandrite. Les petits 
parmi les serviteurs lui dirent : «Tu ne prendras point place avec l'archevêque»; 
car ils ne le connaissaient pas. Mon père leur dit : «Si (je) ne (dois point trouver 
place), que la volonté de Dieu soit faite.» Alors il s'en retourna un peu, lui ainsi 
que son disciple qui marchait avec lui, il se tint debout, il pria en disant : «Mon 
Seigneur Jésus le Christ, de quelle manière me conduiras-tu à mon monastère?» 
Pendant qu'il pensait ainsi, voici qu'une nuée de lumière descendit du ciel, le 
prit avec son disciple, l'enleva dans les airs (et) s'envola avec lui Lorsqu'ils at- 
teignirent la haute mer, abba Cyrille l'archevêque regarda en haut, il vit mon 
père apa Schnoudi au milieu de la nuée avec son disciple, il s'écria disant : 
«Bénis -nous, notre père saint, nouvel Élie.» Mon père apa Schnoudi lui dit : 
«Souviens-toi de moi, ô mon père saint»; et ainsi la nuée s'envola avec lui, elle 
le conduisit en son monastère. Or, c'était le temps de Tété ces jours-là. Comme 
les frères étaient à moudre la farine, il prit le grain de blé qu'il avait apporté en 
sortant du palais du roi, il le jeta sous la pierre meulière et une grande béncdic- 

I. Cod. muis.Wà^rion.. 



H 



E. AMELINEAU. 



efeoTV. oTog es. nictiHoir ;;)(^peA\.peM (fol. 28 recto) ee&e 2s.e ôvtt^ïci MTioTUïîs.eM- 
2S.0M uRoTVq c&oTV. ne>.icoT a.e ee^oirô^û evnes. ujenoTT'^ "^Mneqoiroi emconi hcihi 
ô^q-^co MTieq&d^i ^i2SLwq oto^ ness-dvq 2S-e ewi 2SLe epoK' co nitoni mciki 0^1 cpes.TR.2 
OTTOp ^en "^oirnoTr evqopi Res.Tdv Ticds.2s.ï MTies.itoT Miipoc5>HTHc n2!k.ii\èvioc3 ès.Tiex 
ujettOTT'^ c]j>pcoMi M^^ ^en oiTMeeMHi (pu exe HeqpÛHOiri ujoti ^en OTrepujiuji 
Mc]|)pH"^ nniiipo<iÇ)HTHc «Te ujopTi neM nïô.nocTo7V.oc ^evn es.T'TiHTii mmcoot ne 
nequô^TopetùMe^ neM niujc^Hpi €Tds.qis.iTOTr e&o7V.giTen tii^mot nxe ninnex eeoTrevû 
€Tujon n^HTq ncHoir niÊiGtt. 

dvciyconi 2s.e 7V.oinon eTd< Tiid>.p^ïGiiicï\OTioc eeo7rô<& ï\7rpiA7V.oc pooA exeqno- 
"A-ic ô^qoTTcopn ncev Ties-icoT ô^Kds. ujenoir'^ ô^quienq 2s.€ ô^Rep oirup nepooir euTôv- 
TVhott c^^Thri ujevTeï\ç5>op eTi€RMonô.cTHpïon. ness-e hô^icot ô^nes- ujenoT'^ Mni- 
ivp;)^ieTiicKOïioc 2s.€ ^co «Hï eÊioTV nô^icoT eeoird^fc '^Mnujô^ e^n epwÊi MTievipH-f. 

tion de Dieu eut lieu sous la meule, on ne pouvait plus la faire tourner'* et les 
frères murmuraient parce qu'ils peinaient et ne pouvaient plus faire tourner (la 
meule). Mais mon père saint apa Schnoudi s'approcha de la meule, il posa sur 
elle son bâton de palmier et dit : «Je te le dis, ô pierre meulière, arrête-toi dé- 
sormais.» Et à l'instant même elle s'arrêta selon la parole de mon père le pro- 
phète, le juste apa Schnoudi, l'homme de Dieu en vérité, dont les œuvres ont 
été aussi puissantes que celles des prophètes d'autrefois et des apôtres : elles sont 
(en elîet) innombrables les actions vertueuses et les merveilles qu'il a faites par 
la grâce de l'Esprit saint qui était en lui en tout temps. 

Il arriva du reste lorsque l'archevêque saint, Cyrille, fut arrivé dans sa ville, 
qu'il envoya chercher mon père apa Schnoudi; il lui demanda : «Combien es-tu 
(resté) de jours placé sur le nuage jusqu'à ce que tu aies atteint ton monastère?» 
— Mon père apa Schnoudi, l'archimandrite, dit : «Pardonne-moi, mon père, je 

I. CoJ. &i2ccpoH. — 2. Cod. oç^i ivA.K.2c.e, ce qui ne peut s'expliquer. — 3. Cod. ncs-TReoc — 4. Le 
texte contient ^'videmment une faute. En effet, si les frères ne pouvaient plus faire tourner la meule, 
on ne conçoit pas que Schnoudi soit obligé de lui commander de s'arrêter. Il y a sans doute en deux 
endroits un verbe d'omis, comme rhu, cesser. Le texte prabe donne une tout autre leçon. Le récit est 
alors tout à fait compréhensible, ce qui ne peut être ici. Ce passage n'a pas dû être compris par l'abré- 
viateur memphitique. J'ai traduit ce que présente le texte. Le mot qui fait difficulté est le mot RoAq. 
La racine rcoA signifie couvolvere, ce qui appliqué à une meule veut bien dire faire tourner. Il y aurait 
cependant une manier*^ de comprendre le texte en expliquant le 001 cp&.TR par : «cesse de produire de 
la farine avec ce grain de blé». Il est, en effet, évident qu'il y avait engorgement sous la meule. 



MONUMENTS, ETC. i3 



(fol. 28 verso) ne2s.e ôw&Êièv inrpiTVTVoc !id.q 2s.e •VTô.p\io mmok numjAuA txjv nii 

OTToeCiio 2s.€ ^ocon ô^iiTô^puoi ds^i^toTy. eniMotievcTupiou MuieoooT eTA.ucô>2£.i mcm 
nenepiiOTT n^KTq eu^en ni2s.oi oirog ei^i2i.eu 'V^hi^i- «^'ep -VcTruev^ic ucm nienuoT 
u^ô^uô^poTT^i Mnie^ooTT eTMMô».Tr. OTog es.qepiy^>npi cô^totc^ u2SLe uiô^p^^ienic- 
Konoe eeoTrd».û: i\TrpiA?V.oc neM ô^ïiè< ÉiiKTcop iiievp;)i^iMôk!\2s.pïTHc oTop iièN.ipit'V 
dvTT'^cooTr Mc^'^ c^H CTipi ttniiyc:j>Hpi MMô^TTdiTq ^en MH eeo-Tô^Êi ivTd>.q uh eTipi 
MueqoTrcouj OTTOg^ epe ^enoT y^n epoq. Meneticcoc es.qi efcoA^iTOTq Mni6.p;)Qi- 
€TiicHOTioc OTTO^ ô.qi eneqMones.cTHpion. 

is.cu}coni 2s.€ on noire^ooTr eqpeMci ti2sLe neniooT evnes. ujeuoTT-^- £6kT£\\ niAô^Ko 
MïieTpiv (fol. 2g recto) neoq mcm nenoc ihc ii;x.^ eTrcd>-2s.i neM MOTrepHOT. totc 
n€2S.e nes.icoT Mnpoc^HTHC nô<q 2SLe nes.oc Giepeuie-yMeiu' €nôvTr gottqsloi eqeppojT 
Mîiô».ïMô^. OTTO^ np.2S.G noc tiô^q 2s.e '^nes.'^ mkô.^ ïi^rt nô.i\ ivu co newccoTn lyeMOT-^ 
oTTop es.qujG edoTV-giTOTq. M€nences. oTTROTrss.! 2!k.e èv rim^v moo mmcoott piTen 
<:^OTrô.pcô<pnï Miiï2s.RMïOTpuoc c^"^ OTTop ô^qepe 1112S.01 ujconi eqeppcoT ^€u ui- 
22.es,n€ MMOOOT eTô.qujcoTiï. OTTop neoq noc eqoi mîicmot Av,nmiu}-\- nneq CTop 

ne suis pas digne d'une telle oeuvre.» Abba Cyrille dit : «je t"adjure pas les prières 
des saints de m'apprendre ce qui t'est arrivé.» — Mon père lui dit avec humi- 
lité : «Puisque tu m'as adjuré, je suis arrivé au monastère le jour que nous avons 
parlé ensemble, toi dans la barque, moi sur le nuage; et au soir de ce même 
jour j'ai fait la cynaxe avec les frères.» Et Cyrille, l'archevêque saint, fut rempli 
d'admiration, ainsi qu'apa Victor l'archimandrite, et ils glorifièrent Dieu qui opère 
seul des prodiges par les saints qui accomplissent sa volonté et se contient en lui. 
Après cela il (Schnoudi) prit congé de l'archevêque et alla vers son monastère. 
Il arriva qu'un jour notre père apa Schnoudi était assis sur un morceau de 
pierre : lui et notre Seigneur Jésus le Christ parlaient l'un avec l'autre. Alors 
mon père le prophète lui dit : «Mon Seigneur, je désire voir une barque naviguer 
en ce lieu.» Et le Seigneur lui dit : «Je ne te chagrinerai pas, ô mon élu Schnoudi». 
et il le quitta. Peu après, l'endroit fut rempli d'eau par le démiurge divin (^qui) 
fit naviguer une barque sur l'eau profonde, et lui, le Seigneur, était sous la lorme 
du principal matelot, et aussi des anges étaient sous la forme des autres mate- 

I. Cod. epcni^iTMiit. 



l6 E. AMÉLINEAU. 



od^H Kees.t'UGTV.oc on eiroi' MncMOT n^es.n Jietieq e>.qepg^coT ujô.req'^o^ ec|)H eeoTrevili 
ô^ncv uiency^ eqopi epevTq equjTVwTV.. otto^ nesLG noc Mnô^icoT ô^tiôw uienoir'^ 2S-€ 
TdkOO mnop nes.u. u^oq 2s.e is.qccooTTen £^dK nTeqss-iss. d.qTdv^€ mnop oiroo 
Mneqiy2i.GM2s.0JW. MMopq. totg es.q'^ MiieqoTroi Gnï7V.ô.np MneTpô. gtô^uji efcoTV. d^qiv- 
Moni MMoq ^en neqTHÛ neM Teqini. (fol. 29 verso) ces^TOTq ô^qoircoTGn' n-^^oir- 
noTT Mc5)pH'^ noTMO-yT^p nô^ppen oT^pcoM oirop es.q'^ nop e^oirn eniconi e^q^.- 
Aïoni MMoq OTTop ô^qoTOTen n2i.€ nitoni gymmô^t ujes. e^oirn enô^i epooTT eo^Mnini^ 
nenep ujô^n 22.cooTr n22.cooTr. 

ô.cujconï on noircHOTr eTreppcofe e-^ujoj'^ €Trujconi mmoc ^en KiMOHô.cTHpion 
epe nicnHOTr^ eppcoiti epoc ne. d< otôvI 2s.e ^en nicnnoTT GTopi epevToir emnooT 
ô>.q!5'o2SLi ôvqTevMe nenicoT ô^nev ujenoiT'^ oirop d».qTconq es.qd.Moni Mneq£id.i evqi 
e^pni essLen' '^u|w^ ô^qccooTTen eÊioTV. Mneq&evi 'li oirop ^en '^oirnoTT ivq'j'enoTrnï 
eCioTV. ô.q'^OTCo enujcoï npevn !iis.i neM pes.n cnev'^ n&eni oTop d^ nipwMi exep- 
pto£i OTTCOM eÉioA^en necnd^pnoc OTop es. '^ujco'^ 7 ujconi nesTniM (fol. 3o recto) 
ujes e^oTn ec^ooir neoooir. 

lots. 11 navigua jusqu'à ce qu'il se fût approché du saint apa Schnoudi qui se tenait 
debout priant. Et le Seigneur dit à mon père apa Schnoudi : «Prends à toi la 
corde»; et lui étendit la main, il prit la corde et ne put pas l'attacher. Alors il 
s'approcha du morceau de pierre qui était près de là,^ il le saisit entre son doigt 
et son pouce : aussitôt il le perfora comnîe de la cire près du feu, il attacha la 
corde à la pierre, il prit celle-ci et cette pierre a été perforée jusquà ce jour en 
un signe éternel jusqu'aux générations des générations. 

Une fois il arriva qu'on travaillait à un puits dans le monastère : on le creusait 
et les frères y travaillaient. L'un de ceux qui étaient occupés au travail courut, 
il avertit notre père apa Schnoudi qui se leva, prit son bâton de palmier, vint 
près du puits, l'étendit, le planta, et à l'instant (le bâton) prit racine, lit pousser 
en haut des branches et des régimes de dattes. Les frères qui travaillaient man- 
gèrent de son fruit et le puits est demeuré immobile jusqu'à ce jour. 

I. Cod. GTOit. — 2. Le Cod. donne plus bas &.qoTOTcu. Il y a certainement une orthographe vi- 
cieuse, car l'une doit être celle de la racine suivie d'un suffixe. Je ne sais laquelle est la bonne. — 
3. Cod. eTTMHini. — 4. Cod. t\icn.\\T. — 5. Cod. eatn orthographe thcbaine. — 6. 11 doit y avoir plu- 
sieurs mots d'omis. Le texte arabe dit : planta son bâton au milieu du rocher. — y. Ce mol avait été 
omis et a été ajouté. — 8. Mot-à-mot : se tenant à l'extérieur. 



MONUMENTS, ETC. 17 



es.ciytoT\ï 2s.e on noire^ooTr epe ncucojTHp ^ejuci \\£m iiô^iot ^vn^. ujenoT-f 
eqcdv2s.i uGMô^q ô^iuiG €^OTr« dation £iucd. ne^Mô^oiiTiic eioTouj eepdN.iiivMTA.M 
epoq. ^GM -^oiTMOir ô. niccoTHp epôwnex^^ojpem' i\d.q exô^iuje 2s.e €;Sotu es.i'Ti 
CMOTT tiTOTq Mnis.icoT MetiGHCooc ôwiujGnq 2S.€ hô^icot GeoTô.fi «iM ne '^0,1 eTc*.2t.i 
neMevR otto^ €Te>.ïi e^o-yti uevqepô>.nis.;)(;^(opeitt - «iNq. ne2s.e TiA.ioiT A\.iipo'^HTHc 

HHI 2SL€ HOC IHC ll[)(^C He eTd.qi\HU-^ ^d».TOT '^^UOTT €q2S.03 €pOI «pdvU MTCTlipiOM. 

nG2s.Hi nes.q 2s.e nevioirtoiy ^00 ne etiô^ir epoq oiro^ nTeqcMOT epoi. Tie2i.e nd>>ioiT 
MHi 2s.e ^ttô^iyncvir epoq d>.ïi 2s.e «eoR otk.ottss.i «ujHpi ueoi\. i\e2s.Hi MA.q 2s.e 
dvwou oirpeqep noÊii neviooT eeoTTô^Êi. ne2s.d<q ïihi 2s.e MMoti e^AA*. »\oou ot- 
KOTrss.! ng^HT. Tie2s.Hi nevq on eipiMi 2sLe hô^ioot '\"'\'go epoR Mèvpe neuudvi Tdvooi 
(fol. 3o verso) «Tev epMTiujew+ nnô^ir epoq ^(o. nesi-ô^q tiôwIcot uhï 2fi.e ôs^uvy^vu- 
c^o^ eis.2s.li "ë^ tipes.c'^ evMoir e^oT» ^nes.22.eAv.T ei^eMci e^pni ne.uevq evtidvT 
Mnepces.2s.ï es.» eiiTHpq. evcujwm 2s.e eneqpôwc^ «viuje rô^tô. iiioTd>>^côv^ni tire 
îiô>.icoT OTO^ es-ïRcoA^ e'^-ôJA.evu RdvTô». '^rôv^c 2s.e eitie^uje e^oTii nxô^.î'i cmott oto^ 

Il arriva un jour que notre Sauveur était assis avec mon père apa Schnoudi 
parlant avec lui : j'entrai moi Visa, son disciple, désirant l'aborder; aussitôt le 
Sauveur se retira. Lorsque je fus entré, je reçus la bénédiction de mon père, 
puis je l'interrogeai disant : «Mon père saint, quel est celui qui parlait avec toi 
et qui s'est retiré lorsque je suis entré?» — Mon père le prophète me dit : «C'est 
le Seigneur Jésus le Christ qui est resté avec moi tout à l'heure me disant des 
choses mystérieuses.» — Je lui dis : «Je désirerais aussi moi le voir afm qu'il 
me bénisse.» — Mon père me dit : «Tu ne le verras pas, car toi, tu est un petit 
garçon.» — Je lui dis : «Je suis un pécheur, mon père saint.» — 11 me dit : «Non, 
mais tu es petit de cœur.» — Je lui dis en pleurant : «Mon père, je t'en prie, 
prends pitié de moi afin que je sois digne de le voir, moi aussi.» — Mon père 
me dit : «Lorsque tu seras arrivé à la sixième heure demain, viens, tu me 
trouveras assis avec lui : prends garde de ne pas parler du tout.» Le lende- 
main il arriva que je vins selon l'ordre de mon père et que je frappai à lare' 

I. Cod. epe.nô.x'^P'"- — 2. Cod. ud.qcpa.«tekXt«>pm- — 3- Cod. i\eTi\qKHn. — 4. Cad. nrj^cp hcmvvja. 

— 5. Encore aujourd'hui on emploie une sorte de marteau en demi -cercle, lequel s'appuie sur un 
étau sur lequel on frappe : il y en avait autrefois en France, et peut-être en trouve-t-on encore dans 
quelques provinces. 



l8 E. AMÉLINEAU. 



evn nnevTT enôc ^en '^•cô.p^. hô^ïcot 2».€ Tie2i.evq nui 2SLe qnô.ecoT muciv^ht hô.- 
ujHDï ÉiHCô. nTeqepeuccoTeM eTcqcMH eTooTVîi.. oto^ Tiô^pex Kô^MTiujèv ô^ictOTeM 
epoq- eqcd.2S-i ncM nevicoT noircoïi otto^ ô^iiyconi eiujen ^-^ot ïiTOTq nnie^ooir 

lyMm neM hô. neouj rcoi ô^Trecooir'^ ene^icoT e^peqiyivniy epcooT. hô^icot 2s.e ô.q- 
'^coiR nwoTT ujô.Te nicoiR i\îin. (fol. 3i recto) OTOp ev nicon gt^h oi2S-en kimô. 
nx*^ ^J^""^ ï ï^^ ncnicoT eviiô». ujeno-s"^ Tie2s.ô^q «ô^q 22-€ nevicoT ev hicmott ujcoîii ^en 
nitùiR eRUô^ep oir nniMHiy CTeoTHT epon neM nicttuoTT. ô.qepoTco nssLe kôvioot 

€q2S.(0 MMOC MHÏ tieM «^H GTCCOp «ttlCOIR 2i.€ MâviyC MCOTen C07V.I MTlCeni nT€ «ICOIR. 

neM nïROir2s.i n?V.ôvU^ goprtOT aihitott ntiiMHiy eepoTOTCoM. d.non 2s.€ ô.niye 
RôwTô. Tieqcô.2S-ï ôwncAoïr ottoo Mnen^^ 2^^ cc^ôwOOTT' otto^ ô<ni ujô^poq è<nTô.Moq 

selon la coutume afin d'entrer pour recevoir la bénédiction, et aussitôt le Seigneur 
se retira. Et moi je pleurai, car j'étais complètement indigne de voir le Seigneur 
en sa chair. Mais mon père me dit : «Il consolera ton cœur, mon fils Visa, en te 
faisant entendre sa douce voix.» Et malgré mon indignité je l'entendis une fois 
parler avec mon père et j'ai rendu grâces (à Dieu) tous les jours de ma vie. 

Il arriva en un temps qu'il y eût une grande famine, et les habitants du nome 
de Schmin avec ceux du nome de Psoi se réunirent vers mon père afin qu'il les 
nourrît, et mon père leur donna du pain tant que les pains durèrent.-^ Et le frère 
qui était préposé à la paneterie vint à mon père apa Schnoudi. il lui dit : «Mon 
père, la bénédiction a été sur les pains, ^ que feras-tu aux multitudes assemblées 
près de nous et aux frères?» — Mon père répondit en (nous) disant, à moi et à 
celui qui les distribuait : «Allez, prenez le reste des pains avec les petits mor- 
ceaux, rendez -les mous,*" donnez -les aux multitudes afin qu'on les mange.» Et 

I. Cod. epiv>vA.x"P"^- — 2. On a ajouté ces deux mots. — 3. On a gratté une ligne : /////thitot 
iiMHui; c'est à peine si on peut lire ces mots. — 4 Ce pluriel s'explique par l'habitude conservée 
encore par les Coptes de faire cuire à la fois une multitude de petits pains, qu'on réchauffe ensuite 
sous la cendre pour les amollir avant de les manger. — 5. C'est-à-dire : elle a cessé parce qu'il n'y a 
plus de pains : c'cs^ le latin fuit. Fiierunt dit Cicéron on annonçant au peuple la mort des conjurés. 
— 6. Comme l'on w: faisait du pain que très rarement, il devenait très dur et on devait le faire trem- 
per dans l'eau pour le manger. 



MONUMENTS, ETC. ig 



epe neqcMOTT lyconi ujô^TeTenoiruiM THpoT. e^uoti 2S.C Muei\o7ro)iy ecpewTcojTeja 
dwATVd^ es^niye c&oTV. otto^ erew ninA.ir lycoui ôvU^oiA 2sl? nuô^oTOin Mujpo «xe ni- 
Mes. «X^ toiK^ es. nicMOT nxe c^'^ ^ô.-^- eÊioA^i2s.ù)u cncev&oTV Mnipo utc niMd^ 
«X.**- ^"^ OTTO^ nôwipH'^ ew niMHuj oTOiM es^TTcei ôwir-^oiOTr m'^-^- «eM nemoix. 

(fol. 3i verso) evc^com on noircoTi ô. nicnHoir^ XP^-^P^-^ eeÊie uiuepMi ctot- 
coTV-ï MMCooir eCioTV.. es. nenicoT eMi oirog^ ïie2s.e)<q uoioir sslc ottou OTHp «'Tpo3U + 
MMô^-TT. iiG2SLC00ir nes.q sslc OTon les. MMes^ir. nessLe îid>.iOL>T «coott 2SLe Mes.uj€ uoiT€t\ 
c^H €T^en eMH'^" htcoott RepMi «ifeen^ eiyô^pe TenenoT efcoTV. ^en nif u-rpoin 
g^iTOTT ef^H ^€«, eMH'^' OTTOg^ nes.^^^ ecÇ)'^ ueM iiinpoceTTX.^^ wre «h e^oires>Êi 2SLe 
qwes^MO^ *.« ujes. ene^. otto^ €Tes.Tripï i\evTd^ iieqces.2SLï neMHi î\€pMï nifeeu eTOT0i7V.i 
MMCOOTT e&o7V.^€n un «(TjpcoTi uîes.iroqoTr'^ epoq oto^ MneqMO^ ujev s^ottu g'^oot 
ne^ooTT. 

nouSj nous allâmes selon ses paroles, nous les prîmes, nous ne laissâmes rien en 
arrière (nous les distribuâmes aux multitudes), nous vînmes à lui et nous l'in- 
formâmes qu'il ne restait plus rien. Et il nous dit : «Priez Dieu, il nous enverra 
sa bénédiction, afin que nous mangions tous.» Et nous, nous ne voulûmes pas 
désobéir; mais nous allâmes et lorsque l'heure fut arrivée, nous nous rendîmes 
pour ouvrir la porte du magasin à pain. La bénédiction de Dieu descendit sur 
nous en dehors de la porte du magasin à pain,^ et ainsi les multitudes mangèrent, 
elles furent rassasiées, elles rendirent gloire à Dieu et à notre père. 

Il arriva une fois que les frères murmurèrent à cause des cendres qu'ils reti- 
raient. Notre père le sut et leur dit : « Combien y a-t-il de fours ici?» — Ils lui répon- 
dirent : «Il y en a onze.» — Mon père leur dit : «Allez (à) celui qui est au milieu, 
toute la cendre qu'il y a, tirez-la des dix fours, jetez-la dans celui qui est au milieu 
et j'ai confiance que par Dieu et les prières des saints il ne se remplira jamais. ^^'^ Et 
lorsqu'ils eurent fait selon sa parole véridique, toute la cendre qu'ils retirèrent des 
dix fours, on la jeta dans ce (four) et il n'a jamais été rempli jusqu'à ce jourd'hui. 

I. Cod. &.pi iipoc£irx^<^-«^€- — 2. Le manuscrit ajoute ne. Ce mot doit être abusif. — 3. Le mss. est 
illisible en cet endroit. Il donne à peu près jw.pHOTr. — 4. Cod. (j-po (sic). — 5. La syllabe ficit avait été 
omise et a été ajoutée. — 6. Cod. uie.qoqoTr. — 7. Ce qui signifie que les pains étaient si abondants 
qu'au moment où la porte s'ouvrit ils tombèrent en dehors du magasin. — 8. Mot-à-mot : J ai conhance 
en Dieu et dans les prières des saints qu'il ne se remplira jamais. 



20 E. AMÉLINEAU. 



d.Tid^ lyenoT'^ oiro^ Tie2s.d.q «ô^q 2S-e tcour nTeuccop eÊioA H'^euRTViiciô. neM '^chtc 
■^■MonH oToo tiT€Ri\coT ttoiTTOiioc ^ett Hô^pes-H n<èM. c^wïv. iie2s.e TievicoT eviies. uje- 
noTT'^- MTiôc (fol. 32 recto) î2s.c nevoc es.jnes.2S-ïMi neton noir^TVi nTiv2SLK0 efeoTV. 
eiuTonoc ottoo nTô^ujucoT' MMoq. Tie24.e mccoTHp nô.q 2s.e tcoïir Mô^uje ïiô^r e^oirn 
eiiïMô. n^coni eT^eti nujevqe c^h eTeRtiev2i.€Mq ^en tiïmcoit mmouji ô<?V.ïTq «ô^k. 
OTTOO MÔ.2S.H0 €&o7V eiiiTOTioc ïi^RTq OTTO^ nèvttTcoc tiTeRMeTi 2s.€ oTTenepi^eidw^ 
MTe nï2s.ïô.£ioAoc Te mmor ivAAd. c|)ôwI ne iiipH'^ eenôvUjcoTiï ujevTGRRCOT n-^eR- 

R7V.RCÏd. RGM '^MORR RÔ^TÔ. nôwClTCOUJ Ô^ROR TIOC 0.100^24.1. TOTe AoiROR ôw^TCORq 

n2i.e nenicoT evquje e^oiTR eniujevqe gtcô^^oitr otto^ nô.qepTipoc€Tr;)(;^eceô.i3 mmô^tt 
MTiïess-Copo TRpq. eTô^qi 2s^€ eqRROTr ^SidX 2} ï^uJ^^^ ng^èvRis-Tooiri evqssLiMi noir- 
Roir22.ï nevcRo.7V.oonR 4 ecnô. OTepTOO nujiR evqcoTTen Teq22.i2s. efeoTV ô.qo?V.c e^qi 



e'^MonR. OTTO^ Menenccoc ô. nenoc irc ï ujô. neniWT eviTMOuji neM noirepROTr 
(fol. 32 verso) evircoop e&oA n'^cen'^ nxe niTonoc otto^ iiô.ipR'^- ô. tiô^kot eevuj 

Dans le temps qu'on n'avait pas bâti l'église, notre Seigneur Jésus le Christ 
apparut à notre père apa Schnoudi. Il lui dit : «Lève-toi, élargis l'église et fonde 
un monastère, bâtis un lieu^ en mon nom et au tien.» — Mon père apa Schnoudi 
dit : «Mon Seigneur, où trouverai-je de quoi à achever le monastère et à le bâtir?» 
— Le Sauveur lui dit : «Lève-toi, marche vers ta demeure qui est dans le désert, 
et, ce que tu trouveras dans le chemin, prends-le, achève le monastère avec, et 
ne pense pas le moins du monde que ce soit une œuvre du diable; mais c'est 
ainsi qu'il arrivera jusqu'à ce que tu aies bâti l'église et le monastère selon ma 
volonté. Je suis le Seigneur, j'ai dit.» — Alors donc notre père se leva, il marcha 
dans l'intérieur du désert et il y pria toute la nuit. Mais lorsqu'il se mit en marche, 
sortant du désert, au matin, il trouva une petite bouteille faisant une palme de 
long, il étendit sa main, il la prit, il alla vers le monastère. Et ensuite notre 
Seigneur Jcsus vint vers mon père, ils marchèrent ensemble, ils élargirent les 
constructions de l'endroit,^ et ainsi mon père désigna les manœuvres, les artisans, 

I. Cod. uTA,ciiva)T. — 2. Cad. oTcuep^Tie.. — 3. Cad. n^oç.ç.^y^ç.c^ç.. — 4. Ce mot m'est inconnu. 
Il désigne sans doute un vase d'argile provenant peut-être d'Ascalon, ainsi que le ferait supposer le 
mot. Le texte arabe donne un mot qui signifie bouteille. — 5. Ici c'est le monastère cl l'église, l'enclos 
tel qu'il existe encore aujourd'hui. — 6. Mot-à-mot : ils augmentèrent les fondements de l'endroit. 



MONUMENTS, ETC. 21 



c\iK oiro^ es.Tr2s.0uc qSio'K ep€ noe '^totott ^eu «ott^ûhotti TiipoT n<pxK po)& itifeew 
CTOirep u^peies.' MMoq. 

evcujconi 2s.€ ou hottchott d>.qï M2s.e OTpcoMi ujô. nenioiT Mupo'^UTHc. '^evi otii 
«e oTrp€MneM2SLe ne epe oiron pu «7VoTruo2i.i uTOTq otoo uô^pe otom kcotô.1 
Mouïï neMô^q coTTujc^Hp «Tdvq ne. oirog netxLe nipwMi Mne-^uj'^Hp 2s.e eioTOiuj 

€'^ OTTROTTSSLI HCMOTT e^OTTn eïlTOnOC «ô«>ndw ajeUOTT'^' UCeTHITOTT lld^UàkllH iis. 

iies.nogeM. ii7V.Hn '^hô^thitott ô».n ujô^ •^ç.mi «lyopn 2s.€ niniiy^ upo)Mi u;s,thi- 
TOTT ttôvUd^nH ujèvn MMon. OTTO^ evc^"^ iittinoTTÊi MTin\econ eeMOuji ucMd».^ ottoo 
es-^epc^opein- uges.» ^ûcoc nevpds. Tieqô.^ï(OMô^ d<(^'\ Mneqoiroi c^otu e-^Monn 
(fol. 33 recto) evqi ^à< hôwICot MTipo?5>HTHc ôn-hô^ ujenoT-^- oto^ ness-*.^ Mevq 

MUes.ipH'^ TldvICOT €eOTd.& '^'^00 epOR ô.pi TIIHô».! iieA\.HJ nTCU-^^ «HI ttOTUOTSLI 

ïieirAoïTid. ujev r «Aottuoss.! «TiwTHïTOTr Mniss^ô^nicTHc* mmoîi ô^qpiTT eÊio7V.;5en 

q ïievHi es.qo'A.ix^ mtot ne. nessLe nôviooT nô».q 22.e «^0.1 evn ne c^mô». hc(o£ii nô^ujHpi 

ô>.pHoir enoTTOouj nen n7V.OTruo2s.i nTeupiToir '^ e2s.en" nipi\ eTô>.ueuoTr eunnoT 

les maçons^ et les charpentiers; ils travaillèrent à l'église et ils l'achevèrent le 
Seigneur les aidant en tous les travaux et en toute chose dont ils avaient besoin. 
Il arriva en un temps qu'un homme vint vers notre père, le prophète; c'était 
un habitant de Pemdgé : il avait avec lui cent vingt pièces d'or, et un autre mar- 
chait avec lui, lequel était son compagnon. Et l'homme dit à son compagnon : 
«Je désire faire une petite aumône dans le monastère d'apa Schnoudi, afin qu'on 
en fasse la charité pour mon salut : cependant je ne donnerai pas les (pièces 
d'or) avant de savoir si le grand homme en fera la charité, ou non.» Et il donna 
l'or à cet autre frère qui l'accompagnait, il revêtit des habits indignes de sa 
condition, il pénétra dans l'intérieur du monastère, il alla jusqu'à mon père le 
prophète apa Schnoudi et lui parla de la sorte : »Mon père saint, je t'en prie, 
fais-moi miséricorde, donne-moi une petite aumône de vingt pièces d'or afin que 
je les donne à un créancier de peur qu'il ne me jette hors de ma maison et qu il 
ne m'emmène.» — Mon père lui dit : «Ce n'est pas ici le lieu pour plaisanter, 
mon fils; peut-être désires-tu vingt autres pièces d'or pour les ajouter aLi.\ cent 

I. Cod. nxpi*^' — 2. Cod. «.qcpc5>opm. — 3. Cod. tcruhi. — 4. Cad. .\mii!x.i\uitiic. — 5. Cod. 
TCR^iTOTT. — 6. Cod. eacn. — 7. Le mot Acjroc m'est inconnu : je traduis nuçons par approxiraaiion. 



22 E. AMELINEAU. 



ei\OTcouj eeôvAvie oTHn". tot€ es.qMoir'^ eoircoM MMones.^oc n2s.€ tiô^icot iie2$.d.q 
€^pHï eqccoR MTiïqcoi nxe Teqevc^e oiro^ ep€ oiroti oTTReAtoTy. mmcoott «TOTq 

d^2S.OC t\ô<q 2i.e IIG2S.€ K€î\UJC^Hp 2S.€ RÔ^Tô. nipH'^ €Tô^I2i.OC HÔ^R 2S-e ^GMCI iievK. 

MHôwiMes. ujôw '^epa^oRiMôN.^eiïi- Mniniiy^ npcoMi 2SLe qnô>.THiTOT MMeenevHT ujevii 
MMon '^noir 22.€ Tconu ô^mot. otto^ ctô». nicon MMonèv^oc uje nd».q (fol. 33 verso) 
eÊioA eTi\oï Mc^pR'\" eTôw nds.ïcoT OTTô^^cô^^ni ïiô.q ô.q2SLiMi MnipcoMi es.qcô>.2s.ï tieMes.q 
ï\&>Tôw nices.2S-ï ÇTis. îiô«.icoT 2s.0T0ir Res.q. nipcoMi 2!s^e CTes^qi ujes. nes^icoT nô^qo^^i epevTq 
€q€pia<^Hpi eMeviyco.^ TOTe es.qcx)Uî eÊioTV. eq2i.(o mmoc 2s.e ^en ottmg^^mhi evi€Mi 
Mc^ooTT î2s.e oiron iipoc^HTHc ujooTi ^en Tes.iMonH RivTev mpH'^ eTôiinivTr ^en 
MdvûôJA.. OTOg^ Mewenccoc evq'^ nninoTTÊ^ A\.Kô>.itoT Mnpoc^HTRc evKev ujenoir'^ otto^ 
ô^ttuj'XrTV. es.iruîG nwoir mrêi e£io7V.^iTOTq ^€n OTT^^eipRWR^ eir'^cooir mc^*"^ "^-"^ ""^ 
eecTTôwÊi RTô.q.5 

es.cuj(jL>ni 2!^e noireg^ooir ô^ oirpcoMi i ec5)ev '^^oopô^ mSioK ne c^ô.i oirn e^qi ujev ne- 
nicoT ne^q^en oit'^mi 2fi.e ROMenTioc otto^ ô^qccoTGM e^&e niujc^Rpi nxe nenicoT 

vingt que tu as apportées en venant, voulant faire une somme ronde.» Alors mon 
père appela un frère moine, il lui dit : «Va dans tel chemin dans la campagne, 
tu trouveras un homme assis, peignant les cheveux de sa tête, et une cruche 
d'eau dans la main. Dis lui : «Ton compagnon a dit selon qu'il t'avait parlé, 
assieds-toi en ce lieu afin que j'éprouve le grand homme (pour savoir) s'il en 
fera charité, ou non; maintenant donc lève -toi, viens.» Et lorsque le frère 
moine eut marché dans la campagne comme mon père (le) lui avait ordonné, 
il trouva l'homme, il lui parla selon les paroles que mon père lui avait dites. 
Et quand l'homme fut arrivé devant mon père, il resta étonné grandement; 
alors il s'écria disant ; «En vérité je sais aujourd'hui qu'il y a un prophète dans 
ce monastère, ainsi que je l'ai vu de mes yeux»; et ensuite, il donna l'or à mon 
père le prophète apa Schnoudi, puis ils prièrent, ils s'en allèrent tous deux loin 
de lui en paix, rendant gloire à Dieu et ses saints. 

Un jour il arriva qu'un homme vint (au monastère) : il était d'un pays étranger, 
il vint vers notre père et il habitait un village nommé Komentios.'' 11 entendit 

I. Cod. OTTHnfe^ — 2. Cad. '^epa^.ORiJw.iv.^in. — 3. Cod. AVM^.lyca. — 4. Cod. OTO^ipHiiH. — 5. On 
s'attendrait à trouver ici ^h e^oTAÛ: cependant la leçon n'est pas mauvaise. — 6. Ce nom de Komentios 
n'est pas égyptien : il a une physionomie grecque. Champoi.mon l'avait parfaitement vu. 



MONUMENTS, ETC. 23 



€q2s.(o MMOC MTiei^ipH'^ 2i.e ô^iuô^cMOTT cpoK «Ô.UÏ w'pw^ (fol. 34 recto; cewuipj 
uoTTUiiy^- iinoûï eqoopuj CMô^ujoi, ô^qepoTTO) M2s.e iiipwMi ne^s^ô.-^ miiô^ioit eviiev 
ujeuoT'^ 2SLe '^ccooirn evn iioirtto&ï eô.id<iq evuou rô<p ô^uou OT^picTi^vuoc^ otoo 
€i«è^^'^ €c^'^ nT€ T<^e ïC2SLen Tô<MeTKOTr2£.i. ne2i.e ndvicoT Mô>.q 2s.€ euipi m'^mcti 

doAoc n2i.ev2SLi €pgd<7V. mmou èvUTOonn ô^ucoTV.! nT€iicHqi ôk-ui eÉioTV. ô<u24.imi motcoimi 
es.ï\c^co.i nTecii€2SLi ^eM TeucHqi. es.qepoTrco n2s.e nipcoMi Tie2s.ô.'4 2s.g ;îg« OTrAveeA*.H 
nevicoT €eoTres.£i otmhi ne nô.icis.2$.ï i€ mmom ^co e&oA ujon «oirpcoMi npeqepuofci 
es.qujivuepMeTd.noeitt. ^ es.qepoTrto M2s.e nô».icoT Mîipo<^HTHC ne2$.ô<q «es.q 2s.€ ce OTon 
A\.eTe>^noies. ujon eujcoii es-uiyes^nep^-ynoMenein - e'^cÊco ed^i e-^-tiô^THic U6.iv '\>-\ \\à<- 
^to nevi\ eCioTV. (fol. 84 verso) eeûe 2sl€ c^'^ ottcùuî ':|)MOTr ô.n MnipeqepuoÊii A<'\>pH'\- 
y MTei^Tôwceoq efeoTV. ^en MeqMtoiT ex^icooTr «Teqipi Mnïd.uô.eon oto^ nTeqoiu.^. ^en 

'^OTrnoTT oirn eTdvqccoTeM end<icev2s.ï n22.e nipcoMi MTOTq MneniwT is.quïton mui^coi 
ttTe Teqes.c5>e otto^ es.qepc5)opein ' MTiic;)(;^HMds. eeoTrevû es.qiycoT\i MAv.onôv;>(;^oc eqccTn 

parler des merveilles de notre père le juste apa Schnoudi, et il vint pour recevoir 
sa bénédiction. Mon père lui répondit en disant : «Comment te hénirai-je, toi 
qui as fait un grand péché, très grave?» L'homme lui répondit, il dit à mon père 
apa Schnoudi : «Je ne sais pas le péché que j'ai fait, car moi je suis un chrétien 
et je crois dans le Dieu du ciel depuis mon enfance.» — Mon père lui dit : «Tu 
ne te rappelles pas le jour où tu as mangé, bu, où tu t'es couché dans ta maison, 
et pendant que tu dormais, le diable, l'ennemi, t'a séduit, tu t'es levé, tu as pris ton 
glaive, tu es sorti, tu as trouvé une femme, tu lui as coupé le ventre avec ton 
glaive?» L'homme répondit, il dit : «En vérité, mon père saint, ce discours est 
vrai. Est-ce qu'il n'y a point de pardon pour un homme pécheur, s'il se repent?> 
Mon père le prophète répondit, il lui dit : «Oui, il y a repentir; si tu supportes 
l'enseignement que je vais te donner. Dieu te pardonnera; car Dieu ne désire 
pas (tant) la mort du pécheur que (de le voir) se convertir du chemin mauvais, 
faire le bien et vivre.» Aussitôt donc que l'homme entendit ces paroles de notre 
père, il coupa les cheveux de sa tête et il porta le saint habit : il fut un moine 

I. Cod. Q^u-Reoc. — 2. Cod. OTXP"CTi«<noc. — 3. Cod. ^jteKipi. — 4- ^''''- .\'\\u^«fp-^f '^^'V'^»»- 
— 5. Cod. A.RUjen.HcpçTnoMeniit. — 6. Cod. j^qcp^opiu. 



24 



E. AMELINEAU. 



oooTT eTô^qepMOHes.;)(^oc d.qMO^ noiri\eAto\ mmcoott otto^ ev hôvicot Moiyi neMevq^ 
lyôv Tiiujevqe eTCd^-^oirn eqoTHOTT «'^moïih mh7 MMi^Vion^ otto^ evq;)(^is.q ^en OTÊiufe 
eqcev^OTTïi ^en OTTiveTpis. eqoi ncnHAevion + n^Mô^iH nTequjiH eqKW^. mpo 2».e 
MTe iiiciiH7V.evion5 eqoTTHn cevïiiycoi MMoq M<^pH'^ noiriyoïraiT. kô^icot 2s.€ ô>.nev 
ujenoTT'^ ne ujô^quje ujô^poq rô^tô». ^e&2s.0MdwC oTro^nTeqsjsLeM nequjini (fol. 35 
recto) nTeq'^cMOTT nôvq MncevÊiàes.TOïi ncM '^RTrpiô^.RH oiro^ UTeqeTV. OTrROTrssLi 
ïiueTVcoTV mmcoott nevq neM o-yRO-yss.! ncoiR nTXpeiev*^ n'^-gefcSi.OMô.c. exev ou*- 
poMni î2s.e lycoTii ic2s.en eTes.qepMones.;x;^oc ev neviooT MTipo<^HTHc uje e^oTii ujô».- 
poq oirop iie22.ô.q uevq 2i.e eTô^ ott^ ujwiii mmor Mes.Td.Moi. es.qepoTrco n2i.e 
pcoMï €q2i.(0 MMOC «ô^q 2SLe ô^cujcoTii MMOi Mnie2$.copp eTdvqcïni M<^Hd.ir mtii- 
OTTCoini tiôwinôw-y epoï CTes. kôwCCOmô.. c^epTep epoi «kô^rcoc ^oïicoc nTd.2SLOc 22.e 
dv-yini e&oA nnô^MOiTT THpoT ^en tiô^ccomô. oirop neviujeepewp ne eiMeiri 22.e 
emôwMOTT tix^^^-^- OTï'o^ Menenccoc ic oTrei2s.oc ^ e^qi e&oTV. ^en îiôwCcoaiô. eqx°"<^ 
eMô^iyco Mc5>pH'^ noTTiô^Cii npeqMcooirT oirog d.quj€ €.îpHi eq>Êicouj n-^neTpô. eqoi 

d'élite jusqu'au jour où il acheva de combattre bellement. Le troisième jour quïl 
fut moine, il remplit une cruche d'eau et mon père marcha avec lui jusque dans 
le désert intérieur à une distance de treize milles du monastère, et il le plaça à 
l'intérieur du rocher dans une caverne qui était de la grandeur de sa taille et 
ronde. La porte de la caverne s'ouvrait en haut à la manière d'une fenêtre. Mon 
père apa Schnoudi avait l'habitude d'aller à lui chaque semaine pour le visiter 
et le bénir, le samedi et le dimanche, et pour lui porter une cruche d'eau et un 
peu de pain, le nécessaire pour la semaine. Lorsqu'il y eut un an qu'il était 
moine, mon père le prophète alla vers lui et lui dit : «Que t'est-il arrivé? dis-le 
moi.» L'homme répondit en lui disant: «Il m'est arrivé la nuit, lorsque l'heure 
de la lumière était passée, (que) je me suis vu le corps tremblant d'une mauvaise 
manière de so«"te que je me suis dit : Toutes mes jointures sont sorties de mon 
corps; et j'étais troublé pensant que j'allais mourir bientôt; et ensuite voilà que 
quelque chose sortit de mon corps, puant grandement comme le pus des morts, 

I. Cod. eqepai^tûiiigccô^e. — 2. UM.A.q. — 3. Coi. mmtAAioi\. — 4. Cod. ncnTA.con. — 5. Cod. 
i\iCTiiA.eon. — 6. Cod. jiT^cpiA. — 7. Tournure peu ordinaire : ot est un interrogatif indéfini em- 
ployé ici comme un nom ordinaire. — 8. Cod. OTia^oc. 



MONUMENTS. ETC. 2 3 



M'^pu-^- «oireAooju »tTe ottuô^iuvoc otto^ à,-\^oi\ e&c\ ô^-^uje \\iK\. f<\\o:\ 2^€ «^lujo)- 
ni eicopcM e&oA lyd. nmexir eTd.iiMOir'^ uni e;îoTii (toi. 35 verscj; .\-\^poTo> iiît* 
Timpoc^HTHc ceoTôwÊ ivHd. ujetiOTT-^ TiesLô^q ue^q 2SLe 2£.eja uom-V ai\>oot ev uiOT^teki 
Tô^^OR OTTO^ d. uoc ^^co ïiô^ii e&o'A. MTieiuvoiîi. Aveiveticoic ev hô^iot evAioiti mmo'\ 

çeoTTôife es.!-^ MnevOTTOi enô^icoT n€2s.Hi ues.q 2s.e mh '^ô^ï e^\i ne nipcM "V'yoïpev 
^xilO^. exivqj ^ô^poii muichott. ness-es-q mhi 2S-e ô<^ô<. nessLHi \\à<'j\ 2fi.e otoo ev-^en- 
€^totv unôwïeoooTT Tupoir ne. d«.qepo-!ro:) «2i.e nevioiT 2s.e eTes. oToupion €-^oo)ot 
'l" tiAhuh^ MMoq ô^ioAq ujôv hichihi ev^epeepô^neireiH^ MMoq' otoo a. niOT2s.dvi 
Tôi^oq. OTTO^ Mis.q'Y^^O''^ Mr5>-^ ne n22.e nicon nneqeoooT xnpoT ne. 

ôwcuiconi 2s.e on Hoire^ooTr ew oirpcoMi i ^ô^poq ec^6> •f&ô^ni ujaviu ne eoTuiuj-V 
Mnpd.UMd.TeirTHc Tie eqoi npô^A\.ô».o eMô^ujw. T^oinon is. o*.n coni ucoTVn .une-^m 
Tie (fol. 36 recto) j^non-yià^ g^i nd.q oiro^ ^à.\ ô^qi ^ô^ nd^icoT eqcouj e&oA e^cs-co 
MMOc 2sLe nivoc nicoT ô^pifeoneein^ epoi 2s.e evTOjcoq Mn^^ni AvnoT;>(;^e< oAi \\\\\ 

et cela s'en alla sur la nudité de la pierre, comme la combustion d'une fumée, 
cela s'envola et disparut. Et moi j'ai été perdu d'esprit" jusqu'à l'heure où tu 
m'as appelé à l'intérieur.» — Le prophète saint apa Schnoudi répondit, il lui dit : 
«Prends confiance, aujourd'hui tu es sauvé ^ et le Seigneur t'a pardonné tes pé- 
chés.» Ensuite mon père le prit, il l'emmena au monastère près des frères. Et 
moi Visa, le disciple du vieillard saint, je m'approchai de mon père, je lui dis : 
«Celui-ci n'est-il pas l'homme de pays étranger qui jadis est venu vers nous?» 
Il me dit : «Oui.» Je lui dis : «Où était-il pendant tous ces jours?» Mon pcre 
répondit : «Comme une bête mauvaise l'avait blessé, je l'ai mené au médecin 
qui l'a soigné, et il est sauvé. »'^ Et le frère rendit gloire à Dieu tous les jours de 
sa (vie). 

11 arriva un jour qu'un homme vint à lui : c'était un habitant de la ville de 
Schmin, grand commerçant, fort riche, mais des voleurs avaient pillé sa maison 
et ne lui avaient rien laissé. Et cet homme vint vers mon père, s'écriant et disant : 
«Seigneur mon père, secours-moi, car on a saccagé ma maison, on ne m a rien 

I. Cod. niA\.e.«iTHC. — 2. Cod. ï\\tkmx. — 3. Cod. cvqcpi»epi\neTm (sic). — 4. Cod. .«*,oq (sic). — 
5. Cod. e.piÊoH-&in. — 6. Mot-à-mot : et moi j'ai été errant. — 7. Mot ii-mot : aujourd'hui le salut 

ta élevé. — 8. Mot-à-mot : et le salut l'a pris. 



25 E. AMÉLINEAU. 



e^HT e-V^iô^ui cioiOTTT OTO^ x"**^^*-*^^* "^ «ptoMi eT^CMCi e^pHi ci^ÊioTy. Avq)po 
u+mrTVH «Te "V^^*^*- ^P^ T110T0.1 mmwott ccoï\ Mniqcoï «Te Teqd.q)e e^2SL0c «i^q 
22.e ne2S-e ujeuoTr-V 2s.e ôvMOT lyô^poi uTô.cd^2s.i neMivR ee£ie OTO0i& ottoo quevce^2s.i 
neMô.u i\^€ nipojAu. otto^ ô.q^i cmott U2s.e Tiinpevi^Mô.TeTrTHc e^qi e&oA f^qMoojï 
e^HT e-^Êiô^Ki ciwoTT OTOO e>.q2s.iA\.i nnipwMi eiroeA\.cï e^pHi cevÊioA n'^-mrTV.K nxe 
-^Cidvui uôwTô. ^pH-^ eTô. T10.10JT 2S.0C nô.q epe niOTi^i mmcoott ccor MHïqcoi nTe 
Teqô^^c. oTTOp ne2s.ô.q iiô.q U2S.€ iiipcoMï Miipô^UMô^TeiTTRc 2S.€ niiyc5)Hp (fol. 36 
verso) iie2i.e mpcoMi «tc •^'^ es-uev ujenoT'^ 24.e evMOir oô^poi tiTôwCèvSSLï neMèvi\ 
oTTOp uTô.TèvMOu eTiô.ïO03i!i. ness-C nipcoMi nô.q 2s.€ otiTcoc ic otmhu} ' neocoir -^epeni- 
eiTMcni- enèvT eneeoTôwÊi eTeMMè^ir ottoo «Tô^^ri cmott €Êio7V.oiTOTq. totg ô^TTcoonoT 
MwK pi OTcon ô.irMOiyï ueM noTepHoir^ ô^tti pô. ^h eeo7rô.& è^tiô. lyenoTr'^- ô.t- 
(fi CMOT e£io7VpiTOTq OTOp evqcd<2s.i neMcooir 2s.g peAv.ci nwTen tt07ruoTr2s.i iiTe- 
TenMTOH MMtoTGtt. Menettccoc ô. nôwicoT cè^22-ï n€M nipcoMi €Tô.qoTrcopTi nctoq «^0.1 
eTevqi\co?V.Ti MHHï Mninpevc^MevTeTTHC eqssLOj mmoc môvC^ 2i.e Tiô.uïHpi .vieviye nevi\ "^ 

laissé du tout.» Mon père apa Schnoudi répondit, il lui dit : «Lève -toi, va vers 
la ville de Siout et tu trouveras trois hommes assis en dehors de la porte de la 
ville,*^ l'un d'entre eux rassemblant les cheveux de sa tête. Dis lui : Apa Schnoudi 
a dit : Viens vers moi afin que je te parle de quelque chose : et Thomme te par- 
lera.» Et le négociant reçut sa bénédiction, il sortit, il se rendit à la ville de Siout 
et il trouva les hommes assis en dehors de la porte de la ville, ainsi que le lui 
avait dit mon père : l'un d'eux rassemblait les cheveux de sa tête. Et l'homme 
négociant lui dit : «Compagnon, l'homme de Dieu apa Schnoudi a dit : Viens vers 
moi afin que je te parle et que je t'apprenne cette chose.» L'homme lui dit : 
«Vraiment voici longtemps-^ que je désire voir ce saint-là et recevoir sa béné- 
diction.» Alors ils se levèrent tous les deux ensemble, il marchèrent l'un avec 
l'autre, ils allèrent devant le saint apa Schnoudi, ils reçurent sa bénédiction et il 
leur dit : «Asseyez -vous un peu, reposez -vous.» Ensuite mon père -parla avec 
l'homme qu'il avait envoyé chercher, celui qui avait pillé la maison du marchand, 
lui disant : «Mon fils, va, rends les biens de cet homme, lesquels vous avez 

I. Cod. OTM.Hiui)C, orthographe sahidique. — 2. CoJ. 'Vcpcni^TMiu. — "3,. Cod. no-repuT. — 
4. Mot-à-mot : en dehors de l'ouverture de la porte. — 5. Mot-à-mot : voici une multitude de jours. 



MONUMENTS, ETC. 27 



OTOU u^HTOTT. HCSS-C nipoiMi tvd^q ^eji OTT^o-^ace nô>.ioiT eeoTevfc iv\\o\; mm;vt^.t A.n 
ne eTô.io'A.OTr.' Tie2fi.e nd^ioiT ues^q (fol. Sy recto) 2s.e -^eAv. po) Tl^^.uJ^lp\. nç^tç uidomi 
Mne«.icoT 2i.e ic2i.e quev2S-e nic*w2i.i d^ti !\^Ai ïvpoiMi eiiTHp-^ le "Vud^oA-^ uTev-V 
wneqcjieTTOc ttivq €iroTro24. Mnoirpn-^- TupoT. totç tiôwIot mot-^- enipto.ui Avnpevr- 
Md^TCTTHc ôwqepcqtopu Mdvq 2st.e -^tiôvoiretv^ ixi^oÊi eÉioA d.« lyô. nepooT MuevAiOT. 
OTOO uô^ipH-f ôvqoAc^ d^q'^- nevq niieqcueiroc TwpoT MnoTrpH-V uè^Tô. lupji-V CTivq 
epiieAcTem- n2s.e neuicoT ô.ti*w ujeHOTr-^ otto^ ô. ninpd.rMes.TeTTUc '\\\à^'\ motuot 
2LI MAiepoc ^en neqciveiroc e^q^ô^q eCioTV.. 

AA.ettenccoc on ô^qTivc^oq ujèv neuicoT AV.Tipoc^HTHC U2s-e Tiiupè^uMd^TeTTJic otco 
es.q^'i CMOTT e&oTVoiTOTq. ticsslç hô^uot d^nev ujenoT-^ ue^q 22.e ndvujupi ic ovinne 
^OTTOiuj eoco'\ e'^noAic pevuo-^ è<pi '^ôvUôs.tih eviiujd.ttuje e^oiru niuiopu ueios^oc^ 
eiinds.epô.Tiô^nTô<n epoq (fol. 3j verso) ei5"^ MMoq efeoTV. ojonq uTeTeueuq «hi otoo 
c5)H eTeivnè^THiq ^es.poq '^nô.THiq ïiô^k ivKiyô.tiTevceou uîe«.poi ^eu '^otwuj av^-^ 

pris par vol, et moi je ferai qu'il t'en donne une partie.» L'homme lui dit avec 
crainte : «Mon père saint, ce n'est pas moi seul qui les ai pris.» Mon père lui 
dit : «Je le sais aussi, mon fils.» L'homme dit à mon père : «S'il ne doit le dire 
à personne des hommes, je l'emmènerai pour lui rendre ses biens en entier tels 
qu'ils étaient.^» Alors mon père appela l'homme négociant, il lui fit faire (ce) 
serment : «Je ne dévoilerai pas la chose, jusqu'au jour de ma mort;» et ainsi 
(l'autre) l'emmena et lui rendit tous ses biens tels qu'ils étaient, comme l'avait 
ordonné notre père apa Schnoudi, et le négociant lui donna une petite partie de 
ses biens et il le congédia. 

Ensuite le négociant revint vers mon père et reçut sa bénédiction. Mon père 
apa Schnoudi lui dit : «Mon fils, voici que tu désires aller à la ville de Rakoti, 
fais-moi l'amitié, lorsque tu seras arrivé, de m'acheter la première chose que tu 
rencontreras et que l'on vendra; apporte-la moi, et ce que tu auras donné poi.r 
elle, je te le rendrai lorsque tu seras revenu vers moi, selon la volonté de Dieu.» 



I. Cod. MAV&.T5-&.T neTft.ioA.OTr. Le passage est corrompu : je l'ai rétabli d'après un passage sembbble 
qui se trouve plus loin. — 2. Cod. eTA.qepKeA.CTrin. — 3. Cod. nia.oc. — 4. .Mot-à-mol : entiers 
selon leur- manière. 



2 8 E. AMÉLINEAU. 



euujoii ;ieu ni2s.oi e».q2s.iMi iiOTrpo3A\.i epe OTon 0TrTpe<.Tie3ev ii^i cmoit UTOTq eoT- 
od.T Te eô.ï è.qo?V.q ii^io-yi «2s.e nipcoMi enô.c nxoTq e£io'\^ett otti nniMOiiK uTe 

l\eUIO)T Ô^Hô. UjeHOT-^ TIiptOMI CTCnOOT. OTTOO CTÔ. TlITipô.l7MôvTeTTHC iià^lS' G-^Tpev- 

i\e7d. ue2s.ô.q «;ipHJ u^HTq 2S.€ d.iiyôwnuîwn nTô.iTpô.ii€^ôc ug^ô^T utô^oAc mïiiuiuj-^- 
upoiAvi JiTG rp^ njiyini nèK'^ç^dK'r à<n utôw^oTV. oTVi uTOTq 2i.G ô.qndwi «hi ôvqTevMoi 
euèvcueToc otoo e^q^poTTHiTOT nm. '^tiô.iyonc ô.» utô^tô^ko (fol. 38 recto) Mnô.- 
e».A7V.OTpiotv ^en nè<22.i2S-. otto^ €Td.quje e^OTtt e'^noTV.ic pes-RC^ evqepô^iievUTèvn 
cnipoiMi ou epe '^Tpô.ne-^ev nTOTq otoo MTiequîoiic. Meneïicô. ueeoooir & ô.qepev- 
iievUTô^u enipooMi on eqTcooTrn' n-^Tpô^Tie-^èv MiieMeo eCioTV. noiron »i£ien ottoo 
MTieqiyoïic d.ti. eTô^q-^ 2s.e tiTeqnpeveMô^Teidv ^ eÊioTV. n2s.€ TiipcoMi A\.TipèvUA\.es.TeTTHC 
ôwqi eCioTV e2s.eA\. c^iivpo 2s.e €qnôvd.7VHi ertiaLOi es. niptoMi i on ne.w. '^Tpd.ne-jô^ 
OTTOO Mnequjonc d.n. otô^î 2s.e nnineq eT^i tii2S-oi epe iiiîipd.uMô.TeTrTHc tô^Ahott 
epoq d*.qujOTic eô.q'^ 2s. n7VoTrï\02s.i ^è^poc. neoq 2^e nd.q2s.c0 mmoc 2i.e '^nes.oTV.c 

Mais l'homme négociant', lorsqu'il eut atteint Chereu, se rendit à Alexandrie. 
Aussitôt qu'il fut monté de la barque,^ il trouva un homme ayant dans sa main 
une table pour recevoir la bénédiction : elle était en argent et l'homme qui la tenait 
l'avait volée à un monastère d'apa Schnoudi, l'homme fidèle. Et lorsque le négo- 
ciant vit la table, il se dit en lui-même : «Si j'achète cette table d'argent pour la 
porter au grand homme de Dieu, la honte ne me laissera pas prendre quelque 
chose de lui, car il a eu pitié de moi, il m'a enseigné (où étaient) mes biens, il me 
les a fait rendre. Je ne l'achèterai pas afin de perdre ma dette dans mes mains». '^ 
Et lorsqu'il entra dans la ville de Rakoti, il rencontra l'homme qui avait la table 
d'argent et ne l'acheta pas. Et deux jours après il rencontra l'homme qui por- 
tait la table en présence de chacun et il ne l'acheta pas. Or lorsque l'homme 
négociant eut vendu sa marchandise, il alla sur le fleuve afin de monter sur la 
barque; 1 nomme avec la table alla de nouveau, et il ne l'acheta pas : mais un 
des matelots qui étaient sur la barque où il était monté, l'acheta et donna quatre 
pièces d'or pour elle. Et lui, il dit : <.Je la porterai au monastère d'apa Schnoudi, 

I. Cod. cqTtooTivoT u-\-Tpevnc5d.. — 2. Cod. tiTcqnpek.x:«j«.*.Ti&.. — 3. C'est-à-dire qu'il fut descendu 
à terre : les Egyptiens disaient aussi bien «monter à terre» que «descendre à terre». — 4. C'est-à- 
dirc : je ne dépenserai pas mon argent pour acheter quelque chose qui ne m'appartiendrait pas. 



MONUMENTS, ETC. 29 



«•^Tpevne^d. es.qeuc eniMouô^cTupio» otto^ ô^'^thic mi\^vio)t e-^îS-O) mmov 2te 
X0'3^ti>iy TeviTpô^ne^ô. u^i cmott uTeuiyouc uô^ioiT (fol. 38 versoj ne2s.€ ii&io>t \\i^'\ 
2i.e ce d.A7V.ô. .vvèvTdvMoi 2i.e ô.w^- oTnp ujô^poe iiô^iyupi. iie2s.e uiue-^ 2SLf ^m-^ lï 
n'A.OTrïvo2S-i ^èvpoe tiô^icot. Tie2s.G tiô^kot ô^tï*. ujetiOTT-^ \\d<-\ 2s.e xc^n n^vujHpi ;>vu^.t 
AvuepssLe Mee^noiraL ev« èvAAev 2s. tiAoTni02i.i tve CTèvUTHiTOT .ii<.poe.' ue2s.ew-4 ui- 
iveq «evq 22.e evg^ô^ uè^i onTcoc ne eTèviTuiTOir- ^èvpoe Titc ïiô^k o) iiô^iot eooTivù. 
ne2$.€ TiôwicoT ivevq 2!i.e (Ti e «7V.otjio2s.i neviv ^ô<poc nô^ujupi. u<&0'4 2^e ness-d^-^ ua.-^ 
24.e '^uèv^'j o\i ^ô^poc d<n ïiô^icot è^pi nô^Meiri ^eu «eKujAHA eeoTô^Êi Tie>.ioiT. otoo 
iiès.ipK'^^ evq^i CAVOT evqi e£io7V.oiTOTq mhô^icot dvquje iiô^q ene'^ni eq^^-oiOT av.'\>-V. 

n24.C0ïl Ss^e HOTTÔwÊlOT MeOOOTT ôv ïlïnpèvUMd.TeTrTHC eTMMÔvir '^H €76. nA.IO)T •\ \\d<-\ 

nneqciieTOc eTevTiio'A.TioTr ô.qï eniAvonèvCTHpioH c^k eTMAvevir TieTdv-42s.oc «èv-4 2s.e 
ïiiiyopn nei;x.oc3 ei\ïiô<epôwnèsïiTô.n epoq eir'^ mmoc^ eÊioA ujonq ottoo ô^uit^ nui 
eTeMTieqa}onc ^ exe eô».ï Te "^Tpd^ne'^d^ eTes. nineq ujonc Mnô^icoT. (fol. 3g rectoj otoo 

l'homme de Dieu.» Et lorsqu'ils furent arrivés à leur ville, le matelot prit la table, 
il la porta au monastère et la donna à mon père en disant : «Veux- tu acheter 
cette table de bénédiction, mon père?» Mon père lui dit : «Oui, mais apprends- 
moi combien tu as donné pour elle, mon fils.» Le matelot dit : «J'ai donné pour 
elle huit pièces d'or, mon père.» Mon père lui dit : «Point du tout; allons, ne 
dis pas de mensonge; mais tu as donné pour elle quatre pièces d"or.» Le matelot 
dit : «Oui, en vérité, c'est ce que j'ai donné pour elle : prends-la pour toi, ô mon 
père saint.» Mon père lui dit : «Prends cinq pièces d'or pour elle, mon fils.» Mais 
lui, il lui dit : «Je ne prendrai rien pour elle, mon père : fais soi;\-enir de moi 
dans tes prières saintes, ô mon père.» Et ainsi il reçut sa bénédiction; il s'en alla 
loin de mon père, il marcha vers sa maison, rendant gloire à Dieu. Au bout d'un 
mois de jours, ce négociant auquel mon père avait rendu ses biens qu on avait 
volés, vint au monastère : (c'était) celui-là même auquel (mon) père avait d-t : 
«La première chose que tu rencontreras lorsqu'on la vendra, achète-la et apporte- 
la-moi,» et il ne lavait point achetée, (je veux dirc^ la table que le matelot avait 

I. Cod. nepoc. J'ai reconstruit la phrase d'après le contexte, car elle est fautive. — 2. CoJ. ncT*.i- 
THiTou". — 3. Cod. «iDk.oc. — 4. Cod. eTeMHncqojonc. 



3o 



E. AMÉLINEAU. 



I 



-^-CMi Ô.U 2s.e eTôvcpei ^en ô^uj «mwit. irnieq 2^€ eT^qiywn ïi'^Tpô.Tie^^ neoq ne 
eTô.'-^îs.iAu u-^TOiic «uoT£i eTôvcpei ecipi uj uAoTri\02s.i iiiTip^i:'Mô.Te7rTHc 2^e 
ud.qeMi Ô.U ne e.TV'Xev uevqTO^Êip MHdvio^T ^en Oi^n epMOiOTi 2s.e Mi^pe iieKn,M 
Tôw^oi. ne2s-e Tiô^ioiT ô^nôv ajeuoT-^- uô.^ 22.e nietoiy ne q>i^i eepeqiytoTii epe eMe- 
Tpè<Mô.o Mnô^niocAioc '4)0.1 - TeneconT ottc^imi MTiopuH mc^oott c^en TieivHi pdvc-\- 
owq TOTc CMOUT !veM i\eoTd.i. -^tioT 2S-e TieviuHpi ^H €Tepe noc otto^uj e-^- ninoT^i 
€TdwTrTd.uo tvôvq ô.qTHiTOTr OTTop x"^2s.eMOTr evu 2S.€ ujô. enco otoo nevipH-^- ivq- 
iy€ Hd.q »2$-e nipcoMi MTipô.UMôvTeTTHC ^en oireMUi^g m^ht neM oTmiiy^ niyini. 
è.nô.^ èvTiAwc OÔ.U Hiuï-I- MMHiHï «CM ^e^ïi ujc^Hpi CTOiy (fol. Sg verso) eviriyomï 
e&oAoïTOTq MîienïWT ô^nix ujenoT"^ iiinpoc^HTHc mmhï evTVrtococ oirop ninnd.- 
TO'^opoc HÔ.Ï CTè^TTMoaji cÊioTV uîô.TOTA\.d.p Ti^o Mniiô.01 THpq ptocTe ^ «TG ncqctoïT * 
r^oo ujô. uioTpoiOT ueirceÊiHC oirop nce2s.oc ncooir 2S-e OTon oirpcoMi ^ett c^mô.- 

achetée pour mon père. Et le négociant dit à mon père : «Comme je marchais,' 
une bourse (pleine) d'or*" est tombée et je ne sais pas dans quel chemin elle est 
tombée.» Or le matelot qui avait acheté la table était celui qui avait trouvé la 
bourse tombée, contenant soixante pièces d'or. Le négociant ne le savait pas; mais 
il priait mon père avec larmes disant : «Aie pitié de moi, secours -moi.» Mon 
père apa Schnoudi lui dit : «C'est la coutume qui existe : la richesse de ce monde 
ressemble à une femme prostituée : aujourd'hui elle est dans ta maison, demain 
elle demeure avec un autre. Maintenant, mon fils, si le Seigneur a voulu donner 
l'or qui a été perdu, il l'a donné et personne ne le trouvera jamais.» Et ainsi 
l'homme négociant s'en alla dans l'affliction et une grande honte. 

En un mot de grands miracles et des prodiges nombreux furent opérés par 
mon père apa Schnoudi, le prophète véridique vraiment, le pneumatophore, ils 
se répandirent au dehors jusqu'à ce qu'ils eussent rempli la face de la terre en- 
tière, de sorte que sa renommée parvint jusqu'aux rois pieux et qu'on leur dit : 
«11 y a un homme dans le Sud de l'Egypte, nommé Schnoudi : tout ce qu'il dit 

I. Cod. a^-TOTTtiJic. — 2. Cette construction est très fréquente. — 3. Cod. ^(ocss^e. — 4. Cod. nccwiT. 
— 5. Mot-ù-mot : je suis allé marchant. — 6. J'avais d'abord traduit par «bandelette» au lieu de 
«bourse» : les Égyptiens, même aujourd'hui, mettent leur argent dans une sorte de bande d'étoffe qui 
leur sert ainsi de bourbe. 



MONUMENTS, ETC. Si 



pjic ti^H-^ï eueqpivtv ne ujenoTr-V ^ojfc «lÊietv eujd.-42s.oTOT ujd.Tnjo)m MMeoMm. 
OTTO^ Tie22.€ noTTpo 2s.e nô^uTwc OTrpoiMi eqoiri>wfc ue \\t£ liôc. uô^ipu-V .uup-^fda. 
AveAec enTHpq H2SLe noTpo MMè^iuoTT-^ ô.A7Vô. d.'4e;id.i «OTenicToAu uj*. neMio)T 
MTvpocpHTHc d^nô. ujeiiOTT'^ ecc^iiioiTT AvuôwiTTrnoe <vtiou ue niè.TeA\.iuu^v ï\oTpo 
eeo2s.ocioc TiiK0Tr2i.i (^n eTev c^tmfc c^-^- '\ uô.q «"VMeTOTrpo ue».p6. h^vmujô.' eic- 
^à.1 epd.Ti\ (o nïôwUïoc ô^Tiô. ujeiioTT'^- <^pcoMi m'^\ ^en OTTMeeMui -^otwujt mavoji 
w nô^icoT eecTTô^Êi (toi. 40 recto) oiroo '^'^oo epou eepeucinrAi .w.mok uTeui ujivpou 
eepetiep TieMnujes. MueucMoir hcm uô. Td.Tio7Vic TKpoir 2£.e -^-.vveTOTrpo wçm ^v^w 
ïv^VuToc THpc ss-OTryyT efeoA ^ô^tk HTeuTiè.ppHCïèv eooTTôvÊi lyô^pou. .vv-^top oTn 
TicnicoT e^^OTTôwÊ MTiepepô.MeAec ei ujôvpoti Tenoài ^ uô^p avmoiv iicm tieuc&ojOTi 
^^os-iKiS. Tipoc TiipK'^ eTes. «H eeiiHOTT uje^poïi 2s.(o epon uïiiomot ex*. '^-^ ep^*.- 
pi-^eceô.!^ AvMCooTT Hds.R. ô^pi TiettMeTTi ^eti ueRUjTV.H'A. eeoirdiÊi oTr2s.ô.i ^eu '\>pdvtv 
n'^ô<(7id. Tpiô^c. OTO^^ es.qTco£i n'^eiiicToAK è^qTHic »OTr&epe2».evpïoc + ec^orq ne 
eTMOTT'^ epoq 2i.e eTS^o^ioc otoo ôs^qc^èvi nneoiri epe^Tq Mniss.oir'z uTe ô^uti- 
McooTT. OTTO^ iv^ï e^HMï n2i.e niÊiepe2».è<pioc ^ ô^qi epnc ô^qiye e^oirn e-^noAic 

arrive en vérité.» Et le roi dit : «De toute manière c'est un saint homme du 
Seigneur.» Aussi le roi aimant Dieu ne fut pas du tout négligent, mais il écrivit 
une lettre à notre père le prophète apa Schnoudi, écrite de cette sorte : «Moi, 
l'indigne roi Théodose le Jeune, à qui Dieu le Seigneur a donné la royauté mal- 
gré son indignité, je t'écris, ô saint apa Schnoudi, homme de Dieu en vérité. .le 
t'adore, ô mon père saint, et je te supplie de te hâter de venir vers nous atîn de 
nous rendre digne de ta bénédiction avec tous ceux de ma ville, car le sénat et 
le royaume tout entier attendent ta présence sainte près de nous. Donc, ô mon 
père saint, ne fais pas négligence, viens vers nous, car nous avons soif de toi et 
de tes enseignements saints, d'après ce que ceux qui sont venus vers nous nous 
ont dit des grâces que Dieu t'a accordées. Fais souvenir de nous dans tes prières 
saintes. Salut au nom de la Sainte Trinité.» Et il scella la lettre, il la remit à un 
vérédaire qui lui appartenait, nommé Eudoxius, et il écrivit une autre petiie 
(lettre) pour le duc d'Antinoé. Et le vérédaire partit pour 1" Egypte, il arriva dans 
le Sud, il entra dans la ville d'Antinoé, il donna les lettres au duc; et ainsi ils se 

I. Cod. T\6.Y>à. ncA\.ujô-. — 2. Cod. Tcntiofii ce qui signifie «nous pe'chons». — 3. Cod. cp;x;A.pi5c<iL>«. 
— 4. Cod. fiepcTes.pioc. — 5. Cod. fiepeTe^pioc. 



32 E. AMÉLINEAU. 



MnexioT eeoTd.& (fol. 40 verso) 0.110. lyetioT-^- oirop i^is^'Ti caiott efeoAoïTOTq «^ir- 
oçMCi. MCtieuctoc ô. iijfeepe2s.d.pioc ' un eÊioTV. «ïiic^ô^i «Te noTpo oiroo ô.qccooTrTen 
MMCOOTT MnevicoT ôvnev ujeiiOTr-^. ïiooq 2^e eTe^qSl hmic^ôvI otto^ eTi^qep ohtc hcouj 
MMWOTT ô^qi eopHï e2s.e» nïCô.!X.i eTc^HOiTT 2SLe icoc .umor evMoir ujô^po» eTiio?y.ic 
ti-\-MeTOTrpo. TOTe d^qep av.kô<^ «oht eMèvUjco^ oiroo d^q^osL^ess. n^pHi n^HTq ne. 
ne22.d.q MiiiÊepe2s>.ôwpioc3 2S-e oir ne ng^toÊi MnoTpo ne.v\.Hi ô^mor OTr.vv.oïiô.;)(;^oc 
eiujon ,i€u iid.iMOMd.cTHpioii eeÉie f^*^ eiujTVHTV.^ ottoo eï-^oo essien «ô^no&i. iie2s.e 
iiiÉiepe2s.d.pioc ^ Av.n0.1coT 2s.e ïiô.oc «icot eeoTô.& eqoircouj ee^pevô>.iio7VdwTeïn*^ Mnen- 

CMOTT. ness-e hôvICOt «ô^q 2i.e ô.ndvir ô^pnoir x^^^iy^P^^^P^X*^"^?^"^ ' "^* ^^ ois-ni 
eviep ^e7V7V.o npcoMi. ïie2s.e ni&epesvdwpioc^ ïiô.q 2SLe nes-iooT eecTTô^fe AV-nepepRoo- 
TV-irei»" mui^coêi 2i.e otthi (fol. 41 recto) '^iiô.uji\ôvTexeiti'° d.n «TiveAeircïc Ainevoc 
noirpo. ne2s.e nernooT A\iipo(Ç>HTHc nô.q 2S-e ^coA Tecoc iiTeTetiMTon MMCoTe» neA\. 
«ipwAvi eTô^TTï ueMOiTen oto^ «TeTetuTi eÊioTV^en ni2s.iMoircoAi «Te tiicnHoir. eTèvirep 
epooTT 2s.e ^ ^eu niAionèvCTHpiou 0. ïiï£iepe2s.ô.pioc " "^po enô^icoT eq22.co mmoc 2s.e 

levèrent, ils allèrent vers le monastère de mon père saint apa Schnoudi, ils re- 
çurent sa bénédiction et ils s'assirent. Ensuite le vérédaire présenta les lettres du 
roi et il les tendit à mon père saint apa Schnoudi. Mais lui lorsqu'il eut pris les 
lettres et qu'il eut commencé de les lire, il arriva aux paroles écrites : «Hâte-toi, 
viens vers nous dans la ville (capitale) du royaume;» alors il fut grandement 
affligé et attristé dans son cœur. Il dit au vérédaire : «Quelle est l'atîaire du roi 
avec moi, moi un moine qui pour Dieu habite ce monastère, priant et suppliant 
pour mes péchés?» Le vérédaire dit à mon père : «Seigneur, mon père saint, il 
veut profiter de ta bénédiction.» Mon père lui dit : «Vois, peut-être me céderas- 
tu, car je suis certes un homme vieux.» Le vérédaire lui dit : «Mon père saint, 
n'empêche pas la chose, car certes je n'abandonnerai pas l'ordre de mon maître 
le roi.» Notre père le prophète lui dit : «Attends jusqu'à ce que vous vous soyez 
reposés, ainsi que les hommes qui sont avec vous, et que vous ayez pris la nourri- 
turc des frères.» Lorsqu'ils eurent passé deux jours dans le monastère, le véré- 

I. Cod. uiûcpcT*,pioc. — 2. Cod. .\vAv*>ujto. — 3. Cod. MniûepcTi^pioc. — 4. Cod. eiy^iiA. — 
5. Cod, niûcpcT.\pu>t . — 6. Cod. n*.pc.;)(;topiu. — 7. Cad. eopi\A.TioA.v\xirt. — 8. Cod. niûepcTcvpioc. 
— 9. Cod. Avi\cpcpuco\Ti>\. — 10. Cod. K«v.TGX«"- — ' ^- Cod. niûepcT&,pioc. 



MONUiVlENTS, ETC. 33 



noirpo. ne2s.e nevicoT dvnev ujetioTr'^- «e^q 2s.e X"*"iy^P"*^P*^X^*P^'" "»' ^'^ 
-snô>.iyHpi ttTeivwye nes.R ^en OT^eipHHH^ nTeK22.oe miio ^po 2s.e ^v'^ep ;îeA?V.o M2s.e 
nipcoMi 4 Miieq«j2SLeM2£.OM ni ueMHi. iie2fi.e niÉiepe2i.d.pioc- uôw-4 2s.e eujoiu X"'^'*' 
es.u ^e» neiioTTCouj jc ottoïi Mis.Toi Mnô^iMô^ eir«dwo7V.i\ encKOToiy o« ne. iiess^e 
TidiicoT MTipor^HTHc Mivq 2SLe OTTuoTm y^is. c^ooTT eÉioTV. ujev peve-^ oto^ Teunè^Aiouji 
(fol. 41 verso) ^en c^oircoiy m^'^-. otto^ ctô^tTi cmott u2SLe iiifeepe2s.dvpioc ne.u 
ni7V.0Tr^ ncM m^epTon Twpq eTnMMcooir d.Trepd.«6.x.oipei«" UIa> Od<»\ô.TooTi.'' cTes. 
poirg^i 2».e ujtoTii ev nenicoT e^0Tres.fe 0.110^ ujenoTT"^ lye «ô^q e;50Tïi enieTciôwCTHpiou 
OTO^ es.qc|)wpuj nneq-ssLiss. c&oTV. d.qia7V.H7V. e^pHi o*< <^-^ 2$.e oinô. UTeqT6.Av.o:4 €mh 
eTeqMd^ô^ïTOTT. oiroo eTevq'^ ôvmhh ic oTTfTkni noircoittï es.coo7V.Meq e^cooiA «eMevq 
ujdv TnoTVic n'^MeToirpo ottoo is.cx.*^^ ^€« eMH'f MTiin^v'A.es.Tiono ^eu niAv.«k exe 
noTpo «ROT n^HTq. noirpo 2^e ô<qqo2sLq enujcoi ôvqcô<2s.i «cav. tiô^icot eq2s.c>i .uavoc 
2s.e neo!\ OTT MnevipH'^ ceÉie 2s.e '^ujoii ^en oirniui'^ «ujeopTep. ne2s.e hô^icot ôvh^v uje- 
noTT'^ nes.q 2s.e es>noR ne ujenoT'^ TiiMonevXo<^ eTevuoircopn uccoq. euep ot «OTpeqep 

daire pria mon père disant : «Lève-toi, allons, mon père, afin que tu n'amènes 
pas sur moi une grande menace par devant mon seigneur le roi.» Notre père 
apa Schnoudi lui dit : «Ne m'accorderas-tu pas, mon fils, que tu t'en ailles en paix 
et que tu dises au roi : L'homme est devenu vieux, il n'a pas pu venir avec moi?» 
Le vérédaire lui dit : «Si tu ne viens pas de bon gré, voici des soldats en ce lieu 
qui t'emmèneront malgré toi.» Mon père le prophète lui dit : «Donc laisse -moi 
aujourd'hui jusqu'à demain et nous marcherons selon la volonté de Dieu.> Et 
lorsque le vérédaire et le duc eurent été bénis avec toute leur suite, ils se re- 
tirèrent jusqu'au matin. Et lorsque le soir fut arrivé notre père saint apa Schnoudi 
entra dans le sanctuaire, il étendit les mains, il pria Dieu de lui faire connaître ce 
qu'il devait faire. Et lorsqu'il eut dit amen, voici qu'un nuage de lumière l'enleva, 
l'emmena dans la ville (capitale) du royaume et le déposa dans le milieu du palais 
où le roi dormait. Mais le roi se (réveilla) en sursaut, disant : «Qui es -tu ainsi, 
car je suis dans un grand embarras?» Mon père apa Schnoudi dit : «.le suis 

I. Cod. nevni^H. — 2. Cod. n*.p&.3(;<)>pm. — ^. Cod. oTOipHiiH. — 4. Cod. up(o.<A.i. L ne mam 
moderne a corrigé noce nipa)M.i. — 5. Cod. mûepeTJvpioc. — 6. Cad. nificpcTcvpioc. — 7. Loa. 
ô>.irepA.««,;)(;wpiit. — 8. Cod. u|&.&.jiA.TOOTri. — 9. Cod. Avninû>.AAA.T»on. 



34 



E. AMELINEAU. 



ïioÊii eTC Ô.UOH. ne 2fi-e eive-^^ici ïmeiiMô^Toi nccei nccoi ô.noi\ oTr2s.co£i MMOuev^oc- 
(fol. 42 recto) ne2i.e uoirpo nô^q 2s.e ctô^ju eMttô.i nô^uj npH'^- nevitOT eeoTrô.£i otoo 
ic oTup iie^ooT eu^i' timcoit. iie2s.e ni^icoT MiiOTrpo 2i.e nx^ ihc nujupi m'^-^ ' 
€Tou^ cbH eTCiViièwO-^- epo-4 neM neqicoT nô^ueveoc neM ninnô. ceoirèvÊi neoq ne 
eTd.qe«T iyô.pon enôviAiô. 2s.e eieepn'\Hpoq)opeïn2 ^j^qr ^en q>n eTenMeiri epoq 
oToo eepeneMi Hd.n 2s.e d.iep -\-cTnô.^ic neM nicnnoT npoToi ^en niMonivCTHpion 
Mnôv-Vi njô-poK enevïMô.. ne2s.e noirpo nô.q 2SLe ni^itoT eeoiri^Êi eTd^nx^ niÊiepe- 
2s.es.pioc^ uecon neM uimô^toi eTô^ïOTropnoir neMô^q. e^qepoTTCo n2s.e nô.iwT eeoTTôwÉi 
ô^nô. lyenoTT-^- ne2i.ô.q Mnoirpo 2s.e i^iy^iKir ^en nïMonevCTnpion eimnoT. nessLe 
noirpo ^en OTniiyV unô.O'^ 2s.e ^ô^t^r Aien Mc]5>ooir nèviccoTCM ne ^en nô.AVô.uî2S- 

M'^OOTT 2!.^e Ô^IUÔvTT ïl^O OTÛe ^O ertliy^Hpi MTe TCRMeTIOOT eeCTTÔwÉl OTTOg^ eTCAV.dk- 

MÔ.T. ne2i.e nô^icoT nô^q on (fol. 42 verso) 2SLe oto^ ott Te '^■TV.coiss.i eTô.noTrcopn 
ivcooi eeÊnTc. ne2$.e noirpo «ô^q 2s.e eTôvioTcopn + ncev Tenô.uiocTrnn" eioTcouj 
evuoK neM ninev7V.evTion<^ neM '^noTV.ic Tnpc eepenepôvno7V.d<Treïn~ MnencMOir eeoir- 

Schnoudi, le moine, que tu as envoyé chercher. Qu'as-tu fait? je suis un pécheur 
et tu as fatigué tes soldats : je ne suis qu'un pauvre moine.» Le roi lui dit : «De 
quelle manière es-tu venu, mon père saint, et depuis combien de jours es- tu en 
chemin?» Mon père dit au roi : «C'est le Christ Jésus, le fils du Dieu vivant, en 
lequel nous croyons ainsi qu'en son Père plein de bonté et en l'Esprit Saint, c'est 
lui qui m'a conduit vers toi en ce lieu afin que je te confirme dans tes pensées; et 
sache que ce soir j'ai fait la cynaxe avec les frères dans le monastère avant de 
venir ici vers toi.» Le roi lui dit : «Mon père saint, où as -tu laissé le vérédaire 
ainsi que les soldats que j'ai envoyés avec lui?» Mon père saint, apa Schnoudi, 
répondit, il dit au roi : «Je les ai laissés dormant dans le monastère.» Le roi dit 
dans une grande foi : «Certes, avant ce jour j'avais entendu de mes oreilles, 
mais aujoiM-d"hui j'ai vu, visage contre visage, les merveilles de ta paternité 
sainte et bénie.» Mon père lui dit : «Et quelle est la cause pour laquelle tu mas 
envoyé chercher?» Le roi lui dit : «Je t'aî envoyé chercher à cause de ta sain- 
teté : je désirais moi, avec le palais et la ville entière, profiter de ta bénédiction 

I. CoJ. Hç^i. — - 2. Cod. uAiipo'\)opnv. — 3. Cad. niûepcTi^ioc. — 4. Cod. ac.eTek.iOTaipn. — 
5. Cod. TeKivruocTn. — (>. Cod. niuc^AÎV,ô.Tiow. — 7. Cod. eknoA.*.Tin. 



MONUMENTS, ETC. 3 5 



d<is. iieM tveuujTVn'A. CTCMôwpwoTT. ncî2SLe nevioiT hô.-^ 2SLe cpe noc Tïïc ii^vô cmot 
epoi\ (o noirpo MMeviHou"^ ugm TeuiioAic xnpc oto^ uTc-4T0.2s.po ueuopoitoc 
M<:5)pH'^ M'^à< «euio'\- eeoTTô^Êi evpuev2s.ioc h€m otiopioc ' oTop tiTe-^^teu- ennor 
eÊioTV. 5eu c^ïiôv^-f inveTetiio-^ epeT€»VTd.2s.pHOTT n^HTq OTrop cpeT€«evpp<? emett- 
toAh' neM c^uô.^-^ uueuio'^ iids>nocTo7V.oc. ne2s.€ TioTrpo Mues.io)T 22.6 001 ue.v^.^vu 

«^Ô^M UOTTSS.! negOOTT Tlô^lOiT ÇeOTTÔ^fe ^iWis. HTeUCï M.HOU. ne2fi.e nô^KOT j\d<-\ 2S.e 

'^ep !ixpeïô^+ MUje mhi ô^pi '^evud^nn c^dvi tioTenicToAH ^e« T\eupi«.ti (toi. 43 recto) 
uTôvTHic MTiifeepe2!w.evpioc5 2s.€ tmcqoTTè^o TOT^ e-^£ici «Hi eeuT cp^.T\; uivecou 
èkAAiv «TeqTft.ceoq g^ds.poiv ^en oir^eipHnH'^ m€m «h eeMeAv.*.q. totc noTpo eeo- 
2^ocioc evqc^è^i noirenicTo7V.n Mnei^ipH-^ 2SLe ôvmok ne no?rpo eeo2s.ocioc eic^evi 
He7r2».o^ioc i\i&epe2^d».pioc7 2s.e ^en '^oirtioTr eTeiiHevTi tu\d.ic;5ds,i htot-^ .uupo- 
c|)HTHc ô.Tiô^ lyenoTT'^ ninpecÊiTTepoc oiro^ nïA\.o«d.^oc otoo Ti!evp;\^iAvevU2s.piTHe 
c5>d^ï €Tes.qï uje^poï Mnes.1e2s.copo u^oirn eniMes e'^ennoT n^nTq n^viu 2s.e «pn-^ ■\t-\ 
neTccooirn icoc avmou evMOTr ottoo nnev^OTrevo totk eenq ujô^pon. otoo ou e^.q[c^evi 

sainte et de tes prières bénies.» Mon père lui dit : «Que le Seigneur Jésus le 
Christ te bénisse, ô roi aimant Dieu, avec ta ville entière, qu"il affermisse ton 
trône comme celui de tes pères saints Arcadios et Honorios, et qu'il vous rende 
parfaits dans la foi de vos pères : soyez affermis et gardez les commandements 
avec la foi de nos pères les apôtres.» Le roi dit à mon père : «Reste avec nous 
quelques jours afin que nous nous rassasions de toi.» Mon père lui dit : J'ai 
besoin de retourner : fais -moi Tamiitié d'écrire une lettre en ton nom afin que 
je la donne au vérédaire et qu'il n'entreprenne pas de me violenter pour m'a- 
mener à toi une seconde fois, mais qu'il revienne en paix vers toi avec ceux qui 
l'accompagnent.» Alors le roi Théodose écrivit une lettre de cette sorte : «Moi 
le roi Théodose j'écris à Eudoxios le vérédaire, à savoir qu'à l'heure où tu auras 
reçu ces lettres de la main de notre père le prophète apa Schnoudi. le prêtre, le 
moine, l'archimandrite, qui est venu vers moi, cette nuit, dans le lieu où je dor- 
mais, de la manière que Dieu sait : hâte-toi, viens, n'entreprends pas de 1 a- 
mener vers nous.» Et en outre il lui écrivit d'autres secrets qui étaient entre eux 

I. Cod. onnopioc. — 2. Cod. aton. La même main qui plus haut a bifft? Vo et mis c en dessus. — 
3. Cod. nuiToAn. — 4. Cod. «XP»*"- — ^- ^^^- "«ÊcpeTevpioc. — ô. Cod. o^oipimii. — 7. CoJ. 
niûepGTev.pioc. 



3 



36 E. AMÉLINEAU. 



ujô^por^ uoè.u ueMTCTHpioH CT^en TOTMH-^ ^i OTCOK noTppo ne.vv Tlïfeepe2!^d.piOC ' 
oiroo d.qTO&c ££n Tiequj^oirp ô^^thic MnenicoT ottoo d.qepd.cTiev^GC€^ô.ï- MMoq 
d.q'Ti MTieqcMOTT (fol. 43 verso) d.qi eÊioTVoiTOTq ^€n oiroeipHnH.3 Menenco^c «v 
'^5'Hni owAeM MTid.ïo:)T on ô^ccnq eniMonô.cTHpïon ^en Tiie2i.wp^ noircoT oTog 
evqep -^cthôw^ic «gm uic«Hoir MTiie2s.copp noircoT ^en TiiMonô<CTHpion MTiô.Te 
nioTWiMi UJÔ.I lie OTO^ muc^TVi cmi 2sl€ ô.q^a)7V. ujô. iioirpo otoo ô.qî\OTq Gneq- 
MouôwCTHpioH. eTô. TOOTi 2s.G ujooni TiG2s.€ Tiï£iepe2s.d<pioc4 M11Ô.IC0T eeoTrds.û Mnpo- 
ecTcoc- 2SLe ô^pi '^•d.ce>wiiH TconR Mô.pon «ô^n 2s.e uneRini e2i.coi noTrtiiiy^ nno&i 
ïieM oTTM&on ^dvTen nôvôc^ noirpo. Tie2SL€ kôvïcot Miii£iepe2s.d.pioc'^ 2i.€ d.ttô.T tiô.- 
lynpi 2s.e y^nikOiù\ ujôw noirpo nTCHSSLOc nô^q 2S.€ ô^qep ^g^V-Ao iipcoMï. TiesLe tii- 
fiiepe2s.e>wpioc7 uô^q 22.e icsslg ^«hott e^n ^en nGROTWUj le '^tiô.oTV.R eoiiè^R evn. eTô< 
UÔ.IWT GMi 2s.e qndwo7V.q n2i.onc oiro^ 2s.e qnô.uje ïiô.q d.« (fol. 44 recto) nTeq;>i(^d.q 
TOTe ôwqoi T€q2i.i2s. €^0Trn £à. TeqcToArt ô^qinï eÊioTV. n'^enicToArt «Te noTpo ottoo 
ô^qccooTTeu mmoc Mîii£iepe2s.es>pioc.s n^oq 2!^e eTô>.q!7jTC d.q2i.0TrujT èvqcoTconc 2s.€ 

ensemble, le roi et le vérédaire, et il la scella de son anneau, il la donna à mon 
père qu'il embrassa, il reçut sa bénédiction et (apa Schnoudi) sortit d'auprès de 
lui en paix. Ensuite le nuage enleva mon père de nouveau, il l'amena au monas- 
tère dans la même nuit, et dans la même nuit il fit la cynaxe dans le monastère 
avant que la lumière ne parût, et personne ne sut qu'il était allé jusqu'au roi et 
qu'il était revenu dans son monastère. Lorsque l'aurore parut, le vérédaire dit 
à mon père saint le supérieur^: «Fais -moi (cette) amitié, allons, afin que tu n'a- 
mènes pas sur moi une grande faute, avec la colère de la part de mon seigneur 
le roi.» Mon père dit au vérédaire : «Daigne, mon fils, aller jusqu'au roi pour 
lui dire : L'homme est devenu vieux.» Le vérédaire lui dit : «Puisque tu ne viens 
pas de bon gré, je t'emmènerai malgré toi.» Lorsque mon père connut que le 
vérédaire l'emmènerait de vive force et ne s'en irait pas en le laissant, alors il mit 
sa main da .-•> sa stole, il sortit la lettre du roi et la tendit au vérédaire. Mais lui, 
lorsqu'il l'eui prise, il la baisa, il reconnut qu'elle était du roi, et il se prosterna 

I. Cod. iuûcptTA.pioc. — 2. Cod. A>ricpev.cnen.3cc«^e. — 3. Cod. OTÇ^ipiinn. — 4. Cod. niÊcper&pioc. 

— 5. Ce mot qui signifie magistrat est assez difficile en cet endroit. Je ne vois pas bien quel sens il 
peut avoir pour Schi.oudi. — 6. Cod. ficpcTivpioc. — 7. Cod. niÊcperjvpioc. — 8. Cod. niÊcpeTevpioc. 

— 9. Ce sens n'est c,o 'approximatif 



MONUMENTS, KTC. 3-7 



^d. no-ypo Te oto^ d.q2i.oiriuT e^oiru ;5e« ngo muô^jot ecoTTô^fe e^iiô. ujeitOT-V- 
nessLG nes^itoT Hd<q 2s.€ es-oirco» mmoc otto^ oujc. otoo eTôw-^ep ohtc noim m^htc 
i>.qi GTiecHT e2s.en niMircTHpiou ' eTOTTwq «eMô^'j; v^ujoni e-^copt-M noiix • 
n-^-oTuoTT ô. HôwiaiT epcc^pevui^ein- MMoq uiô^Te neq^HT c€muht-4 0^09 Meueti- 
ccoc evqcouj mmoc THpc. eTô^qiiHu^ ^..e eqtooj mmoc cô^tot-^ ô^-^oit-^ e;îpiu Ok- 
pe^TOTT nneti'jdJVes.Trss. aitiô^icot Tie2s.evq «es>q 2S.€ d.AHeo)e iievôc uio)T uooiv 
oirpwMï «ujOTTX^ neq^d<7V.d.'!r2$. €^comi ô.u €2s.eu nniôw^i exTô^^eM. otoo 11625.0.-4 
nô.q 2S-e eioToouj (fol. 44 verso) eo^i ^ô^totr uTô^ep moïiô^^^i^oc. Tie24.e ne<io)T 
2s.e MMon Hô^iyHpi dw7V.7V.ô. Tconii UTe^iye ues.i\ epevTq MnoTrpo 2s.e e'^uiiui+ hcoiv 
n^oi\ ueM nei\Md.Toi. ne2i.e ni£iepe2s.ô.pioc nôvq" 2$.e ô^pi ■\-dvi7d.nR rô^io^t eeoTè<ù 
nTèucMOTT epoi ^en neupcoq eeoTd^Êi co niMes.^HTHc*' u2SLOopi oirop '^p.\Kà< «otoo 
Mr^'^. TievicoT 2s.€ d.qcMOTT epoq eq2s.co mmoc 2s.e epe noc ihc u^c cmott epou 
OTTOg» MTequô^^Meu efioAges. ni2i.op2i.c mtc iii2s.iô<£ioAoc oirop uTeKepi\7V.Hpoi\o- 
Meiii7 nniè<uds.eon e^MHn eÊioTV. ujè. ene^. oiroo nd^ipH-^ es^qi eÊoAoïTOTq Mne- 
niooT d.qMouji g^i neqMcoiT epè^Tq Mnoirpo cceuTOTq nssLe '^emcTo'A.H exev ueuicoT 

devant la face de mon père saint, apa Schnoudi. Mon père lui dit : «Ouvre -la 
et lis-la»; et lorsqu'il eût commencé de la lire il arriva aux mvstères qui étaient 
entre lui et le roi,^ il devint fatigué de cœur. Aussitôt mon père le signa jusqu'à 
ce que son cœur se fût calmé, et ensuite il lut la lettre en entier. Lorsqu'il eut 
fini de la lire, il se jeta aux pieds de mon père, il lui dit : «Vraiment mon seigneur 
père, tu es un homme digne qu'on ne laisse pas tes pieds fouler la terre impure. > 
Et il lui dit : «Je veux rester près de toi pour me faire moine.» Mon père lui 
dit : «Non, mon fils, mais lève -toi, va vers le roi, car il t'a demandé, toi et tes 
soldats.» Le vérédaire lui dit : «Fais -moi l'amitié, mon père saint, de me bénir 
de ta bouche sainte, ô disciple robuste et demeure de Dieu.» Mon père le bénit 
disant : «Que le Seigneur Jésus le Christ te bénisse, qu'il te sauve des pièges du 
diable, (afin) que tu hérites des biens durables pendant l'éternité. » Et ainsi i' 
s'éloigna de notre père, il marcha son chemin vers le roi, ayant en main la lettre 

I. Cod. niAViTCTH (sic). — 2. Cod. ç^^icr^^ti^v^iyn. — 3. Cod. gtcv^kh a..c. — 4. (-od. atct\viiini. — 
5. Cod. niûepeTft.pioc. — 6. Cod. niJA.ek,«^iTHc. — 7. Cod. uAupoiioMia. — 8. Mot-à-mot : entre lui 

et lui. Cette tournure est très elliptique et obscure, mais très fréquente. 



38 E. AMÉLINEAU. 



e«c e-itvHOTT e&oTV ^eu c^Mô. MTioTpo ecujtoii «ô^q nneviy^- neAi Tid.pdwMireiis.' A\.nc- 
qcHOTT THpq. 

€51 CMOT uTOTq (fol. 4? rccto) oToo ou Oô.» iieniuj-^ MMO«e^x°^ «ccoit UTe ujiht 
d>.Tri eiroirwuj cccotcm e^ô.« C0.2S.1 «TOTq. ixess-cooir nô.q 2s.e nenicoT e^OTôwÊi oe^pev 

OTTOll MOHÔ^X^^ ^^" TèvIUeUCô^ «ô.ep MC^pH'^ MUIMô^Kô^piOC Ô^UTCOrtlOC. ne2s.€ 

Tid.JO)T H2s.iud.ioc- uwoT 2S-e d.pe lyô^ii «ïMonô^xoc Tnpoir «Te Tids.n\d.ipoc^ i 
eoTMô. ^ noTTCOT n«oTep oTô^iiTconioc noirioT. otoo es. nicnHOT mcav nittiiy^ tiT€ 
'^noAic ep iyr|)Hpi avtiicôvsslï «Te ner.icoT Mnpoc^HTHc otoo Kis.iprt'l- ivir^l caiott 
e&oTV^iTOTq ô^iruje «coott qis"\ coott m»:^'^. 

d».ciycoïii 2s.e on tioirepooT epe nenicoT g^cMci e^pHi neM neîioc ïkc eTrcevos.! ueAi 
noirepHoir. u-^hott eTMM^v^^ ic nieniciionoc «Te '^noTV.ic ujmiu evqcini av.tiia\.o 
«ey.cTHpioH OToo »ô<qoTwuj eepes.Ties>tvTes.n enô^uoT (fol. /\.5 verso) MnevTeqoTcoTefe 
e^HT eqoirwaj euje epèvjio'^ eepnpocuirnein- Mnievp^xi^eTiiCHonoc. otto^ ô^qoTcopn 

apportée par notre père en venant du lieu où était le roi : elle était pour lui une 
consolation et une défense pour tout temps de sa (vie). 

Il arriva qu"un jour les principaux personnages de la ville de Schmin vinrent 
à lui, désirant recevoir sa bénédiction. Et aussi des moines célèbres de Schiît'' 
arrivèrent, désirant entendre quelques paroles de sa bouche.^ Ils lui dirent : 
«Notre père saint, est-ce que dans cette génération il y a un moine comme le 
bienheureux Antoine.» Mon père le juste leur dit : «Quand même tous les moines 
de cette époque se rassembleraient en un seul,^ ils ne feraient pas un seul An- 
toine.» Et les frères et les grands de la ville admirèrent les paroles de notre père 
le prophète, et ainsi ils reçurent sa bénédiction, ils s'en allèrent rendant gloire 
à Dieu. 

Il arriva un jour que notre père était assis avec notre Seigneur Jésus le Christ; 
ils parlait lit l'un avec l'autre. En ce moment voici que l'évèque de la ville de 
Schmin arriva au monastère, et il voulait se présenter à mon père avant de passer 
au Nord, ayant l'intention d'aller à Rakoti adorer l'archevêque. Et il envoya 

I. Coii. ufvpA.Mii«ie.. — 2. Cod. na^TReoc. — '^. Cod. Kcpoc. — 4. Cod. ctm^.. — 5. Cod. cp- 
npocK-THi.i. — 6. (est le nom égyptien de Scété, la célèbre rétraite du désert lybien. — 7. Mot-àmot: 
désirant entendre de- lui des paroles. — 8. Mot-à-mot : en un seul lieu. 



MONUMENTS, ETC. 3q 



epô^Tq MTIÔ.ÏCOT eq-^oo epoq €q2s.to mmoc 2SLe d.picKTTV.i .wmou !\7fcU! nTô^ppô.- 
ndvïiTdiU epoK e^Cie nd.Ji\0Tr2SLi u^co£i MUôw-VoTOiTefc e;iJiT. uô^iot 2».e ««.pe lu- 
ccoTHp 0€Mci ^evTOTq ne MHiudwT eTMMôwTT ivôwTô. '^-^H-V eTe>.iep ujopn u».oc 
OTO^ Tie2s.d.q MTii2s.iô.KonHTHc' 2i.e oo>?V. iVTei\2s.oc iviv'4 2s.e e1.-42s.oc 2s.e -Vepoj'^T 
es.n "^«oir. ô^quîcnô^q nss-e^ ns^^iô^uouHTHc ô.qc<v2s.i ue.w. iiieuicuouoc uô^tôv uevi- 
CÔ.22.I. Tio.7V.itt Ott ôw TiienicKonoc cev2s.i hgm ni2s.idvuoïuiTHc^ 2£.e d.2i.oc udv-^ 2i.e 
is.pi '^d.ues.TiH dvMOTT ttTô.epd.Tiô.ttTevti ^ epoK. iie2s.e iii^e7V.7V.o ttèvq oiTCtt nicou 2£.e 
ev2fi.oc ttô.q 2s.e '^cpooqT evtt '^«oir. oiro^ es. niss^iivuottHTHc^ cô<2s.i «e.w. nienieuonoc. 
is. TiienicRonoc ujeopTep ottoo Tie2s.es.q Mni2s.ie^uoiiHTKc'^ (fol. 46 recto) 2£.e èv2s.oc 
ttivq î2s.e eujcoTi X"^^ ^" eux."" cà.5io\. ni2s.idwK0UHTiic' 2^e 0.41 ujè. nettioT 
es.qs5LOc ttô>.q AV.TiipH'^ eTes. HïenicKoiioc Tds.Moq. hô^icot 2s.e e^queTq povq uco)&i 
;5en ott^mot oto^ ness-ô^q 2SLe èv«ô.Tr 2i.e eTis. neviptoMi ttCè^pT 01 cnoq 2sloc 2£.e 
OTT OHnne geMci ^ô^tot tt2i.e «^h eTes.q^es.Mio ttT'^e neM niuevoi •^ttô.poiTV. evu eix" 
^es.TOTq. TOTe nessLe HïctoTwp AvnevicoT 2s.e co ujettOT'^ tcohï\ !VTei\oo)'A. eÊioTV. lyiv 

chercher mon père, il le supplia disant : «Hâte-toi, viens que je me présente à 
toi à cause de cette petite chose, avant que j'aille vers le Nord.» Mais mon père, 
le Sauveur étant assis avec lui en ce moment, comme je l'ai déjà dit, dit au ser- 
viteur : «Va, dis-lui que Schnoudi a répondu qu'en ce moment il n'a pas le temps.» 
Le serviteur s'en alla, il rapporta ces paroles à l'évêque.^ De nouveau Tévêque 
parla avec le serviteur : «Dis-lui, sois bon pour moi, viens que je te rencontre.» 
Le vieillard dit par le frère : «Dis -lui que je n'ai pas le temps maintenant;» et 
le serviteur (le) dit à l'évêque. L'évêque fut troublé et il dit au serviteur : < Dis- 
lui : Si tu ne viens pas, tu es excommunié.» Le serviteur alla vers mon père, 
il lui dit de la manière que l'évêque lui avait enseigné. Mais mon père sourit"" 
avec grâce, et il dit : «Vois ce qu'a dit cet homme de chair et de sang! Voici 
qu'est assis près de moi le créateur du ciel et de la terre, je ne cesserai pas de 
rester assis près de lui.»" Alors le Sauveur dit à mon père : «O Schnoudi, lève- 
toi, va vers l'évêque afin qu'il ne t'excommunie pas, (car) je ne te recevrais pas 

I. Cod. niss^iAROniTHC. — 2. Cod. act pour nate. — 3. Cod. nics.ie<KOiviTHc. — 4. (-od. TA,cpA.- 
n&.UTd.ii. — 5. Cod. Tiia^ie^KoniTiic. — 6. Cod. niîx.iis.KoniTnc. — 7. Cod. ux»- — ^- ^^"^^ "•=»■•*■- 
RoniTHc. — 9. Mot-à-mot : il parla à l'évêque selon ces paroles. — 10. Mot-à-mot : remua sa bouche. 

— II. Mot-à-mot : je ne m'en irai pas étant assis près do lui. 



40 



E. AMÉLINEAU. 



ccMimTc «CM nexpoc ei2s.o) mmoc 2S-e q)H eTîine^conoq oi2s.en mue^pi eqeiycoTii 
eqcoMp lyeu ur^Hoiri OTop c^h eT€UHô.feo7V.q e£io7V pi2s.€tt tiikôvOi eqeiycoTii eqCiHTy. 
5eu Hr^HOTTi. OTOp exô. nevitoT ccotcm e«ô.icd.2s.i nroTq MHïccoTHp d.qTcottC5 d.qi 
eÊioTV ujô^ nienicKonoc ottoo es>qepô.cnô.^ec€^dwï ' MMoq eTd.TrRHn eTTCôvSs.! neM 
noTTepHOTT ôvqujeuô^q H22.e nienicuonoc e£io7V.piTOTq AiîieviWT ô^tiô< ujenoT'f ^ett 

d^cujconi 2s.e ou uoireoooir cpe nô^itoT peMci ^en niMonôvCTHpiott ic pniiTie 
evqi €^oirn nssie iii2vïes.Êio7V.oc ucm iie.viHiiuîe nss^ô^iMCon^ neMô^q OTop ttô<qcô.2s.i 
ti£>x Hô^icoT ^en oTMiiy^ nô<nei7V.H+ ueM pô^n ncTpcooir. nevicoT 2s.€ €Tè».qnô».Tr 
eïiias.iexÊioAoc d^qeMi côwTOTq n'^OTnoTr dvqqo22.q eniytoi d.q2s.eM2s.oM epoq OTOp 
ô.qdwAiotti MMoq diqujconï eqpco^T MMoq ^i2SL€n^ niRey^pi oirop d.qTdvAo Teq'4>ô.T 
e^pHi e2i.(oq oirop ô^qcouj ^SioK enicnHoir eT^ô>.TOTq 2sLe Tè^po nndviRex.wo'^'ttï'' 
€Toirep iiccoq oirop cô^totott ô».Tr£ico7V. eûoA Aic^pH"^ noTTives-Tittoc. 

(fol. 47 recto) ô.cuj(oiiï 2s.e o» woirepooTr epc d.nd< Md.pT7rpïoc «Te «^ÊicooTr 
«ôwpwTV.? eKtoncTôwnTiuoinio'A.ic epevTq MTioirpo eeo2s.ocioc OTop eTevqt^op MneMec 

(au ciel)^ à cause de la promesse que j'ai faite^ à Pierre, disant : «Que ce que tu 
lieras sur la terre soit lié dans les cieux, et que ce que tu délieras sur la terre soit 
délié dans les cieux.» Et lorsque mon père entendit ces mots du Sauveur, il se 
leva, il alla vers l'évêque et il l'embrassa. Lorsqu'ils eurent cessé de parler en- 
semble, l'évêque s'éloigna de mon père apa Schnoudi dans la paix de Dieu. Amen. 

Il arriva qu'un jour mon père étant assis dans le monastère, voici qu'entra le 
diable, ainsi qu'une foule de démons avec lui, et il parla à mon père dans une 
grande menace et avec des malices. Lorsque mon père vit le diable, il le connut; 
aussitôt il sursauta, il prévalut contre lui, il le saisit, il le renversa par terre, il 
mit son pied sur lui et il cria aux frères qui étaient auprès de lui : «Prenez les 
autres qui le suivent;» et eux, ils s'évanouirent comme la fumée. 

Il arriva un jour qu'apa Martyrios de Phbôou se rendit à Constantinople devant 
le roi Théodose, et lorsqu'il fut arrivé en vue du monastère, il dit : «Je veux adorer 

I. Cad. A.c\cpA,cnA.3ccoc. — 2. (Jod. OTOipuuH. — 3. Cod. nn^iM.<an.. — 4. Cad. «cvttiAh. — 
5. Cod. ç^i3itu. orthogr.iphc sahidique. — 6. Cod. ^ctTAÇo nA.iRe^x!'^'^'''"'- — 7- ^od. nA.ococ. — 
8. Mot-i\-mot : je ne te placerai pas au (ciel). — 9. Mot-à-mot : que j'ai solidifié. 



MONUMENTS, ETC. 41 



MniMouevCTHpiou es.q2i.oc 2s.e '^otcouj e^oiTV. eepiipocKTueiii' miiô^iojt Mnpo'^>H7Hc 
A.nes. ujettOTT'^ MHô^'^oircoTeÊi e^HT. ev oir^e7V.uîipi MMonev^oc e-401 !\MOTevpioc miw- 
^eTVAo evTid< Mes.pTTrpioc Gn€qpes.u n€ lOiô^uuHc ô^qepoTU) ;5e»i OTMeTi\ô.vyT nevoioi 
ne2s.€ 2sLe es.uî Mnpo<^KTHc Mes.poïi nes.u ^e» OTMeeMiii rô>.p '^h gtcmmô^t cm\ è^n 
22.e €Tôvqoir€M OIT MpoTTgi. OTO^ Menenccoc ou dvqi eniyoM ô^^mouji «çav. uFqio)T 
^i niMcoïT. €Tôwq^conT 2s.e e^oTTii eniMOHô».cTHpiOK d< nd^ioix Toitvq ô.qi e&oA Ok- 
2s.coq OTO^ d».Trepevciiev^eced<i 2 nnoTrepHoir oiro^ totg A.qoTV.OT €;5ot«v eniAvon*.- 
cTHpio» OTTOg eTes.Triy7V.H7V. ô>.ir^eMci. ^cii '^oirnoT ne2$.G nevioiT (fol. 47 verso) 
Mïipoc5)HTHc es.Ties. ujetto-y^ Mnes-ipn-^ 2SLe ô.qecoti icoevuuHc. es. nic«H07r 2s.e scoTiyT 
nces. MOTepHOTT. Menenccoc TiG2s.eK.q 2s.e ô.ï2s.€ epoii^ neoH iooô^muhc ninoTespioc uxe 
ni^eA7V.o es.iies. Mes.pTTrpioc. + Tore es. Ties.icoT esAioiii MMoq ottoo Tie2s.è<q «esq 2£.€ 
noes.nnHc ^en oiTMeeMHi- lyenoT'^ €mi es.n S2s.e eTô^qoireM ott upoTOi otoo nevi- 
ccoMA. n€&iHïi €Tces.2s.ï neMevR '^noir qnes.oeMci €^pHi h€m nievTiocTo7V.oc ^e» 
TiiG^ooir «Te Tiï^es.n otto^ «Teq-^ oes.Ti ïieMCOoir. 7V.oinon esMesir MTi€pepesT«espT e-\>-\ 

mon père le prophète apa Schnoudi, avant d'aller au Nord.» Un jeune homme 
qui était secrétaire du vieillard apa iMartyrios, et dont le nom était Jean, répon- 
dit dans l'obstination, disant : «Quel prophète? Allons donc, car en vérité celui- 
là ne sait pas ce qu'il a mangé (hier) au soir.» Et ensuite il monta, ^ il marcha 
avec son père dans le chemin, et lorsque (Martyrios) approcha du monastère, 
mon père se leva, il sortit à sa rencontre et ils s'embrassèrent l'un l'autre; alors 
il le fit entrer dans le monastère, et lorsqu'ils eurent prié, ils s'assirent. En ce 
moment mon père le prophète apa Schnoudi parla ainsi : «Où est Jean?» — 
Mais les frères se regardèrent les uns les autres. Ensuite il dit : «Je te parle, à 
toi, Jean, le secrétaire du vieillard apa Martyrios.» Alors mon père le prit et lui 
dit : «Jean, en vérité Schnoudi ne sait pas ce qu'il a mangé (hier) au soir! et ce 
pauvre corps qui parle maintenant avec toi sera assis avec les Apôtres au jour 
du jugement et il jugera avec eux. Maintenant prends garde, ne sois pas incré- 
dule envers Dieu et ses serviteurs.» Mais le jeune homme aussitôt se jeta aux 
pieds de mon père saint le suppliant en disant : «Pardonne-moi, j"ai péché.» — 

1. Cod. £ept\pocRir«iri. — 2. Cod. ^^.^5'epekC^^<3ec-&e. — 3. Cod. akiacepoR. — 4. Cad. i\ui\ A*.A,p- 

Tipi (sic) à la fin de la ligne. — 5. Cod. oiyj«.eTj*.Hi, orthographe vicieuse. — 6. C'est-i\-dire : il des- 
cendit du bateau : la conversation suivante avait donc lieu sur la barque. 



42 



E. AMELINEAU. 



n€M ïieqe£>iô.iK. niô^Aoïr 2^e h-^o'^^ot ô.q^iTq e^pHi ^ô.pè<Tq mtiô.ïcot eeoTre^Ci 
eq-^oo epoq 2s.e ;xi^ "^^^ e£io?V. eviep uoCii. otto^ Meuejiccoc evqi eûoTV^iTOTq MHôwioiT 
U2s.e Tii;5eA7V.o ôvHô. Mô.pTTpïOC eq-^- woir Mr|>"^- otoo eqep ujq)npï mcÇ>h eTe^qujcoKi. 
ôvciyo^ni 2s.e on noircon ô. nenitoT Mnpo'^KTHc 0.T10. ujenoir'^ (fol. 48 recto) 
ooiTV. ujô. niKOiMHTôwTOiu uTe «lOTTpoooir lyes. nioTpcûOTT neirceÙHc' ee£i€ ni^in- 
(3"ouc epe tuô.px^^» ^P^ mmcoott hui^hri. eTô.qiye 2s.e e^oTrn e'^KoTV.ic iv TÊievRi 
THpc MOiiM€u ee£ie Tcquô^ppRciô. ujô^pcooir. ottoo nô^pe ottou ni&en nnoT ujô.- 
poq uô. umô.7VevTiou^ tveM uô. -^-itoAic THpc cttS'ï cmott eCioTV^iTOTq ^en OTrniiy^- 
uô.o'V oToo uèvpe '•4>o'!rô.î '^ottôvï co7y.i MMoq e^oT» enoTHi oslc ^inô. nTeqiyTVHTV 
H^KTOTT. 7V.omon ottu eqMoiyi uoire^ooTr eepequje enHi^ «ottîslôvï ^en tiH eT- 
TôwiHOTTT «TOTq MTioTTpo UTeqiyTV-HA M^MèKir. OTTO^ nie^ooTT ne di^ep^HTC npiRi 
OTOO es. ninivir ujo^ni n^oTO eepe nicnnoT eencMd^q ottcom muottcoir otto^ tot€ 
nes.TXP^-'^^P^-'^ ^^ eT2s.w mmoc 2s.e netvicoT nô^^oTÊien Miiô.ïpH'^ enoirooui ece oir- 
U0T2SLI MMCOOT. n€ HCHOTT uô^p MTiiujoiM lie OTOO ôv nw eTôwiTg^coTV. (fol. 48 vcrso) 
eiuoncTô.nTinoTrno7Vic ' 2s.oe 2s.e uje^pe oes.n niuî"^ nRô^irccon- ujconi n^HTc. neniooT 

Et ensuite le vieillard apa Martyrios s'éloigna de mon père rendant gloire à Dieu 
et admirant ce qui avait eu lieu. 

H arriva une fois que notre père le prophète apa Schnoudi alla vers la chambre 
royale, vers les rois pieux, à cause des violences que les officiers exerçaient en- 
vers les pauvres. Lorsqu'il fut entré dans la ville, la ville entière s'émut à cause 
de sa présence parmi eux, et chacun venait à lui. ceux du palais avec ceux de 
la ville entière, se faisant bénir par lui avec une grande foi, et chacun remme- 
nait dans sa maison afin qu'il priât pour eux. Un jour donc il marchait pour 
aller dans une maison sainte parmi ceux qu'honorait le roi afin d'y prier, et le 
jour commençait à s'incliner et l'heure était passée où les frères qui l'accompa- 
gnaient devaient manger leur pain, et alors ils murmuraient, disant : «Notre 
père nous tuera de la sorte, nous voulons boire un peu d'eau»; car c'était le 
temps de l'été et ceux qui sont allés à Constantinople disent qu'il v fait une 
grande chaleur. Mais notre père apa Schnoudi connut en esprit leur murmure, 

I. (À)d. cncTceûuc. — 2. C.od. uv\ niUv\A.'\j^Tiou. — '\. Cod. e^pequje hki. — 4. Cod. KtocTe^n.- 
TiuoTuoAic. — 5. Co not doit être de très basse prdcit<5. Cf. Voyage d'un moine e'sj'ptien, loc. cit., 
où je l'ai corrigé à tort en k^ntaviv. p. 15. note l. 



MONUMENTS, ETC. 48 



OTT^ip ô.q'fo^ eoTpo. ^eti oir e^evinnô^' d.qo7rcou evr^uje e;5o'y« otoo a^-^avot-V 
enicHHOir eeMouji neMô^q 2sl€ evMOii»i e;5o?ru ottwm otoo eTô^Tuje e^oTu A.-r2£.iMi 
MTiiMev iiOTTCOM eqceÊiTCOT OTop '^Tpe^ne^dv ec;^H e;ipHi mticmot Tupq avrotmci^a.- 

CTHpiOtt OTTOg^ TOir;XlP^^*^^ THpC ec;)(]^H e^pHI WÇXK TlIOilK. epC Ô^AOT 6 MMOUdv'X^OC 

0^1 epôwTOTT ncM ^es>n uoTr2s.ï m^çcthc eirceÊiTooT ecep mwott »io)ot i\eA< nueceeni 
"'^XP^**' ' OTTOO Tie2s.ô^q nnicMHOT 25Le ^eMci HTeTe«oircoM otoo Meneucdk. epoT- 
OTtoM es.TTTCooTrnoT ô^TTi efcoTV.. ne2s.iooir tiô^q sslc ueuiwT mim tic €Tes>qc€ÊTO)T nivi- 
Mdv noTTcoM le niM ne iidvicott Êi eTep2s.ïevH0Hei« ^ epou (fol. 4g recto) ;éeu OTMce- 
MHi i^evp Mouic MT€n2SLïMi ttTeu^peiô^" MTiô.ipH'^- ;$€« neMMOMdwCTHpioM. «eoq 
2».e ne2i.ô.q ncooir ^en OTnes.ppHCïdN.'' 2sl€ Mevcooir mc^-^ 2i.e '^ii eTô^qoToipu .htia.- 
picTOtt ïiî^es.tiïH'A. ^CM '^"^ô^^ï^ï^oc nre niMoiri neoq on '^noT ne eTô^qc^iTe" nô.iM&. 
noTTCOM ncoTen mc^ooit oto^ nevicon & €Tep2».iA.Ronein^ epo^Teïv ^es.» ^.uueAoc «Te 
noc ne. nicnnoTT 2i.e evirep lyc^npi oirogi es.ir'^- coott m«'^'\- neM neuicoT. 

et comme il marchait encore dans une rue, il s'approcha d'une maison. Soudain 
elle s'ouvrit devant lui, il entra et il appela les frères qui marchaient avec lui, 
disant : «Venez à l'intérieur, mangez.» Et lorsqu'ils furent entrés, ils trouvèrent 
une salle à manger préparée et la table était placée dans la forme entière de 
leur monastère, et tout ce dont ils avaient besoin était placé dessus avec le pain. 
Deux jeunes moines se tenaient debout avec quelques petits setiers, prêts à leur 
donner de l'eau et le reste du nécessaire. Et il dit aux frères : «Asseyez -vous, 
mangez;» et lorsqu'ils eurent mangé, ils se levèrent, ils sortirent. Ils lui dirent : 
«Notre père, qui avait préparé cette salle à manger et qui étaient ces deux frères 
qui nous servaient? En vérité, à peine, dans notre monastère, aurions -nous 
trouvé ainsi ce dont nous avons besoin?» — Mais lui leur dit. en (toute) fran- 
chise : «Rendez gloire à Dieu, car celui qui a envoyé le dîner à Daniel dans la 
fosse aux lions est celui qui vous a aujourd'hui préparé cette salle à manger, et 
ces deux frères qui vous servaient sont deux anges du Seigneur.» Et les frères 
furent remplis d'admiration, ils rendirent gloire à Dieu et à notre père. 

I. Cod. on» G'j&.nirtA.. Il y a une transposition de voyelles, ce qui arrive fréquemment. — 2. CoJ. 
TOT-XY^iiK. — 3. Cod. n-^y^^ii^.. — 4. Cod. tTep^ievRonin. — 5. Cod. nTcn;^pw\. — 6. Cod. ofiw- 
pHCijv. — 7. Cod. n€T».qcfiT€. — 8. Cod. eTcpa^iivuonin. 



44 



E. AMÉLINEAU. 



ô^ciyoni 2^e on epe neiuwT 0.110. ujenoTr'^- ^gmcï ^evT€n Tioirpo ic OTrniiy^- 
ïiCTreKAHTiKOc KTe noTpo ivqi eqoirtoiy e5^i cavott nTOTcj mtiô.icot otto^ evqoirtoujT 
nô<q ô^qï 2i.€ €qnd.ô.Moni nTeq2s.i2s. nTeqepô.cTid.3eceô.i ' mmoc. ôw hô^icot cor 
T€q22.i2SL €poq MTi€qTHïc Hd.q. KG2s.e uoippo Hd.q 2S.G TiôwicoT eeoird.& (fol. 49 
verso) ô^pi 'Vô^'C'ô^iiH uTeKCMOir epoR 2SLe OTniiy^ ne ^€n iiiiid.7V.d.Tïon neM ^en 

^CirUKAHTOC- THpC. HGMItOT 2^.6 ïie2S.ô.q ^GM Oir2S.COttT «GM OTTMRÔ.^^ ttOHT 2$.€ 

ÇROTTOiiy UTèv-^ «To.2s.i2i. iioTTpwMi Gqccoq MUiepc^Gi «TG c^'^ ^Gtt neq^ÊHOTi GT5'ï 

MÊlO-^- GTGqipi MAVOOOT. TOTG evqGpUJC^Hpi n2S.G nOirpO OTOp ô.q'^- COOir MCp'^- «GAV 

HGqnpoc^HTHc 6eoTrev& ô.tiôv lyGnoTr'^. 

evqTconq on noTcon n2SL€ hgmkot Geoirevû d^î\ô< lyGno-y^- evqujG g^ottu gujmih 
'^noTV.ic GepGqco^i noTT^GTVTV.H.iioc^ g^éig ni(3'm22.onc GTcqipi mmcooit nniOHRi 
OTOO nTGq2s.GMq nTGCiô».iiGj7V.Gin4^ epoq tt^ds.n nGTpcooir £(oc G-ynevi G2S-Coq Gfeo7V.oi- 
TGtt ^'\. OTTOO GT0.q2s.GMq evqces.2s.i nGMes.q ^gr nô>.i. ^n GTGMMo.Tr 2s.6 ^coc 
&.eno'5"^ es.qcoirT(Oii TGq2s.i2s. GJioTV. nujOTcoAîic ô.q'^ noTiyGnRO'yp g^ott» ^g» 
npo MHGnicoT ô^nô. lyGnoir'^. (fol. 5o recto) ^gh '^oirnoT GTôvqvyoRoq ic oTà<\ 

11 arriva aussi que notre père apa Schnoudi étant assis devant le roi, voici 
qu'un grand sénateur du roi arriva, voulant recevoir la bénédiction de mon père, 
et il se prosterna devant lui, il vint pour prendre sa main et la baiser. Mon père 
retira sa main à lui, il ne la lui donna pas. Le roi lui dit : «Mon père saint, fais- 
moi l'amitié de le bénir, car c'est un grand (personnage) dans le palais et dans 
tout le sénat.» Notre père dit avec colère et douleur : «Veux-tu que je donne ma 
main à un homme qui souille le temple de Dieu par les œuvres abominables 
qu'il fait?» Alors le roi s'étonna, il rendit gloire à Dieu et à son prophète saint 
apa Schnoudi. 

Une fois notre père saint apa Schnoudi se leva, il entra dans la ville de Schmin 
pour reprendre un païen au sujet des violences qu'il exerçait contre les pauvres et 
pour le mcn;icer, lorsqu'il l'aurait trouvé, des maux qui devaient fondre sur lui de 
la part de Dieu. Ht lorsqu'il l'eut trouvé, il lui parla ainsi; mais celui-là comme un 
athée étendit sa main digne d'être coupée et donna un soufflet sur le visage de 
notre père apa Schnoudi. Au moment même qu'il le frappa, voici que quelqu'un 

l. Cod. cpf.cuek,3tc<>e. — 2. Cad. cttiirAhtoc. — 3. Cod. noT^eA.Hiioc. — 4. Cod. ittq&.nTA.H (sic). 



MONUMENTS, ETC. 43 



€q£i ^o-V eCioTV. eMdvujco- ^wc oTuiiy^- ïitc noTpo. oiro^ è.qd.MOMi Mir^oii nxe Te- 
qevne d.q'^- ttd.q noTiyenKOirp e^oirn ^eti neq^o OTop d.qco)u mmo'\ £ç\\ -^noAic 
THpc epe OTTMïiy^ mmhuï otc^ «ctoq ujô^Teq^irq e&oTV. e2S.G» ';>iô.po oto^ d.qccou 
MMoq enecHT eniMcooT otto^ evrcoMc mhû otto^ MnoiruoToir çhô^t epooT nuecou 
^cocTe-^ «Te OTTOii niÊieu eTô^irMd.Tr epcooir nTOT2s.oc ' 2s.e ^0.1 OTe-joTciô. utp -^j-V 
Te eTô.qoTropnc £(Ti Miyiuï Mniô^ceÊwc u^e^Annoc^ eTMMd.ir ny^o^'X^x^ eeùe ll^^- 
lyô^ï ttni5'm5'onc eTeqipi mmcoott. oto^ nivipH-^ «ô^tt-^- coott .w-Çk-V 'l>» <iT\}^\ i\iuuj- 
cpHpi ^en iien2sLi2i. «neqccoTn. 

ivqTConq on motchott «2s.e nenicoT eecTTô^fc evnô^ ujeMOTT'^- (fol. 5o verso) eepeq 
uje eni'^Mi nÀeiriT 2i.e ^mô. eqeTôwOTO e^pHi nniei2s.coAon' eT^eu nMev eTeMA^e^T. 
OTTo^ ^en n2i.ïnepoTreMi U2s.e Hi^eA7VHtioc7 eTMMd.Tr d^iraie «o)07r e^TTujoiui ;îeti 
niMew «Mouji e^oirn eni'^Av.i evirecoMc M^es.n c^è<pMô<Reies.s uôvTev tioTîtooM eTOTcoiy 
€'X ttOTTUïcouîT MTiïMcoïT MMOuji. neHicoT'J d.ndw ujenoTT-^ d.qô.7V.Hi eneqico otoo 

s'approcha de cet athée, marchant sur les places de la ville, imprimant une 
grande terreur comme un grand (officier) du roi, et il saisit la chevelure de sa 
tête (au païen), il lui donna un soufflet sur son visage et il le conduisit par la 
ville entière. Une grande multitude le suivit jusqu'à ce qu'il l'eût conduit sur le 
fleuve, il le précipita dans l'eau et ils se submergèrent tous les deux et on ne les 
revit jamais plus, de sorte que quiconque les avait vus, dit : «C'est une puissance 
de Dieu qu'il a envoyée pour tirer sur le champ vengeance de ce païen impie, 
à cause du nombre des violences qu'il a exercées.» Et ainsi ils rendirent gloire 
à Dieu qui opère des prodiges par les mains de ses élus. 

Un jour se leva notre père saint apa Schnoudi pour aller dans le village de 
Bleuit'" et détruire les idoles qui s'y trouvaient. Lorsque les païens l'apprirent, 
ils creusèrent (un trou) dans le chemin conduisant au village, ils enfuirent des 
recettes magiques selon leurs livres, voulant l'empêcher de passer dans le che- 
min. Notre père Schnoudi monta sur son âne et commença de marcher sur le 

I. Cod. niTiA.A.Tie>-. — 2. Cod. jM.jM.evu)(o . — 3. C'-d. çcoc îve. — 4. CÀni. utotscot (.-). — D. LoJ. 
nç€\Hnoc. — 6. Cod. nmics^iùKon.. — 7. Cod. n^eAniioc. — 8. Cod. c^A.pjA.A.riA.. — Q. A la ligne on 
lit «yek. C'est une indication pour la lecture : on arrêtait la leçon en cet endroit. — 10. Bleuit est un 
petit village du nôme d'Akhmim. 



46 



E. AMELINEAU. 



H^HTq uïd^pe nico ooi epô^xq oiroo nTequjcùiii nTeqc|)ô.T. ^eu '^otthoit ujô^TTOircon^ 
efcoTV. n22.e nr4)d.pMô.iieiô.2 nTwoir oTog^ ujô^pe tiô^icot cô.22.1 «cm Ki^iTTiepeTHc 2i.e 
couoTT !iTeiies.ujoir enoTMOTT. otmhuj hcoti ujèvpe Tii^TTnepeTHc eeMouji neMivq 
pïOTTi eniico 2£.e mo^i. tiô^icot 2s.e ujevqcô^ss.! tteMô.q sslc X**-"^ eqeMi^ u^e^p e(|)H 
ereqipi Jw.Moq4 (fol. 5 1 recto) oiro^ ne 1y0.q2s.oc MTHoirnepeTHc 2s.e 5'i nnicneTroe 
UTeiix*^^ iiTOTK ujô^Tenuje e^oirti eni'^Mi nTetievujes.Tr enoiTMOTT. eTevquje 2s.e 
e^oTn eni'^Mi ev ni^e7V.7V.Hnoc5 ne>.ir epoq neM nicReiroc npn\ eT^en nen22.i2s. 
MnioTnepeTHc. 5en '^oTnoir evTTc^coT oiro^ evirepes-eoTcon^ e£io?V.. iievicoT 2».e e^q*^ 
MneqoTOï e^oTn eTiiep''^ei es.qoTC)L)22.Ti nneis^.coTV.on'^ e22.en noTrepnoTr evqxev- 

IICOOT. 

Menencev nevi ne oiron otmotti cevneMenT M^ie^po epe oiron ^evn 5coa\. pHT 
n^HTc iyes.TMO'5"\^7 epoc 22.e eMOiri Mnes-negnoir ecx** MneM^o e&oA n-^noAic 
lyMin ne. nioc 2s.e nxe ni^toM exeMMevir ne ^evn peATy-Hnoc^ ne eTTCi'^ nninpii 
eeAoMc nxe -^motti e22.en nioTin RevTev poMni eiruji'^ mmcûott ^en OT^in22.onc 

chemin. Mais lorsqu'il approcha de l'endroit où Ton avait enfoui les recettes 
magiques, l'âne s'arrêta pour creuser du pied, et à l'instant les recettes magiques 
apparurent. Et mon père parla avec le serviteur : «Prends -les, pour les sus- 
pendre à leur cou.» Souventes fois le serviteur qui marchait avec lui frappait 
l'âne disant : «Marche;» mais mon père lui disait : «Laisse-le, car il sait ce qu'il 
fait.» Et il dit au serviteur : «Prends les vases, porte -les à la main jusqu'à ce 
que nous arrivions au village afin que nous les suspendions à leur cou.» Et lors- 
qu'il entra dans le village, les païens le virent avec les vases de magie dans les 
mains du serviteur, aussitôt ils s'enfuirent et disparurent. Mais mon père pénétra 
dans l'intérieur du temple, il renversa les idoles les unes sur les autres, il les 
détruisit. 

Après ce;> choses, il y avait une île à l'occident du fleuve et dans cette île des 
jardins : on l'appelait Tilc de Panehîou, et elle était située en face de la ville de 
Schmin. Mais les maîtres de ces jardins étaient des païens qui vendaient frau- 
duleusement des vins putréfiés de l'île aux laboureurs chaque année, exigeant 

I. Cod. nnit\>ft.pM.\i'i«k. — 2. CoJ. nr\)»>pMekriA.. — 3. Cod. qcAu. — 4. Cad. .svcq (sic). — 5. Cod. 
uiç^cAnnoc. — 6. Cvd. rtnia.toAoii. — 7. Cod. ujAotavott (sic). — 8. Cod. oisn oe^Htioc. 



MONUMENTS, ETC. 



47 



M<^H CTeUTWOTT d.U. ÎIIOTHÏ 2i.€ eTCMMevIT èv-TTCOOITU (tol. 5 1 VCrSO) ivTI CIIIMO- 

nevcTHpioïi ôK.TT'^^o enô>.icoT eeoires.£i Mnpo'^HTHc ô^tiô^ lyeuoir'^ otoo A.?r2s.o) epo-4 
nui5'ni2i.oric erepe uipcoMi ipi mmcoott utooTr ncM ni^32s.ge2s. gtottmjîht^. iid.io)T 
2^e Mnpoc^HTHc ïiG2s.èvq «cooTT 2g.e T€«eHuoTr uTeTeugcoTV. otto^ '^"^ uô.ep iicTeu- 
ges.n. OTO^ ô^cjTconq tt2s.€ neniooT Mnpoc^HTHc ô.tiô< ujeuoTr-^ ;5eu Tii€2s.oipp ev-^iye 
cÉioA €'^MOTri eTGAVMds.ir eT^iss-e» niMoooir epe tu5toM pHT pi2i.oic ô^q-^- uoTuje i\ù^.i 
^en mue^gi iiTe '^motti MïiïR.07r2i.i n!ii\i eT^eu Teq2s.i2s. oirop ness-ô^q 2i.e gi2sl€ cpo 
ïteo 00 '^MOTTi nxe nds-nepHoir Meviye ne eeMH'^ Mr^ies.po utçooavc ujev eiieo uceuim 

OTr(OT€£i eviriyG eeAiH'^ Mc|)ies.po OTTOg ev tlimcoott ^oo£ic eÊioTV. ^i2SL0i0Tr (fol. 52 recto) 
MTies.Te Tiio-ycoitti i eCioTV. oirop *< nieaLHOir eppcoT essLCooTT. nèvipH-^ ôv '■:^pd<u .u-^-V 

evTT'^ ïioTTOTTOi' c^OTTu €iievicùT ds-Hd». ujetioT'^. ô^irepô^iTein- MAvoq noTrROTrssLi uHpn. 

d'eux avec violence ce qui ne leur était pas dû.^ Mais ces laboureurs se le- 
vèrent, ils allèrent vers le monastère, ils prièrent mon père saint, le prophète 
apa Schnoudi et lui dirent les violences que leur faisaient les hommes et la mi- 
sère dans laquelle ils se trouvaient. Mais mon père le prophète leur dit : «Vous 
autres, allez-vous-en et Dieu exécutera votre jugement.» Et notre père le prophète 
apa Schnoudi se leva dans la nuit, il alla dans cette île qui était au - dessus des 
eaux (et) où il y avait des jardins, il frappa un palmier dans la terre de 1 île avec 
la petite branche qui était dans sa main et dit : «Je te le dis à toi, ô île de Pane- 
hîou, va dans le milieu du fleuve, submerge -toi pour Téternité. afin qu'ils ne 
fassent plus souffrir les pauvres à cause de toi.» A l'instant même l'île avec les 
jardins et les maisons se déplaça, ils allèrent au milieu du fleuve et l'eau les re- 
couvrit avant que la lumière ne parut, et les barques naviguèrent par dessus. 
Ainsi le nom de Dieu fut glorifié par notre père saint, apa Schnoudi, le véridiquc. 
Il arriva aussi une fois qu'il y eut un jour de fête dans le monastère en l'hon- 
neur de nos pères : tous parmi les clercs et les chantres entrèrent dans le monas- 
tère, ils s'approchèrent de mon père apa Schnoudi. ils lui demandèrent un peu 

I. Cod. iv-y'\- nOTTOi. — 2. Cod. eu-cpeTin. — 3. Mot-à-mot : ce qui n'était pas il eux. 



^8 E. AMÉLINEAU. 



OTOp dwqTHïTOTT ttcooTT eqpôiUji. OMOicoc on evTOTTô.g^eM epèvïTein^ MMoq ;5en toip- 
MCTô^Tci OTTO^ Hô.TV.m ô.q'^ noooTT Mc^Mô.^ r ncoK. ô. nu eT^eMci ^ô^TOTq ep uj- 
r^wpi uTeqMUTpeqiyeng^HT oiro^ ness-cooir ties^q 2$.e d>.Truje».no2^ï eTrepes-iTein^ mav.or 
y;inà.o^i ei\'^- noioir. (fol. 52 verso) nessievq ncooir 2S-€ ce ô^A7V.d. cetiô^OTrev^ totott 
ecco on ncis. nn CT^en nô^iMes. eni2s.H MMon TOTT^eAnic mmô^tt ^en Tiïi\ed.icon.+ 
ô.qujconi 2s.e noTTcnoir nssLe oTT^eT^Ànnoc^ €neqpes.n ne eecioc^' c^ô^i ne OTrevce- 
£iHc ne MnipooTT oiro^ nd».qep£t\eK.ci^nMein7 en^c eq2s.eoTres. epoq ^en Teq- 
MnTC02SL ncM TeqMexndvnoTrpuies. eTg^cooir. nenicoT ss^e na.iRô.ioc'^ eTevqcMi eneq- 
AieTpeq2s.eoires. ôvqcpoirtopq eq25LC0 mmoc î2s.e e-yeMoirp Mneq7V.es.c e'^ini nxe Teq- 
(Tô^TV-OSi. e^pni ^en dvMen'^. otto^ eTes-qMoir c^evi ne nipn'^ eTes-Tes-ic nes.q evqep- 
Me^pe nôwn n2s.e nô^itoT 2s.e ô^iepe^ecopein^ MMoq e^pm ^en es.Men'^ epe neqAô^c 
MHp e'fiHi nTe TeqcTô.TV.oss. €TepÊievcô».ni5ein'° MMoq ^en OTrAieTes.T'^dvco eeûe 
TeqMeTô>.ce£iHc. 

de vin : alors il leur donna ce dont ils avaient besoin. Ensuite ils lui en deman- 
dèrent encore d'autre et il le leur donna avec joie. Semblablement ils répétèrent 
la demande dans leur insatiabilité, il leur en donna pour la troisième fois. Ceux 
qui étaient assis près de lui s'étonnèrent de sa débonnaireté et ils lui dirent : 
«S'ils continuaient à (en) demander, continuerais -tu à leur (en) donner?» — Il 
leur dit : «Oui, mais ils ne continueront pas à boire plus que ceux qui sont ici, 
car ils n'ont pas d'espérance pour une autre fois.»" 

Il y avait une fois un païen nommé Gésios qui était impie dans le mal et 
blasphémait le Christ proférant des blasphèmes dans sa sottise et sa méchanceté 
mauvaise. iMais notre père juste, lorsqu'il eût appris ces blasphèmes, le maudit 
en disant : «Que sa langue soit liée au gros orteil de son pied dans l'enfer.» Et 
quand il lut mort, c'est ce qu'on lui fit. Et mon père nous assura par témoignage : 
«Je l'ai vu djas l'enfer, sa langue était attachée au gros orteil de son pied, on le 
tourmentait avec dureté à cause de son impiété.» 

I. Cod. ivTTcpGTin. — 2. Cad. cpcTin. — 3. Cod. eTreperin. — 4. Cod. nmcton. — 5. Cod. oy^a- 
Xwnoc. — 6. Cod. Recioc. — 7. Cod. tpûAACÇî)njw.iit . — 8. Cod. nai^meoc. — q. Cod. e^icp^ctopm. 

10. Cod. CTcpû<kCA.«i3m. — 11. Le traducteur memphitique ne doit pas avoir compris, car d'après 
le texte arabe Schnou li aurait dit que les chantres assoiffés ne boiraient plus à pareille fête l'année 
suivante. '"' 



MONUMENTS. ETC. 49 



ôwcujcoui 2s.e oti HOTCHOTT eepe Jii£iev'A.ueMM(x)07ri i g^kt ueeTi wod^n iioAic 
OTO^ il- (fol. 53 recto) ce Gpèvi^Môw?V.coTeTrcm ' «MipoiMi \\£m mT€£i!\o)CTi. *.ti 
€pHc neM '^è<i^Mô^7V.cociek= Twpc OTOO evTOTTO^ G£io7V.;iG.i neouj \\'c>i. TOTe *^ nA.io)7 
d^TiôN. ujenoT'\- OTCouj €Oco7V. oje^pcooTT CTÊie iiiè<i^M*.7V.o:)TocJ CTô.irepôwi^Miv'A.O)- 

TGTrein' MMCOOT OTOO €Tè>.qep ^lillOp Mr^Iô^pO 2S.€ UT€qUje €neiGÊlT UJdvpOJOT dv l\H 

€Tes.qepdwnô^uTè<n epcooir ïiiyopu ô.Trq?vi enujoii uuoTAor;x;^H cttottcouj €;5cet€-4. 
^en '^oirnoir èv noTr2s.i2s. tcoc ottoo evir^cooTn M^pn-^- «uiujg ô^tto^i eTcoTTOiu 
€£io7V. MnoTTUjoTV.ROir epcooir ottoo nevTTcouj GfcoTV. ;$e« OTtiiiyV uô^uô^uiih. OAioioic 
on Ticeni Hnieenoc ô^ciycoTii ncooir on rô^tô». nevipH*^ ujd^Teq'^00 e*^.vv.ev MnioTpo 

nTCùOTT. €Tes. ^».^ €T€MMÔ^Tr 2».€ GAII 24.e OTÔvT^'pO GpOC T£ '^2i.0M GTiyOIl neAVÔv-^ à.'^ 

Tconq es.qoTrtoujT n*.q oissLen mnevoi eq2i.co mmoc 2s.e 'V'V?'^ cpoK Tô.TV.'Te nei\2s.i2!L 
nnô^pcoMï (fol. 53 verso) otto^ eTev^epcc^pô^i^i^ein" mmcoott dv7roT2i.ô*.i n2S-e noT- 
2fi.i2s. 5>en '^OTTnoT. otto^ gtô. noirpo couj nô<q noe^n Tèvio MTieq'TiTOT nTorq 
ev\7V.es. <pà<\ MMô^TrevTq ne €Tèvq:^oq nè^q 2SLe moi nni nnipcoMi evTViOTi !V6.k 
n'^c^pesi.dv" Tupc. nToq 2i.e noTpo ôw^thitot nes.q Tnpoir n2s.in2s.H ne. otoo 

Il arriva aussi en un temps que les Blemmyes étant allés au Nord pour prendre 
des villes et pour faire prisonniers les hommes avec leurs bestiaux, ils allèrent 
au Sud avec tout leur butin et ils s'arrêtèrent dans le nome de Psoi. Alors mon 
père apa Schnoudi voulut aller vers eux à cause des prisonniers qu'ils avaient 
faits, et lorsqu'il eut traversé le fleuve pour aller à l'Orient vers eux, ceux qu'il 
rencontra d'abord levèrent leurs lances voulant le tuer : à l'instant leurs mains 
séchèrent et devinrent arides comme du bois, elles restèrent étendues sans se 
plier, et ils s'écrièrent dans une grande nécessité. De même au reste des gens il 
arriva de la sorte jusqu'à ce qu'il parvint au lieu où était leur roi. Mais lorsque 
celui-là sut que la force qui était en lui ne pouvait être vaincue, il se leva, se 
prosterna sur terre devant lui, disant : «Je t'en prie, guéris les mains de mes 
hommes»; et lorsqu'il les eut signés, sur le champ leurs mains furent saines. Et 
lorsque le roi lui promit des honneurs, il ne les accepta point de lui; mais voici 
ce que seulement il lui dit : «Donne -moi les hommes; prends pour toi tout le 

I. Cod. eptxJ^'^'^'ûTeTj'in. — 2. Cod. ^n-x^KeJKbiCiis. — 3. Cad. niex-«^^"TOC. — 4. Cod. cpcX" 
Avc^AciTCTTin. — 5. Cod. ^rt^^'^n. — 6. Cod. epec^ïpcVï-i^iM. — 7. Cod. -V'^ptTc.. C'est le mot latin 

prœda. 



5o E. AiMÉLINEAU. 



d.Hô.7Vo3Md. «oiOTT ô.qx^''^ ^^°^ ^^" OTT^eipHttH' TiioTevi îiioTe^i ene^Mô. tiiyconi 

d<cuîOinï 2s.€ on noTeoooTr eTô.irT'coTV.^ e'^CTUô^^ic A^-f^nô^ir «poirg^i oto^ ères. 
ïiicnHOT ecoo-y-^- e-^-eKuTVHciôv ev Reoirô.i i ^i c|>d.OTr maicoot eqep'^opeiu- tioir- 
cxwMô». noTpo oToo eneccoq CMevujco ^en Keqini. u'^OTno'y eTd>. neniooT^ eeoTres.£r 
Mnpo'4)HTHc ô^nôv lyenoTT'f nev^ epoq ô.qMOUji e^oTrn epoq (fol. 64 recto) eqnHOTr 
efeoTV. ^ô<22.03q d.q€poT(o «e^q 5en OTiiiuj'^- utimh.+ ottoo ô^qè^Moni nTeq2SLï2$. evq- 
(TiTq enujooi eTiiAiô. nep Me7V.eTH utc nicnHoir ^eu '^eRuTV.Hcièv. ^h 2s.e eTCMMevir^ 
d>.qepMe7V.€Tes.u ^eu 0^0^022. neM OTMeTceMnoc enè>.iycoc. otto^ «è^pe oiron nifieu 
eTcoiTeA\. epoq nô..Tr ep^HSs.oneicees.i'^ nces. Teq2S-inco2s.ï neM Teqî2s.niTes.oir€ Ae^ic 
»eM TeqeiiicTHMH e^ues^uec ni\dw7V.a)c otto^ €Tes.qj\Hn eqcp Me?V.eTH ô^q-^ neqoTTOi 
c^oTïi enieTrcifs.cTKpioti d>.qep es.^OTC)0ng^. totg ev ^ô^n^ oiron ^en mcitHOT ^pcAV.- 
peM gttss-Ol) AiAioc 22.€ Mne TienicoT 22.€.u. OTTOïi M^HT€n ïiTcqep .vv.eAeTH £iin\ 

butin». Mais lui, le roi, les lui donna tous sans rançon; et il les fit traverser à 
l'ouest de l'eau, les conduisit au monastère, leur donna des dépenses et les con- 
gédia en paix chacun dans sa demeure, rendant gloire à Dieu et à son prophète 
saint apa Schnoudi. 

Il arriva un jour qu'on sonna pour la cynaxe à l'heure du soir, et lorsque les 
frères se furent rassemblés dans l'Église, un autre vint derrière eux portant un 
habit royal, et beau grandement de son visage. Aussitôt que notre père saint le 
prophète apa Schnoudi le vit, il marcha vers celui qui venait à lui, lui parla avec 
un grand respect, le prit par la main, le fit monter au lieu où Ton faisait dans 
TÉglise la méditation des frères; et cet homme fit la méditation avec douceur et 
une grande majesté. Et quiconque l'entendait était rempli de plaisir en suite de 
ses paroles et de sa manière de lire la leçon et de sa science grande bellement. 
Et lorsqu'il eut (ini de faire la méditation, il entra dans le sanctuaire et disparut. 
Alors quelques-uns des frères murmurèrent disant : «Notre père n"a donc trouvé 
personne parmi nous pour faire la méditation, sinon ce mondain qu'il a fait 

\. Cod. oTç^ipiuiH. — 2. Cad. cqcp'\)opiu. — 3. Cod. encnitoT. La main mentionnée plus haut a 
corrigé : eTi\ neiiitoT. — 4. Cod. \\\i\\y. Dans les transcriptions grecques la lettre "^^ ne s'emploie pas; 
mais il y a des fautes, comme c'est ici le cas. — 5. Cod. eTJw.j«.ft>T : orthographe sahidique. — 6. Cod. 
«pç^ra^ouccoc. — 7. Cad. totê ^au otou. On a ajouté »- en interligne. 



MONUMENTS, ETC. 5 i 



€nivipcoMi tiivocMiKOC eTdvqTd.7V.oq enujwi es^qep Me7V.eTH eiucimoT. ctô. iieuior 
!:5>.e Avnpo^HTHc dvTid. lyeuoiT'^- cmi 2s.e hicmhott ^peMpcM otoo c€.woumou £e\\ 
UÔ.Ï (fol. 54 verso) ô.qoTCo\vp mïiimttcthpiou epoioii ££\\ oTue^ppiiciô. eq^to) 
AVMOC ucooTT 2i.e Teii^oTTTT uôwCiiKOTT 2s.e RipcoMi eTôw^aje enujoii ô^qep mcActh 
€poïi '^HOTT c5>ô.v Tie ninpoc^HTHc eecirevû ss^eviriss. nojupi uiecce CTev^epenioT- 
Mein' eep Me7V.eTH ^e» TeTeueuiiAncièv otto^ ic ô. hoc epi^^^evpi-^ecoevi- udvt\ nm^x- 
niiy^ ttis.ues.eon. oto^ ^e» '^otmott e< tticttHoir 'Tbss.i cev HOTepHOT e;îoTtv eni- 
eircievCTttpion eiTMeeTi 2s.e cenô>.2SLeMq nceTi c.v\.ot tieM c£io) efcoAoiTOT-4 otoo 
AviioTmevir egAi. TOTe es.7rep lyc^Hpi TupoT A^-nipH-^ CTepe rp^ -^coot m-^h eeoTewù 
niniiy^ Mnpo^HTHc nicoT «tôw» es.Tiô. ujenoTT'^^. 

d».cujcoiii 2s.e on noTeoooir eTes. ô^ïiôw-* Md^pTirpioc niô^p^^^^^HMôvns^piTHc «tc 
t^&cooTT I €^HT uïèv nmpc^nTnc is.iiev ujenoT'^ e2s.eM neqiyini ovo^ eepevcnev- 
3ece^es.ï+ MMoq ne OTon OTr\^ev?V.THc 2^e moujj ncev ôvTIô. MevpTTpioc (fol. 55 recto; 
OTOO eTôwT^e e^OTtt'' e'^euuTV.HCiev î2s.e eTnes.(ji cmot ev nix^'dvATHc 001 eqepx^-evA- 
TV.ein*' evqcocn iid».pô^ nuji oto^ nes.qccooTn ô^n eniMTCTnpion. tot€ ne2fi.e ',^h 

monter et qui a fait la méditation aux frères.» Mais lorsque notre père le pro- 
phète apa Schnoudi sut que les frères murmuraient et qu'ils avaient ces pensées, 
il leur manifesta le mystère avec franchise, leur disant : «Ayez confiance en moi, 
mes frères, (je vous dis) que l'homme qui est monté et nous a fait tout à Theure 
la méditation est David le prophète saint, le fils de Jessé, qui a désiré faire la 
méditation dans notre église et voici que le Seigneur nous a accordé la grâce de 
ces grands biens.» Et à l'instant les frères se précipitèrent dans le sanctuaire 
pensant le trouver afin de recevoir sa bénédiction et ses enseignements, et ils ne 
trouvèrent personne : alors ils admirèrent tous la manière dont Dieu avait glo- 
rifié le saint, le grand prophète, notre père apa Schnoudi. 

Il arriva aussi un jour, lorsque apa Martyrios l'archimandrite de Phbôou vint 
au nord vers le prophète apa Schnoudi pour le visiter et l'embrasser, qu un 
chantre vint avec apa Martyrios; et lorsqu'ils furent entrés dans l" Église pour 
recevoir la bénédiction, le chantre continua de chanter, et il continua trop long- 
temps, ne sachant pas le mystère. Alors le saint apa Martyrios dit à notre père 

I. Cod. eT«.qep6ni«^TJ«.ni. — 2. Cod. cpx*<P>3ec«t- — ?• C'<'^- ctv\u.\. — 4. t-od. ccpACiu\-5ccv>c. 
— 5. Cod. cSoTjA. — 6. Cod. eqep>V&.?V.iii. 



-• 
/ 



52 E. AMELINEAU. 



eepe T\i\5.'d<7V.THc kh« epoq eqep\]^^'ôw7V.Aem' 2s.e othi ic niAevoc ô^q^i cmot ncM 
nicnHOTT nevïWT 2s.e d.qepoTO) nd.q eq2s.co mmoc 2sl€ ev^oii neMd^q Môwpeqep\:^'ô.7V.- 
'\ein- 22.e ic oT^^copoc nèvUueAoc iico'^ epoq eqoTog^eM nccoq oto^ ^Hime ic 
2s.ô.Tï2^ Timpoc^HTHc 0^1 epô^Tq cô< nc^ip MMO^ £-^-\ eTOTq iiiiiAe^ic eTecuje 
e€^peq2S-OT07r. ô^hô. Mô.pTTpioc 2^€ dvqcp lyc^Hpi e^pHi e25Len nmnev «Te '^-^ eTUjon 
^en neniwT es.Tiô< lycnoT'^. 

d>.ciyconi 2s.e oh uoTrepooir epe nenicoT Mnpo'^HTHc ôvH*. iyeno?r"^ mouji ncAv. 
niniu}'\- MTipoO[)HTHc lepeMiôvC (fol. 55 verso) ^e» niTinô^ uô.p tioc neTccooTti ^en 
TiiccoMd< ott TIOC TieTccooTM. Aoinott d<qi e2s.en ottcoh eqeuKOT epe neqpùoc poiic 
e2S-Coq OTop nd.qepMeAeTev» nYucev22.i uTe lepeMie^^c miipot^HTHc. TOTe d.qopi 
epôiTq n2$.e c^h eeoTô.û lepeMievc cevTiiycoi Mnicon eTCMMô^T eqetiKOT eqep.ue- 
7V.eTes.ïi OTTop ô^qpiMi ujô».Te neqepMcooTi ujoiro euecHT e2s.en nicon CTeMMôvTr^ 
eTÇttiioT. oTop 5en "^otmott es. tiô^icot totthoc nicon eppm 2s.e TtottR tt^coAeAi. 
OTTop eTds.qTcottq ô.qiyetiq eqssLCO mmoc «evq 2s.e pôvpô». ô^îicmi 22-€ pe^n e&oAecon «e 
ndviTe?V.Ti7V.i MMcooTT eTeA.H e2i.ooi\. ne22.e nicon Mô^q 22-e mc^h ôwTVTV.ôw eiMeTi 2s.e 

le prophète apa Schnoudi : «Veux-tu, mon père, faire cesser le chantre de chan- 
ter, car certes voici que le peuple a reçu la bénédiction ainsi que les frères?» — 
iMais notre père lui répondit : «Qu'as -tu (de commun) avec lui? qu'il chante, 
car voici qu'un chœur d'anges l'entoure et lui répond, et voici que le prophète 
David se tient à son côté lui indiquant les leçons qu'il faut dire.» Et apa Mar- 
tyrios fut rempli d'admiration au sujet de l'esprit de Dieu qui était en notre père 
apa Schnoudi. 

Il arriva aussi qu'un jour où notre père le prophète apa Schnoudi marchait 
avec le grand prophète Jérémie, (en esprit? le Seigneur le sait, en corps? le 
Seigneur le sait), il rencontra un frère endormi : le vêtement du frère lui couvrait 
la figure, ci il récitait les paroles de Jérémie le prophète. Alors le saint Jérémie 
s'arrêta au-dessus de ce frère endormi en récitant et il pleura jusqu'à ce que ses 
larmes découlèrent sur ce frère endormi. Et aussitôt mon père réveilla le frère, 
disant : «Lève- toi, vite»; et lorsque le frère se fut levé, il l'interrogea disant : «Sais- 
tu d'où viennent les gouttes d'eau qui sont tombées sur toi?» — Le frère lui dit : 

I. Cad. c^ep\\v\An\. — 2. Cad. Mv\pc-^cp\\v\Xiii. — 3. Cad. cta\.j^a.t. 



MONUMENTS, ETC. 53 



eTe<. T^>e ^coot. ne22.e uô^icot ud.q i>£n otomi^ e&oA 22.e e^pr nu-TeTeni^ \\n\ \\(k- 
ujHpi 2SLe Ud<i tgAtiAi mmcoot eTOT^ei e;îpHi e2<L0ii\ <^dK\\ epM0)OTi ne «Te m 
npo'4>HTHC lepeMiôvC (fol. 56 recto) ues-i^ uevp uevqo^i epô.T-4 pi2s.o)n ne ç-^piAvi 
MiiHidvT ei\epA\.e7V.eTes.u Mneqces.2s.i 2s.e nevU2s.o) M.vvoiOT e^^n *e»i ot2slo)-4 uoht. 

nevqA\.ouji 2».e ou «ottcoti «gm iiinpo'^HTHc le^eumTV. i\2s.e neuioT eeoTd»,!Q 
OTTO^ ïve OTon otco» eqpeMci nces. oTces. eqepMc7V.eTd.» £e\\ tucô.2£.i iixe niupo- 
c^HTHC. os-o^ ôvquje n22.e ninpoc|)HTHc eeoTrevÊi le^eiviHTV. e^-^ooi epdvTq 0122.0)^ 
njcoii 2s.e eTeqepMe7V.eTd.tt ttô^qeMi ^s.tt ne. otto^ ne2i.e nettitoT d.ud. lyenoT-V 
MniTipo<^H.THc ïe-^eiiiwTV. sLe à^Mos- Ten^eMci AVTipcii'îrAi+ mmoii ttTeivopi ep^^Tiv. 
ne2s.e ninpoc^HTHc «evq 22.e y^^ù nni eCioTV. Tetoc -f «evcett nes.ico« efeoTV. evu 2s.c othi 
eqepAveAeTô».» ott ttttôK.cèv2s.i ^ett OTreoT^. «e oto» iiecou ;^e ou eqpe.vici ^eu 
oireTVuc eqep Aie7V.eTH mri iêi uivo7r2s.i MTipoc^uTHC OTop mthucvt euïô«>qepMe'\eTA.u 
ttTeqeppHTc enioirô».! nioTTô^i ueujd.pe neuicoT e^nev ujettOTT*^ (fol. 56 verso; uô.t 
eniTipoc^uTHc eTeqnô>.epMe7V.eTes.H MAvoq eqopi epdvTq ^evTeu nicou iu^~cquHj\ 
eqep Me7V.eTH Menenccoe nTeqiye ttTeqpeMci ^e^Teu neuitoT ô^uô. u}euoT-V ue.^i 

«Non, mais j'ai cru que le ciel pleuvait.» — Mon père lui dit en (lui) découvrant 
(le mystère) : «Crois-moi, mon fils, ces gouttes qui sont tombées sur toi sont les 
larmes du prophète Jérémie : il se tenait debout au-dessus de toi, pleurant, à l'heure 
où tu récitais ses paroles; car tu ne les as pas récitées avec ferveur de cœur.» 

Il marchait une fois avec le prophète Ezéchiel, notre père saint; il y avait un 
frère assis à l'écart, récitant les paroles du prophète. Et le prophète saint. Kzé- 
chiel, marcha, il se tint debout au-dessus de lui et le frère qui récitait ne le savait 
pas. Et notre père apa Schnoudi dit au prophète Ezéchiel : «Vie"!s que nous 
nous asseyions : ne te donne pas la peine de te tenir debout.» — Le prophète lui 
dit : «Laisse -moi encore, je ne dépasserai pas ce frère; car certes il récite mes 
paroles avec ardeur.» Il y avait aussi un autre frère assis dans un coin récitant 
les douze petits prophètes et à l'heure où il les récitait, les commençant l'un 
après l'autre, notre père apa Schnoudi voyait le prophète qu'il récitait se tenant 
debout près du frère jusqu'à ce que celui-ci eut fini de (le) réciter, et allant en- 
suite s'asseoir près de notre père apa Schnoudi avec le prophète Ezéchiel : et 

I. Cod. pi. La main susdite a aioutc e.. — 2. CoJ. lucTCTin. — 3. CoJ. uc ri\p. — 4. CoJ. 
crtWi. 



H 



E. AMÉLINEAU. 



ninpo'^HTHc ic^eumA oiro^ nce^eMci ^èvTcn iioirepHOTr. oto^ eT^ nicon ottu 
eTeMMo.Tr' uhu mtiiiô^ ïiROT2i.i Mnpoq>KTHc i^qi e2s.en ni^i^ie eTe Mi^Ae^x^^c 
ne ô.qep gHTC n^wpn ^wc pwMi epe OTCdvp^ TOi^icoTq otoo i^ KiomiM gpouî 
e^piii e2s.wq »oiruoT2Li ^iTen nipH^ eT^vqep mess^copo THpq eqoi nujpwic eqep- 
A^eAeTô^u oiro^ Mne iiiTipoq)HTHc eeciri^d mô^A^^xi^^c cenq efeoTV. eqo^i epivTq 
cevnajco! MMoq. Tore ne2i.e ninpoc5>HTHC le^eKmTV. MncnicoT ô^tiô. lyenoT'V 2s.e 
0TÔ.O ^ïci epoK uTeime^cj Miiicon ^niô. nTeq2s.oR nicd.2s.ï nre nencon mô^Aô^xï^c 
efiioTV. tiTeqi owq tiTeq^eMCï e^pHi neMe^n. nenicoT !^€ ô^cjuje nevq ^^qneoci MMoq 
(fol. 57 recto) €q2SLC0 mmoc 2s.e tcohïi e^pHi n^vujHpi «TeRX^ nmiiy^ npcoMi efioA 
UTequHtt cqcivTr7V.ï MMoq eeiîiHHTU goncoc uTeqTô.^ eneqcMHO-îr. oirog Tie^ipH'^- 
evqTtonq ôvq2s.oi\q eÊioTV Meneticwc 0. iiinpoq>HTHc epevcne^^eceevi nneqiyq>Hp 
Av.upoq>HTHC d.iriye e£io7V^iTOTq. 

dwCujcoTii 2^e on noTcon es. oTcon ujcoujt noT^wÊi g^coc pcoMi eÊioTV. 2s.e q)-^ 
MMdvTè^Tq ne ôvenoÊii oto^ ô. TieniwT ô^tiôv ujeno-y^- ^iTq eÉioA^en niMonô^cTH- 
pion 110.T0. nnèwiicon. oto^ ô^^mouji efcoTV ^eii niujdvqe eqpiAii 2s.e nicon ereAv.- 

ils restaient assis les uns près des autres. Et lorsque ce frère eut fini les onze petits 
prophètes, il arriva au dernier qui était Malachie et il commença de s'endormir 
comme un homme revêtu de chair, et le sommeil s'appesantit un peu sur lui 
parce qu'il avait passé toute la nuit éveillé et récitant; et le prophète saint, Ma- 
lachie, ne cessa point de se tenir debout au-dessus de lui. Alors le prophète 
Ézéchiel dit à notre père apa Schnoudi : «Donne-toi la peine d'éveiller le frère 
afin qu'il achève les paroles de notre frère Malachie pour que c^lui-ci vienne 
aussi s'asseoir avec nous.» Et notre père alla, il l'éveilla, disant : «Lève-toi, mon 
fils, achève ce grand homme, afin qu'il cesse de se fatiguer à cause de toi et se 
mêle à ses frères.» Et ainsi le frère se leva, l'acheva : ensuite le prophète embrassa 
ses compagnons les prophètes; ils le quittèrent (Schnoudi). 

11 arriva une fois qu'un frère commit une faute comme homme,' car Dieu seul 
est impeccable, et notre père apa Schnoudi le chassa du monastère selon la règle, 
et il marcha dans le désert pleurant; ce frère était d'une grande humilité, et, lors- 
qu'il eut pensé à la miséricorde de Dieu, il donna son cœur à la repentance et il 

I. Cad. £Tj«.Au\T — 2. Cette expression signifie une faute contre la chasteté que le moine avait 
dû promettre de L;arder avant d'entrer au monastère. 



MONUMENTS, ETC. 53 



Mneq^HT e-^MeTôvUoiô. otto^ evqcpMCTdwHoeiu- eq2s.o> mmoc 2i.e nôë -^j-^ lUMiwi- 
pcoMi OTO^ niuôwHT c^H eTeqoTTOiuj ô^h eepe pAi ^Ci e&oA;îeu iuoèhoti «tc 
ueq2s.i2i. dwiviyes.«ecoT mh^ht Mnô^ioiT avc^oott UTeq^xi^^ ""' eÊoA M-pw p.~d^\iK\'\ 
OTOO nTeq5lTT e^oTn iiRecon (loi. Sy verso) -^-ep oeAuic ei epô^Tii eip^vwdvw iç\\ 
pcoÊi ni£i€«. OTop ^eti '^ottïiot çti epe iiicô.2sli x" ^^" P^^^ ^ OTivrreAoc uTe 
noc OTCOuo ïies.q eCioTV. eqo^i epô^Tq ^leoTWiy equjini MMoq OTOp eqsto) aimoc 
ttewq 2SLe ôw^ok-* ej\pe2s.pco2s. MnôwipH-^. ô<qepoirt>) U2s.e mcou CTCMMi^T' n€2i.*.q 
ues.q 22.6 eipe2s.pco22. nô^con 2s.e ô». niviooT eeoTTdvfc ôvti^. ujeuoT-^ oitt eicoA^cii 
eMH'^ rtniciiHOTT oirop -^qmi ô<ii 2s.e eiudvep ott eÙH^V. eepnô».TOT eèoA ucev F^vOT- 
î>2.d.i 2s.e AiMOii peAnic MMeTô^noies. ujon «hi ic2£.en "^uott. nessLe iTievuce'Xoc u*.q 
î2s.€ d.peujô<n ïieuicoT ujonu epoq iiRecon ;A(;^ïidwdwppep e'^2s.id.eKiiH eTes.uceAv.uHTc 
neM c^)'^ oTop nTeR2s.(Oï\ eàoA uuh eTes.HepoA\.o7V.oi7eiu^ mmcoott -^hot. CA.TOTq dv ni- 
con piTq e^pHi ^ô^pevTq MHiôvUueTVoc eqssLO) maioc 2s.e ce toiuo nevoc evpeujevu 
neqnôwï Tô».poi '^ep pe7V.Tiic eô».pep epcooTT oTrop e22.oi\oir e£io7V.. (fol. 58 recto) »\dvpe 

se repentit, disant : «O Dieu aimant les hommes et miséricordieux, qui ne désires 
pas que quelquechose des œuvres de tes mains soit perdu, si tu persuades aujour- 
d'hui le cœur de mon père afin qu'il me pardonne et qu'il me fasse entrer une 
autre fois, j'espère que je paraîtrai devant toi t'ayant fait plaisir en toute chose.» Et 
aussitôt, les paroles étant encore dans sa bouche, un ange du Seigneur lui apparut 
se tenant debout près de lui, l'interrogeant et lui disant : «Pourquoi es-tu affligé de 
la sorte?» — Ce frère répondit et dit : «Je suis affligé, parce que mon père saint, 
apa Schnoudi, m'a chassé du milieu des frères, et je ne sais que faire sinon dés- 
espérer de mon salut; car il ne me reste plus d'espérance de repentir désormais.» 
— L'ange lui dit : «Si ton père te reçoit une autre fois, garderas-tu la promesse 
que tu as faite à Dieu, afin que tu accomplisses ce que tu viens de confesser 
tout à l'heure?» — Aussitôt le frère se jeta aux pieds de lange, en disant : «Oui, 
beaucoup, mon Seigneur; si ta miséricorde m'élève, j'espère que je garderai 
(mes promesses) et les accomplirai.» — Or l'ange portait un habit de moine au 

I. Cod. CTAVAv.j\.Tr. — 2. Cod. ek,qepMCT*.ttO!n. — 3. Cod. 3te *or. — 4. Cod. ctmavjvt. — 5. CoJ. 
eTivRepoMoAoTi'in. 



56 E. AMELINEAU. 



nidvuceTVoc u^vp ep'^opein' hottc^hmôv mmoîiô^^oc ne MTiinèvTT eTô.qo7rcoHO 
cnicou iidvTô. nipH'V eTes-tiCMi eCioTV-g^iTOTq. otto^ Tie2s.e Tiids.i7ueAoc nô>.q 2s.e Twnï\ 
owA ujdvpoq OTTOO qnô.iyoTiii epoq. Ti€2SLe nicon nô.q 2s.€ hh eTpcoïc enipo nô.- 
y^i^T d.u euje e^oTu ujè^poq. nessLe niô^uueAoc tids^q 2s.e ocoTV. neoR otto^ X*^*"" 
r^CAv pcoMi ô.» ec^Mô. Mnipo '^ MneKOiroi e^oirn w^ç^ixÎK^m ;^nes.2s.iMi MneuiwT 
eqoçMci pipeti ç^po «'^euiiAnciô^ e22.eH '^ûennH. ev2s.oc nô.q 2S-e Tie2s.e (pu eTdvq- 
i\nn ^ôwTOTK '^noir eqcô<2s.i ïieMes.i\ cô^ oTinèvM MniAv.è<nep ujcoottuji î2s.e ujotit 
epoii «uecon. oiro^ es. hicoh Tô».2SL.poq e22.en TiïCô<2i.i ô.qTConq ^q'V Mneqoiroi 

€niMOÏld.CTHpiOM OTTOO Mncq^LCM oAj «ptOMI ecÇ>Mes. MTlipO K.è<Tô. nipH'^ eTèv 

nio.uue7V.oc 2s.oc nes.q. n'^OTrnoT evq'|- MneqoTTOi e^oirn è^q2$.iMi MnenicoT Mnpo- 
c^HTHc èvnô< ojenoTT'^ eq^cMci (fol. 58 verso) e2S-en '^&ennR «Te 'feuR'A.HCièv epe 
TiGq7V.e£iiTOc2 eTpè^^i ToioicoTq. iie ^RTrpids.KH 2s.e ne TiieoooTr eTeMAiô^T^ otoo 
ne c^nôiiT ne nTdv7V.e eTcies. e^pHi Mnoc. otto^ ères, nicon ep ohtc ncè<2s.i ne.u 
neuïtoT Mnpoc^HTHC es.nev oienoT'^ wi^Tix nw eTes^qcoeMOir nTOTq Mnïis.ui7eAoc 
e^OTTô^fe evqMoiT'^ n2s.e nenicoT Mnicon eTeHiy eniMôv nRcoTV.^ ne2s.evq nô^q 2SLe ocoTV. 

moment où il apparut au frère, selon la manière dont nous l'avons appris de lui. 
Et l'ange lui dit : «Lève-toi, cours vers lui, et il te recevra.» — Le frère lui dit : 
«Ceux qui veillent à la porte ne me laisseront pas entrer vers lui.» — L'ange lui 
dit : «Va, toi, et tu ne trouveras personne à la porte,'^ entre vite; tu trouveras ton 
père assis près de la porte de l'Église sur le montant, dis-lui : Celui qui vient de 
cesser de te parler à la droite de l'autel a dit : Reçois-moi une autre fois.» — Et 
le frère s'affermit sur ce discours, il se leva, il approcha du monastère, il ne 
trouva personne à la porte, comme l'ange le lui avait dit. Aussitôt il entra, il trouva 
notre père apa Schnoudi assis sur le montant de la porte de l'Église, il était re- 
vêtu de son habit mince, car ce jour-là c'était dimanche et c'était Theure d'otfrir 
le sacrifier au Seigneur. Et lorsque le frère eut commencé de parler avec notre 
père apa Schnoudi selon ce qu'il avait entendu de Tange saint, notre père appela 
le trère qui était chargé de la sonnerie, il In.i dit : «'Va, appelle-moi le domestique 
qui a chassé le frère.* — Et lorsqu'il fut venu, notre père lui dit : «Fais entrer le 



1. Cad. cpr\>opin — 2. Cad. Acûitot. Corruption du mot grec Xsrriç. — ■},. Cad. eTCMMevT. — 
4. Mot-i\-mot : .^ l'endrou de la porte. 



MONUMENTS, ETC. b' 



ïlTeUMOT-^ UHI MïlipfM ilHl GTô^q^I IlICOU CÉloA ;iô^TOT'4. OTOO eTè^'^l Iie:S.e IlClUOiT 

nè>.q 2i.e (3l Mnicon e^oiru uTeqooi «cm «icnHOT M'^pu-^ uujopu ou. otoo evTep 
lyf^Hpi THpoir ïi2SLe micuhott MUoireMi eniMircTupiou exô^'^ujoini. 

A-ciyconi on uoirpoMUi eujTeA\.epe himcoot i oto^ ô< uejvio)7 ô.ii^v iyej\0T"V 
ÇMï eniMTTCTHpion e£io7V.oiTeiv noc oiroo tieoq ^oy^ ôv-^'TopTi avihoo)£i eÊioTV. «t\i- 
cnHOTT. epe ue^epMcooTri lyoïro e.ipni ^en Me'j[&is.7\. oiro^ ne^s.*».-^ ne^u ik)l 3f) 
recto) 2i.e ui7V.h7V. eopwi oô. c^-^ otoo ô^uou pto -\-tiovUje !ihi e.50Ti\ euIUJ^v■4e tvTeviep 
Tôwi ^e&2s.0MeK.c ' eiTwfito Av.noc otoo d>.ues.Tr Mneuepe oAi upwAVï i \\\\\ e*oTu en- 
THpq. Aoinon Aienencô. epequje nô^q e^OT» enoiôvqe d^ OTe^nô^uTHA^d. ujoiiii. 
es. ni2s.o'yg i e^oTu e-^Monn ^en tiimô^o 2s. ne^ooir utc -VpeÙ2s.0Av^vc eT.uAvevT 
eqoTcouj eepnpocii-rneni- MnenicoT e€^OTrèK.£i ôs.Tiè< lyenoTT-^ otoo e'fi ca\.ot eùcTy.- 
piTOTq. OTTOO evqMOTT'^ epoi ô^ïior nieAèv;)(^icToc êhcô^ niAid^enTHC htc neuuoT. 
Tie22.ôvq tiHi 2s.e eioTcoiy eepd.nevUTes.n eni^eAAo eeoTevfe oirop uT^vep upocuT- 
nein+ MMoq. es,iep oirco ne^q 2s.e eq^en^ ne^i Av.onô.cTHpïo» ôv» ev7v.Aev ô.qooi'X eni- 
ujô^qe eTCôv^oTTii. nessLe ni2!^OT^ mhi on 2SLe g^coTV. uTeiiMOT*^ epoq uhi. otoo 6. i\i- 

frère, qu'il demeure avec les frères comme autrefois.» Et les frères s'étonnèrent 
tous, ne sachant pas le mystère qui était arrivé. 

Il arriva une année que l'eau ne vint pas, et notre père apa Schnoudi savait 
le mystère par le Seigneur, et lui aussi manifesta la chose aux frères. Les larmes 
coulaient abondamment de ses yeux et il nous dit : «Priez Dieu, et moi aussi 
j'irai au désert passer toute cette semaine (et) prier le Seigneur : prenez garde 
que personne ne vienne à moi, du tout.» Mais après qu'il fut entré dans le désert 
il survint un événement : le duc vint au monastère le troisième jour de cette 
semaine désirant adorer notre père saint, apa Schnoudi, et recevoir sa bénédiction. 
Et il m'appella, moi, le minime 'Visa, le disciple de notre père, il me dit : «je 
veux rencontrer le vieillard saint et l'adorer.» — Je lui répondis : «11 n'est pas 
dans le monastère, mais il est allé dans l'intérieur du désert.» — Le duc dit : 
«'Va, appelle-le-moi.» Et les frères lui répondirent : «11 nous a dit : Ne laissez 
personne venir à moi, du tout, pendant toute cette semaine. > Mais le duc jura 
comme un homme qui est dans les honneurs, disant : «Je ne cesse pas d'être avec 

I. Cod. TiMeTia.OA\.A.c (sic). — 2. Cod. tcpnpocK,Tnm. — 3. Cod. ni.vv*.iMTHC. — 4. C.od. nTA,cp 

«pocRTniH. — 5. Cod. steqSciiT. 

8 



58 E. AMÉLINEAU, 



cniioT ep oTw 2sl€ evq2s.oc «ô.» 2s.e Miien^^pe o\\ «poiMi' i khi e^oTn oo7V.coc 
ttTô<i peÊi25^0Mô.c THpc. Aomo» ô. Tii2i.0Tr^ topiv owc pcoMi (fol. 5g verso) eq^en 

e2s.wTeu ujôvTeTCHOcoTV. e^oTti nTexeuMOT'^ epoq «hi iiTô<5l cmoit G£io7V.oiT07q. 
OTOp €Tô<qep ? ïieoooT eqA\.OT€« AVMoq ^en tiicaiott ïiTe niAvoiVôwCTHpiou èvnep- 
euivôwK€i«.' OTop Tiô.ipH'^ èvnuje e^OTii enujôvqe^ €T\iMèv exepe iieuicoT Mupoc^H- 
THC u^HTq OTOO GTô.«uco7Vo e^OTM Mouic d.qepoTco Menencôv OTniiy^- nnevT. 
MCHcnccoc èvqi e£io7V. oirop nes.q2s.0nT epoti €q2S-co a\.moc 2s.e mh A\.ni2s.oc ncoTen 
2S.€ Mnciiepe o7V.i npcoMi i uhi g^otm ^en tô^i peÊi2s.0Mès.c Tupc. TOTe es.n2s.0c nesq 
2s.e ^0) nesn €£io7V. nenicoT eeo7rô^£i gtô. hïAott^ ï €TiiA\.onevcTHpion neAv TeqfeoH- 
eeïes.+ MMdwToi THpc ncMesq oiroo nToq ô.qepevnôsi^Hes'^ein- MAvon ci e^oTn lyespoii. 
Aoinon èvqcèv2s.ï neMô^n 2i.e TCTcncMi 2s.e evi2s.oc ncoTcn (fol. 60 recto) 2£.e es. '^-^ 
OTresOCdwOns cuîTCMepe tiimcoot ï e2s.en nniespi nepoMTii ic OHTiTie OTrn esiToo&o 
MMoq OTTOO esqcouj nni ococ noT*^ ne>vueveoc oirop ptoc ujesnevoenq esq^pe îiimcoot 
ï nTcqTi noo Av.TiniesOï n^poMUi on. oirop CTesn'^po epoq esqi ncAVèsn ujev ni- 

vous en ce lieu mangeant et dépensant^ à vos frais jusqu'à ce que vous alliez me 
rappeler afin que je reçoive sa bénédiction.» Et lorsqu'il eut passé trois jours à 
se reposer dans la bénédiction du monastère, nous fûmes à mal, et ainsi nous 
allâmes dans le désert dans le lieu où se trouvait notre père le prophète, et, 
lorsque nous eûmes frappé, à peine nous répondit-il après une grande heure. 
Ensuite il sortit et se mit en colère contre nous, disant : «Ne vous avais-je pas 
dit : Ne laissez venir personne à moi pendant toute cette semaine?» — Alors nous 
lui dîmes : «Pardonne-nous, notre père saint; lorsque le duc est arrivé au monas- 
tère et toute son escorte de soldats avec lui, il nous a obligés de venir vers toi.» 
— Du reste il nous dit : «Vous savez que je vous ai dit que Dieu a ordonné de 
ne point laisser l'eau A'enir sur la terre cette année; voici donc, je l'ai prié, et il m'a 
promis comme un Dieu bon et un (Dieu) miséricordieux de laisser l'eau prendre 
la face de la terre, cette année encore;» et lorsque nous l'eûmes prié il vint avec 
nous vers le duc. Mais lui. le duc, lorsqu'il vit notre père, il se prosterna devant 
lui et il reçut sa bénédiction. Il lui dit : «'Veux-tu que j'aille au Midi afin de com- 

I. Cad. çA,i .Kvpoi.w;. — 2. CoJ. js.ivcpenK«.H.i\\. — 3. Cod. eu)A.q£. — 4. Cod. Tcqûoii^ie^. — 5. Cad. 
i\qcp*.uc<rKi\jiu. — 6. Mot-à-mot : mangeant des dépenses à vos frais. 



MONUMENTS, ETC. 3q 



2k.0T^. u^oq 2!^e Tiiak.o'y^ eTevmvd>.ir eiienioiT ivqoTomjT mmc^ otoo 6<\'J'i cmot 
e&o7V.oiTOTq e^q^s-oc iiis.q 2s.e ;^oto)uj iiTô^iye epuc KTd<epno\eMeiu' \\£\k t\iè^vp- 
Êievpoc nôwUOT. tveoq 2s.e TiessLevq nds.q 22.e ce. îie2SLe iiiS^oTr^ »ev.-^ 2£.e Mevpe ueu- 
«evi Tô^^oi neMOiT eecTTô^Éi «Teiv^ nni uoTM02i.;5 uujd.p c^ok ne pin*, utc^ujoiu 
iiHi ncMOTT. OTTO^ ôw^THiq ttdvq. eTdvquje epnc «2i.e hisvott *^qep tio^uj MA\.opq 
MiiiA\.022.^ MTe TieïiïtoT €eoTe».Êi OTTOO ^GK îi2s.iHep€q-V AVîieqoToi enitîe«.pÈè<poc 
TOTe eKTr2s.eA\.2s.o.vv. e^pni e2s.coq oto^ evir^coTeCi t\oô.ïi av.huj ;îeu iie^AVô^Toi (fol. 60 
verso) Mniujopn ncon «cm tiimôs.^ fit. en.ies.ie ss^^e ÔK.qepur^ni MA\.oq otoo î\e2s.6.q 
2s.e MK pco eTeviAi&i 2s.e MniMopr av.iiia\.02s.^ «uj*.p uTe Tii^e7V.Ao A\.iipo\)UTHc 
es.Tiev lyenoTT'f eTis.qTHiq «hi. otoo ^eu •^OTnoT evqAiopq AVMoq otoo d<\-\ Avneq- 
OTOi eni&d>.p&ôwpoc es.qS^oTîT'eT hcooot ^eu OTMeTô^T-^è^co. Av.e«eucoic evq2i.0TiyT 
cdiTiojtoi AVMoq ^en niô^np d^qnèvT euenuoT es.T\es. ujeuoT'^ eq^en ^mh^V ïiotThui 
noTcoiHï epe OTon OTCHqi n;)(^pcoM ieu Heq25.i2s. eqicoTefe ucev «j^e^pùd^poc. 
OTOO d^q^coTV. ^coq n22.e ni2s.0T^ e^oTn ^eu -^TUni ^evreu nenuoT d^nev ujenoT-^ 
OTO^ c^ôwi ne TiipH'f eTes.qujevpï eni£ies.p£iôwpoc ie« OTuiiy^ av.ti7Vhuh- otoo mc- 

battre les barbares/ mon père?» — Mais lui, il lui dit : «Oui.» — Le duc lui 
dit : «Que ta miséricorde m'élève, mon père saint, donne-moi une ceinture de 
poils qui t'ait appartenu afin qu'elle me soit une bénédiction.» Et il la lui donna. 
Lorsque le duc fut arrivé au Midi, il oublia de se ceindre de la ceinture de notre 
père saint, et dans son approche des barbares, ils prévalurent contre lui, ils lui 
tuèrent des multitudes de ses soldats une première et une seconde lois. Entin il 
se mit dans son bon sens et il dit : «N'ai-je pas été fou, car je ne me suis pas 
ceint de la ceinture de poils du vieillard le prophète, apa Schnoudi, laquelle il m*a 
donnée.» Et aussitôt il la ceignit et il s'approcha des barbares, il les tua sans indul- 
gence. Ensuite il regarda en l'air au-dessus de lui, il vit notre père apa Schnoudi 
au milieu d'un nuage de lumière, tenant une épée de feu dans sa main, massa- 
crant les barbares. Et lui-même, le duc, alla dans le nuage près de notre père 
apa Schnoudi, et c'est ainsi qu'il frappa les barbares d"unc grande plaie, et en- 



I. Cod. GpnoAeMm. — 2. Cod. mïtAtt^-h. — 3. Ces barbares sont sans aucun doute le Mlemmyes 
dont on a parlé plus haut. M. Revit.t.out s'est servi très à propos de tous ces passages dans son 
Mémoire sur les Blemrnyes. 



5o E. AMÉLINEAU. 



ueuccoc ô.qTô.ceoq' eoRT U2s.e tusvott^ eqtyeii o.uot nTOTq m^:^-^ n£M nenicoT 

«e OTOM co» Ë^- ;5en TiiMOHô>.cTHpïon eimjvoT eiriyconi (fol. 61 recto) kiotôv 
u;îHTOTr ne oTrcnoT2s.d.ioc^ ne «peq-f 0€^Hq epoq ni\ev7V.coc mi\eoTô<i 2s.e ne OTev- 
MeTVnc- ne eniooTTo eqAv.0Tnu nneqeoooT ^en neTujOTiT. Aoinon evciycom noire- 
pooT ev nenicoT e^nev ujenoT-V Uie nô.q e'4)Av.ô^ nnn eTUjconi €24.e.v\. noTiyini. TOTe 
d.qi e2s.en mcon eqoi n^v.vve7Vne'^ nessLôvq nd>.q 2S-e ic onuTie '^nô.-y epon 2s.e e^^ocr 
oToo eu;iettT^ e^oTn e'Ç>AvoT euMeTï epoi\ noir. èvqepoTco n2s.€ nicon 2s.€ e^pi 
nicTeirein" nni 2s.e Avniep OTenToTV-H noTTCoT eneo eecoR Te otoo '^eAv.i è^n 2s.e 
eind.epd.iioAoi7iceô.i'° nè^uj npn'^. TOTe ô^qi otoq on ec^Aie^ Amicon nîx.n\ô.ioc" 
OTTOO nivqoopuj ô^n ne 5en njiyconi ô^qujenq eq2S-co mmoc 2S-e euMeiri eoT èvpe- 
lyôwiv nôc 2S-eAv neuujini ei\ep^d.ppein'2 ^^^qs- 2s.e un0.2s.eM ninè^i. ô.qepoTrco n2s.e 
cbn eT2SLC0 a\.av.oc asLe 6.pi nicTeirein'^ nni nô^icoT eecT^vCi 2SLe èvïepcnoir2i.6.7;ein '+ 
eô^pep (fol. 6 1 verso) eneî\enTo7V.H Tnpoir ô.TV.TV.ô. Av^epe ninevi nxoTq M'i^'^ ott ee- 

suite le duc retourna vers le Nord, rendant grâces à Dieu et à notre père saint 
le prophète apa Schnoudi, Thomme juste. 

Il y avait dans le monastère deux frères couchés, malades : l'un d'eux était un 
fervent, s'appliquant bien; mais l'autre était un négligent, qui perdait extrêmement 
ses jours dans la vanité. Mais il arriva qu'un jour notre père Schnoudi marcha 
vers l'iniirmerie pour les visiter. Alors il alla près du frère négligent, il lui dit : 
«Voici, je le vois, que tu souffres et que tu es dans la mort : que penses-tu de 
toi?» — Le frère lui répondit : «Crois-moi, mon père, je n'ai jamais accompli 
un seul de tes ordres, et je ne sais pas de quelle manière je me justifierai.» — 
Alors il alla à l'endroit où était le frère juste que la maladie n'avait pas abattu : 
il l'interrogea en disant : «Que penses-tu? si le Seigneur te visite, as-tu confiance 
maintenant que tu trouveras miséricorde?» — Celui-ci répondit en disant : «Crois- 
moi, mon père saint. j"ai été diligent à observer tous tes commandements; mais 

I. Cod. ikqTA.c«o . — 2. Cod. Hcvineoc. — '^. Le u de cou est gratte. — 4. Cad. cno-ra^eoc. — 
5. Cod. noTA,AveAec. Les Coptes se servaient de l'adjectif tjrec masculin pour le faire passer dans leur 
langue. — 6. Cod. çqo» i\i\AvcAec. — 7. Cod. atcudoci. — 8. Cod. u^enT. — 9. Cod. AnoA.ocic«>e. 
— 10. (^od. uicTCT'ii. — II. Cod. Il cs.iKcoc. — 12. Cod. uepo^ypi. — i-:^. Cod. w\crç.Tin. — 14. Cod. 
j^icpcnOT^wcvju-, . 



MONUMENTS, P:TC. 6i 



cou ncnoTTSs.evioc ' 2lcok efeoTV. ô^quïe uô.q epô.Tr\ .unôc 'pw "^q çtoi j\*.mc'.\iic- 
ô^qep uïe^TT ^eu neqiyconi evqopi 2s.e ou ^e« TGCi[MeTô<. vcAhc^ OTop ne^pç netuoT 
es.nd. uienoTT'^- mojio hoht eeÛHTq ne. ô^ciyconi 2s.e ep€ ïvicïihott -f i^evpi e-^ss-upi 
Mc^opuj coiR OTTOp epG ^ô.ti OTTou ^eu nicuHOTT eujTe iievOï equeMoiOT oor^ t\2s.e 
nicon nô^M€AHc4 eTd.qoTr2s.ô.i equjootti oirop c|)ôwï «&.qMouji r€ ;îeu oTopoiy uga\. 
ni2s.dwHo «Rdvpi €qoi u^ittne ^e» OTT^ippô^q ne ^en ottÉicoTV. eûoTV ueAv. oTcoifei. 
ôwC^TConq 2s.e ^e» OTSs-ConT H2s.e nenicoT M^eTVTVo evqô.A\.ot\i MMoq ô.'4pô<;îT-4 e2s.eM 
TiiRô.pi oTTop epe ni25.es.uo uud.pi tô^TV-uoitt epoq. ne2s.d.q ud.q .une^ipu-^ 2s.e 
y^nàKOOi epou d.H 2s.e (fol. 62 recto) ô<I'^■ muicou ucnoTr2s.ô.ioc^ *evpou e^iopoT 
Tevceou ec^evpoTT eioTcouj eepeuepA\.eTes.uoein*^ oirop ic punne oti "^uot .uneuep- 
es.ïc<*es.ueceevi 7 eûoTV^eu ueipÉiHoiri uujAoq. nicou 2s.e ès.qT(jL)uq è^q':|>d<OTq AiueuscoT 
eq2s.co MMOC 2s.e y^ù uni efiioTV.. d.qpco7\. 2i.e TVoinou ô.q'^ A\.neqoTOi e-V-neTevucie^ 

la miséricorde est entre les mains de Dieu, je ne sais pas ce qui m'arrivera.» — 
Mon père lui dit : «Bien.» — Et après cela le frère diligent finit (sa vie), il alla 
vers le Seigneur et celui qui était négligent guérit de sa maladie; mais il resta 
dans la négligence et notre père Schnoudi fut triste à son sujet. Et il arriva que 
les frères plaçaient de la terre sur la terrasse pour étendre le pain,^ et quelques- 
uns d'entre eux portaient de la terre; parmi eux était le frère négligent, guéri 
après avoir été malade, et il marchait avec lenteur, portant sa corbeille de terre,-' 
avec paresse, dans le jeu, la dissipation et l'amusement. Notre père le vieillard 
se leva avec colère, il le saisit, le renversa par terre et la corbeille de terre était 
sur lui. 11 lui parla de cette sorte : «Ne te suffit-il pas que j'aie donné le frère dili- 
gent à ta place? je t'ai fait laisser en arrière désirant que tu te convertisses: et 
voici que maintenant tu n'as pas eu le sentiment de cesser tes œuvres honteuses!» 
Le frère se leva, se prosterna aux pieds de notre père disant : «Pardonne-moi.» 

I, Cod. ncnoTrîi,.€Oc . — 2. Cod. nes.AveA.cc. — 3. Cod. tccjavgtcs.a\.cAcc . — 4. Cod. njv..w.G.\cc. — 
5. Cod. ncnoTos^coc. — 6. Cod. cpMCT&.iioiïi. • — 7. Cod. / /ic-»«s. ccoc (sic). — S. Lorsque la pare est 
prête pour le four, les moines coptes en font des petits pains qu'ils étendent au soleil sur une planche 
sur la terrasse de la boulangerie. Je l'ai vu faire moi-même au monastùie de Moharraq où un séjour 
répété m'a mis à même de comprendre un grand nombre d'usages. — Q. Les fellahs d'Egypte se servent 
toujours de corbeilles de jonc pour porter la terre et tout ce qui peut y entrer. Les moines qui em- 
ploient des fellahs ou qui travaillent eux-mêmes n'ont pas dérogé ."i cet usage. 



52 E. AMÉLINEAU. 



ueooo-y. ottoo Mn2s.wi\ mtiiô.£iot ô.qiyconi equô^MOir oiro^ ô. TienicoT eeoTè^Êi ôviiô. 
lyGUOT-^ uje «ô.q e^oTn ujô^poq eepGqos.GM nequjmï otto^ d^qo^i epèvxq ^i^TOTq 
ujevTeq[2SLC0i\ €Êio7V. totc nG2SLô.q ïvuicnHOir «22.e hgïiioot 2sl€ ic OTTCon evq^wA epô.Tq 
Mnôc M^ooTT MMOti o\i u2SLC02SLe£i ^eu TieqÊlïOC. 

ô^eujcoiii 2!^e ou uottgcooit ôv nenoc me Tvy^c i ujô. nenitoT ô^ïiô. ujettoir'^- 
(fol. 62 verso) dvqcô.2SLi neMô^q €q2s.co mmoc MTiô.ipH'^ 24.€ eTô. n€ïiuj':^Hp mhoAi- 
TGTTHc eT;$€K nujô^qe epenioTMein' eMis.Tr eneuiyHpi oiro^ ic g^Hnne cenHOT 
jid.11 Mnôwiess-oopp oirog^ eTis.q2s.e <^ô<i ôvqepevnev^^^^copeïn^ nô^q. TV-OiTion es. nenicoT 
MTipo'^KTHc Ô.TIÔ. ujeuoiT'^ eoTTeT «liiiuj'^ nujHpi n€M nipeM mhi eniMonè^cTH- 
pioH ne2s.ô.q ttwoir MUô.ipR'^- 2s.€ OTon ^evn aioïiô^xo*^ nHoir ujô^pon ^en nevie- 
2s.o)po OTOO d.TUjô.Mï e^oTtt ^cti TeTCUMH'^ ô.nô.ir MTienepe OTon MMcoTen cdv2s.ï 

HeMWOTT 0Tr2».€ OU ^GU UÏCnHOTT ôJ\7V.ev IVgAsS. UeTGttô^C^HOTI nCOOT CneCRT OTO^ 

uTeTGu^'icAv.oir eÊio7V.piTOTOTr !s.g pô.n pcoMi eiroirôvCi ne ^en oirMeeMHi.' evcujcoui 
OTiv eepoTTucoTVo eniecooir'f ^en TiïG2i.0L)pp ee^poirepMeAeTdvn ne '^c^pto uô^p ne 

— Il se retira de reste, il s'approcha de la repentance avec un grand zèle, dans 
des gémissements et des larmes, jusqu'à la fin d'un mois de jours. Et à la fin du 
mois il fut malade pour mourir, et notre père saint apa Schnoudi vint vers lui 
pour le visiter et il se tint près de lui jusqu'à ce que (le frère) eut terminé (sa 
vie). Alors notre père dit aux frères : «Voici qu'un frère s'en est allé au Seigneur 
aujourd'hui : il n'y a pas une défaillance dans sa vie.» 

Il arriva qu'un jour Notre Seigneur Jésus le Christ vint voir notre père apa 
Schnoudi, il lui parla de la sorte, disant : «Comme tes compagnons, les servi- 
teurs qui sont dans le désert, désirent voir tes enfants, voici qu'ils viendront vers 
toi cette nuit.» Ayant dit cela, il se retira. Alors notre père le prophète apa 
Schnoudi rassembla les principaux d'entre les frères avec les serviteurs dans le 
monastère, il leur parla ainsi : «Quelques moines viennent vers nous cette nuit. 
et lorsqu'ils seront venus au milieu de vous, prenez garde que personne ne leur 
parle, parmi vous ou parmi les frères; mais courbez vos tètes devant eux et 
recevez leur bénédiction, car ce sont des hommes saints en vérité.» Il arriva 

I. Cad. cpcHïo v.vvni. — 2. Cad. {.qepcv«ii\5(^û)pnv. — 3. Cod. otavct-whi. 



MONUMENTS, ETC. 63 



OTTO^ nô.ipH'V eirgeMci ^ô^tcu -^^^xi"-^' cttô^otto dwUoeoiiTiic ;îeu iUG2£.0)po (fol. 63 
recto) ic ^HTine ô.qi c^ot» «2SLe hcuioît e^nô. uj€»\oir'\- cpe r MMouev^x!®^ mouji 

iiOTT THpoTT es.irepnpocivTnein ' avmcoot otto^ ô^itTi cavot cCioA^itotot. .vA,ei\€uco3c 
ôwTrepevUdKX^P^ï"' ucoott oti nss-e uh eeoTrd.fe eTGMMô.ir epe ii€»\io)t Av.npc'\>H7Hc 
ô^îiis. lyetioTT'^ Moiyi «gmiooit. otto^ €tô^ tootti u}coni èvuecoo^-^- epo-^ ^^l\uJPl\■^ 

€«24.(0 MMOC 2S.e ReUICOT illM «€ Mô^ipWMI GTTA^IHOTT eTds.7ri e^OT!V U}d.pOU 
MTies,ie2SLtOp^ MïlGttUô^TT l^d^p eOTO» AV.nOTTpH'^ GTAIOUJI ^eu OTTMeTCeMJlOC UCAV. OT- 
€nïCTHAV.H OTTOO GpC ÏIOTTC^HMdS. ^etV OTtOOTT eTTUjeûlHOTTT A.U €110iH^ èvAA^v «ÇTOI 

Mc^pH*^ npdwtt es.i?i7€7V.oc «Te (J>'^. ô^q€poTrto U2s.e neuicoT ô.Tiè^ lyeuoT-V iie2i.è<-\ ttôvu 
22.e ocoTV. uTeTen'^ tooir mc^'I" e^pni €2SLeii '^-ss.oipeèv eTes.cT6.2ou (fol. 63 verso) uevo-V 
€poi 2S-€ nôvipcoMi eeoTes.£i eTô^TTi e^^oirn ^ivpcoTen ^en nes.iG2s.ci3po c^e^i ne loievu- 
ttHc Tiiûes-TiTicTHc ïieM H7V.ies.c nieec&TTTHC ueA\. e7y.icceoc uesimuj'^ MTipo'^HTHc 
eTes.TrepenieirMeïn3 enè^-T eTeTen2i.inep ^cofii ôwTrepôviTein * avc^-^ ic èvqoTcpnoT 

donc que, lorsqu'on eut sonné pour la réunion dans la nuit afin de faire la médi- 
tation, comme c'était l'hiver, ils étaient assis près d'un feu récitant des prières par 
cœur dans la nuit, voici que notre père apa Schnoudi vint (avec) trois moines 
(qui) l'accompagnaient, entourés d'une gloire très grande.- Lorsque les frères 
les virent, ils se levèrent, les adorèrent, reçurent leur bénédiction; et ensuite se 
retirèrent ces saints -là avec lesquels marchait notre père saint le prophète apa 
Schnoudi. Et lorsque le matin fut venu, nous nous rassemblâmes vers lui. nous 
l'interrogeâmes, disant : «Notre père, quels sont ces hommes glorieux qui sont 
venus vers nous, cette nuit, car nous n'en avons pas vu de semblable-, marchant 
avec majesté et avec science, et leur vêtement était glorieux; ils ne ressemblaient 
pas à des vivants;^ mais ils étaient comme des anges de Dieu.» — Notre père 
apa Schnoudi répondit, il nous dit : «Allez, rendez gloire à Dieu sur le présent 
qu'il nous a fait; croyez -moi ces hommes saints qui sont venus vers nous cetto 
nuit sont Jean le Baptiste, Élie le Thesbite et Elisée; ces grands prophètes dési- 
rant voir notre manière de vivre, ont prié Dieu : voici qu'il les a envoyés vers 

I. Cod. dwircpnpocRTrnm. — 2. Cod. ev.TrcpA.n&.;x!topm. — 3. Cod. cTi\TcpcnivyT.\vin . — 4. CoJ. 
«^irepeTin. — 5. Mot -à-mot : étant dans une gloire très grande. — 6. Mot-ù-mo: : ne se rapportant 
pas à la vie. 



64 E. AMÉLINEAU. 



ajô^poTe» CTô. nicô.22.1 ctc^hott 2s.o)iv e£io?V e2s.coït 22.e hh exe ottom ^ivn ô.uce?y.oc 
epenieiTMem' eiiô^T epoooir. 

ô^cajoini 2s.e on uoTre^ooT è< TieiiitoT Ainpo'^HTHC d».ïiô. ujenoTT'^- uje tiô^q e^HT 
lyô. UTcooT uciwoTTT e2S-eM- niynu .vvTiequjq)Hp AVTipoq>HTHC e^Kdv icoe^nnHC q)H 
€eoTô.Êi uô.HôvX^P^'^"*^^ "^^ °" eiyè^'îrMOTr'^- epoq 2s.e îiiô^Miye eqoi nei7K7VeicToc+ 
eqopq e^oirn £<cn ^uJ^vqe ^en oiruoTr2S.i MMev nujcoKi oiro^ ïies.qcô.2s.i neM «h 
eeu^.pc.i'A. ujô^poq e^ioTV. .Sen oirROTTssLi nujoTrajT otto^ ne oiron ^dvn Md.pTirpoc 
^n ces.^HT Av.niT030Tr nTG cicoottt (fol. 64 verso) epe noirccoMev 2s.€ eoMC ^en 
ixiMôv nMoujï. MninôvTT eujes.qg^to7V e^nr ^en niMô. nMouji lyevpe niMô^pTirpoc gtcm- 
Mô<ir I £^o\ ^ivsi.ooq ic2i.en AiiiôvTeq^oonT^ eniMcoiT eToir^R n^HTq. oirop nc- 
ujô^irepoTro:) nevq nceepe^cnôv^eceô^ï'' MMoq eir22.03 mmoc 2i.€ RevA.{oc evRi c|)A\.enpiT 
M'-^'^ OTTo^ Menencooc ujô^itmouji neMô^q gittc^o MA^oq eCioA iyô< ^oiro eoTTAV-iAion" 
^en oTniiy^ nepoTOT €irco7V.ce7V. MMoq ^en oirniuj'^ nTevio. oiro^ on ota^huî 
ncon nd<qcd.2SLï neM nenoc inc n^c npcoq neM pcoq ^d.n con on nôwqcô.22.1 neM 

nous afin que la parole écrite s'accomplît à notre égard : les anges ont désiré 
les voir.» 

Il arriva aussi un jour que notre père apa Schnoudi alla au Nord vers la ville 
de Siout pour visiter son compagnon le prophète Jean, le saint anachorète, celui 
qu'on appelle le charpentier; il était étroitement enfermé dans une petite habita- 
tion et il parlait par une petite fenêtre à ceux qui venaient vers lui. Et il y avait des 
martyrs placés^ au nord de la montagne de Siout, leurs corps étant enterrés dans 
le chemin. A l'heure où il approcha du Nord dans le chemin, les martyrs sor- 
tirent au devant de lui dès avant qu'il n'approchât du chemin où ils se trouvaient, 
et ils prenaient la parole afin de l'embrasser, disant : «Tu es bien venu, ô bien aimé 
de Dieu,» et ensuite ils marchèrent avec lui, le conduisant pendant plus d'un mille, 
dans une grande joie, le consolant dans une grande gloire. Et une multitude de 
fois il parlait avec Notre Seigneur Jésus le Christ, bouche à bouche, d'autres fois 
il parlait avec les prophètes; quelquefois les apôtres se montraient à lui et par- 

I. Cod. epcui-»TAVin. — 2. Cod. cacAv, orthographe sahidiquc. — ■\. dod. i\i\tvA.3(;ûjpiTHC. — 4. Cod. 
euK.AjicToc. — 5. ^À)d. icoccii i\A.Tcqi4<ojvT. — 6. Cod. cpjvcnA.3ecoc . — 7. Cod. eoTAVTA.A.1011. — 

8. Il s'agit des scpuliurcs de martyrs enterrés près des chemins, comme c'est encore l'usage pour les 
sépultures des saints musulmans. 



MONUMENTS, ETC. 65 



Minpo'4*"^''"*^^ 2*^" ^°^^ ^P^ uiô».uoeTo7V.oc oiroiu^ mmoot epoq eTedw2s.i ncAVdvi 
HH eeoTres.£i THpoTT ud.Trcô<2£.i ueMô».q eTTcoTVceTV mmo'^ pes.!\ cou epe «uevcpeAoc 
OTong epoq eT2i.co epoq umh ercaje u2s.0T07r (fol. 64 ersoj citc uh eope-^ceA- 
cto7V.OTr eiTe- nn eepeqepeniTiMô^u iicooir. 

es.cujcoiii 2i.e on noircHOTr epe neuicoT es^nô». ujeHO-y^- ;$eu -^pi eT^eu niuj6>-^e 
OTTOg d.qtoci\ ei eCioTV eiiiMOHd.eTHpioti eo&e 2sl€ uô^'^ujAhA ne eeùe ujmoot 
nTe c^idvpo ^en nie^ooir eTeMMevir oirog evq^onoen exoTeti eq2£.o) av.moc '2s.^ Av.nen- 
epe oAj I e^oTn eniuies.qe. otto^ es> 'f^peiô.^ ujooni noTOO)£i «Te ni.vv.o!\d.c7Hpion 
evnep ^o'^ noirtopn uje^poq. ne oiron OTSs.eTTToTV.d.pjoc 2s.e ne eq;xi^^ .^^s.TOT^ Mnen- 
icoT OTO^ es.qMOTT'^ n2$.e ni^^eTToTVô^pioc e evnev icoch'4> ninoTdwpioo uxe neniioT 
ne2SLd.q n6.q 2s.e ^coTV. en^coi nTenTdvwMe nieouj enenicoT ottoo euujenq 2£.e ot 
ne Tennôves.iq. neoq 2^e e^qccoTeAV. nccoq otoo ivq^coTV. enujoii ujô^ nenioix e-^pi 
eT^en nujes.qe. eTô^q^tonT 2s>.e e-^pi ô^qctoTe.vv epoq ^wc eqcô«.î2s.i (fol. 65 recto) 
neM ^d.n pcoMi ottoo ô».qep ^o*^ n^conr e^oirn epoq. .uenencd». otkotss-i es. nenitoT 
Mo-y^ e£io'\ 2S-e iwcn(|) ô^moit e^oirn Ainepogi epô».Tn cô».iao7V. otoo nd<ipH-f dvqpci)?V. 

laient avec lui, tous les saints lui parlaient pour le consoler, parfois les anges lui 
apparaissaient lui disant ce qu'il devait dire soit pour qu'il les consolât, soit pour 
qu'il les honorât. 

Il arriva un jour que notre père apa Schnoudi était dans la cellule du désert 
et il tarda de venir au monastère, parce qu'en ces jours là il priait pour les eaux 
du fleuve, et il ordonna (aux frères) disant : «Que personne ne vienne dans le 
désert;» et l'on eut besoin de quelque chose au monastère et nous craignîmes de 
l'envoyer chercher. 11 y avait un second placé sous les ordres de not: e père, et le 
second appela apa Joseph le secrétaire de notre père, il lui dit : «Va en haut, an- 
nonce la nécessité à notre père et demande lui ce que nous ferons.» Il lui obéit et il 
s'en alla en haut vers notre père dans la cellule du désert. Lorsqu'il fut près de la 
cellule, il entendit comme si notre père eût parlé avec des hommes et il craignit 
d'entrer près de lui. Après un peu (de temps) notre père l'appela, disant : «Joseph, 
entre, ne reste pas debout dehors;» et ainsi il entra, il reçut sa bénédiction. Mon 
père lui dit : «Pourquoi es-tu venu dans le désert, (pourquoi) n'as-tu pas ouvert la 

I. Cod. iTe. — 2. Cad. itg. — ^. "VxP*^"^- 



56 E. AMÉLINEAU. 



uHi ne 2$.e €Tô< niô.px<^" ^^'^^ ^no\\c i nô.u enujtoi ctô.!' ô.ircô.2i.ï ueMdvH eeCie 
q)<M MTiiuii G;îOTn TIÔ.ICOT. ô.qGp OTco n2S-€ îienicoT e^Tiô. ujcnoT-V TiesLevq ne^q 2S.€ 
ïoiCHf^ MUô^pe ujetioT-^- cô.î2s.ï ïieAi ptoMi ^en Tiïujevqe ïg nTivcev22.i «gav. nie^ui^GTV.oc 
iG ueoq umpoq)HTHc ïg hiô.tioctoAoc ig ni.ue^pTTrpoc. n\nn ô^r'^ocï noirniuî'V 

UCMOTT .V\.q)OOT CO IWCH^ GTÔ. TlïïÊi Uô.p «Ô.IIOCT0AOC TCOOTT» "^-ttOTT A\.TIÔ.IMÔ. 

(fol. 65 verso) gtôvTi ô.7r2s.GM tiô^ujimi oto^ d.irGpevnô.x<^P^ï"' ncooT. e^pi tii- 

CTGTGIU' UHI 2fi.G «eWOlT «G ttô^ï GTCÔv2S.Ï «GMH; "^nOT. 

Ô^CUJCOIII 2S.G OU nOTTGOCOT GTÔ. HGMICOT lyG G^OTTH GUJMm '^lloTVïC 2i.G ttTGqini 

ii«iGi2s.coAon^ g£io7V.^gu rhi neccioc ^Gn niG2s.copo ^g» OTXwn. totg ô.qô<AHi 

GTlGqiOO ÏIGM COn fe M.UO«è<X°^ ilGAVevq GTTô.TV.HOTTT OtOOTT GOèvït TG^MCOOTTI OTOO 
evITI GÊIOTV G2S.GU q)Id.pO ^GH TlIG2S.C0p£. OTTO^ ^Gtt OTHponOIè." UTG C^)"^ ôvirGp2S.I- 

Mïop Mq)ievpo ôwiriyG g^otïi g'^-hoTV.ic ô.T5"rt Gg7V.i n2s.oï h'^ nGq otoo gtôvTOcoTV. 

porte de la cellule, ii'es-tu pas entré?» — Mais lui répondit avec humilité : «J'ai 
pensé que les chefs de la ville étaient montés vers toi, qu'ils te parlaient; c'est 
pourquoi je ne suis pas entré mon père.» — Notre père apa Schnoudi répondit, 
il lui dit : «Joseph, Schnoudi ne parle pas au désert avec des hommes; mais (je 
suis venu) pour parler avec les anges ou avec les prophètes, les apôtres ou les 
martyrs. Cependant tu as été privé aujourd'hui d'une grande bénédiction, ô Jo- 
seph, (car) les douze apôtres se sont levés tout à l'heure de ce lieu, ils sont venus 
pour me visiter et ils se sont retirés; crois -moi, c'étaient eux qui parlaient avec 
moi.» 

11 arriva un jour que mon père entra dans la ville de Schmin pour détruire les 
idoles dans la maison de Gésios pendant la nuit, en secret; alors il monta sur 
son ane, avec deux frères moines, montés aussi sur des betes de somme, et ils 
arrivèrent près du rtcuve pendant la nuit, et par une prévoyance de Dieu, ils 
traversèrent le iïeuve, ils entrèrent dans la ville sans barque ni matelot. Et lors- 
qu'ils furent arrivés près de la porte du païen, aussitôt les portes de la maison 

I. Q)rf. cnvijcoi rovi. Je ne sais pas ce que ferait ici ce mot ta.i : c'est pourquoi je crois qu'il faut 
lire CTvxi. ici, cominç eûoÀ ta.i, d'ici, de là. — 2. Cad. i\Tcp^>ui\2<;'^P'"- — 3- Cod. nicTC-vm. — 
4. Cad. nuMa.a)\on. — 5. Cad. o-rnpoiiiA.. — 6. Cod. o\. 



MONUMENTS, ETC. 67 



^ipeti nipo iiTe ni^e7V.'\HH0c' Aqw -^oTrtioT ev uipooT tue luiii otoiv «t-A. hct- 
epHOT iyô>.Teq^coA e^oTu eni.v\.o)iT epe uiei2^oyA.ou- n^uT-^. otoo UAwipwV ^v^'io- 
TVoir n^M uicuHOTT eotieMivq ôv-yenoT e&oTV. ^i2i.eu '\>\\po ^^TUop22.oT ô^tôwitot 
Mc^es.uji evTCô^TOT c^pHï e'-^iô.po (fol. 66 rectoj otto^ ou 0.-41 eniee<. jip.uput n-ç 
c^ie«.po A\.TieqpH'^ n^oq n€A\. uicuhott ;)(^topic 24.01 ueM ueq. OTop on wiiveTeà- 

nCOOTTI AITIG gAï n^HTOTT "^^ nTOTCMH GUTHpq AQW îlIG2S.Wp2 GTGMAV.ÔvT U]*. TOTTevC- 

^(OOT enïMOUô^cTHpioïi. ôittoïv 2s.e TupoT «eviv^- coott m'\>-\ ue.u ueuioix ^uôv 
ujenoTT"^ eopHï e2s.en Hineend^neir THpoTT eT€qipi av.mo)ot ueM neuioiT. 

ôwCUJCOni 2s.€ 0» ÏIOTCHOTT Ge^pOTTeCOOT'^ €'^C7r«02^0C U2S.e U€UJC.)T GOOT^^lQ 

€epoirepuô.eôwipeitt+ MHiôwcefenc uecTopioc eqMMô^T ^wq M2s.e ne^icoT .uupo'\)u- 
THc d>.nd>. lyeiioir'^" «eAi tiïô.uioc uTrpiAAoc Tiies.p^ieiiicuoTioc uTe pevuo'V otoo 
eTô».Truje e^oirn e'^ei\iv'A.Hciev iice^co e^pni nniepouoc oto^ uce^eMci ^i2s.o>ot 
ôwir^co €^pHï ïii\eeponoc ^en ^mh"^ Av.nic'!r»€2s.pio« oto^ evT^co oi2s.oiq aitiit€- 
Tpô».€Td<uee'A.iou eeoTekû (fol. 66 verso) oirog^ eTd».qi g^ott» «2s.e iiidvceiQHc ïiec- 
Topioc ^eti OTriiiiy^ nc|)ô.nTô<cies. AV.MeTG'es.ci ^ht ïi€m oirMeTô^Tujini TOTe evqoiAi 

s'ouvrirent l'une après l'autre, jusqu'à ce qu'il fut entré dans le chemin où se 
trouvaient les idoles. Et ainsi il les prit avec les frères qui l'accompagnaient, ils 
les portèrent au fleuve, ils les brisèrent, ils les mirent en pièces,' ils les jetèrent 
dans le fleuve; puis il s'en alla de même à l'ouest du fleuve à sa manière, lui et 
les frères, sans barques ni matelots; et les bêtes de somme de leur côté ne pous- 
sèrent aucun cri pendant cette nuit,*" jusqu'à ce qu'ils fussent retournés au monas- 
tère. Et tous, nous rendîmes gloire à Dieu ainsi qu'à notre père apa Schnoudi 
au sujet de tous les biens qu'il avait faits avec notre père. 

Il arriva aussi à une (certaine) époque qu'on réunît nos pères saints en Synode 
pour condamner l'impie Nestorios : mon père apa Schnoudi s'y trouva aussi 
avec le saint Cyrille, l'archevêque de Rakoti; et lorsqu'ils furent entrés dans 
l'église, qu'on eût placé les trônes et que (les évêques) se furent assis dessus, o:. 
mit un autre trône au milieu de l'assemblée et on plaça dessus les quatre évan- 
giles saints. Et lorsqu'entra l'impie Nestorios dans une grande apparence d or- 



I. Cod. ni^eXHnoc. — 2. Cod. juuia^w^on. — 3. Cad. ct.vv.kvot. — 4. Cod. iuvv>cp««. — 5. Mot- 

à-mot : ils les firent en moitié. — 6. Mot-:\-mot : ne donnèrent pas leur voix. 

9* 



58 E. AMÉLINEAU. 



nîepouoc. tiô^uot 2^e ô^tiô. ujenoT-^ CTi^qnivir eq>H QTà. «ecTopioc e^iq evqmc MAV.oq 
ô.qqo22-q eniytoï ^e» otss-COht «2s.n\d.ioc' ^ett eMH'^- nuettio-^- eeoTev^i d.qevMoni 
H»jeTr«<uc7e'\io« ô.qoTV.o'y e£io7Voi2SLen nniô^oi ottoo d.qpco^T Mniô.ce£iHC eTGMMevT 
uecTopioc €^OTn eTcqMecTe ïioht eq2s.co a\.av.oc 2S-e guottcouj nT€ niyHpi a*."'^'^ 
oeMci oi2s.Gn hihô^oï otto^ neou UTeiioeAV-Ci oi2s.en Tiïeponoc. evqep otco n-îS-e 
nievceÊHC uecTopioc nessLô^q aitiô^icot evnô. ujeno-y^ 2i.e ot ne neuocoCi n^o\K ^en 
eMH-^ uTô.iC'îrnoss^oc oo'\coc pw neoïv OTenicuonoc ô.n ott^s^g n^ow OTôvp;)^i- 
(fol. 67 recto) Mô.tt2s.piTHc ô.n 0T2^e oirnpoGCTcoc^ evATVev neoïi oTMone^x^^- 
d.qGp OTO) U2i.€ nenïtoT TiG2i.ô.q mc^h GTeMMô^ir^ 24.€ evnou eTev c^'^ ottcouj eepii 
GnôwiMô. 2s.e pmev ttTô.2i.c|)ioR ïiô^tô. neiiMeTUîô.q'^- otoo nTôvOircono efioTV. ttni- 
Ti7V.iv«H UT€ TGUMGTôvceCiHc. eiiTdvceo e&oTV. nnï^ïcï htg niMonouenHc nujHpi «tg 
(^'^ GTôwqujoTioT 5d.pon ujôv TGqTOTr2s.on gCioA ^g» nGnnofei otoo n^oq -^ïiot 
Gend.GpGniTiMôvn4 nô.u «x^^^-^- otoo ^gh ^^-ottuott GTGMMè^ir evqGi gêioTV. G2S-6tt 

gueil et avec impudence, alors il enleva les quatre évangiles saints, il les plaça 
par terre et il s'assit sur le trône. Mais lorsque mon père apa Schnoudi vit ce 
qu'avait fait Nestorios, il se précipita, il le fit se lever avec une juste colère du 
milieu des pères saints, il prit les évangiles, il les enleva de terre et il frappa cet 
impie Nestorios à la poitrine en disant : «Veux- tu que le fils de Dieu soit assis 
à terre et que toi, tu sois assis sur un trône?» — L'impie Nestorios répondit, il 
dit à mon père Schnoudi : «Qu'as-tu à faire, toi, au milieu de ce synode? par- 
faitement, toi-même! toi, tu n'es pas un évêque, tu n'es pas un archimandrite, ni 
un supérieur; mais tu es un moine.» — Notre père lui répondit, il lui dit : «Je 
suis celui que Dieu a voulu faire venir ici afin que je te châtie comme le méritent 
tes apostasies et que je dévoile ton impiété. Tu as rejeté les souffrances du fils 
unique de Dieu, qu'il a endurées pour nous afin de nous sauver de nos péchés, 
et c'est kl; maintenant qui te récompensera bientôt.» Et à ce moment même, 
(Nestorios) tomba de son siège par terre, il devint démoniaque au milieu du 

I. Cod. n2>.iKcou. Le neutre est une faute, mais peut-être l'employait-on quelquefois dans le peuple. 
— 2. Il ne saurait ici s'agir de magistrat, car ce mot se trouve dans une énumération de personnages 
ecclésiastiques. — 3. Cod. o.TM.M.ekT. — 4. La lettre e. oubliée a été ajoutée au-dessus par le scribe lui- 
roêmc. 



MONUMENTS, ETC. 



69 



«Te neuic^-. ^en '^otmott 2^e eTCMMô^Tr ev'^TCotiq ti2i.e i\iô.rioc uTpiAAoc ^ ^;v- 
Moui «Tè^ç^c MneuioiT ô^nô. ujeudr-^- ô.q'V r^i cpoe oto^ ^v-^coAl MUJOT'.\e^pioit 
ex^en neqMOiTT è^qTHiq e2s.eH euô^oÊii «ô^ttô^ ujetioTT-^ (fol. 67 verso) otoo \\ç'\ 
lyCiooT ô^qTHiq €Teq2i.i2fi. èvqdviq »evp^ïMô.«2s.piTHc otoo ue^TOiuj e^oA TupoT 
M22.e Hô^ '^c7rno2s.oc 2s.e ew^ioc ev^ioc ô.^ioc è<p^iMevU2s.piTHc. 

ne oiroH 0TrK0Tr2s.i 2s.e hôwTV.ott ^en niMo«ô.cTHpiot\ eqoi MAv.ot\ev'>(^oc otoo 
c^ô^i ndvpe iiiMeTi «Te "^avgtuotss-I Hujwpï -^oT&Hq eA\.dviyco ne. otoo oiTeu nipn"V 
eTOT002S-oe2S- AiAv.oq n2s.e «iMeTi «Te ni2s.*.iM(jo«- e>.q;)(^ô.c ^eu neqoHT e-^cs-co 
MMOC 2SLG ô.peiyô.H nevicoT i tmi . . . .^ 2s.e equèv2i.eM n^wUjiui -^uevuje uni eÊioA eni- 
uocMoc ïieMèvq. îrenicoT 2s.e n2vn\d<ioc ' è».Tièv ujenoT"^ eTdvqeAvi euiMeTi uTe njcoti 
es.qAv.OT'^ epoq ne Tie2s.evq neivq 22.e ^en ot A\.eeMHï es.peujevH TieiiioîT i [)(;^u^.u}e giûoTV. 
eniuocMoc neMe^q. «eoq 2s.e nievTVoT ô^qneTq ocoq ncoifei oTop Tie2s.e «euicoT 
nevq 2i.e '^udvOTopnR ^en oTMeeMHi epô^Tq AvneiiitoT n^.7V.HemoH^ (fol. 68 recto) 
OTOg^ eTes.q2i.e n^^i «ô^q ^«^qx*'^ eùoTV.. iinioT2i.ï 2s.e m*.?V.ot «vqep ohtc «lycotvi 

synode de nos pères. A ce moment même se leva le saint Cyrille, il prit la tête 
de notre père apa Schnoudi, il la baisa; il prit le manteau'' qui était à son cou. il 
le mit sur les épaules d'apa Schnoudi, il lui mit son anneau à la main, il le îit 
archimandrite et tous ceux du synode s'écrièrent : «Il est digne, il est digne, il est 
digne (d'être) archimandrite.» 

Il y avait au monastère un petit garçon qui était moine, et la pensée de ce 
petit garçon le combattait beaucoup. Et comme les pensées du démon le tour- 
mentaient, il prit dans son cœur cette (résolution)^ : «Lorsque mon père en per- 
sonne sera venu vers moi pour me visiter, je m'en irai avec lui dans le monde.» 
— Mais notre père le juste apa Schnoudi, lorsqu'il connut les pensées du frère, 
lui dit : «En vérité, si ton père vient tu t'en iras dans le monde avec lui?» — 
Mais le garçon se mit à rire. Et notre père lui dit : «En vérité, je t'enverrai vers 
ton véritable père»; et lorsqu'il lui eut ainsi parlé, il le renvoya. Mais ce peut 
garçon commença d'être malade, et on prévint notre père Schnoudi à son sujet. 

I. Cod. n^<ij,\.iùn. — 2. Cod. nia^cMom. — 3. Cod CAvpo, ce qui ne sit^nifie rien : le texte arabe no 
donne aucun mot qui corresponde à celui-ci. — 4. Cod. ïics^trcoc. — 5- Cod. i\a.\t\>iuoiv. — t>. Il 
s'agit d'un vêtement ample . le mot manteau est celui qui se rapproche le plus, mais il ne donne 
qu'une traduction approximative. — 7. Mot-à-mot : il plaça cela dans son cœur, disant etc. 



-Q . E. AMÉLINEAU. 



OTO^ d.TTd.Me ncHicoT ô.nô. ujeuoT-^- CTÊiHTq ne oiro^ «ôvit'^^o cpoq tt2s.e ttïCMHOT 
eepequjAHTV. e2s.c»iq HTeqoT:^ô.i 2s.e othi nô^q^oci ne eMôvujco. neoq 2s.e neuicoT 
Ampo'^HTHC ne2S-ô.q uo^ott 22.e ô.*coTen tveMô.q eqoTTCouj euje lyi^ neqicoT. eTô^ir- 
coiTCAi 2^e eud.ï ii2SLe uicuhott ô.irepô.tie^x^P^*"' "^o^- "^P»i 2^e ^en nicivÊi- 
feô^TOH exe niMdvo ^ «egooir ne «Te nnioTrssLï ïiôvActt ïC2i.eii eTd.qiyconi ôkqMTon 
M.vvoq n-^ôwSS-n ë uTe ïiiepooir ô^iTRCcq ôvToTVq eCioTV. ô.Teo.v\.cq. eTeK.Tri\Hu 2s.e eir- 
eoAvcq^ MMoq evqecooT-^ «HicnHOir Tnpoir n2s.e nenïtOT evnev ujenoir'^ ô.qcôv2s.i 
epoiOT ^e« ncd.2s.i mc^'^ eqssLto mmoc 2s.e nô^O'^- epoi nicnHoir 2s.€ ic oty^'t^h 
ô^cptoA epôwTq mc^*^ m'^oot eMMon g?vï neco7V.efiL n^HTC (fol. 68 verso) ô^T^TV-ô». 
cMïèvuie e^oT» eniMô». neAVTon maio» p7V.i epiicoATrein' a\.moc ujevTecoTcoujT Av.neAv.eo 
Av.njue«wTô.neTô<cAv.ô. eeoTdiÊi. nicnHoir 2s.e eTes-irccoTeAv. enevi ô.tt'^ coott av.'^-^ oto^ 
d^Tce&TWTo-y eepCicoii Ainoc 5e« oT^TnoMonn+ ô^T^'ne ^ô^totott e&oTV. 

ô^ciytonï 2s.e on motchott èv ninoMHc i epnc eqoTTWuj e^coTV. eepno7V.eMeïn-^ neM 
ui]2idwp£idwpoc 0T0£ eTevqc^op AV.neAv.eo eCioTV. MniMonevcTHpion es.qoirwpn ujev nevicoT 

Les frères le prièrent d'intercéder pour lui afin qu'il guérît, car certes il souffrait 
beaucoup. Mais lui notre père le prophète leur dit : «Qu'est ce que cela vous 
(fait)? il veut retourner vers son père.» Lorsque les frères eurent entendu cela 
ils se retirèrent. Mais le samedi qui était le septième jour depuis que ce petit gar- 
çon était malade," il entra dans son repos à la neuvième heure du jour : on l'en- 
sevelit, on l'emporta, on l'enterra. Lorsqu'on eut achevé de l'enterrer, notre père 
apa Schnoudi réunit les frères, il leur parla en ces termes, disant : «Croyez-moi, 
mes frères, voici une âme qui s'en est allée aujourd'hui vers Dieu sans qu il y 
eût en elle la moindre souillure; elle entrera dans le lieu du repos sans que per- 
sonne ne l'empêche si bien qu'elle adorera en présence du voile saint.» Mais les 
frères, lorsqu'ils eurent entendu ces choses, glorifièrent Dieu et ils se préparèrent 
à travailler sans relâche pour le Seigneur dans la pafience. 

Il arriva à une (certaine) époque que le comte alla vers le sud désirant com- 
battre les barbares; et lorsqu'il fut arrivé en face du monastère, il envoya (quel- 
qu'un) vers mon père le priant de venir vers lui sur le fleuve afin qu'il l'adorât 

I. Cod. A.Tcp&,jiA;;^a)piii. — 2. Le scribe avait écrit -otcAvcrj; mais le correcteur mentionné a biffé 
l'co et mis o en interligne. — 3. Cod. epKûJÀTm. — 4. Cod. OTOjnoMonH. — 5. Cod. «pnoAcAvin. — 
(). AMot-à-mot : le septième jour de ce petit garçon depuis qu'il était malade. 



MONUMENTS, ETC. y i 



eq-V^o epoq 2s.e ^luev UTeqi e&oA ujô^poq oi2s.eu '\>ie^po nTeqepupocuTiteiH 
MMoq OTOO «Tcq^i CMOTT efco7V.oiTOTq Mnô^Te^uje eepnoAeMeiu^ mcm mù*.ptî^.poc 
equô.^-^- 22.e evqujdwntiôwTP epoq MMd.ird.Tq qnè.^'po eu*:q2!SLô.2s.i TupoT. e^q7o)!\q 
2s.e H2i.e neuuoT d.qoco7V. ujevpoq u^coTVeM. \ve ottoh motti êi uô.epiotv couo cni- 
2SL0Ï epe oirpcoMi pcoïc epcooT. (fol. 6g recto) neuioix 2s.e exè.q'V MueqoToi em- 
2SLOÏ 2i.e ôwqndvek7V.Hi epoq TOTe à^TuTn e2s.cooTr nevq enecHT ii2SLe uimoti ooîc ctTî- 
CMOTT e&o7V.OïTOTq. OTop ô.qep ly^npi U2i.e TimoAv.Hc «cm wn exneMôwq TupoT 

eT2S.C0 MMOC 2SLe ÔvAhOCOC OTÔwUIOC MIipOC|>HTHC Ue Tievï. MeueUCCOC dv niUOMHC 

epôiiTeiu^ MMoq Mueq^toiv eepeqTHiq nes^q «cmot 2s.e^ôvC eqeMopq MMoq uTcq- 
epnoTVeMein^ neM ttiCid^pÊies>poc oirop ô^qTHiq «ô^q. ne^ipu-f ô.quje epuc d^-\\ 
neM tti£ie>.pi!ievpoc oirop è^.qiye<pï epcooTr piTen iiiuj'A.HA «Te TienicoT eooTdvi2 ^wuev 
lyeno-y^ cj>pcoMi m(|)'^. Menenccoc ô.qTes.ce^oq e^HT ïicm ïih eeneMivq eq-^ wot m'}^-\ 
eopHï e2i.eii Tii(Tpo €Tes.quïconi tiô«.q e£io7V.oiTen Mieir^H nre neujcoT ercAVè^pcooTT. 
ivciycoîiï 2s.e on noTreoooir epe neuitoT MTipoc^HTHc d<Tie< ujenoT*^ (fol. 69 verso) 
ipi nTeqcirne>.^ic^ ^en niess-copp otoo GTà^^y^à. '^as-nà.'j.iQ e&oTV. ôvqniioT noTuoT2s.i 

et reçut sa bénédiction avant d'aller combattre les barbares, croyant que s'il le 
voyait seulement, il prévaudrait contre tous ses ennemis. Mon père se leva, il 
alla vers lui avec promptitude. 11 y avait deux lions sauvages enchaînés sur la 
barque : un homme veillait sur eux. Mais lorsque mon père se fut approché de 
la barque et eut monté dessus, alors les lions baissèrent leurs têtes comme pour 
recevoir sa bénédiction. Et le comte s'étonna, ainsi que tous ceux qui étaient 
avec lui. en disant : «Vraiment, c'est un saint prophète que cet (homme)!» Ensuite 
le comte lui demanda sa ceinture pour lui servir de bénédiction et pour la ceindre 
lorsqu'il combattrait les barbares, et notre père la lui donna. Ainsi il s'en alla vers 
le Sud, il combattit les barbares et il les frappa par (le secours) des prières de 
notre père saint apa Schnoudi, l'homme de Dieu. Ensuite il retourna vers le 
Nord avec ceux qui l'accompagnaient, louant Dieu de la victoire qui lui était 
échue par les prières de notre père béni. 

Il arriva un jour que notre père Schnoudi faisait la cynaxe pendant la nuit, et 
lorsqu'il eut achevé la cynaxe il se reposa un peu. Il eut' une vision de cette 

I. Cod. jiTeqepnpocRTcnin. — 2. Cod. cepnoAc-vviu. — 3. Cad. cpcTiu. — 4. ('od. nTcqcpnoAcMin. 

— 5. Cod. nneqcTn*>r:ic. — 6. Mot-à-mot : il vit une vision. 



72 



E. AMELINEAU. 



d.qnô.T eoTT^ajpn eÊioTV. tiTe nôc Mnô.ipw'^-. ô.qttd.ir eoirpcoMi eqMe^ ncooir THpq 
€Mô.iyoL) eqooi epdvTq MneqM^o e&oTV. epe OTon oirniiy^- nceomoTqi tiHoir e&oTV. 
^eïi pcoq epe neqgo ^i evuTin uottcouiï efeoTV. Mc^pH.'^ A\.c|)pH. iie2s.e ni^oKKo nes.q 
2s.e ueoi\ MiM AVïiiviprt-V Tidvoc epe nô.1 niuj-^- ncooir uco-^- epoi\. ô^qep ottco n2s.e 
nipcoMi uoTTOjmi eq2s.0L> mmoc 2i.e e^noR ne nô».Tr?V.oc nievTiocTo7V.oc ïiTe yv^^ic. enei- 
2S.H' ô^uMeupe •^ô.ueviiH o's-o(^ es.i\ep ninô^i neM otom niÊien CTepô^iTein^ mmok 
OTTop evues.pe^ enienTo7V.n THpoir npH'^ niÉien ee£ie '^ô.uôwïih ic ^Hnne ev noc 
OTopiiT ujes-poii eepieeActo7V.li ee£ie nn eTeiupi mmcooit nni^Hiii neM «h eTujôvT. 
OTop nôs.ipH'^ ô.qooi eqcdv2SLï neMevq (fol. 70 recto) lyes. c|)nes.Tr necooT'^ n-^e».- 
uAhciôv Mnie2s.CL>po Mettenccoc ô.qccooTrTen epoq mottcoir ô.qTHiq nevq. T\i£ql\!\o 
2\.e è^q'TiTq es.qMopq eTieq&ei^7V.7V.in. iie24.e tiiô>.tioctoAoc Mis.q 2i.e evAioiri AinevicoiK 
nTeuTHiq e^oiru eniMô. «X*^ ^^'^ "'^^ «icnHoir eToiren coïr eûoTV. n^HTq ô. ottmhuj^ 
ues,p upcoMï eTOTTô^Êi cMOir eneviwiR oto^ on ô. nenoc inc ny^c. cmott epoq d<qep 
cç|)pes.ui-5einf^ MMoq '^hott î2s.e To.2i.p0n nTen2s.eM noM*^ Mnepep ^o*^ "^^eipnnn^ 

sorte. Il vit un homme plein de toute gloire grandement se tenant en sa présence : 
un grand parfum sortait de sa bouche, son visage lançait des rayons de lumière 
à la manière du soleil. Le vieillard lui dit : «Qui es -tu ainsi, mon Seigneur, toi 
qu'entoure cette grande gloire?» — L'homme lumineux lui répondit en disant : 
«Moi, je suis Paul l'apôtre du Christ : puisque tu as aimé la charité et pratiqué 
la miséricorde avec quiconque t'implorait, et observé les commandements de 
toute manière par charité, voici que le Seigneur m'a envoyé vers toi pour te 
consoler au sujet de ce que tu fais aux pauvres et à ceux qui sont dans le besoin.» 
Et ainsi il resta à parler avec lui jusqu'à l'heure de la réunion à l'Église pendant 
la nuit. Ensuite il lui présenta un pain, il le lui donna. Le vieillard le prit, il l'at- 
tacha à son vêtement.'"' L'apôtre lui dit : «Prends ce pain, mets-le dans le maga- 
sin a pain des frères, d"où on le sort; car une multitude d'hommes saints ont 
béni ce pam, et aussi Notre Seigneur Jésus le Christ l'a béni (et) signé; mainte- 
nant alfermis-toi, prends courage, ne crains pas : que la paix de Dieu demeure 

I. Cad. CU12S.H. — 2. Coii. cTcpcTiii. — 3. Cod. otmhujc, mot sahidique. — 4. Cod. i\q€pcc\)pA.- 
ci^m. — 5. (hd. -^-oipiinH. — 6. C'est encore la coutume des moines coptes d'enfermer, à l'extrémité 
d'une longue bande d'étoffe qui est suspendue au cou et tombe de chaque côté, tout ce qu'ils ne 
peuvent mettre dans i air poche. Les pains coptes sont très petits, à peu près comme les pains d'un 
sou en P'rance. 



iMONUMENTS. ETC. -7 3 



^en T\ioop;s.Mev oto^ iv.q2s_eM Tiiwnv eqMup Gue-4&e«vA?ni d<-\-\ tooT m-\)\ e-^^o) 

MMOC 25-6 ei'^Ud^ OIT «UjeÛlCO AtnOC AV.'\)AV.e^ t\JVU THpOT ÇTè^'^evITOT \\\K\. i£\\ 

^oi^nos- ^v^4[I eCioTV. (fol. 70 verso) eep ^wTV. e-Veniv7VHcje>. ueAv. nuMiHOT otoo <v\-^ 
MTieqoTOï eniMô^ gtottgu wiiv e£io'A.«;iHTq u2s.g «icuhott ^eu OT^oin 2^€ Mue'4- 
[^es. ^7V.i eMi epoq ivq;)(;^o) muicohi nTe tiicmott ctô. nid^nocToAoc THiq uev^ ££\\ 
Tii^opôvAv.d. esvqx^'^ -^^^ Tiievoo €TOTr€!i toiu e&oAu^HTq «v^^iyeevM Ai.Uïpo ev-41 
G-^euiiAHCiô». OTOO ev uicuhott Uds.Tr epoq €pe Tieq^o ep ottcjoihi tvooTo jievTçp iij- 
c^Hpi. GTes-Tr^*^ '^^euuTV.Hcid^ e&oA evqotoA €neqA\.is. uujwni oiroo exes. nn\evT ujoiii 
evTTKCoA^ G^pe TiioTes.ï moTres.! lye eue^ocofe. nicon 2s.g €T0J2s.G!i ^IAV^. ti^.^ ^'^"^ 
è^qocoTV. ujdv tiï^gAAo Tie2s.e^q nd<q sslg nevicoT eeoTrd.à ivpi -^-e^ueviiH utgivi tvTGiv- 
ujTVhA ucGôwOTrtou mugm^w tv^es. ooiu MTcniuï ^SioA. u-f^pcid^^ utg ïih G^tvuoT 
uj&.po« 2i.G ev nicAiOTT ujconi ^Gn ^\i gtotihi GÊio7Vu;$HTq. TiG2i.G hi^gTV.'Xo Mev.-4 

^GH OTg^O GqMGO MpdsUJI 3LG Mes.UJG «0.11 HèviyHpi (tol. 7I rCCto) HTGUIUI G^loA- 

stable avec toi jusqu'à l'éternité.» Et de nouveau il l'embrassa, il prit congé de 
lui. Mais le vieillard saint apa Schnoudi se leva de la vision et prit le pain atta- 
ché à son vêtement, il rendit gloire à Dieu en disant : «Que rendrai-je en échange 
au Seigneur à la place de tout ce qu'il m'a fait!» A l'instant il sortit pour aller 
vers l'église avec les frères, il s'approcha de l'endroit d"où les frères sortaient le 
pain, à la hâte, afin que personne ne le sût, il plaça le pain de bénédiction que 
l'apotre lui avait donné dans (sa) vision, il le plaça dans le tas d'où l'on tirait le^ 
pains, il ferma la porte, il entra dans l'église et les frères le virent : son visage 
brillait extrêmement. Ils s'étonnèrent. Lorsqu'on laissa l'église, il alla dans son 
habitation et lorsque l'heure fut venue on sonna pour que chacun allât à son 
ouvrage. Mais le frère qui était préposé au magasin à pain vint vers le vieillard, 
il lui dit : «Mon père saint, fais -moi la charité de venir prier afin qu'on ouvre 
un autre magasin à pain pour en sortir ce qu'il faut à ceux qui viennent à nous, 
car la bénédiction a cessé d'être dans ce que nous en sortions.» — Le vieillard 
lui dit avec un visage plein de joie : «Va, mon fils, sors du (pain) jusqu à ce qu il 
n'y en ait plus.» — Le frère lui dit : «Pardonne- moi, mon père, je n'ai laissé 

T. Cod. *.',\cpA.cn«k.'5ec©c. — 2. Cod. n-^;^p.v\. 

10 



n^ E. AMÉLINEAU. 



OT&ip MMô.Trô.Tq ^eïi himô. «x^ ^^^ eTeMMe^ir eioTwuj eepeKCMOT epoq. T\e2s.e 
ni;ie'\7\.o »evq 2$.e TconR nTeumi e£ioA MHiÊip ctô^ux^^^ e^ev^oir. nionvotioMOc 
2s.e equevOTTCûii Mc|>po muimô. «X^ ^"^ nTeq2S-eM2s.0Av. uôwOTcon MAvoq. ottoo ô. 

UICUHOT TCOOTUOT Ô^TT^I^'TVô^ MMOq MTlOTTUJOTrCOÏl MMOq Ô.U. TieSS-COOTT 2i.e Hô^U- 

Tooc c^oTTtouj M'^'\ dxW n€ €epenco£iT nniMHiy hc^ooit. nenitoT 2s.e d.nô. ujcuott')- 
ô.qeMi Q'^n eTô^quîtoTii evqTconq ô.qi uièv nicnHoir ness-ô^q ncooir î22.€ tcoott» uTe- 
Tiiitti e&oTV. MTiicMOT «Te noc oto^ eiyoon uTequjTeMpcoiyï le Tennô^oTCoti nue- 
oTTô^i UTeni efcoAn^HTq. eTo.Triy7V.HA i^e d«.qepcc^p^>ï^i"5eiui Mnipo n2s.e ni^eTvAo 
eq2s.co AVMOC 2SLe noc nô.noT'^ uje^pe mpo oircon ^cii Teii2s.0M neM neKOTrevocivoni 
(fol. 7 1 verso) totc ^eu '^othot d.qoTCon U2s.e nipo ôv otthiuj'^ nô^e^TV. ncon\ «^wn 
€£io7V.n^H.Tq d^qM^vO cevÊioTV Avnipo ujô^tc otmhuj ïicoiiv ujconi. otto^ nèvipH'^ ô^Tep 
ë" uô^CioT GTqï Aic^pcooTuj nttiMHuj neM uiciiHOTT ^en hïcmott «tc nicoiu exes-in 
cA.£io7V. Av<^po janiMes. «X^ *^"^ otoo ceMoir'^ eiiïA\.es. «x^ ^"^ eTeMMes-T 2SLe 
Tid.00 MTiicMoir ujev e^oTTU €c|)00Tr ïieoooTr. 

qu'une corbeille dans ce magasin à pain, voulant que tu la^ bénisses.» — Le 
vieillard lui dit : «Lève -toi, sors la corbeille que tu as laissée de reste.» — L'é- 
conome voulut ouvrir la porte du magasin à pain, il ne put point l'ouvrir; et les 
frères se levèrent, ils s'efforcèrent avec lui et ils ne l'ouvrirent pas. Ils dirent : 
«De toute manière, ce n'est pas la volonté de Dieu que nous restaurions les 
foules aujourd'hui.» Mais notre père apa Schnoudi sut ce qui se passait, il se 
leva, il alla vers les frères, il leur dit : «Levez- vous, sortez la bénédiction de Dieu, 
et si ce n'est pas suffisant, nous ouvrirons un autre (magasin) pour en sortir (du 
pain).» Et lorsqu'ils eurent prié, le vieillard signa la porte en disant : «Seigneur, 
mon Dieu, que la porte s'ouvre'par ta vertu et sur ton ordre.» Alors à l'instant 
même la porte s'ouvrit, un grand monceau de pains se répandirent, ils remplirent 
le dehors de la porte jusqu'à ce qu'il y en eut une grande quantité. Et ainsi ils 
restèrent six mois prenant soin des multitudes et des frères par la bénédiction de 
ces pains qui sortirent de la porte du magasin, et ils appelèrent ce magasin là le 
trésor de la bénédiction^ jusqu'à ce jour des jours. 

I. ('od. cvqcpcr\)j>*.iM5u\. — 2. Il peut s'agir aussi bien du magasin que de la corbeille : les deux 
noms étant mascul' -s, le pronom est amphibologique. — 3. On pourrait aussi traduire : le tas Je la 
bénédiction. 



MONUMENTS, ETC. 



ne OTTOïi oircoïv 2s.e MMOUôw;)(;^oe ^eii -^^ujtui jvoto-V uTe t\ni\uoT cue'4pes.n 
ne y\fO^ oto^ ^à^\ nevq-^ ô^uô^nn ne eniooTO. po>Mi i\i&eu eounT ujô^po-^ \\^'\\ 
OTO*^ ncooTT TnpoTT HOOTO 2s.e nicnHOTT eT;îen t\iT0)o"5. otoo oixen xe-^MeTpei-^ 
n^oTo ev viicnnoTT '^ uïtotit ^ô^poq ^ô^tcu nenioix ô^nev ujeiioTT-^ e"T2SL0) mavoc 2S-e 
v^ro'^ wixy^is. pAi ô>.n ;5cn '^ujnn uoto-^ utc nicunoir eepe«2S-iAu u-^;>^pei6. \u-.\.k 
nn eennoT^ iyds.pon (fol. 72 recto) ne2£.e nenicoT «wott ^e« cTevcevnu tiTe '\>\ 
22.e eiycon Mnexenep ^es.ie noTo-^ MMon no£ii Ti epoq nAnu ujev ujopn Ten!\*.uje 
ujô^poq nTenepenïTiMô^n nd.q otoo d.peiyd<« -^-xp^jôv' ujoini Teutievetr^ eùoA- 
^en '^ujnn. nAnn OTminj*^ Te 'fis.c'd^nH. nd.qccooirn uô^p ne U2s.e nôkioix e^nev uje- 
HOTT'^ 2s.e nicMOTT neMivq ^en ^iùii ni&en. es^cuiooni 2s.e ^en nie2£.copp eTeMMes.T 
eTdv ni^eATy.© unn eiyAnA ô.qpevnq eÊioTV. noTTUOTrasLi ô.qnô«.Tr ^en OT^TOi.utiT eoTc- 
£ïMi eneccoc eMCvujco^ epe necccoMdv Tnpq ^i ivnTin noTTcoini e£ioA AV-'^pn-^ Av\)pii 
OTO^ is.cevMOHi nT2s.i2i. M\|ro'^ A.cces.2s.ï neMes^q ec2g.co mmoc 2£.e e^nevir Av.nep\io)p-4[ 
n-^is.uô.nn nje niMev noTTO-^ evn mm «^oon pco ne ninô^pï ct-^ nevpnoc le 'iJ)cou ne 

Il y avait, dans le jardin potager des frères, un frère moine nommé Psoti, et 
il était charitable à l'excès : à tout homme qui venait à lui il donnait des légumes, 
surtout aux frères habitant dans la montagne, et à cause de sa générosité abon- 
dante les frères l'accusèrent près de notre père apa Schnoudi disant : «Psoti ne 
laisse rien dans le jardin potager des frères afin que nous (y) trouvions ce quil 
(nous) faut ainsi qu'à ceux qui viennent à nous.» — Notre père leur dit dans 
la charité de Dieu : «Si nous ne manquons pas de légumes, il n"a fait aucun 
mal;^ cependant vers l'aurore nous irons vers lui, nous le gronderons, et si. le 
manque se fait sentir,*' nous le chasserons du jardin. Mais la charité est une 
grande chose.» Car il savait, mon père apa Schnoudi, que la bénédiction (de 
Dieu) était avec Psoti en toute chose. Il arriva cette nuit-là que le vieillard ayant 
fini de prier, il se pencha un peu (pour dormir); il vit dans une extase une femme 
grandement belle, tout son corps lançait des rayons de lumière à la manière du 
soleil; elle prit la main de Psoti, elle lui parla en disant : «Prends garde, ne rends 

I. Cod. n^-x^itK. — 2. Cod. t^nHU". — 3. Cod. \x?^^- — 4- ^^"'^- •^^•^^•vy"- — 3- ^'ot-à-mot : 

il n'y a pas de mal qui l'ait pris. — 6. Mot-à-mot : si le manque arrive. Le jardin dont il est ici ques- 
tion n'existe plus aujourd'hui; le monastère ne possède plus que quelques feddans de terre qui nour- 
rissent assez mal ceux qui les possèdent, parce que l'eau manque de trop bonne heure. 

10* 



-6 



E. AMELINEAU. 



UIM030T er^e» nioiHi :e eoMi Te T2s.om nuiTeÊiucooTri CTep ^toÊi. OHnne '^■25.00 
MMOc uôvK 2s.e îioHT MUô^ôc (fol. 72 vcrso) OTTop ndviyHpi AvoTen e2S-oou 2s.e eu-^-' 

MllIU07r2S.I iVOTTO-)- UIUCUHOTT tlCAV. OTTOtt «i&e!! CTep^P^i^" nettitoT 2s.e eeOTô<£i 

ô^uiv lyetiOTT-^ eTd.qccoTeM enô.icd.2s.ï epe '^coi.ui 2s.w mmcoott mv^'O'^ nnvcoMô^piTKc 
£s.qeMi 2s.e ^MevT Avnoc Te. OTop ô.cTô.ceoc eîii^e7V.7V.o ô^nev ujenoTr-^ ïie2s.ô^c ïiô<q 
2s.e lyetvoT-^ c^AvetipiT MTiô.ujHpï <^h eTô.TT'^- lyTOiriT epoq ^ô^totk ic pnnne evieuq 
ujô^pou ^vuu|e>v»i2s.eA\. ho&i ^ô^poq ô.uoi\ '^«ô^epeniTiMes.» Hô<q ^eu OTmiiy^ «ujconi. 
ïii^eAAo 2s.e Ainpoc|>HTHc eTôwqToonq e£ioA ^en moopôvMô». ô^qep u}cÇ>Hpi a\.c^h 
eTô^quitom OTTOO eTevirucoAg e'^eiuvTvHCies. ds. ni^eAAo uje e^OTrn e-^euiiAHciôv 
uujopii Ainô^Te iiictiHOTT uje e^oirn oiroo es^q^ô^ir evj^ro'^ nn\toAv.èvpiTHc eqooi epô.Tq 
equj7V.nA epe ncqi uthê Mog eTep OTTCoini Aic^pn'^ nod.u Aes.Mnevc ii;)(;^pcoM. Tie2i.e 
neuicoT nè^q 2s.e ueoK mim AvnevipH'^. (fol. 78 recto) Tie2i.es>q 2$.e èvuou ne v^'C^ 
iieivujHpi. ne22.e m^eTVAo tiô.q 2$.e niM ne eTô«.qeuK eneviMCs. nevujHpi. iie2s.e '(^'0'\ 
2sLe c^H eTô^qi ïves^iv e^oirri eneKTis-Mio nô».qces.2s.ï neMis-u MnevTOTruco7V.o e'^eRRTV.H- 

pas inutile (ta) charité dans le jardin potager : est-ce que la terre qui donne des 
fruits est à toi? Est-ce que leau qui est dans le puits t'appartient? Est-ce que la 
force des animaux qui travaillent est à toi? Voici ce que je te dis : Le cœur de 
mon Seigneur et Fils se repose sur toi parce que tu donnes quelques légumes 
aux frères et à tous ceux qui en ont besoin.» — Mais notre père apa Schnoudi 
lorsqu'il entendit ces paroles que la femme disait à Psoti le jardinier sut que c'é- 
tait la mère de Dieu; alors elle se retourna vers le vieillard apa Schnoudi et lui dit: 
«Schnoudi, le bien-aimé de mon fils, celui qu'on a accusé près de toi voici que 
je te l'amène : si l'on trouve une faute en lui, je le punirai d'une grande maladie.» 
iMais le vieillard prophète lorsqu'il se leva de la vision admira ce qui était arrivé 
et lorsqu'on sonna pour l'église, le vieillard entra le premier avant que les frères 
n'entrasse" t, et il vit Psoti le jardinier se tenant debout, priant; ses dix doigts 
étaient brillants comme des lampes de feu. Notre père lui dit : «Qui es-tu ainsi?» 
Il lui dit : «Je suis Psoti, ton fils.» — Le ^-ieillard lui dit : «Qui t'a amené en ce 
lieu, mon fils?» — Psoti dit : «Celui qui est allé à toi pour ton œuvre, qui t'a 
parlé avant qu'on ne sonnât pour l'église, c'est lui qui m'a amené en ce lieu.» 

1. (U)i.i. otcR-^. — 2. Cad. CTcy> "VP'^"^- 



MONUMENTS, ETC. 



cies. Jiooq ne €Td.qeuT euè^ïMev. ne2s.€ Tii;5eA.'\o \\iK^\ 2£.e ec;îHOTT nd.ujHpi 2t.€ 
TieTeunoiT'^ ne c^'\- otto^ noe uTetiioc ue ueTeuoTpo. le puniic «vicmi 2s.e '\f\ 
ujon ueMevii ^e» ^cofit ui&eu eTeiiipi avmooott oto^ -Vuiict ojô^poji m'\>oot e-^u}»» 
UTes>2s.eM' neKujiui ii7V.Hii nevvyHpi .vv-uipit-^ eTes.ciywTii -^^ MCTiid^HT. otto^ jueuçn- 
ccoc dv Tii^eAAo lye iyes.poq M^>udw'y tvôw2i.Ti u Ainie^ooTT ^eu OTpo)& e-^ujun f<-\- 
ndK.'S' Gvjro-^ €q5b*\ dc^ uuicuhot. evqTCOuq M2s.e ô^tiô. \\'0'\ e^q'j'i cmott utot'4 .wnen- 
icoT €q2s.w MMOC 2S-e ex OTriuiy^ iicmott- tô^^oi av-'^oott 2i.e exui ujô^poi iies.io)T 
eeo7rd.£i tiicmott ïiô.ujcotiï neMdvn ^€n ocoÊi uifeen. Tii;5eÀ7V.o 2i.e eeoTevfc evire». uj€- 
noTT'^ d.qtii!vTr e'^nô^peenoc GeoTres.£i Me^pièv epe OTrAevi\ès.HR av.mo)ot (toi. 73 verso) 
^H €^pHï AinecMeo ô^cgï n€ti2s.ï2L nes.Tiô>. 'y^'o^ e^pHi epoc evcuoTTSs.;* MniMCooTP 
G2s.en ttioT'^ TFipoTr €C2s.to MMOC Mnô.ipH'^ 2s.€ ocoT eniujcoï OToo A\.Tiep;>(;^ew tôt 
entioTT GÊioTV.. Menenccoc evc^ ue^q u'^geipHtiH^ otto^ es.c^tû7V. efeoA^iTOTq ^en ot- 
niuj'^ McooTT. TOT€ ô^qeMï H2s.e Ti€nicoT è^nev ujetto-y^ 2i.e OTa^iuôxioc^ ncwTn ne 
ç|>H eeoTres.£i is^iiô. "^o^ epe noc ihc lyon neMô>.q ;Sett ^coê «iêgh eTeqipi MAv.cooTr. 

— Le vieillard lui dit : «Il est écrit, mon fils, Dieu est notre Dieu et le Seigneur 
des Seigneurs est notre roi : voici, je (le) sais, que Dieu est avec toi en toute 
chose que tu fais; j'irai aujourd'hui vers toi pour te visiter; mais, mon fils, ainsi 
que cela a eu lieu, sois miséricordieux.» Et ensuite le vieillard alla vers lui à 
la troisième heure du jour pendant que l'on travaillait au jardin;- il vit Psoti qui 
ramassait des légumes pour les frères. Apa Psoti se leva, il reçut la bénédiction 
de notre père, disant : «Une grande bénédiction m'est arrivée aujourd'hui; puis- 
que tu es venu vers moi en ce jour, mon père saint, la bénédiction sera avec nous 
en toute chose.» Mais le vieillard saint apa Schnoudi vit la vierge suinte Marie, 
ayant une cruche d'eau placée devant elle, elle attira vers elle les mains d'apa 
Psoti, elle arrosa d'eau tous les légumes, disant ainsi : «Croissez, et ne cessez pas 
désormais (de croître).» Elle lui donna la paix et elle s'éloigna de lui dans une 
grande gloire. Alors notre père apa Schnoudi sut qu'apa Psoti était un juste, (ur) 
élu, que le Seigneur Jésus était avec lui en toute chose qu'il faisait. 

I. Cod. T«.3ceAv. — 2. Cod. cmot. Le scribe avait d'abord écrit ucsvot. puis il a ajoute I't. ainsi 
ncj«.OT. — 3. Cod. ii-V^ipHrtH. — 4. Cod. OTa.TH£oc. — 5. Mot-à-mot : il la troisième heure du jour 
dans le travail au jardin. 



y g E. AMÉLINEAU. 



d.cujo5Tiï 2».e on «oire^ooir eq^e.vv.cï n2s.€ nenicoT evTièv ujenou-^- eqcdv22.i neM 
pô.« ptoMi nuocMiuoc ev otôwÊiomi e^TVHi e^pHi e24.en ^'2s.oi ce^niycoi mmcoott otoo 
ô.qMOT'V enecHT ess-cooT. TOTe 0. otôvi ^eii niptOMi ct^cmci ^evTcn nenicoT ô^q- 
coAvc enujwi enièvCioiii ne2SLô.q 2i.e oTiymi noirqï eT^eti pcoii Tiiô.fccoi\. nenicoT 
2i.e ô^nev ujenoT-^ ^^^^ ev^OAV. eq2s.co mmoc 2i.e co ncM'^MeTô.T^HT eTevc22.eM22.0M 
e22.eji uiiyHpi uTe uipcoMi (fol. 74 recto) epe tiô<i evÊicou ctooim Mneviiymi HOTqi 
«ecoti MH niqdvi ujmi «Te TieuicoT ne nièvÊicon. M'^cop nôwiynpi Mnep;^.^ ^^^ 
ptod ^en nenoHT nnecon efS'i cmh nToxq A\.nd.ïpèv7VnT evATVev eqwuj enujcoi p*. 
nôc eepeqcofe-^ nô>.q nTeqTpof^H le OTrî\oTn evnccoTeM' ô<n eniv^ô.TV.Mcoss.oc^ 2s.ev- 
iri2». eq22.co mmoc 22.e '^^n eT'^ nT^pe nniTefcncooTi ncooir n^M. niMèvc nje \uà<- 
ùcon nn eTcouj eppni oirûnq. OTon pe^n mhuj uevp npcoMi 5i MHini ^en tcmh 
nnïpô.TV.es.'^ neM nipn neM niiop neM nicioir nô>.i Tnpoir pô^n MeTujevMuje eiî^to- 
2s.o!i^ ne eTpoooir. cc^hott i7dwp 22.e 'fv|TTr;)(;^n eenis-ipi nnevi eireqco'f n-^vJ-'iri^^^H 
CTCMMevir efeoA^en nec7V.d».oc. oTon pô».n MHiy on eir^oo npenoTT eniô^p^con 
nTe nôwinocMoc 22.e MMon p7V.i .vineTOcooT nô».Tes.pwoir netooir ceccooTrn es.n pco 

Il arriva aussi un jour que notre père apa Schnoudi était assis parlant avec 
des hommes mondains; un corbeau s'éleva au-dessus de la barque sur l'eau, il 
jeta un cri au-dessus d'eux. Alors l'un des hommes qui étaient assis près de notre 
père regarda le corbeau en haut, il dit : «Est-ce une bonne nouvelle qui est dans 
ta bouche, ô corbeau?» Mais notre père apa Schnoudi soupira, disant : «O sot- 
tise qui prévaut sur les enfants des hommes! D'où ce corbeau saurait- il cette 
bonne nouvelle? Est-ce que le messager de ton père est le corbeau? Non, mon 
fils, ne place pas cette œuvre en ton cœur une autre fois de donner une voix 
articulée à cet oiseau, car il crie en haut vers Dieu afin que (Dieu) lui prépare sa 
nourriture. Hé quoi! n'as-tu pas entendu le psalmiste disant : Celui qui a donné 
la nourriture aux animaux et aux petits des corbeaux criant vers lui? Car une 
multitude d'hommes prennent des augures de la voix des oiseaux, du soleil, de 
la lune et de toutes les étoiles; ils ne sont tous que de méchants pa'iens,^ car il 
est écrit : L'âme qui fera ces choses, qu'on la raie de mon peuple; et un grand 
nombre placent leur confiance dans les chefs de ce monde (croyant) qu'il ne leur 

I. Cod. HctoTftM. — 2. Cod. \V*wXmcotoc. — 3. Cad. ia^toA.o«. — 4. Mot -c\- mot : sont des païens 
mauvais. 



MONUMENTS, ETC. 



79 



2fi.e d.peiuô.u ^\ piiii Avueq^o ee^ÊioA maioott (loi. 74 versoj ccuè^iyo^i fcp*.TOT 

d.n UOTTOTTUOir iiOTCOT. CC^HOTT Uô.p MRÇp^Xl^ OeHTCU e2S-CM pd.n ^vp;>QCOl\ 0T!2i.e 

^i2s.eu «lojHpi iiTe uipoiMj 22.e ujô^pe noTrntvd. i e£io'<\ u;îiitot otoo ucçkotot 
enuevgi ^eu nieg^ooir eTeMMdvir ceMevTô».i\o «î2s.€ uotmoumcu Tupoir. o) OTt\iô.T 
M^>H €Te c^*^ «les-iicoÊ ne neqÊOHeoc epe TcqoeAnic Td.2s.pH0TT e2s.e» roc -neq- 

ÎIOT'^. 

evcujconi 2s.e ou epe uenicoT ô^nèv lyenoir'^ mouji ^en ^uJ^>wqe le nôc ihc e^^qoT- 
on^q epoq ô<qces>2s.i ueMes-q. eiTMOUji 2s.e ueM uoTepHOT e^Ti €2s.eu OTpe-^MOJOTT 
eqci'^ e£io7V.oï hitcoott. neniooT 2s.c ^.nev ujeuoir'^ dvqoiTq e^puj es^qoTtoujT .vinoc 
eq2s.co MAvoc 2i.e nevoc oto^ iiô>.uot'\- ïc OTMHiy upoMni '^uhott eiciui A^-u^vipe-^- 
McooTTT AvnieMï eneqetoiy 2s.e oir ne eqcH'^ efioTV. MïieviAvev. neuoc 2^e îïïc ïi^C? 
evqiiiM enipeqMcooTT nTeqc^es-T eq2s.co mmoc (fol. 75 recto) 2s.e ô».i2s.e epoiV oi m- 
peqMwoTT evpi iiH'^iu aimoi\ T(onR e^pHi nTeKTes.Me tiôv&cok uienoT"^ 2s.e «eoiv 
OTT MHôwipH'^. OTTO^ ^eu '^OTTivoTT evqTtoïiq U2SLe nipeqAv.cooTT Av.'^pH-^ uoTevi eq- 
nevTconq eÊioA ^eu hi^iuïm. eTô^quevir Ssi^e enoc ô^qcoTconq ô^qoTtoujT .uAioq eq2s.to 

arrivera aucun mal; ils ne savent pas que si Dieu détourne son visage d'eux, ils 
ne tiendront pas debout une seule heure, car il est écrit : Ne mettez pas votre 
confiance dans les princes ni dans les enfants des hommes, car leur esprit les 
quittera et ils retourneront vers la terre : en ce jour toutes leurs pensées périront. 

A 

O bienheureux celui dont le Dieu de Jacob est le secours et dont Tespoir est fondé 
sur le Seigneur, son Dieu.» 

Il arriva aussi que notre père apa Schnoudi marchant dans le désert, le Sei- 
gneur Jésus lui apparut,^ il lui parla, ils marchèrent l'un avec Taut'-e, ils arri- 
vèrent près d'un mort jeté sur la montagne. Mais notre père apa Schnoudi se 
jeta (à terre), il adora le Seigneur disant : «Mon Seigneur, voici un grand nombre 
d'années que je vais passant près de ce mort, et je ne sais pas quel est son nome, 
quoiqu'il ait été jeté en ce lieu.» Mais notre Seigneur Jésus le Christ remua le mort 
de son pied disant : «Je te (le) dis, ô mort, réveille-toi,^ lève-toi, apprends à mon 
serviteur Schnoudi qui tu es ainsi.» Et à l'instant le mort se leva comme quel- 
qu'un qui se lèverait du sommeil; mais lorsqu'il vit le Seigneur, il le reconnut. 

I. Cod. dscepoK. — 2. Mot -à- mot : voici le Seigneur Jésus lui apparut. — 3. Mot-à-moi : sois 
vigilant (?) pour toi. Cette phrase est assez obscure : cependant le sens est certain. 



8o E. AMELINEAU. 



MMOC 2$.e Me^pe neiviid.i Tevooi tiô^oc. Tie2i.€ TiiccoTnp nevq 2i.€ c*w22.ï .vvè^pe tlô.- 
cwTTi ujeuoT'f CMi epoii 2s.€ OTT ne Tiei\ocoÉi. Tie2s.e TupeqMCOOTT 2i.e evi«^.2$.oc 
2s.e OIT Tiô^ôc neoR ctcoùoth hhh eTonn ueM hh eToiron^ efeoTV. oiro^ n^ou ercco- 
OT« MTiô.ecoiy 22.e OT ne. ne2s.€ mccoTHp Hd.q sLe evTV-Aiv cd.2i.ï oto^ «tc tiô<- 
Êtoiii lyetiOT-f ccoTCM epoi\ ^coq. e^qep oirco nsLe nipeqMcooTTT ne^sLe^q 2i.e ô^nou 
OT cdw«ivfeev2s.Hi«i npeAi cicùott eiep ocofii neA\. ^ô.n pcoMi ô^nTcooirn ô.uï epnc ecuen 
lyMiti eepeiiep pcofe ^en niAiev exeMAievir. ti2s.cor 2s.€ n^^.n iiotss.! neoooTT eviiyconi 
eviMOTT (loi. 75 verso) ôwirenT enô^iMes. ô^ttcôs-t eÊioTV. eeÊie 2SLe mmou uô^tô. côs^p^ 
ïiTHi n^HTOTT. n€2s.e nes.icoT evnô^ ujenoy^ ne^q 2i.e es. niccornp i enniocMoc a\.tij- 
CHOT eTeMMôi^TT. 11624.0.^ 2s.e evgH ôv majinï coop e£ioA eqnHOir epnc ujô^pon oiTen 
ïiH eTcini 2SLe ô. oTcg^iAV-i I e^oirn eujMOirn' '^noTV.ic epe ottuotts^.! nujHpi .ien 
necô^MHp otoÊi uiÊieti eujevq2s.0T0Tr ujô^Tiaconi lyevqTOTrnoc «ipeqMcooTTT ujevqoi hï- 
2».A.iMcon- QiioK ujô^q^pe ni^ô^Aeir mouji ujd.qepe «luoirp ccoTe.w. uje^qepe niefeo 
cev2s.i iyes.qepe niKô^uce^T tottêio. ô^hAcoc AiHini niÊien eqipi^ mmcoott. eTôwiccoTCM 

l'adora, disant : «Fais-moi miséricorde,'^ mon Seigneur.» Le sauveur dit : «Parle, 
que mon élu Schnoudi sache de toi quelle a été ton œuvre.» — Le mort dit : 
«Que dirai-je, mon Seigneur? Tu connais ce qui est caché et ce qui est manifeste, 
et toi, tu sais quel a été mon nome.» — Le sauveur lui dit : «Mais parle, et que 
mon serviteur Schnoudi l'entende de ta bouche.» — Le mort prit la parole, il 
dit : «Je sais un vitrier de Siout, je travaillais avec des hommes; nous nous le- 
vâmes, nous allâmes vers le Sud du côté de Schmin pour travailler en cet en- 
droit. Après quelques jours je devins malade, je mourus; ils m'amenèrent ici, ils 
me jetèrent parce que je n'avais point de parents parmi eux.» Mon père apa 
Schnoudi lui dit : «Le sauveur était-il venu au monde en ce temps-là?» Il répon- 
dit : «Oui, la nouvelle se répandit, venant à nous par ceux qui passaient, qu'une 
femme était venue dans la ville de Schmoun ayant un petit enfant sur son sein; 
tout ce qu '.1 disait arrivait, il ressuscitait les morts, il chassait les démons, il fai- 
sait marcher les boiteux, entendre les sourds, parler les muets, rendait purs 
les lépreux, en un mot opérait tous les prodiges.' Lorsque j"appris cela, je plaçai 

1. Le mss. porte ujavih, mais la tradition se ranache à la ville de ujmotjv située au Nord de Siout. 
Ce qui suit ne se ■:omprendrait pas s'il s'agissait de Schmin (Akhmin) qui est au Sud de Siout. — 
2. Cod. uiswCAvoH. — 3. (Àhi. qipi. — 4. Mot-à-mot : Que ta miséricorde m'arrive. — 5. Cette léj^ende 



MONUMENTS, KTC. 8l 



2s.e eiievi eki^es.c iiQw nes^^uT eopiiye €;5iit uTe<07ro)ujT ' mmo-^ oto^ Miie lupojoTuj 
y^tKT. eTd.q2s.e UÔ.Ï U25.e nipeqMOioirT dw^'^dw^xq ô^r^oToiyT MuicoTup c^-Vpo 
epoq 2s.e Mô.pe neiiuevi Tds.ooi tiTeuujTeM;^!.^'^ epiTT eui.vo'A.*^eie iiuccoii otoi ttiu 
Î22.G- Mne ^«€22.1 nTevAiô^TT uiconi iiHi neM^d^TT (fol. 76 recto) A\.uè^-^i e;îpui en^>wI 
^icï. ne2s.e noc nô^q 2s.e G'^ocon^ es.ueMTiujes. euevTT epoi ;5en tiiivocmoc ueA^ \\à^- 
Êcou ôwTids. ujGMOir'^ '^"^'V "*^*^ uoTrKO'y2s.i MMoeuec «kot 2s.e -^uot uxe uiuevi 
Tes.£0!\ MTeueMTon mmou lyes. niecooir ïiTe nig^evn mmhi. ^en -^-otuot 2k.G e>>.'4€M- 

ROT tt2«.e nipeqMCOOTTT M'^pW'^ nUJOpn on. TlICCOTHp 2S.€ ô<qdN.A\^OUI^ U72SLI2t. 

MTieviooT es-Tiev ujeuoir'^ ô^^mouji n€Mdvq ujev -^pi ex^i nujevqe €Trcô».2SLi jvcm noT- 

dans mon cœur d'aller vers le Nord^ pour l'adorer, et le souci de la vie ne me 
(le) permit pas.» Lorsque le mort eut dit cela, il se prosterna, il adora le sau- 
veur le priant : «Fais-moi miséricorde,^ ne me laisse pas jeter dans les tourments 
une autre fois; malheur à moi! parce que le sein de ma mère n'a pas été pour 
moi un tombeau avant que je n'arrive à ces souffrances.» Le Seigneur lui dit : 
«Puisque tu as été digne de me voir en ce monde ainsi que mon serviteur 
Schnoudi, je te donnerai un peu de rafraîchissement : couche -toi maintenant 
afin que ma miséricorde t'arrive, repose-toi jusqu'au jour du jugement véritable.» 
Aussitôt le mort se coucha comme auparavant. Mais le Sauveur prit la main de 
mon père apa Schnoudi, il marcha avec lui jusqu'à la cellule qui était dans le 

sur la fuite en Egypte est très répandue dans la vallée du Nil. On voit ici que selon la leçon du 
manuscrit on ferait monter la sainte famille jusqu'à Akhmin. Les moines du monastère de Moharraq 
m'ont raconté que la Sainte Vierge avait conduit l'enfant Jésus à l'emplacement où s'élève maintenant 
leur monastère, et il existe dans la littérature copte un discours attribué à Théophile, le patriarche 
d'Alexandrie, sur la visite de la sainte famille à Moharraq. Ce discours n'existe plus qu'en arabe et se 
trouve dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale, dans un autre de la Vaticane et dans la biblio- 
thèque de Moharraq. 

I. Cod. TivoTTûJiyT. — 2. Le scribe s'était trompé d'abord et avait écrit .w, puis il a ainsi corrigé 
AOte. — 3. Cod. c<5)ecoi\. — 4. Cod. A.A\.es.ni. La seconde main a écrit un o en dessus du second &,. — 
5. Ce passage est assez mal construit. Il faudrait croire d'après la leçon du manuscrit qu'au moment 
où le verrier entendit raconter toutes ces merveilles, la sainte famille avait déjà quitté Akhmin, ce que 
le contexte ne semble pas indiquer. Mais il y a certainement une faute; sinon il taudrait hre pue au 
lieu de ^ht. On pourrait peut-être aussi penser que ia sainte famille avait quitta la ville d Akhmin 
pour aller plus au midi, ce qui serait une troisième explication si l'ouvrier s'était déjà rendu dans cette 
ville. Toutes ces explications d'un texte fautif ne sont pas admissibles et la vraie légende ne tait aller 

la S'e Famille qu'à Shmoun, c'est-à-dire Eshmouneïn. — 6. Mot-à-mot : Que ta miséricorde m'atteigne. 

II 



82 E. AMÉLINEAU. 



epHOT ^CH ^d.u Hiui'^ MMTTCTHpiou. Metieticcoc ô^quïe G^pHï eur^HOTTi epe uiô.u- 
ueTV-Oc ep ottmhoc ^es.2i.(oq. 

Me«encev ue^i 2s.e ou ic £^ô.ïi pcoMï d.-ymi ujô<poq ïioTT^ôwMevir'A.ï ecMOci epe 
necuoTr2SLi mmô.c oire^ uccoc eqssLeÉnoooTT eMeviuco ec;^co AVMoq ô.n enTHpq eoT- 
CM 'fi. eTô. neuiooT 2s^e nd«.'y epoc evqiHi «OTrKOTr2s.ï avaicoott eCioA^en '^TV.es.iiô^ttH 
HTe -V^iiuTVhciô^ evqTHiq uevc ô^ccoq ôiq^iOTi MiiecujHpi e^oTU çô^poc eq2s.cc» mmoc 
2SLe ic2s.e Tepôw^i neujHpi is-n le eoÊie oir ^o7V.coc e^peMes^cq. ^en '^-othott es-c^ epw^ 
ttd>.q (fol. 76 verso) «s-T^Tne ^Ai n^ici. Aieuenccoc evircTiTC ti2s.e uecs'ice'y es.quîe 
noooTT enoTTHi e-y^ coott mc^'^ ïieM itenicoT eeoTrès.£i evues. ujenoir'^. 

ne OTon oirpcoMi 2s.e on ^en neouj ujMin eoirpeqep ocoCi npcoAu ne eqep oooÊi 
ues.Tev poMni eqcTi MueqCie^e oto^ neqiynpi cecHoir evn ncoiu. ç^evi 2s.e is.qTconq 
d».qi ujes. TienuoT Mnpoc^HTHc ^s.Tl^s. ujenoir'^ ô^qujconi eqTOO&o MMoq. nô^icoT 2^e 
èvqeMi ^en '^othott 2s.e eTes.qï ujô^poq e^^Êie ott n^cùû. TOTe iie22.e nipcoMi nô».q 
2s.e nevicoT e^oirô^fe M£s.pe neRnevi Tev^oi 2SLe '^ep oco£i ic24.en Tes.MeTK0T2S-ï eiep ocoÊi 
MTiioires.i nïOTTô.! OTOg Menencè». nevi evnou neM nevujnpi TenenoTT ô».n av-uicoir 

désert, parlant l'un avec l'autre de grands mystères : ensuite il rentra dans les 
cieux, les anges chantant des hymnes en son honneur. 

Après cela aussi, voici que des hommes lui amenèrent une chamelle qui avait 
mis bas : son petit la suivait, il était en très mauvais état, car elle ne le laissait 
pas teter. Lorsque notre père la vit, il fit apporter un peu d'eau de la cruche de 
l'église, il la lui donna, elle la but; il lui amena son petit lui disant : «Pourquoi 
n'allaites-tu pas ton fils? ou pourquoi l'as-tu enfanté?» Aussitôt elle l'allaita sans 
aucune souffrance. Ensuite ses maîtres la prirent, ils s'en allèrent dans leur mai- 
son, glorifiant Dieu et notre père saint, apa Schnoudi. 

Il y avait aussi un homme dans le nome de Schmin, faisant le manœuvre,' 
travaillan*- le long de Tannée en recevant son salaire, et ses enfants n'étaient pas 
rassasiés de pain. Cet (homme) se leva, il alla vers notre père le prophète apa 
Schnoudi, il le pria. Mais mon père sut, à l'heure qu'il vint à lui, pourquoi (il 
venait). Alors l'homme lui dit : «Mon père saint, fais -moi miséricorde,' car je 
travaille depuis mon enfance, faisant l'ouvrage de chacun, et après cela, moi et 

I. iMot-ù-mot : Faisant travail. — 2. Mot-à-mot : Que ta miséricorde m'atteiqnc. 



MONUMENTS, ETC. 83 



d^AAes. Tetioï u;3es.ie Te«^eM' uie^ooir niegooTr. ueuioiT 2^e ue2s.d<'4 "*^4 ^te iia.- 
ujHpi d^piioTT Mnciv2s.iMi Mîieupoife eopciuou^ efeoTV. u;iHTq. «00-4 2».€ nçîtiv^ 
2s.e -^-eMi A.U nevicoT eeoTrevû. iieuiwT 2s.e evquje cjio-a n e-VeuivAiuiiv e^-^ujAnA 
OTTO^ ô^qTcofco Muoc ^d^poq (fol. 77 recto) oiro^ eTd.qi\HM c^ojAhA è.'42s.iMi MOô.n 
Roir2s.i uuevc «fcou'^ e^q^TiTOTr d.qconoir mmcoott e&o7V;ie» niMooT «Te uiot- 
cidkCTHpïon OTO^ es^qTHiTO-y AvnipcoMi eq2s.(o mmoc «is.q 2s.e mo \\\\à.\ H0T2i.i 
MKôiC nCioii'^ uTeivuje ueviv eÊioTV. eds.uj mmcoit otto^ nTeK(3'o Hes,ii ïiotêou-^ ;iei\ ïii.w.ev 
eTCMMevir 22-e c^ô.ï ne îiei\oto& eTdv noc eey.iyH epoq e^peucou^ efcoTV. m;îht-4 evAAiv 
es.ciyevtti enujwi TdvToi «^htc otto^ 'fen^ epoc neMô>.i\. d»>qep oto) U2s.e niptoMi 
€q2s.co MMOC 2s.e ce Tooues. rôwIcot e^oird.&. nipcoMi 2s.e es.qiye ues.q èvq'T'o ïi-^-feon-^ 
OTTO^ es.qi\OTq on evqi ujes. nenicoT ne2fi.ds.q nevq 2te ^nnne evi^'o n'^feou'^- e^AA^^. 
ujAhA €2i.coi HTôw^coA nTes.Mis.g^ nôvï nen nepooir nep ptofe e&oA eTrepoi ^en T^es.iH 
n'^poMni ^en niMô. e'^ep ^tofe n^nTq. oiro^ Menencev nevi ei».q^coA e^qep oo)£i 
e'^fcon'f CTevci eniycoi 0.^(022.1 nniiyopn eTevTrd.ids.ï d>.qenoT e-^MOMH. nenicoT 

mes enfants, nous ne nous rassasions pas de pain, mais nous sommes dans le 
besoin, nous sommes en souffrance chaque jour.» — iMon père lui dit : «Mon iils, 
peut-être n'as-tu pas trouvé l'ouvrage qui te fasse vivre?» Lui, il dit à mon père : 
«Je ne sais, mon père.» Mais notre père entra dans l'église, il pria et supplia le Sei- 
gneur pour lui. Et lorsqu'il eut fini de prier, il trouva quelques petites graines de 
concombre, il les prit, les trempa dans l'eau de l'autel et les donna à cet homme 
en lui disant : «Prends ces petites graines de concombre, va dans tel endroit et 
sème pour toi un concombre en ce lieu, car c'est l'ouvrage que le Seigneur ta 
destiné pour te faire vivre; mais s'il pousse, j'en ai ma part et je la partage avec 
toi.» — L'homme répondit, disant : «Oui, certes, mon père saint.» Mais l'homme 
s'en alla, il sema le concombre, il retourna, il vint vers mon père (et) lui dit : 
«Voici que j'ai semé le concombre; mais prie pour moi afin que j'aille remplir ces 
vingt jours d'ouvrage qui me restent à la fin de l'année dans le lieu où je travaille.» 
Et après ces (jours), il s'en alla, il travailla au concombre. Lorsqu'il fut poussé, 
il prit les premiers (concombres) qui eurent poussé, il les apporta au monastère: 
mais notre père les prit, les partagea entre les frères. Alors il pria sur un peu 



I . Cod. TiiacM. 

Il* 



84 E. AMÉLINEAU. 



2s.e d.q5lT0ir d.qcopoTr (fol. 77 verso) nnicMHOTr. TOTe ivqui7V.H7V. e22.en oTrj\oir2i.i 

MMOC 2S.G iie2s.€ lyGno-y^ 2i.€ ueg^ci mmo enujcoi 2s.€ tô^toi n^H'^. mpcoMi 2s.€ 
dvq'Tï MHiMcooTT d.qnoTr2s.;i e2s.€n '^fcon'^- €^22.10 mmoc 22.6 i\e2s.e c^h eeoirô.£i 0.T10.' 
lyGUOTT'^ 22.e ne^ci mmo €1iujcoi 2i.e tô».toi «5h'^.- '^Cioii'f 2s.e es>c€p ^htc ««-^copia 
efeoTV. OTTop e*^ gtor eTevoire uô.pnoc €£ioA niVèJV.ooc evcd>.iyd<ï €Mes>uj(x). totc ô^pi 
mptoMi upniiï €p ^HTc n^ GÊioTV diq22.c5)o Mevq uottmhuj ucotoo ^h^ iwt ^h* evpujin 
OH^ coiiv OH^ en^evi niCien ô>.qep pd.Mô.o GMes.ujco7 H2i.e nipcoMi ng^HRi evqMop 
AvneqHi uô<ues>eon «lÊieH ^(ocTe^ nTGq€p n^xi^peievs n^evit ue^xi^oooirnï nceep ^coû 
tyôwTGqcoTV-ï e^oirn MnoTTis-p^ n'^Êiou'^ oiTeii Tieviydvi Mïi€Cï\ô>.pTioc eTevqep g^oiro ^en 
es>uis.eoti niÊieu ô< '^Êion'^ "^ ec^ô^poir. nipcoMi 2s.€ evqTconq evqi e'^Monn evq^ô^^Tq 
MTiôwicùT eeoird<& eq2SLC0 mmoc 2i.€ nô^itoT €eoTrô.£i oes>n niiy^ Mô^uô^^on es. <^'\- ep- 
;^evpi^ec€vôwi'° (fol. 78 recto) mmcoott wm p^iTcn ueRiyAnA GeoTôvÉi '^noir 2s.e toootu 
Mdipon(|)couj €22.con MnicMOTT mtg hoc. neniwT 2s.€ ô.qTconq ôwqMoyyi ticcoq ^en 

d'eau, il le lui donna, disant : «Verse un peu de cette eau (sur le concombre) en 
disant : Schnoudi a dit : Croîs, car j'ai ma part en toi.» — Mais l'homme prit 
l'eau, il la répandit sur le concombre disant : <^Le saint apa Schnoudi a dit : Pousse, 
car j'ai ma part en toi=» Mais le concombre commença de s'étendre, et se mit à 
produire des fruits bellement : il se multiplia beaucoup. Alors l'homme pauvre 
commença à vendre, il acquit une grande quantité de farine, d'orge, de lentilles, 
de blé, de toute sorte de biens, l'homme pauvre devint riche grandement, il rem- 
plit sa maison de toute espèce de biens, de sorte qu'il eut besoin des autres pour 
travailler jusqu'à ce qu'il eut recueilli le profit du concombre par la multiplication 
de ses fruits. Lorsqu'il abonda en tout bien, le concombre périt. Mais l'homme 
se leva, il alla au monastère, il se prosterna devant mon père saint lui disant : 
«Mon père saint. Dieu m'a accordé de grands biens par tes prières saintes, main- 
tenant allons, partageons entre nous la bénédiction du Seigneur.» Alors mon 
père se leva, il marcha derrière lui dans sa grande simplicité, tenant son bâton 
à la main. Lorsqu'il approcha de la maison de l'homme, il vit des tas de pains 

I. Ce mot a ctc ajoute au-dessus de la ligne par la main étrangère. — 2. Cod. >\*ht. — 3. Cod. 
o«- — 4- (^od. 01. — 5. Cod. oj. — 6. Cod. ç^i. — 7. Cod. M.Av&.vy(o. — 8. Cod. o<oc2..e. — 9. Cod. 
ivTeqepn3(;pi*,. — 10. Cod. cp3(;j\pi5£c«^c. 



MONUMENTS, ETC. 85 



eniCHitti ncoiK £H' coto. ni^eA7V.o 2».€ evqGpss.ouiMô.'^eiU'' mmo'^ e«ô».T eTe'42^0- 
HiMH u€M TeqTipopds.ipecic.^ n€2£.e nipcoMi !iô^q 2£.e c^couj e2fi.oiu muicmot UTe 
noc ic ïinvevpoTTRiou eviceÛTOTTOir u€m ui(jes.MOTr?V. eepoTrgojA MT\€UMepcc nevu 
e'^MOttH. nô>.icoT 2s.e €Td<ques.ir eneqnô.^'^ u€m Teqnpo^d.ipecic+ €tcmot iiess-e^-^ 
nA>q 2s.€ iiô».iyHpi ujenoTT'^- oTô^iy €^7V.ï ô».» ô^TVTV.ô». îItott ud>.i\ THpo-y uTeuo)n;î 
€pcooTr ii€M neiiiyHpï '^nevg'^ ^'^•\ 2s.e ;)(;^iieK.ujcoT evu «gAi ud^i7ô».eou uuecou ic- 
2s.€n tÇ)00Tr ô.7V7Vd< ujconi eR'^ ô^ee^iiH n7V.Hn tcoottu Mes.pon nT€i\TevMOi C'^&on'V- 
€TdvTuje OTW €c5>Mes. tt'^&on'^ es-irniv-y epoc gô^c^ ec^ev^oT otto^ ô^ neuiooT kim €poe 
AV111ÊA.1 eT^€n T€q2i.ï2i. eqssLCO mmoc (fol. 78 verso) 2s.e €i2SLe Gpo^ neo w -^-^lOu-V 
neg^ci MMO e^pHï UTeTèvoiro nK.€i\oT2i.i «Re^pnoc eûoA Mnevi^Hui «pcoMi g^iudv 
nTGqcott^ n€M nequjHpi. nô.ipH'^ d«.qROT e'^MonH n2i.€ neuicoT GeoTô^Êi ô>>Tiev 

TiipwMi 2s.€ ô<q€p pevMevco eMdvujto eMivujoo" OTTO^ nicAioir eTes. noc eô^ujq epoq 

et de farine; mais le vieillard le tenta pour voir sa justice et ses dispositions. 
L'homme lui dit : «Partage entre nous la bénédiction du Seigneur : voici les cha- 
riots,^ je les ai préparés avec les chameaux pour transporter ta part au monas- 
tère.» Quand mon père vit sa foi et sa disposition convenable, il lui dit : «Mon 
fils, Schnoudi ne désire rien; mais prends tout pour toi, vis de cela avec tes en- 
fants. Crois qu'avec l'aide de Dieu tu ne manqueras d'aucun bien une autre tois 
depuis ce jour; mais sois charitable. Mais cependant allons, montre-moi le con- 
combre.» Lorsqu'ils furent arrivés au lieu (où était) le concombre, ils le virent 
mort, et notre père le remua avec le bâton qui était dans sa main disant : «Je te 
(le) dis à toi, ô concombre, pousse afin que tu produises quelques autres truits 
pour ce pauvre homme, afin qu'il (en) vive avec ses enfants.» Ainsi notre père 
saint apa Schnoudi retourna vers son monastère. Après cela aussi, le concombre 
poussa de nouveau et donna des fruits bellement. Mais Thommc devint riche 
grandement, grandement, et la bénédicfion que le Seigneur lui avait donnée en 
partage une première fois, il la lui donna une seconde fois, et enfin il acheta ainsi 

I. Cod. <i\. — 2. Cod. cpis^ORiAViv^m. — 3. Cod. npoç^cpccic. — 4. Cod. Tcqupoocpccic. — 

5. Cod. eiDcepôw. — 6. Le «^^ avait été omis et a été ajouté par la seconde main. — 7. Cod. mmj^uku 
cMe^ujcoj. — 8. Ce mot que je n'ai pu trouver dans les lexiques grecs est rendu dans le texte arabe 

par un mot qui signifie chariot. 



85 E. AMÉLINEAU. 



MTnujopn ncon ô.q^ô.iyq cpoq on muimôv^ ^ ncon. nevipR-^ TV^omon d.q5i OTOp 
à.^^ ^en nmoTTÊi ncM nicoiro otto^ d^q2s.q>o ne^q n^evn niiy^ tiô^i^e^eon neM 
pd.n XP^-^^ ^^°^ "^'^ eTCMue neqio-^ OTra.e niio-^- ht€ neqio-^-' ne^ir epwoir. 
nô.ipH'V nô.q-^ tooT Mq)'^ neM nenicoT MTipocÇ)HTHc ô^hô. ujenoTT-^- «nie^ooT THpoT 
iiTG Ti€qcon^ ujô. ii€qMOir. 

ic ^HTiii€ oirn ô.n2s.co eptoTen ^ô.n ï\0Tr2s.ï ô^noMepoc eûoTV^en niuj^Hpi n€M 
niTioAiTeiô.- «Te Ti€nicoT MTipoc5)KTHC eeoiTôiû eiwiies. lyenoir'^ nies.nocToTV.oc OTop 
ninô^peenoc ninpec£nrT€poc oiro^ Tiiô.pxi-w.ô.na.piTKc (fol. 79 recto) ed.md.Tr 
epcooTT ;5eM nd.Eio.7V. ottoo evicoeMOir cÉioA ^en nd.Mo.uj2L d.noi\ fencd. niMd.eHTHC 
nTe nd.ïcoT n^eTVAo c^d.i €Td.q(rici euiytoi ^en Teqi^ened. M^pn-^- Mniûeni OTop 
d.qd.iad.1 n2i.e n€qoirTd.p AV'^pn'^ MUiiye nciqi nT€ iii7y.ï£id.noc £Wct€ nT€ neqcco- 
iT €end.neq OTWiyc eÊioTV. nTeqMd.p npo Miii\d.pi xnpq M'^pn'^- noTciM nTe nRd.^i 
<^d.ï eTd.c5^po ^en OTMeT2SL(opï eT2S.OM Twpc Mni2£.d.22.i giTen nir^con eÊioA nxe 
neqepMcooTi eTCMd.pcooTT neM nTd.^o epd.Tq Mneq&ioc nd.ei^eTV.iHon neM TRd.- 
Td.CTd.cic nTeqnoinconid. eeoird.fe ed.i eTd.cu}(OTiï ec^ ctoiT on Menencd. neqMOTr ne 
d.A7V.d. nd.Ain Md.penTd.ceon essLen Teqnpononn eend.nec g^ind. nTenuïd.ujni 

et vendit pour de l'or et de la farine, et il acquit pour lui de grands biens et des 
richesses nombreuses que ni ses pères, ni les pères de ses pères n'avaient vues. 
Ainsi il glorifia Dieu et notre père le prophète apa Schnoudi tous les jours de sa 
vie jusqu'à sa mort. 

Voici que nous avons dit une partie des merveilles et des pratiques de notre 
père le prophète saint apa Schnoudi, l'apôtre et le vierge, le prêtre et l'archiman- 
drite, lesquelles j'ai vues de mes yeux et entendues de mes oreilles, moi Visa, le 
disciple de mon père le vieillard, lui qui s'est élevé dans sa génération comme 
un palmier et ses fruits se sont multipliés comme le cèdre du Liban, de sorte 
que sa bonne renommée a résonné et qu'elle a rempli la face du monde entier 
comme Th^-rbe de la terre; lui qui a été victorieux avec vaillance de toute force 
de l'ennemi en répandant ses larmes bénies et par la stabilité de sa vie angélique 
et les règlements de sa communauté sainte qui a été célèbre après sa mort. Mais 
retournons à notre bon dessein, afin que nous obtenions sa faveur. Mais notre 

I. Entre ces deux .nots on a écrit et gratté OTienio-\- (?), la bonne leçon est facile à reproduire d'a- 
près ce passage. — 2. Cod. nmoAiiTie.. 



MONUMENTS, ETC. 87 



â£\\. neqenicTo7V.K eeoTTô^Ci oiro^ eT2s.oi\ep ïi^mott uiiioT2i.i upm \\u\ni\-\< eiTC- 
MOMô^xoc ^^1"^^ uocMiKoc He^q^o«^€u eTOTOTT (fol. 79 v^rso) eep mô^i uje^Mo otoo 
nnô^HT e^oirn eoTPon «ifceu n^oiro 2s.e eepe-^- evuè^nu ueM "Vp^'P^^h^ ueA\. '^■2i.I- 
Kô^iocirtiH^ lyconi cttmhu e&oTV. ^eu TiiMoues.cTiipio» «chot «ifceu. 

neoq 2s.€ nenïtoT ne exqujcoui ne ^en oiTMeT^eTVAo eciietiicooTT c-^îs-hw e£joA 
^en ^ôwtt eoooTT enô.neT MÇ|>pH'^- ««euio-^- Mi10.Tp10.pxHC- iiôwicd.2s.i a.e 0.-47*.- 
OToq epon THpoir uoTMHiy ncon H2S-e nenicoT nss.iuô.ioc'' eq2s.o) mmoc 2s.€ e^ 
noc epx^^pi'îec^ô.i^ uni mhô.^! mmcotchc niô.pxii^po'^HTHc piv «poMni e^AA^v 
eujcon MTe Ten'^ ssLConT nm '^nes.Tcofe^ MMoq iiTeqoAT £d<T^y\. nuipoMni ç^rçMMèK^. 
neni(OT 2s.e d.110. lyenoT'^- ô.qi enujcoi ^en neqe^ooT eevq^couT eep pm «poMni 
evqTô.ceo eniujwniS ncoTrevi muiô^Êiot ennni9 exe nie^ooT ne eTevTrjsLUoq «;iHTq 
i\è.Tô. npH'^ eTo.qT0.M0n. Aomon ne2s.ô.q nni ô.noi\ ûhcô. TieqMes.eHTHc 2S-e "fepe- 
nieTMini^ noTiioTssLi noirc^- eq7\.d.^eM. (fol. 80 recto) ô.noK a.e e).iuïe «hi ^en 
OTicoc eniMô. noTcoM nTe nicnnoT nujeMMcooT ô.ienq Hô.q 2£.e nTeqoTcoM. nToq 

père apa Schnoudi instruisait chacun par ses paroles et par ses lettres saintes et, 
rendant allégés les petits et les grands, moines ou laïques, il leur recommandait 
d'être hospitaliers et miséricordieux envers chacun, et surtout de faire que la 
charité, la paix et la justice fussent stables dans le monastère en tout temps. 

Mais lui notre père était dans une vieillesse grasse (et) remplie de jours bons 
à la manière de nos pères les patriarches. Souventes fois notre père le juste 
nous tint ce discours, disant : «Le Seigneur m'a accordé la vie de Moïse Tarchi- 
prophète, cent vingt ans; mais si vous m'irritez," je le prierai de me prendre avant 
la fin de ces années.» Mais notre père apa Schnoudi monta dans ses jours, il 
approcha de faire cent dix-huit ans; il se tourna vers la maladie le premier jour 
du mois d'Épiphi, jour auquel il était né, comme il nous Ta enseigné. Du reste 
il me dit à moi, Visa, son disciple : «Je désire quelques légumes cuits.» Mais moi. 
je marchai avec promptitude vers le réfectoire des frères étrangers, je les lui ap- 

I. Le premier ui a été omis et ajouté par la seconde main. — 2. Cod. itc. — 3. CoJ. itc. — 
4. Cod. "^ç^ipHiiH. — 5. Cod. '\-3..iKeocTrtt.H. — 6. Cod. nak^TTHcoc. — 7. Cad. cp;x*'P*î*^*'*- — ^- ^' • 

de ni a été omis et ajouté par la seconde main. — 9. Cod. chhh, leçon plutôt ihébainc. — 10. Cod. 
■^epeni«^TAviH. — II. Mot-à-mot : si vous donnez de la colère à moi. 



88 E. AMÉLINEAU. 



2^e T\€2£-d.q uHi 2s.e 0.7^ iTq «TCRX^^ e2s.ett ni2SLene'^cop uji^ -^lymi nccoq. evnoi\ 
2s.e iviipi ud^Tô. ii€qcô.25Lï. ^en TiiMd.g^a.€ negooir equjconi ii€2s.ô.q «hi 2s.e £co'\ 

ô.-42s.€Mq eô.qx^"*' M'-^^pH'f noTiyoA^c eccH-^ e£ioA oto^ Tie2SLd.q nô.q mmiïi MMoq 
2s.e "^vpTX" oTcoAi ne ^en <^h CTô^pe epcTiieTTMem ' epoq. oiro^ Menenccoc ne- 
2s.d.q «Hi 2S-e ô^TViTq nTeucô^Tq eCioTV.. ne.ipH'^- MneqssLeM -^m MMoq. 

TOTe ev niujcouï e^pouj c^pHi e2s.coq Mine^ooir eTeMMe^ir ujô.Tcq'-^og eniMô.^ e 
nepooT eTecoTT r' ïvenHni- ne. evq^poirMOTr'^- enmiuï'^- tiujHpi nxe "^MonH e^OTii 
;ievTOTq OTTOp TiessLevq «es^n Aind.ipH'^ 22.e nô^ujupi MMenpiT '^uïini cpcoTen THpoTT 
2S.C OTHi ïc nd^ôc ô.qoircouî ecnT eÊo7V.^en nô^iMis. n2s.coiAi (J>ô<i (fol. 80 verso) 
OTop e<-^cop:^ utô^v^tx*^' enes-ccoMô. nefeiH». ô^ttoii 2s.e ô.ic^ô.^tt e^epHi csLCoq 
ucM «ïCttHOT eT^eu neqnco'^ ô^ttpiMi eMô^ujco en2s.co mmoc 2$.e eiinevOcoTV. nTCR- 
X*^» TienjcoT enoi nopc^evnoc enn0.2s.eM pcoMi necon MneR-pw^ nTeq*^ cÊico+ nô.n 
OTTop njeqTcion ^en '^Tpoc^n cnoir'^ eev <^'^ n^M eis. nipcoMi. evRMOO MniuocMoc 
THpq ^en neuivô^ncon eeoTrA.£i neM neucoss-i ncocif)!©. nn eTis. c^*^ epx^piî^ceevi ^ 

portai afin qu'il mangeât. Mais lui me dit : «Prends-les, place-les sur la terrasse 
jusqu'à ce que je les demande;» et moi je fis selon sa parole. Le troisième jour 
de sa maladie, il me dit : «Va', apporte- moi un peu de légumes.» Mais moi, 
je (les) lui apportai, et lorsqu'il en eut approché sa bouche,*" il le trouva puant 
comme un cadavre jeté à l'écart et il se dit à lui-même : «O âme, mange ce que 
tu as désiré.» Ensuite il me dit : «Prends-le, jette-le» : ainsi il n'en goûta pas. 

Alors la maladie s'aggrava sur lui en ce jour jusqu'à ce qu'il fût arrivé à la 
sixième journée qui était le sixième jour d'Épiphi. Il fit appeler les principaux 
frères du monastère près de lui et il nous parla de cette manière : «Mes enfants 
bien-aimés, je vous ai fait venir tous, parce que voici certes que mon maître veut 
m'enlever de ce lieu de dépôt et séparer mon âme de mon pauvre corps.» Et 
moi, je m- jetai sur lui avec les frères qui étaient autour de lui, nous pleurâmes 
abondamment, disant : «Tu vas t'en aller, tu vas nous laisser orphelins, ô notre 
père; où nous trouverons-nous un homme de ta sorte, qui nous instruise et qui 

I. (Jcd. €Tikcpeni«TMiii. — 2. Cod. iicniit\>. — 3. Cod. \\T{>.^y\fT'x,n . — 4. Cod. Teq-\-cûa). — 
5. (.od. cp2M*'P'î^*^<'€- — (>• L'expression 3(;es. poj^ veut ordinairement dire se taire, mais ce sens ne 
peut convenir ici; c est pourquoi je traduis littéralement, ce qui donne un sens très en rapport avec 
le contexte. 



MONUMENTS, ETC. fig 



ues.TiocTo7Vnvo« av.oo aitiiuocmoc Tupq. Tie:s.ô.q »\d.\i ot\ 2s.c ivpep nèkCMTo'Au «n 
eTd^ioouoeu mmwott €T0T enuoir ?<.ï\dv7r Avnep^oi jico Te» u»iOTevoc*.oi\i çrew- 
TCd.£icoTeu epcooTT efeoApiTeu noc '^MeTAvevi cou •^.ugtuô.ut •V-U€7pe-4çp^v^^^uT^v« 
nui^Hui ueAi uiujeMAV.cooir uèvi AineiiopoTTAvoTuii e&oTV. ;5eu j\iAiO!\*.cT!ipioM 
eeoTrevfe lyeu ottou «ifeen epcoTeii e€^&G tô<uô<tih mii;>^c pi»^. utoti poiOT u^ce 
tties.ceeAoc tiTe c|>'^ (fol. 81 recto) hcgs22.{oi7V.ï epwTGu. mictuô.tïc j^çav hitojiqo 
ïicAv niHHCTeiè^' Ainepep noTcoÉiiy d^A7V.ev lyconi Gp€Te«MHn e&oTV. \iohtot «chot 
Hifeen pinev «TGTeuiyconj uiyc|)Hp en^c OTOp «e<i epGTeMevpeo epcooT iiueTeu- 
ep £)dK\Q «d.i7d^eou Hi£iGn eiTC^ 5en nes.iAvev eiTe^ ^etv niuedwicoti^ eeuHOT. Tiis.An\ 
nes.qoopuï ne ^en miycoui eniooTo ev«o» 2s.e THpoTT nô.«pïA\.i ne choï Aiivevo 
npHT. 

eTô^ TOOTTï 2s.e ujcoTiï ncoTT ^ Miiô^ïôvfeoT ttOTtoT enHTH" ôk.q^icï ;5eti nuiitowi 
eMôiUjoo. AV'^^nes.TT 2s.e Hes.24.Ti £" Mniepooir Tie'ss-Hi nôvq 22-e n^.uoT is.^ou Av.nev.ipu'^. 

nous rassasie de la double nourriture, celle de Dieu et celle des hommes? tu as 
rempli le monde entier de tes saintes règles et des paroles sages que Dieu t'a 
accordées; tes discours, tes lois, tes ordres et tes commandements apostoliques 
ont rempli le monde entier.» 11 nous dit encore : «Gardez les commandements 
que je vous ai donnés : prenez garde d'oublier les préceptes que je vous ai don- 
nés de la part de Dieu; aimez les frères, soyez charitables, recevez les pauvres 
et les étrangers, ne les faites pas sortir des monastères saints, recevez chacun 
près de vous pour Tamour du Christ, afin que les anges de Dieu viennent aussi 
vers vous et qu'ils habitent avec vous. N'oubliez pas les cynaxes, les prières, les 
jeûnes : demeurcz-(y) fidèles en tout temps, afin que vous soyez les compagnons 
du Christ, et si vous les gardez, vous ne manquerez d'aucun des biens, soit en 
ce lieu, soit dans le siècle futur.» De nouveau la maladie s'aggrava," et tous nous 
pleurions, affligés. 

Et lorsque le matin parut du septième jour de ce même mois d'Épiphi. il sotit- 
frit beaucoup de (son) mal. A la sixième heure du jour, je lui dis : «Mon père, 
comment es-tu?» — 11 me dit : «Malheur à moi, car la route est longue : jusqu à 

I. Cod. ivinHCTiA,. — 2. Cod. iTC — 3. Cod. iTe. — 4. Cod. niKCwn. — 5. Cod. cnir\>. Je mets 

partout la mcmc orthographe. — 6. Mot-à-mot : il s'aggrava dans la malaJio. 

12 



go E. AMÉLINEAU. 



'^•€pô.Tiô.nTô.»v €Tiôc. eTô.q2SLG Hdwï 2^e ô^qx^ P<^^ e^qconuï efcoTV noTrq>d.iy OTiioir. 
civTOTq evqwoj GÊioTV €q2s.03 mavoc 2i.e ô^pi '^d.r'ô.nH cavott €poi nevio-^ GeoTrevfi 
(fol. 81 verso) ô^mcoiui o€mci AiTid.A\.eo eCioTV. jie^Tô. tieTGuxopoc. TiG2S-ô.q on 2s.g 
ic «ïnd.Tpiô.px.wc ^''^'ï "^-^ iimpoç^HTHc ic miô^tioctoTVoc ne.v\. uievpxî^iiïciionoc 

ÏC Uô.pXï-^^^"^2s_piTHC iKTi «GM HR GeOTTevÊt THpOTT. TlG2S.ô^q OU 2<LG TliS.IOOT d.ndw 

moi Ties.icoT ^s.TI^s. evnTconioc hô^icot 0.T10. tiôw^com d>.Moni UTev2s.i2s. UTdvTtottT G^pi- 

OTTODiyT AV.C^H GTÔ^ Tôw\^r7rX.W MGUpiTq 2S.G OWnilG IC evqï UCCOI UGAl UGqevuuG7V.oe. 

^Gii '^OTniOTT es. OTTUiiy^ ncooiuoirqi ujcom totg ô.q'^ Aincqniies. 6UGU2s.ï22. m^'\- 

MniGOOOTT GTGMMes.Tr UCOTT 7 ilGTlHTlI. ' 

OTTOp IC Ois.» ^ptooTT es.TTiycoTii ^G« uiMones.cTHpiou es.\iccoTG.vv. «pes-u CMH Girno- 

TGM GTCOUJ GÊIOTV. CôsTIUJCOI MHGqCCùMÔ^ GeOlTôvCl GITTÔ^OTO «00.11 OTTMHOC UGM Oô^IV 

\ydw7V.M0c t^.ç^^x pevn pco2s.H Mïiïiô>.Tiuon gttoi «x^P®*^ x^P°^ ïie^Trss.oo mmoc mîiô«>i- 

pH'^ 2S-G '^OGipHUH^ j^^j^^ ^^ UJGnOTT'^ (fol. 82 rCCto) tlGAV. TGIV22.IttGpes>TliS.UTô^n ^^'V* 

quel temps attendrai-je afin d'aller à Dieu? Sur la routé il y a des terreurs et des 
puissances fortes! malheur à moi jusqu'à ce que je rencontre le Seigneur.» Lors- 
qu'il eut dit cela, il se tut, il demeura en extase une demi-heure, il s'écria disant : 
«Faites-moi charité, bénissez-moi, ô mes pères saints, venez : restez en ma pré- 
sence dans l'ordre de vos chœurs.» 11 dit encore : «Voici les patriarches qui vien- 
nent avec les prophètes, voici les apôtres avec les archevêques, voici les archi- 
mandrites qui viennent avec tous les saints.» 11 dit encore : «Mon père apa Schoi, 
mon père apa Antoine, mon père apa Pakhôme, prenez ma main, afin que je 
me lève pour adorer celui que mon âme aime, car il arrive vers moi avec ses 
anges.» En ce moment il y eut un grand parfimi; alors il rendit son ame entre 
les mains de Dieu en ce jour là, le septième jour d'Épiphi. 

Kt voi :i que des voix se firent (entendre) dans le monastère; nous entendîmes 
des voix mélodieuses chantant au-dessus du corps saint, disant des hymnes, des 
psaumes et des odes spirituelles, les chœurs alternant les uns avec les autres;' 
ils disaient ainsi : «La paix soit avec toi, ô Schnoudi, et à ta rencontre avec Dieu. 
Les habitants des cieux se réjouissent avec toi aujourd'hui, ô toi qui nas jamais 

1. C'.Oii. uci\iu\i. — 2. CoJ. •\-oipinvji. — 3. iMot-i\-mot : étant chœurs par cliœurs. 



MONUMENTS, ETC. 



9» 



£\i MMOuô^CTupiOii UTd^q. -^-^cipuuii' wiKK 0) yenoT-V iiuj'\>Hp M'\>"f OToo •\>Men- 
piT Mn;xi*^ Teupd^uji «eMd.iv Tupoir co c^h eTd.q2s.o)H avtuivo)t c&oA otoo *<-\^vpeo 
eniMô.g'^- ô.q5l Mni;)^7V.0M uoirwmi ic nipcooTT «Te JU'5)H07n ô.toto)u mmojct uiviv 
eepeuï e^oTïi m^htott ^e» oirpes.ujï. 

uôvi 2s.e eTô^ucoeMOTT ô^uicoc MMon dvttepcueTiô<^eiu ' Aine^coMô^ eecTô^Ci d.u- 
£iTq e^pHi eoTruivvyes. ecoi n^o7V.^o?V. oirop ô^neoMcq eupi.ui etioi iiCMUdvp uoht 
eeÊHTq 2SLe evnep ^evie iiottmiiu'^ upeq'^ cÉio)+ euè^tieq. nevipii-^ ou ô.uujomi eu-^ 
woir Mc^)'^ enujen omot uTOTq MTienoc luc ny^c ^à^i exe '^oiq ue niwoT j\ca\. 
neqiWT uevUd^eoc ucm ïiïîiuô. eeoirivii HpeqTes.u^o "^uot wqm. uchott ui£ieu ucav 
UJ&. eue^ uTe nieuep Tupoir oevMUu. 

laissé le diable apparaître dans aucun de tes monastères.-' La paix soit avec toi, 
ô Schnoudi, le compagnon de Dieu et le bien-aimé du Christ; nous nous réjouis- 
sons tous avec toi, ô toi qui as accompli ta course et gardé la foi, qui as reçu la 
couronne de lumière.'' Voici que les portes des cieux s'ouvrent à toi; par elles 
entre dans la joie.» 

Lorsque nous entendîmes ces (paroles), nous nous précipitâmes, nous abri- 
tâmes son corps saint, nous le mîmes dans une châsse percée de trous et nous 
Fenterrâmes, pleurant, tristes à son sujet, car nous avions perdu un grand et bon 
docteur. Ainsi nous rendîmes gloire à Dieu, remerciant notre Seigneur Jésus le 
Christ à qui est la gloire ainsi qu'à son Père (rempli de) bonté et à TF^sprit-Saint 
vivificateur, maintenant et en tout temps et dans tous les siècles des siècles. 
Ainsi soit-il. 

FIN. 

I. Cod. oi '\)\\ e.Tç^M.nç.'x^».. — 2. Cod. "^-ç^ipHtiii. — 3. Cad. «.iicpcRena-^m. — 4. Le ê a été ajoute 

en interligne par la seconde main. — 5. Mot-à-mot : se manifester. Ce passage prouve que Schnoudi 
avait plusieurs monastères sous sa dépendance. Peut-être ne faudrait-il comprendre ici que le monas- 
tère de femmes situé près du sien ; mais on peut aussi croire qu'il s\igit du monastère nommé main- 
tenant Deir el-ahmar : le monastère rouge, par opposition au monastère Deir el-jbiat, bâti par Schnoudi 
lui-même. Le monastère rouge est situé au Nord - Ouest du monastère blanc à environ trois quarts 
d'heure de marche. — 6. Mot-à-mot : il a reçu la couronne de lumière. 



12* 



Q2 E. AMÉLINEAU. 



II. PANÉGYRIQUE DE MACAIRE DE TKOOU 

PAR DIOSCORE D'ALEXANDRIE.' 

(fol. 1 1 8 ô.) OTCUiicoMion eô.qTô.oTro^2 j^2s.e KetiTiô.Tpïivpx"^ eecTTô^fe nenicoT 
ï^ô^prv^jçj^j(.j;^onoc «Te pô^ïio'^ nies^uioc î2vïociiopoc eô^qTôvOiroq eôw£i&ô. .viô^iiôvpioc^ 
Tiienicivonoc ut€ tïiooott '^tioTV.ic muichott ctô. Mes.pi\iô>.uoc noirpo €pe^(jC)pi5eïn+ 
AVMoq eeô^upe». '^«hcoc mtc ïie^Avi^Aô^irconiô^ 5en ii2s.iîiepe èvnes. nô.c^noTr'^ ocoTV. 
iyis.poq €2i.eM nequjini eô^qTevMe ô^hô^ 2s.ïociiopoc 2s.e es.q2s.wi\ e&oA n2i.e niMô^- 
uevpioc ^en pô^uo'^ ^en oTrA\eTOMo7V.ouHTHc.^ eev^Tevoiro 2s.e Mnevi euRcoMion 
eTOCMci ^evTOTq n2SL€ Oô.n avhuj nuAHpiRoc ticM ottmhuj mmohô.^^^^oc'^ eô^iri oev- 
poq e2s.eM nequjiuï ^e» '^e^(jopicTeïô^7 eTrc^ds.i nccoq nssLe neTpoc ïicm «^eomcToe 
ni2s.ï&.iicon eeoTeo nccoq ^en oirg^eipHnH^ ttTe •^'^ ô>.mhïi. 

'^nô.5'1 uTô.p;)(;^rt MiiiiipooiMïon e2s.coi nTOTq Mniei7ï\w.uievCTHc ottoo nipeq^l 
av.Ol)IT utc ni&eATVeT iiiMe7Vïoi7pô.^oc eeoTTôwÊi otto^ chicot mh^^ uevTô. cô.p^ 

Éloge que prononça notre patriarche saint, notre père l'archevêque de Rakoti, 
le saint Dioscore. Il le prononça sur l'abbé Macaire, l'évêque de la ville de Tkôou, 
du temps que le roi Marcien l'avait exilé à Gangres, île de la Paphiagonie, lors- 
que l'apa Paphnuti alla le visiter pour annoncer à apa Dioscore que le bien-heu- 
reux (Macaire) avait terminé sa vie à Rakoti en confessant (la foi).^ Lorsqu'il 
prononça cet éloge étaient assis près de lui une multitude de clercs et une mul- 
titude de moines qui étaient allés vers lui le visiter dans son exil. Pierre et Théo- 
pistos, les diacres qui l'avaient suivi, ont écrit cet (éloge). Dans la paix de Dieu. 
Amen. 

Je commencerai l'exorde par le panégyriste et le conducteur des aveugles, 
l'écrivain merveilleux, saint et père du Christ selon la chair, le prophète saint, 

1. Ce panégyrique se trouve au Cod. Vat. n° 68. Il va du fol. i i 8 au fol. 162 et de la page a. à la 
page pe : mais il y a une lacune très importante au milieu. — 2. Cod. ee<qT&.TOTOq. — 3. Cod. iKt<- 
Kivpi. Ce nom est S'^)uvent écrit ainsi par abréviation, ce qui semble lui donner une couleur égyptienne, 
mais il est grec. — |. Cod. cpc^topi^m. — 5. Cod. oyAvcTOAvoAoxMTuc. — 6. Cod. MMoyiu^^^oc. — 
7. Cad. •^t'jcopicTJx. — 8. Cod. oToipiiun. — g. Mot-à-mot : dans une confession. 



MONUMENTS, ETC. q3 



uewp ô^iep ^eTVTV.o Mniuevir enieMHi^ cue^ eô. uôc x*''^ ucov^. •^-uô.ss.oc po) *eit 
iiJ22.mc^enp iiicd.2i.i »oinioir2s.ï 2S.€ ic2s.eu eMeTU07r2i.\ uevuô. Mè<i^e>.pioc oTiiô^p 
i>euoc nes-TewAeû ne ^eu TeqMeT^eÀAo 2s.e ou d».qain eneTHni utc ui.N,v.ôwp7Tpoc 
epe noc nôwX*'^ «c(oq «ô.iy npH-^. M^^pH-^- uô.p uniMô^Toi eT;5eu Miô.pio.M.oc 
d».Triyô^nnevir eoTrô.TV.oir eqoi uces^ie ujevir'^ othott cpoq ;ieii OTruirA\.«d«.cid«. 2s.€ quevep 
ujevir ed».iy AvnoTVGMoc. eujcoTi 2s.e nio.7V.0Tr o'ynenTTrpicon+ ne ^en ui.v\.ô<toi vyô^-y- 
giïTq eT^n Mnino7V.eAvOC. eiycon 2s.e oire^os^oc ne ujis.R2i.eMq ces^r^e^o-y iiuinoAe- 
MicTHc equjtouj Mneqcoeueq ;5en Teq22.i2s. n2s.dv5k epe neqoTine^Ai ee£ie -^ss-iu- 
ccoK 2s.e nneqoioTï Mneqcooneq n2s.ïn2s.n e>.2SLue pco^T noTèvi uneq2s.ev2i.i exepno- 
7V.eA\.eïti- ueMô^q. nevipH'^- on '^noir eujcon oTuenTirpiton*' ne es.Mô^ av^k.- (fol. 1 19 ^; 
uô^pioc eTe c^ô^i ne 2s.e eqeMi ncô^sLi èvn ^en '^es.cni n^e7V.7V.HnniH" èvAAev Mneq- 
oeMci noireiye ni neMô».n enino7V.eA\.oc nnix.*^^*^W2^ooniTHc ottoo nceonq ocoq 
eni xA^^' 

David, chantant et disant : «J'ai été jeune et je suis devenu vieux, et je n"ai 
jamais vu le juste abandonné par le Seigneur.» Moi aussi je le dirai en détour- 
nant un peu (le sens) des paroles : depuis son enfance apa Macaire était un 
(homme) vierge (et) sans tache, dans la vieillesse il fut compté au nombre des 
martyrs, comment le Seigneur l'aurait-il abandonné? Car, ainsi que les soldats 
qui sont dans les cadres, s'ils voient un jeune homme qui soit beau, ils tirent 
parti de lui dans la gymnastique afin qu'il soit propre à telle (ou telle) manière 
de combattre; et si le jeune homme est un centurion parmi les soldats, ils le pla- 
cent en avant de la ligne de bataille,^ et s'il (faut) battre en retraite, tu le trouves 
à l'arrière-garde des combattants dirigeant sa flèche de la main gauche, pendant 
que la main droite est occupée à la traction (de l'arc), afin qu'il ne lance pas sa 
flèche en vain sans frapper l'un des ennemis qui combattent contre lui. Ainsi 
maintenant si abba Macaire était un centurion, c'est parce qu'il ne connaissait 
pas la langue grecque; mais il n'est pas resté sans aller avec nous à la guerre des 
Chalcédoniens et on le compta parmi les six cent trente-quatre. 

I. Cod. eq mavoc. La page se terminant par eq, le scribe a oublié ucw. — 2. CoJ. rc ^^^p. — 
3. Cod. e«yAVHi. L'article a été oublié. — 4. Cod. KcnTHpioc. — 5. Cod. cTcpnoAcsvni. — o. Cod. 
OTTRCKTiipioc. — 7. Cod. iveAA.cuiRH. Le o est nécessaire ici ù cause de l'esprit rudj : d'ailleurs il se 

trouve toujours dans le mot oeA^im. — 8. Mot-ù-mot : de la guerre. 



Q . E. AMÉLINEAU. 



TiicKOTioc UTe x»-^ï 22-e '^H eeoTreuï rp^ Mivpeqi ncMe^n e-^cirnoî^oc. necooT 2^e 
Mienicivonoc d.is"\ «ot& MniKOTÊoTKTAô.pioC eTCMMd^ir CTd^ TioTpo OTopiiq ticwn 
eujTeMepô.uô.uuô.-5€iu^ mmcoot. «eoq 2^e ^^qTi^'^coo1^ eoTr2S-Oi MMevTre^Toir otto^ 
MTie'4Tô.AoiOTr hcmô^ïï. tô^x^ Tie2s.d.q Mni^e7V7V.o ô^ÊiÊiev Mô^uô^pioc^ 2s.e evAioir ne- 
Môv" £wu ïiTd.Tô.AoK neM HCKiy^^Hp nenicuonoc nTivepenep ïie^Mi-^e^ eTOTreir- 
TTX^»*^" oTop UTe uoTpcoMi Tiqi TieuptooTuj 5en TeiiMeT^eAAo 2sl€ mmok tck- 
po)Mi MMevTT. «^oq 2s.e d.qep otco Tie2s.ô.q nô^q 2S-e eTe^iT d.n enô^iMô. emco-^ 
ttCiv iiô^eMTOM. qou^ H2SLe Tioc 22.e oTTMonon €TôJA.oï eoTr2s.oi eeÊie OTMoenec 
lire TiôwCWAvev (i) ô.?v7\.ev ceMTiujd. «tô^mouji nnô<5ev7V.ô.Tr2SL lydwn-^-pooA eniMiv exe 
-^-cTuos^oc MMiVîr ttTeveMi eniujcoiy ctott'^ mmioott Mnô^oc me nx^ n2s.e hïoô.ï- 
peTiuoc.'^ OTO^ nô.1 ueoTd.i on qon;* n22.e neunnev nd.u}Hpï 22-e MMon noTÊi «tôt 
d<ii eiAvuTi" eoTTi OTTSSLOC 7V.OTrii022.i. nevï 2s.e eTevqccoTeM epcooir nss-e ninoirÉioTr- 
nirAevpioc'^ ne22.ô.q 22.e ïC22.e av-aiou Tev?V.oïv nTooir i neM niô^pxi^î^icï^oï^oc. neoq 

Vous savez qu'au moment où nous sortîmes de Rakoti, je parlai avec la mul- 
titude des évêques d'Egypte, disant : «Que celui qui aime Dieu vienne avec 
nous au Synode.» Mais eux, les évêques, ils donnèrent de l'argent au chambel- 
lan que le roi avait envoyé nous chercher, afin qu'il ne leur fît point violence. 
Mais lui, il les fit monter seuls sur une barque et il ne les fit point monter avec 
nous. Bientôt il dit au vieillard abba Macaire : «Viens avec nous, toi aussi, que 
je te fasse monter avec tes compagnons les évêques et partager leur bonne for- 
tune afin que leurs hommes prennent soin de ta vieillesse, car il n"y a point ici 
de tes hommes.» Mais lui, il prit la parole, il dit : «Je ne suis pas venu ici pour 
me reposer. Vive le Seigneur, car non- seulement je ne monterai pas dans ta 
barque pour le soulagement de mon corps, mais il serait juste que je marche de 
mes pieds jusqu'à ce que j'arrive au lieu où est le concile, afin que je sache les 
horreurs q:;e les hérétiques attribuent à mon Seigneur Jésus le Christ.» Et encore 
cela : «Vive ton àme, mon lils, je n'ai pas d'or sinon la moitié d"une pièce.» 
Lorsque le chambellan eut entendu ces paroles, il dit : «Puisqu'il en est ainsi, 

I. ('(hi. mKOTÛvTuAA,pioc. — 2. Cod. *.«cvriu\5m. — 3. Cod. aûêa. .vvi\pi. — 4. Sic. .le ne con- 
nais pas ce mot. ~- 5. CoJ. ctotctti^iiv. — 6. CoJ. ocpcTiuoc. — 7. CoJ. \.\(\\\. — 8. CoJ. n\- 

UCi-vÛOv»vA.\p»OC. 



MONUMENTS, ETC. 



2».e d.qpè^iyï eMô^^co ne2s.ô.q 2SLe -^uô.ep neMuiyô^ po) iitô^t^^Aoi wt^M mpcoMi «re 
r.\t^ CTeMMè^ir. uiemciionoc ooioir es.TrMe»ipe ^cmci ;ieu uotthi es.TT'V mot& a^hiuot- 
feoTTUTrAevpioc ' iids.Tô. '^pw'^ GTd<i2s.oq es.q^es.Tr eepoTrcoi2s.u e'\>ô.OT. '^ii eT€MJW.^^.^^ 
Meti evqooïvoen eTOTOir uui«€q GepoiraLcooTru efiioTV. u^hcttxi*^" eq^s-O) mmoc 2s.e 

^Ô^T eTTOTHOTT GÊoTV. MUeUSSLOï «CGiyTeM^OOUT epoq ^©TV-OJC. €UJO)n lIGQS.Ô.q ^p€ 
T€UUJivnOTeï MMOU CCOI\ €TIi;)(^pO ïlTGTGnOITOTT GnOJWI (fol. 1 20 ë) «ceUJG »0)OT 
GUOTTHOTT 2SLG OTTHI MUe nOTpO OTOOpTl UCÔw Jldvl ô.7V.Aè< eTôiqoTopnT »cev Tll*.p- 

^leïiïcivonoc MMes.iro.Tq. iiineq 2s.e ôvTipi uô^tôv '"^pH't eT*.q2s.oc nwoT. 

dvnev Mô^iiô^pi 2s.e ô.qoco7V. eo-ycev ^eii ni22.oi ô^qg^eMci «€m OTpcoMi €'4>05q ne 
enGqpôvU ne TiinoTTion îievTèv '^pw'^ eTôvticcoTeM epoq eq.vv.oT-^- epoq. ne2s.ui uivq 
eTe«.ïues.Tr epoq eTô^qcoRq oi <Jf)d^oTr Aini2s.oï 2s.g d<A\.oir eîiô.i.uev jiTewoeAici. ueoq 
2s.e MneqeMi eTd>.2s.mcev2s.ï dwA7V.ô>. evqMouji epoi ^eu nss-iïiepiuiM epoq i;Te<2s.i2s.. 
ne2s.èvq 2s.e OHnne è^nou 2s.e eiiMoir'^^ epoi tiô^icot. ô^hou 2s.e oto MTiieMi eTeq- 
!2s.incô^2i.ï cÊihTV. 2s.e ev neTpoc nios^ievucon eqepg^epAiHMeireiH'^ uhi 2s.e eqe.vu' ^•\- 

ne te place pas parmi eux, va avec l'archevêque.» Mais lui se réjouit grande- 
ment, il dit : «Serai-je digne de monter avec cet homme de Dieu?» Les évêques, 
eux, voulurent rester dans leur maison : comme je l'ai dit,'ils donnèrent de l'ar- 
gent au chambellan, il les abandonna pour qu'on les laissât en arrière. Il ordonna 
certes aux marins de mettre au large en (toute) tranquillité, disant : «Laissez-les 
éloignés de notre barque, qu'ils ne l'approchent pas du tout. Lorsque, dit-il, nous 
nous serons éloignés, approchez du rivage, jetez- les à terre," qu'ils aillent dans 
leurs maisons; car certes le roi ne m'a point envoyé pour eux. mais il m'a envoyé 
chercher le seul patriarche.» Et les marins firent comme il leur a\ lit ordonné. 
Apa Macaire se mit à l'écart dans la barque avec un homme qui lui apparte- 
nait et dont le nom était Pinoution, comme nous l'entendîmes l'appeler. Lorsque 
je vis qu'il s'était retiré à l'arrière de la barque, je lui dis : «Viens ici. assieds-toi.» 
Mais lui ne comprit pas mes paroles : cependant il s'avança vers moi lorsque ]e 
lui eus fait signe de ma main.^ Il me dit : «Me voici, car tu m'as appelé, mon 
père.» — • Mais moi aussi, je ne compris point ses paroles, à moins que le diacre 

l. Cod. jw.niHOi5'ÊoivR'\A.pioc. — 2. Cod. nçiicii^^^iev.. — 3. Cod. atcuMO-yV- — 4- ^-od. cocp.\vH- 

ne^m (sic). — 5. Cod. Ds.cqcMi. — 6. Mot-à-mot : approchez du rivage atin de les mener en haut. — 
7. Mot-à-mot : lorsque je lui eus remué ma main. 



g6 



E. AMELINEAU. 



Aes.Aiô. CMOTT-V- eeonicTOC 2^e ni2viô.uco» nessLd^q nm 2s.e etiep' oir MTid.ïd.epwuj 
e-^TevAHOTTT ueMô.» eTô. rpà.\ i enô^iMô. Gep2vouMd.Ti5ein2 ^çm «ïm a\.h ^e^n i^iuir- 
nxioc^ ne uioivipeTnioc+ nre q)ô.i ep2s.ouMèvTi3ein^ «gmcoott. ô^hoïi 2s.e d.i€p ottco 
ne2i.Hi u^s.q ('C') 2SLe Mt^cop Tiô^ajupi MTiepcd.2s.i ncô. Kô.i:^nid.ioc*^ oirî^e Ainep- 

TdwOTC OTCd.24.1 MHÔ^ipH-^- «CCOq ô.pï TIICTeTGm^ tlHï 2S.e Gïli^pe Tlild^OI Tupq Me^ 

noMpeTiuoc'' neM 2^d.iMCon^' nenujTVHTV. Mq>evi nevepoTr2s.cop gêoA A\.q)pH'^ noir- 
;>(^peMTC OTO^ ô^peaiô^tt nnioc.v^oc Twpq av.oo ncnqi ugav. Aoi^X" "^^^ nevep ^o-^- 
d.u £d>. TOTTpH. è<nou a.e '^-ttô.Gpe Mc^pH'^- niHcoTT'o nujHpi nnô^iTH «tô^^coT^ gtiïtio- 
Agmoc ni^JeATy-o a^e Aid.pGqujconï .vir^pH'^- avmcottchc KuioMoeeTHc nTequiTy-HA 

e2S.W» UJiVTG <^^(- 2S.(0p GÊloTV. nUI2S.Ô^2S.Ï HOô^ipGTïllOC." UJOOTII Olùil CO eGOniCTOC 
M'-^pH'\- HCOp OTOp «TG nGTpOC OWq UJtOni AV.'^pH'^ Hô^ivpOOn GppHï G2S.Gn '^TlGTpiv 

«evTiiiM n5cc KTG Mô.uô.pioc ocoq lyconi Mc]5>pH'^ a\^a\.cotchc nTGTGnqô^i Gnojcoi ^ev 
neq2SLi2s. d^uou 2».6 gco ^es. îii67y.ô.;)(^icToc '^«^.51 MUTirnoc niHcoir'^ najHpi nneviTH 
GiMiuji «GM nid».Av.d<7V.Hu MÊGpï GTG iiïoevipGTïUOC'^ «G. i\GT eHnoTT Gpoq Al<:^OOTr 

Pierre ne me les traduisît, car il savait les deux langues. Mais le diacre Théo- 
pistos me dit : «Que ferons-nous de ce muet qui est monté avec nous? avec qui 
est -il venu dogmatiser? Est-ce que les hérétiques sont des Égyptiens afin qu'il 
dogmatise contre eux?» — Mais moi je lui répondis : «Non, mon fils, ne parle 
pas (ainsi) contre ce juste et ne prononce point de telles paroles contre lui. Crois- 
moi, quand toute la terre serait remplie d'hérétiques et de démons, les prières 
de cet homme les feraient s'évanouir; quand même le monde entier serait plein 
d'épées et de lances, celui-ci n'aurait pas peur devant (elles). Et moi, je ferai 
comme Jésus fils de Navé : j'emmènerai ce vieillard à la guerre, afin qu'il soit 
comme Moïse le législateur, qu'il prie sur nous afin que Dieu disperse les enne- 
mis, les hérétiques. Toi-même, ô Théopistos, sois comme Or, et que Pierre 
aussi soit comme Aaron sur la pierre inébranlable, le Christ. Que le bienheureux 
aussi soir c{-<mme Moïse, élevez en haut ses mains. Et moi de mon côté, le 
minime, je ferai comme .ïésus fils de Navé, combattant contre ces nouveaux 

I. COii. -xc ncp. — 2. Cad. i.c^cs.c>i^.\\.\T\-^\\\. — 3. Cod. erinrioc. — 4. Cod. ni^cpeTiROC. — 
5. (.od. çp-xorMtNT -,iH. — 6. Cod. neki2wiHcoc. — 7. Cod. *.pj niCTCTrm. — 8. Cod. noepeTiuoc. — 

Q. (.od. •A.CMdMl. - -: 10. Cod. ItlHCCOT. II. Cod . UÇ^epCTlUOC KOC (sic). 12. Cod. niHCCOT. — 

13. ('od. UIOCpcTIHOC. 



MONUMENTS, ETC. 97 



nTeT€U€p£€pMHU€ireiU' l\ô.q WXMkI (loi. 12 1 p '\\\01F 2£.e lldwUJtipi OeOllK-TOC iwMOT 

Mô< MeTes.noiev «Teu'TîcMoir iiTOTq Mni^cTVAo eeoirô.& 2s.e ev^uiTeM^o) «*>n cècA 
AVMOM MCTô^noiev ujon nd.H. ^eu -^otuott èvq'\)o;5T ^^k \\ç'\'Ti>!\6<'2s^i *.-^otojujt 
MMoq ne2s.e>.q ttevq 22.e ^co uhi e&oTV. Tiô^iaiT 2i.e eviep «o&t epou. cpe '^ju eeoTèvè 
2s.e neTpoc^ ep^epMHneTem^ ne^q kôwTô^ '^pu'f eTeKi2s.oc. iieoq 2s.e iiceoTèkfe 
giTGM neqec&io eTcoiy ness-evq 2SLe ô^mok neTis.iep «ofci ndvioij ;)(;^o) m m eàoA. 
e».noi\ 2!w.e ne2s.Hi nô>.q 2sl€ ^s.pIllICTe^^eIn^ nni tiôwIcot 2£.€ evuujTeM ;;>^oi m*.-^ cùoA 
eq^K^ cô^&oTV.. c^h eeoirô^£i 2s.e ne2s.evq ues.q'' 2s.e cpe 'i^'^- ^w hôvk eÊioTv. uneu- 

MOÉII THpOTT nevUJHpi. 

•^H eeoTrè»,& 2s.€ ^ô^ T^K Mnô.nTenss.cooTTii e£io?V.^eu pivuc^ ivqttd^T eoT'^^.u- 
Tô^ciôwCTHc n2s.iis.ucon eqooi cpevTq equjoirujOTr^ MMoq. ne2i.ekq Mnerpoc^ ni2<k.i6.- 
ucon 2s.€ niM ne tpes.i. ness-d^cj ne»>.cj 2SLe OTTSs.iô^.nton ne nxe niu?V.Hpoc. ne2s.e r^n 
eeoTis.Ê Hô».q (h) 2t.€ OTO^^ eqnniro neMô^n e'^cTrH02i.oc. ne2SLe nçTpoc ne».'^ 2i.e 
'^ccooTn es.n. necsLe nienicnonoc nd.q 2s.e eujcoii oiron n npcoMi ;6en nen2s.A.2£.i 

Amalécites, c'est-à-dire les hérétiques. Allez aujourd'hui vers lui pour lui traduire 
ceci. Maintenant, mon fils Théopistos, viens, fais repentance, reçois la bénédic- 
tion du vieillard saint, car s'il ne (te) pardonne pas tu n'a pas de pénitence (pos- 
sible).» En ce moment (Théopistos) se prosterna à ses pieds, l'adora (et) lui dit : 
«Pardonne -moi, mon père, car j'ai péché contre toi.» Et Pierre traduisait au 
saint, comme je (r)ai dit. Et lui, le saint, à cause de sa grande humilité, il dit : 
«C'est moi qui ai péché, mon père, pardonne -moi.» Et moi je lui dis : «Crois- 
moi, si tu ne lui pardonnes pas, il est excommunié.» Mais le saint lui dit : «Que 
Dieu te pardonne tes péchés, mon fils.» 

Avant que nous ne levions l'ancre de Rakoti, le saint vit un diacre bien habillé 
qui était debout (et) se glorifiait. 11 dit à Pierre le diacre : «Quel est celui-là?» — 
Pierre lui dit : «C'est un cliacre du clergé.» — Le saint lui dit : «Est-ce qu'il vient 
avec nous au concile?» — Pierre lui dit : «Je ne sais pas.» — L'évèque lui dli : 

1. Cod. nTencpMHnevin. — 2. Cod. r^n e«OTP&.fe !i,.c cpc ncrpoc cpcpMHHf rm. Cette construction 

est vicieuse, et si cpe était nécessaire, il ne devrait pas se trouver à cette place. — 3. C-od. cpcpMM- 
ufeTTin. — 4. Cod. ApinicTcirm. — 5. Cod. qx" c»>6*>^- — 6. Cod. ne3t*.q nHi. Macaire doit néces- 
sairement s'adresser à Théopistos et non à Dioscore. — 7. Cod. cqujo^'ujo^vy'" (*'*^)- — ^- ^■<^'^- "«- 

atdkq ncTpoc. — 9. Cod. qtmr. 

«3 



g8 E. AMÉLINEAU. 



npivipeTiKoC c^evi uô^ep mô.^ rô. n^HTOir nTcqTcooTrn neMCooT 5en TOToevipecic. ^ 
nexpoc 2s.e iii2s.iô.R{x)n ô.qTevMon enH €Tivq2s.oTOTr OTOg ô^ieMi 2s.e OTriinô.TO- 
q>opoc ne niA^Wo eoÊe eqccooTrn^ MTii2i^ïô.H(on eTCMMevir ou ^en n^o. OTOg 
ô^igon^^ii CTOTq Mne^iyHpi TiMoeeoc 2s.€ ô^peo epoR cô.£ioA MMoq. 

eTô.u2iLC00Tru e£io7V;ien pô.uo'V mc^wô^tt npoT^i d.qenROT cô. ottcô. tiCM neq- 
pcoMi ^eti ni2i.oi d.noi\ ^oo neM Hô^ujupï evienuoT cô. ottcôv. ô.qqo2s.q enujcoi ^en 
T-^ôwiyi MTiie2S-copp èvqcouj eÉioTV Gq2s.co mmoc 2i.e nevicoT iiiô.p;xiï^^*<^^o^oc €KpHc.+ 
is,noK 2s-e ô^ittepci MueTpoc Tiï2s.iôvRCon 2i.e ô^uevir 2s.e €pe nô>.ï^e?V.?V.o 2s.co mmoc 
2SL€ OTT. TieTpoc 2S.G ne2s.is.q nevq 2S.€ €R22.€ OTT TievicoT. T\e2fi.ô.q 2î.€ ÔL nienicRonoc 
THpoT eTôiTcp ce&TtoTOTT G^poTTi iieMô^ïi ^coTV. etiOTTHi. iie24.ô.C5 nes.q evRccooim 
iiecon. (fol. 122 e) ïieoq 2^e ne2s.es.q nô>.q 2s.e evïnes.ir epoi p^coc epe neeoTevfe 
evHô. \^o\ TiieTiiciioTioc ïiTe ncoi KiMôwpTTpoc «Te nx^ eqopi epè^xq epe nieni- 
CROHOC Twpoir 001 epes.Toir oto^ ô^nou uGMes.R nô.uopi epd.T€w. otoo ôwinô^T 
€Odwn ')ç\o^x eirc^epuooTr €tx,ï^ oi2s.€n nenô.<:^HOTri evi2S.OTrujT on ô^inevT eev^^è^itô.- 

«S'il y a vingt hommes parmi les hérétiques (nos) ennemis, celui-là sera le vingt 
et unième d'entre eux pour se lever avec eux dans l'hérésie.» Mais Pierre le diacre 
nous informa de ce qu'il avait dit, et je sus que le vieillard était un pneumato- 
phore, parce qu'il connaissait ce diacre au visage. Et j'ordonnai à mon fils Timo- 
thée : «Garde-toi de lui.» 

Lorsque nous levâmes l'ancre de Rakoti à l'heure du soir, il s'endormit à part 
avec ses hommes; et moi, avec mes serviteurs, je m'endormis à part. 11 sursauta 
au milieu de la nuit, il s'écria disant : «Mon père l'archevêque, es-tu éveillé?» — 
Mais moi, je réveillai le diacre Pierre, disant : «Vois ce que ce vieillard dit.» — 
Et Pierre lui dit : «Que dis-tu, mon père?» Il lui dit : «Tous les évêques qui s'é- 
taient préparés à venir avec nous sont allés dans leurs maisons.» — Pierre lui 
dit : «Comment le sais-tu?» — Mais lui dit : «Je me suis vu comme si le saint apa 
Psoti, l'évcque de Psoi, le martyr du Christ, se tenait debout, tous les évêques se 
tenaient debout, et moi avec toi, nous nous tenions (aussi) debout; et j'ai vu des 
couronnes lumineuses placées sur nos têtes. J"ai regardé, jai vu Athanase Tar- 
chcvêque de Rakoti disant au martyr du Christ, apa Psoti, l'évêque : «Nos pères 

I. Cod. uçicpcTiuoc. — 2. Cad. TOTçepccic. — 3. Cad. coÛG qctoOTrt. — 4- Cod. HpHC. 



MONUMENTS, F.TC. 



99 



cioc iiievp^ienicuonoc uxe pd^uo-^ eq2s.O) avmoc Jl<mM^vpTTpoc uTe w^Fy ^^n^v 
\^o\ Tiienicivonoc 2i.e neuio-^ Muiepouoc 2slo) mmoc xmkw uiA\.dN.pT?rpoc utc u-v^ 
2S.€ è^pi 2^ocMèvTi];ein' otto^ ô^pi 2s.ouiMes.'5€iu- tmie'iicuoiioc 2s.e ^vn cenevMiuji 
miô^Atoc ujewn mmo«. e«e ^s>IH^^.^^ 2^e cpoq ne eekqoTOiu noTpo m^ô^iu ô^-^mot-V 
eq2s.to MMOC^ 2SLe nipocj ud.p;^d>,ioc. ^ ^e» -^-ottuott evinô^Tr eoTniuj-V "2>.pev\uotv 

eOTOU OTTOMOC U2S.03M Ao^ ;*€» pCOq. es^ICCOTCM COTCMK ^€« TU^^^^^^Ô^UI OI '^d<pOT 

Avni2s.pes.utoii 2<Le noir7V.;)(^epid^^ 51 mc^ô».! «TCTHiq MMè>>puies.Moc 22.€ evT2s.coK eùoTV 
M2$.e niA «epooTT. ^m eToiuj Môwpeques.'^. ^eu •^otmott 2^e CTeMMô^T e<«.iYïèvT • F) 
e-^cpiAii eTd.qMOTT'^ enecpevn ô^cctooTTe» eÊioTV. nTecnop'^Trpd< es.cTiTq epoc. 6.1»*.^ 
2s.e on epoc ecccooTTen MMoq eiieoTôii ec^^ieoirtoc evinôwir eoevn ne^cooTMi npo-4 
eTHHOTT e&o7V.^en pcoq Mni2s.pô>.ii(on ô^T^toA ^£s,TOTq MnipwMi epe nTOMOc u;^ewp- 
THc nTOTq ôv-y^- enujoT nds.q. es-qepneTVeTrein' eetooir'^ e^OTn uuienicuonoc 
THpoTT ^en niÊievni(?)7 ues-Tô». y^u^iftà.. nôwipK'^ es.mes.ir enienicuonoc TwpoT eT-^nT 
eq2i.(o MMOc'^ ncooT 2s.e uipcoMi eTc5>KT Kex ^hmot e^^dsp^OTr uTeTencoAi «ne- 
Ten^AoM. necooTT 2!k.e nes.Tr':]j)iiT ne MnoTKOTOir et^es^oT enTHpq. ,^en -^otmot 

du trône te disent, ô martyr du Christ : dogmatise et éprouve les évêques pour 
voir s'ils combattront vaillamment, oui ou non.» Comme je le regardais ouvrir 
une porte des ténèbres, il appela disant : «Le serpent antique!» Aussitôt je vis 
un grand dragon qui tenait un livre dans sa bouche.'-' J'entendis une voix dans 
les ténèbres derrière le dragon, disant : «Pulchérie, prends ceci, donne -le à 
Marcien car les trente jours (sont) accomplis. Que celui qui lit comprenne.» 
Aussitôt je vis la femme qu'il avait appelée par son nom, elle étendit *sa pourpre, 
elle prit le (livre) à elle et je la vis qui le présentait à un autre qui se trouvait 
près d'elle; et je vis d'autres serpents sortant de la bouche du dragon, ils allè- 
rent vers l'homme qui tenait en sa main le tome de papier, ils le rendirent dur 
pour lui. (Cet homme) ordonna de rassembler tous les évêques de (tous) les 
pays : ainsi je vis tous les évêques qui fuyaient. Il (Psoti) leur dit : «Hommes 
qui fuyez, retournez en arrière, prenez vos couronnes.» Mais eux s'enfuirent, 
ils ne s'en retournèrent pas du tout. Aussitôt il t'appela avec moi, disant : «Pre- 

I. Cod. Apia>.OT^M«>.Ti3m. — 2. Cod. «.pio^ouiMev^in. — 3. Cod. cqatto moc (sic). — 4. Cod. u.\p- 
IXCOC. — 5. Cod. noX'x.e.^xiK. — 6. Cod. AficpKe\eTm. — 7. Cod. icw i\i \u\t.\ ;\-(opA,. — 8. l.od. 
ei:\c«t<o Miioc (sic). — 9. Mot -à- mot : un toine de livre. 



lOO E. AMÉLINEAU. 



:^e GI1IÔ.UI0C ô.€^dvUô.cioc iiG2i.ô.q nô.q 2s.€ hô^icot nid.p;)(^ieiiïci\OTioc e^o'^^toiy 
iiTivep OT iiuô.ix'^^OM nT€ mh eTôwirc^coT. ' ueoq 2s.e iiG2£.ô.q 2s.e mhitott n2v.io- 
cuopoc ueM Tiôwi^e^TV-o «peM h;x^hmi. (fol. 123 mk) ô^noR s^^e eTe^iccoTeM end.i 0.1- 
ecoT uoHT GMô^ujoi iie2i.Hi 2SLG ^coÉi iiï£ien eTOTnis.euoT e2s.coi Rd.ti ô^cujô^iiujconi 
nTOTc^oiii Ainô^cttoq e&oTV. hottmhuj ucon ^ev nmev^'^ nTG-^ep ^o')- ô.» n\ gm- 
nujôv uevp evn und^iniiy^ utô^io eTdvii2s.0T0ir epoi. ii€2$.es.q uhï on 22.e nô^icxiT himô^ 
CTdv niuofci dwiyd.1 MMoq ^eu hïrocmoc €pe tii^mot nô^ep poTO nô.ujdvi n^Hjq 
ujèv iies.iMev n€ Tii5'(opii e&oTV. «Te niOopô>.Mes.. nex^'V ^po* îiôwïcot iiid.p^iMèvn- 
2s.pïTHc 2S.G MniujcooT M^HT MTiinis.Tr ÇTeMMeviT noTTGiyen piMi oiro^ ô. OTTniuj'^- 
ncoKCM ujooRi ^en ha^^kt ee£i€ nienïcnonoc eTevirnoTOTr ec^ev^OTT côvïîs-oc mui- 
nes-TT ÇTeMMôiiT eipiMi ncM ^n GeoTres.& 2:s.ô».Tri2^ 22.e es> neviy^Hp oTei maioi otoo 
nn cTccooirn mmoi ô^irep iiè^coÊiiy. 

Tn^eATy.© 2S.G eeoTTô^Êi ô^tiô. Mes.Kd>.pioc- nô^q'^' MeT2SLd>.p ^kt nni €^25.00 mmoc 

nez la place de ceux qui ont fui, prenez leurs couronnes.» 11 se tourna vers le 
saint Athanase, il lui dit : «Mon père l'archevêque, que veux -tu que je fasse 
des couronnes de ceux qui ont fui?» Mais celui-ci dit : «Donne -les à Dioscore 
et à ce vieillard égyptien.» Et moi lorsque j'entendis cela, je fus consolé grande- 
ment; je dis : «Toute chose qu'on amènera sur moi, quand même il arriverait 
que l'on versât mon sang une multitude de fois pour la foi, je ne crains pas; car 
je ne suis pas digne de ces grandes gloires que tu m'as décrites.» — Il me dit : 
«Mon père, l'endroit où le péché se multipliera dans le monde, la grâce s'y 
multipliera davantage encore jusqu'à ce que ce lieu soit la révélation de la 
vision.» Crois -moi, mon père l'archimandrite,-^ je n'ai pas enduré cette heure 
sans pleurer, et un grand chagrin a été dans mon cœur au sujet des évêques 
retournés en arrière, et j'ai dit en cette heure pleurant avec le saint David : «Mes 
compagnons se sont éloignés de moi, et ceux qui me connaissaient m"ont oublié.» 
Mais le vieillard saint apa Macaire me réconfortait en disant : «Ne te chagrine 

I. Au commencement de la ligne du manuscrit on voit ce signe fe: au-dessus de la lettre tv : n 
(sic). — 2. Cod. \\\\ A\.i\\u\pi. — 3. Dioscore s'adresse ici en particulier à l'archimandrite Paphnuti 
qui était présent. C o-t l'un des traits qui feraient croire il l'authenticité du discours plus qu'à la véra- 
cité de l'orateur. 



MONUMKNTS, ETC. loi 



2S-e MUepep UjAôk£ U^HT CO RÔwICOT 2S.e Md^Uje UH €T-\- €2fi.0)U tipOTO H*.p*». l\U CT-V 

OTÊiHU. eefee c^d^i '^-uô^si.to epcoreti tiMMHnii' ue.w. wiur^Hpi çTd..TUjo)ïu eècA- 
^iTOTq eqTev7V.H0TrT eni2s.oi ueMô.«. (i£i) tô^^ô. hcoji M.iniiaj-^ j\uô<Tj\?V.Hpoc epe 
OTTÛievTV. noTcoT MMoq^ ni iieoirèii CTequô^ir qmSioX u^HTq pueu tiooto ut\r\>Ae- 
UMôv epe OTOtt OTrnjiy^ "gi-^ otcom uccoq ujô^qep niessLOipo THp'4 ;îeM ne-^fed^cew- 
uoc epe neq2i.i2i. tô^Ahott pi2SLen Teqes^^e. eTi ottu epe r^n eeoTôwÊi opi epô^xq 
equî^V-HA ^cii nie2fi.copp ev niueq ■^ mô».'^ eniMd^ e«ô.qopi epô^Tq u;5HTq eqeMi e<i\ 
2i.e eqpwA eecon ne ottûôwTV. uô»>p noircoT neTe MMoq nineoTô^i 2v.e eqpi-^. '^h 
eeoTôvCi 2!..e ivndv MôvUivpïoc^ ô^qô^Moni nTeq2£.i2i. eq2s.w mmoc 2£.e le niAiojiT 
MMOuji. ne2s.e nineq nes-q 2S-e ic nô^oTooini nô^pcoTV. nTOT nevoc «icot nTô^Ti d<weô».- 
nn neM neviynpi. OTop es.nes. Mevi\es.pioc4 epcc^pdwUi^ein^ MMoq eq^eiri 2s.e e^pe 
neq^e^TV. & uïconi eq2s.(o mmoc 2s.e noc eqeTd^7V(7bn. oiroo eTôvqepc'^^pevui-^ein' 2s.e 
Mni&evTV. eTOï n£ie7V.7V.e ^en TeqMeTô^Tccooirn d.qnô.-y eMÊioTV. d^qcoy efeo'A. n2s.e 

pas, mon père, car ceux qui combattent pour nous viendront en plus grande 
quantité que nos adversaires.» C'est pourquoi je vous dirai les miracles et les 
prodiges qu'il fit" pendant qu'il était avec nous monté sur la barque. Par hasard, 
le fils du grand pilote n'avait qu'un œil : l'autre, celui par lequel il voyait, une 
grande convulsion le dévorait à cause de l'excès de Tinflammation^ : il [le marin) 
passa toute la nuit dans les tourments, ses mains placées sur sa tête. Le vieillard 
se tenait encore debout priant dans la nuit; le marin s'approcha du lieu où il se 
tenait debout, ne sachant pas où il allait (lui-même); car il n'avait qu'un œil et 
l'autre était convulsionné. Mais le saint apa Macaire saisit sa main disant : «Voici 
le chemin.» Le matelot lui dit : «Ma lumière me quittera, mon seigneur père : je 
mendierai, moi et mes enfants.»^ Et apa Macaire le signa pensant que ses deux 
yeux étaient malades, disant : «Que le Seigneur te guérisse»; et lorsque dans son 
ignorance il eut signé l'œil qui était aveugle, cet œil vit. Le marin s'écria, disant: 
«Mon père ce n'est pas celui qui est malade et convulsionné, mais c'est celui qui 

I. Cod. ntt jM.M.Hitvi. — 2. Cod. MMoq Moq (sic). Ces répétitions de syllabes proviennent de la tin 
des lignes. — 3. Cod. ^.nev M&.KJkpi. - — 4. Cod. cvtta. McvRA-pi. — 5. Cod. cpct\>p;vci3m. — 6. CoJ. 
CTô>.qcpci^p&.^i5in. — 7. Mot-à-mot : qui eurent lieu par lui. — 8. Ce passage esc très confus : l'au- 
teur veut dire que ce jeune homme avait perdu un œil, et que l'autre était sur le point d'être perdu à 
cause de la grande inflammation : peut-être le texte est-il corrompu, mais je n'ose l'aftirmer. — 9. Mot- 
à-mot : que je reçoive charité avec mes enfants. 



102 E. AMÉLINEAU. 



nnieq eq2s.co mmoc 2S-e hô^icot 'pà.i ev» ne c5)h eTujconi ottoo ex^i-^- evT^Aô. <^d»>i 
Tie <^H CTOi tt£i7V7V.e otto^ i^ô^ï ^en nss-mepe tcrssliss. (fol. 1241^) eeoTrevÊ (Tb^ 
epoq ic pHTiîie d.itid.ir cm&oTV.. ni^eT^TVo 2s.e eTevqnd^TT CTôviuiiy^ nuïç^Hpi €Tè<c- 
ujtoni es.qepcc|>pes.ui'5ein' MniReoTô.! i>£n <ip^à^n Mnoc ^cn '^otthott ô^ moi'^ RHn 
M^HTq es. Tcqpopivcic ceMtti nK.evTV.coc. ^en ^^ott^ot evqtoiy cÊioA 2i.€ OTresi ne «^-^ 
MTiô«.i^eA?V.o eeoTèxfc eTTev7V.H0TT neMes.». ô.non 2s.€ eTô^nccoTeM enè^icevssLi «es.i- 
MeTi ne 2sLe eTes. oT^eiMcon- Tconq ess-en nissLOi €imhti^ 2s.e eviccoTeM ec^pevn 
Mni^eAAo. 

'^uis.si.co epcoTen nReniiy^ niycÇ)Hpi eevciyconi ^en ni22-Oï. ne ottou OTrnpes.u^- 
MevTeTTHC TèvAHOiTT eni2SL0i neMô^n 0^ oirevi ^en neqôJA.cooTi RtoTVn u'^^enn 
nTe ninoTTion^ eeoire^ ncev ô^nes. MevRô^pioc. nicon 2s.e eTôvqïvco'^ ncew "^ujeHn 
Mneq2SLeMc. nessLôwq 2s.e nesicoT es.Tï\oo7V.n nTôwiaenn. neoq 2^e ne22.d».q 2i.e Mnep- 
lyeopTep '^ujenn nevï enecMes.. niûcon 2i.e eTô^.qncoTV.n n'^iy^nn eT«\qccoTeA\. eni- 
^eTVAo eq2SLC0 mmoc '^ujenn «ô^j enecMes. d^qep ^o'^ eqctooTtt 22-e ott nnewTOc^o- 
poc ne Mnncoc nTeqoTon^q^ e£ioA ^en omh.'^ noiron niûen (12s.) nTequjini. 

était aveugle, et lorsque ta main sainte l'a eu touché, voici que j'ai vu.» Le vieil- 
lard, lorsqu'il eut vu ce grand prodige qui avait eu lieu, signa l'autre aussi au 
nom du Seigneur : aussitôt la convulsion cessa, la vue (du marin) fut en bon 
état. Aussitôt il cria : «Il n'y a que le Dieu de ce vieillard qui est monté avec 
nous.» Et lorsque nous, nous entendîmes ces paroles, j'aurais pensé qu'un orage 
allait se lever sur la barque, si je n'eusse entendu le nom du vieillard. 

Je vous dirai un autre grand prodige qui arriva dans la barque. Il y avait un 
marchand monté sur la barque avec nous : l'un de ses serviteurs vola l'habit du 
frère Pinoution qui avait suivi (Macaire). Lorsque le frère chercha sa tunique, il 
ne la trouva pas. Il dit à mon père : «On a volé ma tunique.» — Mais lui, il lui 
dit : «Ne t.) trouble pas, elle reviendra à sa place.» Or le serviteur qui avait volé, 
lorsqu'il eut entendu le vieillard dire : Elle reviendra à sa place, fut saisi de 
crainte, sachant que c'était un pncumatonhore : (il eut peur) quil ne le fît con- 

I. Cod. iy.qepcc\)pA.T:'i'jiM. — 2. Cod. ot3(;im6>h. — 3. Cod. ij*.k'\-. — 4. Cod. nxe nmon (sic). Le 
mot a été ainsi écrit, puis on a ctTacé la barre de liaison des deux jambages de Vn, ce qui donne it et 
on a alors fait un o O de la sorte, en réunissant les deux jambages. — 5. Cod. neTcçiOTOKioo (sic) : le 
scribe avait d'abord écrit un u au lieu de la lettre n et il a ajouté un jambage au k. 



MONUMENTS, ETC. io3 



npoT^i nuj^Hp nicou 2s.e ure ôvRô. Mo.ud.p10c- cTô^qi 2SLe e-4!Vd.'\)0)puj .u'\)»\ivT 
npoT^i ô.q2SLiMi n'^-ujoH» ^en ni^Êioc ô^qùoiy e&oTV. eq-^co) mmoc 2SLe rô^jot i^i- 

2SLIMI tlTd.iaeH« eTes.CTd.l\0. '-^R e^OTTô^Êl 2s.e ne2SLd.q niK-^ 2£.e AVÔ. OiOT m-^^ IMk- 

ujHpï 2SLe d.u22.eMC. nineq ss.e ô^TTCooirnoTr e2i.en ricor 22.e CTr«es.oioTi cpoq. 
Tii&coiv 2s.€ eTô.qii(o7V.Ti u'^ajenn «ô^q^H ummcoot ne eq2s.co mmoc 2£.€ ud^ievicir- 
TiTioc^ THpoTT OÔ.U peq2s.€ MeenoT2s. iie otto^ nivqoi eewq e^OTu ^eti neqoo ne. 

C^H €eOTriS.£l 2s.€ d.nô. AVdwRd!<piOC4 GTôvqMôwTT GpWOTT ^T^ UJCOUJ MîieqCO» OTOp €T- 

2i.<:5)io MMoq ^en OTTMeTevTujiiii d».qqo2i.q e^pHi ^iT€ti niiiïïêv »t€ <^'\ d.qd<.uoiii 
MUïÊicoK eT'^ UJCOUJ «evq eq^sLCO mmoc 24.€ ès^pinicTeirein^ ï^i 2S-e '^u*.'>;^evR eùoTV. 
d.n yjô.TeuTôvMOï 22.e uim ne eTô.qcoAi R'^ujeHn rt€ rïcor ^eu eA\.R')- ;$gr rh ex- 

^CR RôiïMÔ. €UJCOR 2s.€ d.RUJT€M- (fol. 125 le) Tô^MOI 2SLG RIM RC eTô^quCoAR R-^UjeRtl 
'^RÔ.ÎS.OC RTG OTTI^^^pCOM I eÛoA^€R TC^e RTGqOTTOMR. <^R 2».e eTCMMevlT ÇTèvqep 

go'^ eqccooTTR 2i.e otta-uj npu'^ ne riô^uioc Re2sLô>.q Rô».q 2i.e -^Tè^puo .vv.s.v.or Av^'^i" 

naître au milieu de tout le monde et ne le couvrît de honte.'' Aussitôt, sans que 
personne le sût, il prit la (tunique), il la jeta dans la mer. Nous passâmes tout le 
jour, naviguant, jusqu'à l'heure du soir. Mais le frère d'apa Macaire lorsqu'il alla 
pour se coucher'' le soir, il trouva la tunique dans (ses) vêtements, il s'écria disant: 
«Mon père, j'ai trouvé ma tunique perdue.» Mais le saint lui dit : «Rends gloire 
à Dieu, mon fils, de l'avoir trouvée.» Mais les matelots se levèrent contre le frère 
pour le frapper. Or le serviteur qui avait volé la tunique s'était placé avec eux 
disant: «Ces Egyptiens sont tous des menteurs;» et il lui cracha à la figure. Mais 
le saint apa Macaire lorsqu'il les vit couvrir son fils d'opprobres et le châtier sans 
honte, il se leva (mû) par l'esprit de Dieu, il saisit le serviteur qui couvrait le 
frère d'opprobres,^ disant : «Crois -moi, je ne te lâcherai pas jusqu'à ce que tu 
me dises qui avait pris la tunique du frère au milieu de ceux qui sont ici; si tu 
ne m'indiques pas qui avait volé la tunique, je dirai qu'un feu du ciel descende 
et te dévore.» Mais celui-ci, rempli de crainte, sachant quel était le saint, lui dit: 

I. Cod. c^iott (sic). — 2. Cod. d>.n&. jA.».HA.pi. — 3. Cod. e^^inTioc. — 4. Cod. ^n*. .w.A.Kv\pi. — 
5. Cod. evpinicTeTitt. — 6. Mot- à- mot : qu'il ne le fît connaître au milieu de tout le monde, qu'il 
n'eût honte. J'ai été obligé de changer la tournure pour éviter l'amphibologie. — 7. Mol-à-mot : pour 
s'étendre. — 8. Mot -à- mot : il saisit le serviteur qui lui faisait opprobre. Autre amphibologie. 



104 



E. AMELINEAU. 



€TeviccoTeM ud.p cpoK eu2s.(o mmoc 2S-€ "^^ujeH» nà.\ enecMô. d.i€Mi 2iLe ô<iiyevn;)(;^es.c 
ttTOT x"**-^"^ efeoTV. nccoi evi^lTc evicevTc e<^ioM ic22.en d.2s.Ti ottï M<:^ooTr. ejevir- 
ccoTCM 2s.€ enis^i dwirep ujr^Hpi CTôviren "fujeHtt c^mh'^ d.-y^'noTrq e-yss-co mmoc 2fi.€ 
es.n ^dKi Te '^ujenn ctôvkoA^^ n5ïoTi ces.i\cevTC e<^ioM. «eoq evqcopu eqos-co mmoc 
eqepoMoTV-ouein' MneqnoÉii 22.e es.^ô< eevi t€. 

es.ines.Tes.oire ott le «Tev^ev oir ^en niMHini wqm niuj<^Hpi eTes.ues.iToir co niMes.- 
iievpioc Mes.uevpïoc.2 ^en oiTMeeMHi ues.p ues.Tes. neRpevn Tiinpo''^HTHc eecTe^Éi 
2s.e>.Ti2s. ^^^P UJ°P"^ nepnpoc^HTeTrein^^es^pou ;ien mujopTi M-(i£r)v^'ev7V.M0c+ cqssLto 
MMOC 2S.C oirMevi\es.pioc ne npcoMi eeHes.epMe7V.eTes.tt ^ett <^ttOMOc Mnoc MnieoooT 
«eM Tiieî24.cop2. nôw?V.itton 2$-€ co oirtties.Tq[ MnipcoMi CTeMnequje ^ett iico24.tti «Te 
ttievceÉiHC OT2s.e Mîieqooi epevTq ^i <i|)coiT «Te ttipeqep tto&i 07r2s.e Mneq^eMci oi 
Tues.ee2iw.pev «Te ni7V.oiMOc e»^7V.7V.es. epe neqoircûui ujoti ;Sen c][>ttOMOc mhoc. ^en 

«Je t'en adjure par Dieu, ne me perds pas et je te dirai ce que j'ai fait de la 
tunique, car c'est moi qui l'ait volée. Mais lorsque je t'eus entendu dire : Elle 
reviendra à sa place, j'ai cru que si je la gardais, tu la ferais venir de chez moi, je 
l'ai prise, je l'ai jetée à la mer, à la première heure de ce jour.» Lorsqu'ils eurent 
entendu ces paroles, ils furent étonnés; mais lorsqu'on eut apporté la tunique au 
milieu, ils l'interrogèrent disant : «Est-ce cette tunique que tu as volée et que tu 
as jetée à la mer.» Mais il jura disant (et) confessant : «Oui, c'est elle.» 

Que dire ou que taire parmi les miracles et les prodiges que tu as faits, ô bien- 
heureux Macaire? Car en vérité selon ton nom, le saint prophète David a com- 
mencé de prophétiser sur toi dans le premier psaume, disant : «Bienheureux est 
rhomme qui méditera la loi du Seigneur, jour et nuit.» Et encore : «Bienheureux 
Ihomme qui n'est point allé dans le conseil des méchants et ne s"est point tenu 
debout su." ia route des pécheurs, qui ne s'est point assis dans la chaire de pesti- 
lence, mais dont la volonté est stable dans la loi du Seigneur.» Car en vérité 



I. Cod. c?4cpoMoA.ox»m. — 2. (^od. ta nijA&HJ^pioc M<sH&pi. Il y a là un affreux jeu de mot; les 
Coptes modernes, HJèles à la tradition de leurs ancêtres et des antiques Egyptiens, sont très friands 
des plus mauvais ca'embours. — 3. Cod. ncpnpo'\>HTCTin. — 4. Cod. niujopn j*M\\'esAMOC (sic). I.e 
scribe en tournant sa page a oublié qu'il avait déjà écrit la préposition m.. 



MONUMENTS, ETC. io3 



OTM€«MHl' Uè.p e< 'V^MH <cT£MMà.^- 2SL0)H C&oTV. €2S.0)IV 0) *.£l2lè< M6.U*.pi0c' 2C€ 

Mneii^coTV. ^en nco2i.ui uxe Hid.ce£iHc. mh otou iveccfui e-^pooT Tiô^p*. hitcmoc 
uAecou €q2s.co mmoc »24.e THô.eHOT'^- ercMMèvir ^eu Te-^euicToAn CTô^'^oTopuc 
wwis. HCOïicTô.uTiuoTnoTV.ic^ 2s.e Mlle '^MeettOT'^ ut€ t\oc cpuoiuoiMcm- uçav -e'^- 
MeepcoMi Mnindwir eTô^qiyen ^ici «cm nucceni u«icd.2£.i iiiyAo'^ wi^i execciyc *>« 
€Tpe «inicToc coeMOT 2s.e ïiïie noTM*.uj2SL 'Tco^eM. nevi ucotô^i 2^e ou 2sl€ Avnc^- 
£eMci pi TUô^ees^pes. iitc niAoiA\.oc CTe ç^ô.\ ne 2s.e MncqMetvpe ocmci pi2s.eu m- 
^ponoc ^en OTMeTAoïMoc (fol. 126 13) Mr^pn*^ MunieceTii «uienicKonoc eje^T- 
£€MCï pi2SL€ii ïioTTepoiioc ^eti OTTMeT'iVoiAv.oc eTÔN.TeppTnoupis.'^cin ' eHITCAVOC 
ceMep MMCTevceÊiHc. MneqMcnpe pcMci pi2i.en neqepouoc ô^ATVev ô^-^Meupe '^h 
€Tivqeô.uïq pi2s.eti îiieponoc is.q'^oci Mniepouoc ut€ tkcoot 'VnoAic eT2i.02s.ea. 
epe c^oTTCouj MJW.ôwKô».pioc ujon ^en c^«omoc mtioc exe c^evi ne 2s.e epe <ij)OTo:)y 



AV.Mis.i\ôvpioc ^en TCTrtt02s.oc MiiiRedv en eTô^Tc^èvi m^htc ti2i.e niTHi nemcuoTioc 
d. ïioTTÊiô^A OTTOon is.TTïies.T emctoTHp eqpeMci ^eu eMH-^ Av.niTKi eq-^ ioott uiiiem- 

cette parole s'est accomplie en toi, ô abba Macaire, car tu n"es point allé dans 
l'assemblée des impies. Est-ce qu'il y a un conseil plus mauvais que le tome de 
Léon disant, cet impie! dans la lettre qu'il a envoyée à ceux de Constantinople 
que la divinité du Seigneur n'a pas été unie à son humanité à l'heure où il a 
souffert, avec les autres paroles qu'il ne faut pas que les fidèles entendent de 
peur de souiller leurs oreilles? Et de plus cet homme ne s'est pas assis dans la 
chaire de pestilence, c'est-à-dire qu'il na pas voulu s'asseoir sur le trône avec la 
pestilence, comme les autres évêques qui se sont assis sur leurs trônes avec la 
pestilence lorsqu'ils ont souscrit le toj?ie rempli d'impiété. 11 n'a pas voulu s'as- 
seoir sur son trône; mais il a aimé celui qui l'avait placé sur le trône, il s'est con- 
tenté du trône de Tkôou, la pauvre ville. La volonté de Macaire était stable dans 
la loi du Seigneur, c'est-à-dire que la volonté de Macaire était avec le synode de 
Nicée qu'ont souscrit les trois cent dix-huit évêques. Leurs yeux se sont ouverts, 
ils ont vu le Seigneur assis au milieu des trois cent dix-huit (pères), gloritiant les 



1. Cod. OTJw.GTjA.Hi; orthographe sahidique. — 2. CoJ. €tmm&,t; orthographe sahiJique. — 3. CoJ. 
AÛÊe< Av&K<s.pi. — 4. Cod. Hû)CTô.uTin.OTnoAic. — 5. Cod. epHJ>.intoi\iii. — 6. Cad. «Ti\-^cpOTno- 

14 



io6 



E. AMELINEAU. 



€eoTrô.û. nevï «e «h eTepe c^otw^ MAiei^uô^pioc ujou m^htott. 

ncoT€n ces. t^h. gti 2v.€ nTôwAnoTT neMevcj ev ç^'^ ivim €Tiô».g^HT Ge^piujini UTOTq 
Mneq2s.ies.Rcon ninoTTion.^ e»,iep ottco ne2SLHi Hô.q ces. oircev MMevires^T neMd».q (ik) 
2SL€ nd.ujHpi TdvOTre ni2i.0M nT€ nennoT epoi nn eTô^qô^iTOTr ^€n neqeouj. neoq 
2s.€ dvqep onTc ncô.2i.ï 2i.e '^ccooTn ngAi è».n efcnTV. ec^e>.i MMè^irô^Tq 22.e OTpcoAii 
€qoird.£i ne otoo nujôvMuje noT'^ eirep Meepe ^evpoq n24.e ottmhuj. evnon 2i.e 
nessLHi nd.q 2SLe eiiMnp' ncvujHpi e^peii22.co epoi nnn eTô^nndvir epcooir nneufeevA 
neM nn eTevnccoTeAi epwoTT ^iTen oes.n ne^cooTrni. ni2i.id.ncon :^e e^qep gc^ ^ev 
T^H Mniôwtt^ivUî nTe c^'^ ne2s.evq nni 2i.e niujopn nnô.TopecoMes.+ ne <^ivi nxe ne^icoT 
M.ne 2^1 n^co£i ^con epoq ene^ evTVAes. noÊii niden exe nipcoMi nô^ô^iq lyivqeMi ^en 
'^OTnoT nes.n eq^en sxd^i niÊien. es.Me7V.ï d^ciyconi noire^ooTr eqooi epè^Tq 0122-en 
'^nd.^e2s.pev eHevqepe^nueiceevi^ eni7V.evoc es.q2i.oTruiT eûoTV. e2s.en niMnuj es.qpïA\.i 
eMA.ujco. ne2s.e niAd^oc nes.q neM ninAnpoc 2s.e nenicoT oir Te '^eviTiô." 2s.e con 

saints évêques avec les canons qu'ils avaient établis, ainsi que le symbole de la 
Trinité sainte : voilà en quoi était stable la volonté de Macaire. 

Revenons désormais aux prodiges qu'il a opérés, selon ce que nous avons dit 
plus haut. Comme je naviguais encore avec lui. Dieu m'excita le cœur pour inter- 
roger à son sujet le diacre Pinoution. Je pris la parole, je lui dis seul à seul, à l'écart 
avec lui : «Mon fils, raconte-moi les vertus de ton père, (celles) qu"il a opérées 
dans son nome.» Mais lui commença par me dire : «Je ne sais rien, sinon que 
c'est un homme saint et servant Dieu, (comme) un grand nombre lui rendent 
témoignage.» Mais moi, je lui dis : «Tu es obligé de me dire ce que tu as vu de tes 
yeux et ce que tu as entendu des autres (hommes).» Le diacre eut peur devant 
l'adjuration de Dieu, il me dit : «Voici la première vertu de mon père : rien ne 
lui est jamais caché; mais tout péché que l'homme fait, il le sait à l'instant, en 
n'importe quel lieu il se trouve. Par exemple, il arriva un jour qu'il était dans la 
chaire, faisant une exégèse au peuple; il regarda sur la multitude et pleura gran- 
dement. Le peuple avec le clergé lui dit : «Mon père, pour quelle cause, chaque 



I. Cod. CTTAVÊOtAo*. 2. Cod. ninOTTItOn. 3. Cod. KMHp. 4. Cad. HA.T<opOOMA.. — 5. Cod. 

cnv\qepc"5Hric«e. — 6. Cod. -^-ctuv. 



MONUMENTS, ETC. 107 



uïd.qc^en^ î\icev2s.i ^eti ivecMOT (fol. 127 10) Muc^oToiy eTe^MCJOT ç-V-^eeMUi 
dJ\?Ve)^ iyevq2s.oo mmoc 2s.€ eujcou- uTd.ep c^MeTi uuevi\o&i ujô^ipiMi. !\oo)ot 2^e 
ev'yc5>ds.;iT0Tr ^0». neq^'ô^TV.ô.Tîs. ujevnTeqceMUHTC eTes.MO)07r e-^MeeMui otoo a.tto>- 

OTTHOTT €^pHI OTTO^ d<qep ^KTC 7V.OinOK eTdwMCOOT eqî22.CO MMOC 2£.e MTlIUôwT CUJft^iex- 

7V.HI e^pHi e22.en '^-Kô.eess.pes. UTes.ues.Tr euipeqep uoÊii Muipu-^ epe uievreeAoc 
c5>HT ces.£ioA MMCOOTT eefee noTrceoiûcou. eiues.T 2s.€ ^coq euiss^niô^ioc^ €ir2SLo7V.o 
MUioTcoiui ^en "^CTues-^ic epe uot^o '^ mottg Mf^pu"^ muiottcoiui otoo A\.'\>pu-^ 
M<;5)pH eq^i esUTiu uotcoiui. epe Uïôwi7i7e?V.oc (T'oîi.i e^oTu epcooT eTepevcuôv-^ec- 
ed>.i ^ MMCOOT ^eu oirpesiyi e^ûe nceoiuoTqi UTe uoTrnpôwiic. ^eu Ti2SLiuepiues7r 
ettd.1 ujô».ipiMi OTO^ iyes.iqi es.^OM oiTeu iiic^(op2SL efcoTV. UTe uô^i wqm nà^wK^y^ui- 
OTTUi. espi uicTeTreitt^ uni iù nï7V.es.oc MMesi uott'^ 2i.e eiooi epô^T oi2s.eu i\ïa^i\ «ep 
ujcooTTUjï ttOTreoooTT es.iuô».Tr euipeqep uo£m eirues. e^pui e^sLeu uiAiev uep ujwotuji 
epe uoTg^o ou€M M'^pu'^ uoT;)^ôiUi (u) epe uoTrd.i^ue7V.oc oire^ uccoot eTpiAvi 
epe ^ô^u uevo£ii utotott uuiô.t'ueTV.oc M'^pu'^ uoesti ixi^iou*^ e-yctooTTeu .u.vv.coot 

fois que tu parles du haut du trône, pleures-tu?» Mais lui, à cause de sa grande 
humilité, étendit le discours sur un autre sujet," il ne voulut pas leur dire la 
vérité; mais il leur dit: «Toutes les fois que je me rappelle mes péchés, je pleure.» 
Mais eux se prosternèrent à ses pieds jusqu'à ce qu'il fut disposé à dire la vérité; 
puis ils se levèrent et il commença de leur annoncer (la: vérité), disant : «A Theure 
où je suis monté en la chaire et que j'ai vu des pécheurs de cette sorte, les anges 
s'enfuyaient loin d'eux à cause de leur puanteur. J"ai vu aussi les justes revêtus 
de lumière pendant la cynaxe, leur visage resplendissait comme la lumière et 
comme le soleil lançant ses rayons lumineux : les anges se précipitaient vers eux, 
les embrassaient avec joie à cause de la bonne odeur de leurs actions. En voyant 
cela, j'ai pleuré et soupiré à cause de la séparation des uns et des autres. Crois- 
moi, ô peuple aimant Dieu; me tenant un jour debout à l'autel, jai vu les pécheurs 

I. Cod. Kpi.svi. — 2. Cad. eujconi, faute grossière. — 3. Cod. eiii2».iRcoc. — 4. Cod. cTcpA.cni\- 
3ce«e. — 5. Cod. ô.pinicTCTcm. — 6. Je n'ai pas trouve ce mot que je traduis par approximation. Le 
mot n&.^6i qui précède et qui dans les lexiques se trouve avec le sens de joug, ne peut avoir ce sens en ce 
passage. Il signifie évidemment quelque chose où l'on peut écrire. En Egypte les jougs des bœuts sont 
encore des morceaux de bois taillés à arêtes vives, n'affectant nullement une forme arrondie. De là vient 
sans doute l'image employée par l'auteur; de là aussi ma traduction, car souvent même à l'époque pha- 
raonique on s'est servi de petites planchettes de bois pour écrire. — 7. Mot-à-mot : sur une autre torme. 

14* 



108 E. AMELINEAU. 

» ■ 



eniccoTHD pi2s.en niMis. uep ujcoot^i eirssLCo mmoc 2s.e nes.ï ne ninofei «Te niptoMi 
€Td.irô^iTOT ticA-q «eAv. nè^iess-copo MnoTrTOT&cooTr eepoir'Ti eûoA^en neuccoMes». 
ncM neivcnoq eTTiviHOTT. ottoo ôwiccoTeM eoTCMH cd^nujcoi muimô. tiep ujcootujï 
ecô^neiTV-ein' epoi ejw.es.ujto ecs2s.co mmoc 2s.e Mô>.i\es.pioc- e^&e ot €R'\' cêco- es.n jani- 
Aôkoc e€^poTKHii ^en hothoêii MnesnTOTMOir. ô^hoii 2s.e es.iep otco iieîsLHi 2i.€ 
TTô^ôc ceud^ctoTÇAv. «ccoi ô<ti OTTOO cecoH MMOi ococ Tipo^^RTHc «noTTSs.. nè^TV-itt ne- 
2£.e -^CMK on 2s.e ô^peiyô».ii nicmcuoTioc epcHMes.ïneitt+ av.iii?V.ô.oc mmo» ho£ii evn- 
epoq. ic oHnne otïi ô^ithih nenicuonoc*^ MUiAevoc THpq neoïi ocou es^picHMô^i- 
nenv^ ncooTT ococ enicuonoc. ô.Tujô.noTtouj cccoTeM nccoK oiro^ nceepMeTevnoeiM'^ 
€22.eu noirnoÉii ottoo «tottcoh^ Mô<poTT€pMGTes.noein.9 c^h eeoTTtouj eoeMci ^en 
neqnoÉii Mivpeq[^€Mci (fol. 128 ues.) Mô.pe mot neoK 2i.€ no^eM nTeiw^TT^xi'^ «tgu- 
ep evTVAoTpioii enoTTcnoq ottoo eefce nioouj nTe nini^ion eT€nTOTOTT nuievUï7e7V.oc 

evICOUJ piCOTOTT Ô.I2SLGM nittOCil nT€ TIIOTTÔ.I T1IOTTÔN.I €TTC^HOTTT ^I ttini^IOM OTTMHUJ 
nc^es.pMÔ<llOC'° OTTMHUJ ttpGq;$COT€£l OTTMHUJ MUOpHOC H" nopttH OTMHUJ ttCOIMI 

venant à l'autel, leurs visages étaient tristes comme les ténèbres, leurs anges les 
suivaient en pleurant; il y avait dans les mains des anges des planchettes de bois 
comme des tablettes; ils les tendaient vers le Sauveur sur lautel en disant : «Ce 
sont les péchés que les hommes ont commis hier et cette nuit, ils ne se sont pas 
purifiés pour recevoir ton corps et ton sang glorieux.» Et j'entendis une voix en 
haut de l'autel me menaçant grandement, disant : «Macaire, pourquoi n'apprends- 
tu pas à ce peuple à cesser leurs péchés avant qu'ils meurent?» Et moi je répon- 
dis, je dis : «Mon Seigneur, ils ne m'écoutent pas et ils me comptent comme 
un prophète menteur.» De nouveau la voix me dit : «Si l'évêque instruit son 
peuple, il n'y aura pas pour lui de péché : voici que je t'ai donné (comme) sur- 
veillant de tout le peuple, toi aussi enseigne -les comme évéque.'- S'ils veulent 
t'écouter pour faire pénitence de leurs péchés et vivre, qu'ils fassent pénitence. 
Celui qu; veut rester dans son péché, qu'il y reste, qu'il meure; mais toi sauve 
ton àme, deviens étranger à leur sang.» Et quant à la lecture des tablettes qui 
étaient dans les mains des anges, je les lus, je trouvai les péchés de chacun écrits 

I. Cod. «^Ci^nT^H. — 2. Cod. .K^&H&pi. — 3. Cod. K-\^c6to. — 4. Cod. cpcu-MMenin. — 5. Cod, 
^^^'llllil (sic). — \,. Cod. ncKonoc. — 7. Cvd. cvpi cTMMcnin. — 8. Cod. i\cccpMCTe>.iiom. — 9. Cod. 
MA.poTepMCTA.noin — 10. Cod. u'V^'Pma.ï'oc. — 11. Cod. ^x. — 12. Il v a ici un nouveau jeu de mot 
sur le sens du mot «évoque». 



MONUMENTS, KTC. 109 



edwTep ûoiii u'T'ioTi ^v^^eu' ^htott €;ipHi code niujiiii p*>.i\ ue'ji^^tooTiti t\pp-^o)pu 
«uoTSSL u€M peq€pud^Td.Aev7V.em2 eTOi M'^ootiiipoc eTCd<2i.i ^^u^vuo)(* \\và>. i\OTe- 
pHOT oevM ue^xi^®'''*"' eTMup ueM uoTepuoir cpe '\>'\ 01 »\2s.d.22.i cpo)OT ^^vn \\ç- 

epcooT eas-OTOTT. eeùe xei^ie^iTid^- OTn ujevipiMi. \\iK\ ne uh eTôwiccoTCM cpoiOT utot-^ 
MnevïcoT eqTe^oTO mmooot enni\Hpoc «xe "fnoAïc. 

TOT€ es.ïdvMoni MTiï2v.iôwUC0tt (i\Êi) ô.i'\- 'pi oi22.en Teqdvr^e €i22.oi mmoc xmk'^ 2s.e ic 
€HCtooTn+ dvu noTV-i eÊiHTV. c^is.! nd^itoT €eoTrd*.fii. «roq 2s.e n€2i.evq nn\ sslç «a.! 
ne «H eTôvicoeMOTT nxoTq time^cooTHi 2s.€ r^-^ uctccootu mmoîot. evuoiv 2s.e 
es.ï€p OTTco neosLHi nd.q 2sLe nô^ujHpi MTiepoeMci ^ev niupiMe»^ ï\Te T\idvM6.u| *.7V.Adv 
2s.e MH eTôwiittôkir epcooir nw\ «cm «h eTô^iicoeMoir. neoq 2s.e ne2s.ivq uhi 2s.e 
Tievoc niooT '\-nes.ir en^o Mnes.icoT eqoucM e^oirn epoi eqoTwui *.u eepic6.2sLi. 6.«oi\ 
2k-€ es.iOTo^eM iiè^q eï2$.to mmoc 22.e evnou eeoirô^oces.^ni ud».u M'^èvi TiôkUjHpi 

sur les tablettes, je vis une multitude de magiciens, une multitude d'homicides, 
une multitude de fornicateurs et de fornicatrices, une multitude de femmes ayant 
conçu frauduleusement, ayant avorté à cause de la honte, d'autres ayant tait de 
faux serments, des médisants, des envieux ayant mal parlé les uns des autres, 
d'autres unis ensemble dans l'inimitié de Dieu, d'autres qui sont entrés chez les 
incantateurs, faisant des incantations pour la maladie de leur corps, se dépouil- 
lant^ du baptême qu'ils ont reçu : en un mot (je vis) tout péché que connaît notre 
connaissance pour les nommer." Voilà pourquoi j'ai pleuré.» — Ce sont là les 
paroles que j'ai entendues de mon père les adressant au clergé de la ville.» 

Alors je pris le diacre, je le baisai sur la tête disant : «Ne sais-tu rien en plus 
de cela, mon frère saint?» — iMais lui me dit : «C'est ce que j'ai entendu de lui : 
le reste. Dieu le sait.» — iMais moi, je répondis, je lui dis : «Mon fils ne reste pas 
sous la sentence de l'adjuration; mais dis ce que tu as vu et ce que tu as entendu. > 
— Mais lui me dit : «Mon seigneur père, j'ai vu le visage triste de mon père i^se 
tourner) vers moi, ne voulant pas que je parle.» — Mais moi je répondis en 

I. Le texte semble corrompu en cet endroit. — 2. Cod. peqcpKivTô>A*>Ain. — 3. CoJ. tmcti^v. 
4. Cod. icRcwoTn. — 5. Mot-à-mot : se plaçant nus du baptême qu'ils avaient reçu. — 6. .Mot-à-mot : 
pour les dire. 



1 lO E. AMÉLINEAU. 



lyôwTequtofe. TVoinon eTô^^ccoTCM enô^i «tôt d^qep ohtc ncô.2s.i eq2S-co mmoc 2s.€ 
iTôwicoT '|uô.2s.co epoii «ueuiiy^- nuj'^Hpi eTô^ciyconi eevi eTô^iep KecMeTi. ne OTon 
OTTMonevCTHpioïi ^£n neoui ujMin MneMeo efeoTV. hottïmi eujôvTAioTT'^- epoq 2s.e 
ôw^pHÊii (fol. 1 2g ïïû) ec^ô. c^H eeoTewÉi ô^uô. lyeiioir'^- ne Tiïevpxï-^^>^"2s.pïTHc <:5>h 
eT^vqoco7V. e'fc'!rïi02^oc htc ec|>ecoc ncM r^H eeoTres.fii RTrpi7V7V.oc. ^en n2i.ïn epe- 
qep ^eTVTVo oirii U2s.e «^r eecTrevÉi Mupoc^HTWc €T€MMdwir otoo è^qecoiy noTôii 
e2fi.ett iucuHOTT eneqMdv eneqpôwïi ÊiHces.. €Ti oirn epe c^h eeoTdvÊi ô^tiô». ujeno-y^ 
etiKOT d.qTtouq evqMOT-^ euiciiHOT Tie2sL^.q ucoott 24.e evittevir epoi ïiïchhot eTeviep 
pès.n MHiy neoooir ^en '^cttuoss.oc «eM Tiid>.iTioc inrpiTVTV.oc eiMiuji ^i2s.en ninev^"^. 
epe d<n«\ Md.uo.pioc' nienicuonoc ïiTe tiiooot n^s.ï ^en '^^es.iH noirnoTr otoo 
UTeq5'ï Mc^Êie;x^ MnieoooT THpq. è<ittd.Tr epoi MTies.ie2s.copp ^e« OTTOopevAVd. epe 
TiJCcoTHp oeMCï pi2s.eïi nô^Mdv ueniioT eq2i.iMi Mnô^ujini. neaLHi nis.q 2s.e nevoc 
OTOO nô.noTT'^ mh otou ujss-OM mmou ôwH '^hot e'^ 2s.om uhi M'^pn'^- nujopn 
on. ne2i.e niccoTnp nm 2S-e co ujenoT'^ euuis.ep evoi on Menencev nôiiuiiy^ nevoi 

disant : «C'est moi, mon fils, qui t'ai donné l'ordre de ne pas laisser ton père cacher 
son talent dans la terre, mais de s'en servir pour le faire fructifier.»^ — Lorsqu'il 
eut entendu ces paroles de ma bouche,^ il commença de parler en disant : «Je te 
dirai un autre grand prodige qui est arrivé. Je me le rappelle ainsi : Il y a un mo- 
nastère dans le nome de Schmin en face d'un village qu'on appelle Athripe : c'est 
celui du saint apa Schnoudi l'archimandrite qui alla au concile d'Éphèse avec le 
saint Cyrille. Lorsque ce saint prophète-là fut devenu vieux, il désigna quelqu'un 
(pour être) à la tète des frères : (ce frère) s'appelait Visa. Ce saint prophète apa 
Schnoudi était encore couché, il se leva, il appela les frères, il leur dit: «Je me suis 
vu, mes frères, moi qui passai une multitude de jours au concile, avec le saint Cyrille, 
combattant pour la foi au temps où apa Macaire de Tkôou devait venir à la der- 
nière heure et recevoir le salaire de la journée entière; je me suis (donc) vu cette 
nuit en une vision. Le Seigneur était assis sur mon lit, me visitant. Je lui ai dit : 
«Mon Seigneur et mon Dieu, ne peux-tu pas me donner de la force maintenant 
comme autrefois?» — Le sauveur me dit : «O Schnoudi, est-ce que tu vivras aussi 

1. Cad. M<vHjv.pi — 2. Mot -à- mot : alin qu'il fructifie; amphibologie. — 3. Mot -à- mot : de ma 
main. 



MONUMENTS, ETC. m 



Mnes.iccoMds. e^pHi «Teui ^es.T0Tcu. oirou uecT«02^oc uevp m^i<u]o)ui Mii<v7eui u|ev- 
pou c€nev2i.e OTev epoi m^htc M'^pu-^ «ô.pioc miuchott ctô^iotomot encTpor lu^vp- 

;)^I€ïlICUOTlOC OTTO^ MMÔ.pTTpOC CpÇ Td^UjeHil f^H^ ^IO)T eievMOMI MllICd. h MTe 

TôwiyeHn eiini mmcoott e2£.en MO-yepHoir 2s.€ «TcujTeM ne^ccoMev To^pu e&oA. otoo 
ôk ^H eeoTrevÉi moij"^ ottÉihi Mnind>.Tr exeMMèwir 2s.e noc mim Ti€Tes.q'^e;5 tçu- 
u}eHH. Tie2s.Hi 2s.e is.pioc neTôvqr^e^ Tes.yeH«. -^uott 2s.e (o uïCMo-y^- ic «vpioc ev-^ev- 
Mon.\ Miiioires.i «ces. UTe T^s.uJeHn ic uecTopioc d.qd>.MO«i MnucoTA.i uc*. otoo 
d«.TC(x)iv MYiinewT d<T'^iù£ «Tôv ujeu» ô.TT'^copsi. MMOï end».icoT \\£M ninHev eeoTA.& 
€ î^ MnpocconoH. '^hott 22.e OTcopn mêhcô^ cpevTq MMevi\d»>pioc Tuenicuonoc uxe 
TucooTT OTO^ ev2sLe nes.iciv2SLi THpoTT ttivq Mes.peq2SLOTOT cpocj. '^11 £T£MMiKT Men 
qnivdiMoni noTMeTMevpTirpoc ^ô^ nnev^'^. (fol. i3oïïë) Aomott oiropiiq ^en oti- 
toc 2£.e es. ttiuïes.Muj€ ei2s.coAon^ Tcooirnoir G2s.coq ^€n ncq^ouj. TOTe mccoTup d<.-^- 

après cette grande vie, tu es dans ta cent neuvième année, depuis que tu as ce 
grand service : maintenant quitte ce corps pour venir à nous. ^ Or, il v aura un 
autre concile avant que tu ne viennes vers nous; on m'y blasphémera comme a 
fait Arius'' au temps où je me montrai à Pierre, Tarchevêque et martyr, la tunique 
dont j'étais revêtue déchirée. Je pris les deux morceaux de ma tunique, je les 
ramenai l'un sur l'autre afin que mon corps ne parût pas. Et ce saint m'appela en 
cette heure, disant: «Seigneur, qui a déchiré ta tunique?» Je lui dis : «C'est Arius 
qui a déchiré ma tunique.»*" — Mais maintenant, ô Schnoudi, voici qu" Arius a 
pris un morceau de ma tunique, voici que Nestorius a pris un autre morceau et 
tous les deux ils l'ont tirée, ils ont déchiré ma tunique, ils m'ont divisé de mon 
père et de l'Esprit saint (faisant de nous) quatre personnes. Maintenant envoie 
Visa au bienheureux évêque de Tkôou et dis-lui toutes ces paroles atin qu'il les 
lui dise (à son tour); car celui-là endurera le martyre pour la foi. Du reste, envoie- 
le en toute hâte, car les idolâtres se sont levés contre lui dans son nome.» — 

I. Cod. eu|on. — 2. Cod. nA-rroiypi^iik.. — 3. Cod. uiu|A,Avu)e lai^toAtoit. — 4. Je consiuùrc ces 

paroles comme le commencement d'une prière qui répond presque mot pour mot à celle qui se trouve 
dans le rituel catholique : Proficiscere anima christiana. Autrement la phrase est incompréhensible, 
car Schnoudi ne doit pas encore mourir de suite. — 5. Mot-ù-mot : ii la manière d' Arius. — b. Cette 
vision est très connue : elle se trouve en détail dans le martyre copte de S' Pierre dWlexandrie, CoJ. 
Vat. 62. 



112 E. AMELINEAU. 



2^piTHc i^qujeHô.q enuj(oi €nic|)HOTi. ne OTon otttimi 2s.e cô>.TieMeiiT mîiimooot 
€TUieMUji uoTrei2s.w7V.on' eneqpevn ne noeoc eqTôvTVnoTT e^pni e22.en otujottujt 
^en oTHï d.iriyd.n^coTV. e^o-yn ^en nipo nxe nmi ujô.ttss.coÊic e2s.cooT nô.q enecHT 
OTOO neeoircoiyT MMoq. ô^ti oirn n2s.e ninpecÉiTrTepoc nxe niMiv eTeMA\.ôvT es.7r- 
Tô^Me nd.io:)T eocofc niÊien eTOTipi mmcoott n2s.e ni^eA7V.Rnoc M'^pn'^ eTOTT^loTi 
nniuoTsci nô^AcooTi nxe ni^picTievnoc eiripi mmcoot neTrcies. MnoTnoTT'^ noeoc 
7V.oinon is.ir2i.(x)p2SL epcooT noTregooir es.TTSs.eMoir eiripi n'^es.noMies. eiTTi^^o nniô.- 
AcooTï nTe ni^P^cTiô^noc eTini mmcoott enujcoi neircid». MnoTnoT'^ ^i2i.en 
■^ujHOiri. 7V.Oïnon à<ipTà.^o ^ô^n neMHUj n^nToir ô^-tthitoit e'^npeTô.- (nC) oto^ evTr 
epe^eTev^ein^ MMtooir ^en nces.2i.i oiroo eviroTton^ ;)(;^copic Éiô».edvnoc eirsi-W mmoc 
2s.e «vnuiô.nMOTr'^ eniuoTTss.! nevAcooTi nTe ni^picTiô^noc enepoô.7V.+ mmcoot n'^ 
nwoTT noô^n Mepoc nwin neM ^d.n en^es.i noircoM ujivTenooTnoTr e^oirn epevn mô. 
eTTonn pcocTe nceccoTeM enoir^pcooir cô^ÉioTV. oirop nô^ipn'^ iyô».n^toTe£i mmioott 

Alors le Sauveur annonça ces paroles au saint apa Schnoudi le prophète et Tar- 
chimandrite, (puis) il remonta vers les deux. Il y avait un village à l'ouest de 
l'eau où l'on adorait une idole, nommée Kothos, élevée dans une ouverture dans 
une maison; si l'on entrait par la porte de la maison on inclinait la tête vers lui, on 
l'adorait. Les prêtres de cet endroit vinrent à mon père, ils lui racontèrent toutes 
les œuvres que taisaient les païens, comment ils volaient les enfants des chrétiens 
pour en faire un sacrifice à leur dieu Kothos. Du reste un jour, on leur tendit 
des embûches, on les trouva une fois faisant l'iniquité, prenant les enfants des 
chrétiens, les conduisant en haut, victimes pour leur dieu sur l'autel. Du reste on 
en prit un grand nombre, on les livra à la justice et on les questionna par des 
paroles, ils avouèrent^ sans tourment, disant : «Lorsque nous appelons les petits 
enfants de^ chrétiens, nous les trompons en leur donnant des morceaux de pain 
et d'autres choses bonnes à manger, jusqu'à ce que nous les cachions dans un 
lieu secret afin qu'on n'entende pas leurs voix au-dehors; et ainsi nous les égor- 
geons pour asperger l'autel de leur sang et extraire leurs entrailles, afin d'en 

I. Cod. jvoiriîs.ti/Aoïi. — 2. Je crois que c'est une abréviation du mot np&.iTfa>pion. — 3. Cod. ATcp- 

P 
rjCTA-^m (sic). Le m»it est ainsi écrit v\tc3ct».3iu. Le p a été ajouté par une autre main avec une 

nouvelle faute y». — 4. Cod. ucp^c^A. — 5. Mot-à-mot : ils manifestèrent. 



MONUMENTS, ETC. ii3 



ïiTenccoTq MnoTcnoq e'^ujKOTi otto^ UTeuini e£io'A. uuoTrAv.d<;5T uTeucouoT mmçt- 
poc' eMettuioô>.pev^ otto^ UTeuîsLO) euetiMOT*^ «^htot. rco^môv 2^e ou uje)>.Mpor.c)-^^ 
MTeneviq «iiepAvi. Mes.i Hi£ie« eTeuueveMi 22.e oirou Çl^s.^\ ;^puMd^ eoMc u;îii7-^ 
OTTO^ xxià^wTi noTTMHUj ^cti TiiuepMï nTeucdvTq essLCoq OTog j\T€U2SL0) ;Jeu ueuiu- 
«eK.pev^ epe ueuMdv^T ttnn\0Tr22.i ne>.Acoo7ri oi nueirpoc epooTT otoo ;î€ii "^otuot 
ujd.pe ni^pHMô. (3topn efitoTV. oto^ «Te!ico7V.j m'^w eTeTenoTTô^iy^. iiô^ipu-^ i^ t\i- 
pcoMi eTô».TrTd.^(ooir '^ ^pHMiv ujôwtiTOTrno^eM eeÉie 2s.e pe^u a\.ô.i ^puMdw jie itie^p- 

(fol. i3i K^) eTô^qctoTCM eues.1 «2SLe nidkUlOc «€t\icuotioc ev£iûe«. Av.6.uô<pioc- mto- 
TOTT ««inpecÉUTTcpoc evc^Tconq es.qMOUji ueMcooT «d.«MOiyi 2s.e ucuè^-^ e<ïioK wçxk 
iieCi iiniiy^ «pcoMi. ninpecÊnrTepoc 2s.e £i evTTMOuji ^ô.2i.co». cTevui e^HT ££\\. 
ni^oiy nes.Tr e mmiAiom" es-nne^ir eoTrepc^ei €Tc|)too y" ne. tiôvIwt 2s.e ô^-^mouji ç^otu 
encis. MTiiepc|)€ï nessLCooir nô^q ii22.e nmpecÉiTrTepoc £i 2s.€ nô^ioiT A\.dwpeu^e «Ten- 
cix^oX MTiô.iMes. MAion cGnô.^coTe£i MMOti. iieoq 2s.e Tie22.ô.q 2s.e GqoH^"^ U2s.e 
HOC 2i.e ues.u ô«>iruîes.n^0T£i€T n'^nes.g^coTV. ô>.u iyevUTd>,iye e^oiru epoq. es.qAi.ouji e^OTii 

recueillir des cordes pour nos cithares et chanter nos dieux avec. Quant au corps, 
il était brûlé, nous le réduisions en cendre.^ Tout endroit où nous savions qu"il 
y avait des richesses cachées, nous prenions une grande quantité de (cette) cendre 
pour la répandre dessus, et nous chantions avec nos cithares où les entrailles des 
petits enfants servaient de cordes, et aussitôt les richesses apparaissaient et nous 
(en) prenions ce que nous voulions.» Ainsi les hommes qu'on avait pris donnèrent 
des richesses afin d'être sauvés, parce que les chefs de ce nome étaient cupides. 
Lorsque le saint évêque abba Macaire apprit ces choses de la bouche des prêtres, 
il se leva, il marcha avec eux; mais nous marchions avec lui, moi et deux autres 
grands hommes. Mais les deux prêtres marchèrent avant nous. Lorsque nous 
arrivâmes au Nord dans le nome, environ à cinq milles, nous vîmes un temple 
magnifique. Mais mon père marcha vers le lieu (où était) le temple : les deux 
prêtres lui disaient : «Mon père, quittons ce lieu de peur qu'ils ne nous tuent.» 
— Mais lui dit : «Vive le Seigneur! quand même ils me tueraient, je ne m'en 

I. Cod. nneirpon. — 2. Cod. ncnR-5-<&ô.pc.. — 3. Cod. uj^qpou^q. — 4. Cad. ncitHTOivpcN. — ^. Cod. 
jA.eKK«.pi. — 6. Cod. MMTp\ion. — 7. Cod. er^woTr ne. — 8. Cod. ^^ qon*. — Q. Mot-à-mol : nous le 
faisions cendre. 



1 14 E. AMÉLINEAU. 



uoooc Tiiei2s.0L)7Von- touj €Êio7V 2s.€ Mô^iyc iicoTen nTGTen^ïOTri eÊioTV. MAv.è<uô.pioc3 
r^ev TiicooT €Êio7V.2i.€ ô. oTTceepTcp Tô^^ou ^en nss-inepencooTeM^ eneq^pcooT. 
eujwTi dvquïevttep uGOTjnoT -wnè^iMev Tennd.A\.ô.iye^ ïiô.n iiTettujTGMi enô^iMô. evu 
2s.e oT2!w.€ €ujTeMi\0TTeti'J 2s.e eïids.ir GpcoT€«. (iiH) OTTO^ ^eii ïi2s.ïnepoircoiTeM 
euô.1 n2i.e ujothÉi ô.ti eCioTV €p€ OTOtt oes.n çonAon mtotott n€Av. oô.n ch'^ï n€M 
Od.« Ao^x"^ "^-"^ ^^" u€7V.efcm wqm noTrueoiOMi es.iruje ucooir €T\uitoi e2s.en Tii2SLe- 
uec^top UT€ niepc^ei eoi coni epou. oTog^ ness-tooir nô^q 2i.€ neoî\ ne Mô^i\is.pïoc' 
mpeM TucooTT iii\is.j\onpes>i7A\.es. €Tes.uï Miiè<iMô< GivoTTèviy OIT. es. Tiennoir'^ wnn eTô».- 
Avou eneiiMOc-^ ç^ottïv epou oeuii eÊioTV ^evpoii oir ne TieHOtoCi neMô.n. evqep otco 
ji2s.ec^H e^oTô^fii Tie2s.es.q ucoott 2s.e ic2s.€ mmou ^co£i uthi ueMooTen le ot neTeuotofc 
neM uiiyHpï uTe iii|)^picTiô>.uoc epeTeniycoT mmcoott u«iei2s.w7V.on.^ uecooir ss.e 
ô^Tep OTCO Tie2s.coo7r 2s.e OTMe^MHi cs.il Te. iie2s.e c^h eecTô^Êi hcoott 2£.e ic2$.e 
M.uon ^ô^T nTis.1 e^oTrn UTes.MOTUjT Ainiepc^ei. iieoooT 2s.e ness-cooir nô.q 2SLe 

irai pas que je ne sois entré.» Il entra du côté de la porte du temple : à l'instant 
le démon qui était élevé au-dessus de la porte avec l'idole Kothos s'écria : «Venez, 
chassez ce Macaire de Tkôou, car en entendant sa voix un tremblement nous a 
saisis; s'il reste une autre heure en ce lieu, nous nous en irons pour ne plus venir 
ici et ne plus retourner vous voir.»^ Et lorsque les prêtres entendirent ces paroles, 
ils sortirent tenant des armes à la main, des épées, des lances, des haches, et 
aussi avec leurs femmes ils montèrent sur le toit du temple pour nous lapider; 
et ils dirent à Macaire : «Tu es Macaire de Tkôou, le malfaiteur : pourquoi es- 
ta venu en ce lieu?'° Notre dieu vient de nous informer de ta haine contre nous." 
Qu'as -tu à faire avec nous?» — Le saint répondit, il dit : «Puisque je n'ai rien 
à faire avec vous, qu'avez - vous à faire avec les enfants des chrétiens que vous 
égorgez à vos idoles?» — Mais ceux-ci répondirent en disant : «Ce n'est pas 
vrai.» — Le saint leur dit : «Puisqu'il nen est pas ainsi, laissez -moi entrer afin 
que je voie le temple.» — Mais eux lui dirent : «Viens;» mais les deux prêtres 

I. Cod. ni2i.cM.um. — 2. Cod. niis^coAon. — 3. Cod. jA.AVA,K&.pi. — 4. Une ligne a été effacée ici à 
dessein. — 5. Coa. iicum«u]c. — 6. Cod. cu}tcja»vott. — y. Cod. jivesK«v,pi. — 8. Cad. nn.irs.a'Kotx. — 

9. Mot-à-mot : Cl le ne plus >»'cn retourner pour vous voir. — 10. Mot-à-mot : Tu es venu en ce 
lieu désirant quoi? — 11. Mot-à-mot : notre Dieu cesse de nous annoncer. 



MONUMENTS, ETC. i i 3 



M2s.. uecooT 2s.e Tie2i.o)OTr ud«.« (toi. i32 \\o) 2g.e dw neTtud.pi i\in\ .u-^oot ic ne- 
TeuMdw «^coTefc. ^e« '^oirx\OTr èviTTcooirïv e2i.eu nd^ioiT ^wTô^mohi' ma\.o'4 t\ujopTi 

epon M'^pH'^ «OTOIHÊl Ud.Tôw2S.«I MettGtlCOiC d<«0»V po)U Mnu. «vTTTOiOTUOT n2£.€ 

ni^eTV.TV.HMOc ôK-TTè^Ao Jioire-ycid». egpHi €2£.eti -^^ujuoti »Te uotuot-\- uoeoc. otoo 
Mô^pe nioiOMi pô.iyi ne e-yai-co mmoc 2s.e *.piuïô.ï Av.nenuoir'V Ai.'\>ooir ^eu uiuev- 
uonpdwUMdv- n^picTiè».noc.^ ne2s.€ niniiy^ eTeu^nTOT 2s.e neTcuje ne nT€UTi\.M€ 
uenô.p;^iepeirc nnjopn Mnd.nTen.^oT£ioir uTenepne^Aeiu ^ A^Moq e-^ «ttciôw uje 
nennoT'^ noeoc. nceni 2s.e ô.irepcTM'^coneiu- neMô^q er^ô^i ne '^pd<u ne AinoT- 
niiy^ ^OMHpoc. GTd.quje nevq n2s.e <:^n eTOTopnq ô^iep oTOi ne2i.Hï Aine^ioiT eicouo 
neMivq 2s.e ennè^^eAici n^.TujAn'A. g^ines. nTennooeAv. ic ^nnne evci^oo epon n2s.e 
'^OTrnoTT «Te nenMoir. ô^qep otco n2s.e neviwT eq2s.co aia\.oc uhi 2s.e Ainepep oo-^ 
nevtynpi ninoTTion oiro^ î^X*^ nes-epûoneeui'^ epon. eTi 2s.e encôw2s.i7 ic -^n 

eurent peur, ils n'entrèrent point. Alors vingt hommes se levèrent, ils nous 
ouvrirent la porte voulant nous tuer. Et nous nous étions quatre. Eux, ils nous 
dirent : «Votre vie se finit aujourd'hui; voici le lieu de votre mort.» En ce mo- 
ment ils se levèrent contre mon père, ils le saisirent avant nous comme un agneau 
sans tache; puis ils nous (prirent) aussi tous les trois. Les païens se levèrent, ils 
apportèrent une victime sur l'autel de leur dieu Kothos; et leurs femmes se 
réjouissaient, disant : «Fêtons aujourd'hui notre Dieu avec ces malfaiteurs de 
chrétiens.» Le grand d'entre eux dit : «-Il faut que nous apprenions d"abord [cenc 
nouvelle) à l'archiprêtre avant de les tuer, pour l'appeler au sacrifice de notre 
dieu Kothos.» Les autres furent d'accord avec lui sur cela : le nom de leur chef 
était Homère. Lorsque celui qu'ils envoyaient fut parti, je pris la parole, je dis à 
mon père avec lequel j'étais enchaîné : «Resteras -tu sans prier arîn que nous 
mourions; car voici que s'est approchée de nous l'heure de notre mort?^^ — Mon 
père me répondit en disant : «Ne crains pas, mon fils Pinoution, et le Christ 



I. La lettre t avait été omise par le copiste qui l'a ajoutée en interligne. — 2. Cod. niHiVRtonp^- 

rAVA.. — 3. Cod. n'x,^HÇ.T\i<noc. — 4. Cod. nTCiicpK&.Am. — 5. Cad. ^TepcTMt^conirt. — t). CoJ. 

ndkcpfioH^iM. — 7. Cod. nctK'ie.i. 

•5* 



1 l6 E. AMÉLINEAU. 



eeoTrô.£i (Â) ôwTiô. Êihcô. ô.qiuoTV^ enipo uecooir 2s.e Miioirep ottco Ud.q. neoq 2s.€ 
è^qcoiy e£io7V eq2i.w mmoc 2sl€ nôc «^-^ iiinèvnTOivpô.TùL)p q)R €Tô.qini Mnerpoc 
eCioTV^eii inujTeiio eqMwp ïiMeq2i.i2s. mch neq^evAè^iraL eôvqepe '^-inrTV.H ei^oirton 
Uôwq «ôwTujoiyT epe HieMuoTT' «cm uimô^toi cuuot eTrpooic enipo ottoo è^ tiiô^u- 
ue?\.oc UTe nôc cwu ^ô.2SLwq lyd^Teqeiiq eopHi e2i.en -^mr^H uCienini eeuHTr e£io?V. 
e-^noTV-ic otoo ei\eepe iid.iept|>eï oirwu MMô.TevTq. otto^ ^en "^OTTiioT ^eti oire- 
^ôwiniiev^ es. nipo utc niep^^ei oircon cevToxq è^qi e^oirn h2s.g c^h eeoTrô^Êi evirev 
ÛHCô. «€M 2^u MOMô<9(^oc3 eTiiô^ep lô. npcoMi.'^ eTô.Tri 2i.€ e^OTrn ïiôwTTttôvir epcooT 
ji2s.e »iog7v7V.h»oc ô.TUjeopTGp OTTOO es.iruj(oni Mc^pH'^ nnitoni «ôvT\^'ir;)(^H ^en 
'^oirnoTr is.TrÊio7VTeu e&oTV. otto^ Ti€2SLe c^h eeoire^.ù evnes. ÊiRcev MnevicoT 2slg ès.pi 
OTdvi ^eu Tid^ï h. le ïiTei\'^ ^pcoM uto.uj7V.h7V. le nT€Riy7V.H?V. «tôw"^ ^pcoM. Tie2i.€ 



TidvicoT nô^q 2S.G MAion ôv7\.7V.ôi Ave^penog^i epèvTeu uT€«Ly7V.HA (fol. i33 Aes.) ^i ot- 
coTi ueM uetiepHOTT iyô>.T€n ni^pcoM i enecHT €£io7V.^en tc^g UTeqpcoKO Mniep- 

C^GI. OTTOO GTes^TTOOI 2»^€ €pô.TOTT dvTriy7V.HA è< OTTCMH" UJCOHI OivpCOOTT €022.00 MMOC 
IICOOTT 2S.€ T0TT2S.C «^HilOTT e£lo7V.^Gïl <^pO UTG IlICpi^GI. €TI Mn&.UTeniVOO'^ MTlGilOO 

nous secourra.» Comme nous parlions encore voici que le saint apa Visa frappa 
à la porte; mais eux ne répondirent pas. Mais lui s'écria : «Seigneur Dieu qui 
domines tout, toi qui as tiré Pierre de la prison, ses pieds et ses mains (encore) 
liés, qui as fait que les portes s'ouvrirent à lui sans clef, les gardes et les soldats 
s'étant endormis en veillant à la porte, et l'ange du Seigneur le précéda jusqu à 
ce qu'il l'eût amené à la porte de fer menant à la ville : fais aussi que ce temple 
s'ouvre tout seul.» Et soudain la porte du temple s'ouvrit aussitôt à lui, le saint 
apa Visa entra avec des hommes au nombre de onze.*" Lorsqu'ils furent entrés, 
les païens les virent et devinrent comme des (statues de) pierre sans âme : aussi- 
tôt ils nous délièrent et le saint apa Visa dit à mon père : «De ces deux choses 
tais Tune : ou mets le feu pendant que je prie, ou prie pendant que je mets le 
teu.» — Mon père lui dit : «Non; mais restons debout priant ensemble Tun avec 
l'autre jusqu'à ce que le feu descende du ciel et brûle le temple.» Et lorsqu'ils 
se tinrent debout priant, une voix se fit entendre" au-dessus d'eux, disant : «Sau- 
vez-vous hors de la porte du temple.» Nous n'avions pas encore tourné notre 

I. Cod. MiGMiiiT. — 2. Cod. e^&.niH6.. — 3. Cod. oa.iv JA.OTnik.3(;oc. — 4. Cod. nptoMiMi (sic). — 
5. Cod. jvtrcMn. — 6. Mot-à-rnot : faisant onze hommes. — 7. Mot-à-mot : une voix fut. 



MONUMENTS, ETC. 



•17 



ec5)dwOTr ^HiiTie ic o-yjviiyV ucofeT «XP^^-^^ is^quo-^ Minvo)-\^ Auuep|>ei Tup-^ otoo 
ev ni2i.oi UTe niep'-^ci ^ei enecHT oiro^ ô. Tiixp<JiM otoa^ \\voy\ uj^ e;îpHi euç-i- 
ceu-^. nôwïWT 2s.e e^qcô.£OTri euicp'^ei eq2s.oi mmoc 22.^ nue ^7V.i nujuiiiu iijoui 

piOU «CM UKy'd.Tqi UTe TlUÔ.^!. OTO^ ^eu '^OTUOTT €T€MM*.T dv 07r2!^Ô.IAlO>U ' Uô.- 

uev^ô^pTou ^coTV. c^OTU eoirpcoMi è^qiye ud.q ç^ottu e-\-Èè^ui ^v-^oivy e&oTV. C'^cs-O) 
MMOC 2S-e Mdvpe nige7V.7V.Huoc Tupoir (|>(ot jicoott 2s.e ounne ic ùhcô^ w^m .uev^jv^v- 
pioc- nipeAv. TKWOir d>.iri. n^itoT 2i^e è<qepes.nô>.UTè^u epoMupoc uiuiiy^ utoot 01 
TiiMcoiT (A£i) \\<»o<:\ ne niô^p^xi^epeTC OTOg 0^ uè^ioiT eMi ^eu uiunëi!, 2sLe t\T0-4 
Tie niniuj"^ eTô^iroiroopTi^ uccoq. nessLe uô^icot uevq 2s.e eefee ot .une\u uTeuep- 
lyô.! ^eu Tieti^ooTeCi eTrud.iyes.TTeu Miieuuo"5"^ iioeoc. ueoq :^e nessLèv^ u^.-^ 2sl€ 
ueoi\ goou ep ujes.7r e^u ees.ïR uctiouss^h Av.neuuoTT'^ 2s.e iieoK OTr^e7v.7V.o. ;5eu 'V^'"''- 
HOT^ dv Tiô».iooT (jtopeM euicuuoiT 2s.e es.MOui MAv.oq UTeTeucouoq. nioTut 2v€ 
eTeMMd.Tr uis.udweivpTOC ô^qcoiy eÊio7V. eq2s.(o mmoc 2i.e uiuiiy^ uuot"^ uoeoc iii*.p- 
^ïCTpôwTHuoc MnievHp ncou MTies.Tio7V.'\cou uevOMeT ô^uou ne eTOi nôvp;;s;^iep€Tc 

visage en arrière, voici qu'un grand mur de feu entoura le temple, et les murs 
du temple s'écroulèrent et le feu dévora jusqu'à ses fondements. Mais mon père 
maudit le temple en disant : «Qu'aucun arbre ne donne ombrage sur son empla- 
cement,^ qu'il soit la demeure des bêtes sauvages et des reptiles de la terre.» Et 
en ce moment un démon impur entra dans un homme; (celui-ci) entra dans le 
village, criant : «Que tous les païens s'enfuient, car voici que sont venus Visa et 
Macaire l'habitant de Tkôou.» Mais mon père rencontra Homère, leur chef, sur 
son chemin; c'était l'archiprêtre, et mon père connut en esprit que c'était le grand 
qu'ils avaient envoyé chercher. Mon père lui dit : «Pourquoi n'es -tu pas venu 
pour (te) faire une fête de notre massacre lorsqu'on allait nous couper en mor- 
ceaux en l'honneur de ton dieu Kothos?» Mais lui, il dit à (mon père) : «Toi! 
tu n'es pas digne qu'on fasse de ton (sang) une libation pour notre dieu; car tu 
es un vieillard.» — Aussitôt mon père fit signe aux frères, disant : «Saisissez-le, 
liez -le.» — Mais ce prêtre impur s'écria, disant : «O grand dieu Kotho>. archi- 
stratège de l'air, fils d'Apollon, sauve -moi; car c'est moi qui suis ton archi- 

I. Cod. oipa,.cjw.toii. — 2. Cod. M«.R«.pi. — 3. Cod. 6Td.ir6)pn. — 4. Cad. *en -^ot (sic). — 5. Mot- 
à-mot : qu'aucun arbre ne soit à lui étant un ombrage. 



1 1 8 E. AxMELINEAU. 



€poq OTOp ôwirpcoiio MMoq »eM nnieeiss-coTVon^ eTd.TTss.GMOTr^ 5en TieqHi. îir€- 
c€GTii nuipeATV.Hnoc (fol. 134ÂÛ) otmhuj n^HTOir lycom nxpï<^''"**^"oc+ OTop dwT5'i 
coMC pô».n KG;)(;^cooTtti muottottcouj dv7V7\.ô< evir^ï Mr|)H €T€nTcooTr es-irpiToir eiiiMcooir 



(S'I Hni Uttiei2s.CO'<Von'^ GTô^TOTTOSS-TlOTr/ MTlIUd.7r eTeMMÔiTT d^TTSS.eMOir^ €7ripi «tC 

7V.Oïnon'2 gtô^uaioïii eîitoncTô.nTinoTTio7V.ïc'^ à<inà.^ eoTpopivMiv es.i2i.ocj MiieTpoc 
neM eeoiiicToc nï2k.id.iico». ne><mes.Tr 2s.e epoi epe pcoMi & AvneseAveo eÊioTV. ^eti 

prêtre.» — Mon père lui dit : «Je te brûlerai vif, et ton dieu Kothos aussi.» Lors- 
qu'ils furent sortis, ils marchèrent vers le village : les orthodoxes sortirent en 
foule, marchant au devant d'eux. Alors il leur commanda d'allumer un bûcher 
afin d'y jeter le prêtre Homère, et ils brûlèrent aussi avec (lui) les idoles qu'ils 
trouvèrent dans sa maison. Quant au reste des païens, un grand nombre d'entre 
eux devinrent chrétiens et reçurent le baptême; d'autres ne le voulurent pas, mais 
ils prirent ce qu'ils avaient, ils se jetèrent dans les eaux et dans les fossés, ils 
marchèrent seuls avec leurs idoles dans un lieu désert. On compta les idoles qui 
furent détruites en ce jour, nous trouvâmes qu'elles atteignaient le nombre de 
trois cent six. '^ Et les chrétiens habitèrent dans les maisons de ceux qui avaient 
fui. 'Voici ce que j'ai vu et entendu : je te l'ai dit, ô mon père saint.» C'est ce que 
son diacre m'a raconté, ô mon père l'archimandrite. 

Du reste lorsque nous abordâmes à Constantinople je vis une vision; je la dis 
à Pierre cl à Théopistos, les diacres : «J'ai vu deux hommes devant moi vêtus 

I. Cod. '^•n&.poHç^. — 2. Cod. iiiKCJ2k.(o<VoM. — 3. Cod. eTô^'^^tcMoir, ce qui pourrait se comprendre 
à la rigueur. — 4. Cod. 3(;pHCTi*.noc. — 5. Cod. noTii^toAoït. — 6. Cod. m\ii2w.a)Aon. — 7. Les lettres 
OT ont été ajoutées en interligne par une main moderne. — 8. Cod. e^.n!x.cMOT. — 9. Cod. Hi!x.&>Aon. 
— 10. Cod. 3(;pH<Tiiy.uoc. — II. Cod. ÊTis, ntqa». levRwu nui. Le verbe a été omis. — 12. A la marge 
de droite on lit : n'M.e<ç^Ê tvcon ivb>u] iSçn '^^ni^p^enoc ucoir Ke< Avni\onH. — 13. Cod. eRcocT*ki\TinOT- 
noAic. — 14. Mot-à-mot : qu'elles faisaient trois cent six. 



MONUMENTS, ETC. 



119 



nuevu 9pd^q ^e» neqqcoi niiveoTTô.! i^e u€ otou oTnuyV u-^coi ^lîtov^ mcm ot- 

tllVy^- MMOpT.' ne2S.ôwq «Hï 2i.e 2s.IOCKOpOC MîieuCOTrO)l\T 2S.€ *.t\ou «IM. 6.lt0lV 

2s.e Tie2s.Hi ïievq 2s.e mc^h nevoc. (Ass.) Ti€2s.ô.q uhi 2s.g dw»ioiv ue iO)è<»t\iie iiujHpi 
w^à^y^iK^iiKQ Tds.Mevw'y T€ eAicè^ÊeT tctucguhc MMô^piô^M eMevTr mu^C^- »*^eoM 
eTeuuis.ir epoq ne eAiceoc ninpoc^HTiic c^h eTô^q-^ avcoott €2slg« «eu2s.i2s. niiAi*.c 



OTO^ es. ïiGqnuô. ivcoÊi €2s.coq. otto^ gtô^ neuewTHp OTTopnTeH €ep€!\ce7y.coi7v.\v otoo 
nT€ueco^eM Mnô^i^eTVTVo upeM tuwott 2s.e- Meviie^pioc 2sLe otthi €pe ne-^cojMè.. nev- 
ujcoïii ^èvTen c^ooH. GTdviTconT 2s.e eCioA^eii nioopô^Môv ô^iug^ci mmo^ otoo evi2£.o) 
epoq Mnioopô».MA. eTô^itievir €poq. ô^qep otoo h2s.€ es.Tiev MèvUdvpjoc-^ e-^cs-w .vv.a\.oc 
ïiHi 2s.e d».noi\ niM d.noi\ 2s.€ epe ïiô.ue^c iiô^OTOg^ ^ô^Ten uev niTipo2».poAv.oc uTe 
n^c ïieM c^K eTôs. ninnô^ nTe H7V.ïes.c iicoÊi e2S-Coq. 

OTOg €TÔ».UI 2s.€ €Ili;)(;^pO nis.qOT€g^ UCWU Tie «22.6 CÇ)H GeOTèvÊl dvTTiv Md».Uè<piOC * 

epe gevM oÉicoc eT^Ves-M Toi^iooTq. ô^qep otco U2s.c nexpoc tii2s.iô.i\o)« nessLevq Hô^q 
2s.e è^ûÊies. Mevilexpioc-" es.pic^opeïti*^ n^ô^u ^£iooc eTTô».ïHOTT (fol. i35'Xi) 2SLe eu- 
d'habits glorieux, beaux grandement de leur visage : l'un était chauve et sans 
sourcils dans sa chevelure; l'autre avait une grande chevelure et une grande 
barbe. 11 me dit : «Dioscore, tu ne sais pas qui je suis?» — Et moi, je lui dis : 
«Non, mon Seigneur.» — 11 me dit : «Je suis Jean, fils de Zacharie, ma mère 
était Elisabeth, la cousine de la mère du Christ : mon frère que tu vois est Elisée 
le prophète qui versait de l'eau sur les mains d'Élie et sur lequel son esprit s'est 
multiplié. Et notre Sauveur nous a envoyés pour te consoler et pour inviter ce 
vieillard habitant de Tkôou, car certes son corps habitera près du nôtre.» Lors- 
que je me fus levé de la vision, je m'assis près de lui et je lui racontai la vision 
que j'avais vue. Apa Macaire répondit en disant : «Qui suis -je. moi? pour que 
mes os reposent près de ceux du précurseur du Christ et de celui sur lequel l'es- 
prit d'Élie s'est multiplié.» 

Et lorsque nous fûmes arrivés au rivage, le saint apa Macaire nous suivit; il 
portait des vêtements sordides. Pierre le diacre prit la parole, il lui dit : «Abba 
Macaire, revêts -toi d'habits honorables, car nous allons aborder le roi.» — 

I. Cod. nMopT. — 2. 2te a été ajouté postérieurement. — 3. Cad. MivRA.pi. — 4. Cod. Mft.H<vpi. 
— 5. Un espace vide laissé a été rempli par M.&H£k,pi assez récemment. — 6. Coi. e>.pi-\>opin. 



120 E. AMELINEAU. 



^H?V.' eepevTio.nTd.tt MnoTpo. ne2s.e TiiMôwKevpioc nevq 2s.e Tiô.ujHpi tioht MUOTpo 
AôiM eooTe uevi ^fecoc eTTOioiwT iioireÊev niiooÉi ncon. mô.^-^ epoi Tiè.ujHpi 22.e 
ene otouthi «od.« ueo£i03c eTAô.M eooTe nes.i Hes.inevTHiToir ^icot UTexep'^opeïn^ 
oojq n^à^n ^£icoc eue^neTT eiOHTv. eepevndwnTô.ti enoirpo ny;iQ. nicioirp i^ô^p neM 
ninèkTpiKioc eTog^i epe^Toir enoTpo uTe hô^ikocmoc otto^ ujeviriHc eepç|>opein3 
MOdwU p£itoc+ enes^MeTT 22.e tiToiroTrcon^ eûoTV. eiroï ncôwie egOTe nn eTooi epô^TOT 
THpoTT. (piKi çw ne nô^pH'^- eiHc a\.moï - eie^peq eTe^ujenn ecpiv^i neM Tôv'^e7V.onH.*^ 
ujôv -^uje «Hi uTd^TOMUT etiH eTô. Tes-v^T^xi^H AveupïTOTT exe icoes.nnHC nifeevUTicTHc 
ne n€M nieAiceoc ninpoc^HTRc. nô^i 2s.e €^22.00 aimcoott ô^iep ly^Hpi e2$.en neq- 
côwQSLi eT^o7V.2SL. OTTO^ Menences. nô.i es.ir(TiTen e^oirn ujev noirpo oiro^ es-irepRcoATrem" 
MèkÉi&es. MèvRes-pioc^ (TV. ET) eujTeM^coTV. e^oiru euicTrnes^.pioii tte.vv.e».n n2SLe nici7V.en- 

TIÔ».piOC. OTTO^ d<q22.C0 MTldvICÔ.2S.I MniMôv-y eTeMMÔvIT eqSLCO MA\.OC 2i.€ ninOO CTOI 

nu npo Mnô.qcwTV.n n^^^^wAeM ï\ô^n icssLen MTieTen;)(;^d^n e^oirn ôwA'A.ô^ ic u ^en 
Tes.eTid.p^ids. ôiiri e^oTn eoTonTcooir Av.T\iTèK.3Lpo nTe mnô.^-^ eooTe enicKOiioc 

Macaire lui répondit : «Mon fils, le cœur du roi est un millier de fois plus sor- 
dide que les vêtements que je porte. ^ Crois- moi, mon fils, si j'avais des habits 
plus sales que ceux-ci, je les prendrais sur moi pour porter aussi de beaux habits 
lorsque je me présenterai devant le roi le Christ. Car les eunuques et les patri- 
ciens qui se tiennent devant les rois de ce monde s'empressent de porter de beaux 
habits afin de paraître plus beaux que tous ceux qui se tiennent près d'eux : ainsi 
je me hâte de garder ma tunique lavée et mon manteau p)our aller à la rencontre 
• de ceux que mon âme aime, à savoir Jean le Baptiste et Elisée le prophète.» 
Comme il disait ces choses, j'admirai ses paroles douces. Ensuite on nous mena 
devant le roi, et les silentiaires empêchèrent abba Macaire d'entrer au conseil 
avec nous. En ce moment il prononça ces paroles, disant : «La corde qui est faite 
de trois fils se brise difficilement. Quand même vous ne me laisserez pas entrer, 
voici trois (hommes) de mon parti, ils sont entrés et ils ont la fermeté de la foi 
plus que tout autre évêque, et ils ont une grande expérience.» Et moi lorsqu'à ce 



I. Cod. «çhA. -— 2. Cod. uTekcpç^opm. — ^. Cod. cep^opiit. — 4. Cod. itçA.n^6toc iti^ntT (sic). — 
5. Cod. eiHC AVMMi'i (sic). — 6. Un mot a été effacé ici à dessein. — 7. Cod. a.ivcpRwXTm. — 8. Cod. 
M».KA,pi. — 9. Mot-à-mot : un millier de fois multiplié. 



iMONUMENTS, ETC. 121 



eqoTe^ uccoi eviep Mc^pn-^^ ic2i.eK è^Ty^à^ iievAevc ^ipeu uipo MdJ^AAou 2k.e T^)».^!< -^je. 
ti-foT«OTr eviuoTT ôvmevir eo1^uoT^<pIoc €qo^i epes.T-j[ ue22.ui 11*^-4 2s.e d.pi -^^vi'^wnu 

d.l\IOTï MTies.I€TlICIlOTIOC \U\\ €;50Tr» Çpe Hdw2S.0)M UTOT'^ OTOp Tld<ipjl-\- d^T'V^'k^ 
e^OTtl. GTÔvqCOiTeM 2^€ GHI22.e OTôv €TOT2S.O) MMOiOT U2S.e tlIp^vipeTIUOC d.Cpd«.ue\'^ 

eujGuj TioTpo OTO^ eepd.»ô.^eAie».Ti-5Gnv ' AVAioq ô^TV^Aô^ MT\eq2s.eAi poAvi eeppepAui- 
ueTreiii^ nes.q eneis^H^ ïies.p€ c^mott ^oAssl utotc^ n€ Av.'\)pii'^ tiOTpoiMi (fol. iSGÂ^) 
eT^woeM MMoq coTôs.picTOK H ^ eoTTMev Huje7V.eeT tvd^-^ss-co ue^p avmoc ne ^€« ne-^- 
^HT 2s.€ es-quîèviiAvoTT G2s.eu nniôv^"^ «Te najupi '<^'p'\ OTAieTAievpTTpoc xe. 

icî2s.e Av..vioti ccoTeM €Te<2<L0) epoiTe» iv^icTopiô^ THpc iveAv \\n eTd^Tujconi A^e- 
neucô^ epoTepewpi^eni- 2s.e aimo» erôvi «hcoc exô^ g6.u pouvï uujOTTei^ocT- 
TOT ^eu OTTMeeMHi Td.A\.oti epoiOTT «Ô.Ï eTô^Ti ujô^poti eneviAVô.. ne2£.o)OT cs.e 
Av.nine^TT eTô>. ïioirpo ;)<^d^ '^cttmoss.oc UTe nin»èvTOAv.ev^oc e&oA exe '^ctwoïs.oc 
ïiTe ^è^7V.iiH2s.toïi 7V.0Ï110U TUss.mecooTT'^ e^OTTu «Te «iA\.o«ev[>(^oc'^ «opeo2s.o':oc 
e^oTTU e«iAA.o«d.cTHpïo« «ô^wTô». noAic OTTôiï 2s.e eûoTV-^e» «lenicuoiioc eTevTep- 

moment je vis le vieillard éloigné de moi, je fus comme si l'on avait ôté ma 
langue de ma bouche, et même (comme si l'on avait enlevé) ma tête. Alors je 
me retournai, je vis un notaire debout, je lui dis : «Fais-moi la charité de m"a- 
mener cet évêque, il a mes livres à la main;» et ainsi on le fit entrer. Nîais lors- 
qu'il entendit les blasphèmes que disaient les hérétiques, il lui plut d'insulter le 
roi et de l'anathématiser; mais il ne trouva personne pour lui servir d'inter- 
prète, car la mort était douce pour lui, comme pour un homme invité à un fes- 
tin ou à une noce, et il se disait dans son cœur : «Si je meurs pou*- la foi du 
Fils de Dieu, c'est un martyre.» 

N'écouterez-vous pas que je vous raconte l'histoire entière (de) ce qui arriva 
lorsqu'on nous eut fait exiler en cette île, des hommes vraiment dignes d'être crus 
nous instruisirent, (car) ils étaient venus en ce lieu pour nous voir? Ils dirent : Au 
moment où l'empereur congédia le concile des pneumatomaques, c'est-à-dire !e 
concile de Chalcédoine, les moines orthodoxes étaient réunis dans les monastères 
de chaque ville. Mais (pour) l'un des évêques qui avaient souscrit le tome ignoble, 

I. Cod. eepo.n&.^eAV&.Ti'^iu. — 2. Cod. eepcpAMme-rm. — 3. Cod. ciu-x.». — 4- ^<>^ jcotma. nivjc- 
AecT, on peut mettre aussi le eou-.w^ev nuieA.etT. — 5. Cad. cpoTC3topi3m. — 6. Cad. niMOrniv^oc. 



122 E. AMELINEAU. 



pirnoupev^5>em ' eniTOMoc ctujhuj muot^i^ôv o?V.ï aimcoott euje e;eoTrH enmoTV.ic. 
ïiipcoMi 2s^e pcooTT nipcM '^•ôwUiô^ TioAic à.is-1 efeoTV. eope» io-!rÊienô<7V.ioc2 q>K ej^ôw- 
^eM MnoT^^^ epooTV. ecicou oTrss^e c^ô^p mmou cnepMô. ïiTdvq n;iHTc (7V.n) ô^t-^- 
2s.e nevq tipô.u tiiiy^ uujwuj eTssLoo mmoc 24.e co Kiô^ceÉiHc es.upcoA euMep èvui 
€i\ujOTriT. piOTTi e£io?y. uioTr2s.ô.c MMOJi uonicouiè< ïVTôwq n€M niccoTHp 0T2s.€ ueq- 

€uoi uoTopi iipeqTivpe Te£iT eq5'd>.5>eM. pioiri eCio'A. av-Hiottooi eTocooTT Mnenepeq- 
Te^oe «iTG&T €etvôvneT ïiTe c^'^ iievi eTô.TTTivpcooTr piT€n '^koTVttmCihss-Pô^ eeoTd<& 
oioTTi e£ioA ii'^fitô.ujop eTTivJvo Mnne^o èv?V.o7V.i iVTe noc cèvCièvCoe. »ô.i 2s.e €Tô».q- 
co^MOT H2s.€ lOTTÊieuevAioc^ Tiièvce^Hc è.q2î-C0UT eAiô.ujto ô.qep OTCO îie2i.evq «wott 
:::s-e ot ne eTôviô^iq iuoT€u epeTenoioiri av.moi e£!o7Voi2i.eïi nè^epouoc. necooir 2s.e 
ô.'yep oTTco Ti€2SLCooir uô.q oiTeu oirc^o?V.6>cTiuoc eîieqpô^n ne uivirAoc 2s.e uôw- 
TVcoe ô<i\2s.0l)^ mmoc. ev2i.e '^MeeM.ni epou 2s.e eiiuô^o'^' uô^uj npH"^ ne Mnines^T 
€n;)^H ^èvTOTen MnôwUTenpcoTV. e'^cTT- (fol. i36Ae) no2s.oc ujè^n mmoïi euoi huôv- 
uonpôw^TMev eô^nipi noTOcoÊi eqTôvKHOTTT. ô.piOMo7Vouein^ 2s.e ennn epou ujèkU 

on ne laissa personne d'entre ces (évêques) entrer dans les villes." Les habitants 
mêmes de la ville sainte allèrent au devant de Juvénal l'impur, ils ne le laissèrent pas 
entrer dans Sion, il n'eut aucune semence en elle;^ mais on le couvrit de grandes 
injures en disant : «O impie, tu es parti plein, tu es revenu vide. Chassez le Judas, 
il n'y a rien de commun entre lui et le Sauveur (ainsi qu')avec ses disciples. Tu es 
parti pasteur, tu reviens loup. Tu es parti laboureur, tu reviens pêcheur prenant 
des poissons impurs. Chassez le mauvais pêcheur qui ne prend point les bons 
poissons de Dieu, qu'on a placés dans le saint bassin; chassez le renard extermi- 
nateur de la vigne du Seigneur des armées.» Lorsque Juvénal l'impie entendit ces 
paroles, il s'irrita grandement, il répondit (en) leur disant : «Que vous ai -je fait 
pour que vous me chassiez de mon trône?» — Mais eux répondirent, ils lui dirent 
par la bouche d'un scholastique nommé Paul : «Tu as bien parlé; dis -nous la 
vérité, quelle est ta foi? Maintenant que tu es près de nous, tu n'es plus au con- 

I. Cod. CTA.TepoTnorpekr^in. — 2. Cod. loi'Êcnn.ô.Aioc. — 3. Cod. iOTrÊe«\nô-Aioc. — 4- Cod. 
Kattij JA.MOC. — 5. Cod. KiiA.^-\-. — 6. Cod. ei>,piOMo\o<Tin. — 7. Tout ce passage est corrompu : le texte 
est inexplicable dcuis sa forme actuelle. L'auteur 'aisse sa première phrase inachevée et en commence 
une autre pour rn'nir i\ sa première par l'emploi du pronom pluriel avavcoot. Je n'ose pas corriger le 
texte, car il y a certainement quelques mots d'omis. — 8. C'est-à-dire il n'eut plus de partisans. 



MONUMENTS, ETC. 123 



undwic^. ne2s.€ nic^oAdwCTnioc «es,q 2s.e ic2s.e neuuôv^-^ coTTOiu code ot ew 2^.10- 
cuopoc Tiiô<p;)(^ieTiiciioTioc UT€ pevKO-^" epivô^e^vipenv- .amotcm. Tierce lOT&eu*.- 
Aioc^ 22.€ epe 2k.iocKopoc -^^ uoTeo)Ae& Miruid^^'^ d<u^iT-j[ e£ioA;îeu nicTues^pioti 
is,f42s.couT ô.qepiieved<ipenv^ mmou. Tie2s.e iievTAoc 2s.e- uô^Aoc ic2s.e ueu»\evo-V 
CMOUT evH le ee£ie OT AvneTeuepiveveô.ipeiu" AiMoq HujopTi Mn6.»Te-^epiiô.e*wipçiu 
MMCOTeti OTop MTeTeupiTq G&oTVoissLeii ne^.uô^ upeMci. ue^Td. '^pii-^ uotoxeiv ctg- 
peTen'^"' noTrecoTVefe Mnnvô.p'^ €e£ie '^0.1 tgtgmoi jvÊiOiiv m'^uoÊii. GiTd».'> 2slo) epou 
MHiciTMÊio'iV.oii utg îieunô.^-^ 2s.e €qoï ueviy tvpH-^. TiG2s.e ioir£ieuô.Aioc"' n&.-^ 2s.e 
eindv^'^ M'^^pH'^ nnôvio'^. {M.) ne2i.e nè^irTV.oc T\ic^o7V.è>.cTn\oc «ô.^ 2S-€ e'^oit^ »:s.e 
n;)(^c nujHpi a^^^'^ €tou^ 2SLe ^nô^ceti -^nTrAH ïit€ "^tioAic g^ottm e^u ot2s.g 'N;;^i\e>w- 
peMci es.n pi25.€n neReponoc ujôvTesvTô^Moti GniciTMÊio'iXoK uxe neuuô.o'^ 2s.g €'401 
ueviy Mpii'^ 5en TeK2s.i2s. avmi» MMOi\ e«7i7pè^i"^oc eucopii av.'^-^ Tiinô.uTOupewTtop 
iieAV. noTr22-ôs.ï nnicypcooTT ^ô^ss-coq MTiô^nT€Kc^ô<i. Tie!22.e lOTÊeuei^Aioc" 2slg €n\evo-V 

cile : oui ou non, es-tu un malfaiteur qui a fait une œuvre mauvaise? Confesse- 
nous si tu es compté parmi nous ou si tu es compté parmi nos adversaires?» — 
De nouveau Juvénal dit : «Je crois comme (ont cru) mes pères.» — Le scholas- 
tique lui dit : «Puisque ta foi est droite, pourquoi Dioscore, le patriarche d'Ale- 
xandrie vous a-t-il excommuniés?» — Juvénal dit : «Dioscore avait souillé la 
foi, nous l'avons chassé du concile, il s'est mis en colère, il nous a excommuniés.» 

— Paul lui dit : «Très bien; ou ta foi n'est pas ferme, ou pourquoi ne l'avez- 
vous pas excommunié avant qu'il ne vous excommuniât, et ne l'avez -vous pas 
chassé de son siège? Ainsi vous avez souillé la foi : c'est pourquoi vous êtes escla- 
ves du péché. En outre dis -nous le symbole de ta foi, quel est- il?» — Juvénal 
lui dit : «Je crois comme (ont cru) mes pères.» — Paul le scholastique dit : «\'ive 
le Christ, le fils du Dieu vivant : tu ne dépasseras pas la porte de cette ville pour 
entrer et tu ne t'asseoiras pas sur ton trône avant que tu ne nous aies dit quel 
est le symbole de ta foi. Tu as dans tes mains le papier, jure sur lui par Dieu le 
maître de toutes choses et par le salut des rois, avant que tu n'écrives.» — Juvé- 

I. Cod. iOTr6civnes.?V.ioc. — 2. Cod. epK&.«cpm. — ^. Cod. iOT6cnt\&.Aioc. — 4. Cod. fv.^cpRA.ocpin. 

— 5. Une demi-ligne a éié effacée ici à dessein. — 6. Cod. MntTci\cpR&,«»cpm. — 7. Cod. cncpHA.<»cpin. 

• — 8. Cod. eT&.q€pcTtn-\- (sic). — 9. Cod. ita. — 10. Cod. lOTÉcnni^Aioc. — 11. Cod. lOTÈennivAioc. 

i6* 



124 ^- AMÉLINEAU. 



-^AveepoiMi UTC nôc. ne2i.e Ties.Tr7V.oc ne^q tv^oTruoTT 2s.e euies.o'^ e^itoT neM nujHpi 
iieM niRÎîô^ ee^oTô.^ '^Tpiô.c noMOCTCioc ec^en OTM€TOTrô<i. ioTr&enèv7V.ïOc' s^e 
ueoq d.qepndvpô.£iô.nieni2 civÊioTV. Mnevioopoc eeÊie c^ô^i uipcoAii uiepocoAoMiTHc^ 
ô<pifiiOHeenv+ ô. TievioTTOop npeqepÊi7Vô^cc^H.w.eiu- ô^qep "^Ypie^c «TeTpô.c'^ eTeep 
neqeooMô. owq «2s. MMcpoc otto^ iicec|>op2s_o7r efioA^eu tiiîx. neHoir uTe T^ie 
oioTTi efcoA ^eii Tenno- (fol. i38mô.)7Vic uiot2s.ôvC Av.Tiep^co MTincïievpicoTHc ei 
e^oTTii ^eti nenujoTiyT. «es.i 2s.e eTô«.q2s.0T0'y U2s.e hô^ttAoc nic^oAes.cTn\oc evT- 
5b2$.i «Ces ioTr£ieïièsAioc7 e£io7V.^eu '^noTVic es.Trepss.jcoiieiuS uccoq eCioA^en '^eR- 
i\ÀHcies. oirop MnoTr^es.q eep civ^oiru coAcoc AiTiinopTon. ottoo evircèwooin A\.Moq 
eT2s.co MMOC 2S-e \\ô.ui»coTOïi9 eiieocoTv. uTcuiyTeMiioTiv 2s.e uivecon. <pn €t5'ô.^ga\. 
2i.e OTOO Av.nô.pô<uoMoc nô^pô. pcoMi uiÊieu ioTr£ienev7v.ioc"^ è^quoTq evquje îiôvq ujes. 
noirpo ^eti oTrssLCotiT. ottoo es. noirpo OTOopn neMes.q uoTSs.euoTpicoti " eq2s.(x) 
A\.AV.cic nô<q 2SLe c^h eTepe nieniciionoc lOTÊienôwAioc'^ iievepeesJTein'^ MA\.oq ïitotk 
ùvpiTq. oTog^ es.qi eÊioTVg^iTOTq MnoTpo neM Tii2s.ei\07rpicoïi'* \\^m neqcTpèvTCTM^. 

nal dit : «Je crois en un Dieu, père créateur de toute chose, en son Fils, en l'Es- 
prit saint, et en l'humanité du Seigneur.» — Paul dit aussitôt : «Je crois au Père, 
au Fils, au S^ Esprit, trinité consubstantielle dans l'Unité. Mais Juvénal a omis 
cette clause : c'est pourquoi, hommes de Jérusalem, au secours. Ce chien de blas- 
phémateur a fait de la Trinité une Quaternité : que son corps soit aussi divisé 
en quatre parties et qu'il soit jeté aux quatre vents du ciel, chassons ce Judas de 
notre ville, ne laissons pas Iscariote entrer dans nos asiles.» — Lorsque Paul le 
scholastique eut dit ces paroles, ils poursuivirent Juvénal hors de la ville, le chas- 
sèrent hors de l'église, et ils ne le laissèrent pas du tout entrer dans Tcnceinte. et 
ils le maudirent en disant : «Mauvais drôle, va-t-cn, ne retourne pas une autre 
fois.» Mais l'impur et l'impie plus que tout (autre) homme, Juvénal, changea de 
direction,'^ il alla vers le roi en colère; et le roi envoya un décurion, disant : «Ce 
que Tévêque Juvénal te demandera, fais-le.» Et il prit congé du roi avec le décu- 
rion et son armée, il demeura avec l'armée jusqu'à ce que le soleil se couchât. 

I. Cod. lOTrÉciuviNAioc. — 2. Cod. iiispA.fic»nv. — 3. Cod. uc-pocoAoMiTHC (sic). — 4. Cod. JspiÊOH- 

<*>»• 5. Cod. lipç^CpljAA.CC\)HAVHl. 6. Cod. JlTG'J..pi\C. /. Cod. !OTfietVIVA.AlOC. 8. Cod. «kTCpîî».lA.- 

Ktoniiv (sic). — 0- ( od. h&hiiikotoiv. — 10. Cod. iOTUeivn.evA.ioc. — II. Cod. noTa^cuTpiou. — l 2. Cod. 
lOTÛeivuivAioc. — 13. Cod. ui\opcTui (sic). -- 14. Cod. ni2w.eHTpion. — i 5. Mot-à-mol: se tourna. 



MONUMENTS, KTC. i25 



ès.qoeAvci ueAv. nicTpô^TeirMèv ujèvTe <4>pH ooiTii. exè. poT^i 2s.e ujo)iu ei^'^ep mc- 
2£.topgi THpcj eqMOUji tiCM i\icTpô.TeTrMô. Ô.TI e'V^lo'^Ic av^ji^vt .uniOTOiMu ncoT 

iOTrfceud.7V.ioc' 2s.e c^h eTOTrues.poivgq iveAv. ueqc^iM ;$eu -^c^eeuuô. uTe ni;>i;;^po)M 
es.q{Tb2i.ï dvqo.7V.Hi eopwi €2s.en niepouoc otoo d<qo3yj efco7V ^eu otuiuj-V t\CA\.H 

eq2S.tO MMOC 2S.€ ôvUIOTT ilHI C^MH*^ Mnôv7r7V.OC llIUevTôw2Sk-n\0C '^H eTôvqUJOUJT. Ud^T- 

TôiOTTO- 2».e MniTpicô.i7ioc Mninôv-y eTCMMe^Tr eTssLCO mmoc^ 2s.e èvuioc o eeoc exe 
c5>evi ne 2s.e ^^^ottôwÊi (|>'^ cvi^ioc ic^irpoc exe '^^evi ne y^oTèKii c^h eT2S-op e^rioc 
eveewttôvToc eTe «^ô^i ne 2s.e ^OTrevfc nies.eMOTr o cT*<irpcoeeic 2s.i n.uèvc e7V.eHcon 
HMôiC eTe <^ôvi ne 24.e c^n eTivrepcTèvirpooneiu^ MMoq ^è^pon «es.i uô.h. nevTr7V.oc 
2^e ninis.Tpiuïoc nô^q^n ^coq neMcooir ne Mnnids.Tr eTeMMô.Tr. eTôvqccoTeAv. 2s.e 
eninô^pô^noMOC eqTô<OTro Mneqpè^n ôwqqo2S-q oi t^h AinMHuj ô^qi MneqMeo ne2s.evq 



ttèvq 2SLe ownne evnon. neas^e nièvceCiHC eTcooiropT n- (fol. i3g mu) niMdvToi 2£.e 
ô.7V.ïTq ^oTfceq 2s.e ô.qcô.2s.i e^oTrn egpe neqAv.evneccooTr. ô.qep ottco n2s.e ndvTr7V.oc 

Lorsque le soir fut arrivé, il passa toute la nuit marchant avec l'armée, ils arri- 
vèrent à la ville au matin, le vingt et unième jour de Tobi, sans que personne le 
sût. Et tout le peuple était réuni dans l'église de Sainte Marie dans le champ de 
Josaphat. Les soldats entourèrent l'église; mais Juvénal qui sera brûlé avec ses 
cheveux blancs dans la géhenne du feu, se précipita, il monta sur le trône et cria 
d'une grande voix, disant : «Amenez -moi au milieu Paul, le coupable qui m"a 
injurié.» En ce moment on chantait le trisagion : agios o Theos, c'est-à-dire, tu es 
saint, ô Dieu; agios ischyros, c'est-à-dire, tu es saint (et) fort; agios athanatos. c'est- 
à-dire, tu es saint (et) immortel; o staurôthcis di'îmas, eleison imas, c'est-à-dire toi 
qui as été crucifié pour nous, aie pitié de nous. Paul le patrice était aussi avec 
eux en ce moment. Lorsqu'il entendit l'impie citer son nom, il s'élança en avant 
de l"a multitude, il vint devant lui, il lui dit : «Me voici.» L'impie maudit dit au\ 
soldats : «Saisissez-le, tuez-le, car il a parlé contre son pasteur.» — l^iul répon- 
dit en disant : «Jusqu'à ce jour, tu as été mon pasteur et mon maître; mais au- 

I. Cod. jOT6eivudv\ioc. — 2. Cod. ive.TrTe.-ro. — 3. Cod. Ces deux mots on: cte ajoutés poslérieure- 
ment. A la marge on lit cokg. — 4. Cod. epcTA.Tptouiu. 



126 E. AMÉLINEAU. 



eci22.co MMOC 22-e ujô^ f5)00Tr «eou ne nô^Mô^neccooTT otto^ nô^cdw^ '^noir 2s.c ô.u- 
uïcoTii noircottuï npeqr^ô.^ v^t^h i^^ow d.ti ne ne^cô.^ evA?V.d. enep^x^peiev ' nTd.c£ico 
neM eew oô^u Ke;x^°'''"^- ^'^^ eq22.w nô^i ô^ niMevToi £iep£icopq efioTV otoo evT^'iTq 
cds.£io7V. n-^noAic nô^c^couj e£io?V. eq2s.o) mmoc 2SLe '^nô.peeuoc e«^oirev£i Mô^pie»^ ^Mà^T 
Mniton^ 2SLe Mnepô^iT niye.vv.MO 2SLe eTtievc^oon Mnd.cnoq efioA^en tcmh-^ m'-^oott. 
Mis.pe nô.cnoq oouj e&oTV. Mc^pw*^ M^^i». dvfeeTV. essLen lOTÉienôwTy.ioc^ 22.e eqnô>.^oe- 
ÊieT ;*ert oir^'i n22.onc. eTi 2s.e eq22.co uô^i ô< niMô^Toi toTy.! nTeqevne. ni.uHiy 2s.e 
THpq ôvTTcoiy e£io7V. eTCôvOOTi eioir£ienô.Aioc3 ueM nineoirpo nes.pes.noMoc 2s.e epe 
c^-^ TÔ.110R ^en ninnô. nxe poiq ne^. nsLConT nre neqeM&on. nevi 2s.e eqccoTeAi 
eptooTT n22.e (a\2»^) ioTr£iend^?V.ioc+ epe niMnuj tô^otto aimcoott d>.qepi\e'\eTein- 
eepoTiyTes.M enipcooir nTe '^eiiuAKCiôw otoo nce ^cotcÉi «cô^ niop^o2vo^oc THpoT. 
eTds.Tep ^HTC 2!L.e u,icoTe& nctooT d>.Trci)uj efeoTV. eTs^-oo mavoc 2s.e '^w. eTô>.q5'i cevp^ 
^en TMHTpes.^' n'^nô.peeMoc eeoTrô.£i Mes.piô^ nes.ï nd».n otoo ujcon epoii enenv^'T;>i^H 
iyô»> nen^evie nniqi. noc ihc n;>i(;^c Tennevimn es.u nepoMoAcuein^ mmou neAv. 
neKicoT n&>i7ev^oc neM ninnôv eeoTevÊi npeqTô^n^o '^Tpid<iC noAv.ooTcioc neM reu- 

jOLird'hui tu es un loup qui déchire les âmes; tu n'es pas mon maître;, mais tu 
as besoin de mon enseignement et de celui des autres.» Comme il prononçait 
encore ces paroles, les soldats le firent sortir, ils le conduisirent hors de la ville; 
(pour lui), il s'écriait, disant : «Vierge sainte, Marie, mère de la vie. ne me traite 
pas en étranger, car on va verser mon sang aujourd'hui hors de ton enceinte^ : 
que mon sang, comme celui d'Abel, crie contre Juvénal, car il va me faire tuer 
par violence.» Comme il disait encore ces paroles, les soldats lui enlevèrent la 
tête. Mais toute la multitude criait, maudissant Juvénal et aussi le roi impie, 
disant : «Dieu te perde dans le souffle de sa bouche et la colère de son indi- 
gnation.» — Juvénal entendant ce que la foule criait, ordonna de fermer les 
portes de l'église et de tuer tous les orthodoxes. Lorsqu'on commença de les 
tuer, ils s'écrièrent, disant : «Toi qui as pris chair dans le sein de Marie, la Vierge 
sainte, aie pitié de nous et reçois nos âmes à notre dernier soupir. Seigneur 
Jésus le Christ, nous ne cesserons pas de te confesser ainsi que ton Père bon et 

I. Cod. Hcp5(;pi*. — 2. Cod. lOTÊenuewAioc. — 3. Cod. iOTÛGiinû.Aioc. — 4. Cod. lOTÛcnitikAioc. 
— 5. Cod. A-f^epHeAc-Tm. — 6. Cod. OMTxpe^. — 7. Cod. HcpoMoXof m. — 8. Mot-à-mot : hors de 
ton milieu. 



MONUMENTS, ETC. 127 



Ave^wT eooirèvÊi Aiuivpoeuoc eTè^css-'^ou ei^oi huot-V w^xk po)Au M\ie tcumctoomi 
q)cop2i. eTeuMeenoTT-^- «otcotcott iire OTpiiu \\iif>!\. Te\iep6.tid.€yeM*<Ti-5çm ' uiot- 
ûeuôwTVioc- «CM «H eeMeTTï MucqpH-^^. eTè.qcoiTeM 2s.t. et\ô.i ^^ '4-2^.0)117 eMô^ujo) 
îie2s.es.q uuimô».toi 2s.e eTÊie ot TeTeu;i(OTeCi ô<ii ucô. «ipoiMi. oi oTwp iie uô.i'03u 
nHiopeo2^o^oc Mniuô^T CTeMMô^ir. oirpoiMi mçm «eqiyHpi ctô^ti cfi e&oA ;îen 
ïictoMôv (fol. i3gMe) ïieM ncnoq Av.Tietioc ihc n^c èv^-^ mie^ujupi ctotot niu- 
Aids.Toi ôv-y^oTCiOTT eij"^ Av.eT2fi.evp OHT uMOTTepHOTT eTr2î.co AiMoc 2SLe Me«A\.eupiv-V 
uujiipi Qoii'\ A\.MCOTe!v uTOT^ÇTeÊi eHiiOT uiyopu epou Meueticds. en«0T e^uon 
otoïi eô^noTrepu eHuoT u2!^copo« av.(|)-^ ^èv2SLo:)ii. TVoitiou u}ô^T^o)Te£i tuvoTiyupi 
Hujopn-^ neoooTT ocoott Aveuences. uoTOjHpi oirpcoMi «cm ïiequjnpi oTiy^up u€m 
neqiyf^Hp oircon ncAV. iieqcou. e><Ti^.^ evnTVoic OTon niÊieu ô.tt'^- av-Uototoi e2fi.eu 
niMôvToi M'^pH'^ 2s.e eoTTAV-èv copHi €2fi.eu îiiAiev «ep ujcooTuji e5l CMOT. OTop uô.pe 
uiMôvTOï '^ô^co epcooTT lie necooT 2s.e Uôvir5l32fi.ï eepoTTOOT&oir. 

ne OTTon^ oTnpecCiTTepoc 2s.e oi2fi.en nie^TTCiô^cTHpioii" eTCMAvevT ep ujeAv.ujï 

le Saint Esprit, vivificateur, trinité coiisubstantielle, ainsi que ta xMère sainte, 
vierge, laquelle t'a enfanté Dieu et homme, sans que ta divinité ait été séparée 
de ton humanité un seul instant.'' Nous anathématisons Juvénal et ceux qui 
croient comme lui.» Lorsque (Juvénal) entendit ces paroles, il se mit grandement 
en colère, il dit aux soldats : «Pourquoi ne tuez-vous pas (ces) hommes?» — O 
que grand fut le combat des orthodoxes en ce moment! Un homme avec ses 
enfants était venu pour recevoir le corps et le sang de Notre Seigneur Jésus le 
Christ; il livra ses enfants aux mains des soldats, ils les tuèrent pendant que les 
uns et les autres s'encourageaient, disant : «O nos enfants bien-aimés. préparez- 
vous à être tués avant nous, ensuite (on) nous (tuera) aussi, lorsque nous vous 
aurons envoyés comme présent à Dieu avant nous.» En effet ils tuèrent les enfants 
d'abord et eux après leurs enfants, l'homme avec ses enfants, le compagnon avec 
le compagnon, le frère avec le frère, en un mot quiconque s'approchait des sol- 
dats comme en un seul lieu vers l'autel pour recevoir la bénédiction; alors les 
soldats les traitaient avec indulgence, mais eux se précipitaient pour être tués. 
Il y avait un prêtre à l'autel adorant alors l'offrande sainte, cî dont le nom 

I. Cod. ep0.nd.ocAv0.Ti3m. — 2. Cod. niOTÊetinivAioc. — 3. Cod. n^wpn. — 4. C:\i. ne OTn o-r- 
npecÛTTTepoc. — 5. Cod. ni€^irci«.CTHpjoc. — 6. Mot-à-mot : dans le moment J'un clin d'tvil. 



128 E. AMÉUNEAU. 



£iô.A OTCon d.qnd.Tr €iiôc ^i2s.eiv himô. uep ujwotuji neM T€qMô.ir €TCMèvpcooTT 
n€M '^■cTpô.Teid. ' uô.i^ueTViuon (m er) cpe nencwTHp 2i.co mmoc ntooir 2s.e 5'ï nni- 
xL'TX" ""ï"^ «ô.i.uôwpTTrpoc ô^niTOT oi2SLeu TiieTcievCTHpion gmôv nTdx "^ mcoott 
e&oA^en Tiô.cwMdw JieM Tiô.cnoq oimô. nTev^^iTOTT e^pni enr^HOTi n€MHi 2s.g ct^vit- 
eoioif^ eneviMdw m^^^)©©!?* e€^£ie tiô^ïocoÊi. ic ^hutig '^nô.uje «hi eniycoï 00. rôwIcot 
MGM UH GTevTMGupiT 'fnôv;>(;^co iiTôvnoTVïc i?V.HM en gtô^iujwti tmev^ici m^htc 
«Td^'V^ AVTioTHi Gqoi ïiujôvqG 2SLG ô.TGp£i'\es.cc^HM6in- GTès.MGeno'y^. neou OCOIV 
oi nmpGCÊiTrTGpoc 2s.cou efioA «TGueTCiô. 22-G n^oiv GettôiA\.ouji ^ô.2i.cooTr. «h 

GeOTd.& MGU ôvTT^COTgCi «CCOOIT ^G» OirMGTÔ.eïlè<ï OTO^ ÎIH Gendv2i.t0îl G&oTV. uujopu 
Uî^vpG UIO.UUg7V.0C oTVoT 0I2i.Gtl TlI^TCIdwCTHpiOn MUGM^O AITIOC UCG-^ Ji^XoM. 

G2$.tooT i\d.Te>. noTopennoti. totg uîô.pG niccùTnp Gpô.cnds.3Gce^ô.i3 .v\..v\.cooTr otoo 
nes-pG "^«ô^peGiioc Geoirô^Êi .uis.pidK 2s.co a\.av.oc .vv.nïctoTHp 25LG tiôwOc otto^ nôinoTr"^ 
OTTOO nôiUjHpï IC ^HnnG ô.itô.7V.o «ôvu Gopm noTrceoinoTqj oiî^en TiGi\«^Trciô»-CTH- 

pïOU (fol. 140 Âî^)^ tlTG (^OOTT ttGOOOTT TlItOOT Hd.R.5 ^ç^ TlGUItOT ni».UèveOC tlGM 

était Silas : ses yeux s'ouvrirent, il vit le Seigneur sur l'autel avec sa mère bénie 
et l'armée angélique. Le Sauveur leur disait : «Prenez les âmes de ces martyrs, 
amenez-les à l'autel afin que je leur donne de mon sang et de mon corps, que 
je les emmène dans les cieux avec moi; car ils sont ici réunis aujourd'hui pour 
cela. Voici que je veux monter vers mon père avec ceux qui m'ont aimé, 
j'abandonnerai cette ville de Jérusalem où j"ai enduré mes souffrances, et lais- 
serai leur temple désert parce qu'ils ont blasphémé ma divinité. Et toi aussi, 
prêtre, achève ton sacrifice, car c'est toi qui marcheras à leur tête.» Ces saints 
donc on les tua sans pitié, et ceux qui eurent terminé (leur martyre) les pre- 
miers, les anges les amenèrent à l'autel en présence du Seigneur afin de les 
couronner selon leur rang. Alors le Sauveur les embrassait et la 'Vierge sainte 
disait au Sauveur : «Mon Seigneur, mon Dieu et mon fils, voici qu'en ce jour- 
d'hui j'ai offert un parfum sur ton autel : la gloire soit à toi avec ton Père rempli 
de bonté et à l'Esprit Saint jusqu'aux siècles des siècles, ainsi soit-il.» Le prêtre, 

1. Cad. -^cTpAvuN. — 2. Cad. cv.Tepû'.\ovC':\)nAvin. — ^. Cod. cpckcnô-^cc^c. — 4. Cette feuille a été 
coupée à l'cxtrcnvté : quelques lettres ont disparu à la fin des lignes du recto, et au commencement 
de celles du verso. — 5. Cod. iuûjoti. 



MONUMENTS, ETC. 129 



ninuô^ eooTTôwCi lyô. euep UTe uieue^ ivMjm. Tinipec£i-TTepoe 2^.6 ;5fM\ nic«.iMopfc-i 
iiA^TT euô^i ô^q^ei €2s.eu neiqigo u-^-otuott ô^ iioe lUô^uewerocj otto^ a^.ua^i poAu 

THOTTds.g^cô.ouï ïiTe nicojTHp è^q'Tï ocoq «eM uiicccni uuiwAupiuoc eTepAerrcTp- 
ueni' n(e)Mdwq Meneuccoc d^TssLO-yajT ini07r£iev7V. ^i2s.et\ iue?rciô.cTHpioiv eeoT^ià 
MnoTTiiô^TT eoTTon ^i2s.eu T\ïe?rc(i)ô<cTHpio« ^eu nicojMd». utc hoc ottoo ou aiuot 
î2s.eM cnoq ^en niTiOTHpioii. «ô^ir2s.oo uô.p mavoc eeÊie Te«MeTdvTeAvuuj*w i\oc ^^u 
pcon epoïi MTiewcooMd. ne.w. Tieucuoq eei2ie 2s.e Aineuep A\.d<pTTrpoc ev.»ûti ueA\. 
neticiiHOTT. ^'^ T^X.^ Mïiep^wTi epou Mnô.iA\.TrcTHpiou 2s.e ôwUujomii »oe2i.oco2s. 
eeCie nô.ioto& oircon^ udvu e£ioA noc pocon- nies.u(x)u c^oipiy^ e&oTV.. mhj e ti 
2s.e eTr2s.co imes.i ^Rnne ic 07res.uue7V.oc utc noc ô».qo"!rconp e&oA pi2s.eii nioirciev- 
CTJripion Mcuencô». nicftopn efcoTV. ïitc TieeoTrevÊi ciAes.c. (Ti)e2s.es.q ncooir ^eu oirc.w.H 
ecAveg^ nes.Ti€i?V.K^ 2i.G ds.5coTeii TeTcnoi mottmhuj iicev2s.i ^en neTCïVTcoii^ mr eTe- 
Tent^oouj- evti e2s.en Tiï7V.es.(o)c ht€ «lopeo^^o^oc eTes.irecooTr'^- e^^poT'Ti (dvTP'^oe- 

ÛOTT 2s.€ MnôvllTOTT^l CTT^H'^ ^Ctl IlICCOAV.d. OTTOO CpC îlOTrV^'TT^H 2^6 HHOT cfioTy.- 

lorsqu'il vit cela, tomba sur son visage : aussitôt le Seigneur bon et aimant les 
hommes le releva et lui enleva toute frayeur. Et lorsqu'il eut achevé le sacritice 
selon l'ordre du Sauveur, il prit aussi (le corps et le sang du Sauveur) avec 
les autres clercs qui avaient fait la liturgie avec lui. Ensuite ils regardèrent de 
leurs yeux sur l'autel saint, ils ne virent rien sur l'autel du corps du Sauveur et 
aussi ils ne trouvèrent pas de sang dans le calice. Et ils (se) disaient : «A cause 
de notre indignité, Seigneur, tu nous as caché ton corps et ton sang, parce que 
nous ne sommes pas martyrs nous aussi avec nos frères. O Dieu, ô Christ, ne 
nous cache pas ce mystère, car nous sommes affligés à cause de cette chose. 
Manifeste-nous, Seigneur, combien s'est étendu le combat.» Ils parlaient encore 
ainsi, voici qu'un ange du Seigneur se montra sur l'autel après la vision du 
saint Silas. 11 leur dit d'une voix pleine de menaces : «Pourquoi vous autres 
employez-vous une foule de paroles dans votre prière?^ N'avez -vous pas par- 
tagé (l'offrande) au peuple des orthodoxes qui se sont rassemblés pour (la) rece- 

I. Cod. cTepAiTOTs^ptc'in. — 2. Cod. çocûjii. — 3. Cod. qpopvy. — 4- C:od. iu\uy.\ii. — 5. (^-od. ct»\- 
Tent\>tovy. — 6. Cod. eTrafiiii. — 7. Mot-à-mot : êtes-vous dans une multitude de paroles dans votre 

prière? 



l3o E. AMÉLINEAU. 



£^n tvoTCCOMôv Hô.TrpiAv.1 ne .viïiôwiiTOTrSl eÊioÀ^en tiiccoaiô. mcm nicnoq aitiô^m- 
TOTiye ncooTT epô.Tq Mnôc epe niceoinoTqï ïiTe neqccoMe^ neAv. neqcnoq 5ett- 
poiOT (M)ne ncnccoTHp os-n y^à^'S' €Troe2s.oco2s. eeCie ïievi^coû ôwTVTV.ô. ô.'^-^- ncooir 
eÊtoA^en neqcoiMev' ucm neqcnoq eeoTrô.£i AV-Hô^nTOTrcTiToir eïiujcoi enr^Hoiri. 
(eie&e <^evi Mnerenss-eM ccoaiô». oi2s.en niMdv nep ujcooiruji 07r2s>.e AvTieTenssLeAv. 
cuoq ^en îiinoTHpio» e^ûe 22.e nees-ir^iTOTr 2i.e uh €eoTô.fii eTe«wTr^oeÊiOTr. uô.i 2».g 

eTôwTTCOeMOT ô. nOTT^RT eCOT 

(fol. 141 ^ê)- ô.u2s.p&.i7ô>.THc3 2s.e c^K €Tes.Rces.2s.i epoq ne OTCTpd^Tcop ne nxe 
noTpo eeo2s.ocioc ni!\0T2g-i. ôvcujconi oirn €Tdv !rti£iôwp£iô.poc TCOOTnoir €2i.en 
noTpo OTr(op) d^q^ouq n2s.e noTpo ô.qi eÊioTV. eninoAeMoc. ne OTon OTniiy^ 2s.€ 
n2!j-Oopi ^e« nï&ô.p£ies.poc (^d^i ^^^X^"^ e£i(o7V.) ^en niMHuj Tnpq dvc|>5'02s.i e^OTn 
enoTpo eqoTCOuï e^coTeû MMoq eqpioTi nod^n ^Hnis-pion* nccoq eTe oô.» noTr22.i 
MMepep ne Mc^pH'^ n^d^n coeneq. nicTpevTCop 2s^e eTCMMôvir ô^qc(co)o^Ten e£io7V. 

voir. On les a tués avant qu'ils n'aient pu (le) recevoir pendant qu'ils vivaient^ et 
leurs âmes étaient sorties de leurs corps : ils pleuraient de n'avoir pas reçu le 
corps et le sang (du Sauveur); avant de s'en aller devant le Seigneur le parfum 
de son corps et de son sang était dans leur bouche.*" Notre Seigneur ne les a donc 
pas laissés s'attrister à cause de cela; mais il leur a donné son corps et son sang 
avant de les emmener vers les cieux. C'est pourquoi vous n'avez pas trouvé 
son corps sur l'autel ni son sang dans le calice; parce que les saints immolés 

les avaient pris.» Et lorsqu'ils eurent entendu cela, leur cœur fut consolé ^ 

Andragatôs dont tu as parlé était un général du roi Théodose le Jeune. Il 
arriva (alors) que les barbares se levèrent contre le roi, et le roi se ceignit (de 
ses armes), il partit pour la guerre. 11 y avait parmi les barbares un (guerrier) 
grand (et) puissant : celui-ci sortit de la multitude entière, il s'élança contre le 
roi voulant le tuer, lançant des hiparion qui sont de petits dards comme des 
flèches. i\iais ce général étendit son bouclier pour les recevoir sur lui, secourant 

I. Cod. nictoMA. (sic). — 2. La même remarque que plus haut p. 128, note 4 s'applique à cette 
feuille. — 3. i\u2».pe>kKek.THc. — 4. ^Tn&,pion.. — 5. Mot-à-mot : pendant qu'ils étaient dans le corps. 
Tout ce passage est très embrouille et presque inexplicable. — 6. Cette expression correspond assez 
bien i\ la locution triviale française avoir l'eau à la bouche, pour signifier que l'on désire vivement 
manger ou boire quelque chose. — 7. Il y a ici une lacune de 16 feuilles, de Âî* à 5c, c'est-à-dire 
32 pages. La suite redonne à peu près ce qu'il y avait dans cette malencontreuse lacune. 



i 



MONUMENTS, ETC. l3l 



Miieq^on'\oii eujwn maio^ot epo-^ eqep&OHeeiu' euoTpo. uoTpo 2s.c ifu U2s.m- 
^pequdvT eTii&evp£iô<poc eTCMM^wir eq\moTr e;5oini €2slo)*4 ô^-^ep po-^ d«.-\'\)o)T e'\>ev- 
OOTT. d.Tep Aveepe uèvti 2s.e ô<qi eÊio'A.;6e« niAô^oc Tiip'^ utc pwAiivioo- e'4'j'ox.i 
enes.icev ueA*. <^à.i eqiio)"^ ucô. noTpo ^etv othiuj-^- uiyoT. uoo-^ 2^e oeo2».ocjoc 
TioTppo ne«.pfe) TeqoeTVnic THpc ujon ^eu Tr^e.^ «ecTopioc 2k.€ nicTpevTOip uev'^- 
MHtt eîioTpo HCHOTT uiCieu ('zr) OTOO eTôiquô^TT eT\iiûevp!ûe>.poc e'j[To2s.i ne*. noTpo 
^en OTTtvJuj'^- n^opMtt evqis.Moni nTeqAou;)(^H OTog ô^qcwoTTeu aiaioc enièe^p- 
Cievpoc OTop ô.q'^ av.ôv'|-+ eneqc(|>ip os-o*^ à^ci e&o'A.^e» neqcoi. (d^iTrep Aieope 
n2s.e «H eTeK.Tnô»>ir 2i.e epe "^Aou^h ^eu niccoAid^ A\.î\i£idvp£id.poc eTeMAve^T Av.ue^6w 
TOTq e&oTV. noTrnoir cncy^- eq^o24.ï iicô». noirpo ujevnTeqpei nTeqMOTr otoo Ti*.ipu-\- 
ô. nipcoMô.ioc5 2s.eM2i.0M €nI£i^vp£^ô.poc. io)Top eTô^Ti e£io'\^eu ninoAeAvoc e^T 
Tô^oo ttTeqcTTrTVtt epô>.Tc eniTidw7V.es.Tioti 22.6 <^d<i ne necTopioc Tiïô.n2s.pè<cdwTHC^ 
(TVloïTion Av.etveucô^ epoTTiiev^dvipeni" MTiièvcefiHc «ecTopioc OTop nTOTepiid>.eevi- 
peï»s Mc^H eeoirevCi es.i\ô<îuoc Tiienoi\ecô».peTc9 TieTôvirepiiôwed^ipeiu'^ MAioq ^^ïv 
pcoc oô^ipeTiiioc" evATVô. ptoc e>.TccoTeAv. (eWÊie 2s.e ô. -^cTTtvo^s.oc oTcopn «ccoq pi 

le roi. Mais le roi, lorsqu'il vit ce barbare venant sur lui, il eut peur, il s en- 
fuit en arrière : on nous a assuré que le barbare parcourut tout le peuple des 
Romains, courant de ci de là, cherchant le roi avec une grande violence. Tout 
l'espoir du roi Théodose était dans le ciel. Mais Nestorios, le général, demeurait 
près du roi tout le temps, et lorsqu'il vit le barbare se précipitant contre le roi 
avec une grande impétuosité, il saisit sa lance, il la lança contre le barbare, elle 
entra dans son côté et sortit par le dos. Et ceux qui l'ont vu témoignent que 
(bien que) la lance fût dans son corps, ce barbare ne l'arracha pas pendant 
deux heures, poursuivant le roi jusqu'à ce qu'il tombât et mourût : (c'est) ainsi 
que les Romains prévalurent contre les barbares. Et lorsqu'ils eurent cessé la 
guerre, ils élevèrent cette colonne vers le palais; voici Nestorios l'Andragatès. 

Mais lorsqu'ils eurent condamné Nestorios et le saint Acace de 

. . . . , ils condamnèrent celui-ci non comme hérétique, mais comme rétractaire; 

I. Cod. €qep£iOH-&m. — 2. Cod. pcoAveoc. — ■^. Cod. «en t|>ne (sic). — 4. Cad. iKù\j\f<^ (sic). 
5. Cod. npoiMCOc. — 6. Cod. &.n->,^}p^Kis.rHC. — 7. Cod. <>poTRA.ecpiiv. — 8. CoJ. cpKi\<i>cpin. 

9. Je ne connais pas ce mot et je ne l'ai pu trouver. Je ne vois que le mot qui signifierait habitant de 
Néocésarée grec qui put avoir un sens sortable; mais j'ignore complètement si ce sens peut aller «ci. 
— 10. Cod. cpRjk^epiit. — II. Cod. oepeTiROC. 



l32 E- AMELINEAU. 



(fol. 142 J3;) eepeq-^- «cm «ecTopioc 2s.c c|>ô.i nequô^pHuopiô. ne oiro^ eq^xi^ ^*^ 
Ti€q<>pouoe ^eu 'fo-ynoir e^Tc^ô^i nevq 2s.e eRiiev^'^ tid^iy «pH*^ MïiCTev necTopioc 
COUR ueMis.q eneqTis.KO. neoq 2s.e ô^qc^ôwi ncooir AiTiiCTrM£io7V.oïi iiTe neqnô^^'^ 
OTTOO MTiOTr2S.eAv. o7V.i n24.e OTiv n^HTq oto^ d.irc^d.i nT€qi\ô.^ôvipecic' AV.Tiô.jpH'^ 
niw nenicROTioc euc^ô.1' e£io7V.oiTOTq Av.TienTievTpiôip^Hc ïiirpiAAoc n&.uè^i\ioc 
TTienoKecèvpeTTc €nes.tic^ô^i iièvR is.n £^(oc pevipeTiROc^ di?V7V.ô. g^coc evTccoTCM nneiv^èv 
2S.I2SL essLen oAï npcoMi eRepc5)opein4 ococ €tiïcî\otioc Mueuc^ooiyen 2s.€ noTT^xiei- 
pcoToniiv^ ococ enici\OTioc eujoon ottïi c^'^ oirevUîR ottoo MAvon i\ô.î\idw m^htr c^'^ 
nô^ujini Mcev c^ipMoc ^n eTevned.ujq nTeqMoir ottoo eRGUjconi Oï2s.€n neiieponoc 
A^ncRpH'^. A\.TièvnTG oocR 2s.e lycoHi es. c^)'^ ccoTeM CHTOoÊio nd.Kd.ïuoc e»< ^ip- (^k) 
Moc MOTT janôvUTe 2s^ npoAVTii 2s.ooiv efcoTV. OTTOO ô^qocMci oi2$.€u TiGqeponoc 
AV'^pH'^ HUjopn on. 

Môwpenr^ipi eninô^TT CTevnuje GJvooncTevnTinoTTîioTV.ic'^ oiTcn Tioirpo aimô^i noTT'^ 

car le synode le manda à son lieu d'assemblée avec les huit cents évêques et il 
ne voulut pas s'assembler avec eux pour combattre Nestorios, car il était son 
consolateur, et il était assis sur son trône. Alors on lui écrivit : «Quelle est ta 
foi? Nestorios ne t'a-t-il pas séduit avec lui dans sa perdition?» Mais Acace leur 
écrivit le symbole de sa foi et ils n'y trouvèrent point de blasphème, et ils écri- 
virent ainsi sa condamnation : «Les huit cents évêques écrivant par ordre de 

notre patriarche Cyrille à Acace le ; nous ne t'écrivons pas comme (à 

un) hérétique, mais comme (à un) désobéissant : n'impose les mains à personne 
te comportant comme un évêque, ne fais pas d'imposition de mains comme 
évoque. Si Dieu t'aime et qu'il n'y ait point en toi d'iniquité, il visitera Firmus 
que nous avons établi (à ta place), afin qu'il meure et que tu sois sur ton siège 
à ta man'ère.» Mais avant qu'il y eut retard. Dieu entendit la prière d" Acace; 
Firmus mourut avant que quatre ans ne se fussent écoulés, et (Acace) s'assit 
sur son trône comme auparavant. 

Racontons l'heure où nous arrivâmes" à Constantinople près du roi aimant 



I. Cod. Kô-«>cpccic. — 2. Cod. nc^ek.1. — 3. Cod. ç^cpcTiROc. — 4. Cod. eRcp'i^opm. — 5. Cod. 
X'P^'i^'-ouiA.. — 6. Cod. CH(ocT&.nTinoTnoA.ic. — 7. Mot-à-mot : l'heure lorsque nous arrivâmes. 



MONUMENTS, ETC. i33 



€^oini ^eu Td^iTnr7V.H pocoti' epe c^pô^ii MT\i2s.d.2SLi uTe '\)-^ o;*hott ejô^ioeiuon- 
Ô.ICÔ.2SLI ïiecTopioe. ev'yujô.uqoTq 2s.e e£io7V Mè^uje «evu e;50TJi UTcucMOir enoTpo 
OTTOO ô.piucoTV.ireiii^ Mnevipô^u cujtcmthuj epAi ujev €«ep oirop ev uid<rce7V.oc uje 
nd.q G&oTV. pô^poq. OTop ô^iTTôiMc noTpo eefee nid^p^iemcuoTioc 0.-41 eCioTV *en 
•^noTV-ic ^ô.22.coq ôvqepô^cnôv^Gceevi ^ nn€q2$.i2i. u€M uiiieeTiicuoiioc GeHe.udv-^. 
niï\oitt(Oïioc 2».e ïvtc «ecTopioc evirc^ooTOT^ oiroo MnoiruiOTrciiMo efeoTV. eT\THp*j[ 
c'^TioTV.ic. nôwïcoT 2s.e «evTroTTCouiT MMoq ne ujô^Teqi e^^po" A\.iiinô>w7V.ô.Tio« «eoq 
2s.e nis.q22.co MMOC ne 2S-e ev ninnô^ nTe c^"^ ïiim epoi eq- (fol. 143 'xe) 22.03 av.a<.oc 
22.e CC0MC7 enujcoi eTesipeincon^ oirop ôwnesir 2i.e ott neTc^HOTT epoc ô^quô^T eni- 
cTpesTcop eqc^HOTTT 2s.e c^ô^ï ne necTopioc nièvn2».pô<i7ôwTHc.9 ^eu -^ottmott ev 
nes.noT opi epô^Tq ottoo MneqMouji. ne2s.e'° noTpo nô.q 2s.e mouji nTenuje uè^n 
e^oirn enind^AdsTion 22.e epe nni n'^MeToirpo epenie^iTMein" nencMOTT. e^nev iiww- 
Ttop 2s.€ nies.p;x^iMd.n2s.piTnc nxe TesÊiennnci neM esÊi&es. 2^ô.?V.mô^tioc nô^ir "^po 
enevïooT ne cepeqiye nes.q e;ioTrn enind.7V.ô<Tïon. neoq :^e es.qtopn €q2s.co av.uoc 

Dieu, Théodose. Un ange du Seigneur apparut à mon père Cyrille afin qu'il ne 
passât pas par cette porte tant que le nom de l'ennemi de Dieu serait écrit sur 
cette statue, c'est-à-dire Nestorios : «Si on le fait disparaître, entre, bénis le roi 
et empêche qu'on donne jamais ce nom à personne.» Et Tange le quitta. On 
informa le roi de (l'arrivée de) l'archevêque, il sortit de la ville (pour aller) au- 
devant de lui, il lui baisa la main ainsi que les évêques qui raccompagnaient.'' 
Mais les partisans de Nestorios s'enfuirent, ils ne se montrèrent pas dans toute 
la ville. Quant à mon père, on l'adorait jusqu'à ce qu'il fût arrivé à la porte du 
palais. Il disait : «L'esprit de Dieu m'a ému, disant : regarde en haut cette 
colonne et vois ce qu'il y a d'inscrit dessus»; et il vit le général et ce qui 
était écrit : voici Nestorios l'Andragatès. En ce moment mon père se tint de- 
bout et il ne marcha pas. Le roi lui dit : «Marche, entrons dans le palais, car 
la maison royale désire ta bénédiction.» Apa 'Victor, l'archimandrite de Taben- 
nesi et l'abbé Dalmace priaient mon père d'entrer dans le palais; mais lui jura, 

I. Cod. çoctoiv. ~ 2. Cod. eTô,iomwn. — 3. Cod. «.piRCû^Trm. — 4. Cod. e.qepi.cniv;ccoc. — 
5. Cod. ^^^(ùois-. — 6. Cod. uje.TeqcVpo. Les deux lettres le ont été ajoutées au-dessus de la liiïne. 
— 7. Cod. *(OMC. — 8. Cod. eT«.iç.Kto«. — 9. Cad. nuNUî^p.NHevTiic. — lO. Cod. MueqMoym r>cc 
neate no^po. — 11. Cod. cpenKyirMm. — I2. Mot-à-mot : qui étaient avec lui. 



l34 E. AMÉLINEAU. 



pioc e£ioApi22.e« ïinid.pï. otto^ ne2s.e^q Mnoirpo 2s.e evHd.Tr eTdvioenvcon' 2s.e ot 
neTc^HOTT epoc. noirpo a.e ovq0To.0cd.0ii1 e^^poTrqco-^ e^oA .vv^^pevti «necTopioc 
eûo'A.ojQSLen niuôvgi oiro^ evq^^poTMOT-^ epoq slg- èvn2i.pevUèvTHC^ otoo ev^epue- 
7V.CTreni+ «22.6 noTpo 2i.e c|>h eT0Trtiô.2i.G.vv.q ^en Hi;)^picTidvuoc5 eTAV.oir'f epoq 
22Le (tÏ) ïiecTopioc eqeiycoiiï cqpcvÊiHOTT e(5>.uoTr. otoo ic22-e» meoooTr ÇTeAVAiôvir 
evTMOTTi epoq 2s.e 2s.€ROirpïtoîi'^ oiroo ïievqoTTOïio e&oA ^eti '^tô.^ic ne ee£i€ 
TGqM€T22.(opï. ic ounne? oTti eviTô.MC0Teu 22.e €€^fee ott n^to£i ev-yMOTT-^ epoq 22.e 
d.u2».pevi7d.THC^ OTOO eTevT^oe£i€q esLett ïiihô.O'I" evqeTV. ô.u2s.pô.uevTGTc9. 

'^ttOT 2^e on eTevMCOTcn GTi2i.coR ttôvnev Aoi^uinoc ô.TV.TV.ev ni^cofe ^i èvnevUKH 
epoï eep «^aicti A\.TieeoTô.& ôvTièv Aidvi\is.pioc eqoi M'^pn'f noT^pcoAv. eqMoo 
^en TiôvCè.^oTn. «evi 2s.g THpoT eTes.ttc^ipi epoooT ô.Tep AvevpjTpoc e2i.en '^pevu 
MTi;)(^c neM mnev^'^ »op^02s.o^oc otoo MevRevpioc pcoq c:^evi €Tes.nep ujopn n<:|>ipi 

disant : «Vive le Seigneur Jésus le Christ, Je n'entrerai pas avant qu'on n"ait 
enlevé le nom de Nestorios de dessus la terre.» Et il dit au roi : «Vois cette 
statue, qu'y a-t-il d'inscrit sur elle?» Le roi ordonna qu'on détruisit le nom de 
Nestorios de dessus la terre, et il le fit appeler Andragatès, et le roi ordonna 
que ceux qu'on trouverait s'appelant Nestorios parmi les Chrétiens fussent sujets 
à la peine de mort; et depuis ce jour on l'appelle Decurion, et il se manifesta 
dans son rang à cause de sa vaillance." Voici donc que je vous ai dit pourquoi 
on l'appelait Andragatès, et lorsqu'on le tua pour la foi, il fut (vraiment) An- 
dragatès. 

Je veux aussi vous raconter la mort d'apa Longin; mais (mon) sujet me force 
de faire mémoire du saint apa Macaire qui est comme un feu ardent remplis- 
sant ma poitrine ;'° et tous ceux dont nous racontons la vie ont été martyrs pour 
le nom du Christ et la foi orthodoxe, et Macaire lui-même dont nous avons parlé 

I. Cod. eT&içiKcon. — 2. Ce mot ace qui accompagne toujours le verbe av.ot-\- a été omis. — ^. Cod. 
&K2wp&K&.THC. — 4. Cod. A.qcpKeA.€Trm. — 5. Cod. iii;x;pHCTiev.uoc. — 6. Cod. ak^CRorpioc. — 7. A la 
marge on lit écrit d'une autre main : nijw.a.çt' ncon nw^ llT^vq. La troisième fois de lire (ce livre), 
c'est-à-dire que la lecture était coupée en plusieurs sections, et que la troisième commençait ici. — 
8. Cod. fkUC!ii.pikKi\THC. — 9. Cod. ô.!î»-npe!kR&.T€TC. Je laisse les deux orthographes dans le texte, parce 
que je n'ai pu trouver ni le personnage dont 11 s'agit ni un nom semblable. — On a ajouté ici à la 
fin de la ligne 3^0 k cûoA. — 10. C'est-à-dire il devint aussi célèbre par son courage que le compor- 
tait la dignité. — 11. Mot-à-mot : qui est comme un feu ardent dans mon intérieur. 



MONUMENTS, ETC. i33 



€poq ôwqep Aie^pTirpoc ^wq. A\.d.peiv-^ipi otïi -^uot auuuô^t €Tô.to'A.T€U e^OTit 
lyev A\.ô.piiiô^uoc. 

ueA7V.oc t5>ô^ ecpecoc ucai ioTr£i€»vô.7Vioc' 'pis. i7V.hm (fol. 144 ôb<) \\£\k ô^uô^toAioc 
'-^ev uconcTô^uTiuoTTio'A.ïc- tveM ctc^ô^hoc «^^ô^ evUTio;xi^*^ "^-^^^ e>^uou ;**. T\ie7v.ev- 
^icToc 2i.iocKopoc «CM noTTpo HÇAv '^ujoTiyTeMTèvOTre necpôwU iiOTA;>(;^epiôN>.^ 
evTies. Mèvives.pioc 2s.e ô^qi g^ottu nç.xK neqcoii niuoTTiou^ ôw'4peA\.ci côiM€upe uic- 
nicuonoc MTid^pô^Miôw^ ô.TVTV.è^ «h eTeiV2SL00 aimcoot «gai. noTpo cecoiTeM epooT. 
T\e2SL€ noirpo 2s.e .viev eo>uj uô.ti eninevO'V oihôw MTeTeniye «0iT€u cneTetiTonoc 
dwiep OTto ei2SLto mavoc nô.q 2i.e otoo €pe '^nô^o-^ uueuio-^ lye^ tjv6.t jvTeuoTèk.© 

€poq ïlèvTè< pOR'. €U2i.C0 AVAV.0C7 22.6 OèvU OpeOSs.O^Oc'^ d.H UÇ UeUIO-V ÇT&.T'^d. 

mnes.p'f ues.u e^pHi eT€ ev7V.e^è<H2.>.poc ii€ hgm ôveev«6.cioc mçm eec^iAoc-' uçav 
uTpi7V.Aoc ncAV. lOTrAioC" c|)e>, pcoMH «eAV. innoi\euTioe" «€a\. îieAGCTinoc. tièvi 2v€ 

d'abord a été martyr. Racontons maintenant le moment où Ton nous amena 
devant Marcien. 

11 arriva, lorsqu'on nous eut fait entrer, que nous nous assîmes : là se trou- 
vaient Marcel, l'évêque d'Ephèsa^ Juvénal, celui de Jérusalem, Anatolios, celui 
de Constantinople, Etienne, celui d'Antioche, et moi, le minime Dioscore, avec 
le roi et celle qui n'est pas digne que son nom soit cité, Pulchérie. Apa Macaire 

entra avec son fils Pinoution, il s'assit derrière les évêques de :'- mais ils 

entendaient ce qu'on disait avec le roi. Le roi dit : «Définissez-nous la foi, afin 
que vous puissiez aller chez vous.» Je répondis lui disant : «Jusqu'à ce jour 
nous avons suivi la foi de nos pères. Dis-tu de ta bouche que ce ne sont pas 
des orthodoxes ceux qui nous ont laissé la foi, à savoir Alexandre. Athanase, 
Théophile, Cyrille et Jules de Rome avec Innocent et Célestin?» Je les nom- 
mais tous voulant le forcer à parler'^ (pour voir) s'il les recevrait, s'il écouterait 

I. Cod. lOTÊenni^Aioc. — A la marge on lit wuj : lisez. — 2. Cad. nRtocT&.nTinoTno\ic. — 3. Cod. 
«oAxepi*^- — 4- Cod. ninoTTioin. — 5. M. Revillout a changé ce mot en n&po>\ifv. Le mot n&.pA.- 
\id. pour les Grecs désigne les côtes de la Grèce sur la mer Egée; mais en copte on l'employa quel- 
quefois pour désigner les côtes de la Phénicic : je ne change rien au texte parce que j'ignore com- 
plètement ce dont il s'agit, tout ce passage étant de pure Imagination. — 6. M. Rkvu.i.oi-t a omis ha.ta,. 
— 7. Cod. R2CÛ) j,vAv.oc. — 8. Cod. -©oa^OTOc (sic). — 9. Cad. ■&€oç\>u'AAoc. — 10. Cod. iotXhoc. — 
II. Cod. inoRcnTioc. — 12. Je laisse le mot sans traduction. — 13. Mot-à-mot : voulant mettre un 
discours dans sa bouche. 



l36 E. AMELINEAU. 



THDOTT eTèvi2s.oTOTr eioTTCo^ eTôvOO HOTTCô.^i.ï ^en pooq 2SLe eiywTi eq5i' mmwott le 
qnô.ccoTeM etioirpô.» (ÔS) le oiTROirn nequc^o-^ coiTTCon. ô.qep ottoo ii2SLe q>7Vô.Êiïô.- 
noc ed.qcô.2S-ï tiujopn enoTpo iiG2i.ô.q uhi 2s.e 2s.iocuopoc ^co epou nid.p;xi^ï°C' 
d.Tcim punne ic Oô^n Éiepi ô^-yiyooTii eTG evnoti ne. ottoo ô.iep ottoo Tie2s.Hi nô.q 
2SL€ ic2i.e îiH €Tô. MeHicf ceMMHTOTT tiôvH ^GM hictthoss^oc ïiô.! TeTenuïopujep 
MMCOOTT le OTKOTTH '^epcTTiiïCTevneiïi^ MMOi Mnd>.pds.&ô<THc. ôwq5tope.v\. GÏIOTpO 
ii2i.e c|)Aô.ÊiiA.uoc+ eepeqcouj mtitomoc n7V.eoon oirop gtôv noirpo epRe7V.eTreiii-^ 
eepoTTTHi Aiiii2s.coM ôiiep oTTco ïie2s.Hi 2i.e OIT ne c|)èvi eTemni MMoq eTettAV-H"^. 
îieoq 2s.€ ne2s.ô.q 2s.€ '^enicToTV.H UTe TVeoon iiniôwTpïô^p;)(;^Hc Te. ottoo ô^icoTy.! 
av.ïii2s_0l)m ïiTOTq MninoTô^pioc es.ices.Tq eÉioTV. oirop neîSLHi nô.q 2s.e Mnepini tie^n 
eeMH"^ tini2s.e otô^ UTe c^h eTeMMes-ir. mmou '^tiô.^^co ti'^noTVic THpc*^ tiTe 
'^MeToirpo ^es. iiïes.c|>opïeMoc nTd^uje nm. ô^cep oirw n2i.e '^OTpw ïioir'A.^epïes.^ 
(fol. 145 ou) iie2SLes.c nui 2s.e ott ne c^es.i eTèsi\epToAMes.n ees.iq 110.1^ ç^evp ev tôs.- 
ju.es.-y TôiOTTO e.ipm nRetTévci^HT Jw.neupH'^ eô^.cepe^copi'^eino MMoq uiô.TeqMOTT 
.Se» '^eicopicTiôi eTe icoesiinnc ne Kiô^p^^ïenicRoiioc iiTe Te^inoTVïc. mh Av.Mon 

leurs noms et si sa foi était droite. Flavien, ay.ant d'abord parlé au roi, répondit 
et me dit : «Dioscore, tu (le sais) aussi, les anciens sont passés et des nouveaux 
sont (venus) : c'est nous (qui sommes les nouveaux).» — Je répondis et lui dis : 
«Ce que nos pères ont établi dans les synodes est ce que vous détruisez : certes 
je ne me rangerai pas avec vous (comme) prévaricateur.» Flavien fit signe au 
roi pour lire le tome de Léon et lorsque le roi eut ordonné de lui donner le 
livre, je pris la parole, je dis : «Qu'apportes -tu au milieu de nous?» Mais lui 
dit : «C"est la lettre de Léon le patriarche.» Et je pris le livre de la main du 
notaire, je le jetai à l'écart, je dis : «N'apporte pas au milieu de nous les blas- 
phèmes de l'œuvre de cet homme : ne puis -je pas mettre la ville royale entière 
sous reyrommunication et m'en aller?» La reine Pulchérie répondit, elle me 
dit : «Qii oses-tu faire? car ma mère a déposé un orgueilleux de ta sorte pour 
l'exiler jusqu'à ce qu'il mourût, c'était Jean, Tarchevèque de cette ville. Est-ce 

I. Cod. qtj'i. — 2. Cod. iiicvp^^GOC. 3. Cod. -^epcTivicTiMiiii. — 4. Cod. c^A.evTfii«v.noc. — 

5. Cod. cpiieAcTiu. — 6. Il y a plusieurs fautes faites et corrigées en cet endroit. Le manuscrit donne: 

y »v\^ iioAic 

'X«t'\X'" «iTiipc (sic). — 7. Cod. no\-x_ç.Y>\e<. — 8. Cod. Rex^isp. — 9. cj^cepe^topijin. 



MONUMENTS, ETC. x^-J 



2i.iii ues.c 2g.e OTO^ CTex '4)-^ 1y0.p1 eTCMô^TT »d.uj «pii-\- MU Mne oTCTpir-z I e&oA 
^eti necMô». «peMci uTccTô^oTe qeiiT e^ioTV.. e£m7V ssie evciyc ïie^e epdK.TOT j\juuekC 
nT€ c^H €^OTres.£i i(oes.uttHc A\.A\.oii «ô^pe «iqeuT^ uô^Ao-^Ae'^ Mnecco^Ai*. 'î'up'V a\.h 

d>,piTq ttHi pco. TiAHït ic22.en eTôw TeMô.Tr ep TieTocooT Mnievuioc ioiô.uuHe eô.ccp- 
e7topi"5€in+ A\.Moq Mue pco& eHd>.tieq ujcou lyôw -ftioT. ti7V.hu Md.Tft.Avoi €'^i\oèi 
A\.nft.uft.^'\- AVTiepep neTocooT avc^)'^ co noTpo <^ô<i exepc Tieuur^i ^eu ue-42g.i2£. 
(02s.) es.uou c^ôsp ôvuoii Tiujupi H00.U pooMi uopeo2!k.oTOc u2s.o)pi ce»., ooiu cA.feoA 
MMOï to Tv^viuoc AVTiepoï es.22.ni eniAiô. eTC r^-^ y^^ AiMoq uTeuoei wy^u^'Xç^.y.K. \\\- 
«dwUîïui Ô.U ei2s.<^ïo MMou ues.n ô.TujekU^oeÉieT e2i.eu niuevo-^ -^ïieviyiui îica. 
«es. T'^e niMèv €Te n^c AiMoq. evqep oirw U2s.e ^eo2s.topuTOc^ ne2s.ft.q sslc ^.uou 
^es. Hi^picTiôvUoc'^ UHô.O'^ uôwTô^ TieuKOT Aecou eq22.co7 çtA.p MMOc 2s.e ujes-pe 
'^MeouoTT'^ (|>top2SL efeoA noTTCHOT uTeq^ïci OTOg^ uTequjen CAvud^o Aieueuccoc 

que je n'ai pas maintenant la puissance de t'exiler comme celui-là?» — Et je lui 
dis : «Et qu'a fait Dieu à ta mère? Est-ce qu'une fistule n'est pas sortie de son 
siége^ pour produire des vers? Et si elle ne s'était pas rendue près des osse- 
ments du saint Jean, (les vers) n'auraient-ils pas dévoré son corps tout entier? 
Ne crains- tu pas de voir (t'arriver) tout ce qui est arrivé à ta mère? Fais-moi 
de même ce que tu veux; mais depuis que ta mère a mal agi en exilant le saint 
Jean, rien de bon n'est arrivé jusqu'à ce jour. Cependant montre-moi en quoi 
pèche ma foi.^ Ne fais pas de mal, ô roi, au Dieu qui a ton souffle entre ses 
mains; car moi, je suis le fils d'hommes orthodoxes (et) courageux. Loin de 
moi, ô laïque, ne souille pas le lieu où Dieu se trouve, de peur que tu ne 
tombes promptement. Je ne rougirai pas de te reprendre : quand même on me 
tuerait, je chercherai les biens du ciel, le lieu où est le Christ. > — Théodoret ré- 
pondit, il dit : «Nous aussi, nous sommes chrétiens, nous croyons comme notr, 
père Léon, car il dit : La divinité était à part au temps de sa soullVance et de 

I. Cod. cepej^topi^m. — 2. Le régime a été omis par le scribe. — 3. Cad. n^vpc . . . qT. 4. Cod. 
Gôwcepe^topi^m. — 5. Cod. ^eoa^wpiTOC. — 6. Cod. nixP"CTUN»ioc. — 7. Cod. qrscto. c . Mot-à- 
mot : de son lieu de s'asseoir : le mot français siège entendu dans le sens qu'il a ici donne exacte- 
ment la même nuance. — 9. Mot-L\-mot : le péché de ma foi. 

18 



l38 E. AMÉLINEAU. 



tïTe TeqMeeuoTr-^ mo^ MneqccoMdv nTeqipi nHi2s.oM THpoT. is^nou 2s.€ evicp ottco 
Tie2s.Hi nevq 2s.e uô^icùt ô^ïvoïv ivTpiA7V.oc e^ss-W a\.moc 2s.e M'iJ>pK'^ AVîiiÉieniTii 
eujcon «Tes^irenq e£io7V.^en ni^pcoM eq'^oci UTevTTg^ioTri e2s.coq MTiïô.uenp 2i.€ 
MTiô.pe nï^pcoM ep^Aô^cTcin^ oTVi oiTen iii2s.in^ioiri e2i.coq MnievneHp. c^ô.i ne 
Mc^pH'^ ne^MeeïioiT'^ avti^c «cm TeqMeTpcoMi ecepRoniconein^ eni^ici eTô^qiyo- 
noTT «eM ttiujç^Hpi eoTTcon (fol. 146 o£r) ^en OTMeTOTTèvi nôvet]J>cop22.. «ô^i 2s.e 
€Tdwi2s.0T0Tr d^TTOiOTnoTT n2s.e tiie^p^ienicuonoc neM iiienicuonoc «gav. nccoaLU 
ïi'l'CTruuTV.HTOc THpc GTTcoiy e£io7V. e7r2s.to mmoc 2s.e ev7V.Hecoc <:i^ne».o'^ nss^iocKopoc 
€enes.UGq oto^ mmou gAi tto.2s.Hi tt^HTq oir^poq ne c^ttô.O'^ Mt5>?V.ôw£iïdvttoc4^ ô.ttOH 

ettttô.O'^-^ M^pH'^ MneniCOT Ss.IOCUOpOC. ô>.ttOJl 2s.€ d>.IÏlIM epCOOT ttTdi2SLI2S. 24.€ 
^ô. pOOTett CCOTGM TIICA. OTTOO €Tôs.Tr^ô< pCOOTT TIGÎSLHI ttCOOT 2S.e TGTettttôwg^^ enï2s. 

HeTTôvi^ueAiott. nesi-cooT ttHi 2SLe ce Tettttô.o'^ eptooir c^h eTenqnôvO'^ evtt eiii2». 
tteTrd.uueAiOtt c|>evi OTr^picTiô>.ttoc '^ ô».tt. es-iep otco ne2SLHi ncooir 2i.e Rd.7v.coc ô^pe- 
Te«2s.oc OTTOO MTiitte!vTr OTtt eTôs.Tree)..OMe ihc eni^^on eTè«>.TreôwOAv.eq ococ ttOT"^ ujevn 
g^coc ptoMi. evirep ottco nesi.cooT ttm 2sl€ ^coc pcoMi. evttOR 2s.e ôviep ottco ne2i.Hi 

son affliction, après que sa divinité eut rempli son corps pour faire tous les 
miracles.» Moi, je répondis, je lui dis : «Mon père à moi, Cyrille, dit : «A la ma- 
nière du fer, si on le sort du feu tout cuit afin de le battre avec le marteau, le fer 
ne souffre en rien d'être battu par le marteau : ainsi la divinité du Christ et son 
humanité ont été unies dans les souffrances qu'il a endurées et les miracles (qu'il 
a faits) dans une indivisible unité.» Lorsque j'eus dit cela, les archevêques, les 
évêques et le reste du sénat entier se levèrent en s'écriant et en disant : «En 
vérité, la foi de Dioscore est bonne, il n'y a point en elle de souillure : c'est une 
tromperie que la foi de Flavien; pour nous, nous croyons comme notre père 
Dioscore.» Mais moi, je leur fis signe de la main, disant : «Taisez-vous: écoute, 
ô Israël.» Et lorsqu'ils se furent tus, je leur dis : «Croyez-vous aux quatre évan- 
giles?» — Ils me répondirent : «Nous y croyons : celui qui ne croit pas aux quatre 
évangiles n'est pas chrétien.» — Je répondis, je leur dis : «Vous avez bien dit. 
Quand on invita Jésus aux noces, l'invita-t-on comme Dieu ou comme homme?» 
— Ils répondirent, ils me dirent : «Comme homme.» — Et moi, je répondis, je 

I. Cod. qatto. — 2. Cod. epÉiA.&.CTiit. — 3. Cad. eepKOiita>niit. — 4. Cod. Mr^AA.T£ii&,noc. — 
5. Cod. >\n^ç;\. — 6. Cod. OT'j(;pKCTie^n.oc. 



MONUMENTS, ETC. \3g 



iioiOTT 2s.e uevAcoc d»,peTe»2SL0c otto^ A\.unies.T cTô^^ope iumoot ep npii or" €T^w 

Ilds.IMHIUI llJOiTlI e&oTV.OITOTq ^OOC UOTT'^ IG g^WC pOiMI. OTOp is.Te.p OTO) Ue2i.0>OT 

T€qM€enoTr'^ cÇ)oop2s. eTeqMeepcoMi hoitcotcott nxe oirpiwi »\£idvA ic <?Hnu«^ 6.1- 
Tdvge eHiioTT ^eu ptoTeti epeTGtioi Av.Av.eepe u'^MeeAv.Hi. oto^ eTô^TcojTeM €U6>i 

dwTX*^ pCOOTT M110iriy2S.eM2S.OAV. ilCiS.2S.I UeAV.HI 2S.e AV.MOiVTOT Cds.2S.I AV.AV.è^T €24.03. 

nicKpiÊicon^ 2s.e ueM iiici'A.eïiTiô^pïoc^ h€m nipe'^enî^k.ôvpioc^ ueM MioTTid<Toc tieM 
nines.Tpiivioc môvItcouj efeoTV. THpoT ^e» OTuiiy^ hcmh eT2s.03 av.avoc 2s.e Av&.pe 
noTTpo co»^ ujô. eue^ mmo» «ô^^'t •^^^'^pw'^ mc^ô. 2s.ïoci\opoc av.av.oii g'*\i i\ô.2s.t\i 
n^HTq epe nniocMoc THpq cmout ee£ie (pà.i g^ioTi cô.feo?V. mavou ivueMnAivuoc 
(fol. 147 o^) MMô^ttï^ô^ïoc^ AiTienepeqep oiv'A.^ av.av.ou îi2s.e uecTopioc e^^qoei r*.p 
n2s.e necTopioc evqoTTOoiy ecoRTCii neMô^q eTieqTèK.ï\o 0T2SLè^i TioTpo euiuoT** uTe 
nioTOCùp. ïiô^i 2s.e âen Ti2s.inepoTr2s.oTOTr ev noiypo ium eniAv.Hiy iiTe*j[2s.i2s. eopo-y- 
^ev pcooTT oiro^ nceçTï cav.h. Ke22.€ noTpo iiHi 2s.e neoii MAv.es.Trô<Tii eT5'oci 5eii iieAv.i 

leur dis : «Vous avez bien dit. Et lorsqu'il changea l'eau en vin, ce miracle vint- 
il de lui comme homme ou comme Dieu?» — Et ils répondirent : «Il est évident 
que c'est comme Dieu.» — Je leur dis : «(Donc) sa divinité ne s'est pas séparée 
de son humanité l'espace d"un clin d'œil : voici que je vous ai tait témoigner vous- 
mêmes la vérité de votre propre bouche.» — Et lorsqu'ils entendirent ces paroles, 
ils se turent, ils ne purent me dire une seule parole, parce qu'ils n'avaient plus à 
dire (même) une parole. Les scribes, les silentiaires, les référendaires, les consuls 
et les patrices s'écrièrent tous d'une forte voix, disant: «'Vive le roi éternellement! 
il n'y a point de foi comme celle de Dioscore; il n'y a en elle aucune souillure. 
Le monde entier est d'accord là-dessus : chassez ces hérétiques manichéens. Que 
Nestorios ne vous abuse pas; car Nestorios est tombé, il a voulu vous entraîner 
dans sa perte : ô roi, sois sain et sauf des embûches de ces chiens.» — Lorsqu'ils 
eurent dit cela, le roi agita sa main à la multitude pour qu'elle se tiit et écouta: 
ses paroles. Le roi me dit : «Toi seul, orgueilleux en (ta) connaissance, tu parles 

I. Cod. i\ô.q ce qui est absurde. — 2. Cad. me ^ RyMÛton. Bel exemple de la valeur de la ponctua- 
tion. Ce mot est le sa-iba latin grécisé à l'égyptienne. — 3. Cod. nic£A.enTevpioc. — 4. Cod. npc^cn- 

CD *x. 

Td>.pioc corrigé aussi npcqciiT&.pioc (sic). — 5. Cod. M.M.iKni'x,^'^^- — ^i. J ai lu tpo^i : la copie de 
TuKi donne ; epç&.A. M. Revili.ouï a imprimé çevati (!). 



J40 E. AMÉLINEAU. 



neoK MMo.Tro.Tu Geuô.'l- ecoiy Hè^n Gumô.©-^. evrep ottco n2s.€ nieniciionoc Tiess-woir 
2$-€ cî>R eTepe 2s>.iociiopoc 22.03 MMoq e>.noM îiCTenss-CO' MMoq €ô>.nep 2s.iocRopoc 
nTV.dvc nô.n mh THpoT eTeqssLCO mmcoott oèvn mgomïiï ne MA\.on p7V.i nô.2s.nï m^htott. 
evH2s.pôwC^ô.THc2 2»^e qjrt eTô.n€p lyopu ncev2s.i epoq ne OTroô.ïpeTn\oc3 ne mtiïchoit 
eTeAv.Mo.Tr ô.qoo7V.ï nnic^d.! nTe nioô^ipeTi- (on) roc^ ô^^thitott MnoTpo eq22.co 
MMOC ^en oTrnè.ppHciev 2S-e eiAVRTei^ nTe 2s.ïociiopoc uje nô.q eÊioA^en'' TenMR'^- 
Tennd.ujO'yconp efeoA es-n mutomoc nAecon nines.Tpïd>.p;)(;^Hc. eujcoTi 2s.e Tie2i.tooTr 
d.peiyô.n <:|>ô.ï uje nô.q eCioA^en TenMK'^- x^^^P»^ noco£i niÊien eTeonèvii. '^■noTr 2SLe 
Mèvpeuje nd.q nTe nienicnonoc nTe nieï\R7V.nciô. c^is.ï eurpev'^oc ottoo nTenepô.- 
nev;);;^copeïn7. ottoo Menences. epenuje ne^n eTeepneAeTein^ ee^peni e^oTrn AVMô.Trev- 
Ten OTTop TennevT&.Mon enipH'l- eTc^e. OTop ô^nepô^nô^^copeins MuiepooTT eTe- 

MMiS.Tr. 

TUMes.moTT'^ 2s.e nn\HTôs.c es.qo7V.Ten e^oTrn eneqni neM 7V.0Trnô.c mnpecÉiTrTepoc. 
nïoes.ïpeTn\oc'° 2s.e ocoott e^Triye ntooTT eniTiôwAô.Tion MeMencev epeni efeoTV.. niMô.1- 

et personne ne t'interroge : tu ne laisses pas les autres évêques parler; est-ce que 
toi seul tu nous régleras la foi?» — Les évêques répondirent, ils dirent : «Ce que 
Dioscore a dit, nous le disons, nous faisons de Dioscore notre langue : tout ce 
qu'il dit n'est-il pas la vérité? il n'y a nulle souillure en cela.» Andragatès, celui 
dont nous avons parlé plus haut, était hérétique en ce temps-là, il prit les livres 
des hérétiques, il les donna au roi, disant avec franchise : «Si Dioscore ne s'en 
va pas du milieu de nous, nous ne pourrons pas faire connaître le tome de Léon 
le patriarche; mais si, dirent-ils, il s'en va du milieu de nous, tu feras tout ce qu'il 
te plaira (de faire). Mais qu'il s'en aille maintenant, afin que les évêques des 
églises écrivent leur souscription et s'en retournent. Et lorsque nous nous en 
serons allés, commande que nous rentrions seuls, et nous te dirons la manière 
dont il faut {s'y prendre).» — Et nous nous retirâmes ce jour-là. 

Mais le pieux Nicétas nous amena dans sa maison ainsi que le prêtre Lucas; 
mais (quant) aux hérétiques, ils entrèrent au palais lorsque nous fûmes sortis. 

I. Cod. neracto (sic). — 2. Cod. js.n2..p«>.H&.THC. — 3. Cod. OTO^cptTiROc. — 4. Cod. iiiocpcTiROC. 
— 5, Cod. ijA.n\. — 6. Cod. ç,SxoK ivtêiiavu'^- (sic). — 7. Cod. evu^-^C^P'"- — ^- C'oi. A.TcpRtA.eTiii, 
ce qui ne peut se com;'rendre. J"ai corrigé par le subjonctif. — 9. Cod, &.nepi\ni\x^'^P'"- — '*^- ^^^* 
nçepeTiROc. 



MONUMENTS, ETC. 141 



noTT'^ 2s.€ «mHTes.c ne oirou uTô^q uoTujiipi mmô^tt ene-^pè^ti ne mica.h7V. çot- 
cïoirp ne ;5eu iiinev7V.èvTion »ô.qooi epô^Tq ne Mninô^ir eTô^TToAi n- (fol. 148 ôë; 
^ôwipeTinoc' e^OTrn ujd< noirpo otoo Hd^qccoTeM enn eTis.7r2s.o> MA\.oiOT MnoTpo 
neM '^-oirpco d.qepne7V.eTrein2 n2s.e noTpo e€vpe nioô^ipeTinoc-* uoTvTV.ô.n^ MnTOMOc 
n7V.econ enoopoc nnineviô^ oto^ ncenpô.gein- MMoq. d^qoTrdwC»cô.oui 2s.e eepe -Vct- 
no2^oc ecooTT'^ e;)^ev7V.i\H2».(on ne OTno?V.ic nujôs.qn Te 2s.e 01 nés. nceepeTOipi^ein'' 
AiMon eniMd. eTeMAi.d.T. Tiiô<7V.0Tr 2s.€ Micd^nTV. es.qi eqTbssLi eôwqxev.ue neqiojT 2£.c 
Me^pe nô^i^eTvTVo nô.iuTnTioc7 c^r exevqepe nen&ô^7\. nceAer^ioc niceupeTè^pioc- 
no.Tr CMiioTV. Aiô.peq(J>coT oiro^ nTeqiyTeMOTrcon^ eÊioTV enei2s.H9 ev noTpo epne- 
7V.eTein'° eepoTT-Soefeeq 5en OT^con ee£ie nn €tô>. ni^ô>.ipeTinoc" sslotoit .uTiOTpo 
«€M nn on eTdvqeô^iyoTr neMCooir. ne^i 2s.e eTèvicoeAV-oir ee£ie èvCiîièv .uôvn*.pioc'- ev 
OTrniuj'^ neMUô^o ujconi ^en nô.^KT. iiAnn eviep (^Av.eTri AvTiioopev.vv.ô. eT;MueywT 
epoq ^en nisLOi (n) ^coc epe'^ nn e^oTrevû icoô.nnKc nipeq-^coAic ne.vv eAiceoc 
mnpoc^HTHc 2S-C0 mmoc nni 2sl€ epe neqccoAVô». nô^ujooni ^ô.Ten c^con. 

Mais le pieux Nicétas avait un fils nommé Misaël, eunuque dans le palais. 11 v 
était lorsqu'on fit entrer les hérétiques vers le roi, et il entendit ce qu'ils disaient 
au roi et à la reine. Le roi commanda que les hérétiques unissent le tome de 
Léon à la définition du concile de Nicée; ils le firent. Il ordonna que le concile 
s'assemblât à Chalcédoine, ville déserte, afin que nous fussions exilés en ce lieu. 
Mais le jeune garçon Misaël vint en courant informer son père : «Que ce vieil- 
lard égyptien qui a fait voir les yeux de Séléphios, le notaire, s'enfuie et ne se 
montre pas parce que le roi a donné l'ordre de le tuer en secret en suite de ce 
que les hérétiques lui ont dit et de ce qu'il a décidé avec eux.» Lorsque j'entendis 
ces paroles au sujet d'abba Macaire, une grande tristesse remplit mon cœur, et 
je me rappelai la vision que j'avais eue dans la barque, comme les saints Jean 
le Baptiste et Elisée le prophète m'avaient dit : «Son corps sera près du nôtre.» 

I. Cod. u(jepeTiKoc. — 2. Cod. A.qepRe\eTrni. — 3. Cod. noep€TiROC. — 4. Cad. uo^A.*.. L ne ligne 
effacée à dessein a été' ici corrigée par le scribe lui-même. — 5. Cod. uccnpjv^m. Mot barbare 
pour T\pA.cccin. — 6. Cod. nceepe5(opi3iii. — 7. Cod. nei^inTioc. — S. Cod. ninpiire^pioc (sic). — 
9. Cod. enia..H. — lO. Cod. cpHcAcTin. — 11. Cod. «.loepeTiuoc. — 12. Cod. .vvi\Hv\pj. — 13. CoJ. 



142 E. AMÉLINEAU. 



■fuô.Tô.MC0Teïi' 2i.e on eTô.nveKiuj'|- «ly^^npi eTevciyconi e£io7V.^iTert ô.Md< avô.- 
Kô^pioc- ne OTOU oTc-y^oKà.dTiwoc eqooi epevTq ne MTii«dwT nep2s.oi7.v\.ô^Ti3ein3 
eneqpôvtt ne TieTpoc eoTop^o2s.o^oc ne neAv. Tieqm Twpq. Teq[cgiA\.j 2s.e «e OTon 
OTMHïni niicoR ncepT ^i TecTe^tii eô^qc^copiy e&oTV. lyev nec£iôv'\. otoo eTô.qepev- 
nes.^(opeitt+ otm eneqHi n2i.e ïiic;)(^o7V.e^cTnioc Mf^nevir n-^ô^tiev^copHcic oiro^ ev 
TeqcoiAU ep^vnô^uTôv» epoq Mc^pH'^' nnigiOAii THpoT MMeMtioiT'^ €C2slco mmoc 
nd^q 2S.€ IIÔ.7V.C0C d^wi nô^oc OTop Tièvcou OTrop ôvCini A\.TiiMcooir ô^cies. pevTq. neoq 
2s.e ôvquevTT eTiiAiHini ^en nec^^o ô^qqi ô^^om Tie22.ô>.q nis.c ô^noR^ ne ôvI-|-oo enôvi- 
^eA7V.o npeAv. n;)(^HMi oindx UTeqTWÊi^ e2s.oo ô^pHOT nes.iMHïni n&.uje ne^q e£ioA^èvpo 
ô^q^pe ne«£ièvA uô.p ee^ec^ioc niceupeTô^pioc^ uô^it eMÊioTV.. (fol. 14g hô.)" Ke2i.e 
TeqcpiMi Môvq ^eu OTrniiy^ nues.o'^- 24.e nevoc Mne27V.(i) MMe7V.oc tiTd.i\Tco.w.i epoq 
^oTVcoc. ô^qep oirco iie2s.ôvq 22.e e<iô.Av.oni nTeq2s.i22. ô^i;)(;^ôvC gi2<Len Tô^d<(Ç>e. ueoc 2s.e 
^iTen necniiyf nnevO'^ ô^cô^moïii nT2i.ï2i. Miiec^evi oto^ cvc;>^d.c 0ï2i.en Tecev'^e 
ec2i.co AiMoc 22.e 5en c^pes.» M(5>'t AV.Tii^e7V.?V.o eTô. t2sli22. Ai.TievOd.i TtoA\.i epoq '^ h) 

Je vous dirai encore ce grand miracle que fit abbé Macaire. Il y avait un scho- 
lastique ayant assisté à la discussion^ : il se nommait Pierre, il était orthodoxe 
ainsi que toute sa maison. Mais sa femme avait une lèpre énorme au front, 
s'étendant jusqu'aux yeux. Et lorsque le scholastique, à l'heure de la retraite, 
rentra à sa maison, sa femme vint à sa rencontre, comme toutes les femmes 
aimant Dieu, lui disant : «Sois le bien-venu, mon seigneur et mon frère;» elle 
lui apporta de l'eau, elle lui lava les pieds. Mais il vit la marque qui couvrait son 
visage, il soupira, il lui dit : «J'ai demandé au vieillard égyptien de prier pour toi : 
peut-être cette horrible (chose) s'en ira-t-elle de toi; car il a fait voir les yeux de 
Séléphios, le secrétaire.» La femme lui dit avec une grande foi : «Mon Seigneur. 
n'y a-t-il aucun membre que tu (lui) aies seulement touché.» — Il répondit, il dit: 
«J'ai pris sa main, je l'ai placée sur ma tête.» — Mais elle, dans sa grande foi, elle 
prit la ma.n de son mari, elle la plaça sur sa tête, disant : «Au nom du Dieu de 

I . A la marge tovy M.neviAvepoc poTç^i AvneqcDttopç^: lisez cette partie au soir de sa nuit, c'est-à-dire 
le soir de la nuit où la fête de Macaire commençait. — 2, Cod. Av.A.K*.pi. — 3. CoJ. nepa^OT^M^Ti^m. 
— 4. Cad. cpekU*.;)(;topiii. — 5. Cod. i\Avoi ne, ce qui ne signifie rien. — 6. Cod. niupHTc^pioc. — 
7. L'extrémité des "^eizc pages ou huit feuillets suivants a été coupée : par endroits il manque quel- 
ques lettres, ù l'extrémité des lignes du recto, au commencement de celles du verso. — 8. Mot-à-mot : 
qui se tenait debout à l'heure de discuter. 



MONUMENTS, ETC. 143 



MTlô^MHini GTOi nevCO)Md<. OTTOO CdvTOTq èv^TOTT^O U2i.e UICG£T ^w'^UJOHI i£\\ 

nôvOTôvii Av.Tiecco)Môw Tupq. iiic^oAd.cTiuoc 2^€ ue.vv TGqc^ii MI Ô.TI euiu nAoTuevc 
niiipecfiifir)T€poc eviroiTOTT e^pui ;îe< u(i)5^dw'\ev7r2SL ue^fifed. MdvUô.pioc- es.TroTr(o'uïT) 
A\.Moq. Aveueticcoc nesLcooTT nevq 2s.e t\(gu)icot avmou ui2slom uoT^iôwUi €;)(^oiu 

€C^H 0I2S.eH OTTTCOOT (0T)2v.e AV.Tlès.TTT'epe OT^n£lC UCe^evq ^e< OTMeilT ô<A'\ô^ 

GiyevTT^d^f^^q') ^i2s.eK '^'\t;>(^uïô».3 uôwTa. ncev2s.i (MineuccoTHp ny^c. 0.KI eTô.ino'Xic 
^en oTg^e&cco ecee&iHOTT è>.undvvye ntK\K eu- (nÉi) ceT^ccoA^ M'^pw^ uoTôwUt^eTVAoc 
uTe c^'^ OTTOO AVTi€ t^'^ X^*^ e!v;)(;^Hîi evTV-TVèv ôwqoiro«OR €£io7V.. (n)es>i 2s.g €T2s.co 
AV-MCOOTT èvqTconq iï2s.e ôwCiÊiô. Md.iies.pïoc" n€2s.ô<q ucooir ^en otsslwut 2s.€ es^otoTen 
n€MHï le OTT ne nô^ocoû neMcoTeti mh ô<ii e^oiru eTieTeïiHi eneo. (n e2s.e nic^o- 
Aô.cTuioc nôvq 2s.e kô.k Aineivi e^oirii enevui ^en tiiccomô^ evTvAô. hiomot uTe '^'\ 
eeneA\.eviv à^<^Tà!\'To tiTevcoiAv.!. (M)c^cop hôwOc Av.TiepeMÊio« epoi 2i.e è<uo\v ott'^ 
e£io7V.5eii neiiHôwg^^. (n)€2SLe ô^ÊiÉid. Mô^uô^pioc" uivq 22.e a\.ô^ coott av.'^'V ueAv. tck- 

(ce) vieillard qu'a touché la main de mon mari, quia fait voir les yeux des aveugles, 
qui a guéri la lèpre, guéris cette marque qui est sur mon visage.» Aussitôt la lèpre 
fut guérie : (l'endroit couvert de lèpre) fut de la couleur de tout le corps.*^ Mais 
le scholastique et sa femme allèrent à la maison du prêtre Lucas, ils se jetèrent 
aux pieds d'abba Macaire, ils l'adorèrent. Ensuite ils lui dirent : «Notre père, il 
n'est pas possible qu'une ville placée sur la montagne soit cachée; on n'allume 
pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la place sur un chan- 
delier selon la parole de notre Sauveur le Christ. Tu es venu dans cette ville 
sous un humble habit; mais tu t'en iras orné comme un ange de Deu et Dieu 
ne t'a point caché, il t'a manifesté.» Pendant qu'ils parlaient ainsi, abba Macaire 
se leva et leur dit avec colère : «Que me voulez-vous, ou qu"ai-je à faire avec 
vous? Suis-je jamais allé dans votre maison?» — Le scholastique lui dit : «Si tu 
n'es pas venu corporellement dans ma maison, du moins la grâce de Dieu qu' 
est en toi a guéri ma femme. Non, mon père, ne te fâche pas contre moi, car 
j'ai la (môme) foi que toi.» — Abba Macaire lui dit : «Rends gloire à Dieu, ainsi 

I. Cod. e^qTOTTÛoq. — 2. Cod. Av.e.Kivpi. — 3. Cod. -^At^h^^- — -■ <^^^- i\H«\.\iyciu\H cHn.\iucnv\H 
«RceActoA. Il y a une répétition fautive. — 5. Cod. AVô.iu\pi. — 6. Cod. oTeûoA*ei\ : ce qui peut aller 
à la rigueur. — 7. Cod. Me.Re.pi. — 8. Mot-à-mot : elle (la lèpre) fut de la couleur de tout son corps. 



144 ^- AMÉLINEAU. 



ô. Tieqojnii uje eilioA^eti (T)no'\ic THpc oiro^ ev £ô.n mujC-^-) avmkuj ewoTr-^ m.^- 
pH-^ (n)nids>TiocTo'\oc. 

(ô.c)uï(OTiï 2i.e ott noiregooT ô^ Tii(e><p)xie^ïCJioTioc mtc i\cùncTevnTmoTTio?y.ic' 
oTTCopn nccott e(T)Rd.eoAn\H cirnd.^ic dwi-^-^o (€)ô.£i£iô. Md^Rô^pioc^ pme. MTeqi ne- 
(M)d.n neoq a^e MnepoTTCoiy ei. (fol. i5o iï^) eTô^nogi a.€ n-^po epoq mouic ô.(i)- 
€KOT MneqoHT eepeqi neM(ô^tt) ds.-yoïrcopn pô.n ï\eTe£incoo(Tri) nô.n ^mô. nTenô.- 
Ahi eptoo-y. ô^hou 2s.e Tie2s.Hi nevcj 2s.e tiô^icot to.7V.or enôviTeCinH n'\ei\Tri)RH. 
neoq 2!^e ne22.ô.q «hi 22.(e) eujcon ô.iujevMMO-!r T0.A01 epoq ô^noR 2s.e eion^ '\-nev- 
Tô^TV-oi epoq d.n. oirop ô.iRdv'^ e«R (e)Teq2sLco mmcoot «hï. ô<iep otco ne^q eiAiouji 
2i.e îii^(eA)7V.o n^OR eenes.'^- cmott tiô^n (Mjc^ooir. nG22.evq tiHi 2SLe mmom nevoc 
nicoT 0.Ï10R d.n Tie ô^iuô^tt epoi ^(en) nd^i €2SLCop^ epe otom OTpco(Mi) 22.00 mmoc 

«RI 22.€ MÔ.RÔ.pïOc3 (M)ll€p5i CMOTT RTOTq R^TV-I np(co)MÏ ÇÊiRA «TGR^I RTOTq 

n(2s.ï)ocRopoc. eTes.n;>^es. '^cTRes.^ic €Êio7V. es.ni e(ni)Mes. ettes.5'ev?V.R0TT MAV.d.T ô. hkô.- 
"Xott) RciOTp MICÔ.R7V I ujô^poR evqT(ev)Mon eq2s.co mmoc 2s.e ic 2^^ ReoooTT av'-:|)oot 

que ta femme, pour la guérison qui lui a été donnée; car moi, je suis un minime.» 
— Et sa réputation se répandit dans la ville entière : une grande foule se ras- 
sembla comme pour les apôtres. 

11 arriva un jour que l'archevêque de Constantinople nous fit mander pour la 
cynaxe catholique : je priai abba Macaire de venir avec nous; mais il ne voulut 
pas y aller. Comme nous persistâmes à le prier, à peine pûmes-nous le décider 
à venir avec nous. On nous envoya des bêtes de somme pour monter dessus ; 
et moi, je lui dis : «Mon père, monte cette bête choisie.» — Mais il me dit: 
»Lorsque je serai mort, fais-moi monter dessus; mais vivant je ne monterai pas 
sur (elle).» — Et je compris ce qu'il me disait. Je lui répondis en marchant : 
«Vieillard, c'est toi qui nous donneras la bénédiction aujourd'hui.» — Il me dit : 
«Point du tout, mon père, ce ne sera pas moi. J"ai vu cette nuit, il y avait un 
homme me disant : «Macaire, ne reçois la bénédiction de personne, à moins que 
tu ne la reçoives de Dioscore.» Lorsque nous eûmes fini la cynaxe. nous allâmes 
chez nos hôtes : le jeune eunuque Misaël vint nous apporter une nouvelle, disant : 
«Voici quatre jours aujourd'hui que le roi a envoyé chercher Nestorios en exil : 

I. Cod. nT€ HcocT^nTiivOTnoA.ic. — 2. Cod. Av&,nevpi. — 3. Cod. M.«,H&pi. 



MONUMENTS, ETC. 143 



ic2s.en (e)Tes. noTrpo oircopn «cô. ttecfTo)pioc ;$eu 'Ve^oipicxi*. oTop; MiueMi uja. 
^OOTT es.li €Tes.MCOTeM. ne2s.e ni^eTVAo «evq 2s.c A.ieMi ^dx) (n-^^) iie^ujupi e^AA*^ 
qnes.2i.eMq es.» eq(o)n;5 n2s.€ ni&epes^evpioc ' 112s. (c;evp Mnid^ce&uc ereAVAies^T 
ne r^ooTT ic24.€n eTes.qMOTr ^€noT(g^o)o7r MMeTe&iuti e^oxe po)jw.i lui&en. 0.» ok 
2!!É.e ii€2s.Hï nevq 2s.e es.i\eMi econ (ii)es.icoT. (n)e2i.d.q «hi 2s.e ic niMes.^ ^ uessLopo 
(ï)c2s.€n cTevinô^TT epoi ei^H ^en uiuevCTpcu «Te ncTMfcoAsL fes.jnou ue.u -^ii 
€eoire)^& Miipo<^H(T)Hc es.Tiev lyenoT'^ ('^w) eTè^^nep oirojpn «ccoq e'^CTTuoss.oc e^u- 
2s.eMq eTe^ ueqccoMds. ep (es.)T2s.0M Mnequji neMes.ti ^en tiiccomô^ evAAes. d<qi t\eMes.»i 



;é€n ninnes.. ois-o*^ evinô^ir ococ epe «ecTopioc fc)es.22.i neMôvq 2i.e ô^Aioti uHevi^x^'pHj- 
Aies. nTCRCopoTT ttniOHRi. (n)eeo7rev£i 2s.e Mnpoc^HTHc ô^nes. (iy)€noT'^ iie2s.es.q tievq 
2s.e d.pi o(M)o7V.ouein- 2s.e oiTMevc uot'^ Te Mes.(pï)ev -^ne^peenoc oirop es.«0K -^iieK- 
(TH)iTO'y «TOTR. (nies.)ce£iHc 2ve eTeMMôvir necTo(pï^oc e^qep ottco ££n neq\es.c 
(eT)uj07riyô<Tq efeoA 2sl€ ceep to (»)enicï\onoc MnoTriyecoT Mnev(g)HT e^pi2s.o) 
Mnes.ïces.2s.ï neoR (e)enes.ecoT MnevOHT eepi2!£.oc 2s.e ev (o'T)cpiMi mici m'^-^. «a.i 
:^€ €Tes.q- (loi. 1 5 1 ne) totto^ iie2i.e ni^eA'A.o e^nev lyenoTT'^ nevq 2s.e neou otôsm*.- 

je ne l'ai su qu'aujourd'hui, je suis venu vous rapprendre.» — Le vieillard lui 
dit : «Je le sais aussi, mon fils; mais le vérédaire ne le trouvera pas vivant, car 
c'est le quatrième jour que cet impie est mort dans la misère la plus grande 
du monde. »''^ — Mais moi, je lui dis : «Comment le sais-tu, mon père?» Il me 
dit: «Voici quatre nuits que je me suis vu placé dans le camp de Bsumbeldj. moi 
et le saint prophète apa Schnoudi, celui que nous avons mandé pour le synode 
et que nous avons trouvé sans force ;^ il n'est point venu avec nous de corps, 
mais il est venu avec nous d'esprit. Et je vis que Nestorios parlait avec lui disant : 
«Prends ces richesses pour les distribuer aux pauvres.» Mais le saint apa Schnoudi 
lui dit: «Confesse que la vierge Marie est mère de Dieu, et moi, je les distribuerai 
pour toi.» Mais cet impie, de sa langue digne d'être coupée, répondit : «Les huit 
cents évêques n'ont pu persuader mon cœur (et me faire) dire ces paroles : toi 
me persuaderas-tu de dire qu'une femme a enfanté Dieu?» Lorsqu'il eut dit cela, 
le vieillard apa Schnoudi lui dit : «Toi, sois anathème avec tes richesses.» Mais 

I. Cod. itifiepeTCi^pioc. — 2. Cod. A.pioAvo\orm. — 3. Cod. CTvxqTOTr (sic). — 4. Mot-à-mot : dont 

une misère mauvaise plus que tout homme. — 5. Mot-ù-mot : et nous l'avons trouvé, son corps était 

sans force. Ce sont ces paroles que M. Revii.i.out applique fort mal à propos à Nestorios. 

10 



146 



E. AMELINEAU. 



iiOTTiiOTT epe neqTV-ôkC cd.ùo7V. «pcoq eevqep qeuT ô^^mott ^eti ottmott eqoi noc^. 
eTdv «dvï 2ve lyconi ne2i.evq nm 2s.e ujini uces. nïnô^Tpïô.p;)(^Hc 2s.iociiopoc Tonco 
OTTop '^ ujiïii epo(q) ^ooiv 2SLe Tennes>Tr euenepHoir d>.n 2s.e ^eu niccoMô». ô^ATVô^ Ten- 
uis-TT enenepHOTT ^d.Ten nx^ iienccoTHp ujini ncôv nene(pH)oTr ^en iioc. u-^oiniOTr 



coeMOTT ôiieMï 2s.e oTTinô^Toc^opoc ne otto^ 01^1111(0.) Mnpoc^HTiRon eT^.»^ Av.eMevq. 
OTOO Mnô.T€ cocu ujooni ôiTTini nic^ixi tvT€ necTopioc èvTr(rb(22.ï)' e^oirti ujô. Tioirpo 
eTMe^ MMe(e)peq2i.i ottôv niÊie» nô^i e'^nô^x^ pwi epcooir eujTeM(i)2s.OTOTr ^(i)nev 
UTô.ujTCMîJ'ôw^eAi uptoi e(i)MOTr'^ epoq 2S-e eeones.cx.ïCTKc (nr') ottoo uô^i ô<i2s.o- 
TOT ujes. nô^iMiv e^Êie nj^&Hoiri neAi »i2s.om neM uiuïc|)Hpi MiipcoAti mc|>'^ ô>.Êi£ies. 

MÔ.UÔ.piOC- TlI2s.niôwïOC.^ 

eTis.n2s.iMi 2s.e noTr2i.oi epe ^ô<n cnHOir npeM Tes.£iennHCï tôvAhott epoq n'^oir- 
uoTT ôiieMi 2i.e necouj mc^'^ ne)^ eepenTes.7V.oq neMcooTT. eviMOir'^- eoTô^ n^HTOir 

l'apa Schnoudi fit signe de la main- à un ange qui le frappa d'une grande plaie 
et le mit dans de grands tourments : pendant trois heures sa langue sortit de sa 
bouche, laissant sortir des vers : il mourut d'une mort terrible. Lorsque cela fut 
lini, Schnoudi me dit : «Cherche promptement le patriarche Dioscore, annonce-lui 
cela toi-même, que nous ne nous verrons pas de corps; mais nous nous verrons 
devant le Christ notre Sauveur : cherchons-nous l'un l'autre dans le Seigneur.» 
Aussitôt je m'éveillai de ma vision et voici que les lettres approchent.» Lorsque 
j'eus entendu ces paroles, je vis qu'il était pneumatophore et que l'esprit de Dieu 
était en lui. Et sans retard on apporta les lettres de Nestorios. on les porta au 
roi, remplies de tous ces blasphèmes que je tairai pour ne pas les dire et souiller 
ma bouche en le disant un Dieu passible. Tout ce (qui précède) je l'ai dit jusqu'ici 
sur les œuvres, les vertus et les prodiges de l'homme de Dieu, abba Macairc le juste. 
Kt lorsque nous eûmes trouvé une barque montée par des frères de Taben- 
nisi, aussitôt je sus que c'était la volonté de Dieu que je le lisse monter avec 



I. Ce mot est douteux, le ms. donne intcTo ... à cause de la coupure. — 2. Cad. evûûx .\u\Hv\pj. — 
3. (.od. ui;>vJKCoc — 4. Ce mot nécessaire à la phrase copte manque. — 5. Mot-à-mot : remua sa 
main. 



MONUMENTS, ETC. 147 



eueqpes.u ne evtiofeicoiv es.icd^25Lï «eMes.q e^ûe d.udv Mô^uô^pioc' ace ^nt^ i\Te-^T*.Ao-i 
neMô^q eviTô^Moq eniotofe 2SLe epe no-ypo oircouj e^oodeq. f»\joo)OT 2^€ evTpA.u}i 
eir22.w AiAvoe 2s.e d^HojevHcoCi'^- eÊioTV. Avne«^o)£i Tetuiô^T^^Ao-^ neMô^ii. d<ioeMci - 2s.e 
is.ïCô^2s.i neMô^q eipiAii eieMi 2SLe TeHHdwUds.T eueuepuoTT 0.ÏI 2s.e ;5€m iuco.h^v nue- 
con. (u)eoq 2s.e iie2s.evq uhi 2s.e AvneppiMi w nevioiT 2s.e othi uô^p en\d.Avo-y e2s.eu 



'^pôs.u AiTi^c e^&e 2SLe .vv.A\.on ïveeMTOïi ue^Tes^pe iinvocMoc ujô». iiiepooT «;*evie. 
(n)e2s.Hi uôwq 2s.e eipiAvi e^n e2s.eu ncl^cou efeoTV.^ MneiicHoq evAAd.^ 2s.e epe iieii- 
ccoMôv ïves.c^cop2s. e&oA nueuepHoir. (o)Trop iviivco7V.p nuôw2s.i2î. e2i.eïi mot- (fol. 1 52 113) 
epHOTT ei22.w MMOC 2S-€ Aiivpe c^(o'y)coiy av.cjJ)'^ ujwni ^eu poiÊ uiûefu) «chot uièen. 
eneqpôvc^ 2s.e es. nicnHoir »pe(M) revûeunucï i nessLCooTr uhi 2s.re) neiHOT Mevpe 
menicKOTioe T(d)v)'\oq ne.vid^u ues.TeK. ^pw'^ eTd.iiepue'A.eTreiïv^ neuicoT. eTô.ui 2s.€ 
efeoTV. pï2s.eM <^icom ô^tip(i)Mi ^e» oiruiuj'^ «pïA\.i eMes-iyco nessLHi «ô^q 22-e +iyiMi 
epoiv T(o)tico co A\.d.ivd».pioc' nieMHi MTiepep Ticofeiy nTevMeTe7V.ev^icToc ^feu) neu- 
npoceT^rt eeoTrô».Êi. '^ep ^peiô^*" niieuuj7V.H7V. kchott ni&fen) .viè<7V.icTô^ av^oot 
eioi i^ô^p Aic|)pH'^ MOTrectooTT uoTTcoT ^(en) ^mk'^ npevïi OTTtoiiiy. '^ccootm uôvp 2s.e 

eux. J'appelais Tuii d'eux qui se nommait Anoubioii, je lui parlai d'apa Macaire 
pour qu'il le prît avec lui, je l'informai que le roi voulait le tuer. Mais eux se 
réjouirent, disant: «Lorsque nous aurons préparé notre affaire, nous le prendrons 
avec nous.» — Je m'assis, je parlai avec lui sachant que nous ne nous reverrions 
plus dans le corps. Mais lui me dit : «Ne pleure pas, ô mon père, car certes je mour- 
rai pour le nom du Christ, parce qu'il n'y aura point de repos pour le monde 
jusqu'au dernier jour.» — Je lui dis: «Je ne pleure pas sur leffasion de ton sang, 
mais parce que nos corps seront séparés l'un de l'autre.» Et je frappai mes mains 
l'une contre l'autre, disant : «Que la volonté de Dieu se fasse en toute chose, en 
tout temps.» Le lendemain les frères de Tabennîsi vinrent, ils me dirent : «Notre 
père, que l'évêque s'embarque avec nous, comme tu l'as ordonné, notre père.> 
Lorsque nous fûmes arrivés sur la mer, nous versâmes de nombreuses et abon- 
dantes larmes. Je lui dis : «Je t'en supplie fortement, n'oublie pas ma petitesse, 
ô Macaire le juste, dans tes prières saintes. J'ai besoin de tes prières en tout temps, 
surtout aujourd'hui; car je suis comme une brebis seule au milieu des loups. 

I. Cod. AVôwRjvpi. — 2. Cod. ocMCi, sans le préfixe. — 3. Cod. cipiAvi v\n c-xen u-\><ou cêo.X ,m\ 
AvncKCiioq. — 4. Cod. eTO^ucpReAcTctn. — 5. Cod. û> MA.Rek.pi. — 6. Cod. T*^PXP"^- 



If)' 



148 E. AMÉLINEAU. 



X»^^^ ^^à<\K oev HOC nujopn epoi ôs.piô.ciiev'^eceôvï ' miiô>.ïcot inrpiA?V.oc eK2S-to 
MMOC 2s.e î2s.iociiopoc TneXà^yiiCTOC o(iro^) neRUjHpi eq^^^H^ ^en ^^mh'^ w^t^n 

MHUJ MMOTI d.2S.0C ïlô^q 22.6 nôwICHOTT ^i>.l G'^ep "yQ^^liK^ MMOW. Ô.2S.0C Unô^ïô.'^ 

THpoTT e^0Trô.£i f2s.e) MTie 2s.iocïiopoc TôvRC ^Ai ^en ninô^^'^ e^TVAô. '^«ô.ucot e2i.en 
cen'^ eTô.peTeniica'^ e2s.co(q) '^noir. ôv22-OC mtiô».icot es.ed.Hes>cïOc niHïi(io)- (uh) ^oc^ 
«Te ni^ OTTO^ neq^^inneirc - 2s.e Mevpe TiesiKttô.. iicofc e2s.coï €Tid.icHOTr <^d.i '^noir 
ne '^ep •xs^^hk" m^TV-ôvc MTTi^e7V.Ao neTpoc \^.£^A ô^Ae^ô^nss^poc. (ev)2s.oc Mnô>.ï(OT 
KTTpiTVTVoc 2s.e '^ep ^peies.7 mmoi\ hïmô^c mmotti Tiie£io7\.^eti tc^ttAh mcm iiuenoc 
H2s.dwiri2s^ <^H eTôwqtTpo eniTioAeMoc tiTe niô^cefcnc necTopioc ujô^ c|)Mô<pHc ni£iis.p- 
£ievpn\o« iiTe ^hmi. (ô>.)2s.oc tinô^ïc^ TupoT no.vioTVoi^iTHc 2s.e Mnepefiiy ^hmott 
epoï £<èn ueTenTooÊig» '^ïiô^'^coti nnô^epMCOoTTi eûoTV ^ev neTen5'ev?V.ev'!r2s.. ^Hnne 
ô^Rnô^TT eïiôvïMHUj n^d^ipeTiuoc^ co Mes.ud.pioc mmom oirpcoMi «otcot '^ «TOTq 
tteMHi €&h7V ec]|)'^ AiMô^Tô^Tq. ('^)ccooirti co Mes.i\es.pioc 22.e Av.ndv«TejvGpevnivUTd.n 
€<^'^ nu eeoTrô».& THpoir iies.i eÊioTV. ^d>.2S-C0R nceepôvcnô.'^ec^evi^ mmor nnevTiKtoc. '° 

Je sais que tu iras vers le Seigneur avant moi : embrasse mon père Cyrille en 
disant : Ton fils, Dioscore le minime, se trouve au milieu dune multitude de 
lions. Dis-lui : Voici le temps où il a besoin de toi. Dis à tous nos pères saints : 
Dioscore n" a rien perdu de la foi; mais je bâtirai" maintenant sur le fondement 
sur lequel vous avez bâti. Dis à mon père Athanase, le conducteur et le cocher 
d'Israël : Que ton esprit se multiplie sur moi maintenant : aujourd'hui j'ai besoin 
de la langue du vieillard Pierre ainsi que (de celle) d'Alexandre. Dis à mon père 
Cyrille : J'ai besoin de toi, lionceau de la tribu et de la race de David, qui as 
vaincu dans la guerre de l'impie Nestorios jusqu'au Sud barbare de TÉgypte. 
Dis à tous mes pères les confesseurs : Ne m'oubliez pas dans vos prières, je ré- 
pandrai mes larmes à vos pieds. Voici que tu as vu cette foule d'hérétiques, ô 
Macaire; il n'y a personne avec moi, sinon Dieu seul. Sache, ô Macaire, qu'a- 
A'ant que :a ailles à la rencontre de Dieu, tous ces saints iront à toi pour t'em- 
brasser spirituellement. Grave ces discours dans ton cœur'- : s'ils t'interrogent 

1. Cod. ô-piA.cnA.5ec«e. — 2. Cod. qx"- — 3- Cod. 'VcpDCP'*'- — 4- ^-od. uicn . . . roc. — 5. Cod. 
ç^TiieTC. — 6. Cod. "^^cpxpicv. — 7. Cod. '^ep^pie.. — 8. Cad. iiotpeTiROC. — 9. Cod. ucecpe^cnev- 
5ccoe. — 10. Cod. nu*.TiRoc. — i i . La construction de Dioscore n'est autre chose que cet édifice 
de la foi dont on [..irle souvent en style ecclésiastique. Cf. Ev. sec. Matt. VI, v. 24 — 29. Luc. VI, 9. — 
12. Mot-à-mot : écris ce discours sur les tablettes de ton cœur; ce qui est d'un style assez prétentieux. 



MONUMENTS, ETC. 14g 



MtooTT enen^Ti n(2s.)onc «€m TOTrMCTpcqssLen 2s.o)pi €2s.o)«. ('piiuiue •^oTO)pii mmok 
n2i.0)pou (^jô^2s.oii Mo», nivep r^MCTri u«h eeo7rô.Êi Tupo^ \-eMi 2s.e ceu<v- (toi. 1 53 ïïôi 
I eûoA ;ies.2s.C0K !i2SLe uiTes.uMis. THpoTT tiTe uir^HOiri uid>wCi'e'A.oe ïicm uiô^p'\;^evrc€- 
7V.0C cetievi eÊi(o7V.) ^es.2s.wu 2«.e ô^uep iyc]|)Hp oom\ enoTTOTrfeo. tuupo'\)UTHc \\à<i 
e&oTV. ^evTeu^H 24.€ equjon' «;iHTi\ U22.e oimuev MTipo''^HTiuo!\ uAiè^c 2fi_e ô.u'\^oo 
^€n HOC Mneqp(H.'^) otto^ ô.i\Tds.i\o hro^oc nieiTVcùAou- cT^eu Tieueouj eAiceoc 2s.c 
eviiTOTTÊo Mïiniô^R ce^T MiieqpH'f uiôwnocToTVoc 2s.e d.KU]Gn ^ici eopiu e2s.€u ni- 
nes.^'^ MTioirpH'^ niMô^pTirpoc 2s.e cend.^oe£i€ïi ^cor e2s.e!i tiiuô.o-\- MTio?rpu-V »i»ô^p- 
■©enoc 2S.C u^ok. OTriiôkpee«oc ^cok miomo7V.ouithc 2fi.e e>.iiepoMo7Vouem^ MTieA<.eo 

MMA-pUId^nOC OTTOO MTiei\ep ^O'^ ^ôwTeq^H UId>.TIOTd.l\Tn\OC 2i.e MMOtVTdvl^ AVMdvTT 

h'^mô^o c^'^'^ niyeHii. nevi THpoir nô^i eÉioTV ^ôv2£.t05\ co Mô^i\d.pioc.- e>^qep otco u2SLe 
ô.fc&ôv Mes.i\evpioc'' nG2sLes.q nui 2fi.e i\hïi epoi\ w iiev(oc) hicot €i\2fi-00 uuevi eoT- 
pooMï ii(e)ÉiiHn €£io7V^en hirô^^i ottoo . . . ./ efeo7V.^en Tc^e uèvipooMi «(eiDccoTeM 

annonce-leur la violence que nous subissons et leur oppression sur nous. Voici 
que je t'envoie comme un présent pour me précéder : rappelle-moi au souvenir 
de tous les saints : je sais qu'iront au devant de toi tous les ordres des cieux; les 
anges, les archanges iront au devant de toi parce que tu partages leur pureté; les 
prophètes iront au devant de toi parce qu'un esprit de prophétie habite en toi; 
Élie, parce que tu as été zélé pour Dieu comme lui et que tu as détruit Kothos, 
l'idole de ton nome; Elisée, parce que tu as guéri la lèpre, comme lui; les apôtres, 
parce que tu as souffert pour la foi, comme eux; les martyrs, parce qu'on te 
tuera pour la foi, comme eux; les vierges, parce que tu es vierge aussi toi; les 
confesseurs, parce que tu as fait confession en présence de Marcien et que tu 
n'as pas eu peur devant lui; les apotactiques,^ parce que tu n"as point ici trois 
tuniques. Tous ceux-là iront au-devant de toi, ô Macaire.» — Abba Macaire 
répondit, il me dit : «Cesse, ô mon seigneur, de dire ces choses à un pauvre 
homme qui est sur terre et loin du ciel : ces hommes t'écoutent, ils diront que 
je me complais en ces choses. Je sais, ô mon seigneur, que ta bouche est sans 

I. Cod. qujon. — 2. Cod. nii2s.a)A.OH.. — 3. Cod. A,r.cpoMoA.Oï^in.. — 4. Cod. .u.wiw u-\-nv\2-\- (sic). 
La correction n'est pas certaine, et partout la traduction. — 5. Cod. ta .v\.i\HA,p«. — b. Cod. A,6iàiv 
AVd.K».pi. — 7. Il y a ici une petite lacune que je ne peux remplir; il semble qu'on doive lire un q 
dans le ms. — 8. Les apotactiques, comme le mot l'indique, sont des gens ayant renonce à tout. 



l5o E. AMÉLINEAU. 



epoi\ ucesLOC 2i.e '\-môw('^-j m^htott. -^ccooirn co nevoc (q) 22.e pcou OTTôv^^MeTnoTrss. 

€£10^ d.icd.2s.ï «e.vv «H GTOï nssLOi 2s.€ è^pexenep neMnujd. «OTTïuiy^ «eHCôvirpoc^ 
oTe>.nocToAoc uevp ne eTTevAnoirT^ neMcoTGH. (n)ooq 2s.e Tie2s.d.q nm 2s.e '^-ujini 
€poiv nô^ïcoT eeoTd.£i AVô^pe neuujTVHTV eeoTr0.f1 .ucuji neMHi ujô. 'fx^'^ Av.Tid.iuoc- 
Moc nctoi. MnequHM eqwuj efeoTV. ujiv -^-rhu eiccoTeAv eTeqcMH ^eti c^iom. 

(es.)uoiv 2s.e oto eviTô^ceo eimi n7V.oTuevc ninpecCiis^Tepoc ei*^ woir mc^)-^ essLen 
n<^0L)p22- eCioTV ntveirepHOTr. (i)c ^rnine co nicnHoir èvi22-co epcoTen «07rô.TiOA\.epoc 
5en «H eTô.iuô.-y epcooT «cm mh eTô^icoeMOir eeûe èvÊiûev Av.d.î\ô.pioc • tiiotthCi 
eTTOTÛHOTT (o)Troo .^vnines.ir epoq nuecon ^en niccoAiô. ic2s.en nie^ooir eTeAVMô.T 
eTes.ïopï OTTU eipe2i.pco2s. ee£ie n2s.i nc^oopsa. e&oTV. uneuepHOT a. ny^c ecoT Mnô<- 
OHT (fol. 1 54 që^ evittôiTT epoq eujeMuji neMHi 0ï2s.e« '^Tpô.ne'^ô. MMon iy2s.0A\. 
M(ni)Aè.c ncevp'Z ec^ipi enitooir eTô.(i)nô.ir epoq tt;5HTq. 

eTes.qccoTeAv 2s.e euô.ï tt2s.e es.n0. nô.cpnoiT'^ niô.px.ï-^^^^'^^s.piTHc n€d.(q)ï uevp 

mensonge; mais je ne suis pas digne de ces honneurs.»^ J'appelai Pinoution son 
diacre, je lui dis : «Demeure au service de ton père, mon fils.» Et lorsque j'eus 
dit ces paroles, nous priâmes, nous prîmes congé de lui, je parlai aux gens de la 
barque disant : «Soyez dignes d'un grand trésor; car c'est un apôtre qui est monté 
avec vous.» Mais il me dit : «Je te le demande, mon père saint, que tes saintes 
prières m'accompagnent jusqu'à ce que je laisse ce monde derrière moi.» 11 ne 
cessa de crier jusqu'à ce que j'eusse cessé d'entendre sa voix sur la mer. 

Et moi, je retournai à la maison de Lucas le prêtre, rendant gloire à Dieu sur 
notre séparation l'un de l'autre. Voici, mes frères, que je vous ai dit une partie 
de ce que j'ai vu et entendu au sujet d'abba Macaire, le prêtre pur. Et je ne l'ai 
plus revu dans le corps depuis ce jour où je restai affligé de notre séparation 
mutuelle l.c Christ consola mon cœur : je le vis faisant le service avec moi sur 
la table; i! n'est pas possible à une langue de chair de raconter la gloire dont je 
l'ai vu revêtu." 

Lorsque Paphnuti l'archimandrite eut entendu cela, car il était venu dans le 

I. necst ne. — 2. Cad. oTrc^vrpoc. — 3. Cod. ncTTA-AiiOTT. — 4. Cod. AVt\iu\pi. — 5. Mot-fi-mot : 
je n'approche pas 4e ces mesures. — 6. Mot-à-mot : de raconter la gloire que j'ai vue en lui. 



MONUMENTS, KTC. i3i 



^evpoi ue eniMô. GTô.Trepe^copi'^eiu' mmoi epoq evqep yLj\)upi ev-\T^Avoi 2£-f ô^t-V 
tioiriye hc^ôvT e^piii ;*.gu H€qô.ud.uivevioH2 d,qMofTrj ^eu pexuo-V ô.'A.uocor ei^ ma.- 
ues.pioc-^ (Tici eMô^iyco ium^v uô^p CTev ^>uo£ii d.iyevi MMo(r-j) ô^qepoT^c ^.uj^vj mmo^ 
n2!£.€ niOAioT €Td. ïipeuoc ues.2s.oiM ep »o£ii ;ie\i ueviMeAoe ev OTnopuie^ ujoiw ;5en 
iiipcoMi €Tiv niOMOT nT(e) c^'^ ujcoiii ^eu ôwfc&ôw .v\.ô.iid.pioc ' ;i(d.i ue-^MeAoc. e». 
iiï2^iô.£ioAoe ^ïci eq2s.op2î. epo(q) ^eu ueqeuieTrAv.iev Mi\equj2S.GAV.2s.o.u utô.^otT^ 
e^piii OTr(oo) nô^peeivoc ne ïe2i.en TeqAv.eTKOTr2s.ï c^mott ues.p «d<.fcfcev A<^«.uevpioc^ 
uoTTMOTr Ô.ÏI Tie. ôiMOi oco UTeviioocM ^e\v nô.iKo(c)MOc Mc^pu"^ .vvAve>.ive»wpioc ;îiv 
nïGTV-ôi^^i^^icTOc 2viocKopoe. oiro^ evquje ud.q epes^Tq .uneqoe €qTdv2s.puo7rT :iç\\ ui- 
nevO'^ (q£i) gtcottcoïi eq2!Lw avmoc ^eu nî2$.ï«epeqcwo'yTeu AVAvoq euoc 2fi.e uu 
eTdvivrHJTOTT Av.nïTevUG oAi eCioA «^htott. 

(tl)es.ï 2^G THpOT €TÔ.I2S.OTOir €nTÔ>.IO A\.C^H GeOTTôwCl is^Êfeô. AV,^v\lô>.pi UIOAUll 
'^OTTCOUJ** Oirn GTÔ>.AVtOTeU CO ïlô^.CtlHOTT MMenpiT OTTOO MMÔ^.inOTT'^ eni^ici eTdvU- 

lyonoTT MUô^iMis. ô<7V.7V.es. '^ujoiriyo'y mmoi cvn ujevu'^ss.cou e&oA Aiue<2^poA\.oc ugav 



'^2s.iô>.jiouiô». gtôwkTîtc iiTen (ii)6.oc ihc n^c cj)n eTô.qepiGp îieA\.iiujd. AiiiiGirô^i:'- 

lieu où l'on m'avait exilé, il Ixit rempli d'admiration, il m'apprit qu'on lui avait 
donné des coups de pied sur ses parties sexuelles, qu'il mourut à Rakoti. Vrai- 
ment xMacaire a été grandement exalté, car où avait abondé le péché, la grâce a 
surabondé : la race d'Adam a péché dans ces membres, les hommes ont forni- 
qué :"la grâce de Dieu a été dans les membres d'abba Macaire. Le diable s'est 
levé, lui tendant des embûches dans ses désirs, il n^a pas pu le faire tomber, et 
il était vierge depuis son enfance : aussi la mort d'abba Macaire n'est pas une 
mort. Qu'il me soit donné, à moi le minime Dioscore, de me sauver en ..e monde 
comme (l'a fait) Macaire! Et il est allé vers son maître, affermi dans la rectitude 
de la foi, disant en s'olfrant au Seigneur : «De ce que tu m'as donné, je n'ai rien 
perdu.» 

Tout ceci, je l'ai dit à la gloire du saint abba Macaire le juste, .le veux donc 
vous raconter (maintenant) les souffrances que nous avons endurées en ce lieu, 
mais je ne m'(en) glorifie pas avant d'avoir terminé ma course et le service 

I. Cod. cTewTcpe2û>pi3in. — 2. Cod. iicqû.ii«.T:'Keoiv. I.c sens de parties sexuelles attache à ce mot 
est très rare, s'il se trouve. — 3. Cod. e^ AVfvKci.pi. — 4. Cad. cvêêcv .vvv\iu\pi. — ^. Cod. iu\66»\ .\\»\Hv\pi. 
— 6. OTtoty sine '\'. 



l52 E. AMÉLINEAU. 



ueTVicTHc Mô^puoc eep!ô.MOtti Miieq€^po«oc. fen)ei2s.ii ud.p ô. T€TeHMeTcon f2s.)conT' 

necTopioc ne eTevqç^opujneq^ uenicROTioc (n)è.qMe-yi ud.p ne^q ne 2i.e OTeMHï 
ne «ecTopioc M-^pH-^- M(n)ieMHï iOL>ô.nnHc (ô.7V.)7V.d. epe c|)'\- -^-lyeÉïKO nevq n^evn 
ne^&ud^neir n'^ujefeico nnineTgcooT TnpoTT eTô^qe^iTO-y «hi (fol. i55 qF) evnon ^d». 
ni£\d>.y;i\cToc neM m(h) eeneMHi Mnett^.^^ e'^oci epon Mô.ATVon 2s.e evq-^ ohott 
MTenvJrTTX."- nes^nTcoc nTeq2s.oc ^(oq Mc^pH'^ Mnoirpo nuepô^pcon Mn(i)cHOTr eq2s.to 
MMoc î22.€ oV\d.oc «evTeMi evn x,*^*'^'^^'^®'^ ^°^- ïiô^*^!" A.q2SL0c 2s.e ^en ottoht 
e(e)oiriv& neM oirvyTrx.ï^ ecTennfHOTT) e^nep c^evi dw7V.7V.es. Mni^^ï^ ^ep noÊii. c(o- 
TeM e-^-iy^npi eTd<qepcHMô<ïnein^ mmoc nes.n n2s.e cevCimofc) eô^q'^ cooir u'^Tpievc 
eecTTôwÊi eefce c^h eTô^qujconi. 

'^nev2i.co epcoTen m<^h eTes.qiyooni. ne OTon otô.hôwUhcocthc 2s.e ^en Td».ïnoAic 
nujnpi ne noTrnpecÊiirTepoc ne. tô^x^ n^oq neM neqicoT neM oTr2s.ievi\con eTT-Ti 
CMOTT ^en 0TreHn7V.Hciev otto^ neujes.ir'^ nninpoc^opev neM nievnes.px.w Mnies.- 

qui m'est échu de mon Seigneur Jésus le Christ qui m'a rendu digne d'occuper 
le trône de l'évangéliste Marc. Car votre fraternité s'est irritée contre Sabinos, 
l'évêque de cette ville, à cause de tous les maux qu'il m'a fait (endurer) dans son 
ignorance. Nous avons dit à cet autre qu'il peut être pardonné parce que Nes- 
torios l'avait ordonné évêque, et qu'il croyait Nestorios véridique comme levéri- 
dique Jean. Mais que Dieu lui rende le bien en échange de tous les maux qu'il 
m'a faits, à moi le minime, et à ceux qui étaient avec moi : ne le laissons pas 
nous maltraiter; mais il a fait profiter notre âme. En somme qu'il dise comme 
autrefois le roi de Gérares, disant : «Tu ne perdras pas un peuple ignorant. 
Seigneur?» De nouveau, il dit d'un cœur saint et d'une âme contrite : «Tu as 
tait cela,'* mais je ne t'ai pas laissé pécher.» Écoutez le prodige que nous a fait 
connaître Sabinus, rendant gloire à la Trinité sainte sur ce qui est arrivé. 

Je vous dirai ce qui est arrivé. Il y avait en cette ville un lecteur, fils d"un 
prêtre. Un jour, avec son père et un diacre, il reçut la bénédiction dans une église. 

I. Cod. eni2k.li ».tctu mctcom . . chut. La restitution me paraît certaine. — 2. Cod. necTopioc 
^eT^vr\r\î(ou| . — 3. Cod. cfjepcTMeitm. — 4. Je ne suis pas certain de la restitution, et le sens me 
paraît embarrassé. Tout ce passage d'ailleurs est peu compréhensible. 



MONUMENTS, ETC. i33 



ô.q^'i nnid.Ties.p^n ô^qMOim ucmcoott A.qi gottmwit iievopoM i d^'4ep^vUô.«Tô>u 
epoq u2SLe ottmô^- (q2s.) toi €qTdJ?V.HOTrT gottoto ev -^ MjtrAô.;îHT'4 ^ j\eMd>.q otco 
ii€2SLevq MTiiis.nes.unwcTHc 2s.e ott (n)e nivi exeuTOTK. ti^oq 2s.e n€2s.ô.-4 2£.e o*.u 
TV.TTMv^es.nottr ne. ne2s.e niMe^^TOi nes.q 2s.e mhitott hhi iiTes.o7roM07P. •* (iie2s.e ni*,- 
uô^uucocTHC tievq 2s.e co TiinevpevtioMOc è^iitiô^oTTCOM «hiTV.tmv^^'ô^mom 6.h on utg 
Ti^c. d^qcoon (M)niciieTroc ïvtg '^es.nô.p^n d^qmjcouj e2s.etv nictoMev Mui.udvToi 
(OTr)op Md.ï niCien eTô^qTô^^e evnes.p^H ^€n neqccoMdv ô^quoni nneoT A\.'^pH-f 
noirMd.pMd.pon. ^niiTie ô.iTevMC0Ten e'^u}'"^H(p)i gtôv c^-^ oironoc e&oTV. ei7eviM)o 
MMCOTcn G'^MeTô^.iTd.eoc nTe c|)'^ GTes.cTevooq. ('^n)d.'^ c^Meiri ncoTen eeÈe niMdviiev 
pioc nn\HTd.c ô..TrTô.MO ee&HTq 2i.€ iv noirpo pjTq ec^noM ô.q'foss.i nces. 'pw 
eeoirevfii 'A.oirnis.c ev^uje nevq €niTco(o)Tr. nujnpi 2s.€ mc|)h eeo7rô.fe niuHTeve exe 
MïCôk.HA ne n^M. noînpi MTie(e)oTrev& eeouncocTOc (pn erev TOTpco tc^imi nes.p»^ev- 
2i.ïOc ^o^(&)eq eTe eimpôw^ioc ne neco(o'!r) Mncnevir ne ereviTAvon ^ e'^A.1 evic^e^.! 

et ils offrirent les prémices et l'offrande du lecteur afin qu'il partît et préparât 
le chemin. Il s'en alla selon sa coutume, il prit les prémices, il marcha avec elles, 
il alla dans un chemin où il n'y avait personne, il rencontra un soldat monté 
sur un cheval. Une faim très grande dévorait celui-ci- et il dit au lecteur : «Qu'as- 
tu à la main?» — Mais l'autre lui dit : «Ce sont des restes.» — Le soldat dit : 
«Donne-les-moi, que je les mange.» — Le lecteur dit : «Impie, tu ne mangeras pas 
les restes du Christ.» Il prit le vase des prémices, il le brisa sur le corps du sol- 
dat, et tout endroit du corps du soldat que les prémices touchèrent devint blanc 
comme du marbre par suite de la lèpre.^ Je vous ai dit le prodige qie Dieu a 
manifesté et je vous ai appris la bonté que Dieu a faite au lecteur. Je vous ferai 
souvenir du bienheureux Nicétas. On m'a dit de lui que le roi lavait jeté dans 
la mer, il se précipita à la suite du saint Lucas, il arriva à la montagne. Le fils du 
saint Nicétas, c'est-à-dire Misaël, et le fils du saint Théognostc tué par la reine, 
femme d'Arcadios, c'est-à-dire Eupraxios, ce sont eux qui m'ont appris cela : je 

I. Cod. TcqcTri\H-»i&.. — 2. Ce mot doit être un barbarisme grec passé en copte. — 3. Cod. ta.ox- 
OMOTv. — 4. Cod. ncTe.vTô.MOu. — 5. Mot- à -mot : une faim voracc combattait avec lui. — 6. Mot- 
à-mot : il devint lépreux comme un marbre. La raison de cette phrase se trouve dans la blancheur du 
marbre et de la lèpre. 

20 



1 54 E. AMÉLINEAU. 



ntooTT ei-^- noM\ nwoir (fol. i56"që) î24.e ne «ujHpi nHmpot^HTH(c). -^-tco&o a.e 
MMOR oi îiivicoT Mô.p;^( i)Mô.n2^piTHC MÔ.TÔ.MOI en2s.in(i) cûoA^en mccomô. «tc 

evnô. nôwC^MOTT'^ 2s.e Tiiô.p;)(^ïMô<tta.p(i)THc tire Tô.&HnnHci ô<qTd.Mo(n) enn 
eTôvqnevTT epcooT ^en pô^i\o'^ neM nu eTes.qcoeMoir ee£iG èvÊifeô^ Mô^Kô^pioc- ncM 
nipH-^ eTdvqîSLOOK janeqes^ucon eÊioA^en OTrniu|('^) MMeTssLCopi otto^ n€2s.es.q 2î.g 
'^ep oc^ ecô^(22.i) neM nes-iooT GeoirôwÊi èv7V.?V.ô< -^nô^^s-oc ^co \\£>\ ni\^'ô.?V.MCo2s.oc 
€eo(7r)d<2i 2s.es.Tri2!^ 2s.e oirnndw €qcoTrT(con) ô^piTq nfcepi ^en nn eTCôv^ioirn mmoi 
oinev nTô<uî2s.GM 2s.om nces.2SLï neM nc^oc. ô^ciyconi mmoi einnoir e^HT d.non w£M 
nicnnoTT eeneMHi eTevni 2!».€ MneMeo MniMond.cTHpion nTe c^n e^oird^.Ci ujenoTT'^ 
(ni)ô».p;)(;^ïMevn2s.piTnc ne OTon oTcon 2s.e neMHi eqoi n^-ynoss.ô^upoc.^ €Tô>.ni 2s.e 
e^oTn eniMonevCTHpion d<n2s.iMi nô^fnev) ujenoT'^ eqMonp eMeviyto. eTô.nepô<cnô^- 
^ecees-ï^ MMoq es.n^e(M)ci ne24.es>q Mnicon eeneMHi ene neoq ne €Tè<qep ujopn'' 
nTes.Mon 22.e Mô^pon nTemS'con cmott M(ni)^e7v7V.o (qer) (n)e22-e (pn eecTrevCi ne^q 
2s_e uèvTV.coc (ev)nï nô^con icdvevn Mnen'^ oci 22.e ô^ni ô.niy'A.nTV. ^en '^ennTVnciô. nTe 

leur écrivis pour les consoler parce qu'ils sont fils de prophètes. '^ Mais je te prie, 
ô mon père l'archimandrite, renseigne-moi sur la mort d'abba Macaire. 

Mais Paphnuti, l'archimandrite de Tabennîsi, raconta ce qu'il avait vu à 
Rakoti et ce qu'il avait entendu au sujet d'abba Macaire et de la manière dont 
il acheva son combat avec une grande vaillance. Et il dit : «Je crains de parler 
à mon père saint; mais je dirai moi aussi avec le psalmiste, le saint David : 
Renouvelle un esprit droit dans mes entrailles afin que je puisse parler avec 
mon Seigneur.» 11 m'arriva que j'allai vers le Nord, moi et les frères qui m'ac- 
compagnaient. Mais lt)rsque nous fûmes arrivés en face du monastère d'apa 
Schnoudi l'archimandrite, il y avait avec moi un frère qui était podagre; et 
lorsque nous fûmes entrés dans le monastère, nous trouvâmes apa Schnoudi 
grandeme.iï affligé. Lorsque nous l'eûmes embrassé, nous nous assîmes. 11 s'a- 
dressa au frère qui était avec moi, qui avait été le premier à nous dire : «Allons 
recevoir la bénédiction du vieillard;» le vieillard lui dit (donc) : «Tu es le bien- 
venu, mon fils Isaac, tu n'as pas fait de mal en venant et en priant dans l'église 

I. Cod. Av&KA.pi. — 2. Cod. MAkHe^pi. — 3. Cod. no;TnOTA.t:»poc. — 4. Cod. CTdkiiepe^cnikjccôfe. — 
5. Cod. nexivqcp ujopn. — 6. Mot-à-mot : je leur écrivis les consolant. 



MONUMENTS, ETC. l55 



(n)ïcnHOTr OTTOg ueii(Td<'A.dvir2SL (n)es.oTr2s.d.i ô^tv çimhti' uxeuiye wd^^w ^einiMO)iT ctch- 
Mouji ^icoTq n(T)eivGpevnd.uTevu Gnid<p;xi^^"ï<^(^'Oo^o<^ 2i.ioci\opoc eujoin itiTieu- 
^lOiTï Mneqcô.tii^d.TVio» €fp)evTii X"*^°^2s.ô.i. (Aojinou ô^tvi e^iiT ô<uiyoiUi ieu 
(n)ii\d.uconoc noTrpoMTii ne^ooir eiMouo h^ht ee&e ni«ô<^'^. exi 2^.6 eMujon^ MMevT 
es. Tioirpo c£à^\ ô.qecooiT'^ nniemcuoTioc THpoTT epevKO'^. (MTi)evUTe otô^Siot rve 
ïie^ooTT ujconi ic dvMev Md«.ivôvpioc^ ni€iiiciioiioc ut€ tucoott d«.qi £^o\^£n -^ctuo- 
2S.OC e>wiGpevn&.nTôvn epoq mmôvit. evqep oirto TiG2S-d.q 22.G ncooir 2s.g e^ùe ot ô^peTen- 
Oïoiri nn€Ten;)(^7V.0M gêioA otoo ô^peTcnc^wT. uecooT 2s.e ek7r;>(;^es. poiOT ev«ou 
2s.e d«.iepd.ciids.^€cees.ï ^ MMoq ottoo evKTirq e^oirn nGAv.Hi GniMOHd^cTHpiou uxe 
niiiôvnconoc otoo evniyinï ncev neTenoTrss-evï neM '|-.ueTe>.cefeHc ïitg tiiOTpoiOT. 
(fol. 157 q'5) MGnenciv nes.n\OTr2s.i 2».e neoooir ô^qi g^ott» Gp^wiio-^ n2s.G CGpuioc 

lll£iGpG2s.ô^piOC HGAl HITOMOC ÏITG ?V.6COn Tlinô».pds.HOMOC ttOOCJ TIG «GA\. UGOèvipGTi- 

Koc^ GnGqpevtt hg coAoc^eviiïoTVioc^' otoo eviretooTT'l' «niGnicuonoc THpoT guito- 
Tioc GTOTMO-y^ Gpoq 2S.6 iiô^icèvpGïOtt" evqtoiy ncooTT nnic^ô».! ïitg noTpo 6q2s.w 

MMOC 2S.G <^H Ge^ïliS.6p^TrnOlTpô>.r^GJÏl^ ïlUJOpH GTITOMOC ;5Gïl lini7V.HpOC ÏITG pevI\C>-|- 

des frères, et tes pieds ne seront pas guéris à moins que tu ne continues le chemin 
commencé et que tu n'arrives à l'archevêque Dioscore : si tu mets sa sandale en 
ton pied, tu seras guéri.» Du reste nous allâmes au Nord, nous demeurâmes à 
Canope une année de jours : j'étais affligé à cause de la foi. Comme nous de- 
meurions encore là, le roi écrivit, on rassembla tous les évêques à Rakoti. Avant 
qu'un mois de jours ne (se) fût (écoulé), voici qu'ahba Macaire, l'évêque de Tkôou 
vint du Synode : je le rencontrai là. 11 prit la parole, il dit : «Pourquoi avez-vous 
jeté vos couronnes, avez-vous fui?» — Mais eux se turent. Je l'embrassai, je 
reçus sa bénédiction, je l'emmenai avec moi dans le monastère de Canope et 
nous l'interrogeâmes sur notre salut et la piété des rois. Après quelques jours 
vint à Rakoti Sergios le vérédaire avec le tome de Léon l'impie. 11 était avec un 
autre hérétique nommé Solophaciole. Et tous les évêques se réunirent dans le 
lieu nommé Césareion, il leur lut les lettres du roi, disant : «Celui qui le premier 
dans le clergé de Rakoti souscrira le t07nc% celui-là s'asseoira sur le trône dans 

I. Cod. iM.\i\. — 2. Cod. nujon. — 3. Cod. Mc\KA.pi. — 4. Cad. i\icpA.cn».3ccoc. — >. Cod. ncM. 
Kt^cpeTiHoc. — 6. Cod. cew?V.oq;>evHiA,pioc. J'ai cru que ce mot était le même que le surnom de Timothce 
Solofaciole : me suis-je trompé? Peut-être. — 7. Cod. u£Ci\pioii. — 8. Cod. coi\*<epoTnorpiN-^in. 



l56 E. AMÉLINEAU. 



n€^oq n€Tes.Monï n'^oiRonoMiis. nTe Tin\ô^icô.p€ïon2 ô.qô».Moni MniTOMô^pion ^cn 
Teq2i.i22. n€2s.ô<q £iôw\\roii^ mhi nTA.epgirnoi'pô^^ein^ €tii24.0l)M. nicnno-y î^e nno- 
Tô^pioc eeMOiyï neMHi ô^tt^^ï^ nnoTri\ô.7V.d.Mô.pioïi 2s.e nnoirep lyc^np eneq- 
noÊii. OTrnoTô^pioc 2s.e e<^ev co7V.oc^dwi\io\ioc ne oto^ ô>.q'\- Mc^wq nô.q ottoo d.qep- 
p7rnoupd.''^ein- enTOMOc n7V.eoL)n. ô^tiô. Mô.Jies.pioc*' 2s.e Tie2s.ô.q MnpoTepioc" 2s.e 
Ô.IIUÏWT1Ï ^es. Tiei\ô.nev€^GMes.TïCMOc mmui mmor (qn) mh Ai.nmos.Tr çtô^ nid.p;)^ie- 
nicuonoc 2s.ïOCKopoc 2S-Oc nô>.n 2$.€ npoTepioc^ €enes.^€Mci ^ï2s.€tt nis.eponoc 
eujcon es.TTUjdvnepe^copi'^eino mmoï mr Mnei\epoMoAouein'' €i7updv<^oc 2s.e evnevee- 
Mô. €poi eujcon dviiyd.ti^eMci Oï24.eïi neneponoc enon^. otto^ "^ttoir 2s.e dvnujwni 
^ô». nenes>ueveeMô.TicMOc mmiu mmor UTepcou. uevi 2s.e eTôwqcoeMoir n22.e cepirioc 
niCiepe2s.is.pioc" evq^s-ConT ^en oirniiy^ ueMÉion eAv.ô>.ujco. ô».qep oTto n2s.e npoTe- 
pioc'- ne22.ô>.q tiô^ÊiÉie». Mes.nds.pioc 2s.e '^cirno2s.oc nxe ninees. ne eTô».ïepoTrnoupes.c][)ein'^ 
epoc OTTOO Mniep noÊtï ujô». 'l-noTr. ne2s.e es.£iÊid>. Mô.nevpïoc'+ nô^q 2s.e eefce oir 

le clergé de Rakoti.» Protérius, celui qui était chargé d'e l'économat du Césareion, 
saisit le tome dans sa main, il dit : «Trempez-moi un calame (dans l'encre) afin 
que je souscrive le livre.» Mais les frères notaires qui marchaient avec moi 
cachèrent leurs calâmes afin de n'être point les compagnons de son péché. Mais 
il y avait le notaire de Solophaciole, il lui donna le sien; Protérius souscrivit le 
tome de Léon. Mais apa Macaire lui dit : «Tu es (sujet) à l'anathème que toi- 
même (as lancé). '^ Est-ce qu'à l'heure où l'archevêque Dioscore t'a dit : «Si l'on 
m'exile, c'est Protérius qui s'asseoira sur mon trône», est-ce que tu n'as pas con- 
fessé par écrit : Anathème sur moi, si, toi vivant, je m'asseois sur ton trône? et 
maintenant de ta propre bouche tu t'es anathématisé.» Lorsque Sergios le véré- 
daire entendit ces paroles, il s'emporta très fort dans une grande colère. Proté- 
rius répondit, il dit à abba Macaire : «C'est le concile de Nicée que j'ai souscrit, 
et jusqu'à présent je n'ai pas fait de péché.» — Abba IViacaire lui dit : «Pourquoi 

I. Cod. upoicpi. C'est le mt-me retranchement que pour AVA.K».pi et la même couleur empruntée. 

— 2. Cod. uecfvpiou. — 3. Cod. û».ncon. — 4. Cod. uTevepOTnoK^pô.ç\>iu. — 5. Cod. A.qcpoTno^'pes- 
r.^>ni. — (). Cod. A^.^R&,p!. — 7. Cod. AvnpoTcpi. — 8. Cod. npoTcpi. — 9. Cod. isTUicvucpcTaipi^in. 

— lo. Cod. MiicKcpojA.oA.Of m. — II. Cod. niûcpcTevpioc. — 12. Cod. nporepi. — 13. Cod. tTAicp- 
OTuoï'pa.r\>uv. — 14. Cod. MevKfspi. — i5. Mot-à-mot : tu es sous ton anathème, toi-même. 



MONUMENTS, ETC. lô-j 



couj Mni2s.(x)M ^s.^\'^ ujcouj uTei\MeT^e?V7V.o. oirop ne2s.e ni£iepe2».ô.p\oc' MttieiucHO- 
noc 2s.€ evpi^irnoi^pô^'^cin- Mnepcp côw&oTV. utieTe^HHi. ni»ci)OTr 2^e ^eu u2$.n\€ypoT- 
ep ^o-^- e>^Trep£'ynoupd.(|)ei«. ivqnoTq 2s.e eô«.nô^ Md«.uô.pioc^ H2s.e ni- (fol. i58^) 
&ep€2s.es.pioc+ ne2i.ô^q nes.q 22.e ô^pi^irnoupôwc^cm" ^cou. ness-e ô^uô. Mô^ne^pioc'' 
nds.q 2s.e ^o7V.coc pco uoTT^irnoupd.'^H evu Te eTcu^ïvoir mmoi cpoc c^&picpp-yuo 
upes.c|>eïn7 epoc. nue (pà.i lyconi nTeveppTrnoupevt^cinS nTes.iyconi M'4)pH-V muitcêi- 
ncooTTï ttô^TeMï OTTOp n^s.Tl\ô».'^. cepuioc 2s.e iii£iepe2!k.eKpioc ' ne2s.e)».q nd».q 2$.e ex 
ndiïMHuj «GiiïCRonoc ô^ireMi eïiex.ipopoc 2s.€ c^es. niuee». n€ dwTrepoTrnoupdv^eiu'^ 
ô.2S-en" ^0T^€T. n€2s.e is.nev Mes.Kd^pioc'2 «ô^q 2s.e 'fuô^onT ô.» «cm ïmothû «tg 
£ies.ôw7v ô<7V.Aô>, '^nevoiiT neM nAievc e^fce oir '^con mmoi «gm ïih eTô>.7r^co mccoott 
tt'^MeeMHi. nes.1 2v€ ^en n2s.iMepeqcoeMOTr n2i.€ Tii£iepc2s.e)^pioc'^ ô^qTcouq ^€n 
oTMiiy'^' neM&on evq'^ noiriye ïi^es.T eppHi ;i€u ti€qd^nô«.UKô>.ion ' ^ ottoo ô^qpei 
ôw^MOT ^en '^OTrnoTT. dvnujCL)?V.€M eoTmiiy^ nceoinoirqi eevqujcoiy e£io7V.^€u neq- 

auparavant n'as-tu pas lu l'écrit et pris connaissance de ta mort? quel est l'homme 
qui a jamais signé sans lire l'écrit? tu as souillé ta vieillesse.» — Et le vérédaire 
dit aux évêques : «Souscrivez, ne vous écartez pas de ma volonté.» Mais eux, 
dans leur crainte, ils souscrivirent. Le vérédaire se tourna vers apa xMacaire, il 
lui dit : «Souscris aussi toi.» Apa Macaire lui dit : «Parfaitement! ce n'est pas 
une souscription que tu me demandes de souscrire : à Dieu ne plaise que je 
souscrive pour être comme les animaux ignorants et sans esprit!» — Mais Ser- 
gios le vérédaire lui dit : «Est-ce que cette foule d'évêques ne savent pas que 
cette définition est celle de Nicée, et ils Tout souscrite sans examen. — Apa 
Macaire lui dit : «Je ne me compte pas parmi les prêtres de Baal; mais je me 
range du côté d'Élie : pourquoi me rangerais-je avec ceux qui ont abandonné 
la vérité? je me range avec ceux qui se tiennent fermes dans la vérité.» Lorsque 
le vérédaire entendit ces paroles, il se leva dans une grande colère, il lui donna 
un coup de pied dans les parties viriles; Macaire tomba, il mourut sur iheure. 

I. Cod. niûepcT&.pioc. — 2. Cod. &.Tep^Tnoï'pekt\)m — 3. Cod. AVfvH<\pi. — 4- ^^^- "lûcpeTov,- 
pioc. — 5. Cod. A.pi^Trno^pes.^in. — 6. Cod. cvra. M^.Hd.pi. — 7. Cod. cpo-iM\c>rpcv-\>iu. — ^. Cod. 
iiTdkCp^Tnor'pes.^iJi. — 9. Cod. ni6epcTes.pioc. — 10. Cod. cvircpoT*uorpi\'\>»H. — i'. Cod. «vat 
orthographe sahidique. — 12. Cod. A\.jkKft.pi. — 13. Cod. uiÊepcTjvpioc. — 14. (-'^d. ucqA,nA.rHC 



jocii : 
ou. 



1 58 E. AMÉLINEAU. 



ccoMô. (p) ujevTe ïiiavwit THpq MO^ nc^omoTqi. otto^ ô. hïmhuj THpq mtg «lop- 

OTOp ô.-yqè.ï MMoq ô.iroAq €nïMd.pTTrpion nTe mevuioc itoe^nttHc nipeq'^ comc 
neM eAic€oc ninpo^HTHc. 00^0^)0.^10^100- a.G nesLô^q ncooir 2s.e e^peTenep ott 
MTievi ô.ïUTriiTïOc3 n0.udwe0.pT0c epGTenecoMC AVMoq ^en tiô^imô. €eoTrevÊi. c^ô.i 2s.g 
eTô.q2S-oq 0. OTri\epô.irnoc i enecHT ^i2s.wq €£io'\^en+ n(7ici ô. neqoo q)conp eq()ev- 
poT OTTOO ôv n€q7V.ô.c Md.o pcoq MiieqiU25.€M 2S.0M nccou nô.q Mneqniqi ^€n q)d.i 
ô.qMOTr ^en oTrniuj-^- n£iô.cô.noc. eTô. iij7V.ô.oc THpq i uje^poq evirne^ir Gq>H €Te^q- 
ujconi d.TT'^ cooTT Mc^-^ «GM Mïi eTè^MOtti MKinô.^'^- nopeo2s.o^oc. eTevircoAi Mncco- 
Mes. ttô^nô. Mè<i\ô.pjoc €niMô.pTTrpion' ô.irx*^^ e2s_en '^Te^ifei «Te nw eeoirô.Éi. ott- 
^eTV-Ujïpï eq^en ïS npoMni eqoi ne£io 0. neqÊievA oircoïi n'^-oTrnoir (fol. \5g p*.) 
evqnevTT eneeoTrô.Êi it06.tmHC nipeq'^" comc neM eAiceoc nmpoc^HTHC eTrep èvMev7V.H2S- 
ei^H eeoTrd.£i 0.C1C10. Mô.\vô.pioc'^ eTrepô.cnd.3eceô.i 7 MMoq Mc^pn'^- npô.n cnHoir. 
OTTop Tin\0Tr22.i nd.AoTT ô. ptoq oTCon n'^OTmoT es,qcd.2SLï OTop eTd.qd.Moni nT2s.i2S- 
MTieqicoT ô.qcouj eÊioTV. eqssLco mmoc 2i.e nevicoT d.ines.Tr enô.ïptoMi Si noTcoini eir- 

Nous sentîmes un grand parfum qui sortait de son corps, jusqu'à ce que le 
chemin tout entier fut rempli de l'odeur. Et tous les orthodoxes de Rakoti vinrent 
en foule, ils revêtirent son corps de vêtements glorieux, ils le portèrent vers le 
Martyrium des saints .lean le Baptiste et Elisée le prophète. Solophaciole leur 
dit : «Que faites-vous de cet Égyptien impur que vous l'enterrez dans ce lieu 
saint?» — Lorsqu'il eut dit cela, la foudre tomba du ciel sur lui : son visage se 
tourna en arrière, sa langue remplit sa bouche, il ne pouvait ni se conduire, ni 
respirer à cause de cela, il mourut dans un grand tourment. Lorsque tout le 
peuple fut venu à lui, ils virent ce qui était arrivé, ils rendirent gloire à Dieu et 
à ceux qui avaient embrassé la foi orthodoxe. Lorsqu'on eut porté le corps d'apa 
Macaire vers le Martyrium, on le plaça sur la châsse des saints. Un jeune garçon 
de douze ans qui était muet (sentit) ses yeux s'ouvrir sur le champ : il vit les 
saints Jean le Baptiste et Elisée le prophète embrassant le saint abba Macaire, 
le baisant à la manière des frères, et la bouche du petit garçon s'ouvrit sur le 
champ, il parla, il prit la main de son père, il s'écria, disant : «Mon père, j'ai vu 

I. Cod. nreqctoAVA.. — 2. Cod. CA.'\o'\)«>.Ki«.pioc. — 3. Cod. et^niTioc. — 4- ^O'^- eûoAsen. *en 
nirici. — 5. Cad. cniM.<.pTHpiou. — 6. Cod. jA.&Hi.pi. — 7. Cod. cTï"epe.cni.3GC«e. 



MONUMENTS, ETC. . l Sç 



e&oA ^€n OTMiiy^ ucmh eq2s.co mmoc 2i.e ottôwI ue c^-^ MTies.i;îeAAo ud.inrnTioc- 



ç5>H eTèvqep Mes.pTirpoc ^i2s.€n c^pevu Muetioc ihc t\^c neucoTup. otoo ct^k 
niMHuj ccoTCM epoq eq2s.co \\\\à^\ &>Tr5'02s.i e2s.en uoirepHOT e7roTro)uj wà^T e-^n 
eTô^qujcom MTiieûo. ne2s.ô>.q 2!w.e «coott 2SLe ^vnl^v^^ eni^oiriT eTÇtt^HTOTT epe otou 
OTTttiiy^ MMopT MMoq ueM OTriiiiy^ nqcoi e'quHOTr C2s.€u Tequevo&i otoo niue- 
OTTô^i ne oir7V.es.qooi ne-' (p£i) nnd.n opevq oiro^ equjHoir otoo e^TeMi 2s.e nipwMi 
eT€ Tiiniui'^" nqcoi e2s.coq ne itoevnnnc ni£ies.nTiCTHc otoo c^h exeno mmhuj «qwi 
^ï2s.wq neoq ne e7V.iceoc ninpoc^HTHc OTOg nevipn'f ô^TOTcoujTq oi2s.en tioTuevc 

e^T"^ tOOT M^'^. 

OTpcoMi 2s.€ on eqcoiy^ ^isLen neqss-iss. neM neq5'ev7V.evT2s. ^en ^Mn*^ MniM.Aiy 
eTivqi ujev TMeenis.onT nTOTq MnMHuj OTOg uimh^ nevTOi 5'7V.ds. MMoq ne enevic^. 
neM. c^ô^i. Ris.Td^ oToinonoMies. 2s.e nxe c^'^ es.TCi'^ Mni^'TV.cooTUj enôvicnT oi2SLeu 
nenuivc MniMô^pTTpoc evqoT22.dwi+ otoo cô^TOTq ô^qtouj e&oTV. 2s.e 0Tik.i ne (!çt'\ 

deux hommes lumineux embrassant cet homme qu'on a tué, (et) disant : «Tu es 
le bienvenu, ô notre frère, viens te reposer avec nous.» Lorsque son père eut 
entendu cela, il s'écria d'une grande voix, disant : «11 est le seul Dieu, celui de ce 
vieillard égyptien qui a été martyrisé pour le nom de notre Seigneur Jésus le 
Christ notre Sauveur.» Et lorsque la multitude l'entendit parler ainsi, ils se pré- 
cipitèrent les uns sur les autres voulant voir ce qui était arrivé au muet. 11 leur 
dit : «J'ai vu le premier d'entre eux, il avait une grande barbe et de grands 
cheveux descendant sur son cou, et l'autre était chauve et long.» Et ii^ surent 
que l'homme aux longs cheveux était Jean le Baptiste, et que celui qui n'avait 
pas de cheveux sur la tête était Elisée le prophète; et ainsi ils adorèrent leurs 
ossements, ils rendirent gloire à Dieu. 

11 y avait un homme rampant sur ses mains et sur ses pieds au milieu de la 
foule, venu pour (implorer) la commisération de la multitude qui prenait pitié 
de lui çà et là. Et par un dessein de Dieu, ils transportèrent cet infirme sur les 
os du martyr : aussitôt il fut guéri et il s'écria : «Unique est le Dieu de ce saint.» 

I. Cod. ncMOK (sic). — 2. Cod, iic^i'inTioc. — 3. Cod. ncoTrA.A.qtoiuc ne (sic). — 4. Cod. iv^oTacM, 

en marge et d'une main ancienne. 



l6o E. AMÉLINEAU. 



UÔ.7V.COC Ô.KI eTcnnoTVic w Mô^ue^pioc co d^tiTonioc nCiepi e^TôvA^To nn» eTojconi 
THpoTT. Mne TeivKOTTssLi MTioTVic eT2s^o2s.e& epe ncMniyô. MneiictoMèv 2s.e ceujCMUji 
nHiei2s.wAon' ^eti neueoui. ew tuwott ivoTrss.! MnoTVïc '^ ottco mmoi\ eopm ev '\-»iuj'^ 
MTioAic pivivo-V ujonu epoc. (fol. 161 pe) d. TiiMô.ped.pïTHc enevuj encoTenq oircong 

n£iô».ui peviio'^ d.qu}coïii on mcm ni iiefe ntoni nèvnevMHi eevrcMi 2s.e ottss.orimoc 
ne '^ttOTT 2s.e ô< u ^coïii nô<n mutthoc n'fTpies.c e«^OTres.£i. iiis.ipH'^ d.7rewMC m^w 
e^o7re».£i evÊiÊiô^ Mô<ud.pioc- Tii^eTVÀo MMeviie^pioc èv\Hecoc eqô^Moni Mninô.o'^ nop- 
eos^o^oc Girep^opeTrein^ ^en Od>.n OTMnoc m€m ^es.n x^'ô^Aaioc hgm oiv« ococ 
neM oôvH 0C02S.H Av.îind<Tn\ott. 

d^noK 2!k.e ôlI(31 neAVHi MninoTTion neq2s.ïdvi\con e^oTrn enevMonevCTHpion ^en 
TiiUô^uwTioc es.iu|wni £i^ noM'^ nevq €nô<i2i.(o eevp mmoc ne^q 24.e eTô. ni^eA7V.o 
MOTT d».n ôvA7V.es> €Tds.qcon^ ^en OTton^ nene^ ^en niTonoc MMôwUevpioc. ^ 7V.oiTion 
to nôwOiHpi 2SLeM noM'\- ^en tioc otto^ T€neconiv enejucoT ,ien n^coÊ neA\. ncô.2ii.i 

Et lorsque le peuple vit cet autre prodige, ils s'écrièrent, disant : «Tu es le bien- 
venu dans notre ville, ô Macaire, ô nouvel Antoine, qui guéris tous les malades. 
Ta pauvre petite ville n'était pas digne de ton corps, car on adore les idoles dans 
ton nome; la petite ville de Tkôou t'a produit; la grande ville de Rakoti t'a reçu. 
La perle inestimable sest révélée à Tkôou, on n"a pas du tout connu sa valeur : 
voici qu'elle est sortie, elle est venue dans la grande ville de Rakoti. Elle se trouve 
avec les deux autres pierres précieuses, car on a connu qu'il en était digne; 
maintenant nous en avons trois selon le type de la Trinité sainte.» Ainsi ils en- 
sevelirent le saint abba Macaire, le vieillard vraiment bienheureux qui avait tenu 
la toi orthodoxe, taisant des chœurs avec des hymnes et des psaumes, des chants 
et des cantiques spirituels. 

Pour n^.oi, je pris avec moi Pinoution, son diacre, dans mon monastère de 
Canope : je le consolai en lui disant : «Le vieillard n'est pas mort; mais il vit 
d'une vie éternelle dans le lieu du bonheur. Du reste, mon lils, prends courage 
dans le Seigneur et imite ton père en actes et en paroles, manifeste (ton) zèle 



l. Lod. llllU2>.t0.\0ll. 2. Cad. M.\Ki\pi. 3. Cod. CTrCp^OpCTin. 4. Cad. JAMA,KA.pi 



on. 



MONUMENTS, ETC. i6l 



uiconi neMes.n THpoir (p2^) efcoA^iTeu ri^mot ncM uiAveTujeuoHT \\çm -^mct- 
Me>^i pcoMi iiTe nenoc otto^ nenno-y^ oto^ nenccoTHp lïïc n^C^ 'l>*^i exe e&oA- 
piTOTq €pe cooTT tti£ien n£^A. Tes.io neM npocKir«Hcic «lÊieu epnpeuei' M'bio>T 
neMdvq «cm ninnô». eeoTrôwû «peqTô^n^o oirop «omoottcioc neMô^q "^uot \\£j\ 
ttCHOTT tti&ett neM ujiv encp nxe «icttep THpoTT ô«.mhm.2 

nicMOTT Mneniiy^^ evfcfees. Mevi\ô>.pioc ^ nieiiicKoiioc «Te TutooTT ujconi neM6.M 
THpoTT lyes. €«€£ ô>.MHW. OTTop- ô<pi c^MciTi MnicAô^-^^^^^icToc^ eTeK.cj[c^ô<i UT€ n-vc 

ICOT ICÔ^evK" llI\5TôJ\M(02i.OC'2 OTTO^ HipGqCOUJ «Te HOC ttlOOT es.£l&es. MÔ.KôvpiOC'3 

n€qicoT ncd.pi\iROc'+ oiro^'^ neqcon M\y;^iKi(\ «Te noc ep neqnewi niiy^- ncMcooT 
£en ueviROCMOc oiro^''^ evTrujd.ncini e&oTV. uTeq'^ eMTOtt nnoirv^Tr^H. (J)h €tu&.- 
2S.OC 22.€ evMHH €qe<3'i Rd>.Tô>. TiicMOTr'7 evMHtt eceujooni. '^ 

dans la vérité. Demandons à ce saint qu'ils soient tous avec nous par la grâce, 
la miséricorde et l'amour pour les hommes de notre Seigneur et notre Dieu, 
notre Sauveur Jésus le Christ, à qui seul convient toute gloire, tout honneur et 
toute adoration avec son Père et l'Esprit Saint vivificateur, consubstantiel à lui, 
maintenant, en tout temps et jusqu'aux siècles de tous les siècles. Ainsi soit-il. 

Que la bénédiction du grand saint abba Macaire, l'évêque de Tkôou, soit avec 
nous tous à jamais. Ainsi soit-il. Souvenez-vous du minime qui a écrit, ifin que 
le Seigneur me pardonne mes péchés. Amen. 

Repentance. Souvenez-vous de moi, le pauvre, le pécheur, Victor, fils de mon 
père Isaac le psalmode et le chantre du seigneur père abba Macaire, de son père 
selon la chair et de son frère Michel, afin que le Seigneur leur fasse grande pitié 
dans ce monde et qu'il donne, lorsqu'ils en seront sortis, le repos à leurs âmes. 
Celui qui dira Amen, qu'il reçoive selon la bénédiction. Amen, ainsi soit-il. 

I. Cod. cpnpcni. — 2. Ce qui suit est d'une autre écriture. — 3. Cod. jM.ncniuiT (sic). — 4. Cod. 
jA.&.K&.pi. — 5. Ce mot s'écrit avec le sigle x. — 6. Cod. MnicAev. — 7. Cod. nA.noM.iis.. — 8. C'est le 
monogramme copte : ici il ne signifie rien. L'écriture chanj^e de nouveau. — 9. Cod. TIA^.cT^.nl^^.. — 
10. Cod. n&.jM.eûi. — I I. Cod. icô.r. — 12. Cod. n\y^iJ\M.(ùToc. — 13. Cod. A\A.HJvpi. — 14. Cod. ncivp- 
HiKotA. — 15. Cod. '~- nouveau sigle d'abréviation pour otj-oo. — 16. Même sigle. — 17. Cod. eqecri 
RT&. nicMoir. — 18. A la marge une main grossière a écrit : MCTikuiik. ni3'i<vir (sic). 



l62 E. AMÉLINEAU. 



(fol. 162 pë)' ^en <^pô.n mc^icot «cm nujnpi neM nmnôw e^oTTô^fc '^rpievc no- 
Mooircioc^ eTujon ^ew oTMeTOTd.i nevTc^wpas.. d.qiycoTii n2s.€ niye nep c5>MeTi nre^ 
nôwi d.c'è.eon «2£.wm «coiy e£io7V^iTOTq AvucHMepir ncon eeoa.ocioc nigHpi MTiev- 
i(OT nMHnô. n'^-iiiuj'^ npi oiro^^ neqitoT ncô^pHiROc" hô^iiot pooMic OTOg'^ Mô^pièv 
TeqMes.TT^ ottoo^ neqcnHOTT MnnôwTiROco neeo2v(opoc OTro^'° nevicoT i»es.fcpiH7V. oirop" 
nèvicoT niTy-iô^Roon'- Md<ud.pioc'^ 0-5-0^'+ iicoL)2i.n nneqcnHOTT TwpoTr hô^tô. noTpô.n 
€d<qed.Mïoq eÊioTV^e» neq^ici mmim MMoq evcjTHiq e^oirn enTonoc mughioot 
u2i.iHes.ioc '5 inuiiy^ ô^Ê&ev Mes.i\ô».pioc "^ nT€ ujiht'^ €epoTepMe7V.eTô<n n^HTq eni- 
Aevoc. '^■'^^o eoTTon m£i€n eenôiCouj n^HTq oto^'^ «h e^nes^ccoTCM nTO's^as.oc 2s.e 
epe noc èvpi neqnevi nniuj'^ neMe^q ^en nô^iROCMOc oiro^'^' es.quîes>ncitti eÊioTV. 
nT€q'^ OTTMô. n€AVTOii ïiTeqv^ir^H 5€n Renq nnenujopn nio'^ ô«.£ipô.ô>.M neM 
icevivR neM levRcoû ^en ïiiiiis.pô».2s.eicoc2o nxe noirnoq. c^h €Tnes.2i.oc 2slg evMHn 
eqG(Ti ^coq KivTèv nicMoir ô^MHti oiro^ is.MH» es^Mun. 

OTop-' es-pi c5>Me'yi nnenio'^ npeqcouj hô^ïcot cô^pevnicoii otto^" nevicoT 111:^10».- 

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, Trinité consubstantielle dans 
une indivisible Unité : l'exemplaire de ce bon livre a été fait par notre bien-aimé 
frère Théodosios, le fils de mon père, le Mîna de la grande cellule et son père 
charnel (est) mon père H omis, et Marie sa mère et ses frères spirituels Théodore 
et mon père Gabriel et mon père le diacre Macaire et tous ses autres frères selon 
leurs noms. 11 l'a fait lui-même de sa propre peine, il l'a donné au monastère de 
notre père le juste, le grand abba Macaire de Schiît, afin qu'on fit méditer le 
peuple sur ce livre. Je prie qu'à quiconque le lira ou l'entendra lire le Seigneur 
fasse grande pitié en ce monde et donne, lorsqu'il en sera sorti, un lieu de repos 
à son ame dans le sein de nos anciens pères Abraham, Isaac et Jacob, dans le 
paradis de la joie Celui qui dira Amen, qu'il reçoive aussi selon la bénédiction. 
Amen et Amen. Amen. 

Souvenez-vous de nos frères les chantres, de mon père Sarapion, de mon père le 

I. Nouvelle écriture. — 2. Cod. homottcioc. — 3. Cod. natc nô.iô.ï<A.-ôOJi. — 4. Sigle y — 5. Cod. 
ucj>.pKitvou. — 6. Sigle y — 7. Cod. Tcq (sic). Le mot avô.t est resté au bout du calame. — 8. Sigle y 
— 9. Cod. Av,niv.\TiKoiv. — 10. Sigle y — 11. Idem. — 12. Cod. ii2,.i*.ro. — 13. Cod. M.&H<k.pi. — 
14. Sigle y — i5. Cod. iva^^ineoc. — 16. Cod. MekK&pi. — 17. Cod. utcuiiç^ht : mauvaise ortho- 
graphe. — 18. Sigle \. — 19. Idem. — 20. Cod. nin«.peka.icoc. — 21. Sigle y — 22. Sigle j. 



MONUMENTS, ETC. i63 



KWn' MHUOT niî22.ô.?V. OTTO^- ni2s.IdiHC0U ' MlUViv OU -^MIUJ-^ upi MTP HOC POe HC- 



[X^pouoc- Mè^pTTrpcou'' ^ou ':ç>d<MeHoie ih. 

(pc)7 d>.pi nevMeoTC nô^ioTe eTO-yes.ô.Êi iii\7V.Hpiuoc 07res.u mim eTU6.o)vy ^u i\u-od,i 
€iT€ ô^p^H (sic) eiTe enicuonoc eue npecfeirTepoc eiTe '^ô.homoc eue OHnw'^^es.HO- 
noc ei2^e es.ïid».i\ttocTHc exe Mcones.^oc eixe Aô^ikoc eico7riyes,« Merevïnev pev nujo- 
eiuj nneTHOTepHTe eTceMes.Mô».d.T uTeTn2s.ooc 2i.e nnoTTe^ kco nivq efeoA nuequiv&e 
eTôiiy ô».ne».K neTn^M^evTV. evirco npefeep noÉie eTCTHT eiàoTV. iinô^pô^ pwMe-' mim »Te 
niRoc.'" nies.TMniyes. Mncottô».^ «hïroc" Mes<7V.ïCTdv nincT npôvti UTd^TTdv7Vô.q pi2£.oii 
2£.€ iiieTV.es.;^!''^'^®*^ n2^i'^ iol)ch<:^ nujupe MT\Mô^ues.pioc t\i2s.i. Tid^nocTOi'A.oc uTOTXoiu 
nnidvM. 2s.€ RdvTô». OTS^copHô^ nT€ nttOTTTe MTô^ei eniMa>nd.cTHpion eToirevevfe oen 
noirno(3' ttMRes-^ h^ht ^h niKepoc nevi «TevirceMpeM «neuAHciôv evO*.ne Aitouev- 
CTHpion «Te niievM eT€ niyHpe «icô^ô^c ne neroTMOTTe epevq ne 2$.e Tiev?V.pA.^HAv. 

diacre Mînôu, fils de Pidjal, et de mon père le diacre Mina de la grande cellule. Que 
le Seigneur leur fasse une grande miséricorde dans cette vie et la future. Amen. 

Date des martyrs ôyS, 18 Phamenoth. 

Souvenez-vous de moi, mes pères saints, ô clercs, quiconque lira ce livre, soit 
archevêque, soit évêque, soit prêtre, soit diacre, soit sous-diacre, soit lecteur, soit 
moine, soit laïque. Voici une repentance devant la poussière de vos pieds bénis, 
afin que vous disiez : Que le Seigneur lui pardonne ses nombreux péchés, à moi 
votre serviteur, le pécheur vil plus que tout homme du monde, indigne de la vie 
en ce monde, et surtout du grand nom qu'on lui a donné, le minime diacre Joseph, 
le fils du diacre Macaire l'apôtre de Toutôn du Fayoum. Car c'est par un don 
de Dieu que je suis venu au monastère saint dans une grande affliction dans le 
temps où l'on a profané les églises et les monastères du Fayoum, c'est-à-dire le 
fils d'Isaac que l'on nomme Palhachîm. Mais ô mes pères saints, à cause des 

I. Cod. ni3..i&.Ro. — 2. Sigle c. — 3. Cod. nia..i&.RO. — 4. Cod. n&iecon. — 5. Cad. XP"'""- — 

6. Sigle /^. — 7. Nouvelle écriture. Le dialecte de ce qui suit étant très curieux, je laisse Icrtho- 

graphe et les abréviations du manuscrit. Ma version diflfôre de celle de ZoKga, mais la faute en remonte 

à TuKi qui a mal copié. — 8. Cod. imoT (sic). — 9. Le mss. est etfacé en ce passage. — 10. Pour 

ROCJW.OC. — II. Idem. — 12. Pour 2^i&.Ka>n. 

21» 



164 



E. AMÉLINEAU. 



ne d.T^'Xev co nd.id.Te eTOTrd.ô.Éi eT&e nennô^fee nTô^neviT epoTr ujcone MMon €T&e 
nennô^ûe eTô^iy nxd. nôc TtoTô^ei (sic) eniMcond.cTHpion exÉie nctoMô. Mne^c 2s.€ 
T0.22.1 e£io7V.npHTq 2s.e Mn ^ô.n nAvev ^ô. neqeponoc eTTcend.i^e ^Ts-n OTrnd.ppnciô. 
oTTe MneqoTre^cô.^ne eiMnTe nenicoT ô^nnô. Md.nd.pioc nTe niiaô.&H. epe 
n2s.oeic 2s.con Mneqnd.e e&oTV. Mô.7Von Te 00 nd.10.Te eTOird.ev& nTd. nnd.g niM n'^'- 
poMne Td.1 tù nd.id.Te ^en OTrno(r n5'iM eirco' nnoS' eMd.Te eTÊie nd.ï nTd^ vy-^xi^ 
niM nTe nmocMOc nd.Td.d.TC5 feoTV. enMOTT nTd.qniM ncoir ne AVMeccopn TUïd.pn 
nooTrno-v n'^oiriyn on TMe^x^TV. npd.Mne nss^ionoc- d.7V7V.d. co nd.id.Te eTOTrd.d.£i 
nTd. nnoTTe nd. gd. neq7V.d.oc d.Trncîf nMoou- ei e^pd.i e2s.n nnd.^ iyd.nTeqep m 
nMd.ppi nMOOTT eT&e nd.i eiTOC nisx eTÊien epoirn eTTd.npd. nnipcoMe eiroTrd.Ae 
TenoTT d.Tr(o on to nd.id.Te eTOTrd.d.Êi epe d.Ci&d. '^à.y^iK^ià.c 00 nd.px«GnicRonoc 
e2s.n Te;)(;^cop3 Tnpec nnnMH pn ninepoc eeooT nTd.ni epd.q epe n;^c co nnpd. 
eppd.ï e2s.con lyd. einnp pd.MHn. 

péchés que nous avons faits, soyez avec nous, à cause de nos nombreux péchés, 
afin que le Seigneur me permette d'aller vers le monastère recevoir le corps du 
Christ.* Il n'y a point d'autre lieu sous son trône où l'on puisse se réunir en 
liberté selon son ordre, sinon (celui de) notre père Anba Macaire du désert, où 
le Seigneur a accompli sa miséricorde. Et surtout, ô mes pères saints, parce que 
la terre a tremblé cette année, ô mes pères, d'un grand tremblement,^ c'est pour- 
quoi toute âme du monde s'est tournée vers la mort : le tremblement de terre 
ayant eu lieu le vingt-cinq Mésoré à la première heure dans la jSo" année de Dio- 
clétien. Mais, ô mes pères saints. Dieu a eu encore pitié de son peuple, une grande 
inondation est venue sur la terre jusqu'à ce qu'elle eût fait dix-huit coudées d'eau : 
c'est pourquoi toute chose qui entre dans la bouche de l'homme prospère main- 
tenant." Et encore, ô mes pères saints, l'abbé Zacharie était archevêque sur toute 
la terre d'Egypte en ce temps mauvais où nous entrâmes. Le Christ étant roi sur 
nous jusqu à l'éternité. Ainsi soit-il. 

FIN. 

I. Le mss. est illisible en cet endroit. — 2. Pour cs.iOR\HTie.noc. — 3. Pour Tt3(;a>pA. — 4. Mot- 
à-mot : à cause du corps du Christ, afin que j'en prenne. — 5. Mot-à-mot : est dans un grand trouble 
étant grand beaucoup. — 6. Mot-à-mot : qui furent croissant. Toute cette traduction diffère sensible- 
ment de celle de Zor.c.A. On jugera quelle est la bonne. 



MONUMENTS, ETC. i65 



III. SERMON DE S^ CYRILLE D'ALEXANDRIE.' 

(toi. 211 iK) oir\ouoc eèvqTes.OTToq tt2s.€ nievuioc KirpiATVoc nid<p;)(^i€nicHcnoc 
nT€ pevKO'^- e^Êie TaLitiepmrtt^cm- «xe '^tt^w "^-^ mnèvir epe nipoMi ut*. 
T^ôkincopoc^ ttô.'^- nTeqv^/TTX" e^pHi €«€«24.12$. m^-^ €to«^. ô.qcd.2s.i sik^c €eÛ€ mh 
CTes-TMOTT eiroi n2s.ew2s.i enoT€pHoir. evqces.2s.i 2s.e on €^£i€ d^fc&ô. «cc^iAoc m€m 
€iii<^es>nioc €Tes.irc^es.i nReveevip€cic Mnievuioc icoexiinnc ni^pircocTOMOc- d^qcô.2s.i 
2s.€ ott eefc€ cicinttioc necioirp eeÊie nipH'^ €Tes.qenROT ^€u nTonoc Mnid»>uioc 
eeo2s.(x)poc nicTpôK.TH7V.evTHc €qTto£i£ mc|)'^ Mniôvuioc e€Oî^copoc oints. nTcqTA.- 
ceoq on €Teqd<p^H. ^n OTr^eipnnH " nTc c^*^ d>.MHn. 

es,peuîes.n nipcoMi oon^ OTOg» nT€q€p ottmhuï npoMni £i2s.eM ï\iKes.pi cqo'vcoM 
OTO^ eqcco ^co'^ €poq €epeqMOTr €n€i2s.H7 ee^p ottoh^ niÊi€n nipcoiMi) neAv 
nïT€Êincoo'!ri n€M ni^ô^Aev^ (&) n€M niSXTqï ncM c(onT HiÉi€n €Te OTon niqi 
ncon^ n^HTq cc^oci Tnpoir? CTrnd».'^ MUOTrunes. €n€n2$.i2g. mc^*^. nipcoMi uevp 

Discours que prononça le saint Cyrille, Tarchevêque de Rakoti sur le départ (?) 
de l'âme et sur l'heure où l'homme malheureux rendra son âme en les mains 
du Dieu vivant : il parla de ceux qui moururent ennemis l'un de l'autre. Il parla 
aussi sur abba Théophile et Épiphane qui souscrivirent la condamnation du 
saint Jean le Chrysostome;'° il parla encore sur Sisinnios l'eunuque, de la ma- 
nière dont il mourut dans le monastère du saint Théodore le stratélate, en priant 
le Dieu du saint Théodore afin qu'il fût replacé dans sa charge." Dans la paix 
de Dieu : amen. 

Quand même l'homme aurait vécu et passé une foule d'années sur terre, man- 
geant et buvant, il faut qu'il meure; car toute chose, homme ou bete, oiseau ou 
reptile, toute créature ayant en elle le souffle de vie, souffre avant de rendre l'es- 
prit entre les mains de Dieu. Car quand même l'homme aurait vécu cent ans dans 

I. Cod. Vat. n"^ 66, fol. 21 1 — 233; le discours est paginé de â.— Ma.. .\ la marge : cot hin. ucmiu 
nTn«>.p«^cnoc : 2 1^ jour d'Epip, dans la fête de la vierge. — 2. Cod. Tatinepi\-ynt^>m. — 3. (-oJ. i\t»\- 
Acntopoc. — 4. Cod. «^cot^iîV.A.oc. — 5. Cod. ni3(;pHCOCTOMOC. — 6. Cod. oTroipimn. — 7. Lod. cni- 
a.H. — 8. Le mot est eflFacé. La restitution est vraisemblable, mais non certaine. — Q. Cod. thpt. — 
10. L'auteur se trompe : S^ Épiphane ne souscrivit pas. D'ailleurs ce titre appartient au moine qui a 
copié le ms. ^11. C'est-à-dire qu'il obtint de rentrer près du roi pour y reprendre ses fonctions. 



j56 e. amélineau. 



d^quiô^nep p npoMni ^en neqwtt^ le ^oiro epcooTT ^co-^ epoq ne ei e^pm enen- 
2S.I2S. Mc^-^- eron^ «Te niOTô.! nioTrevi '^■TV.ouoc 5ev «r eTô.qeviTOTr eiTC' Tieene».neq 

eiTe- TieTOCOOTT. niTipO<^HTHC 2!i.d.iri2s. î2fi.C0 MMOC 2S.€ ttlC^OOIT tlTÇ C|>p(OMI tt^R- 

TOTT ô npoMni es-TTUjevnep ^otto n ni^oiro 2s.€ nxe nes.i ott^ici ne neM ottmkô^^. 
eeÊie ^à.i Mô^penep c^Meiri m^mott ncHoir niÊien 2s.e evpeujô^n nipooMi ep neqcHoir 
THpq oi22.ett niKô.01 eqoTWM eqcoo eqipi M<^oTr(ouî THpq nTe^v^TX» ^.^^ ^*^P 
epoq ne eepeqMOT otto^ nreqep nooÊiuj nnevi THpoTT ^iTen c^mott eenes.i nccoq 

n(qoTrcouj) nqoTWuj è^n oirog ^ eneRCHOir cenevep . . . A nco&iy (fol. 2121:^) 

nceujTeAiep neuMeiri 2SLe eiycon evRUjes^nHoo «ôvK. «oitmhuj w^pHMdv otto^ nre 
c^H eTenTevn ô^iyô».! ^tocTe^ nTe neupivn ep ccoit ^co'^ epoR on ne «Te ne^pes-n 
TevRO e2io7Vpï22.en niuev^^i. eujcon 2s.e on es.R.iyô^n(5t)^ n^js.n Mes. nev7V.oAï w£m ^ô^n 
nes.pis.a^eicoc'^ eTMe^ nô<iTes.eon ni&en i\ds.Tes. c|>oTrcoiy TKpq nTeiw^T^^^n oiro^ 
nTencco eÊioA^en nnpn nniMes. ne^A-oAi eTe^n^Tcooir e^con 2s.e exRujewnMoir ^«vn 
ue^oiOTni eenèvOTTcoM e&oTV-^en nen^ici ^w^ epoR ne nceoToefeeK eCioA^en 
neviMes. nss-ooiAi oto^ nTeii^coA M'^pn'^ noiron niûen eTivTruîooni ^ô.2i.coR. ott cevp 

sa vie, il lui faut aller en les mains du Dieu vivant, afin que chacun rende compte 
des choses qu il aura faites, ou bonnes, ou mauvaises. Le prophète David dit : 
«Les jours que l'homme vit sont (de) quatre-vingts ans, ou s'il vit davantage, (de) 
quatre-vingt-dix ans : le surplus n'est que souffrance et tristesse.» C'est pourquoi 
pensons à la mort en tout temps, car quand même l'homme aura passé tout son 
temps sur la terre, mangeant, buvant, faisant tout désir de son âme, il lui faudra 
mourir et oublier tout cela dans la mort qui viendra vers lui, qu'il le veuille ou qu'il 
ne le veuille pas. Et quand tu auras fait ton temps, on t'oubliera si bien qu'on ne 
se souviendra plus de toi. Quand même tu te seras acquis une foule de richesses 
et que ce qui t'appartient se sera si multiplié que ton nom sera devenu célèbre, 
il faudra que ton nom périsse sur terre. Et si tu as planté des vignes et des 
paradis remplis de toute bonne chose selon tout désir de ton âme, et si tu as bu 
du vin des vignes que tu as plantées, si tu meurs, d'autres mangeront (le fruit) 
de tes labeurs : il faut que tu changes d'habitation et que tu ailles à la manière 



I. Cod. iTe. — 2. Cod. itc. — 3. Il y a une lacune. — 4. Lacune. Peut-être cette lacune n'est 
qu'une simple correction, car le sens continue. — 5. Cod. qoico^^. — 6. Cod. n&.pek3k.iccac. 



MONUMENTS, ETC. 167 



TV.es.inwpOC ' H2SL€ MITIMWpiCTHC^ WTe d.MCM'^ «Ce2S.0C 2SLe y^iK r^dvl CÊtoA 2S.€ à.'\X.Oi 

^i <^d>.oir MMoq n(^à^n mhuî h^xIP"-^*^ Mô^peu*^ d.co epoq MUô^pe 'pi>. ujoni t\d.u 
AiTies.M€ttpiT (2».) eujton Mneuipi noirneottdwncq ^i2s.eu iiikô^^i le ceuè^ep 0.0U0.1 
e^oTTii epoK eni^oTTo eujcon es.iviyes.nipi HOTn€eue>wHeq le OTres^uevTiH ^i2i.eu ninew^i 
cenes-ttèvï Mevu g^cou. cuicon ewH2s.eM najini noTrpequjw»! le oTe>.i eq^H ;5eu muj- 
Tei\o le cenes>nevi Mes.R. eujcon es.i\ipi noTrenTo7V.H ^en nô^i le c€«evue><i m>.\\ le 
eiycon m^)h le cenevnes-i ttes.i\ es.n esA7V.es. ncuep c^Meiri^ nes.i\Hu ^iîslcu hikô^^i. ot- 
pcùMi 2s.e g(oq eqcpnopneTrein^ K.is.Tes. neqoircoiy u^ht çt^coott e>.qujô<ti mott 
ncqep c5)MeTri nes.KHn ^ï2s.en nues.^! lyes. eneg. eujcoii es.HUïe>.M2s.eM lynu noTrpcoMi 
€qi5en OTr^o2s.^e2s. le cenes.nes.ï nei^R eiyton 2s.€ on &.Rujes.nuj(oni noirpcoMi nssLOipi 
nTe iieKpes.n cp ccoit ee£i€ TeRMeTSSLCopi (fol. 21 3 e) mu oTon u|2S-om nTc tchmct- 
2s.(opi nes.^MeR eûoTV^en nïRoAes.cic MMon. eujcon 2s.e on ô».neMï eoTTTe^nn nreK- 
€p 2^^ ^^" o'5' MCTTe^niTHC^ oTTO^ nT€ ïieRpes.n ep ccoit îies.i neoTres.! nesujneso- 

de quiconque a existé avant toi; car tu n'auras point de félicitations au lieu de 
toutes ces choses. Les punisseurs de l'Amenti ne traiteront pas ta pauvre âme 
avec indulgence de manière à dire : «Laissez celui-là, car il a abandonné derrière 
lui une foule de richesses : traitons-le bien.» (Non,) cela ne t'arrivera pas, ô mon 
bien-aimé. Si tu n'as pas fait de bien sur la terre, on sera sans pitié pour toi à 
l'excès : si tu as pratiqué le bien ou la charité sur la terre, on aura aussi pitié 
de toi; si tu as vêtu quelqu'un qui était nu, on aura aussi pitié de toi; si tu as fait 
une offrande à la maison de Dieu, on aura aussi pitié de toi; si tu as visité un ma- 
lade ou un prisonnier, on aura pitié de toi; si tu as accompli en cela les comman- 
dements, on aura pitié de toi; sinon, on n'aura pas pitié de toi, mais ton souvenir 
cessera sur la terre. Un homme qui a forniqué selon le désir mauvais de son 
cœur, s'il meurt, son souvenir cessera sur la terre à jamais. Si tu as visité un 
homme qui était dans la désolation, on aura pitié de toi. Si tu as été un hommc 
courageux, et que ton nom soit célèbre à cause de ton courage, est -il pos- 
sible que ton courage t'enlève aux châtiments? Non. Et si tu sais un art. si tu 

I. Cod. iiTJsAenwpoc. — 2, Cod. a^HMtopiCTHC. — 3. Cod. neHepr5>M€i. — 4. La queue du p a ctc 
effacée, si bien qu'il ne reste plus que o. — 5. Cod. M.zTTH'x^xmHC. 



l68 E. AMÉLINEAU. 



M£\\ evtt d.A7V.ô. Tieupô^n «ô^uh» ô.uujô.nMOir. MOt^ic «ceep neuMCiri ncessLoc m€- 
tiencô. OTCHOTT 2s.e him nTe^niTHc' ô».qeevMio MTi0.1e12s.oc2 q)d.i oirog 110.1 K€Cdw2s.i 
Oïl MMon eMô^ïo ttô^ujoiiii nevR ô.n ^en d.Me»'^ eeCie TeRMeTTc^ttiTHc. ^ d>.i\iyô.ïi- 
ujconi 2^€ on npGqcouî ï€ vJrdw7V.Mco2s.oc euoi nces.^ eni^oiro cenevep ncoÊiuî htcr- 
MCTCis.^. OMOïcoc neoi\ oTpeq2s.to neou OTri\iees.pco2s.oc4 CTrujOTrujoTr mmcoott egpHi 
e2i.en to-tmctcô.^ d.RiHô.ttMOir 0. neivep ç^mcttï tô^ko ^en oir;)(^co7V.eM. d.Riyds.n5l 
2!k.€ OH ttoin\pes.Toc noirpo nTeKepc|>opGitt'^ no-yf^pHni le nTeRujtoni n2s.o'!r^ le 
noHi^eMCon er^foci OTOg ïitc oTrpevti nccoiT ujooni nevR (e") Mç|)pH'^ MUOTpo co- 
TVoMCon pw^ epoK ne eepeHMOir tiTenep c|)Meiri rhu oTop MHô.TrepMô.Rô.pi^ein*' 
MMOK ^€« ô.Men'^. 

d.i\iyd.niyconi a^e neoq noirpcoMi tt2s.iues.ioc7 neupes.» nes.ep ccoit MneMeo mhoc 
MTC OTTOtt tti&en epMevKevpi^ein'^ mmok 2s.e mmoïi c^h eToi nttiuj'^ ec^evi. poo'^ 
e£s.p ne ttTC pcoMï niÉien moit d.7V7V.es. oiroi nttipeqep nofei evyiyes.ttMO'y e^pHi ^en 
«oirnoÊii 2i.e oirniiy^ Te '^e'A.ïvjTicQ ee^ttes.Td.pcooir pi himcoit MnevTOTrpcoTV. epes.Tq 

travailles avec art et que ton nom soit célèbre, cela aussi ne te sauvera pas; si tu 
meurs, ton nom cessera. Après quelque temps à peine en rappelant ton souvenir, 
disa-t-on : «Quel artiste a fait cette œuvre»? et autre chose semblable; tu 
n'auras point de justification dans l'A menti à cause de ton habileté. Si tu es 
chanteur ou psalmode, habile à l'excès, on oubliera ton habileté. '° De même es- 
tu musicien, cithariste exalté à cause de ton habileté magistrale, si tu meurs, ton 
souvenir périra avec promptitude. De même si tu as" une puissance royale, 
si tu portes une mitre, si tu es duc ou commandant (de classe) élevée et si tu as 
un nom aussi célèbre que le roi Salomon, il faut que tu meures, que ton souvenir 
cesse, et l'on ne te félicitera pas dans l'Amenti. 

Mais si tu es un homme juste, ton nom sera célèbre devant le Seigneur, 
chacun te félicitera; car il n'y a rien de plus grand. Il faut, en effet, que tout le 
monde meure; mais malheur aux pécheurs s'ils meurent dans leur péché, car 
c'est une grande affliction que celle qui les surprendra en chemin avant qu'ils 

I. Cod. mÇ.'^WHTHC. 2. Cod. JA.n«kII2k.OC. 3. Cod. TCKMeTTe^ÇnHTHC. 4. Cod. He.«JSpi(OTHC. 

On pourrait corr-ger aussi en Hi«&.picTKC. — 5. Cod. nreHcp^opin. — 6. Cod. jA.<y,HA.pi3m. — 7. Cod. 
nak^iHeoc. — 8. (')d. epMA.Hc.p13 m. — 9. Cod. '^■»A:r\yic. — 10. Mot-à-mot : ta maîtrise, c'est-à-dire 
ton état d'être passé maître en cet art. — 11. Mot-à-mot : si tu reçois une puissance royale. 



MONUMENTS, ETC. | 6q 



M^'^ 11m0.nT0upd.Tc0p. MW Miieno£i epô^Teu cotmhuj npo)Mi ern^^MOT mtcm 
nevir epcooir ^en ni«Ai\^'ic ctott^h m^htott. mw TeTetutôwir evu e-^nuij-^ nd.itA.iMui 
ÇTUco-^ epcooTT nçM niconeM eT[)(^H ^en hott^o neM nc-7r£id.'A. çt-V epMH mh n^wI 
d.n ne eenes.ujcoiii MMon own MHinis-T epe Tô^nô^unn m'^mot nd.i e^pm e2ç.cj>n 
MU . . . .' ÇTC ncM .... è.ines.TT eoTMHuj npcoMi eTOTro)iye(?) (fol. 2147) eTnuoT 
cTiyiHi nTOTOTT nniptoMi eTHco-f epcooir 22.e ô^uj nnevir ne '^0.1 eefee 2s.e a. -p-^ 
OTres.oces.^nï Mt^oircoini nnifcô.?V.2 ôwqepevnis.;xi^P^'"-^ ^^" ue;Xl^oirni eirnHSi. efcoA 
^i2s.en noTTMiv nenuoT eirncoiMi enô^icô. neM (pà<i e^Éie ni^o eTujefeiHOTT eTOTnevir 
epcooTT neM t^c^ M<^MOTr eTes.c^conT epcooir eiTMeiri 2£.e cenô.'^coT nTOTOT nnie- 
^oirciôw eTô^Ti nccooT ô.TV.TV.es. cenô.iy<^coT nTOTOir e<wH eTfee 2s.e *. tot2s.om ocoA 
nTOTOir OTO^ nes.pe TOT\^ir;)(^H qi ô.^om cevcô. niÉien. le Tennô^ir ô.n enenio-^ neM 
nencnnoir neM nenu|ç|)Hp is.iriyes.ni €irnes.Moir nceoircouï esn nToiruje iicooir nTOT- 
yiis. nesiniiy^ noTcoini nccooir eiycou ôwiriyè<nnô.ir enevi oeiHcon+ THpoT eiruje- 
feïHOiTT ujesiTujeopTep n'^oirnoir co neM (sic) nesi ^o mmotti n^M n^vioo n2i.pesKcon 
neM nesi^o n^es7V.HT n^M nevi^o eTiye£iiHOirT (h) ;ien '^oirnoir lyespe neq&esTV. pjiu 

n'arrivent en présence de Dieu, le créateur de toutes choses. Est-ce que vous 
n'avez assisté aux derniers moments d'un (grand) nombre d'hommes?" ne les 
avez-vous pas vus dans les afflictions où ils se trouvaient? n"avez-vous pas vu 
la grande nécessité qui les environnait, la tristesse qui était sur leur visage, et 
leurs yeux qui pleuraient? Cela ne nous arrivera-t-il pas à nous aussi? à l'heure 

où la nécessité de la mort arrivera sur nous J'ai vu une foule d'hommes 

s'éteignant (?), couchés, demandant à ceux qui les entouraient quelle heure il 
était; car le Seigneur a commandé à la lumière des yeux et elle s't ^t retirée. 
D'autres étaient couchés sur des lits, se tournant de côté et d'autre à cause des 
visages variés qu'ils voyaient et de la crainte de la mort qui approchait, pen- 
sant qu'ils allaient fuir les richesses qu'ils avaient cherchées, mais ne les fuyant 
pas parce que leur force les a quittés; et leur âme de tout côté gémit. Et n'avons- 
nous pas vu nos pères, et nos frères, et nos compagnons, lorsqu'ils sont arrivés 
à l'heure de la mort?*" ils ne voulaient pas s'en aller et laisser derrière eux cette 

I. L'écriture a disparu sous une petite tache de chaux. — 2. On a ajouté ce mot à la fin de la ligne 
à l'encre rouge. — 3. Cod. e.qcp&,n«.5(;"P«"- — 4- ^"'^- €nA.iç^iRwn. — 5. .Mot-à-mot : ne vous êtes- 
vous pas tenus près d'hommes nombreux allant mourir. — 6. Mot-à-mot : sur le point de mourir. 



170 



E. AMELINEAU. 



ucô. Teqc^iMi n€M nequjnpi nqoTcoiy evn eepeq^wTV. tiTcq^*^''^ ottoo eiriyeopTep 
«cô. 'V4^"'**X'* iiTô^TV-ô^incopoc ' MMOU g^i ccooTTti Mnec^ici c&hTV. epoc MMevTivTc 

'^«iiy^ u^eA^eTVT CTOoiy €£io?V.^en '^-ujÊicoÊii M'^pR'^- noTÉièvUjoTrp ecÊiici ucè^ 
c^H exenuoT M<^pn'^- HOTUje €Tr£iici MMoq. 

^eii '^OTTUOTT ujôwpe TiipcoMï iiHn eqces.2i.ï oto^ nre ii€q7V.ô^c (S'TV.omTV.çm ^en pcoq 
u|es.pe neqojHpi piMi uccoq 2S-e oiroi uevn neuicoT ^"yi^niK^ixiA. nTCK^es.» enoi nop- 
c^ô^noc. ^eu '^oTTUoir iyô<p€ nmiqi i enujtoi uTequje ïies.q €pô<Tq mc^h GTes^qeev- 
Av.ioq oTTOp uTe OTTôvi ;^(o nTeq2s.i2s. e'-2SL€n neqÉiô^TV. nTequjeô>.M mmcoott oto^ 
lyô^quîtoni eqos Hô^Te(M)ï ic2i.Gn nô^iuô^TT ^en '^otthot cenôvTôw?V.oq n2i.€ nipwMi 
nc€9(;^evq ^en tiim^ô^tt. (fol. 2 i 5 ë) oto^ nTOTruje uooott tiTOTX^^ ^^n OTrniuj-^ 
MMeTÊiïHn. oTOï Mc^pcoMi î2s.€ d..ir2i.c^oq eniKOCMOc 2S-€ ^en neq^ici Twpq €Td<q- 
2s.'^oq oi2s.Gti ïin\es.g^i Mneqep oc eoAi UTeqo7V.q neMA.q cÊmTV. eu mmô.^i «kôw^j 
eTô.qnuoT ïv^htot MMes-Tô^Toir. co c^pcoMi nTevAôwincopoc^ ctôvK'^ ^hot «ott ^i2s.eïi 

grande lumière. Lorsqu'ils ont vu toutes ces grandes figures de tout genre, sur 
le champ ils ont été dans le trouble, en voyant ces visages de lions, ces visages 
de dragons, ces visages d'oiseaux, ces visages variés. A cette heure les yeux (de 
chacun) se tournaient vers sa femme et ses amis, ne voulant pas partir et les 
laisser; ils sont troublés à cause de (leur) pauvre âme dont personne ne sait les 
souffrances si ce n'est elle; et personne ne vient à son secours dans la nécessité 
qui pèse sur elle et pour le grand râle qui crie dans la gorge, comme une scie 
qui coupe celui qui est couché comme un arbre que l'on scie. 

Alors l'homme cesse de parler et sa langue est enroulée dans sa bouche; ses 
enfants pleurent en lui disant : «Malheur à nous, notre père, tu t'en vas, tu nous 
laisses orphelins!» Alors le souffle monte pour s'en aller vers celui qui Ta créé, 
et quelqu'un met la main sur les yeux (du mort) pour les fermer. Et depuis ce 
moment ii n'a plus de connaissance. Alors les hommes le prennent pour le 
mettre dans la tombe, et ils s'en vont le laissant dans une grande pauvreté. 
Malheur à l'homme qui a été enfanté à ce monde! car de tous les labeurs qu'il 
a eus sur la terre il n'est devenu maître de rien qu'il pût emporter avec lui, sinon 
de trois coudées de terre où il s'est endormi. O malheureux homme! qu'as-tu 

I. (^ad. jiTivAcntopoc. — 2. Cod. u;vu|cpl^oi{«in. — 3. Cod. Te^Xcntopoc. 



1 



MONUMENTS, ETC. 171 



2s.coM ucouï eiiHi M'^^ UTe c^H eeoTrd.& CTevuc^es^i jw.neqep '\>MeTi mcm mp-^^ici 
nTeqfTï ^mot eppni e2fi-0)K nivppen 'J^-^ uTequôwi »es.K uTujefcio) Mninceniviic^ 
€Tdiiies.iq oi2i.en niues.oi eujwn 6.uipi jcv^ô».! le noc ueviyonu epo'^ ££\\ ovoci- 
pHMH. ee&e ot nevcnHoir cpe TCMenieiTMem' euie«;)(^es.i utc «ipHui epeTeucoAi 
MMtooTT ^ett oirtyi n2SLOHc eq2SLco uô<p mmoc n2s.e noc 2s.e tiMeuepeni^TMeiu- coAi 
nei2s.oc^ nxe nei\uj''J[)Hp (i) eqep ujopn^ mcmi «2s.e noc 2£.€ 'pw epe ni£id.7V. môvt* 
epoq lyô^pe ni^HT cpcnieTTMem' cpoq ^en n2i.inepe ninonupoc upcoMi tie^-r 
enni mc^h eT^ôw^OTcoq cqMcp «ô^uô^eon epe TeqKoi Av.ep nuô^pnoc uïey.q€penieT- 
MCin'^ eoAoT THpoTT OTop ujô».qep noTc «lÊicn Mnie2s.copo Twpq otoo UTeqoi uj*.t- 
c€ neqHi «Teqewiq neûinn ^en OTroTrnoir «otcot. ô^.uis.T cpcoTcn o) nevujHpi mmcw- 
piT 2s.e nièvuueTV.oc «tg Tc^e è<Trep€nieirjw.eiH7 ô^tt^itott e&oTV. oirop MnoT-^ *.co 
epwoTT. M.es.iye ncoTen co nd.uïHpi c&oTV. pd< nipcoAvi HpeqMoir-^ neM ttipequ|i«i 
n€M nipeqx*' oirnoTr 2s.e nes^i ne nieprexTRc nje ni2s.iô.&o7V.oc oTop c^Mev nep oco& 

fait d'utile sur la terre afin que Dieu le prenne de toi comme rachat de tes 
péchés? as-tu fait (faire) un livre pour lire dans la maison de Dieu afin qu'on v 
lise (la vie) du saint que tu as écrite pour (faire durer) le souvenir de ses souf- 
frances,^ afin qu'il te rende grâces près de Dieu qui aura pitié de toi en échange 
du bien que tu auras fait sur terre? Si tu as fait cela, le Seigneur te recevra en 
paix. Pourquoi, mes frères, convoitez -vous les biens des pauvres, les prenez- 
vous avec violence? car le Seigneur a dit : «Ne convoite rien de ton prochain.» 
Le Seigneur savait le premier que le cœur convoite ce que l'œil voir. Lorsque 
l'homme méchant voit la maison de son prochain remplie de biens, -^on grenier 
rempli de fruits (de la terre), il désire les prendre tous, et, durant toute la nuit, il 
dresse toute sorte d'embûches afin de percer sa maison pour le rendre pauvre en 
une seule heure. Prenez garde à vous, mes enfants bien-aimés, car les anges du 
ciel ont convoité, ils sont tombés et on les a traités sans indulgence. Marchez, o mes 
enfants, hors delà voie desincantateurs, des pythons, des faiseurs de prestiges, car 
ce sont des ouvriers du diable et la cause^ de toutes sortes d'iniquités. La sainte 

I. Cod. Tfencni«^irj*.nt. — 2. Cod. nntRcpcni«^irMin. — 3. Cod. ni2k.oc. — 4- ^od. qcpuiopn. — 
5. Cod. cpeni^iTMin. — 6. Cod. ujà.qcpcni«TrMin. — 7. Cod. ft.Trcpciii«TjAiit. — 8. Mot-à-mot : que 
tu as écrit pour son souvenir et ses souffrances. — 9. Mot -i\- mot : et le lieu de faire toutes sortes 
d'iniquités. 



172 



E. AMELINEAU. 



jvô^uoMiô. niÉien. '^■epev«:^H ceoTôvÊi 2s.co mmoc 2sl€ Muep^oorefii. ccotcm epoi co hô.- 
u|Hpi nTô.cd.2s.i neMCoren mk epejenssLCO mmoc 2s.€ u^coreÉi (fol. 2161^ MniccoMô. 
MMd.To.Tq ne ni^toTe£i mmoïi ô.AAev oTon ottmhoï n5i «^coTeÊi M>\iK'T. OTpcoMi 
eqeoTCT coTTO e^oTïi eqoirtoy cep pôwMô.0 ^en n^02s.^e2s. nniOHJvi eqssLOTiyT 
e&oA^ô. TpH uoirpfetoii mh OT^coTefe ne ':|>evi. c^cot £!xdK pev iid.ïpco& c^ô.ï co «ô.- 
ujHpi MMenpiT Muepô^iq. OTOp' nessLô^q on 2s.e c^n e^Moiyi ncô. ottmhci ^en 
OTMeTOOTTO qno.Tes.nO. eq2s.co^ mmoc on n2s.e ne).inpo'JJ>HTHc noircoT 2s.e ni2s.i- 
i\es.ïoc3 iyes.qnis.1 oTop Vy*»^^'^ oirop neqcnepMds. neviyconï ^ô. nicMOT. nd.7V.in eq- 
2S.C0+ MMOC n2s.e le'^eivinTV. ninpoc^nTHc 2s.e otmhci npoTO MneqS'iTOTT n2s.€ noc 
eqctoTCM^ n2i.€ noc enco^ efeoTV. nnn eT0'!r(5l mmcoot n2s.onc nô.Te). o\i ncMOT. 
^>n eTepnopneirein*^ ncM tc^imï Mc]pn eT^e).eoTrcoq cqoi Mc^pn"^ mcJ[)h eT^ooTeû 
MMoq <^n eT5l mhci nTOTq mc^h eT^ô^eoTcoq eq^coTe£i7 MMoq. cd.^(x) TnnoT 
eùo7S.^d. nô.!!?! n^coTefe m- (lÉi)^ nevipn'^ y^ù M^wiKi mc^*^ ^en neTen^HT e^oTrn 
encTenepHOT pinô. nTe c^'^ nô.i nwTen. co c|)pcoMi neÊiinn eTô.n'^ gnoir noT oi2£.en 
n1u0.p1 pô.pd. d.ueô.Mio noTrepc5>ei enni m^^ ^ô. ncco'^ nneunoÉii mh è.Keô.Mio 

Écriture dit : «Ne tue pas.» Écoutez-moi, ô mes enfants, que je vous parle. 
N'avez-vous pas dit : «Tuer le corps seul est tuer»? mais il y a une foule d'autres 
assassinats. Un homme qui ramasse de la farine désirant devenir riche dans la 
tribulation du pauvre, épiant l'arrivée d'une famine, ^ n'est-ce pas tuer cela? 
Fuyez cette action, ô mes enfants bien -aimés, ne la faites pas. Elle dit aussi : 
«Celui qui marche dans l'usure, périra.» 11 dit aussi ce prophète unique : «Le 
juste a pitié et il prête : sa race demeurera dans la bénédiction.» Le prophète 
Ézéchiel dit aussi : «Une usure excessive, le Seigneur ne l'admet pas, le Seigneur 
n'entend aucunement celui qui la perçoit de vive force.» Celui qui fornique 
avec la femme de son prochain est comme celui qui le tue : celui qui prend 
usure de son prochain, le tue. Éloignez-vous de pareils homicides, mettez la pitié 
de Dieu dans votre cœur les uns envers les autres, afin que Dieu ait pitié de 
vous. O pauvre homme, qu'as-tu fait d'utile sur terre? As-tu bâti un temple pour 
la maison de Dieu comme rachat de tes péchés? as-tu fait un livre pour la mai- 

I. Cad. V\) (sic). — 2. Cod. qotCDJAMOc. — 3. Cod. niri^iRtoc. — 4. Cod. qacco m.moc. — 5. Cod. 
qccoTCM. — 6. Cou. cTcpuopiifiTin. — j. Cod . q*ûjTCÛ. — 8. La pagination répète i ici. — 9. Mot- 
ù-mot : attendant dans le chemin d'une famine. 



MONUMENTS, ETC. lyS 



uoirssLCOM euHi M.'p^ ^mô». iiTe ^^a. eeoTô^û €Td^uc;5d».i Mne'^ep '^mcti iitc^Ti omot 
€£pHi c2s.(OK ud>.^peu ^p^ €epeqHô<i «Ô.1V. eujcon mcm d^uipi m-^*.! le nôc niw 
ujcon iiTeH\yT;)(^H cpoq eueqMev «mtou. eiycon TeTeuoTOiiy eeMi 2t.e OTMeeMKi 
ne lIIC^s.2s.I oirop mmow evUd^nH €coi nuiiy^ €eô>. ni2fi.oiM mo>ui epe nipoMj «*.- 

THiq e^OTTtl €TIHI MC^*^ le CCOTCM CpOI UTd.24.0i epOOTetl MUA.IHIUJ'^ HUe'^Ô.TV.ÔwIOM ' 

«lyoTep uïc5>Hpï MMoq es.noi\ neTCMioiT uirpiATV.oc. 

ôwcuîconi 2s.e 5en nicHOir eis. noirpo eecs^^ocioc oTrcopTi ncwi *s,«ou 2^e ds.ioT- 
(fol. 2171c) topn uces> nmpoc^HTHC €eo7rdN.& ô>.nes. uieMOTr*^ niè.p^iMôv«2s.piTHc 
neM nenicoT is.iïitis. ûiRTCop iiiô>.p;xi''-^^"^2s.piTHC nje Tô^&ennHci ottoo iiiwipu-^ 
dwtt^coTV. eepen€pi\es.ec2k.peitt Mnies.ce2iHc necTopioc otto^ «ô^pe oevu kcmhuj «e- 
niciionoc ïiTe X"-^^ neMivn ne. d.noi\ 2s.e neM ô».niv uïenoTT-^ neAv. ev&Êiev ÊnuTUip 
nies.p|)(;^iMè^n2^piTHc «Te Tô^feennHci euo tiTôvAHOTT eoTr2S-Oi uottcot ne «eM neu- 
epnoT eepen^wA eucoucTes.uTitio7rno7V.ïc2 ottoo nc(02i.n nnienicuonoc ^wTôvAhi 
^tooTT eoTTss-Oi WQM noTTepHOTT OToo ^Ctt n2s.mepe«ep 2s.iniop MnineAft^uoc nre 
^lOM evUô^MOui e^OTii eiicoucTô»>nTinoTrno7Vic.^ e^ô.innô.'* *. niujini ocoTV. e^oTu 

son de Dieu afin que le saint dont tu as écrit (la vie) pour (perpétuer) son sou- 
venir, intercède^ pour toi près de Dieu qui prendra pitié de toi? Si tu as fait cela, 
le Seigneur recevra ton âme dans le lieu de son repos. Si vous voulez savoir si 
ce discours est vrai et s'il n'y a point charité plus grande que celle d'un livre 
qu'aurait donné un homme pour lire dans la maison de Dieu, écoutez-moi et 
moi, votre père Cyrille, je vous dirai un grand prodige digne d'être admiré. 

Il arriva dans le temps que le roi Théodose m'envoya chercher, que je mandai 
le prophète saint apa Schnoudi, l'archimandrite, et apa Victor, l'archimj.ndrite de 
Tabennîsi. Et ainsi nous allâmes pour renverser de son siège l'impie Nestorios; 
et il y avait une foule d'autres évêques d'Egypte avec nous. xMoi, et apa Schnoudi 
et apa Victor, l'archimandrite de Tabennîsi, nous étions montés sur une seule 
barque, les uns avec les autres, pour aller à Constantinople. Les autres évêques 
montèrent aussi sur une barque, les uns avec les autres; et lorsque nous eûmes 
traversé les eaux de la mer, nous abordâmes à Constantinople. Sur le champ 

I. Cod. HKe^ô-Xeon. — 2. Cod. eRWCTivnTinoTnoAic. — 3. Cod. cR<ûCTA.nTmoTno\ic. — 4. Cod. 

«^ô-nine.. — 5. Mot - à - mot : afin que le saint que tu as écrit pour son souvenir prenne des grâces 
pour toi près de Dieu. 



174 



E. AMELINEAU. 



e4Tio7V.ic. eTôwtti s^^e e^oTn e'^noAic d.n2sLC0i?V.ï enTonoc muiô^cioc ^eo2s.copoc ee£ie 
2s.e nôw^^euT e^oTtt epon ne «s.niyconi MMevT en2s.0TUjT eÉioA ^ô^t^h Mniiymi 
nnienicKonoc. (i^)' ^cn c^nevir 2^€ npoTT^i ô». «lenicivonoc es.MOtti €ni7V.iMHn- 
«Te HConcTdvnTinoTTio'A.ic^ es^iri c^ott» ^yes^pon. evHou 2s.e ô».ioTrcopn Mnoirpo 2SLe 
ic nicnicROTioc «Te ^hmi eviri. is.qoTrcopTi ^ivpon 22.e ccoth tiô^ii «ottmô. eepe 
nieTiiciioiioc THpoT ecooTT'^ epoq «ceTè^Mon enTôvssLpo nT€ tiihô.^'^ ceoTTôwfc. ^en 
n22.mepenep nencoi^nï ncM nie^p^^^icmcKOTioc utc pcoMH. nevipH'^ ô^nccoTn nô.n 
tt'^noTV.ic €c5)ecoc d.ioTcopn HnienicRonoc eT^ô. neveponoc CMes-T otto^ es.iepe evnes». 
ÉimTcop peMci ^en ttio7V.ic u'^AieToirpo eefce 2SLe OTon tiTô^q mmôvit noTniiyf 
jw.nes.ppHciev ^es-Te» noTpo eeo2^ocioc e^oTe epon+ THpoT. es.noi\ 2s.e hcm ô^hô. 
ujenoT'^ evtt^eMci ^en '^noTV.ic ujes-Te nieniciioiioc €Tô».qoTrcopnoTr mccoott i ^m*. 
ttTenpwA e'^TioTV.ic ec^ecoc. otoo Menencô. epooT 2s.e £i npeMci ^en niTonoc «Te 
Tiievuioc eeo2s.copoc 0. cioirp" Si ep- (fol. 218 le) Tiô».pô<fiiôvïnein*^ «OTenToAn^ «Te 
TioTpo OTTop es.irepKes.THi7op€in^ ^ô.pcooTr ^d.T€n TioTpo OTop ô.q2SLtonT epcooTT 

la nouvelle se répandit dans la ville. Lorsque nous fûmes entrés dans la ville, 
nous habitâmes dans le monastère du saint Théodore, parce qu'il était près de 
nous : nous restâmes là attendant l'arrivée des évêques. A l'heure du soir les 
évêques abordèrent au port de Constantinople, ils vinrent vers nous. Alors j'en- 
voyai un message au roi : «'Voici que les évêques d'Egypte sont arrivés.» Il nous 
manda, disant : «Choisis-toi un endroit afin que tous les évêques s'y rassemblent 
pour nous confirmer dans la foi sainte.»^ Après avoir pris conseil de l'archevêque 
de Rome, nous choisîmes Ephèse : j'envoyai là les évêques placés sous ma juri- 
diction, '° et je fis rester apa 'Victor dans la ville royale, parce qu'il avait une 
grande franchise près du roi Théodose, plus que nous tous. Mais moi, avec apa 
Schnoudi, nous demeurâmes dans la ville jusqu'à l'arrivée des évêques que j'avais 
envoyé chercher, afin d'aller dans la ville d'Éphèse. Et deux jours après que 
nous étions assis dans l'endroit du saint Théodore, deux eunnques transgres- 
sèrent les ordres du roi et furent accusés près du roi qui s'irrita contre tous les 

I. Cod. ifi. — 2. Cod. Au-JA-Hn. — 3. Cod. CRtocTikitTino-rnoAic — 4. Cod. cooTcpow. — 5. Cod. 
ACiroTp (sic). — (). (Jod. ti^pev&CKiK. — 7. Cod noTriiTOÀH. — 8. Cod. ekTepRek.THK'opm. — 9. Mot- 
ù - mot : pour novs enseigner la conllrmation de la foi sainte. — 10. Mot - à - mot : sous mon trône, 
c'est-à-dire de ma province. Le mot juridiction est relativement nouveau. 



MONUMENTS, ETC. 1-75 



Mnfe. oTôwi cCioTV. M;5HT0Tr eneqpevu ne cicimmioc evqi €;îotu cnTonoc Mnievrjoc 
^eo2s.copoc ^(K\ eT€u5ô<7V.HOTrT epoq ^omi eueuuoT «;5iiTq. cuô^pe nipoMi 70)£io 
Mnievcioc eeo2s.copoc ne 2£.e oiudv nTeqTtoû^ e;ipHi estaiq uô^ppeu '\t-\ utc iiot- 
po ujonq epoq «Kecon. 

ô».non 2s..e ^cou euipi' Mnie^ooT ^eii niTiô<7V.dvTiou ^èvTeu noirpo d.peujô.u nipu 
£coTR MMHini ujevnpwTV. enTonoc Mniô^uioc eeo2s.c>>poc UTeueuuoT u^uTq exÊie 
2s.€ ttdvq^enT ne emnes-Aô^Tion^ «Te noTpo ne. nicioirp ss^e ocoq eTeMMô>.7r eMi)».'4- 
enuoT ne ^eu niTonoc noTcoT neMèv» ottoo «ô.qTio2ip Mniô>.noc eeo2i.o)poc ne 
2s.e nTeqTCûÉi^ Mnoc e^pni e2S-(oq eepeq-^- y^à^^ic nô.q oirog» ue^qui'^HA ne eqssLto 
MMOC MnevipR*^ 2$.e niô^uioc eeo2s.copoc nicTpôvTHAô.THC '^'^00 epoR ee- (fol. fp)^ 
peuTcofc^ eppHï eos-coï nev^pen (p-^ pin*, utc noirpo ujonT epoq enô^.uev Muecon. 
Menencis. uô^j eqenuoT eqo&uj noTre^ooTT es. niô.!7ïoc eeo2k.iopoc i ujd«-poq nes-.e^*^ 
ttô^q 2s.e nipcoMi ds-ucoircouT 2s.e d.non niM. ness-evq uô.q 2s.e mc^h nd.ôc. necs-dv-^ 
«d».q 2s.e evnoK ne eeo2s.copoc c|)icot MneviTonoc. ne2$.e nicioTp nô^q 2S-e nevôc 
Mdvpe nei\nôwi xes-ooi ottoo e^qc^ôw^xq ô^qoircoujT MMoq. ne2s.e nièvuioc eeo2s.copoc 

deux. L'un d'eux, nommé Sisinnios, vint dans le monastère du saint Théodore 
où nous aussi avions reçu l'hospitalité et dormions. L'homme priait le saint 
Théodore d'intercéder près de Dieu afin que le roi le reçut une seconde fois. 

Quant à nous, nous passions le jour dans le palais du roi. et chaque jour, 
lorsque le soleil se couchait, nous nous rendions au monastère du saint Théo- 
dore pour y coucher parce qu'il était situé près du palais roval. Mais cet eunuque 
se reposait dans le même monastère que nous, et il demandait au saint Théo- 
dore de prier Dieu de lui faire grâce, et il priait ainsi : «O saint Théodore le 
stratélate, je te supplie d'intercéder pour moi près de Dieu afin que le roi me 
reçoive en ma place une autre fois.» Après cela il s'endormit un jour sans le 
savoir : le saint Théodore vint à lui. Il lui dit : «Homme, sais-tu qui je suis?* 
— (L'eunuque) lui dit : «Non, mon seigneur.» — (Le saint) lui dit : «Je suis Théo- 
dore, le père de ce monastère.» L'eunuque lui dit : «Mon seigneur, prends pitié ' 
de moi.» Et il se prosterna, l'adora. Le saint Théodore lui dit : «Voici qu'au- 



I. Cod. nipi. — 2. Cod. cnin<sA.\a.Tion. — 3. La pagination se rencontre ici : 1 ET comme cela 
doit être. 



176 



E. AMÉLINEAU. 



ttivq 2s.€ oHune eviTwfc^ mhoc g2£.cok m'^cot «tç noTpo Td^^ou €pô.TK niiecon 
MneqM^o ô.AAô. qi q>pcooiruî nTGUY^TX» G^peiiOTrcopu «^e^n 2s.copon encco-^- 
rtneunoûï 2SLe othï x"*^^^*^ *"" iyô.nT€Kï edcA^en cwmô.. ness-e mcioirp nd.q 
2SLe Hô^ôc €ind.ep oir. neste nievuioc eeo2s.wpoc nô<q 2i.€ Tconu «TeH^coTV. nTei\qi 
f^pcooTTiy «Te '^■Mô.pTirpiô. «tg nnù nd.nocTo7V.oc ncM «coi ^w oiro^ x^^^^s^^-^* 
noiTMTon ^GH nôwiôwicon' ne.w. '^^n eennoT. nievuioc !^e e€02».(opoc ^en (fol. 2 19 15) 
n2s.inepeq2s.€ hôvi MniptoMi ô.quje nevq GEio7V.Oo.poq. ^cn -^-OTnoTT 2s.g ô^qnG^ci 
Gnujcoï n2s.6 nicioTp ^cn oirniiy^- n^o*!" n^M OTcecpTcp cqoi nuj'^npi g2s.gh ^h 
GTd.qnôwTr cpoq. ^en nss-in^peq ujcopn lyconi es. cicinnioc nicioirp i ujô^poi e^non 
neTcnicoT mrpi7V7V.oc. '^upev'^n eeoires-û 22.CO mmoc 2sl€ efiioA^ien ptoq MMcepe & 
i€ û ujôvpe cès.2i.ï niûen ogi epô^Toir evnou ne nTpi7V.Aoc niô^p^ienicnonoc nTe 
pô.no'f '^01 MMC^pe nnô.1 côv22.ï es.non ne iycno'5"^ nid<pxiMè<n2s.piTHc "^oi mm^- 
«pe nnis.icev2s.i evnon ne ûinTcop niivp;)(^iMevn2».piTHc -^oi MMeepe nnes,icev2SLi. 

Aoinon ^en nssLinepenTcooTnoir nujtopn Mme^oo-y eTeMMô^ir èvn^cMci e». ci- 
cinnioc nicioTp I uîôwpon dwqcÇ)ô«.;iTq d.qoircouïT essLcn nô».5'ev7V.es.Tr22. eq!22.co mmoc 

jourd'hui j'ai prié le Seigneur pour toi afin que le roi te place une autre fois en 
sa présence; mais prends soin de ton âme et envoie quelques présents pour 
racheter tes péchés, car certes tu ne tarderas pas à sortir du corps.» — L'eu- 
nuque lui dit : «Mon seigneur, que ferai-je?» — Le saint Théodore lui dit : 
«Lève-toi, va, prends soin du martyre des douze apôtres et aussi du mien, 
et tu trouveras le repos dans cette vie et dans la (vie) future.» Lorsque le saint 
Théodore eut dit ces paroles à l'homme, il s'en alla. Aussitôt l'eunuque (se ré- 
veilla) en sursaut dans une grande crainte et avec tremblement, s'étonnant de ce 
qu'il avait vu. Lorsque l'aurore parut, Sisinnios vint vers moi, moi, votre père 
Cyrille. L'Écriture sainte dit : «De la bouche de deux ou trois témoins toute 
parole sera stable;» c'est moi l'archevêque de Rakoti qui suis témoin de ces 
paroles; c'est moi Schnoudi l'archimandrite qui suis témoin de ces paroles; c'est 
moi Victor l'archimandrite qui suis témoin de ces paroles. 

Du reste à la première heure de ce jour, après le lever, comme nous étions 
assis, Sisinnios l'eunuque vint vers nous, il se prosterna, il adora sur mes pieds. 



I. Cad. njsieoin. — 2. Cad. ^cn *tn. 



MONUMENTS, ETC. l 77 



2S.C CMOTT epoi nô^icoT. ô.uoi\ 2s.e ivicMOTT epoq OTOO ou ev-^Ti mucmo-v ituienicuo- 
noc eotieMHi otto^ evq^eMci ô^qssLco epo« Mui^opô^Mô». (ihj cTes.'4u<vTr epo'4 epc 
neqccoMô. THpq ceepTcp eefee «h CTô^quevir epcooT. 0.UOK 2s.e uT-piAAoc i\e2S.Hi 
Md.q 2s.e ô^TV-Hecoc co nè^ujwpi evunèvir eoTuiiy^ «Ttopn e&oTV.. ne2s.e TTicioTp ï\h\ 

2i.e eiOTTCOiy €epei\(Tl ÏITOT «Tô.! U n'A.OITHOSS.I UTeRTHITOT eÊl07V.plT0TK UTCUUJOJll 

ivHi ii'^Mes.pTTrpiôv nT€ niiÉi ties.nocTo7V.oc ncM eMô^pTirpiô. Mnid».uioc eeo2s.o)poc 
niniiy^" ncTpes.TH7V.*>.THc. oirop ^en '^otmott A.q'^ «hi u-^c^- u7V.OTrHo;î2.i es.«ou 2^e 
KTrpi7V7V.oc Mniepd.Me7V.Hc' enTnpq d.7^7V.èv ès.iTOioiruoir ôwiuje mhi enni Mniupô^'^eTc 
i\i(Tï neMHi MO'yi\7V.Hpïi\oc \\t£ '^no7V.ïc ô.qo7V.T enni Mniupevt^eTc ô^isi.o) epoq 
Ai.nïcevî2fi.ï oiroo nevTô^ OToinonoMiô». nTe c|)'^ (p\i ctô. niô^uioc eeo2».copoc •ji.oq 
MnipcoMi 2$.e ujonq neoq ne eTes.q2i.eMq eqceÊiTooT ^en nni Mniupei^r^eTc oTog 
^en '^OTTiioTT es.ïeMi 2s.e oTeoou} «Te noc ne. e^noR 2s.e evï'\- ue^q n-^r-^ u7V.o'yro2SLi 
es.i(jï nniMes.pTTrpiôw eTTevinoir evienoir ôwIthitott Mnicioirp (fol. 220 le) neoq 2s.e 
es.q(yîTOTr es.qTniTOTr e^oirn eniTonoc Mnies.îTioc eeo2s.copoc otto^ ^en c^ues.T «ev?s.n 
^ «Te nie^ooT eTCMMô^T es. noirpo OTcopn ncô. nicioTp es.qTes.£oq epe>wTq CTeq- 
Tev^ic MTe ujopn. 

disant : «Bénis-moi, mon père.» Et moi, je le bénis. Il prit aussi la bénédiction des 
évêques qui étaient avec moi; puis il s'assit et nous raconta la vision qu'il avait eue. 
Tout son corps tremblait de ce qu'il avait vu. Mais moi, Cyrille, je lui dis : «Vrai- 
ment, mon fils, tu as vu une grande vision.» — L'eunuque me dit : » Je veux que 
tu prennes de moi ces trois pièces d'or, que tu les donnes de ta main, que tu 
m'achètes le martyre des douze apôtres et le martyre du saint Théodore le grand 
stratélate.» Et aussitôt il me donna trois pièces d'or. Et moi, Cyrille, je ne fus 
pas du tout négligent; mais je me levai, je marchai vers la maison de l'écrivain, 
je pris avec moi un clerc de la ville qui me conduisit à la maison de l'écrivain, 
je lui dis la chose, et par un dessein de Dieu, ce que le saint Théodore avait dit 
à l'homme d'acheter,^ se trouva prêt dans la maison de l'écrivain; et sur l'heure 
je sus que c'était une disposition de Dieu. Et moi, je donnai les trois pièces d'or, je 
pris les magnifiques martyres^ je les emportai, je les donnai à l'eunuque. .Mais lui 
il les prit, il les donna au monastère du saint Théodore, et ^ ers la sixième heure 
de ce jour-là, le roi envoya chercher l'eunuque, il le replaça dans son rang précédent. 

I. Cod. MniepevAvcAec. — 2. Mot-à-mot : avait dit à l'homme : achète-le. 



lyS E. AMÉLINEAU. 



dation 2s.e pcoM evn^CMCi ^en nTonoc MTiidvuioc eeo:^(opoc e«2SL0Tru|T eCioA^es- 
TOH Mnujmi MTioirpo eTGqnôs.oTevpcèK.^nï MMoq «evn es.tton hcm nienicRonoc. dvc- 
lycoui 2s.e Menencô. ië negooT ô^ cicinnioc nicio-yp c^h exevqiycon A\.ni2s.(OM «re 
niÏÊ iievTiocToTV-oc ô^qnROT evqujconi ^€tt neqiycotti mmott ô.qi e^oirtt enTonoc 
MUievuioc eG02s.copoc es.qnHOTq «^HTq. OTop nes.q'^^o ec^-^- ne neM nievuioc eeo- 
2s.copoc 2SLe uTeqep ninewi neMô».q ^en neq2$.inepes>Tie^.HTes.n €poq. cicinnioc 2i.e 
mciOTp evqoTTCopn ncwi ne2s.es>q hhi 2s.e nes.iOL)T evpi -^es-ueviiH «tçhi iyô«.poi «tgr- 
2SLeM nes.ujini 2s.e '^ujconi mc^oott. d.noH 2!..e ô».iTcottT eviiye nm ujevpoq neM '.^h 
eeoTTô^û es.nes. ujenoT'^ (ï\) «cm iviies. feiKTtop. GTd»-n24.€M nGqujini ô^n^eMCi ne- 
2$.ds.q nô^n 2i.e es.pi nevMGin w mô.io'^ eeoirdvfe eepe noc c^-^ ep oTnevi «cm Tes.Tev- 
Adiiutopoc' Mv^fir^H ^en nd».22.iïicpes-nes.nTdwn epoq. es.non 2s.e es.n'f mom'^ nds.q €«- 
2s.(o- MMOC î2i.c oirujes.nô< ^enq ne cÇ>'|- qne^.'f «evu MneRÛe^^e. Ke2s.evq ttevtt 2s.e 
ttis.io'^ çeoTTôwÊ ujAhTV. e^pm e2s.(oi htc noc Tes.MOï €oir(S'copn efiioA ee£i€ noTrssLevi 
nTô^TesTVôvincopoc^ mx^tt^h mcm eefee necouj mc^h erenTHi 2s.€ eines.THiq e^oirn 
eô>.uj neï\K7y.Hcies.. ô^moh 2s.€ ness-Hi nes.q 2SLe nes.ujHpi tcoû^ m<:^h eeoirds.Êi MMA.p- 

Et pour nous, nous demeurâmes dans le monastère du saint Théodore, atten- 
dant les instructions'^ du roi, comme il nous l'avait ordonné, nous avec les évêques. 
Quinze jours après il arriva que Sisinnios l'eunuque, celui qui avait acheté le 
livre des douze apôtres, se coucha; il fut malade de sa maladie mortelle, il vint 
vers le monastère du saint Théodore, il se coucha là : il priait Dieu et le saint 
Théodore de prendre pitié de lui lorsqu'il paraîtrait en sa présence. Et Sisinnios 
l'eunuque m'envoya chercher, il me dit : «Aion père, fais-moi la charité de venir 
vers moi me visiter, car je suis malade aujourd'hui.» Mais moi, je me levai, je 
m'acheminai vers lui avec le saint apa Schnoudi, avec Tapa Victor. Lorsque 
nous eûmes trouvé sa présence, nous nous assîmes; il nous dit : «Souvenez- 
vous de moi, ô mes pères saints, afin que le Seigneur ait pitié de ma pauvre 
âme lorsque je paraîtrai devant lui.» — Et nous, nous l'encourageâmes, lui disant : 
«Dieu est miséricordieux^ il te donnera ton salaire.» — 11 nous dit : «Mes pères 
saints, priez pour moi afin que le Seigneur m'instruise dans une vision au sujet du 
salut de mon âme et de la disposition de mes biens, pour savoir à quelle église 

I. (Aid. TA.Acn<<.poc. — 2. Cod. itA.q natco avja.oc. — 3. Cod. TA.Acnûjpoc. — 4. Mot-à-mot : atten- 
dant la nouvcl'c du roi. 



MONUMENTS, KTC. 179 



Tirpoc nid>.uioc eeo2».copoc ç^è>.i eTô^qi ujevpoK Mniujopii mcoii otoo M00-4 ne 
cenô^i ujô^poK ou nTeqTô».MOiv €<^h CTcp uoqpi UTeH\\.'7r;x;^H. t\ooq 2^e cicmnioc 
mcioirp n€2s.A.q nHi 2s.e eiyoon ds.iiyô>»iid^'y eoTT'Tcopn i.£ioA M'\>pu'^ uujopii on 
nTeqTevMOi 2s.e ev <^'^ (Ti nTeviROTrss-i neTrAouiev ïitot cta^ithic ucco-^- £à< iiot2s.*».i 
ttTes.x^TT^H (fol. 22 1 Rôv) €Te Tiii\0Tr2s.i tv2s.0iM ucouj ne €Tes.iTHiq e'^-eKuAHciô.. UTe 
nidvtyioc eeo2s.copoc ivnoR ss.e 'V»*<'^ n^wû uiùen ctcuthi ^ô. noT'îs.dki UTev\\T^H. 
evnoH 2s.e Rirpi?V7V.oc ne2s.Hi nevq 2s.e noc uô».ecoT mugk^ht ^cïi c^h eTCRepôwiTcui' 
MMoq «TOTq OTTog es.M'^ Hô».q n^eipHttH- es.ïi^oo7V. eniMdvpTTrpiou^ ô.«geMci ma\.ô<t. 
Menences. OTTRoiraLi ss^e es. nipooMi epRiiias.TTMG'yein'^ ^en nujcoui e>. ueqpoiMi 
t^co^ ntieTT^Êicoc es-irpiMi epoq Meneticwc 0^ hh eepiMi ^ici otto^ es^ir^dv totott 
c&oTV.. 

Meiiencdv e-^^ noTnoTT necRi 0. nipcoMi tiepci eniycoi evqTconq evq^eMci ne2s.evq 
nneqpcoMï 2sl€ mott'^ mhi MuevicoT RTrpi7V?V.oc nidvp^ïGnïCRon.oc. ^eu -Votuot 

je dois le donner.» — Et moi, je lui dis : «Mon fils, prie ce saint martyr, le saint 
Théodore qui est venu vers toi une première fois; et c'est lui qui viendra de 
nouveau vers toi afin de t'instruire de ce qui est bon à ton âme.» — Mais lui, 
Sisinnios l'eunuque, me dit : «Si j'avais une vision comme la première, qui 
m'instruise que Dieu a accepté de ma main la petite offrande que j'ai faite 
comme rachat pour le salut de mon âme, c'est-à-dire le petit livre que j'ai donné 
à l'église du bienheureux Théodore, moi, je donnerais tout ce que je possède 
pour le salut de mon âme.» — Et moi, Cyrille, je lui dis : «Le Seigneur rassurera 
ton cœur dans tout ce que tu demanderas.» Et nous lui donnâmes la paix, nous 
allâmes vers le martyrium, nous nous y assîmes. Après un peu de t^mps. cet 
homme fut en danger dans sa maladie, ses serviteurs déchirèrent leurs habits 
en le pleurant : ensuite ceux qui pleuraient se fatiguèrent, ils cessèrent. 

Après un intervalle de trois heures, l'homme se réveilla en sursaut, il se leva, 
s'assit, dit à ses gens : «Appelez-moi mon père Cyrille, l'archevêque.» — Aussitôt 

I. Cod. ÊTCRepcTin. — 2. Cod. no^ipHtiH. — 3. Cod. enij«.A.pTHpion. — 4. Cad. cpHinak-Tucrm. 

— 5. Le '^ vient de la prononciation. Il ne se trouve en effet qu'après les noms de nombre qui se 

terminent par \, comme ciiotj-^, lyo^-^-. Par conséquent ce que j'en ai dit dans mon Voyage d un moine 

égyptien n'est pas conforme à la réalité. Cf. Recueil de travaux relatifs à la philologie et l'archéologie 

égyptiennes, VI* année, p. 16 du tirage à part, note 6. 

23* 



l8o E. AMÉLINEAU. 



2SLeM neqiyïtti. «eoq 2s.e ^e22.^s>q nui 2s.e nevicoT g^coû ui&cn eTujon nni ô».piToir nr 
MMepoc (Ti MTiiMô^^c^ MMepoc THiq 5es. noTissLôiï iiTivvir'y^H. (r2i) ô».noï\ 2s.e ne- 
2i.Hï ttô>-q 2i.€ nes-ujupi 2s.co epoi nnH THpoir eTô».R.ttd»-Tr eptooir 2s.e^diC epe nceni 
nnipcoMi Hô^ccoTeM epcooir nceepMeTdvnoeiti' e^pm e2s.en noTuofiii. evqep otco 
«2SLe cicinnioc nicioirp ne2i.es.q hhi 22.e co nevicoT eeoTevfc eujwn ivi\ujô.noTrô^^cô»-oni 
ttHi '^nes.Tô.MOU e^tofe «ifcen eTô.inô^'y epcooir. es,ttOR 2s.e Tie2S-Hi nes.q 2$.e cd.2s.i. 
diC^ep OTTco eq2s.co mmoc 2s.e e^qi ujô^poi n2i.e oirpcoMi ncTpexTHAevTHc nssLCopi cmô».- 
lyco epe Ree^oircids. mouîi neMô^q oir2s.&ie Te eMeviyco ecoi n^o'^ ^en TecMop'^n 
pcocTe^ evHUîôK.n22.0TUîT e^oTTtt enec^o ujô^k^ôv totk eÊioTV ei^MOir ^iTen Tec^o'^ 
oTop nevc^pd^2s.pe2s. ntiecnôk2s.pi e^OTïi epoi ne pcocTe^ nTes.22.oc 2s.e ecoTcouj 
eoircoM MnevctoMes. ne. neqpo 2^.6 neM Teqes.<^e eTOtti nnes. oiroirpop neqctoMis. 2^e 
neM neq22.ï2s. neM neqfS'ôwTV.es.TrssL eironï nnev oirpcoMi. nicTpds,THAevTHc 2^e ^coq 
nes.q'^ Tes.2!Lpo npnT nni ne eq2s.co mmoc î2SLe Mnepep ^o*^ (fol. 222 nu) noc nô».- 
iyenoHT ^evpon OTOp qnd.nes.ï nô.n. es^T^ici eiTMOuji neMHi oirop es.ni e2$.eM OTrniiy^ 

ils vinrent m'informer ainsi que tous les évêques avec moi, nous nous levâmes, 
nous allâmes vers lui, nous fûmes introduits près de lui.»'^ Mais il me dit : «Mon 
père, de tout ce que je possède fais trois parts : prends la troisième partie, donne- 
la pour le salut de mon âme.» — Moi, je lui dis : «Mon fils, dis-moi tout ce que 
tu as vu, afin que les autres hommes qui (r)entendront fassent pénitence de leurs 
péchés.» — L'eunuque Sisinnios répondit; il me dit : «O mon père s^iint, si tu 
me l'ordonnes, je t'apprendrai toute chose que j'ai vue.» — Mais moi, je lui 
dis : «Parle.» — 11 me répondit, disant : «Il est venu à moi un homme straté- 
late, vaillant beaucoup; il y avait aussi une puissance marchant avec lui; elle 
était glorieuse (?) grandement, terrible sous sa forme, de sorte que, si tu la regar- 
dais au visage, tu t'abandonnais à la mort par la crainte (qu'elle inspirait), elle 
grinçait des dents contre moi si bien que je me dis : Elle veut dévorer mon 
corps. Son visage et sa tête ressemblaient à ceux d'un chien; son corps, ses 
mains et ses pieds ressemblaient à ceux d'un homme. Le stratélate me raffer- 
missait le cœur, disant : Ne crains pas, le Seigneur te sera miséricordieux et 

I. Cod, ivccepjA.£T«wnoi». — 2. Cod. ^<>>c2».e. — 3. Cod. <^ci3^e.. — 4. Mot-à-mot : nous prîmes sa 
présence. 



MONUMENTS, ETC. iHl 



niô^po u;)(^po)M eeMOg eMeviyw. evuou 2i.e ^eii ii2s.mopeud«.T euiiviiy-^- ju^^po 
«;^p(jL)M d».i€p ^o*^ eMeviyco d.iep 6wMo.7V.H2s. ç^ottk enieTpô.THAd<Tïic ei2s.o) mmoc 
2s.e UTrpi cTpôs.TH7V.evTHc es.pifcoHeeiu' epoi uTGHUô^pMeT tâoA^eu T\d.iid.po n;>^po)A\. 
OTTop '^nes.ujconi nes.ii mûcok. nicTpôvTiiAevTHc 2!w.e es.qdwMO!ii mmoi utot-^ a<hicmct 
npo'^ eTeMMôvir oirop ô^i^ïci eiopi epewT €irces.2s.i ugm »oirepHOTr. oTop dv.qi U2s.€ 
oires.i epe OTOti OTr2i.coM ^en Ti€qes.MHp. Tie2s.ô.q u-^e^oTcies. eTeMA\.ô<7r 2iLe '^oiu ô.t\ 
ne ^à<i evTV.TV.es. eir'^ MMoq MTiicTpd.Tn7\.ô<THc neM niifc hô^tioctcAoc. oTop ££\\ 
'^oirnoir ô».qoTr(on miii2slcom ô».q2s.ïMi MTiôvpèvu eqciHOTT pitojq 2S-e ciciumioc 
nicioirp ïiTe noirpo ewiTHiq tiTes.io nHd.uj''^Hp mmcAoc exe îid.Mô.eKTHc uc »eAv. 
eG02s.oopoc TiicTpes.TH7V.evTHc (r2s.) OTop nds.ipH'^ on MTiG '^G^OTciev yi^^T efeoA. 

^GU Tl2S.IÎiepG CÇ>H GTG TIÏ2S.C0M ^^l^^ ^^" nGqevMHp GMÏ 2S.G MTIG '^G^OTTCIÔ. ^Ô<T 

GÊoTV. is.qRCO'^ MHGqpo gugigêt pi2s.6n nnds.po ii;^pcoM ô^qoouj g&oTV. ^gu OTUiiyV 
ncMH ui:^ ncon evnoR 2s.g mtiigmi GTGq2s.i nce)^2s.i 2s.g Gq22.co mmoc 2s.g ot. 5g« 
'^OTTHOTT ic OTr^G7VA.o HGnicHOTioc ôvqi GÊioTV. epe p6.n ujoiyT ^h ^gm TGq2s.ï2s. «oti- 
nevM GpG RGiô. npcoMi MOiyi nGMevq. TiG22.evq h'^g^otciô^ eTevMoui mmoi 2s.g ôvpie<- 

aura pitié de toi.» Ils se fatiguèrent à marcher avec moi, et nous allâmes sur 
un grand fleuve de feu rempli grandement. Et moi, lorsque je vis ce grand fleuve 
de feu, j'eus peur beaucoup; j'embrassai le stratélate, disant : «Seigneur straté- 
late, secours- moi, ne me fais pas entrer dans ce fleuve de feu, et je serai ton 
esclave.» Mais le stratélate me prit de la main de cette forme terrible, et je me 
fatiguai restant debout pendant qu'ils parlaient l'un avec l'autre. Et il vint (alors) 
quelqu'un ayant un livre en son sein; il dit à cette puissance : «Celui-ci n'est pas 
à toi, mais on l'a donné au stratélate et aux douze apôtres;» et aussitôt il ouvrit 
le livre, il trouva mon nom écrit avec ces paroles : «Sisinnios l'eunuque du roi : 
j'en ai fait présent aux membres mes compagnons, c'est-à-dire à mes disciples 
et à Théodore le stratélate;» et ainsi la puissance ne me lâcha pas. Lorsque 
celui qui avait le livre en son sein vit que la puissance ne me lâchait pas, il tourna 
son visage à l'orient vers le fleuve de feu, et trois fois il cria d'une grande voix, 
et moi, je ne savais ce que ses paroles signifiaient. Aussitôt voici que vint un 
évêque, (c'était un) vieillard; dans sa main droite se trouvaient des clefs; onze 

I. Cod. A.piÊOH^in. 



l82 E. AMÉLINEAU. 



Mô.n uTivio ucM nicTpô.TH7V.ô.THc eTO^i epô^Tq. ^en '^-otthott ô. '^e^oTTCiô. epô^iiô. 
X^opein^ ttô>.c Miii2s.endvTr epoc. niemcRonoc 2s.€ c^h ep€ niujouiT ^en T€q2s.i2s. 
ne2s.evq khi 2i.e pwTV. e^pi nooÊi-^ nTeï\\^'Trx.ï^ es.MOTr ïiTeROTrnoq mmor. neMô^n ^eu 
uio.uis.eon HTG Tiôc Ti€niioTr'^ (fol. 2 23 Re) 2s.e otthi ue^p rgu ne^ooir €TenTô.R ^e» 
nevJKOCMOC u}ô.nTeïu eÊio7V.n^HTq ^€n OTrpeipHnH.^ oiro^ nô.ipH'^- ô^t^thit eTOTq 
MTiicTpô<THAes.THC ô.qini MMOï €nes.iMev. ô^noR. 2!^€ ô^iue^ci enujwi ^en ni^opôwMô. 
€iiyon ^eti OTrniiy^ n^^c^ «cm oirceepTep. '^noTT 2s.e cxi nevoc nicoT '^'^oo epoR 
eepcR^i JsK^tt €TenTHi THpq tiTeRUjoTiq U2s.com U'^eRuTV.Hciô. ^es. noTr2s.evi uTè<Tô<- 

TVô^inCOpOC ^ MV^TX"^ 2i.€ ^GU Rôw^ICI TUpq CTevIdviq 0I2S-eU UIRevg^I MTlI2i.eM ^Ai 

epoi eCiuTV. eniROTras-i u2s.com GTô^iujonq ^eu cÇ>pô,u unies^ïiocTcAoc GeoirevCi n^M 
niuiLy^ ucTpes.TR7V.d>.THc rLies.uioc eeoss^copoc. 

^€tt '^OTUOTT GTCMMÔ^TT ô. CICIUUIOC niCIOTTp CÔ.2S.I UGM UCqpCOMI eq2S.CO MMOC 

2t.€ ô^MOUï nTes.2s.ï2î. ô^AiT e^OTU enevHi. oTTOg ô^ttô^moui uTGq22.i2s. ô.iro?V.q e^OTru 
eneqHi oTop nevipu'^ dvqc^couj mc^r eTeuTivq G2i.eu ueqpcoMi otto^ es.qiuï eÊioTV. 

autres hommes marchaient avec lui; il dit à la puissance qui m'avait saisi : 
«Retire-toi (loin) de cette âme, car notre maître le Christ nous en a fait don, 
ainsi qu'à ce stratélate ici présent.» Aussitôt la puissance se retira, je ne la vis 
plus. Mais l'évêque qui tenait les clefs à la main, me dit : «Va, purifie ton âme, 
viens avec nous te réjouir dans les biens du Seigneur notre Dieu, car certes tu 
as encore trois jours en ce monde jusqu'à ce que tu en sortes en paix.» Et ainsi 
ils me remirent aux mains du stratélate, il m'amena en ce lieu. Mais moi, je 
m'éveillai de cette vision en sursaut; j'étais dans une grande crainte et un (grand) 
tremblement. Maintenant donc, ô mon père, prends tout ce qui est à moi, achète 
un livre à l'église pour le salut de ma pauvre âme, car de tous mes labeurs sur 
la terre je n'ai rien trouvé pour moi sinon ce petit livre au nom des apôtres 
saints et au grand stratélate le saint Théodore.» 

En ce moment Sisinnios leunuque parla à ses gens, disant : «Prenez ma 
main, menez- moi dans ma maison;» et ils prirent sa main, ils le conduisirent 
dans sa maison et ainsi il partagea ce qu'il avait entre ses gens et il fit mettre 

I. Cod. iy.}fi\n.n.A.y(ùY>\\\- — ^- ^^od. ep5(;«kpi5CC'»e. — 3. Cod. epeknck^c*»*?"^- — 4- ^od. OTO^ipHivH. 
— 5. Cod. nTd>.Te..\6ncopoc. 



MONUMENTS, ETC. i83 



ttT H7V.OTruo2s.i neMr^ ncô^ee- (\\£^ pi Mpd<T ô^-^chot c^otm ujd.poi euTonoc miuô. 
cïoc eeos^copoc eqssLto mmoc «hi 2s.e '\'\<^o €poi\ oi nd^ioiT ni^>.p^ienicuonoc 

(S'i MndvlAOTTKOSS-ï MCMOTT «TOT UT€l\UJ01iq U2SL0)M e^OTU G-VeUlvAuciev £iK UOT2S.ft.I 

nTes.Td.Ad>-incopoc ' mv^t^h. oto^ nis.ipH'^ ô^ioAot UTOxq. -^-ep Meepe HOTeu MueM- 
eo Mc^-^ ^à< OTTon nideti gtcwtçm epoi m'JJ)©©'?* sslc Mni;^d< g7V.i utot ^en '\>pH-V^ 
THpq €Tes.qTHiq ïihi ;*€« nie^ooir eTeMMês.7r ujèvu-^THiq «niupô^'^eTc ^dw 2s.o)a< 
eiiHi M'p'\ OTTO^ evi^ow^en eTOTOT uniupd^r^eTC ei2s.a) mmoc «wot^ 2s.e d<pi 
'^ô.ues.HH «TeTenc^ds.! nMdvi2i.coM ^en oiFns.yi». e^Êe 2s.e ot\^"t^h evci eiooA- 
Aen ccoMds. dvc^ Mneciyen ;6ici xnpc^ ^ev 2s.com iioiuj enni mc^*^. Aoinou uh gtctcu- 
nevUi2s.eM 25L0m hc^^htott ei^H ^€m -^TioTy-ic neMO)Ten '^«dv'3'iToir piTeu ^huot 
(fol. 224 i\i) tiTdwTHiTOTr eniMCOiT eTô<q2s.oc ttHi GiTdv^ €iycon evIUJOTl UJ€ UHI 
neTettupiMô. c^*^*^^" ^^ «TeTenTHiTOir e^oirn enTonoc A\.niè<rioc eeo2s.copoc 
nicTpevTHTVdvTHC «Te n€noc ihc ti^c. otto^ TievipH-^ ^e» n2s.coK nu uepooT es. 
cicinuioc nicioirp i efitoA^en ccoMdv dwq^coTV. ujes. c^h eTô^qMenpiTq n;>^c ep€ neq- 
CMOT ujcoTii neMds.n dvMHn.^ 

de côté trois cents pièces d'or et cinq cents deniers d'argent; il me les envoya 
dans le monastère du saint Théodore, me disant : «Je t'en prie, mon père 
l'archevêque, prends ces bénites pièces d'or de ma main, achète un livre à 
l'église pour le salut de ma pauvre âme.» — Et ainsi je les pris de sa main. Je 
vous certifie, en présence de Dieu et de quiconque m'écoute aujourd'hui, que 
je n'ai rien pris de tout ce qu'il me donna en ce jour sinon pour le donner" aux 
écrivains comme prix d'un livre pour la maison de Dieu. Et je commandai aux 
écrivains, disant : «Faites-moi la charité d'écrire ces livres avec proniptitudc. à 
cause d'une âme qui a quitté le corps; elle a donné tous ses labeurs pour des 
livres pour la maison de Dieu. Du reste quant à ceux que vous pourrez écrire, 
pendant que je suis dans la ville avec vous, je les prendrai de vos mains, ahn de 
les donner ainsi qu'il m'a dit; si je suis parti, que telle soit votre décision à vous, 
donnez-les au monastère du saint Théodore, le stratélate de notre Seigneur Jésus 
le Christ.» — Et ainsi au bout de trois jours Sisinnios l'eunuque sortit du corps, il 
alla vers celui qu'il avait aimé, le Christ; que sa bénédiction soit avec nous. Amen. 

I. Cod. nTA.Tô.Aen(opoc. — 2. Cod. ^eii ^\>pii (sic) THpq. — 3. Coi. Tiipc (sic). — 4. CW. «t.\ — 
5. A la marge (avg. — 6. Mot-à-mot : jusqu'à ce que l'eusse donné. 



184 E. AMÉLINEAU. 



ô.\iepHô.eevipeni ' Mnievce^Hc u€CTopioc iiipô.ipGTiî\oc eT(Tô.^eM muimô. €t- 

eMMO.Tr OTTOO Ô.U€MI 2S.€ OTTOIROttOMIÔ. WTG ^'^ ne eTÔ^CÔ^MOÏlI^ MMOtt ^CU RWU- 

cTôwtvTiHOirnoTVic^ ee&e cicm«ioc nicioirp. oirop ^en Ti2S-niepenTôwpo Mnï»ô.p'\- 
epô^Tq e&oAoïTeM nenôc iïïc ïi5c^ 0. noTrpo X^" e£ioA ^eu oirpeipHHH+ €qpd.iyi 
ueMô.ii ivuoïi neM 0.T10. CiiRTwp neM 0.TI0. ujeiiOTr-^ Tiiô.qx.ïMô.n2s.piTHC (rh) 
neM niiecem iittieniciionoc THpoir eeMouji neMôvU. oTop Tiô.ipH'^ ^"^X^ niem- 
cuoiioc THpoT HTe TX^P^ «X"*^^ eÉioTV. eepoTro.7y.Hi eni^LOi nceMouji ^ô.2S-coii 
e^pHi exHMi es-ïioR 2s.€ poo neM c|)h eeoTrôwfe ô^nes. ujenoTT'^ neM ô^rtev ÉiiKTCop 
A.!ipeMci ec5>es.poTr 2s.e «tghôwAhï eoTr2i.oi htc x^*^^ \\.^m «eiiepHOTT. 

evcujcoTiï 2s.e ennuoir^ e£io7V.^en i\(oncTes.nTinoTriio7Vïc*5 end^pe ottmhuj nopeo- 
2s.ogoc Mouji eÊioTV. neMôwti ne €TrT<^o MMon eÊioTV. cttcTi ^'TV.es. MMon eTTtTî Mneu- 
CMOTT. ôittOR 2s.e nTrpiA?V.oc eiMOUji neM ô>.nes. £in\Tcop î2s.e enne^uje nô>.n7 eni2s.oi 
ç5>H eecTTôvÊi 2s^e ô.nô. lyeHOTT'^ enô^^Mouji ne 01 c^es.OTr MMon epe niniiy^ nxe 
'^noTV.ic (Tî CMOTT efiio7V.piTOTq eTrwTVi MMoq e^OTrn ettOTTHi equj7V.H?V. n^HTOTr. 

Le lendemain le roi (nous) ordonna de nous rendre à la ville d'Éphèse, et 
nous excommuniâmes l'impie Nestorios, l'hérétique, l'impur, en ce lieu-là. Et 
nous sûmes que c'était un dessein de Dieu qui nous avait conduits à Constan- 
tinople à cause de Sisinnios l'eunuque. Et lorsque nous eûmes confirmé la foi 
par notre Seigneur Jésus le Christ, le roi nous congédia en paix se réjouissant 
avec nous, moi et apa Victor et apa Schnoudi et tous les autres évêques qui nous 
accompagnaient. Et ainsi il congédia les évêques du pavs d'Egypte pour qu'ils 
s'embarquassent et marchassent avant nous vers T Egypte. Et moi, avec apa 
Schnoudi et apa Victor, nous restâmes en arrière afin de monter sur une barque 
d'Egypte les uns avec les autres. 

El il arriva lorsque nous sortions de Constantinople qu'une grande foule d'or- 
thodoxes nous suivit pour nous dire adieu, nous comblant d'attentions, recevant 
notre bénédiction. Moi, Cyrille, je marchais avec apa Victor pour m'cmbarquer; 
mais le saint apa Schnoudi marchait derrière nous, les grands de la ville rece- 
vaient la bénédiction de sa main, le faisant entrer dans leurs maisons pour y prier. 

I. CW. A.UGpKv\C -pilV. 2. Cod. l\CTft.C*.MOlVl. ■^. Cod. CRCOCTAtlTinOTmoA. IC. 4. Corf. OTOipHHH. 

— 5. Cod. uuHOT. — 6. Cod. ch(octi\»tii\otuoAic. — 7. Cod. iiivjviyc iv&.iv. 



MONUMENTS, ETC. i83 



uiMHUi 2s.e «Te '^noTV.ic nevircoiy e&oTV. epou €7r2s.o) mmoc 2s.e tçmujiui tpo»;. 
(fol. 22 5 Ke) OTTOg evuopi enepi\es.Te^em' eneneicoT ô».tiô.. uieMOT-^- 2s.€ ujô^mtc^i 
nTeqdJ?V.Hi M€Mes.n eiiï2s.oi. «ittecj 2^e nxe ni2i.oi eHd^uT>\?V.HOTrT epo-4 «6.7rco)o-TM 
MMoq A.n Ti€. ^en nss-inepeqi 2i.€ 2s.e nTeqd^7V.Hi eiii2s.oi ueMdvii es. nnie'4 ^t-oe 
ttes.q 2SL€ Mô^uje hô«.r 2i.€ ^nes.iyevTV.Hi es.» «cm nievp^ienicKonoc. «eoq i^e 'pw 

epe ttincq lyeep^cop eTTOTTCouj €2s.tooTn Miii2i.oi eÊoTV. eK.non 2^€ d^noTrtopn mott- 

lycoTii ^en OTmiiy^ neMï\ô<^ ïi^ht eMôwiyco. evnon 2k.e nes.ttM€Tri ne 2£-e ivpHoir 
€Tevq2fi.iMï nneMUj'^Hp ttenicHonoc d^qd.7V.Hï HeMo-Joir. uitteq 2^e ô^TSi.cooTrM Avni- 
2SL0I e&oTV. evirep ^(ot. Menencd< nes.i evni e^MH"^ Mniiie7V.is.uoc en- (TV.) ^eMci encô.2s.i 
neM nenepHOTT nniM€THiuj'\" «Te c^'^ oiro^ nèvipn*^ ô^nccoTeM eTCMH m'^h eeoTd^fe 
evnô^ ujenoTT'^ ces.nui(oi MMon ^en nie^np eq2£-C0 mmoc 2i.e T^eipnnn^ ndKW 00 ni- 
MôN-neccooTT eewô^neq «Te '^ennAncièw «Te niniiy^ noirpo n^c. ô.non 2s.e ^en 

Mais les foules de la ville nous criaient en disant : «Nous te saluons.» Et nous 
restions à attendre apa Schnoudi pour qu'il vînt et s'embarquât avec nous. Mais 
les matelots de la barque sur laquelle nous nous étions embarqués ne le con- 
naissaient pas. Lorsqu'il arriva pour monter avec nous dans la barque, les ma- 
telots lui dirent : «Va-t-en, tu ne monteras pas avec l'archevêque.» Mais lui, le 
saint apa Schnoudi s'en alla ne sachant pas où il irait. Mais moi, Cyrille, et apa 
Victor, nous étions assis dans la barque ne sachant pas ce qui était arrivé : les 
marins étaient troublés voulant lever rancre."^ Mais nous, nous envovâmes un 
petit disciple dans la ville pour le chercher, et il ne le trouva pas, et ainsi nous 
fûmes dans une très grande désolation. Et nous, nous pensions : «Peut-être a-t-il 
suivi nos compagnons, les évêques, et s'est-il embarqué avec eux»; mais les ma- 
telots levèrent l'ancre,^ ils naviguèrent. Ensuite nous gagnâmes la haute mer : 
nous étions assis parlant les uns avec les autres des grandeurs de Dieu, et ainsi 
nous entendîmes la voix du saint apa Schnoudi au-dessus de nous dans l air, 
disant : «La paix soit avec toi, ô bon pasteur de l'Église du grand roi le Christ.> 



I. Cod. tvcpR«.Tex>n- — 2. Cod. t-^-ntoAic. — 3. Cod. r^ipHim. — 4. .Mot-ù-mot : voulant couper 
le navire. — 5. Mot-à-mot : coupèrent. 



l86 E. AMÉLINEAU. 



MMOtt ^Knnô.'^^ eoTCHô^c^oc ncTkni eqTô.TV.HOiTT epoq ^en OTHiiy^- ncooir epe oimpo- 
cHKqpev7V.ô.ion' ^iv neq5'nô.ir£ eqeiiROT e^pni €2fi.cocj. e^non 2s.€ ô.ttK(o?V.2s. iinenev- 
q>HOTi nevq enco^ efeoA €H2i.co mmoc 2s.€ cmott epon nenicoT eeoTrô.û niô^p^x^i- 

2fi.OTUïT2 ncooq eqMouji cpnc ^en niô^Hp lyô^Te «enfiievA. hhk enewir^ epoq. otto^ 
Tiè^ipH'^- ôvHujcoTii en'^- (OOT M<p'\ c^H CTipi MMô.! ttiiy'^ niy<:^Hpi ^en kh e^oTô^fe 
ïiTdvq ^€11 CHOIT nifeen eTeqnd^OTrwiy. 

eTdwi2SLe nes.ï THpoT eTCTenes-ueviiH co niAô^oc mmô».! y^^c oirop niujHpi ht€ '^rô».- 
eoTV-mH neRuAHciev eeÊe tiH CT^con nni2i.coM ncouj eir')- mmcoott c^oirn chri mc^'^- 
Rd«.n oTTROTTas-i ne nevn oTniiy^ ne oiriye nep ç5>MeTi ujô. ene^ ne end>.TnHn ^en 
nni M«|>'^. '^24.(0 2s.€ MMOC ncoTen to ni7V.es.oc mmjs.i XP^ ^^^ pcoMi niûen eujevqujcon 
noTTSSLtoM ntouj nTeqTHiq e^oTn enni m<^'\ ic2s.en ninevir eTOTnevOiUî n^HTq 
^en '^eRnAncies. eujcon niptoMi €TeMMes.Tr on* *en '^oirnoir ujes-Tc^ewi Mneqpevn 
ensfi-OOM Mncon* nce'^ nes.q nTeqnpocc^opes. n-j nncoÊi ncon *en otcmot. eujcon 

Mais nous, en connaissant sa douce voix, nous nous levâmes, nous regardâmes 
en haut dans le ciel au-dessus de nous; nous vîmes un nuage en forme de barque'^ 
sur lequel il était monté dans une grande gloire; il y avait sous son coude un 
coussin sur lequel il reposait. Nous tournâmes nos têtes vers lui, nous écriant et 
disant : «Bénis-nous, notre père l'archimandrite, le prophète saint en vérité»; et 
nous ne cessâmes de le regarder marchant vers le Sud, jusqu'à ce que nos yeux 
eussent cessé de le voir, et ainsi nous rendîmes gloire à Dieu qui opère ces grands 
prodiges par ses saints en tout temps qu'il veut. 

J'ai dit toutes ces choses par amour pour vous, ô peuple aimant le Christ, 
enfants de la catholique Église, au sujet de ceux qui achètent des livres et les 
donnent à l'Église de Dieu; que ce soit un grand ou un petit volume, il restera 
éternellc.nent ne cessant pas (d'être) dans la maison de Dieu. Mais je vous dis, 
ô peuple aimant le Christ, que tout homme qui achètera un livre pour le donner 
à la maison de Dieu, depuis l'heure où 1 on en fera lecture dans l'église, si cet 
homme-là vit, aussitôt son nom est écrit dans le livre de vie afin qu'on lui rende 

I. Cod. OTnpofvei-^ewAeon.. — 2. Cod. natoirujT. — 3. Cod. £ntie>.Tr. — 4. Mot-à-mot : une barque 
de nuage. 



MONUMENTS, P:TC. 187 



2!k.e on nipcoMi eTôk,qiyon niîSLtOM ô^qi eÉioTV.;^^! co)mô< eiyoiu d».'4ipi iioTuoT^ts 
nno&i oiro^ A.ir(5'iTq eniuoAô>.cic icsten himô^t CTOTiievoiuj Miii'ss.oiM :t^\\ •^pui^Ah- 
citK cenevenq enujtoi ^en ivMen'^ (7V.&) ^en niKoTVô.cic CTtqiyon m^htot' c€n*<it«ki 
nevq ^en '^oirnoir. 'f'^^o epcoTen co nes.iyHpi MMeupiT ni7V.ds.oc Tup^ mmô^i 5cp^ 
pi otrcon nipcoMi n€M niçiOMi ni^eATy.©! neM niô^A(00Tri Mevpenqi poiOTUj TupoT 
£à>. Tôiinpocc^opôw 22.€nô».c ennew22.iMi- noTnd^i Mc5>nevTr n-^OTnoT nô^uivruH eon*.- 
Td^^oH. Mivpe niOTevi nioirevi qi c|>pcooTruj nTeviniiy^ nevuewnn uô.Tds. Te^2$.0AA. 2s.e 
c^ewï ne niep r^MeTi nevTnnn uje». ene^ oiro^ on Mes.p€nMenpe nenepHOT ^eu ott^ht 
nevT^^poq oiro^ nTenuï7V.H7V. ^£n oirMeTes.eMOTni\ otto^ nTenô».pe^ enipM e^oTô^à 
A£\\. 22.ïnes.pe^ niÊien nxe niToirÊio nTcoû^ otto^ hujAhA ^en 0irMeTes.eA\0T"ttK 
eppni ^is. <^'^ CTô.qMO'y ^ds.pon 2s.e^evc eqeujenpnT ^is.pon ^en r^nô^ir «Teuev- 
newunn nTcqep OTnevi neM nenTiv7V.es.incopoc3 mV^tt^^h. nev7V.in 'V'^oo epoixeu o) 
nevuïnpi MMenpiT Md».pe pcoMi ni&en ep ^eipnnn^ n.£M. noirepHOir (fol, 227 \u) 
MnenepoTennoT n^es.nes.poTpi epe OTres.pini oirTcoq nejA oirevi eeûe 2s.e MninevT 
eg7V.i n^ooû eq^oooT eujevpe nipcoMi evicj oiro^ eTe •^'^ 2s.tonT epoq ^en -^^oirnoT 

son offrande sept fois multipliée en bénédiction. Mais si l'homme qui a acheté 
le livre est sorti du corps, s'il a fait quelque petit péché et si on l'a pris vers les 
tourments, depuis l'heure où l'on aura lu le livre dans l'église on le mènera en 
haut de l'Amenti hors des châtiments qu'il y aura reçus; on lui fera miséricorde 
sur le champ. Je vous prie, ô mes fils bien-aimés, peuple entier qui aimes le Christ, 
ensemble hommes et femmes, vieillards et enfants, prenez tous soin de cette 
offrande afin que nous trouvions miséricorde au moment et à l'heure de la néces- 
sité qui nous (sur)prendra. Que chacun ait soin de (faire) cette grande charité selon 
sa force, car c'est un souvenir éternel; et aussi aimez-vous les uns les autres d'un 
cœur sans ruse, priez sans cesse et gardez le jeûne saint dans toute observance de 
pureté, de purification, de prière incessante aux pieds du Dieu qui est mort pour 
nous, afin qu'il nous soit miséricordieux à l'heure de notre nécessité, afin qu il ait 
pitié de nos pauvres âmes. De plus je vous (en) prie, ô mes fils bien-aimés, que 
tout homme fasse la paix l'un avec l'autre, ne laissant (personne) se coucher au 
soir (sur) une querelle avec un autre, car je n'ai jamais vu une œuvre mauvaise 
faite par un homme (pour laquelle) Dieu se soit irrité autant contre lui à Ihcure 

I. Cod. nniSKTOTT. — 2. Cod. nne^atiMi. — ^. Cod. ntiiTJvAentopoc. — 4. (.0./. cp oipuitH. 

24* 



l88 E. AMÉLINEAU. 



eujd.qi e&oTV-Sen ctoMev M<^pH'^ noTrpcoMi eujôwqMoir eqoi n2s.iK2S-i eneqcon. icste 

q>evi e'^-nd.2s.oq epcoTen -^noip erevqiyconi ^en tiôwCHott otto^ «vic(ot€m epoq ^en 
ndvMes>iy2s. ôwttOK neTetiicoT RTpiATV.oc. 

peMCï pi2SLen neq^ponoc ndwpev Ties.€Mnujè»- ^en n2SLinepeqni\OT UTequjcotti 5en 
Tiiiy(ottï eTeqttô^MOTT n^HTq ô. TimAHpoc THpq piMi eiTRCo')- epoq enevicô< neM 
<^dKi eTTCouj efitoTV. ;îen oTpiMi €T2s.(o mmoc 2s.€ ottoi nes^n oo neniooT CKnô^pcoTV. 
nT€R^evn enoi Mopc^ô^noc. ii€2g.d».q nis.n 2S-e ottoi «hi co nevujHpi (K^ 2s.e A\.Mon 
p^V-i npcoÊi ^en nes.^HT eioi neMRè^p npHT essLwq d».iiyd^nepdwiiivnTevn ec^"^ eÛHA e'^d».! 
MMôvirevTq 3Le ô.id>.Moni mhï noTTRèviy ô.icp^iriioç'pevc^ein^ eTRô^^^ôvipecic^ Mni^xiP'''*" 
cocTOMOc^ ceoirevû icùes-tittHc. '^ep ^c^ eujcùn e)^iujevnoTCOiyT m.'^'\ nxeqS'noTrï ee&e 
Tidwiocoû <piKï. TO Aoinon on ^en nosLinepe nes-itoT eeoirevfe ^v£^Él^s. eeo(|)iAoc- m- 
es.p^ienïCRonoc 2s.e tiô^i nes.n eng^eMci MneqR.co'^ oirop es.q'^ Mninnev ^en '^ot- 
noTT OTTop ô^nTcooirnoT es.ncoTrTOjti iieqccoMes. €eoTres.£i efeoTV. eepen^ooc MMoq Rô».Tev 
ïlIK.^s.n(x)H iiTe nie^ip^ienicRonoc oirôp^ ^en nssLinepe i?*^ noirnoTr necRi ujcom 

de la mort que pour un homme mort dans l'inimitié de son frère. Si vous voulez 
le savoir, ô mes bien-aimés, moi, je vous raconterai la vérité, et ce que je vous 
raconterai maintenant est arrivé de mon temps et je l'ai entendu de mes oreilles, 
moi, votre père Cyrille. 

Il arriva aux jours de mon père Théophile l'archevêque, sur le trône duquel 
je me suis assis malgré mon indignité, qu'il se coucha malade de la maladie dont 
il devait mourir : tous les clercs pleuraient, l'entourant de ça et de là, criant avec 
larmes, disant : «Malheur à nous, ô notre père, tu t'en vas et nous laisses orphe- 
lins.» — 11 nous dit : «Malheur à moi, ô mes enfants, parce qu'il n'y a dans mon 
cœur aucune œuvre dont je sois affligé, sinon celle-ci; j'ai pris un calame, j"ai 
souscrit à la déposition du Chrysostome saint Jean; je crains, lorsque je paraîtrai 
devant Dieu, qu'il ne me demande compte de cette œuvre.» Du reste pendant que 
mon père saint abba Théophile l'archevêque nous disait ces paroles, nous étions 
assis autour de lui, et sur le champ il rendit l'esprit. Et nous nous levâmes, nous 

I. Cod. oeo^trA.Voc. — 2. Cod. &.i£pç^Trnoi^pe».ç^in.. — 3. Cod. £TH&'»epecic. — 4. Cad. M-ni-^^H- 
COCTOM.OC. — 5. Cod. ■»co^u*AA.oc. 



MONUMENTS, ETC. 189 



MTieq^o cCioA d.qccoÊi ^en ottccoûï MnnevTiuon eqMCp u^mot Mifeeu otoo ue^s-dv-^ 
2s.€ '^lyen g^MOT «totiv nes.oc ihc h^q t2s.€ ô».kco?V.i MTies.Mity"\- (fol. 228^) neMUivo 
efeoA ngHT Mc^ooTT. OTOg ô». nittiuj"^ nre Tiii\?V.Hpoc cô<2sli tiCMô^-^ CTTsto) mmoc 
2s.€ OIT ne erevqiyconi mmor co nenoc nicoT €eoTô>.&. e>».qep ottoî ne2t.es.q «oiOT 2i.e 
^jinne ic nievirioc icoevutiHc ni^pTcocTOMoc ' n^M. niô^cioc eur^ôwMioc nieni- 
CKonoc nT€ RTnpoc ô^ti e^cyn uïes.poi ^en Td^ioirnoTr €Trd>.MO«i nT2i.i2s. unoTC- 
pHOTT evTepd^cnes.^ec^ô^i 2 mmoi ^en oir^o eqMc^ npe^uii otoo ne2s.(ooir uni 2£.e 
TpeipHttH-' nevi\ to nenicoT iv&ûev e€0<^i7V.oc^ ^(o e^pni Mnd».ïco)Mô«. ue^ceenHC 
ç5>d>.i nT€î\ï ujevpon ^en oir^eipHttii^ nTeROimoq mmor neMevtt ^en mevUdLeon 
HT€ eM€TOTrpo nnic^HOTi. oto^ evqKOTq epoi H2g.€ niè^irioc icoevnnHc ne2i.A.q 
HHi 2s.e nd>.cott eeoc|>i'\oc^' oir ne nô>.iAVKev^ w^ht er^H ^en ii€roht 2£.€ e».Hep- 
^'ynoupô^ç^eiii7 nTôvi\ô.«^es.ïpecïc.^ eqon^o n2S-€ noc co nevcon 2i.e mmom p7V.i MA\.eT- 
2fi.d>.2i.i ^en (A ET) tô^mh'^ neMô^R d^n (i^oTrcouj uevp mhoc ne eTô»>qiy(oni."^ "^mot 
2fi.e co eeoc^i7y.oc" Mnep^ô». nevi^coû ^en ne^^HT 2SLe epe 0TrMeT2SL*>2s.i ^en Tiv- 

étendîmes son corps saint pour l'ensevelir selon les canons qui regardent les 
archevêques, et après un intervalle de trois heures depuis sa mort, pendant qu'on 
faisait le cercueil, en ce moment il montra son visage, il riait d\m rire spirituel 
rempli de toute grâce, il dit : «Je te remercie, mon Seigneur, Jésus le Christ, de 
ce qu'aujourd'hui tu as enlevé de mon cœur cette grande affliction.» — Et les 
grands du clergé parlèrent avec lui, disant : «Que t'est-il arrivé, ô notre seigneur, 
père saint?» — Il répondit, il leur dit : «Voici que le saint Jean le Chrysostome, 
avec le saint Épiphane l'évêque de Chypre, est venu à moi en cette heure; ils se 
tenaient l'un l'autre par la main, ils m'ont embrassé d'un visage rempli de joie 
et ils m'ont dit : «Paix à toi, ô notre père abba Théophile, laisse ce faible corps, 
viens vers nous en paix pour te réjouir avec nous dans les biens du royaume des 
cieux.» Et le saint Jean se tourna vers moi, il me dit : «O mon frère Théophile, 
quelle est cette affliction qui est dans ton cœur parce que tu as souscrit ma 
déposition? Vive le Seigneur, ô mon frère, car je n'ai en moi aucune inimitié 

I. Cod. mxpKCOCTOMOc. — 2. Cod. è.Tepô.cn&.5ci^»c. — 3. Cod. Tç^ipHitH. — 4. Cad. ocot\>TA\oc. 

— 5. Cod. OTTÇ^ipHHH. — 6. Cod. ■&cor^ivA.A.oc. — 7. Cod. ft.Rep(^Tnoî:'pA.f5»in. — 8. Cod. HA.ocpcc«c. 

— 9. Cod. qon*. — 10. Cod. ncT&.qujCDni. — 11. Cod. -eeot^TAAoc. 



igo E. AMÉLINEAU. 



MH'^- neMd^R. MMOtt nneciytoni. oto^ ^en n2fi.mep€qî2fi.€ nô^i d^Trepevcnes.'jecees.i ' 
AiMOi A.Trg^(oA cÉioA^iTOT ^ctt oT^eipHnH. =* dkCiywiiï 2s.e £>en nss-inepe^ rôwIcot 

Mninïïd^ ^en omh'^ Mneqiv\Hpoc. evMOR 2^€ nieAdv^icToc ï\irpïA?y.oc Ticqujnpi 
es.Tes.Moni mmoi a-tt^cmcoi ^lacen neponoc Mnevicov MnevTOTTKOcq. 

'^noT 2s.€ (o ttdwUjHpi MMenpiT Mnenepe ^Ai npcoMi ^(o tioirMeT2s.ev22.i ^en 
neqoHT e^oirn eneqcon OTa^^e Mnenepe ^Ai nptOMi ^ev <^pH pcoTn epoq eqoi 
n2fi.A.2SLi €c^n eT^evToirioq. epeuïô^n n€R22.dw22.i i ujdk.poR eqTcoÉip mmor 2i.e y^xi 
«Hi eûoTV. ;)(;^co HA.q eûoA ^en neK^RT Twpq. 

'^nd^.ss.co epcoTen to ni7V.es.oc mmô^i XP^ «OTTicTopies. niy^Hpi (fol. 22g X^) ee^q- 
2S.0C epoi n2s.€ iievicoT ceoirdwû ewMev eec^iAoc^ nidvp^ienicKonoc nTe pèwRO'^. 
Ti€22.è^q uivp 22.6 is.cuiconi ^en hchott Mni^^ceûttc noirpo 2!^ioiv\HTiivnoc <^h eTd>.q- 
ini Mnes.iniuï'^ nss^icoïjMOc e^pHi e2SLen "feRR\HCïô^ ^en neqe^ooTT eqep2i.icoK€in^ 
ncôw ui^picTiô^Moc ï\es.Tev Me», ne OTon poiMi Si eTriyon ^en ott'^mi neM noir- 
contre toi. C'est la volonté du Seigneur qui a été faite. Maintenant donc, ô Théo- 
phile, ne laisse pas cette œuvre en ton cœur, qu'il y a en moi de l'inimitié contre 
toi; non, à Dieu ne plaise!» Et lorsqu'il m'eut dit cela, ils m'embrassèrent, ils 
s'éloignèrent de moi en paix.» — Et il arriva, lorsque mon père saint abba Théo- 
phile eut fini de me dire ces choses, il ferma ses yeux, il rendit l'esprit au milieu 
de son clergé. Mais moi, le minime Cyrille, son fils, on me prit, on me fit asseoir 
sur le trône de mon père avant qu'on ne l'eût enseveli. 

Et maintenant, ô mes fils bien-aimés, que personne ne laisse de l'inimitié dans 
son cœur contre son frère, et que personne ne laisse le soleil se coucher, s'il est 
l'ennemi de son prochain. Si ton ennemi va te trouver et te prie (en disant) : 
«Pardonne-moi», pardonne-lui de tout ton cœur. 

Je vous dirai, ô peuple aimant le Christ, une histoire étonnante que m'a ra- 
contée mon père saint abba Théophile, archevêque de Rakoti. 11 me dit : «11 
arriva dans le temps du roi impie Diocléfien, qui amena cette grande persécu- 
tion sur l'Église aux jours^ où il persécutait les chrétiens en tout lieu, qu'il y 
avait deux hommes habitant ensemble un même village, ennemis l'un de l'autre 

I . Cod. A.TTcpikcn.-.'jec^^c. — 2. Cod. oToipHUH. — 3. Cod. -e^pc a été anciennement à l'encre rouge. — 
4. Cod. -^eo^T^Aoc. — 5. Cod. «^co^tAAoc. — 6. Cod. cqcpa.iû)Rm. — 7. Mot-à-mot : dans ses jours. 



MONUMENTS, ETC. \gi 



epHOTT OTTOp n^VTOï n2SLev2fi.I CnOTCpHOTT «OTTUIUJ'V UCHOTT. A. OTà^l C&oAu^SHTOT 

*^ oTttiuj'^' n^o? ""^^ 't-^eTMevpTirpoc ô^TVhi eppsii esten ne-^puT e-^né^T cwm 
eeoTTdwû THpoir eirpKTV. egpni e2s.en hi&hmjv «tç nievccÉ^Hc «o-ypo 2i.iou7y.HTiè<Moc 
€Tc^(on MnoTTCttoq cûoTV. e^pHi €2sL€n nipô^n eTCMes^poiOTT uxe nenôc ihc n5rc. 
cqnevT 2!k.€ enes.i Mnes.ipH'^ M2£.€ mpcoMi €toi M2s.d».2SLi ec^H eT^ô^^oTroiU} èv-^rouq 
2s^e Mnivieg^ooT Tie2s.A.q nneqpcoMi 2s.€ ic ^ruïI€ '^nevir eoTTMHuj «pcojw.i çtohA 
(Ah) eTc^con MTiOTrcnoq eCioA eeÊie ç^pes^n Mncnoc ihc n^c ic oHune '\-HdvTOjnT 
g(o '^nes.uje nni' htôkmctt egpni e2i.€n c^pe^n Mnenoc ihc n^xi^ eepeqçp o-thô^i 
^en Tieq&HMô». €toi «^c^. ô^.qMOT'^ 2!k.€ cneqniuï'^ ncoH ô.q'^ unequîHpi ejorq 
€q2«.(x) MMOC 2s.€ n^oR ïic ndvcoïi eTevioTTCOM €&oA^en oirepco'^ hottcot H€Mevu eûoA- 
^en TenMes.Tr. ^Hnne ic nes.HOT2s.i ttujnpi '^'^ mmooott e^pni €HeH2i.i2sL. ic 'p-\ ^en 
Tis.MH'^" neMô^H ncMcooTT. '^'^■^o epoR. MHcp^ev pcoMi €(yïTOTr H2s.onc ic2i.en nevinevT 
eefiie 2s.e es.noï\ mgw eineviae ïihi eepiMOT cppHi essLen c|>pes.n Mne^oc îïïc n^C^ 
2£.€ gines. nxeqep otthô^i neMHi ^cn neq&HMô». ctoi enpo'^f. d>.qep ottco n2s.e neq- 
coH ii€2i.d^q ttdvq 2$.e ic2s.€ HuevpwA eefiie newi^coù htc c^'^ le 'fndvepHcoAireiti^ 

depuis longtemps. A l'un d'eux un grand désir de martyr monta au cœur, voyant 
tous les saints conduits au tribunal du roi impie Dioclétien verser leur sang pour 
le nom béni de notre Seigneur Jésus le Christ. Voyant qu'ils faisaient ainsi, 
l'homme ennemi de son prochain se leva en ce jour, il dit à ses gens : «Voici 
que je vois un grand nombre d'hommes qui vont verser leur sang pour notre 
Seigneur Jésus le Christ, voici que je me lèverai aussi, j'irai mourir pour le nom 
de notre Seigneur Jésus le Christ, afin qu'il me fasse miséricorde à son tribunal 
terrible.» — Il appela son frère aîné, il lui donna ses enfants en disant : «Tu es 
mon frère, j'ai sucé le lait de la même mère que toi^ : voici mes petits enfants, je 
les remets en tes mains : Dieu tiendra ma place entre eux et toi;* je t'en prie, ne 
laisse personne leur faire violence depuis ce moment, parce que moi, je veux 
aller et mourir pour le nom de mon Seigneur Jésus le Christ, afin qu'il ait pitié 
de moi à son tribunal terrible.» — Son frère répondit, il lui dit : «Puisque tu 
pars pour cette œuvre de Dieu, je ne t'empêcherai pas»; et ainsi son trère lui 

I. Cod. jBfe KHI sans '^n«.. Or l'impératit ne peut guère s'admettre ici. — 2. Cod. cpHw\Tm. — 
3. Mot-à-mot : j'ai sucé le même lait avec toi de notre mère. — 4. Moi-à-mot : Voici que Dieu est en 
mon milieu entre toi et eux. L'expression se comprend, mais elle n'est pas très claire. 



ig2 E. AMÉLINEAU. 



MMOR ex». OTTO^ nô.ipH'^- ô.qwpR Mevq tt2s.€ neqcon Mq>pd.n Mr:î>'\- eqssLW mmoc 
nevq (fol. 23o Âë) 2s.€ cti eion^ neKUjHpi ttô^iyHpi n€ oiro^ Tiô.ipH'^- ô.quî7V.H7V. 

^en n2s.in^peqo(o7V. ^i2s.€n ni&HMJs. evqwuj efiioA eqssLto mmoc 2SLe evnoR ott- 
;)(;^pïCTiô.noc ' Mnd.ppHcid.. iie2s.G Tii^HireMCon nes.cj ss-e niM ne eTdwqepôwnevrRè»-- 
7€in2 MMOR ujewnTeRi eneviMes. 2s.e neR^coÊi ot ne eTevRi ee&HTq nevtiTcoc e^pnoTT 

OTTOn OT2k.ô».ttICTHC ttT€ OTTes.! epOR OTTO^ MTIGRSSLIMI GTOHOTT ee&e «^pô.! evRÏ €llôwï- 

MWiT. eujoon eTdvRi €nes.iMd>. eeûe ott^coê Mnes.ipH'^ e^noR "fttô^is.iR npeM^e €fco7V.- 
^€tt nô^ipcofe c^evi OTTop nTô^epeRUjoiHï eRTOTTÊiRoiTT. neoq 2ve iiG2i.es.q nevq 2i.e 
■^epxP^^^cTein^ ô».m: «^TV-ï n2s.ô<tticTHc+ «Te oirpcoMi 2sl€ eqepoi enTwpq iv7^7v.es. 
eTevïï enes.ïMd^ ^en Tid».g^HT THpq eepii^ton MUivcnoq efeoTV. €gpHï e2SLGn «-^pô^n 
MTiô«.ôc IRC ïix^ TiiujHpi Mc^'^ €Ton^. (m) ^en nssLinepe nip^Ri^GMcon 2ve ctoT€M 
ettô^i MTievipR'^ ô^^epReXeirein^ eepoir'^ «es.q npevn ïtiiy^ nÉies.cevnoc eirgcooTT 
€Mô>.iy(0.^ neoq 2s.e ivqGp£TrnoM€n€in7 ^en oTmiiy^ MMeT2s.copi oTOg^ MTieqep 
•eTTcies.. ni^HC^GMCott 2s.€ es.qepRe7V.eTrinS eepoirpiTq emuîTeRO lyô^nTeqcoîS'ni neM 

jura par le nom de Dieu en disant : «Tant que je serai vivant, tes enfants seront 
mes enfants.» Et ainsi il pria au nom de Dieu et s'en alla. 

Lorsqu'il arriva près du tribunal, il s'écria, disant : «Moi, je suis chrétien en 
toute sincérité.» — Le préfet lui dit : «Qui t'a forcé de venir ici? pour quelle 
cause es -tu venu? Peut-être as-tu emprunté de quelqu'un et tu n'as pas trouvé 
de quoi observer le pacte, c'est pourquoi tu es venu ici. Si tu es venu pour une 
pareille chose, je te rendrai libre de cette obligation et je te déclarerai libre.»- — 
Mais lui, il dit : «Je ne suis redevable d'un emprunt à personne, je n'ai pas le 
moins du monde un créancier; mais je suis venu ici de tout mon cœur afin de 
verser mon sang pour le nom de mon Seigneur Jésus le Christ, le fils du Dieu 
vivant.» — Lorsque le préfet entendit ces paroles, il commanda qu'on lui fit 
endurer Je grands tourments, très cruels; mais lui, il les souffrit avec une grande 
vaillance et ne sacrifia point. Le préfet commanda de le jeter en prison jusqu'à 
ce qu'il eût pris conseil de ses grands (officiers) sur ce qu'il en ferait. Mais l'homme 

I. Cod. OTr;x!P"CTi&.noc. — 2. Cod. €Te<qcpevnA-x?Kik.5m. — 3. Cod. ■^'cp^ptocrm (sic). — 4. Cod. 
nT&,niCTHC (sic). - - 5. Cod. «kqcpKcAe-Tin. — 6. Cod. mm^ujo). — 7. Cod. evqcpoTnOMcnin. — 8. Cod. 
evqcpH.cA.cTiu. — <^. Mot-à-mot : et je te ferai pur. 



MONUMENTS, ETC. iç)3 



ccoT€M 2i.e ewTTgiTq eniiyTGKO eiroTrcoui €'^- iiTGqô.uo'^ô<cic eneqpô.c^ nre-^Ti mu'\;^o> 
e&oTV. tiTe neqnofci neM ti2s.coi\ g&oTV. Mneqô^ucon €oircoîi' oirog ô^^TUin^ ô<'\\^£ \\iK'\ 
lyivpoq eniujTeKO otto^ ne2s.d.q «ivq 25Le co ottuiô^tk ueoii o hô^co» Geud^ne-^ 2fi.€ 
ô>. rp-\ eev^M€i\ e^oiTïi €niis.ucon €eoTes.£i uxe '^MeTMô^pTTpoc €opeuujoiui euoi 
ïi^icoc^ n- (fol. 23 1 Mo.) ujen ^ici ueM neqMouocGiiHc uujHpi me njc^- ô^icwtcm 
uevp w iies.M€npiT 2s.e cenô.'^^ ô.iiocJ>ô>.cic epoii GneqpôwC^- otto^ ut€u^i mrix^'^-^ 
nô».TTevKO. '^noTT 2sl€ '^'^^o epoK co nivcon eepcK^co ïihi efcoA 2s.e ô^hoh ne cTd».qep 
no&i' epou OTTO^ epe nid.pmï (îi epoi neoK 2s.e mmom TeKevpiivi MMdvir. evuou 2i.e 
evnoK oirevceÊiHc npeqep ïio£ii '^•'^g^o epou Miiep^coA ujè. c^'^- ei\2SLonT epoi MMon 
'^n&.en nevMOir nni mmô^ttô^t. to iiis.con ncnoc ihc n^c 2s.co mmoc ^eu nieTô.cc€- 
Aion eecTTA-Éi 2s.e es.peiyes.n neRcoti ep noûi epoiv n-j ncon MniepooT iiTeqi uje^poK 
cq'^^o €poR ^(o nes.q efeoTV.. oiro^ ^en '^oirnoTr ô. c^h €€^oTrcouj eep MdvpT-rpoc 
è».qiy€ «evq ^i c^oirei eÊioTV. g^ô< neqiyc^Hp otto^ Mn€q;)(;^co nô».q efeoTV.. otoo ô^^Tconq 
«2s.e niHeoTTevi es.qi eûcA^en niujTeRO eqpiMi eqoi neMUô.^ h^kt ^en oirMeTooTo. 

qui était son ennemi, lorsqu'il apprit qu'on l'avait jeté en prison et qu'on pro- 
noncerait sa sentence le lendemain, pour recevoir le pardon de ses péchés 
en même temps que son combat s'achèverait, il se leva, alla le trouver en 
prison, et il lui dit : «O que tu es heureux, ô mon bon frère, car Dieu t'a pris 
pour ce saint combat du martyre, afin que par tes souffrances tu sois l'égal de 
son fils unique,'^ Jésus le Christ. J'ai appris, ô mon bien-aimé, que demain l'on 
prononcerait ta sentence et que tu recevrais la couronne immortelle; maintenant 
donc, je t'en prie, ô mon frère, pardonne-moi, car c'est moi qui ai péché contre 
toi et qui t'ai querellé;^ mais pour toi il n'y a pas eu de querelle de ta part. Moi. 
moi, je suis un pécheur impie; je t'en prie, ne va pas vers Dieu irrité contre moi, 
que la mort ne me soit pas donnée à moi seul, ô mon frère. Notre Seigneur Jésus 
le Christ le dit dans son Évangile : «Si ton frère pèche sept fois contre toi dans 
un jour et qu'il vienne t'implorer, pardonne -lui.» — Et alors celui qui désirait 
être martyr, se tourna en arrière de son compagnon, il ne lui pardonna pas. Et 
l'autre se leva, il sortit pleurant, dans une affliction excessive. 

I. Cod. eircon. — 2. Cod. n^^rcoc. — 3. Cod. ncTè.q€pnofii. — 4. Mot-à-mot : égal avec son tils 
unique. — 5. Mot-à-mot : et la querelle m'a pris. 



1Ç4 E. AMÉLINEAU. 



^en -^^oirnoT €Tô.Trco7V.i ttT€qd.q>€ ô. nx^poc nxe ttiMe^prirpoc €T^e« Tiinô.pd.- 
2s.eicoc' d^irep'4>opem2 Mx^iy^o'S' ^eïi ^ô.» oêcoc eiTTô^iHoiTT epe ^e^n fiiè^i ^€u noT- 
Î2SLI2SL tiGM oevn uAd.'2».oc3 nceomoirqi otto^ ^en ïi2s.ïnepoTri eÉioA ^ô.2s.(oc nreq- 
vi/'y'v'H TiivipH'^ 2s.e ô^ niccoTHp I e&oTV. ^ô».2SLCOOTr nnH €eoTres.Êi €T^€n iiiTiô^pes.2s.€icoc4 
ii€22.d».q «tooTT 2£.e epeTGu^HTV. to nevccoTn. hcoslcoott ttô>.q[ 2s.e €tt^H7V. efeoTV. ^ô^sslcoc 
ïf^TX^ Mneniy^Hp MMô».pTTrpoc GTes.qcÇ)con MTieqcnoq efitoA e^pHi €2g.en hcr- 
pôk.n eTCMd^pcooTTT. n€2SLe mccoTHp ncooTT 2s.e mmou dJ\7V.es. MôwTes.ceo ennoT 
Gc^evpoir 2s.e oirpooMi ne eTes.qMO"y otto^ OTrMe).pTirpoc es-ti ne d.?^7V.es. ec^Mô». nni- 
^ici eTd.qiyconoTr e2s.en nô.pevn (fol. 232 mxj) ô^ic^oo^ Mni^eipoi^pdvc|)on" nxe neq- 
no£ii eûoTV. pï2s.coq uô^i' uô^p ni^AoM «Te '^MeTMes.pTTpoc eqeMnuje^.^ MMoq evn 
dwioTrw ï7is.p €I2SLW MMOC 2i.e eujcon «TeTenujTeM^co efeoTV. nnipcoMi nnoTrnô.pô^- 
nTcoMô^ neTenicoT ex^en nii^Hoiri qnèv^ooTen eÊioA ô^n nneTcnnes.pd>.nTcoMd>.. et|>o- 
con^ Mneq^o) eÊio^V. Mneqcon nevipn'^ eqMnujev'' ôvm Mni^7V.0M nre "^JW-eîMes-p- 
Tirpoc. 

^en nss-inepoirctoTeM 2s.e n2i.e nipooMi «Te neq'^Mi 2s.e es.q22.(jL)n eûoTV. Mneq- 

Lorsque le matin parut, on rendit la sentence, afin qu'on lui coupât la tête; et au 
moment qu'on lui enlevait la tête, le chœur des martyrs s'avança dans le paradis, 
vêtu d'habits glorieux, ayant des palmes à la main et des rameaux parfumés; 
et lorsqu'ils sortaient au-devant de son âme, le Sauveur alla aussi au-devant 
des saints du paradis, il leur dit : «Où allez-vous, ô mes élus?» — Ils lui répon- 
dirent : «Nous allons au-devant de l'âme de notre compagnon de martyre, qui a 
versé son sang pour ton nom béni.» — Le Sauveur leur dit : «Point du tout, re- 
tournez en arrière: car c'est un homme qui est mort et non pas un martyr; mais 
en la place des souffrances qu'il a endurées pour mon nom, j"ai déchiré sur lui le 
billet de ses péchés, car il n'est pas digne de la couronne du martyre. Car j'ai dit : 
«Si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, mon père qui est dans 
les cicux ne vous pardonnera pas les vôtres.» Puisqu'il n'a pas pardonné à son 
frère, il n'est pas digne de la couronne du martyre.» 

Lorsque les hommes de son village apprirent quil avait terminé son martyre, 

I. Cod. niuAç>«k2w.icoc. — 2. Cod. ATrcpi;^opiii. — "3,. Cod. RÀivTOC. — 4. Cad. ninevpivcvicoc. — 
5. Cod. ni3(;ipoî"p<s.'\>on. — 6. Cod. kg T^«k.p. — 7. Cod. qM.nu|j<. — 8. Cad. tqocoit. — Q. Cod. qcMnujA,. 



MONUMENTS, ETC. içS 



M^HTq ^2s^£y^iKti eqeujconi «ooott utiô.uj'V ujô. euep. piinue le OTevrreAoo uxe iiôc 
evqoTOUoq euipcoMi eTè^irqi '■4>pcooTriy mtiiuo^t utc uitouoc ue2s.ô^'4 "i'iO'5' »-€ 
nô^ipcoMï epeTCiiKtOT MnôwiTOnoc ^e« Tieqpô.u Amep;)(;^o) MTieqcoiM*. n;5HTq ?vi\ 
(Jô^) ô.?V7V.ô< (TiTq efeoTV. cniMOd^ir nTCTeuooMcq Mi-J^pu-^ iiptoMi UiÊieiv 2s.€' ot- 
pcoMi ne eTeK.qMO'y otto^ oTMevpTTrpoc d.ti ne. 

MA.pOTTCCùTeM ec|>d».I tt2i.€ ilH eTOI Hî2S.di22.I enOTepHOIT UOirepOO"y le Él Mà^lQTiK \\n 

eTUîe^.TMOTr eiroi U2£.es.2fi-i enoirepHOTr. nmptoc^ nô».nocTo7V.oc nes.Tr7V.oc o)ui efcoA eq- 
2S.C0 MMOc 2<Le Mnenepe <^pH ^toTn e2s.en neTen2s.conT 2s.e nueTetv^- mô. Mnis^id^èo- 
TVoc. 'V'^go eptoTen co nevio'^ OTOg^ nevcnnoT eTTô^inoTT àeu noc eepeTcuosAi eùoA 
oô^pcoTen nTevix^topds. nds.upiou CTe eevi Te '^MeT2i.ô<2s.i ct^coott eôs.i eTipi .vmipoiMi 
niyeMMO ec^'^ neM neqes.ues.eon. ^^ nxe '^^eipnnn^ eqe*^ Mn^.ipn'^^ HA.n- THpoT 
^i OTTCon nipcoMi neM ni^ioMi ni^eATVoi neM Hid.7V.cooTri eepetvep neqoTcouj ca. toh 
piTen '^MeTMes.ï pcoMi nxe nenoc oirop nennoir'^ oiro^ nenccoTnp ihc n^c '^evi eje 
efeoA.'' 

ils le prirent alors pour lui bâtir un martyrium et y placer son corps, afin qu'il 
fût pour eux un protecteur à jamais. Voici qu'un ange du Seigneur apparut aux 
hommes qui avaient pris le soin de le bâtir, il leur dit : «Cet homme, au nom 
duquel vous bâtissez ce lieu, n'y placez pas son corps, mais portez-le dans un 
tombeau, enterrez-le à la manière de tout homme; car c'est un homme qui est 
mort, ce n'est pas un martyr.» 

Ecoutez cela, vous qui êtes ennemis les uns des autres, un jour ou deux, sur- 
tout ceux qui meurent ennemis les uns des autres; le saint apôtre Paul dit : «Ne 
laissez pas le soleil se coucher sur votre colère, afin que vous ne donniez pas 
occasion au diable.» Je vous en prie, ô mes pères et mes fils honorés dans le 
Seigneur, chassez hors de vous cette gale opiniâtre qui est l'inimitié mauvaise, qui 
rend les hommes étrangers à Dieu et à ses biens. Que le Dieu de la paix nous 
accorde ainsi à tous, hommes et femmes, vieillards et enfants, de taire sa vo- 
lonté dorénavant par l'amour que notre Seigneur et notre Sauveur a porte aux 
hommes, Jésus le Christ, à qui soit, etc. 

FIN. 

I. Ce mot manque. — 2. Cod. niepoc. — 3. Cod. '\;ç^ipHiiii. — 4. Cod. Miupii-V- - "' n.\n a c:c 

ajouté à l'encre rouge. — 6. Le reste manque et ces derniers mots ont été ajoutés après coup. 

25* 



igô 



E. AMÉLINEAU. 



IV. LETTRES DE PIERRE MONGE ET D'AGACE.' 

nevi^ ne nienicToTVH «Te d^fc^ô. nexpoc hgm ô^rô^kioc^ niô^p^ieniCRonoc nxe 
KWMCTô.nTmo'!rno7V.ic+ ^ot€ eTivqepMeTe^noem.^ 

'^ooiri'^ nenïCToTVH «Te i^SiSnK Ti€Tpoc €Tô.qoTropiic Mevuevuioc" eTeMTieqc^ô.1 

CôwÊoTV. MMOC. 

IOT7V.Id.ttOC TIï2^ÏÔ.RO«ïTHC7 ô^qi cnd.M(OIT ^€n IlI€2S.COp^8 niMÔ< €nô.i;)(^H n^HTq 

cicbHT £iK TOH n'^0ô<ip€Cïc9 €Tcoq MTe '^CTTttoa.oc «Te ^ô.7V.UH2s.cùn epe nieTevu^r^e- 
7V.ïon €eoTrô.& ^ett Heq2s.i24. ottoo ô.q2fi-e nevicei<2SLi nni 2$-e ei^^ ^en ROttCTô^nTi- 
MoirnoAic'" ô^qoircopTi oes.poï" tt24.e e>».KCs.Rioc'2 Mneqt^ievucott oto^ èvqo7V.T n22.copo 

Ge sont les lettres d'abba Petros et d'Acacios l'archevêque de Gonstantinople 
lorsqu'il se repentit. 

Première lettre d'abba Petros qu'il envoya à Acacios sans (suscription) écrite 
à l'extérieur. 

Le diacre Julianos est venu en mon chemin, pendant la nuit, dans le lieu où 
j'étais et fuyais l'hérésie impure du synode de Ghalcédoine. Il tenait les saints 
Évangiles à la main, et il me dit ces paroles : «J'étais à Gonstantinople. Acacios 
envoya vers moi un diacre qui me mena, la nuit, dans le lieu où dormait Acacios. 

I. Ces lettres se trouvent dans le ms. Vat. n° 62. Je n'en connais pas la pagination, car on ne m'a 
pas permis de voir le manuscrit. J'ai copié le manuscrit de Tuki qui se trouve à la Propagande. Cf. 
ZoËGA, Crtt. cod. copt., p. 97. Cette copie de Tuki est défectueuse par endroits, mais non pas tant que 
l'on veut bien le dire d'ordinaire : les fautes se bornent à quelques lettres confondues avec d'autres 
et qu'il est facile de corriger. Dans la correction de ces fautes, je mettrai Tuki au lieu de Cod.; mais 
ces fautes pour la plus grande partie doivent être dans le manuscrit origmal. — 2. Les lettres sont 
précédées de l'indication suivante : cott îx. n&«^(op. «>.RU|&.ncp5(^pi&. (sic) n«-ek.i itOT^ooir nR-rpiARK 
eqoi uçoTr;j :tc. (sic) iiA.oni ire (sic) e^etop : quatrième jour d'Athor, si l'on en a besoin un jour de 
dimanche qui soit en trop, soit de Paophi, soit d'Athor. Ce qui signifie que ces lettres devaient être 
lues quand les mois de Paophi ou d'Athor contenaient un dimanche de trop, c'est-à-dire cinq au lieu 
de quatre, ce qui arrive lorsque le premier dimanche du mois tombe le premier ou le second jour du 
mois. — 3. Tuki <vk&ki, forme coptisée du nom grec. — 4. Tuki Rû>CT&.MTiHOTnoA.ic. — 5. Tuki 
eT&.q£pA^eTA-MOin — 6. Ti^ki «.rjvri. — 7. Tuki a^ievRCùniTHC. — 8. Tuki nicr\ïp<oo (sic). — 9. Tuki 
n-^-ç^cpccic. — (';. Tuki RtocTcvuTiiioTuoAic. — il. Tuki çj\poq, ce qui est une faute évidente. — 
12. Tuki &.ra.ri. 



MONUMENTS, ETC. 197 



uj'^Hp nuj7V.H7V. ueMHi iii2s.iôwi\tou iOTr'A.i;v«e- uie^u mmoh. ue2s.ui wà.-^ 2s.e mmoji 
UJ22.0M MT€ <pd^i lyconi nciyon ôvti »i2s.e -^opoos^o^ids. otto^ exe muçivuiAhA. ô^-^ot 
es.ocevo«ï «Hï eepioeMCi. ô.«o« MMevirevTen e«ôs>n;)(^H mmôv-t ne otoo eTô.-^'Ti nm- 
cires.uui7e7V.iou e^OTTô^fe efeoTV ^ev^s-coq ues.q'ss.OL) mmoc Muevipu-^ 2£.e Md^nje u;n.u 
cpôwiic^ OTOO \\(Xi\ 2i.e ô^q^H ueoou U2s.e d>.2i&ev nexpoc otoo wpr» ud>.q ues.T^. 
(J[>pH'^ e'^topu uis.iv '^uoTT 2SLe uje ueviepô^c^u eoo7rd<2i nd>.i 2SLe ^eu oTMee^Hi ;îet\ 
Tew^rir^H rnpc '^ottcouj eepMeTd».uoeïu' oiro^ utôvoioti UT2^.IpecIc^ excoq uTe 
^ivTV.uHas.tou e&oTV. oevpoi. H0.1- i7es.p ^OTe eq^eu tô^iêô^ui U2s.e uiA^evuevpioc 
TiMoeeoc eqiyou ^en nui ufees.ci7V.ici\oc^' es.ioircopn ^es.poq Mnô^2s.i*.uo)u ^pTCd>.- 
pitou7 ueM 0Tr2s.coM UTHï eTôwïc^HTq ^en Tes.2s.12sL eTd.iepMeTes.uoeiu^ u;îHTq otoo 
eTes.ïepevUd.«^eMôyTi^ein9 u^HTq u'^ctthoss.oc uTe ^ek7V.i\H2s.coH \\£m uitoa^^oc ,\Te 

Celui-ci me dit : Feras -tu la prière avec moi,'° ô diacre Julien, oui ou non? — 
Je lui dis : Non, ce n'est pas possible quand il n'y a pas orthodoxie, ce qui veut 
dire que tu ne pries pas. — Et il m'ordonna de m'asseoir. Nous étions seuls en 
cet endroit. Et lorsqu'il eut pris sur lui les saints Évangiles, il me parla ainsi : 
Va à Rakoti, cherche où se trouve abba Petros, et jure lui comme je te jure 
maintenant en disant : Par les saintes Ecritures, en vérité, de toute mon âme, je 
désire me convertir et rejeter loin de moi l'hérésie impure de Chalcédoine; car, 
lorsque le bienheureux Timothée" était dans cette ville, demeurant dans la 
maison de Basiliscos, j'envoyai vers lui mon diacre Chrysariôn, avec un livre 
à moi que j'avais écrit de ma main, où je faisais repentance et où j'anathémati- 
sais le synode de Chalcédoine avec le tome de Léon, les Eutychien^ et toute 

I. TuKi esKJSKi. — 2. Je laisse cette forme, car d'après une grammaire sahidique qui se trouve à la 
Propagande, les Coptes se servaient aussi quelquefois du vocatif grec pour leur propre vocatif. — 
3. TuKi ccpjrt.eTes.no i«. — 4. Tuki itT^cpccic. — 5. Tuki rc ^&.p. — 6. Tl'ki nÊesciAiKOc. Il s'agit 
peut-être du Basilisque qui remplaça un mom.ent Zenon son beau-frère. — 7. Ti'ki ;x^picA,pioi\. — 
8. Tuki CTisiepjw.CTA.noiK. — 9. Tuki epesnA.«ej«.&.Ti3iH. — 10. Mot- ù- mot : Feras -tu compagnie de 
prière avec moi. — M. Revilt.out divise la réponse de Julien en deux : «Je lui dis : cela n'est pas pos- 
sible quand il n'y a pas orthodoxie. — Ce qui veut dire, reprit-il, que tu ne prieras pas?'> — Deux 
raisons s'opposent à cette traduction, aucun mot ne correspond dans le texte à ireprit-ih, et ensuite 
le verbe est au présent et non au futur. Ma traduction est conforme à cette idée que les prières ne 
valent rien quant au mérite quand celui qui prie n'est pas en état de grâce. — i i. li s'agit ici de 
Timothée Elure, le patriarche schismatique. 



198 



E. AMELINEAU. 



AetoH ueM eTTTrxï*^»ïCTHC' neM ^evipecic- Hiden. ottoo eeoïiTicTHC iviMô.iTïCTpoc 
€qoi iieTTirxï^^ïCTHc €Te <pi\ ne eTepoMo7V.ouein^ «OTrr^d.nTô.ciô. €Te<q2S-eM 
ni2s.ïô.!\coH ^en niô^irAH^ oTro£ ctôw^^S-CM tii2s.com UTOTq oiroo €Tô.qoiyq ottoo 
€Tevq2s.iMi H^HTq 2s.e d.iepô.nô<«^eMô.Ti5em^ neTTTTTXWc'' e>wqoiOTri eniss.iô.uwn 
OTTOO ôwquoAq efcoTV. otoo n12s.coM e^qc^ôw^Tq. «es.i 2s.e MiieqeMi epooT n2S-e ni- 
Mô^uôwpioc TiMO^eoc nes.qx"^ '^*^P civTiiy<J^i ^^ MniMô< eTcevniycoi. ô^mor 2».e 
ïVd^i2s.co MMOC 24.e i\ô^Td< oTrô>.^cô.oni «Te TiïMô.i\ô.pioc TiMoeeoc dvTTuoTV.q efeoTV. 
oTTop d.viOK oco eTô^icp MïVôwC) ïioHT 2s.€ evir^ioTTi €iiev!^ïô^i\con è^ï€pi\co7V.Trein" eujTeM- 
epe5ltt0C0Tii ujconi ^eti uieoooTT ÇTeMMevTT. '^«oir 2s^e eiep oc^ ^ô. toh n'^oTtioir 
«Te hô^mott neM niOd^Ti htg c^'I". '^'^00 ottoo '^ceÊiTcoT ^en oco£i niÊien eecoT 
MTi€i\OHT oTTop '^epMeTô.uoein^ OTTOO '^epô^ttô^eeMevTi'^eiuo ii2.*^ipecic'° iiï&en. ococ 
2s.e eTd.q2s.€ «ô^ï khi n2s.€ iottAiô^hoc" nô<2s.iô^ucon ^en OTrô<nô.uj tiô^TVim d>.ïOTropnq 
pdK.pou OTTOO ivïc^e tiH eTevq2s.0T0Tr tiHi wà^w. ^ines. ic2s.g ivevTô*. oiTMeeMHi neoK 
ïiG €Tis>i\2S.€ uevï nes>q nT€uc^es.ï «hi. 

hérésie. Mais Théoctistès le magistrien qui est eutychien et professe une doctrine 
phantasiaste, ayant trouvé le diacre dans la cour,'^ prit le livre de sa main; l'ayant 
lu et ayant trouvé que j'anathématisais Eutychès, il frappa le diacre, le chassa et 
déchira le livre. Le bienheureux Timothée ne sut pas cela, car il était en haut à 
l'étage supérieur.'^ Et moi, je me disais : C'est par l'ordre du bienheureux Timo- 
thée qu'on l'a chassé; et moi aussi, comme j'étais triste de ce qu'on avait frappé 
mon diacre, j'empêchai qu'en ces jours il y eut réconciliation. Maintenant donc, 
je suis rempli de crainte devant l'heure de ma mort et du jugement de Dieu, je 
(te) prie, je suis prêt en toute œuvre à persuader ton cœur, je me repens et j'ana- 
thématise toute hérésie.» — Et comme mon diacre Julianos m'a dit tout cela 
avec serment, je l'ai envoyé de nouveau vers toi et je t'ai écrit ce qu'il m'a dit. 
alin que, si c'est vraiment toi qui lui as dit ces choses, tu me l'écrives. 



I . TuKi €TTT3CH&.niCTiic. — 2. TiKi oepecic. — 3. TiKi cTcpooA*.oA.onn. — 4. TiKi niOTAfoN (sic) : 
peut-être faudrait-il lire otAcu». — 5. Tuki i\A.-eeM.ei.Ti5in. — 6. Tl'ki gtttx"? forme coptisée, quoi- 
qu'elle paraisse encore grecque, du nom tTTTj-^ciic. — 7. Tuki ixicputoÀT. — 8. Tuki '^•cpMCTA.noin. 
— 9. Tuki '^■epe^nô.^CMA.Ti^iu. — 10. Tuki çcpecic. — 11. Tuki nstc iotA-imig, ce qui n'a plus de 
raison d'être. -— n. Il s'agit ici non pas du palais, comme traduit M. Rkvh.t.out, mais de la cour qui 
précède le palais doiit le rez-de-cliaussée ne contenait pas d'appartement, mais formait une sorte d'im- 
mense atrium. — 13. M. Rkvii.i dut a omis cette phrase. 



MONUMENTS, ETC. 199 



ncTpoc Tiies.p;)(^ienicivonoc uTe pô.ivo'V eqc;6ôwi Hd.uô.\uoc.- Metieucev n mcooot 
ic2£.ett eTdvioircopii Oô^poii enek2>.iô^\icou ioirAidvt\oc^ ô.qoT>o)pn uoTenicToTVu MT^ve 
ttHï ttTOTq noeo2s.ocioc neqev7V.0Tr oto^ eTo.md.1r euH eTc^uo-TT cô.&oTV. mmoc 
MniOTCouj e'^ ottco mmoc otto^ eoouj mmoc ee&e -^MeTô^T-^- m*.-^ ï\Te nu eTc;iHOTT 
OkSioK mmoc. nevcc^HOiTT Udvp Mnô^ipH*^ ne 2s.e mhic m'^h eeoTe<.& evÊii2idv ueTpoc 
nids.p;)(^ienici\OTioc nTe pevuo'^ oto^ MTiô.Tpid.p^Hc e£io'<\oiTeK ô^kô^uioc ^ ni- 
es.p^ï€TiicHOiioc UTe K(oncTd<nTïMOTrTio7V.ic.^ ô>.2s.oc OTTH «Hi 2SLe eeèe o?r euMOT"^" 
epoï 22.e es.p;)(;^ieniciioTioc c^h eTd..uïcoc mmok Kd^Tiv '^pH'^ eTô^uMeTi ^eu otcmh 
ecAo&i eepKeveevipem7 mmoï ivevi^ eiiepeewpeiny n'^MeT2s.(opi «Te «ipoiMi. &.MOH 
OTrevp^ienicKonoc uô.p eTe MneoAï epud<ed.ipein'° mmoj wà^n ^otojuj kô<.u 
;)(^OTrcoiy d<n. è\.ies.pe^ uevp enmô.^'^ «Te c^*^ ives^Tô». si-O^V-q efeoTV. ntoc 2s.e euepToA- 

Secoiide lettre d'abba Petros écrite à Acacios. 

Petros archevêque de Rakoti écrit à Acacios. Quatre-vingts jours après t'avoir 
envoyé mon diacre Julianos, Théodosios son serviteur m'a apporté de sa part 
une lettre pour moi, et lorsque j'ai vu ce qui était écrit sur la suscription, je n'ai 
pas voulu l'ouvrir ni la lire, parce que je n'admets pas ce qu'il y avait d'écrit." Car 
il y était écrit : Donne-la au saint abba Petros, l'archevêque de Rakoti et le pa- 
triarche, de la part d'Acacios, archevêque de Constantinople. Dis-moi donc pour- 
quoi tu me nommes archevêque, moi que tu t'es empressé de déposer, comme tu 
l'as voulu, avec une parole insensée, regardant la force des hommes. Moi, je suis 
archevêque, car personne ne m'a déposé, que tu le veuilles ou ne le veuilles pas, 
car j'ai gardé la foi de Dieu et ne l'ai pas reniée.'- Mais comment oses-tu te nom- 
mer archevêque? Est-ce que ta conscience, qui n'est pas en dehors de toi. ne te 

I. TUKI n&.K&KI. 2. TuKr Hd.H.es.KI. T,. TUKI lOTA.l&.nC. 4. TuKI «.K&KI. 5. TlK[ KW- 

CT&,i\TitioirnoîV.ic. — 6. Tuki rmotj»'^'. — 7. Tuki eepK£k.«epiit. — 8. TiKi ne. — 9. Tuki Kep«>A,pin. 

La restitution est douteuse. — 10. Tuki cpHô^ecpiri. — 11. M. Revii.i.ouï traduit : je ne voulus pas 
l'achever (sic) ni la lire à cause du peu de convenance de cette suscription. L'expression -^ o-vto veut dire 
ici solvere, rompre le cachet, c'est-à-dire ouvrir la lettre. Le reste de la traduction est très éloigne du 
sens de la phrase copte : '\;-j«.eT«.T'V j^a.'^- signifie la non-admission. Pierre n'admettait pas que l'arche- 
vêque Acace fut encore archevêque parce qu'il l'avait rejeté de sa communion : voilù le véritable sens. 
— Il faut aussi noter plus haut que le mot e^Ao^- a tous les sens du mot latin puer : il ne s'agit pas 
ici iïnn jeune suivant, mais d'un domestique ordinaire. — 12. .Mot-à-mot : j'ai gardé la foi de Dieu 
contre la négation. 



200 E. AMELINEAU. 



AVôkU' e2s.oc epoi\ 2s.e è^p^^^^^ieuiciionoc gô^pev ecMiuji^ mmok. «vu nste T€ï\CTrn€i- 
ss^Hcic^ eTCivÊioTV. MMOK ôwti ?V.oinoM eÊioA^iTen "^Mee^MH! 2s.€ €R0i4 noir otto^ 

ô».UMOUJÏ Uè^UJ npH'f 5€H OTTOTHp MneT^COOTT. TCOÏIR 2i.€ OTTOg KiV^- ettH eTd.RÔ».ITOT 

2s.e njpeq'V pis.Ti nô.Hw^ ncev nno^i e£io?V.^en nei\2s.ï2i.. evioircopïi nTeRenicTo7V.R 
ecTHÉi wà^TiK '^pH't eTô^ROTTopnc ïiHï eTCMnitouj MMOC g^oAcoc. 

'^enicToAH npoTi'^ htc ô^rô^rioc^ 

dwuevKioc^ eqc;îôwi epô^Tq MncTpoc nid^p^ienicRonoc «tc pevRO'^. ttico^^oc 
«Te nicHini niMe7V.oc €Tô».TrTes.i\o ^en OTr£ieniRi equjefcujcon tottrôl^c Te e2s.0T07r 
eÊioTV. nô^ipR'^ ueoR ^cor rô^ïcot ncoc^oc eÉioA^^iTeu '^cRqi Munes-TiRon es.R2i.co2s.i 
noTMeTi MMeT(yes.ci ort es.ROTrton^ rottô^p^r rtc o'!roTr2s.es.i ^en oitmc^mr! ee- 
fee c^dvi ô.noR £co d.iujconï ^eR OTrMeT2s.evp ^rt ottoo '^Rev^'^ ec^'^ 2i.e lycoRi RiÊieR 

RGM RÔ^^OC RI&eR GT^RR RTRI ^GR ^iS.R C5)es.^pi eTT^j'RROTT qRes.TôJ?V.5b7 OTTOR RïfeeR 

e&oApiTOTR R2s.e nx*^ RiMOROueRRC RujRpi RTe c^'^ OTTO^ qRes.Tevpo epevTq mri- 

livre pas combat? Du reste, en vérité, qui es-tu et comment as-tu marché dans 
une multitude de maux? Lève-toi donc et comprends ce que tu as fait, car celui 
qui juge cherchera les champs ensemencés^ par tes mains. Je tai envoyé la 
lettre scellée comme tu me l'as envoyée : je ne l'ai pas lue du tout. 

Première lettre d'Acacios. 

Acacios écrit à Petros l'archevêque. Les sages médecins ont coutume de couper 
avec un fer tranchant les membres perdus : ainsi toi aussi, mon père sage, avec 
le glaive spirituel, tu as amputé une pensée d'orgueil, tu as fait apparaître un 
commencement de santé en vérité. C'est pourquoi moi aussi j'ai confiance et 
espère avec la grâce de Dieu^ que le Christ, fils unique de Dieu, guérira par ton 
entremise, avec de doux remèdes, toute maladie et toute souffrance cachées en 
moi, et rétablira en santé le corps de l'Église ainsi qu'il était auparavant. Main- 

I. TukI KCpT0A.Mô.H. 2. TUKI CMIU|I. 3. TuKI TCKCTIVH3k.IClC. 4. TuKI ROI. 5. TuKl 

iiTÊ e^HJvKi. — 6. TuKi ««.K&Hi. — 7. TuKi qn&.TTTek.Xa'o. — 8. M. Reviixout traduit : car le vrai juge 
te demandera compte de son bercail. Le mot loç^i signifie ensemenceynent , champ ensemencé; il est fait 
allusion ici à la parabole de l'ivraie et non à celle de la bergerie. Ce que nous rencontrerons plus 
loin le prouvera. — 9. Mot-à-mot : j'ai confiance et crois en Dieu que toute maladie et toutes souf- 
frances cachées en moi, par de doux remèdes les guérira par toi le Christ, etc. M. Revii.lout traduit : 
C'est pourquoi • loi, je suis resté en assurance. J'espère en Dieu et je crois que Jésus Christ, etc. Le 
texte ne me semble pas comporter cette traduction. 



MONUMENTS, ETC. 20I 



ccoMes. nxe '^cuk'A.hciô^ eqoTOss. uevTds. '|>pH'\- eue^^oi mmc^ tiujopn. -^noT o^^n 
•J-epAveTôviioem ' oto^ -^-piMi M'qppH'^ A\.neTpoc mev'^e^ uxe hiô.tioctoTV.oc eTô^-^îteA^ 
T^^c eÊoTV. OTTO^ 't'l^° ujOTiT epoK GiepMeTd.uoem^ AV'^p.i-\- mti^ por^ €7*. -^ujen 
ueTpoc €poq. iC2s.e eu-f ^ô^n^ cpoi utô.ujcoiiï'^' Mr^pu-^^ uot7V.*.iuoc e>.ï\ou ;ids. m- 
£Kixy;iicToc Monon nTevujconi neMes.K. ^en uniô.^'^ «opecss^OTOc. "^nd.d>.Moi\i t\TOT 

ô^enev^"^ eûoTV. ^es. "^-uîeTVeT «Te ti;)(^c «tc •^eKu'XHcieK tg. cepHoqpi ud.p nui Avev'XAoM 
HdvTôN. pH*^ ïii&en uevTôk '^p^^'V eTes^iRH» €2£.oc ed.AV.oni ïitotc tiôwIaikôvo momo»\ 
^ittd>. iiTes.2SLeA\. ^Hoir mr^c c^evi €Tôwiepe^ieeTein' MMoq ujô». e^oT» g-^mot. a\.oi 
OTM ^icoTR co ndKicoT e^oTôwÊi nniAv.eTUî€n^HT eT^oAss. «Te uio.tiocto7V.oc nè.TAoc 
OTOg d.2s.oc nd».n THpoir 2s.e nôwiuHpi nà.\ e-^-^ uô^r^i AiMOioir uuecon uïèvTe n-^c 
(Tï Mopc|)H ^en OHnoTT. '^emcToTV.H 2!k.e eTes.i\oTopî\c^ ïihi €TeA\.ueucouj mmoc 2^.1- 

tenant je fais repentance et je pleure comme Pierre, le chef des apôtres qui renia 
le Christ; et, je t'en prie, reçois-moi à toi, dans mon repentir, comme le Christ 
lui-même reçut Pierre à lui; quand même tu jugerais bon que je sois comme un 
laïque,'-* moi le minime, (plaise à Dieu) que je sois au moins avec toi dans la loi 
orthodoxe. Je prendrai pour moi cette douleur, afin qu'au moins je sauve mon 
âme : délie de cette chaîne impure de l'incrédulité l'épouse du Christ qui est 
l'Église; car, comme je viens de le dire, de toute manière il vaut beaucoup 
mieux pour moi de recevoir d'elle cette douleur, afin qu'au moins je trouve 
profit dans le Christ : c'est ce que je lui ai demandé jusqu à présent.'" Revêts-toi 
donc, ô mon père saint, de la douce miséricorde de l'apôtre Paul et dis-nous à 
tous : O mes enfants que j'enfante de nouveau jusqu'à ce que le Christ prenne 

I. TuKi '^epAv.CTA.noin. — 2. Tuki ni&.nocToAoc &.r^c. Il a souligné ensuite le mot A.nocTo\oc ce 

qui indique chez lui qu'il faut rayer le mot. — 3. Tuki feTe^qatee... La faute vient de ce que dans le 
manuscrit la lettre a et la lettre A. ont une forme presque identique. — 4. TrKi ei€p.\vcTivnoiit. — 
5. Tuki r'^- ç&.n. — 6. Tuki T&.u}<oni. — 7. Tuki eTA.iepe«^CTni. — 8. Tuki eTA.ROTopne (sic). — 
9. M. Revilt.out traduit : Si tu entres en jugement avec moi et que tu me considères comme un laïque, 
ne me refuse pas, etc. Le texte donne bien : quand même tu jugeras pour moi que je sois à la manière 
d'un laïque. Il n'y a pas : ne me refuse pas, mais une optation. Toutes ces nuances sont assez impor- 
tantes pour la valeur historique du texte; en outre la traduction de M. Revii.i.out serait encore plus 
en faveur de mon sentiment qu'en faveur du sien. — 10. M. Revit.i.out : pourvu que je gagne le 
Christ que j'ai jusqu'à pre'sent offensé. Le verbe grec jvi<y£Tc\n, verbe venant de aitcw, ne peut signi- 
fier offenser, mais demander, c'est du moins ce qui semble le plus plausible dans la dérivation de ce mot. 



202 



E. AMELINEAU. 



uô^Hoc' ôwic^e Tiï^icon^ «Te^c nd.u ^en Tô.ienicTo7V.H edvi. n*.ï ne nn eTc^HCTT 
oïcoTc tii^kCic «Te '^opeo2s.o^idw oTon^u eCioTV. nnR eTgcMci 5en n^ô^iu «cm 
T^Hi&ï Mc]|)MOir. 5en oTMeeMHi uô^p e^qô^Moni ii'^oiROTTMGïiH n2i.e o-y^^^i^ô^Hi me. 
'^MeTô.enô.p'^ n€M oTAiGTÊiGTVTV.e ottoo eTevtiÊiôs.uîTen^ mihhô.o'V Tcnnefii ^en c^noTrn 
n'^M€Tpeq22.co'\ €£io7V. «Te tiï2s.cor «Te c^mott ooocTe'^ iiïK€2s.es.irGï2s.- nTeqep- 
"v^'ôi7V.7V.ein e^feHTen ^en oTTMHUjes. 2<Le evirpnii e£io7V. THpoTT is.TGpe>.eiaes.7r eoircoTi^ 
d».non 2S.G THpoTT ^es. nipeqep «oui uô.Tev '^cmh «Te ninpo<^HTHc es.n^to mcJ>'^ 
ttccott en€p ujc^Hpw mtioo nges^n oirpcooTT npeq^i ïi2i.onc oirop niMOTe mtç hihô.o'^ 
çTcoTTTcon oTTOp eTcp oTcoini èvttfJfenoq eeûe tiooott nnipooMi. OTonoR eÊioTV. ni- 
^HÊc «Te '^opeo^s.o^ïô. OTOp ô.pi ottcoïuï epon ^ôv nu eToeMci ^en îi^ôvki 
janiOTCoittï MTe '^opeo2s.o^ie>w. (Ti Amini^ ncTe^es.Hoc miyopTi nevp^i;x.id^Htùn 

forme en vous. De la lettre que tu m'as envoyée sans l'avoir lue (et avec justice) 
je t'écris une copie dans celle-ci. Voici ce qu'elle contenait :" O lumière de l'ortho- 
doxie, manifeste-toi à ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l'ombre de la 
mort; car, en vérité, les ténèbres de l'incrédulité et l'aveuglement se sont em- 
parées de la terre habitée, et depuis que nous nous sommes dépouillés de la foi 
nous nageons dans le gouffre de la négation et la plénitude de la mort, si bien 
que David a aussi chanté pour nous qui en sommes dignes : «Ils se sont tous 
détournés, et tous à la fois ils sont devenus indignes», car nous tous, pécheurs, '° 
selon la parole du prophète, nous avons laissé Dieu derrière nous, admirant la 
force et la violence des rois; et la splendeur de la foi droite et illuminatrice, 
nous l'avons éteinte pour (posséder) la gloire humaine. Manifeste -toi, lumière 
de l'orthodoxie, illumine-nous, nous qui sommes assis dans les ténèbres loin de 
la lumière de l'orthodoxie." Prends la ressemblance d'Etienne, le premier diacre 



I. TuKi txiReojc. — 2. TuKi nioivcott.. — 3. Tuki eTAnÊevuiTCM, faute qui doit être propre à Tuki. 
— 4. ToKi çtocos-e. — 5. Tuki 2».&.Triîi>., orthographe non habituelle. — 6. Tuki e-rcon. — 7. TrKi 
ncp uj'V"P'- ' ~ 8. Tuki ci nô.ntoni, mauvaise lecture qui signifierait : prends-nous les pierres d'Etienne. 
L'expression revient plus bas. — 9. Mot-à mot : Voici ce qu'il y avait d'écrit en elle. Ce qui suit est 
une interjection; M. Revit.t.out l'a pris comme un accusatif sans faire attention au suffixe de la seconde 
personne : oti'oiiok : Fais apparaître le flambeau. — 10. M. Revit.i.out met ici : «nous tous, pauvres 
pasteurs», ce qui n'est pas dans le texte. 11 a sans doute voulu justifier ainsi sa traduction de looi 
par bercail. Toute cette lettre n'est qu'un pathos assez difficile à traduire, même à comprendre. C'est 
bien le génie copte dans toute sa beauté lorsqu'il vise à l'éloquence et sort du cadre des récits qui 
lui sont habituels. — 11. .Mot-à-mot : Dans les ténèbres de la lumière de l'orthodoxie. 



MONUMENTS, ETC. 2o3 



'702S.Î ncoou 2s.e noc Mnepen ndvinoèi' epojOTP. 

•V-Hô^O'V ^ nemcToAH «Te eviîiQd. nexpoc. 

neTpoc Tiie>.p|>(^ienici\onoc ure pe^KO"^ C'^c^ôvI i\d.Hes.Kioc.- eTds.HOTopiicT ot<n 
MKôkp e2s.en ^i^n mhô^.^^ neT^.HTô.TV.cooT e2SLeïi Tdvx^'T^H çtouj x\çm Muevo moht.* 
ujô. "^noT i7eK.p «es.iep&.^ia)ni"5ec^ô<i- eeiae uevuo&i CTciy oto^ ponoic MTd>,ep t\çm- 
nujdx no^i cpdvT «ei.gpe« niÈHM*. «Te ny^c ^e« OTMeTd<Tô.pn\i. -^ttOT 2SLe "Vcmi 
ewtt 22.e dvi«evep ot «ô^k nevTev «h eTis.Hc^HTOT «hi otoç tiiujo)«i eTd^'^ujwni 
.HMcoTCtt ^ett neTe«o'yo>u} -^«ôkUjss.eM 2s.om a.» «ep -^ô^^pi epc^. oHune i7ÔN.p ic 
Ad< «poMiii ic2£.e« eTd^cdk.jw.otti rt2s.e -^cTnos^oc «Te ^ô^Akh2^co« otoo miiooi'' 
«Te n^c d.TeTe«copA<.OT ^e« nittes^g-f eTpwo-y oto^ iiicoiMdv e^oTivû «Te "V^h- 
K?V.Hcies. '^H eTis- Ti[xic MOT e.îpHi e2s.co"4 eûoTV.giTett nieucpôv'^ort/ nTcoTe« «Te 
'^OMoAoeiev HTe -^'^-ycic cnoT-^ «Te tiitomoc «Te ^eo)« d».TeTett'^op2s.q otoo 
è^TeTett'Tï .uni«i a\.tiia\.oti «enpio» eiQO?V.^iTe« «eTe««d<2s.oi »dv^ttdvp-\- dvTeTen- 

et le premier martyr, et crie en haut vers Dieu pour nous qui avons couru vers 
toi, dis : Seigneur, ne leur impute pas ce péché. 

Troisième lettre d'abba Petros. 

Petros, archevêque de Rakoti, écrit à Acacios. Les lettres que tu m" as en- 
voyées, ce sont peines sur peines que tu as placées sur mon âme abondante en 
douleurs; car, jusqu'à ce moment, je m'efforçais de me justifier de mes nom- 
breux péchés et de me rendre digne de me tenir innocent devant le tribunal du 
Christ. Mais maintenant je ne sais que te faire d'après ce que tu mas écrit, et 
la maladie qui s'est emparée de vous qui le vouliez bien,- je ne puis la guérir. 
Car voici trente et un ans qu'a prévalu le synode de Chalcédoine, et les champs 
du Christ, vous les avez perdus dans la foi mauvaise,^ et le corps saint de l'Église, 
celui pour lequel le Christ est mort, vous l'avez divisé en souscrivant à la con- 
fession des deux natures et au tome de Léon : vous avez pris la ressemblance 
du lion féroce avec vos dents infidèles, vous avez renié la foi droite, (et.) dans 

I. TuKr n&.n(oÊi. — 2. TuKi n&K&Rioc. — 3. Tuki ç&n jak^vç^ iiç^ht, le dernier mot souligné. — 

4. Tuki ncM. k&.o noHT. Je mets ici l'article parce qu'il ne s'agit pas d'énumération et que ctouj ncM 

ne fait qu'une expression qui peut se construire avec l'article. — 5. Tuki cpA-Ticoni-jcc^c : mot très 

embarrassant pour moi. — 6. Tuki nniioç^i. — 7. Tuki nicn^'paw'^jon. — 8. .Mot-à-mot : dans votre 

volonté. — 9. M. REvrLi-ouT traduit : vous avez égaré avec une foi mauvaise les brebis du Christ. 

:6» 



204 ^- AMÉLINEAU. 



2S.W7V. e&oTV. MTiinô.O'V eTcoTToon ô.T€Tenq)cop2!SL ^en oirMeTô.ce£iHc MiiièvTc^copss. 

cbevï '^CMï ô.n 2s.e d.ïnd.ep oir. niujooni eTevqiycoiiï MMCOTeu ^en hctchotcouj 
n-^-iyss-eM 2slom ô.n eep q>d<^pï epoq. «vuor oirpcoMi ue^p gco npeqcp no&i eqx*^ 
^ô< q)MOT ô.A7V.d. ^n eTo.peTett2s.oAq e£ioA n^c Mnepx^»^ tôt euttoir efeoA epe- 
Tenoouj enujwi od.poq ei^pHOT qnivTô.ceoq ttTeqep nittô^i «eMcoTen nTeqnô^^eM 
ennoTT. Mô.poirep ^h£ii epooTCtt n2s.e «h eeoTTè^Êi TupoT ^d. «h eTô^irÊicouj eSioA 
nTOirMeTMdvt\ô.pioc Mô.peqep oh£ii epcoTett n2s.e nïnd.pô.2s.€ïcoc2 c^h eTe^Trcefe- 
ToiTq e€^Êie ettttoir otto^^ eqiycoTi+ MMCOTen ô^n ee^Êie TeTettMeTèvendvO'^ Mô^peq- 
ep pH&i epcoTe» ttssLe "^pH c^h eTô^^ttevir em^'i MKd>.p «Te n^c Miiequjes>i" e^TV.'Xev 
eTes-q*^ oicoTq ttOT^è^uï nTuje&ïco noirooitti eoTcopi^ Mtties.enevp'^ «Te tiichot eTTH 
ttCM necoTen '^«ot. Md^peqep ohêii epcoTen «2s.e KictottT THpq eTOTrn0s.Tr epoq 
tteM c]^rt eTOTTttevTT epoq ô^tt MdvpoTep ohêii epcoTen n22.e tti2s.'yttô.Mic eTCô^. nujcoi 

l'impiété, vous avez divisé l'indivisible Dieu. Est-ce qu'il y a une impiété plus 
grande que celle-ci? ou quel est le deuil plus grand que celui-ci?^ C'est pourquoi 
je ne sais que vous faire. La maladie qui est en vous, je ne peux pas la guérir; 
car moi aussi je suis un homme pécheur, placé sous (le coup de) la mort; mais 
que celui que vous avez renié, le Christ, ne vous rejette pas :^ priez en haut 
vers lui, peut-être se retournera-t-il vers vous pour vous faire miséricorde et 
vous sauver. Que sur vous pleurent tous les Saints, (sur vous) qui vous êtes 
dépouillés de leur félicité; que sur vous pleure le paradis qu'on vous avait pré- 
paré et qui ne vous reçoit pas à cause de votre incrédulité; que sur vous pleure 
le soleil qui a vu la souffrance du Christ en sa passion, qui n'a pas hrillé,^ mais 
s'est couvert de ténèbres au lieu de lumière pour la punition des impies d"alors 
et la vôtre maintenant. Que pleure sur vous la création entière, visible ou invi- 
sible; que sur vous pleurent les puissances qui sont en dessus de tout: que pour 

I. TuKi &,uj M.He.TiKce.&KÇ., mauvaise lecture. — 2. Tuki nin&.pes.2>.icoc. — 3. Tcki 00 (sic) : les 
premières lettres oubliées. — 4. Tuki q^ton. — 5. T^ki jA.ncquiqA.1. — 6- Tuki tT^cooi. — 7. M. Re- 
viixouT : «quel est donc le deuil suffisant pour lui servir de satisfaction?», ce qui n'est pas une tra- 
duction, mais une paraphrase du texte. — 8. M. Revii.i.out a omis ce mot et traduit : (Cela regarde) 
celui que vous avez renié. — g. M. RKvn.r.ouT a lu q&.i au lieu de u|a.i et a traduit : et qui ne pou- 
vant le supporter /est couvert de ténèbres : la lecture et la traduction seraient possibles, si le mot 
ô^Wa. qui indique le contraire ne commençait pas la phrase suivante. 



MONUMENTS, ETC. 2o5 



MnTHpq Mes.poirc€Mï cgpHi ess-coxen MncMeo muimôvI pcoMî '\>\ n-scr tuT*..rMô. 
uevp^icTpôwTHeoc ' «dxuc'eAoc Md<poiroTtoujT- e^pHi e2SLen euttoT t\2s.p t\i'vc- 
poTTÊiM neM Micepex'^iM eTOi noTMHiy u&ô^TV nid.ure7V.n\o« oô.pMô. uk ctooc 

€^'^ tlCHOT ttlÊien MTlI^TTMnOC «Te niTpiCô^UIOM. ■ AVd^pOT-^^O C^pUI €2£.eM «HMOT 

^oncoc uTeqcooTeM cpwTeti oiro^ UTeqoTcopii e2i.eH eunoT uoTTe?V.Ti7V.i utç ct 
nes.1 «eM €2s.en ottTV.ô.oc «èvTHô^Ries. eTô^qccopcM eÉioTV. ^ueu otothêi' j\e'^7y.H0ir. 
<pà^i OTtt 'Vx^ «TOT efeo^V. ô^n ei'\' cos'ni nooTeti epoq otoc poiMi «pe-^ep uo&i 
^inev c^'^ (J)H eTô>.TeTen2SLo7V.q^ eCioTV. nTCTeïiiyTeM'rnd^'T epcTeu-^oo epo-4 elàoA 
^iTen HH eeoTivCi ^oncoc «TeqTôwC^e enuoT ottoo nTcqnô^i oirop MTequevpeM 

"^Mdvp CnOT'^ îieïlICT07V.H Mes.Rô.KÏOC.'^ 

is.Kô».Hioc7 eqc^evi AvneTpoc nievpxiCTiïCRonoc nT€ pôwnc^-. '^noT "V-^v-eTi epoi 
MMôiHis.pioc eTôkinôwiT eTô^ïuiiy^ eToi «toi nTeviMd^iH MMeTiy^Hp upequjeTi MKe<.p 

vous intercèdent en présence du Dieu qui aime les hommes, les bataillons de 
l'armée angélique;^ que pour vous adorent les Chérubins et les Séraphins qui 
ont des yeux innombrables, ^ le char angélique de ceux qui, en tout temps, 
chantent à Dieu l'hymne du trisagion, qu'ils prient pour vous afin qu'il vous 
exauce"" et envoie une goutte de sa miséricorde sur vous et sur le peuple sans 
malice qui a été perdu par un prêtre rempli de vanité. Cela donc, je ne cesse 
pas de vous le conseiller comme un homme pécheur :" ce Dieu que vous avez 
renié, ne tardez pas à le prier par (l'intermédiaire) des saints afin qu"il vous con- 
vertisse, qu'il ait pitié de vous et qu'il vous sauve. 

Seconde lettre d'Acacios. 

Acacios écrit à Petros, l'archevêque de Rakoti. Maintenant je me considère 
heureux, puisque j'ai vu cette si grande participation que prend à nos peines ta 

I. TuKi n&.p;x!"<^''"P«>^TirK'Oc. — 2. Tuki jw.ek,poTûivyT. — 3. Tuki niCTpicA.rion (sic). — 4. TrKi 
ç^iTCti OTHÊ. — 5. Tuki exATcnatoÀq, faute évidente. — 6. Tuki ha-kj^ki. — 7. Tiki a.ka.ki. 
8. Mot-à-mot : les ordres archistratèges angéliques. — 9. Mot-à-mot : qui sont une multitude d'yeux : 
allusion à la vision d'Ézéchiel. — 10. M. Revillout : qu'il les exauce. Cependant il y a cptoTcn, 
deuxième personne du pluriel. — i i. M. Revili.out traduit : Ce que je puis donc faire c'est de vous 
recommander, comme hommes pécheurs, à supplier Dieu (sic). Je ne crois pas que ce soit le sens; d ail- 
leurs M. Revillout omet la plupart des mots suivants dans sa traduction. Pierre .Monge fait ici de 
l'humilité : de plus la construction de la phrase ne permet pas un autre sens. 



2o6 E. AMÉLINEAU. 



«eoH MneR22.o7V.q e£io7V.. '^•ïioir ne>.£HT eHT 22.6 neoK otmô^<&hthc mmhi «Te 

uTenujTeM^ô. totch efcoTV. encoiy copHi ^0. c^'^ eTôwnss-oAq e&oTV. ^oncoc nTeqTivc- 
eow OTO^ «Teqep nmô^i oto^ nTequô^^Mcn. oirop c^d.1 Men Tenttevx*- TOTen 
eÉioA dk.tt enipi MMoq. mevccÊiHc 2s.e utomoc ttTe Aecon <^h eTôiTrc^e^i ^d.pd<Tq 
^en oiTMeTd^ceÛHc nasLe '^cirno2s.oc «Te ^d<7V.RH2s.con ct^^ht h£ht neM Mevpniev- 
Moc^ TiïèvceÊHc noTpo c^H eTevTTss.wTV. e£ioA n^Hxq euupô<i"^coc+ MniMonouenHC 
nujKpi uTe r^-f Tidvidkce&Hc c^es.i htomoc neM '^CTrno2^oc nxe ^ev7V.RH2s.con 
MneMeo nnô». T(|>e neja nés. tirô».^! '^epevneveeMdvTi^ein- mmcoott e£io7V.pïT€n Tivi- 
enicTOÀH CTevic^HTC ^en Tev22.ï2s.. 7V.oinon co nô^MenpiT «icot eeoirôvfe ô.ttô».ir eni- 
Hin2!k.Trttoc'^ eTujon nevR e&oTV.^iTen ^^. eujton evRUîd.ndvMOMi noiTRevRiev oto^ 
j^Tçqr^^j^ nTGnTes.RO otto^^ e^con es.RUjes.n'^ npds.n neT^cooTT nTuje&ico n£ôN.n 
nGTgcoo'y7 OTO^ nTeRiyTeM"^ n^evn neenôwneir nTiye£iiw nes.n ng^ô^n neT^cooT^ 

sainte paternité, avec crainte et contentionj^ devant le Dieu que tu n'as pas renié. 
Maintenant mon cœur est persuadé que tu es un vrai disciple du Christ, que 
tu nous conseilles le bien et que tu nous enseignes bellement à ne pas cesser de 
prier (le) Dieu que nous avons renié, afin qu'il nous convertisse, qu'il nous fasse 
miséricorde et qu'il nous reçoive. Nous ne cesserons pas de le faire. Mais le 
tome impie de Léon qu'a souscrit avec impiété le synode de Chalcédoine de 
connivence avec Marcien, le roi impie, dont la souscription a fait renier le fils 
unique de Dieu, ce totne impie avec le synode de Chalcédoine, en présence des 
habitants du ciel et de la terre, je les anathématise par cette lettre que j'ai écrite 
de ma main. Du reste, ô mon père bien-aimé, vois le danger que tu cours de la 
part de Dieu. Si tu agis avec méchanceté'" et nous laisses périr, si pour le mal 
tu nous rends le mal, si tu ne nous rends pas le bien pour le mal comme un 

I. Trivi R-^-coo'ni. — 2. TuKi r-\-cê(o. — 3. Tiki Me^pHicvue. — 4. Tvki eut»pA.'^toc. — 5. Tuki 
"Xcpe^ni^^eAVj^Ti^ni. — 6. Tuki eniKTn2k.inoc. — 7. Ti'ki otoo cujcon ev.Ruj^vn'^" ujcÉito !\A.n Oi\n nex- 
qcùoif. — 8. Tuki otoç^ iitckujtcavV ^cÊicon A.n aoe>.iv ncTçwoT. Ces deux passages sont évidemment 
corrompus et doivent être restitués comme je l'ai fait d'après la réponse de Pierre Monge. — 9. Le mol 
(TwAr ne signifie pas mortification, comme tradu't M. Revii.t.out, mais ejfort vers, contention dans le 
sens du latin contvndere. — 10. Mot-à-mot : si tu prends une méchanceté : il ne s'agit pas ici de ran- 
cune, comme l'a cru M. Rf.vit.t.out. 



MONUMENTS, ETC. 207 



uevq '^nevepd.nè<eGMevTi-^€in' £\c£à^i ^en Tev2i.i2s. ^ei\ Tô.ienicTO?V.H 00.1 au\itc- 
Moc KTe TVccon neM '^CTnoss.oc nre ;)^dw7ViiH2s.o)u !veM oTOt\ luiàen e7-\>o)p2'_ 
MnioTTdvï n;)(^c eCioA c^ttcic cnoT')- o?ro^ '^■ne^^^^^ô. poi €i2£.oi Mîid.oèvn .uniAVà.1 
pcoMi c^'V neM TGUAveTicoT e^o'Tes.& HpequjeMOHT. 

'I-Môvg 2v n€TiicTo7V.n «TG ô^CiÊiev neTpoc. 

neTpoc iiïô.p^ieniCK.oiioc htg pe^HO-^ eqc^d.i «d<KdvRioc.' €^£ie ot nipoiAU eu- 

^OM^€M^ MTôv^'T^XI^K GTeG&IHOTT e^Êie OTT Gl\'\-Odwn+ epOI. Ujev e^OTH e'^OOT llô.I'YH 
«TOTU Tie Mr|)pH'^ ttOTTô^CGÊHC OTTO^ «ivUIHC AV.MOR ncepKeve«MpeiU - MAi.01 OTOO 

niCHqi" «Te noirpo tievivoircopn mmcoot ^ô>.poi ne. '^ujini" uô^p *.« ei2SLco «-^-av^^- 
MHï nô.i\. '\-noTr 2s.e eRujeopTep^ mmoi crtô^Ao cpoi uod^n fcè^poc ootc ujopn 
eRceMi epoï m.^^ otoo eRTev?V.o cpoi no7rKin2s.Trnoc9 q>H ctc mavom uj2s.oa\. mavoi 

confesseur du Christ; car si tu ne nous reçois pas à toi afin que par toi le peuple 
soit sauvé et que la réconciliation ait lieu j'entrerai en jugement (contre toi) en 
présence du tribunal du Christ et en présence de tous les anges; car moi, écri- 
vant de ma propre main, j'anathématise dans cette lettre le tome de Léon et le 
synode de Chalcédoine et quiconque sépare Tunité du Christ en deux natures. 
Et je me tairai ayant exprimé mon jugement '° à ce Dieu qui aime les hommes 
ainsi qu'à ta sainte (et) miséricordieuse paternité. 

La troisième lettre d'abba Petros. 

Petros, archevêque de Rakoti, écrit à Acacios. Pourquoi, ô homme, brises- 
tu mon âme? pourquoi me juges-tu? Jusqu'à ce jour tu me regardais comme 
un impie, tu t'étais hâté de me faire déposer, et les glaives du roi. tu les as 
envoyés vers moi. Je ne rougis pas de te dire la vérité. Maintenant tu me 
troubles, tu m'imposes de grandes charges," lorsque d'abord tu m'accuses 

I. TuKi '^n&.ep&.ne^.^ew.&.Ti^m. — 2. Tuki nekH.&.Hi. — 3. TiKi k^om^cm. — 4. Tiki kT OA.n. 
5. Tuki ne£pR&.«^£p!iv. — 6. Tuki nicHqi (sic). — 7. Tuki -^ujHn, ce qui a un tout autre sens et ce qui 
voudrait dire : Je ne cherche pas à être agréable. — 8. Ti ki niyoopTcp. — 9. Ti ki noTHTn2k.iuoc. — 
10. M. Revii.i.out traduit : je prends pour juge, ce que ne signifie pas l'expression ciatw Mn*.oi\n. — 
I I. M. Revii.i.out : supplices : il a lu fie^cô^noc pour Éô.poc. 



208 E. AMÉLINEAU. 



wy^c OTTO^ eujton ôwRujTeMiyoTiTen epoR enepMCTdvuoein' eujwn ô^RUjds.n'^ tt^ô>.n 
TieT^tooir ïiTiyeÊiiOL) «^ô^n ncTpcooir eujcoTi evtvujTCM'^ n^ô^n neenevneTT nTujeÉiico 

pevipecic^ eevi. d^piCMi oirn 2SLe mmoïi UJ22.OM mmoi eepos.Me7V.Hc' o'S"^^ ^X*^ 
eHnoT nccoi OTSs.e e^TeMUjen kh €TepMeTd.iioeïn'' epoi ee£ie TiipevTi eTô^KTes.- 
?V.oq epoi Rivinep" epe c^*^ 01 mm^ki pcoMi epon THpoT OTTSs^e -fiiô^-^^ es.n n^ô^n 
neTptooTT MTiyeÉiiw n^d.n neT^^cooT dJ\7V.e^ môwTV.'A.oh '^nevicoc mmoï e'f «00,11 nee- 
nô».neTr MTUje&ico n^d».n neT^tooir epe c^*^ 'f 2s.om «hi tiiyopn tiXhh 'i5>ô».i evpj eMi 
epoq 2s.e eTes.Repds.nes.eeMes.Ti];eïn^ muitomoc «Te Aecon evRepd.nô<eeMè<Ti^ein'° 
nneRio'^ eTd<Trc^es.i ^es.pô>.Tq oiro^ cuie nevR on eepeneMi 22.e es.R.epd.nôN.eeMd>,Ti- 
'jeiM" MMOR ^cou OTO^ eRoi'^ HiyeMMo eÉioA^èv '^MeTevp^iiepeirc'- oirop eRoi'^ 
22-€ Mc^pH'f noir7Vd.ïH.oc OTTO^ MiienepoTT'^ MRivp «evK n2s.e ttevicd<2s.i ne^i. ot i7dvp 
Mniep ^O'^'^ ;iis. T£H np7V.i OTr2s.e '|-ep po'^ es.n 0Tr2s.€ '^-nev^^ô^ tôt eÉioA e^n ei22.oo 

devant Dieu et que tu me charges d'un danger contre lequel je n"ai pas de force, 
en disant : J'entrerai en jugement avec toi en face du tribunal du Christ, si tu 
ne reçois pas notre pénitence, si tu nous rends le mal pour le mal, si tu ne nous 
rends pas le bien pour le mal, si tu te conduis sans souci à notre égard et si tu 
nous laisses mourir dans cette hérésie. Sache donc que je ne puis pas être sans 
souci, vous abandonner et ne pas recevoir à moi ceux qui se repentent, à cause 
du jugement dont tu m'as chargé, car Dieu aime tous les hommes : je ne ren- 
drai pas le mal pour le mal; mais bien plutôt je m'eftbrcerai de rendre le bien 
pour le mal. Dieu m'en donnant d'abord la force. Cependant sache qu'en anathé- 
matisant le tojne de Léon tu as anathématisé tes pères qui l'ont souscrit, et il faut 
aussi que tu saches que t'anathématises toi-même et que tu deviens étranger à la 
plus haute dignité du sacerdoce,'^ que tu es comme un laïque. Que ces paroles 
ne te peinent pas; je n'ai jamais rien craint, je ne crains pas et je ne cesserai pas 

I. TuKi etiepAvcTe^nom. — 2. Tuki A.K,ujA.ncpA.McAcc. — 3. Ti ki htcvimot. — 4. Tuki Tivioepecic. 
— 5. Tuki cepiVAveAcc. — 6. Tuki CTepAvcTe^noin. — y. Tuki ncnep. — 8. Tuki "^ma.-^- a.ii. ce qui 
n'a pas de sens possible ici. — 9. Tuki cp&nik^eMekTi^in. — 10. Tuki i\K€pi\nA.^cM.cv.Ti3in. — 
II. Tuki ^vR€p^.ue>.^eJ.v&.TI3ln. — 12. Tuki koi. — 13. Tuki jA.eTevp^icpeTc. — 14. Tuki roi. — 
i5. Tuki Mncpço-^-, faute évidente. — 16. Mot-à-mot : à Varchisacerdoce, c'est-à-dire à l'épiscopat. 



MONUMENTS, ETC. 20Q 



(oTVï tt!25L€ OTevI ttT^w^s.<^€. 

eviieviiioc- ecjc^evi Mnexpoc Tiiô^p^ieniciioïioc i\t€ pexuc^. otcoti d<icô<2i.i otoo 
n'^ttevoirev^ tot^ 2s.e eceK.24.ï. nAiiti kô^tô. '^pH-^ €Tis.i2i.oc co n*.io)T eeoTdvà è^u^vT 

è».KUjd.n[)(^es.n «ccoii eujwTi es.uujTeMiyen mh eTepMeTes.uoein'^ epoK. iK\\o\K uô^p 
€Tô<iepô>>nô^e€Mes.Ti^€iti7 ettiei7upô».<i^oc^ MTiie>^cefcHc «tomoc «tc 7y.econ «eM -^ct- 

'^pô.iyi ^en c]pes.i 2sLe Mni'^es.co epoi es.n'° ic2S-€n '^noT mtô^^slcm ohot en^Ô^- 
hAhh nevitoT eeoTrevÊ dwiiou «€m wh €eMes.epM€Td.noeni" efeoTVoiTOT «enicuoTioc 
TeHMèvpevOTTCo eirepi\eveô>,ipGm'2 mmo» otto^ e«i\opq ^en ot2slcor €£io7V. oes> -^-Avex- 
OTH& ei^irecoii «nô^pcooir'^ eT^d».'^" ut€ niMeTUjett^HT ïitg c^"^. ncoc 2^e '^upd^r^H 

MdiGp OTTCO ecat-tO ïl'^MeeMHI €C22.C0 MMOC 2S.€ ô<2i.€ tt€i\noÉii tiTujopn oiuev nT€H- 

de dire la vérité, car personne ne m'enlèvera ma franchise qui est le Christ, pas 
même si l'on m'enlevait la tête. 

Troisième lettre d'Acacios. 

Acacios écrit à Petros, l'archevêque de Rakoti. J'ai dit une fois, et je ne con- 
tinuerai certes pas à (le) dire : cependant, comme je l'ai dit, ô mon père saint, 
vois le danger que tu cours à cause de la terre habitée, si tu es sans souci, si tu 
nous abandonnes, si tu ne reçois pas à toi ceux qui se repentent. Car moi, j'ai 
anathématisé ceux qui ont signé le /orne impie de Léon avec le synode de Chal- 
cédoine, et même je me suis anathématisé moi-même; mais je m'en réjouis, car 
désormais je ne m'épargne pas pour avoir profit dans le Christ. Cependant, mon 
père saint, moi et les évêques qui se sont repentis grâce à moi, nous serons 
peut-être chassés, dépouillés'^ tout-à-fait du sacerdoce : où sont les sources qui 
coulent des miséricordes de Dieu? Comment l'Écriture parlera-t-elle pour dire 
la vérité, disant : Dis tes péchés au matin afin que ta sois justilié? Que mon 

I. TuKi &.K2^Hi. — 2. TuKi &.KJVKI. — 3. TuKi nn&.OTrA.ÇTOT. — 4. TiKi euiK.TiiDi.moc. — :*. TlKl 
eRta«>.Hepô-Me?V.ec. — 6. Tuki eTcpMeTis.nom. — 7. T"ki cTek.icpA.n&.«eM».Ti5in. -- 8. Tiki cnicncpc».- 
':|)oc. — 9. Tuki «iiepnRee>>,n*.«^eM.*,Ti5m. — lO. Tuki Mni-^i^co epft.i ^ivn (sic). — II. Tiki con*.- 
cpMCTivnoiit. — 12. Tuki Êirepi\e^<ycpin. — i3.Ti ki nicpwoir, ce qui me paraît une faute. — 14. Mot- 
à-mot : abolis tout-à-fait du sacerdoce. 

27 



210 E. AMELINEAU. 



■eMivio. MH ncoc ss^e on MTecpivoirco tt2SL€ T^.MeT^vnoI^s. eoirocï ueM otco2s.ti mri- 
KOCMOC THpq OTO^ eoTTTôi^o epô^Tq ôwii eTTini Uô.p edoTV^eu niMev ïiep ujcootuîi 

Mt^MHUJ tlTe ÏIIOTTHÉI d^ttex^KH T€ ' UTOTTCp MRdV^ tt^HT OTTO^ nTOTTUJTeMUJCOn 

epcooTT u'^MeTô.noid^ eToircoiy ô.n ex^ ncoooT uuieKR7V.Hciev. oto^ c^mhuj nT€ 
nï7V.d.oc nô.epcKô.n2^ô.7V.ï5eced.i 2 cend.iyeopTep eTrepevnexec^ô.! ^ ô<n neviiTtoc 
€;)(;^co nccooT nnoTMô^neccooT otto^ ee&e c^ôwI ni^coÊi nd.R(opq eiyTCMepeciytonï 
n2i.e OTraLi «ocoth oto^ Miè^ceÊiHc nod^ipeTiiioc'^ hô^ccoÉii ncew '^eRRTV.Hcie^. iiTe c^j)-^ 
oirop cenôvcp oTto nasLe ni^eveir eTgcooir eiiip^oirev'^. ô.TVAô. Md.A7V.on (Ti Mnen'^po 
TienicoT ceoTre^Êi OTop- ooi epevTR ^en OTrMeT2i.cop ^ht'' eRTCo&g^ mc^h €TeMTiei\- 
2fi.o7V.q eûoA pi nés. nTeqc(o7V.2s. e&oTV. pes.pon ^es. moTHli muic^i nss-iss. nT€ '^mct- 
peq24.toA efeoTV.. moi nevn mhix'A.om nxe '^MeToimÊi nxe -^opeoas^o^id.. (Ti Mnini 
MMCOTTCHC TupequjenoKT €TTH OTop couj eppni pev noc eppni essLcon 2s.e ic2SLe 
^nô^^oi ncooTT e&oTV. ^co ntooir eûoTV. ic2fi.€ 2s.€ MMon co7V.2i. pco e&oA pi nenss-OOM 
c^H eTd.Rc^HTq. Hôwi? ues.p ivô^pcon nies-p^^^^iiepe-yc*^ evqcp noûi neM ni7V.es.oc €Tes.q- 

repentir ne tourne^ pas au détriment et à la destruction du monde entier, et non 
à son affermissement. Car en rejetant de l'autel la multitude des prêtres, il 
est nécessaire qu'ils s'affligent et ne veulent pas recevoir la pénitence pour 
eux, ne voulant abandonner les églises. Ainsi la foule des peuples sera scan- 
dalisée, elle sera troublée ne pouvant aucunement souffrir d'abandonner ses 
pasteurs : c'est pourquoi l'œuvre de réconciliation n'aura pas lieu et les impies 
hérétiques riront des églises de Dieu, et la fin sera pire que le commencement. 
Mais plutôt reçois notre prière, ô père saint, et applique tout ton esprit à prier 
celui que tu n'as pas renié, afin que pour nous, prêtres, il efface la souscription 
par laquelle nous (r)avons renié. '° Donne-nous la couronne du sacerdoce ortho- 
doxe, sois semblable au miséricordieux Moïse et crie vers le Seigneur, disant : 
Si tu leur pardonnes, pardonne-leur (tout- à -fait)," et si tu ne le fais pas, efface- 
moi aussi du livre que tu as écrit. Car Aaron le grand prêtre pécha aussi avec 

I. TuKi eviiA,CKH Tc. Je ne sais pas ce qu'est ce mot, et je l'ai corrigé par «.nevi^RH qui est bien dans 
le sens de la phrase. — 2. Tuki nisepcR«.n2>.A.Ai5cc«>c. — 3. Tuki civcp*>ni\x^*^^^- — 4- "^^'^^ nç^epe- 
TiHoc. — 5. Tuki otoç^ oto^. — 6. Tuki 0^1 GpA.T jitg noTj*.cT3ccûp (sic). — 7. Tuki hc. TTA.p. — 
8. Tuki men.p3(;iiepeTrc. — 9. Mot-à-mot : de peur que ma repentance ne tourne. Tout ce qui suit 
est traduit très largement par M. Revii.i.out. J'ai serré le sens le plus possible. — 10. Mot-à-mot : récri- 
ture de main de la négation. — 11. M. Revii.i.out : Si tu leur pardonnes^ pardonne -nous. Il y a le 
suffixe de la troisième personne. 



MONUMENTS, ETC. 211 



ni-f^o nxe '\-MeTpequi€«2HT nxe MtoircHc e».qvud.uîui ;ieu OT^tJ^'^eM €iuoT^d.i 
meûoTV.piTeii c|>*^ oto^ Mncqep ujeMMO e-^Av.cTOTiiÊi ôwAAôv ev^^opi e-^oi moth£i m'^-\ 
ujev Ti2s.(OK e&oTV. nre neqegooTr. (ji nd>.K mtiïui mmcotchc nipçM pô^Tiij uevxdv '\>pu-V 
eTevi2s.oc OTO^ coiy eppHi e2s.co« ^is. noc M'^pw^- mc^h otto^ ô^mot eopiu ucmô^ji 
^ocon 2 ^oncoc nTGUis.Moni «Tett2fi.i2s. ÇTcopeM oiro^ UTeivqo2i.TeM eùo?y.;*en 
es.MGtt'^ nT€ '^MGTd.enô^^'\- otto^ «t€ktô.oo« epd>.T€n €2s.€n OTrneTpô. €CTd<22.pHOTrT 
OTO^ MMeeMHi exe c^evi ne ihc jv^q uevTô. TievTr\oc mtiiô^tioctoAoc eq2£.co mmoc 
2sL€ '^neTpev n€|)(;^c c^h €Tevqep pcoMi €€y£ie h€£Ai u^cofc à.\\ eùnA »T€quopeM 
Mnuenoc nnipcoMi. Mes.'^po oirn ec^'f (o tiôvIcot ^en oirM€TeveMoir«i\ omev nxGq- 
lyouTcn €poq €nepMeTdy.Moein3 pinev nTenujTeMTdvHO ^gh oTr22.o)u. ô^uô^t em- 

!Ull2i.-TnOC+ €T|X1H. iidwK. €^pHI €2SLen '^OIIlOITMenH OTTOO AV.TlGp5'l Ô^OTCO ey|T€M- 

lyonTen €poi\ €nepMeTô».noein5 oirop «TeH^coTTi ttniei\u7V.Hcid^ eoTMeTOTô^i.' -^-noT 
ii'evp on eï€pô».nô^eGMd^Ti^eïH:7 «'^cirttoss.oc nre ^d<?V.uH2s.ton oto^ ei€pMeTe>.tio€in^ 
'^co^ €£ioA 2s.€ eviep «ofci noc ô^iep no&i ;^co «hi e£ioA ^ev mpeqep «o&i. 

le peuple, lui qui fit le veau (d'or), et il transgressa avec tout le peuple; et par 
la prière du miséricordieux Moïse il obtint bientôt le salut de Dieu, il ne devint 
pas étranger au sacerdoce et il demeura prêtre de Dieu jusqu'à la consomma- 
tion de ses jours. Sois semblable à Moïse, l'homme doux, comme je (l'jai dit, et 
comme lui crie pour nous vers le Seigneur, et viens à nous pour prendre notre 
main souillée, nous arracher de l'enfer de l'incrédulité et nous placer debout sur 
une pierre ferme et vraie, le Christ Jésus, selon l'apôtre Paul qui a dit : la pierre 
est le Christ, lequel s'est fait homme uniquement pour sauver le genre humain. 
Prie donc Dieu, ô mon père, sans défaillir, afin qu'il reçoive notre pénitence et 
qu'il ne nous perde pas pour toujours. Vois le danger que tu cours à cause de 
la terre habitée, et ne tarde pas à nous recevoir dans notre repentir, afin de ré- 
concilier les églises dans l'unité. Car maintenant, j'ai anathémafisé le synode de 
Chalcédoine et je me repens, je crie : J'ai péché, Seigneur, j'ai péché; pardonne- 
moi, je suis un pécheur.^ 

I. TuKi e>.qcpnevpiv6eniH. — 2. Tuki ^oco» ^ocoii. — 3. Tuki cncpAv.tTev.!vom. — 4. Tiki chirth- 
cs^inoc. — 5. Tuki euepMCTJMioin. — 6. Tlki eTAve-roTiM. — 7. Tuki eicA.pnJvocMA.Ti'jiu. ^. Tiki 

ciepMCTivHoiH. — 9. M, REVIT.I.OIIT ne traduit pas les derniers mots. 



- 1 



2 12 E. AMELINEAU. 



nexpoc niôwp^xi^ienicKonoc «Te pes.ivo'^ eqc^ôwi uôvues.i\ioc. • '^^e2s.^to2i. ^en ^co& 
ni&en otoo niujttwoTr «Te c^moit is.!\(Tb7V.R0Tr epoi ^en Mes.i iiiÉien eefce tô^i niuj'^ 
MMeTôvttoid. nTô.i\ Tiôwcon €toi nuj<^Hpi. e^con ues-p d.iujTeMiyoiiH epoi oto^ 
nTes.ep ujc^Hp nujen Mï\ev^ ncMivK oiro^ iiTevep uj^np nepô».i:^conï;5eceevi- ucmô^iv 
pinô< o« ïiTô^ep ly^Hp ttoirpo neMcoTen ^ô. hh €enes.epM€Tevnoein3 otto^ eenev- 
nopcM '^nivpd.oTrw eipô^^T €^pHi c^^es-ipecic^ nd>.ceÊiHc wre niOTrd^AenTmïis.noc-' 
HH €T5i MeTes.noiis- evïi ciiy^evM e^peti '^niuj'^ mmctavôvi pcoMi nre <:^'^ e^oirn 
eopen nu eeoTcoiy eepAveTô^noein.'^ '^mott kccot€m7 eoTOiRonoMiô. UTe ^^. 'Ti 
noTreniTiMies. utot hom ne^ooir nxe oiTMeTes-noiev otto^ 51 nevK noTrAcoiss.! nre 
OTTujconi ei\epis.iiôwnTes.n e^A-i es.ïi ôwTV'A.es. €i\epnHCT€TreiM.s OTOg^ eRepMeTes.noies. âe^n 
07r(5'co'\iv e^pHJ e2s.wi\ neM e2i.en niAè^oc THpq. ivnoR 2s.€ oco "^nes.epnHCTeTrcins 
janevipH"^ OTOg '^nô.epM€Tevnoein'° ^co e^pHi e2s.en oHnoir. MevpenepMeTevnoein" 

Cinquième lettre d'abba Petros. 

Petros archevêque de Rakoti écrit à Acace. Je suis comprimé en t(3Ute œuvre, 
et les filets de la mort, tu les as serrés contre moi en tout lieu, à cause de ton 
grand repentir, ô mon frère et compagnon. Car si je ne te reçois pas à moi, si je 
ne prends pas part à tes peines, si je ne m'associe pas à tes combats, si je ne m'as- 
socie pas au (service) royal avec vous qui voulez vous repentir et vous sauver,'- 
je me trouverai tombant dans l'hérésie impie des Valentiniens qui n'admettent 
pas de pénitence, fermant à ceux qui veulent se repentir le grand amour que 
Dieu a pour les hommes. Maintenant écoute un dessein de Dieu : fais une péni- 
tence de quarante jours de jeûne, prétexte une maladie pour ne rencontrer per- 
sonne: mais jeûne et fais pénitence avec contention, pour toi et pour le peuple 
entier. Et moi aussi, je jeûnerai de même, je ferai pénitence pour vous. Faisons 

I. TuKi tiA.KJi^Ki. — 2. TuKi cpik. 1:^(1)111 5ec«^e. — 3. Tuki eeji«kCpj«.eTik.n.om. — 4- Trici cxocpecic. 

— 5. TuKi inoTrA.A.c»iTioc. Ce doit être une faute : elle se trouve dans l'original, car M. Revii.i.out le 
marque. C'était une des théories des Valentiniens de ne pas admettre de pénitence : d'ailleurs il n'y a 
pas d'hérétiques connus sous le nom de Valentiens. — 6. Tuki ccpjw.eTek.iioiii. — 7. C'est ici un impé- 
ratif : c'est pourquoi je ne mets pas eRcwTeM.. — 8. Tuki cRepiniCTCTin. — 9. Tuki '^nA.cpnHCTe-rm. 

— 10. Tuki '\-iiô>.epj«.CT*.noiit. — 11. Tuki jA.&.pencpAv.cT*-n.onv. — i 2. M. Revii.i.out rapporte les parti- 
cipes à un pronom de la troisième personne; ce n'est pas nécessaire, ils s'accordent très bien avec 
j\cw.û)Ten, et A6>. n'est qu'une sorte d'interjection comme cela arrive souvent. D'ailleurs Acace est com- 
pris parmi ceux qm veulent se sauver. 



MONUMENTS, ETC. 21 3 



enoTcoM d^u noirooiK \\.£M. euieTTMiev' oiro^ cueco^c evu uoTuep otoo euco a.ii mot- 
npn neM OTTCiKepô.- è^T^TV-d^ e&o7V.^eM uissipoosi. utc iikô^^i euujd.!\uj MueucoiMik 
npeqep noûi ^en ^evn epMcooTri Mnie^ooir wqm. Tiie2s.aipp €11*^00 e'^-^ '\>u exipi 
Mniiids.1 ncM OTOU uiÊieii ^oncoc nTeq2s.oTrujT €2s.eu TeuMeTô<uoid< oto^ uTe-^ujeii 
eHtioT epoq otto^ nTeqTOTÊie eHnoT e<^Tcic cnoT'^ UTe '\-cTuo2i.oc uTe X*^^' 
UH2v(on. OTTOg» Menencev ni^M HcpooT ut€ "^uHCTeies.^ totç 'p\ uèv-Tciipu i\^m 
e&oA OTO£ qtid».Tô<Mon enn eTenuô.es.iTOTr otto^ qnev'Tcopn uô^u efeoTV. muc^uô».! 
»€M iieqMeTujenoHT. 

dvuô^iuoc' eqc;î»dii Mnexpoc nid«.px.i€i^ïci\OTioe ut€ pè^uo*^. '^lyeu ^mot «Ten 
c|)'^ iiô^icoT e^OTivÊi 2i.€ evqecoT .«.neR^HT eep lyc^wp uiyen mka.^ ueMHi à^ iii- 
peqep noûi oto^ eTôkqTèvKO lydvTen Kcyss-i. '^ojen omot utch c^-^- c^h eTA.qnewp- 
A\.eT eÊo7V.pïTeu HeiieTrxï^ e^éOTïi eïieqoTrconiï ceoTrevÊi tii^mot mc^"^ ujhh '^h 
ceoTTtouj UTe pcoMi tio^eM oirog utottï encoTren u'^A\.eeMHi. "^iiHCTeiew" mcm 

donc pénitence, moi et toi, dans une œuvre mystérieuse, pour le corps de rÉglisc 
entière, ne mangeant pas de pain avec trop grand désir," ne nous oignant pas 
d'huile, ne buvant ni vin ni bière; mais nourrissant notre corps pécheur avec les 
produits de la terre, dans les larmes, le jour et la nuit, priant Dieu qui fait miséri- 
corde à chacun, afin qu'il jette ses regards sur notre pénitence, qu'il vous purifie 
des deux natures du synode de Chalcédoine; et après ces quarante jours de jeûne, 
alors Dieu se manifestera à nous,^ nous apprendra ce que nous devrons taire et 
nous fera voir sa pitié et ses miséricordes. 

Quatrième lettre d'Acacios. 

Acacios écrit à Petros, l'archevêque de Rakoti. Je rends grâces à notre Dieu, 
ô mon père saint, de ce qu'il a persuadé ton cœur de partager mes peines à moi, 
pécheur, qui un peu plus étais perdu. Je rends grâces à Dieu qui m'a reçu par 
tes prières dans la lumière sainte. Que soit bénie la grâce de Dieu qui désire que 
les hommes soient sauvés et qu'ils arrivent à la connaissance de la vérité, i.e 

I. TuKi ncMni-^TTAviev. — 2. Tuki uoTCTJvepiv. — 3. Tlki -^-uhctwx. — 4. Tiki iu\ra.k». — 5. Tlki 
ô..ve<KS. — 6. Tuki -^nHCTUx. — 7. M. Revuxout : «ne mangeons pas le pain de la convoitise», ce qui 
a tout l'air d'impliquer un sens métaphorique. D'ailleurs il n'y a pas utc. mais i\c>^. — 8. .M. Revu - 
LOUT omet ces mots qui expliquent cependant les révélations qui suivront. 



214 E. AMÉLINEAU. 



€q'^ 2S.OM MHÏ n2SL€ C^-^ A\.dv7V.ICTôv eiCMI 2S.e TGI\M€TICOT 01 ïlUJ'^Hp «lyen AllVÔ.^ 

n€MHi OTTO^ eKepes-uoini-^eceèvi ' n€MHi enes-ig^coû oto^ ôviepnHCT€Tr€iM" mtiï^m 
ne^ooTT iiôiTd»- ^pH*^ eTôiUOires.g^cev^ni «hï GïGpMGTes.ttOGin^ oto^ eipiMi oto^ 
€1*^00 ec^*^ ^€n OTr(Sto7V.i\ ^^iuôv nT€q;)(^co «hi €&oA neM TiiAd.oc THpq otto^ nT€q- 
ToiTÊion efitoA^ev '^ïiTVevuH WTe Tevi^evjpecic+ excoq «Te '^cirnoss.oc nTe ;)(;;^dJA.KH- 
2s.(on OH eTiviepô.neveeMô.Ti'^ein- mmoc. -^noir otu nivicoT eeoTrd<& 2slot^t ^€tt 
OTr2s.toR €^pHi e2SL€n nd.ee&io oiro^ 't'V^® €poiv eiepMGTes.noein'^ ^ima. nTGROTCopR 
«Hï n'^MerpeMoe €T2i.Hii eûoTV. oiro^ Mô^pecujconi tt2i.€ OTr2i.i n^ooTn nje higruAh- 
ciôw. oTCopn 2s.e nô^n hôvIiot ceoTrô^û «pes-n pcoMi gtottôwÊ MA\.ones.;)(;^oc €£io7y.^Gn 
nujivqe n€M e£io7V.^Gn niTV.A.irpes. n€M e&oA^ett '|-£ievui ng^ô^n pcoMi npeqGp ^o^ 
M€M 2^n c^i'A.onottoc ^itiô. uTOTrepeviTeitt Mnoirpo ^nncon eepecujcoïii n2fi.e ott- 
2i.i n^coTR ïiTe niGRuAttciev €qpi07ri eiioA. tt'^cirnoas.oc «Te ^d.AKH2s.con otoo 
&.UOR '^ttô^uje MHi G^OTT» eiiinev'A.es.TïOtt7 otto^ '^ttes.'^ co^fni^ «ô^q oiro^ '^nevecoT 
Miieq^HT essLtoK e&oA Mnes.ipH'^ ^inev uivTev ^pH"^ eTd>.i24.oc gh^iotti gûoTV. n*^- 

jeûne et le châtiment que Dieu m'a ordonnés,^ (je les ai endurés) avec joie et 
exultation de cœur, Dieu me donnant la force, et surtout je savais que ta pater- 
nité s'associait à mes douleurs et combattait avec moi en cette œuvre. Et, comme 
tu me l'as ordonné, j'ai jeûné les quarante jours, faisant repentance, pleurant, 
priant Dieu avec ardeur, afin qu'il me pardonne ainsi qu'à tout le peuple et qu'il 
me purifie de l'erreur de cette hérésie impure du synode de Chalcédoine que 
j'anathématise. Maintenant donc, mon père saint, regarde en perfection mon 
humilité; je te prie avec repentir de m'envoyer la liberté complète et de faire la 
réconciliation des Églises. Envoie-nous, mon père saint, des hommes saints, des 
moines du désert, des laures et de la ville, des hommes craignant (Dieu?) et aimant 
le travail, afin qu'ils demandent au roi Zenon que la réconciliation ait lieu, pour 
rejeter le synode de Chalcédoine. Et moi, j'irai au palais, je conseillerai le roi, 
je persuaderai son cœur à ton sujet, afin que, comme je l'ai dit, tu rejettes le 

I. TuKi eRcpes.T^û)ni3GC«^G. — 2. Ti'ki evicpiuiCTÊTin. — 3. TiKr ei€pAvCTA.ttOin. — 4. Tiki ta>- 
^epecic. — 5. Ti'Ki eTev.icp&.njv.oGM.A-Ti'jm. — 6. TrKi GicpMGTA.rtOin. — 7. Tiki eninj^A.A*-Tion. — 
8. TuKi '\-n&.ç;Yco<ï'ii« (sic). — 9. M. Fîkvii.t.out : t'a ordonnes pour moi : il n'y a pas de pronom pour 
la seconde personne. 



MONUMENTS, ETC. 2l3 



uieuuAuciô».. 

'^■Mes.^ ë^ uenicToAH ïitc «s.Ê£id. iieTpoo.' 

nexpoc iiidip;)(;^i€ïiici\onoc utc pô.uo'V eqc^ô^i ueviiô^uicc- uievp;xi'^"«^*^oï^oc 
ïiTe KtoucTevUTinoTnoTV.ïc.^ rô^-tô. ^pii*V eTô^ic^es.1 iiTeKMeTco» e<.iep uiÔm j\epooT 
eiepiiHCTeTcni' oto^ eiepAveTA^noeiti^ eppHi e2s.eu enuoT oiuô^ uxe '^-^ ^03 uco- 
Ten cfecA OTTO^ UTeqiyen ohuott epoq epeTenepMeTdwUoem^ uevTô. neqMiuj*^ 
nnevi «cm TeqMeTôvueveoc. oiro^ '^uott es. '^MeTô».uô.eoc utc <J|>'f ecoT MTièvOHT 
eujonK €poi oTop e*^ iievu u'^MexpeM^e €Hep*.ud.e€Mes.Ti3eiM'^ ueAVHi .uevAieTô. 
n'^CTrno2!i.oc iiTC ^dw7VRH2s.cott oto^ ei\es.pep cniues.g'^ nopeo2s.o^oc c^k eTe^ttîiTcj 
HTçn niTiH nic^ ee&e cpes.i i\d.Tev "^pw^ exô^uc^ivi nni esioirtopii ïvuimouô<;>(;^oc 
MMisi ttOTT'^ €T^eti nujevqe neM efeoTV^eii ïiiAôs.irpes. »€m nipeqep pc^- ur^iAonoi- 
ï\oc7 ujev noirpo.^ '^noT OTii nesAvenpiT icoc mmoi\ «TCuecoT npHT MiiOTrpo eepec- 
uiconi U2i.€ '^oiuonoMièK. nxe '^24.1 «pcoTn «Te niGi\u7V.Hci£s. ^eu ninè^o-^- uop«o- 

synode de Chalcédoine'-* et que le plan de la réconciliation des Églises (s'accom- 
plisse). 

Sixième lettre d'abba Petros. 

Petros l'archevêque de Rakoti écrit à Acacios l'archevêque de Constantinoplc. 
Comme je l'ai écrit à ta fraternité, j'ai fait les quarante jours de jeûne, faisant 
pénitence sur vous, afin que le Seigneur vous pardonnât et reçût votre repentir 
selon sa grande miséricorde et bonté. Et maintenant la bonté du Seigneur a per- 
suadé à mon cœur de te recevoir et de te donner la liberté, surtout puisqu'avec 
moi tu anathématises le synode de Chalcédoine et gardes la foi orthodoxe que 
nous avons reçue des trois cent dix- huit pères. C'est pourquoi, comme tu m"as 
écrit, j'ai envoyé vers le roi des moines aimant Dieu, (venant) du désert et des 
laures et des hommes craignant (Dieu et) aimant le travail; maintenant donc, 
mon bien-aimé, hâte-toi, persuade le cœur du roi, afin que soit (accompli) le plan 
de la réconciliation des Églises dans la foi orthodoxe. Je t"ai envoyé la liberté, 

I. TuKi ncTpe. — 2. Tuki ne^Kevui. — 3. Tuki ivtc utoCTekUTluOTnoAic. — 4. Tiki cjcpiviu-.TCTin. 
— 5. Tuki eiepjM.eT<vnoiii. — 6. Tuki cKGpAJié.ecAVA.Ti'jni. — 7. Tiki nr^ïTAonoiiioc. — 8. Tiki 

viik. uotrpo (sic). — 9. Le verbe est à la seconde personne : dans la traduction de M. Keyiiioit il se 
rapporte à tort à l'empereur Zenon. 



2i6 E. AMELINEAU. 



d.ud.eoc «Te <5)'^- «eM -^MeTMevi pcoMi «Tô^q evc^lopn tmi e&oTV 2s.€ ô^qx^ "^'^ 
cÊioA OTOp ô^quîonu epoq oiro^ d.q(yiopn hhi g&oTV ^ô. mpeqep «ofei oto^ nevTM- 
nujev noTTMiuj'^- MMTCTHpion c|)d.ï exe ow^- ne «TOTrî'opuq «ô^k €&o7V ^cok, ^en 
ncHOTT ïi'^d.Yiô.'^^opô. e^0Trd.Êi eujtoTi nTcciyconi nsLe '^-oiiionoMiev mt€ '^22.1 n^coTn 
MT€ ttieHiv\Hcies. ^e« nines.^'^ nopeo2!».o^oc ^inô< tiTeji'^ (ooir MTieqpô.n e^oTTôvÉi 
ic2s.en nene^ ujôv nicne^ THpoTT ôwMH«. 

Menencdw ttd».i 2*^6 €TeK.irp^cù7V. enujcoi €i\concTevnTinoTriio7V.ic- n2s.€ ni^eAAoi «tc 
n^ô».qe ïieM nic|)i7V.oiioïnoc3 ujis. Tioirpo evqujconi nssLe nô^i cnwTiKon «^ô^i. 

evTTTORpevTcop i\ô.ïcd.p4^ ^HHCon eircefeHc niReTHc TpoTid<ioT[)(^oc- mcuictoc 2s.e 
cefeô.cToc'^ evTiJOTCTOC «ïies.pes.ï\0'^7 n^M '^TV.tÉih neM nd. '^nenTes.noTV.ic HienicRonoc 
neM niTS-evoc. "^evp^^u «cm TiiTd.2SLpo '^îs.om î^e neM ni^oTi7V.on hô.tuj'^ OTPÛHq 
UTe T€«MeTOTrpo^ eneMï epoq 2s.e equïon^ eÊioAg^iTen ninevo*^ nopeo2s.o^oc oirog 

ô mon père, selon la persuasion de Dieu. La bonté de Dieu et son amour des 
hommes se sont manifestés à moi parce qu'il t'a pardonné et t'a reçu; et il m"a 
montré, à moi pécheur et indigne, un grand mystère qui doit t'être aussi mani- 
festé à l'heure de la sainte oblation, si s'accomplit le plan de la réconciliation 
des Églises dans la foi orthodoxe, afin que tu rendes gloire à son saint nom 
depuis le siècle jusqu'à tous les siècles, ainsi soit-il. 

Et lorsque furent abordés à Constantinople les vieillards du désert et les 
(hommes) aimant le travail, fut (rendu) ce décret d'union. 

L'empereur césar Zenon, pieux, vainqueur, triomphateur, très grand, véné- 
rable, auguste, à ceux d'Alexandrie, de la Lybie et de la Pentapole, évêques et 
peuple.'" Le commencement et la force, la puissance et les armes inexpugnables 

I, TuKi A\.jA.eTpeMoe sans article. — 2. Tuki cKtocT&.nTmoTnoA.ic. — 3. Tiki «ic^T^onoinoc. — 
4. TtTKi Hec&p. — 5. Tuki TponeoT^çoc. — 6. Tuki a^e iccéjvctoc : peut-être y a-t-il dans le manus- 
crit origini^i aêi ccêô.ctoc. • — 7. Tuki n^ pA.RO'^ sans préposition. — 8. Tuki itre Ten^cTOTHitû, ce qui 
ne peut donner ici de sens convenable; d'ailleurs le texte grec exige la correction. — 9. Tuki qu|on. 
— 10. M. Rf.vit.i.out traduit ainsi ce préambule: «L'empereur César Zenon, pieux, victorieux, triom- 
phateur, très puissant, toujours auguste, aux habitants d'Alexandrie, de la Lybie et de la Pentapole. 
évêques ou peuples, puissance et force.» Il a ajouté au protocole les deux premiers mots de l'héno- 
tique. Le texte copte qui renferme un 2s.c au second membre de la phrase aurait dû lui faire voir son 
erreur : d'ailleurs le texte grec montre aussi que ces deux mots commencent le décret au lieu de finir 
le préambule. 



MONUMENTS, ETC. 217 



eTew-yecooTr*^ ^€u ivtoncTes>nTnioirno7V.ic' «10*^ goottcvCi. nie2s.oipg j\€m niepooT *en 
npoceT^XL'^ «i&en neM ciioir2».H niÊien ueM «omoc TeuoTrevpcô^oni çô^momi eu^vi- 
ndwO-f ^eu OTrTev2s.po ^ett '^Hes.eoTV.iKH OTop «es.TiocTo7V.iuH ueHK7V.Hcid< £ç\\ mxi 
ni£i€n OTTO^ nTGCô».iyes.ï £^n nes.ïttô^^'^ ttopeo2s.o^oc '^ô.ttô.ko oto^ Md^eMOT mmhkT 
ïiTe TenAveToirpo UTOiriycoTiï 2i-€ ^ett OT^^ipHiiH «cm OTMeTOTTivi U2s.€ «lAè^oc ueT- 
ce&Hc nTOTTini e^oTii e^d<n npoceTT^H eTujHTi M(p^ €^pHi e2SL€« TenAiGTO?rpo 
nennHfe ees.p ny^c nennoTT'^ c|)H €Tes.q5'i cd.p^ €Êio'\^eii '^ô.uiô». MTie)».peeMoc .uevpiev 
'^Mè^c noTT'^ equjcoTi epoq .viïi€TenujeMuji n^M. TieTen2s.ï u-^ooott nô^q otoo equjoT- 
lyoTT^ €2s.coq ^en c|)ô».i niç5)T?V.H Men «Te «inoAeMoc eenev^oM^eM -^^GipRUH^ 
«eM ttecn€enôs.neTr OTTOirsi.es.i 2s.e neM oes.n oiTTevo^ €Tnô.tteTr^ otoo uiueoTou 
ercp noqpi eTreTHiTOT ««ipcoMi €Êio7V.^iTeTi c^'^. '^noT 2^e ô».Tini «evn «0T2s.eHcic 
n2s.€'^ ^ô^n Mdvi noT'^ nô>.p^iMd.n2s.piTHc" neM ^es.n ^oKKoi npcM nujevqe ueAi 

de notre royaume, nous savons qu'ils sont dans la foi orthodoxe et la seule 
vérité que nous ont exposée les trois cent dix-huit pères saints qui se sont réunis 
dans la ville de Nicée par la puissance du S^ Esprit et confirmée les cent cin- 
quante pères saints qui se sont réunis à Constantinople. La nuit, le jour, en toute 
prière, en tout soin et (toute) loi, nous ordonnons de tenir cette foi avec fermeté 
dans l'Eglise catholique et apostolique, en tout lieu, afin que TEglise croisse dans 
la foi orthodoxe, (car elle est) la mère incorruptible et immortelle de notre 
royaume, et que les peuples pieux soient en paix et unis, qu'ils offrent à Dieu 
des prières agréables pour notre royaume. Car (si)'^ notre Maître, le Chûst. notre 
Dieu qui a pris chair de la sainte Vierge Marie, mère de Dieu, reçoit à lui notre 
adoration et notre glorification et se loue de cela, les tribus des ennemis sont 
brisées, la paix avec ses biens, le salut et ses fruits heureux et toutes les autres 
bonnes choses sont donnés aux hommes par Dieu. Maintenant des archiman- 

I. TuKi RfocTd>.nTinoirnoA.ic. — 2. TuKi qujOtruiOT. — "X,. TiKi "^-o^ipium. — 4. Tlki ott«.tç^. — 
5. TuKi ciiivncir. — 6. TuKi ace. — 7. Tuki iie<pxHMe<Ka.piTHC (sic). — 8. M. Revii.t.oct n'a pas tra- 
duit le rapport que les phrases suivantes ont entre elles, comme le texte grec le lait voir. J ai mis si 
pour remplacer la sorte d'ablatif absolu qui se trouve au premier membre de phrase. La victoire sur 
les ennemis et la paix dépendent aux yeux de Zenon de l'unité de la foi. .l'ai traduit ce décret le plus 

exactement et le plus grammaticalement que j'ai pu. 

38 



2i8 E. AMELINEAU. 



oôwtt KepcoMi npeqep çc^ ct'^^o cpon ^en gô<n epMcooTi e^ô^Mio ttOT2s.i nocoTn 
HTe niei\i\'\Hciô. eeoTrd.& oiroo €Tcoa\.i nniMeAcc eoiriyc^Hp mmg7V.oc mh gtô. ni- 
22.0^25.1 MMOCTe n€enô^neq nifeen coAtiott ic2s.€n ^ô».22.en otmhuj ttCHOir. eefee 
<^is.\ ô^noii ocon is.nicoc AVMon ecooTGM otto^ G2s.cor efiioA Mnôvi^cofe rpà.i eenôwneq. ' 
'^noTT 2s.e TenTes.MO MMCOTcn 2s.€ ReoTrevi «22.1 n^ioi le ReoTrevi h2s.ï necouj nnd^^-^ 
cè.£io7V. MTinev^'^ eTô^irceMnHTq «22.6 tiitih «io'^ T€nnd.ujoiiq epon d.n ô^7V7V.d< 
eujcoîi iiTG KeoTes.! (Ti nK€OTrô.i hîiô^^'^ cô^ÉioA mc^h eTô^nep ujopTi Mf|>ipi cpoq 
ç|>d>.i TGttipi MMoq nuj€MMO G&oA^ô^pon. mnô^^'^ irevp ïvtg tiitih nio'^ Res>Tô< 
c^pH'^ €Tô.nuHn eaLOc Tenctooirn MMoq eqoi ttô^Tô.^'ni oiroo eqcoTTcon- '^h GTèvir- 
Tes.2s.poq n2SLe mpn nio'^ €eoTrôwÉi ^en uconcTô^.nTiuoirnoTV.ïc^ €Tis.irMOUii 2s.e nccoq 
H22.e nenio'^ eeoTTô^Êi eTds.irecooTr'^ ^en e(|>€coc n€M c|>h eecTrevÊi R.irpiTVTV.oc otoo 
eTôvqepRô^eôvipein+ MHiivceÉiHc necTopioc evqcTi 2s.e on mtiiiCi nRec^ôv7V.ô.ioïi5 nTe 
niMevRô^pioc ï\irpiA7V.oc. oiro^ evnon gton TenepèvHô^eeMes.Ti-^ein'' tt€CTopioc tteA\. 
€'!rTTr^nc7 nic^ô^nTes.cies.cTHc neM OTon nifeen eTô^iTMeTri eucoTô^i nnes^-f cesÊioTV. 

drites aimant Dieu, des vieillards habitant le désert et d'autres hommes craignant 
(Dieu) nous ont présenté une prière, nous demandant avec larmes de faire la 
réconciliation des Églises saintes, et d'unir à leurs compagnons^ les membres 
séparés depuis longtemps par l'ennemi qui hait le bien. C'est pourquoi nous aussi, 
nous nous sommes empressés de (les) écouter et d'accomplir cette œuvre bonne. 
Maintenant donc nous vous informons que toute autre recherche ou persuasion 
de foi en dehors de celle qu'ont établie les trois cent dix-huit pères, nous ne la 
recevons pas; mais, si quelqu'un prend une foi autre que celle que nous avons 
dite, nous le faisons étranger à nous. Car, comme nous venons de le dire, nous 
savons que la foi des trois cent dix-huit pères est sans tache et droite, qu'elle a 
été confirmée par les cent cinquante pères réunis à Constantinople, qu'elle a été 
suivie par nos pères saints qui se sont réunis à Éphèse avec le saint Cyrille qui 
a dépo; c Ncstorios, et (qu')elle a adopté^ les douze chapitres du bienheureux 
Cyrille. Et nous aussi, nous anathématisons Nestorios et Eutychès le Phanta- 
siaste, et quiconque admet une autre foi que celle que nous avons d"abord men- 

I. TuKi eoucq. — 2. Tuki qcoiTTaju. — 3. Titki KtocTe^.nTiiiOTPnoA.Jc. — 4. TtKi cT^qepRA.oepin. 
— 5. Tuki Hcc^&A.eon. — 6. Tuki TencpA.niv<ycM\Ti3ut. — 7. Tuki c^tt^^^m- — §• Mot-à-mot : d'unir 
à ses compagnons le membre compagnon. — 9. Le texte copte porte la troisième personne du sin- 
gulier, et non la première comme le texte grec qu'a suivi M. Revit.i.out. 



MONUMENTS, ETC. 219 



MUMd^.O'V eTdwuep ujopn nc^ipi cpoq uxe hitiu «io-V eeoT6.&. Tei\cpoMoAoreiu 2i.€ 
AvniMOHoueuHc HU}Hpi uTe c^*^ OTO^ TicuMOTT-^- OTO^' ueuoc OTOp Ue«CO)THp 
îïïc n^c c^H eTes.qep pcoMi âen OTMeeMKj nioMooTcioc uTe '^"V ues^T*». "V-^^" 

HOTT'^ OTOp «OMOOTTCÏOC UTÔitt «eoq- OU KdvTô». '\-M€TpO)MI 'pW £Tà.'\\ €Ue«'HT 

OTO^ dwqep cd^pg e&o?V.^en oimnes. €qoird.& n€M Mô^piew -^-nô^pecuoc eecTô^û. xen- 
epoMoAouein^ MMoq «ottô.! niynpi oiro^ Êi ds.n. ui'Ti mkôwO ueM Miuj'Ç>Hpi Ten- 

M.^S'l CpCOOTT 2SL€ nô<OTô.I ttC CTC ÏIIOTTÔ.! HUJHpï ÏVTG '^"V 116. H H Udvp eT'^0ip2SL !€ 

MMcooT evn enTHpq. ee&e 2i.e '^22.1 «mici e&oTV-^eu -^-uè^peenoc MnecToirgo epo*^ 
«HeoTTô^i nujHpi evcooi iTô^p n2SLe '^'Tpies.c ecoi nTpievc Meuencô. nexevqep nv.eep 
cô^pg tt2s.e noTTes.! e£io7V.^en '^Tpiô.c nTVouoc ïinoTT'^. TeTetieMi OTti iiô^Meupô^'^ 2s.e 
OTr2s.e ô^non OT2s.e meuHAHciiv THpoir 0Tr2s.€ niemcKonoc nopeo2^o^oc+ nT€ 
tiieuiiAHciô. TentSli tiReoTô».! ntiôv^'^ ô^n oir2!k.€ ReoTevi necoiy 0T2^e ueoTevi «c&oi 

donnée des trois cent dix-huit pères. Nous confessons le Fils unique de Dieu, 
notre Dieu et notre sauveur Jésus le Christ, qui s'est fait homme en vérité, con- 
substantiel à Dieu selon la divinité, consubstantiel à nous aussi selon Thumanité, 
qui est descendu (du ciel) qui a pris chair du Saint Esprit et de Marie la Vierge 
sainte. Nous le confessons un seul fils et non deux : les souffrances et les miracles 
que nous connaissons sont d'un seul (être), qui est le fils de Dieu, car ceux qui 
le séparent ou le font deux, ou ceux qui croient à une apparence ou à une in- 
fusion,- nous les recevons pas du tout. En effet, Tenfantement de la \'ierge ne 
l'a pas augmenté d'un autre fils, car la Trinité reste Trinité après qu une (per- 
sonne) de la Trinité, le Verbe de Dieu, s'est faite chair. Nous savons donc, ô mes 
bien-aimés, que ni nous, ni toutes les Églises, ni les évêques orthodoxes des 
Eglises, nous ne recevons une autre foi, une autre règle, un autre enseignement 
que la foi des trois cent dix-huit pères saints, parce que c'est la seule foi" dans 

I. Deest. — 2. TuKi n«^oq ii«^oq. — •:>,. Tuki Ten€pojw.oAo^m. — 4. Ti'Kt niop^oa^-OTOc. — :•• ^i- Re- 

viT.i.ouT traduit le mot acwq par confusion : ce n'est pas possible. Ce mot signifie infusion, ce qui 
est fort différent. Ceux qui croyaient qu'il y avait eu infusion de la divinité dans l'humanité étaient 
hérétiques aux yeux de Zenon, comme les phantasiastes, ou ceux qui divisaient les deux natures. 
6. M. Revillout : car c'est la seule foi qu'on donne à ceux que l'on baptise : ce qui est une mauvaise 
traduction et une erreur théologique, car il faut avoir la foi avant d'être baptisé et on etit baptisé dans 
la foi chrétienne. 



220 E. AMÉLINEAU. 



'^ coMC ncooir. Mô.pen^oTiioTr oirn enoTepHOT enep ^o-^- e^n n^TVi OTa^e €«oi h^ht 
& evïi oTOii 2s.e niÊien eTô.qnô.^-^- le eTè.qMeTri nuepR'^- eiTe ^no^ eiTe' ^e^2s.toq 
tinôvieoooir ^en 'fcTno2^oc rtc ;)(;^ev7V.RH2s.cùn le ReoTre^i- «22.1 necooT-^- OkSioX 
MnmevO'^- ere^nep ujopn nss-oq tiTe niTiH nio-^- c^evi Tenepevnô.eeMôwTi5em3 MMoq 
OTOp Tenipi MMoq ttujeMMO cô.£io7V. n'f Rd.eo7V.ii\K eRR7V.HCiôw «^oto 2s.e necTopioc 
cbH eTô.qepoMoAouem4 nç|>'ycic chott'^ «cm mh eeMein MneqpH'f ncM eTTTT- 
XHc' iiic^è<nTd.cid.cTHc Tencpes^nô^eeMô.Tï^ein'^ mmcoott. g^oiiT ewnoTr otr e'^Mexir 
Mnnô.TiR0c7 GTC '^•ReveoTV.ïRH ncRRAHCïô. Te M-^pR-f ng^evR lyRpi MMettpiT ec- 
2i.0TiyTS e£io7V. 5ôv2i.en eRROir ecoTooujs e£io'\^eR OTRiiy^- rcmot eevMôwARss. 
epcoTen pinev nje «^-^ oTnoq eopRi e2i.coR TRpoir oto^ RTOTrpô.iyi e2s.en eRuoir 
n2i.e niô<uue7V.oc TRpoT. 

'^emcToTVR mmô.^ e «Te evRdvRïOc.'° 

d^RevRioc" nies-p^XL^enicROROc nT€ rcohctôvRtirotiioTVic'^ eqc^e^i RivMds. neTpoc 
q)R eeoird<Êi «d^p^ï^^icRonoc oiro^ ricot «Te pô.RO'^-. eTô^Ti 2».e exeviÊid^Ri ee^i 
OH eTOi noTpo R2S-e rr eeoTôwfe RenicRonoc neM RiR^RpiROC ReM ri^c?^?V.oi rt€ 

laquelle on baptise. Réconcilions-nous les uns avec les autres, ne craignant rien, 
n'ayant pas double cœur; et quiconque a cru ou pensé autrement, maintenant 
ou avant ces jours, dans le synode de Chalcédoine ou une autre réunion, en 
dehors de la foi susdite des trois cent dix-huit pères, nous Tanathématisons et le 
faisons étranger à l'Église catholique, surtout Nestorios qui a confessé deux na- 
tures et ceux qui pensent comme lui, et Eutychès le phantasiaste : nous les ana- 
thématisons. Réconciliez-vous donc à la mère spirituelle qui est l'Église catho- 
lique, comme des enfants bien-aimés : elle vous regarde voulant vous embrasser 
avec une grande bénédiction, afin que Dieu se réjouisse sur vous et que tous les 
anges de Dieu soient dans la joie à votre sujet. 

Cinquième lettre d'Acacios. 

Acacios l'archevêque de Constantinople écrit à abba Petros le saint arche- 
vêque et père de Rakoti. Lorsque sont arrivés en cette ville les saints évêques, 
les clercs, les vieillards du désert et les (hommes) aimant le travail, Dieu a 

I. TuKi iTc. — 2. TuKi le KOT*.i. — 3. TuKi Te«tpA.niv«>€MekTi3m. ■ — 4. Tuki eTevqcpoMoA.o<7in. 

— 5. Tuki eirT-r^ii. — 6. Tuki TeivcpAite^^tMi^Ti^in. — 7. Tuki .vvnnevTiKon. — 8. Tuki crstOT^T. 

— 9. Tuki ec(o^. — 10. Tuki »it£ a.k».ki. — 11. Tuki «^kj^ki. — 12. Tuki KUiCTAnTmoTnoAic. 



MONUMENTS, ETC. 221 



nuïevqe neAi. Mr^iTV.oïioiMoC d^ 'p^ epueAcireiM^ eepc ^wfc uifeeu 2s.o)h enoA ;*çii 
oT^toÊi «TA.IO n^oTO.^ TTieTceÛHc rô.p Hoirpo ^huoîm exqTHuj ^en OTpooTT-i moht 
eniMepoc tiTe tiimô.^'^ »opeo2s.o^oc otto^ €Te).qoTO)pn nco)«. pmev MTô.ujTeM2te 

AIÔ.I no-y^ M H eTevirpè^oTTOi ^€h Tes.iÊô.Hi e»^qepue7V.€T€m » rd.p eepequjoni M2s-e nj- 
encoTiuon ^h eTô.qepevMô.ecMevTi'^em - «^HTq mîiitomoc uxe Apoiu «cm -V^^tmo- 
2s^oc iiTe x^^^"2s.coH neM g^ô^ipecic'^ uiÊieu eq-^ mô.-^- a.c ueM niMd.^-^- uopeo- 

2^0^0C C|)H CTÔvITTHiq eTOTCtt M2$.e «H e«0Tèv2l «èvTlOCToAoC. pHTTRe OTM «.^OI 
MUieMCOTIROn eÛoTV-pITOTq MTlOTpO «CM efco7V.po.TOT MTiepUÔ<MOC TXId.TCOirCTd.AlOC 

n€M «H eTdviri e&oA pô^pooTe» OTop e^Hoiropïioir pô.po:»T€M. ujoTiq otm çpoK 
OTTOp èvpiî^ouiMiv^ein" MMoq OTTop c^es.1 ^«^pevTq. OToupR e&oTV. 2s.e ttiotcoiui 
«Te '^■opeo2s.o^iô. c^dwi nT€ '^MeeMHi OTOp '^■ïVô.n2!^H7V.ô. M^n eTô.ciTeuo uTe 
nines^p^^s nopeo2v0^oc mô.t€ mmoc oTTop ô^pi ottwimi cotom «ifceu eu-^ ot-o) maiou 
eÊioA^eii noTss-COR efcoTV. pd. nicMô^Tp htc '^•AieTô.eMôwp'^ OTop 5i MncRepotioc 
efcoTVpiTeu ^-^ neAV. TeuiyeAcT MnHô.TiKOC'-' nujoiTMettpiTc «eKHAHCiev «Te pevKO-^ 

ordonné que tout s'accomplît dans une œuvre honorable à l'excès, car le pieux 
roi Zenon s'est donné avec une grande joie de cœur au parti de la foi orthodoxe 
et il m'a envoyé chercher. Et afin que je ne te dise pas tout ce qui a eu lieu, car 
tu sauras tout par les hommes aimant Dieu qui se sont trouvés dans cette ville, 
(sache) qu'il a ordonné que fût (fait) un décret d'union qui anathématise le touie 
de Léon avec le synode de Chalcédoine et toute hérésie, et qui est d'accord avec 
la foi orthodoxe que nous ont donnée les saints apôtres. Voici donc que ce décret 
d'union l'augustal Pergame l'a reçu de la main du roi et de la mienne^ ainsi que 
ceux qui sont partis vers vous et que nous vous avons envoyés. Reçois -le 
donc, apprécie-le '° et souscris-le. Révèle-toi, lumière de l'orthodoxie," c'est-à-dire 
de la vérité : ce flambeau de la foi orthodoxe qui ne s'est pas éteint, prends-le et 
éclaire tous les hommes, annonce-nous qu'ils sont déliés des liens de l'infidélité : 
prends possession de ton trône au nom de Dieu et de ta fiancée spirituelle digne 

I. TuKi jii<:5>irAonomoc. — 2. Tuki epRcAeirm. — 3 Tvki h^oto ta,io. Construction vicieuse. — 
4. Tuki A.qcpRc\eirm. — 5. Tuki ÊT&.qep&.nek.-ecM&.Ti'jin. — 6. Tuki ^cpccic. — 7. Tuki evpiawORi- 
Me^^m. — 8. Tuki nin«.ç^, — 9. Tuki Mime^TiROiv. — 10. M. Rf.vii.i.out : enseignez-le. Le verbe ;x.o- 
K!M».5ai ne signifie pas enseigner. — 11. Même traduction que plus haut de !a part de .M. Reviiloct. 



222 E. AMÉLINEAU. 



OTO^ pô^uji nïOMoTVouiTKc ttTe ii5c^ côvR-V €2s.coi\ ^\m'xKoM ïiTe '^•opeoa.o^iev 
e&oTV-OiTen îiipeq-^^ ^e^n mmhï !2s.e ô.i\ujonT€tt epoR enepAvcTô^noem' oTop ô^rcot- 

7V.Ô.0C THpq efiioTV.piTen niMeTpequjcn^RT ïiTe c^-^ tiicoott c|)ev chicot ne ncM 
Tiujupi ueM^ ninuô. eeo7rd.£i ic2s.eti niene^ THpoTr ô.MRn. 

TieTpoc Tiiô^p;)(;^ieTiicRonoc nre pivRO-^ €qc^es.ï ïies.i\dwRioc+ Tiidvp;)(;^i€îiicR.onoc 
e^oTTô^Êi ttT€ HconcTô^uTuioTrnoTV.ïc.^ eTeviri e&o7V.^ett '^CievRi €toi noirpo ôn.iS'i ^en 
HOC nnïMô.1 roit'^ niyc^Hp nenicROnoc neM nïR.7V.Hpiï\oc neM m^e7V.7V.Oï i\Te 
HRjô^qe oirop ô^iiyen omot «Te tiimô.! pcoMi c^'^ r^H. eres-q^coT mk^ht MnoTpo 
H^MHi e&o'A.giTOTR MTiïetttoTiRon ^\i eTô».ï5l[Tq e&oApiTert nepuevMoc Tiïô>.Tri70Tr- 
cTô^TVïoc. eTôwïtoiy 2s.e m'^ô^ï otoo eTôwieMi eTGq2£.0M Gqepes-nes.e^eMevTi-^Gitt.'^ n^HTq 
MTiiTOMOC nre 7V.e(on neM '^cttîioss.oc rt€ ^eK7V.RH2s.(on neM Odvipecic" nifcen 
d>.ï2fi.eMq 2s.€ eq"^ mô.'^ «eAV. niiiev^'^- nop^02s.o^oc iiTe tiitih nio'\- eTôwirecooTr'^ 

qu'on l'aime, l'Église de Rakoti, et réjouis-toi, confesseur du Christ, qui as mis 
sur toi la couronne de l'orthodoxie par le jugement vrai qui t'a fait nous rece- 
voir à toi dans notre pénitence : tu nous as rachetés de Terreur du synode de 
Chalcédoine et tout le peuple a éprouvé^ la miséricorde de Dieu. Gloire au Père, 
au Fils et au Saint Esprit depuis tous les siècles : ainsi soit-il. 

Septième lettre d'abba Petros. 

Petros archevêque de Rakoti écrit à Acacios archevêque saint de Constanti- 
nople. Lorsqu'ils sont arrivés de la ville royale, j'ai reçu dans le Seigneur les 
évêques aimant Dieu, (mes) compagnons, les clercs et les vieillards du désert et 
j'ai rendu grâces à l'amour de Dieu pour les hommes, car par ton entremise il 
a persuadé au roi juste (de faire) le décret d'union que j'ai reçu de Pergame Tau- 
gustal. Lorsque je l'ai lu et que j'ai vu avec quelle force il anathématisait le tO)7ie 
de LéoL ainsi que le synode de Chalcédoine et toute hérésie, j"ai trouvé qu'il con- 
cordait avec la foi orthodoxe des trois cent dix-huit pères qui se sont réunis dans 

I. TuKi enepjA.CTis.noiM. — 2. Deest. — 3. Tuki nerpc. — 4. Tlki n&KevKi. — 5. TfKi Kû)CT&.n- 
TinoTrnoAic. — 6. Tuki eqepA.n*.^ejA.ô.Ti5in. — 7. Tuki oepecic. — 8. M. Revillout traduit : «Et 
ainsi le peuple entier a été (délivré) par les miséricordes de Dieu»; il n'a pas saisi le sens du verbe 
u|(oni, variante de u|oi>n. 



MONUMENTS, ETC. 223 



^en i\nv€iv '^-feô.Ki iieM nipu nic^- eTd.-yetooir'V ££\\ »\0)n(Td.j\TinoTno7Vic' ncM 

£co ejeviuïen ^mot iiTeii c^)*^ evic^ô^i ^ô^pô^Tq €iepôvi\d.e€Mô.Ti3en\- mi\tomoc mtc 
TVecoii \\£M. '^cirno2s.oc ut€ ;)(^d.7V.iAH2s.o)« «cm ^evipecic^ nifccjt. •tyycu omot utc 
niMexï pcoMi ^'f OTop '^'^ coot MTicqpes.ii ceoTô^fc 2s.e d^^Tèvceo »j\h eTcopçM 
OTO^ es.qewoTT'^ Mneqo^i^ eT2s.Hp ô^qpcoTn MncqeuuAHciô^ ceoTeKfe ^eu T\ii\è.o-\^ 
nopeo2s.o^oc jï«M\ocToAiuoc5 OTTO^ eqcMôvpcooTT" «2i.e ncqpèvji eeoTd^Ê uj*. mi- 
eue^ THpoTT ô^MHii. èii5'i 2s.e e£ioA^iTen ncqMCTUjeiipHT .v\.nè.epoMoc '\)n ï\Te 

Tiuoc" eTe eevi Te '^iiô^eoAiK.H ttivnocTo7V.n\H €«oires.£i ucuhAhciô. ^e« Tiiev.fcoT 
nôvujonc «COÏT ih ;5en tiia\.ô.o ET negooTT UTe '^efe2s.0Md.c. 

es.i\es.Rïoc9 niô^p^ienicHonoc UTe iiooiicTdwnTinoTrT\o7V.ic'" eqc^e^i MTiçTpoc Tii*.p- 
^icmcRonoc UTe pô^Hc^ oirog^ micot tiiomo7V.ouithc ceoTô^Êi uTe nniô^o-^ uop€>c- 

la ville de Nicée, des cent cinquante qui se sont assemblés à Constantinople et 
de la réunion qui a eu lieu à Éphèse avec le saint Cvrille. C"est pourquoi moi 
aussi, après avoir rendu grâces à Dieu, je Tai souscrit, anathématisant le tome 
de Léon avec le concile de Chalcédoine et toute hérésie. Je rends grâces à Dieu 
qui aime les hommes et je glorifie son nom saint de ce qu"il a converti les im- 
purs, a rassemblé son troupeau dispersé et a réconcilié ses Églises saintes dans 
la foi orthodoxe (et) apostolique. Que soit béni son saint nom dans tous les 
siècles : ainsi soit-il. Avec sa miséricorde j'ai pris possession de mon trône, celui 
de l'évangéliste Marc, et je m'y suis assis avec ma sainte fiancée spirituelle, la 
sainte Église catholique et apostolique, le dix-huitième jour de Paschons, qui était 
le sixième jour de la semaine. 

Sixième lettre d'Acacios. 

Acacios l'archevêque de Constantinople écrit à Petros l'archevêque de Rakoti 
et père, confesseur saint de la foi orthodoxe. Je ne cesserai pas de t'admirer, ô 

I. TuKi KajCT&.nTmoT5*noAic. — 2. Tuki ei€pi\n«>.-»cjw.A-Ti3m. — Tuki ç^epccic. — 4. Tiki miic- 
qoç^i cpeK.Tq, ce qui n'offre aucun sens, à moins que le texte ne fut ainsi conçu Mne-^oç^i ctoç^i cp<^T'\ 
eT2CHp. Il pourrait se faire d'après cela que plus haut il s^'agît de troupeau et non de champ : alors la 
traduction de M. Revillout est bonne, si le texte porte oç^i et non loç^i qui signifie bien champ. — 
5. Tuki nA.nocTOÀiROH. — 6. Tuki qove^ptooTT. — 7. Tuki M.ni\A.TiKOn. — 8. Tuki utc JvMevni. — 
9- Tuki <vkjski. — TO. Tuki utc KMCTAnTinoTnoAic. 



224 E. AMÉLINEAU. 



2».o^oc. '^nô.;)(;^ô. tôt e&oTV. ivn eiep ly^npi mmou co hô^ioot eeoTrô.£i MevA^on 2s.e 
c^ cooir >\(p^ ^K eTevq"^ iidvïi MTtô.i^MOT €toi nttiiy^- Miiè^ipH'f eeMi ^en OT5copii 
ïiHi eÊioTV.. ^en oiTMeeMHi c^es.p es. nev^RT ecoT 2$.e ïichott Mi&eïi eujcon. eRujevti- 
iHï' enujcoi w^npocc^opô». €eoires.£i oto^ npGqTds.tt^o i^^^^nev-y eRcooir mroc otto^ 
^en oTTcoup eàoA ;)(^ïiôvir €TeqM.eTïiiiy^. es.ïties.Tr i7ô.p dvinevir nd^icoT ee^3Tdv& 
eoô^n niiy^ MMTTCTHpion Kes.Tes. <^pH"t eTevuep lyop"^ mc^ô^i hhi ^en oir e^ooT 
uiiTpiôvUH Menencô». €Tô.ioTr(opTi MTiien(OTii\on «Toir^^coTn «nieuRTV-Hcièv THpoTT 
eecTrevÊi ei'^^o c^ô^p ^'^^ ^en ott MeTev^MOTTitR gmô^ nTeq;xi^ "^^ e£io7V. nnn 

THpOTT eTes.ïiS.ITOTr 2i.e ô>.CetOT Mnev^HT il2i-G TeqMCTdvlTdveOC RÔ^Tev ^pH"^ €TevI2i.0C 

eiopi epdvT OTTop €iitii- enujooi n'^iipocc5>opev e^oird.£i ^en OTrepooT nKTrpiô.HH 
^en d.2s.Ti iT'^ UTe mepooir ^gm. nies.£iOT tiôwOhi ïicott ig Av.nïev£ioT. totg 6Tes.npcoc 
enuîcoi MTiiTpices.i7ion m^^*^ ô>.qGp oTTOoini GopHi G2i.0L)i n24.€ OTrniuj'^ rtoircoinï nes.T- 

CÔ.2S-I MMOq <^ô<I GT6 Mninô^T Gpoq GtlGO OTTOp ô.q003&C Gppm G2S.C0I ÏIGM TlIMev 

père saint, et surtout de louer Dieu qui nous a donné cette si grande grâce de 
connaître (sa volonté) dans une révélation que j'ai eue.^ Car en vérité mon cœur 
est persuadé qu'en tout temps si tu fais l'oblation sainte et vivificatrice, tu vois 
la gloire du Seigneur et dans une apparition tu vois sa grandeur. Car j'ai vu, 
comme tu me l'as écrit d'abord, j'ai vu, ô père saint, de grands mystères dans 
un jour de dimanche, après (t')avoir envoyé le décret d'union pour réconcilier 
les Églises. Car je priais Dieu sans cesse de me pardonner tout ce que j'ai fait, 
parce que sa bonté a persuadé mon cœur de la manière que je t'ai dite. Je me 
tenais debout et j'élevais l'offrande sainte un jour de dimanche, à la troisième 
heure du jour, dans le mois de Paoni, le quinzième jour du mois :^ alors, lorsque 
nous chantions le trisagion, est apparue au-dessus de moi une grande (et) ineffable 
lumière que je n'ai jamais vue, et elle m'a entouré avec tout l'autel, et j"ai vu en 

I. TuKi Kui&.nini. — 2. Tuki envi. — 3. M. Revii.lout traduit : «qui t'a accordé cette grande grâce 
de tout con'xaître avec évidence et de savoir le premier les choses qui devaient m'être révélées.» C'est 
une paraphrase en dehors du texte : au lieu du pronom de la seconde personne du singulier, il y a 
celui de la seconde personne du pluriel, et la fin de la phrase de M. Revillout n'est pas dans le texte. 
— 4. Le texte de Tuki donne le i 5*^ jour du mois : M. Revillout a le 5'^ jour : il y a peut-être erreur 
dans la copie de Tuki. Selon la leçon de Tuki il s'agit du 10 juin; si au contraire la leçon de M. Re- 
villout est la bonne, il s'agit du 3 i mai. L'une des deux dates est évidemment fausse. D'ailleurs toutes 
ces dates sont fausses : si le 18 Paschons était un vendredi, comme le dit la lettre précédente, le 
5 Paoni était un lundi et le i5 un jeudi. 



MONUMENTS, ETC. 225 



uep lytooiruji Tiipq oiro^ evnidvir ^eu ottmc^mhi eneuôc nïë u^^ M'^pu-V »\ot«<- 
AoTT epe OTOM OTT^GÊcco ecoTTOÊiuj uievTr TOI ^icoTq. ôviuè^-T 2^e eniTTnoc htç mii-jt 
^icoTq OTTOp nô».qpoTeÉi ne pi2s.€u niÉinies.2i. n^M tiiô^'^ot uh €t;)(^h pisten i\iMà< 
«ep lytooTiyï McppH'^- «OTr<3"\o2s. otto^ tô^^o-^^ n^M nevcoepTep d.qo7y.oir cfeoTV. tiue- 
con civTOT OTO^ ô^qMis.^T npes.ujï. nô^iMeiri ue^p ne 2sl€ '\'X,i\ p12s.cn nnevoi ô^m 
enTHpq. evic(OT€M cpoq eq2s.to mmoc Mnô^ipK"^ uevTds. "^pn-^- eTeqcMi neo'4 'P\ 
2s.e î22.€M noM'\- nô^oirnÉi 2sl€m noM"^ nevAevoc xnpq ô^koAi eCioTV. pô.pcoT€n Mniujwuj 
nT€ nic^ô..! nTe '^MeTpeqss.coTV. efcoA en eTô^pexcnc^nTc ;een niTOMoc uevceÊiHc 
nT€ 7V.econ «5>n eTc^oiropT neM '^c-!rno2».oc nTe x^^^^^^^^"- OTop Meueiicô». newi 
Mninevir epoq 2s.e OTr2!k-e MniccoTeM ecMn nTevq oTra^^e nioTTWini ctth mmô-kô.- 
pion Mnines.Tr epoq eeûe <^d>.i ei'^ coott Mnennoir'^ <^n eTipi npevu niiy^- ny^^upi. 
fs>iTd».Me TenMeTicoT ene>.i pontoc nTenuj7V.n7V eppni e2fi.coi ^iv nieAev^x^icToc ^en 
OTMeTô^eMOTnn ^ev c^'^ (pM eTenMei MMoq oirop eTennô^T epoq ^n eTeMnen2i.o7V.q 
e&oTV. <^*^ eTô.nepoMo7V.oueïn' MMoq MneMeo nnioTrpoiOTr n^M. nid<p^con c^h 

vérité notre Seigneur Jésus le Christ comme un petit enfant, revêtu d'un habit 
blanc de lin. J'ai vu la forme des clous sur lui, et il était étendu sur le plat et la 
coupe placés sur l'autel, comme sur un lit. De suite, il enleva à la fois ma crainte 
et mon trouble, et me remplit de joie, car je pensais que je n'étais plus du tout 
sur la terre, et je l'entendis parler ainsi comme Dieu le sait : «Prenez cou- 
rage, mes prêtres; prends courage, mon peuple entier : j'ai enlevé de vous la 
flétrissure de la souscription^ par laquelle vous (m')avez renié en souscrivant le 
tome impie de Léon le maudit, et le synode de Chalcédoine.» Et après ceb, 
je ne l'ai plus vu, je n'ai plus entendu sa voix, je n'ai plus vu cette lumijre bien- 
heureuse. C'est pourquoi je rends grâces à notre Dieu qui a opéré cette grande 
merveille. J'ai raconté ces choses à ta paternité, afin que sans cesse tu pries pour 
moi, le minime, devant Dieu que tu aimes, que tu as vu, que tu n'as pas renié, 
que tu as confessé en présence des rois et des magistrats, que j'ai vu aussi en 

I. TuKi eTdwRcpoAvoA.oti'm. — 2. Mot-à-mot : la flétrissure de l'écriture do négation que vous avez 

écrite dans le tome, etc. Tout ce passage montre bien que l'auteur n'entendait pas malice en écivant 

ce qu'il croyait être très habile. Pour souscrire le tome de Léon il n'était pas nécessaire de renier la 

divinité de Jésus Christ : il s'agissait d'une simple distinction à faire. Les Eutychiens jîrecs ont bien 

pu se rendre compte de la distinction à faire; mais les Coptes n'ont jamais su la faire. 

29 



226 E. AMÉLINEAU. 



exe^.inev'y epoq ^en oiTMeeMïii eioi nd^TMnujev otto^ '^'^ (oot ttevq ^en ott Aver- 
ô>.eMOTrnH 2s.e c^coq ne nioooTT neM '^MCTOirpo nencp c^itoT ncM nuïHpi tiCM 
nmnôw eeoirdwCi n2s.en '^-ttoir ncM ujô^ niene^ THpoir ô^mh». 

'^cnicToTV.H MMô^gi H nre evMis. neTpoc.' 

nexpoc Tiies.p;xi^cnicRonoc nre pô.uo'^ eqc;$es.i nô».KôwUioc- iievia<^Hpi npeq- 
ujeMiyi. pHnne ô^Rcp neMnujô^^ tiô».i(ot eecTTô^Ci nnô^T enoc oto^ ecwTeM e^d».n 
cis.2s.i «Te r^*^ eqoi ncivp^. pHnne ev noc lywn nTeKMeTôwMOiev epoq oirop ô.q'f 
ttdvR MOTTMeTpeM^e €C22.Hi\ eûoTV. n€M tiiAa.oc THpq. TievïMTTCTHpion ud».p pco 
evitid^ir epoq ic2$.eii lyopn RevTes. '^pH'^ eTô^qiStopR HeK.ï\ eûoTV. nssLe ^'^ ottoo 
'^noT on 5en nd.i es.feoT eTds.ROTrcopn uni ^en ne^ooir n'^ivirpiôiRH ejeMMes.TT môwSslti 
u'^ nxe ne^^ooTT eiipi ^en en exe ecoi^ neui\\Hcid>. n'^crnôw^ic «Te '^evnev(J)opes. 
eeoTTô^Éi ei^toc e'^'^ MnïTpïCd».uion mcm «ioslom nre Tcllpe ô^qoTTon^q epoq epoi 
neM necjcoo-y eqpoTeû essLcn niÊitiôiSs. neM nies.^0T ï\es.Td»> «^pn-^ eTô^KndvT oiro^ 
ô^ïctoTeM enn eTdiKcoeMOir oirop MUind^TT 0Tr2s.e MUiccoTeM. e^^'^'o le equjevT enn 
€TdwKnes.Tr epcooT mcm «h eTè^îicoeMOTr Rd».Tis. «^pn"^ eTeqccooTH nssLe nioird».! 

vérité, malgré mon indignité. Et je lui rends gloire sans discontinuer, car à lui 
est la gloire avec la royauté éternelle. Père, Fils et Saint Esprit, depuis mainte- 
nant jusqu'à tous les siècles : ainsi soit-il. 

Huitième lettre d'abba Petros. 

Petros archevêque de Rakoti écrit à Acacios, mon compagnon de religion. 
Voici que tu as été digne, mon père saint, de voir le Seigneur et d'entendre les 
paroles de Dieu fait chair. Voici que le Seigneur a reçu ta repentance et t'a 
donné une complète liberté ainsi qu'à tout le peuple. Car ce mystère, je l'ai vu 
aussi dès le commencement, comme Dieu te l'a manifesté, et maintenant aussi 
dans ce mois où tu m'as envoyé (le décret)'^ ce (même) jour de dimanche, à la 
troisième heure du jour, je faisais dans l'Église qui m'appartient la cynaxe de 
l'offrande sainte, je chantais à Dieu le trisagion avec les puissances du ciel, il 
m'apparut avec sa gloire, étendu sur le plat et la coupe, comme tu Tas vu; et 
j'ai entendu ce que tu as entendu, et je n'ai vu ou entendu rien de plus ou de 

I. TuKi ncipe. — 2. Tuki i\;vh&.ri. — 3. TuKi ctcowi. — 4. M. Revit-t.out a traduit ce mot OTtopn 
par promulguer dans la lettre précédente : ici il met indiquer : le mot veut simplement dire envoyer : 
où je t'ai envoyé (le décret) dans la lettre précédente; où tu m'as envoyé (le décret) dans celle-ci. 



MONUMENTS, E:TC. 227 



n^c c^H eTds.qoTon^q epon «^h eTô^qep cè<p^ Aeu ottmctô.t'^oju^ otoo Mè>.T2t.o)-4 
OTTO^ nô.T<^(op2s. ôwiTMevcq ^eu oirMeTô.TajeMi epoq ottoo uô.TujTevpo epo-^ c&oA- 
^en '^Mdvc iioTT'^ eecTT^vû M«<pidv es.qiyen miiô>.^ otto^ ô^irôiUjq cnicTd^Tpoc eopvu 
€2s.(on OTTO^ eTôwqTcoiiq eÉioTV^eii uh e^McooTT ^gm Tiie^ooir mmôvo û otoo 
GTd».qGp ^M nepooTT eqoircon^ MMoq GueqMeveHTiic uoiTMHiy ucon cqoTOiM 
OTTO^ eqcto neMcooTT oTop nes.ipH'^ ô^Tro7V.q enujcoi eur^Hoiri oTog eTd..qpeMci 
c^s. o^^In^vM mc^'^ chicot- OTop £e\\. t^ô^ih «re nicHoir ^>ô.i qnis.nHOTr^ €ÊoA,îen 
uï<^HOTi 5en oirtooTr eqoi npo'^ ^€n TeqMô^p cnoTr*^ MHô^poTcies.^ c-^pe^n euH 
eTon^ ueM «h eeMcooTTT 22.g;)(;^ô.c eepen2s.ïMi ïioirnô^i ueM OTnes.ppHcidw ottoo 
iiT€nep neMHUjes. uc(otgm e£io7V.^ïTOTq sslc es.Mcoï«i ^ô^poi mh çtcmô^pcooitt «tg 
iies.i(OT ô.piR7VHponoMeiïi^ ii'^MeTO-ypo gtcgCitcot ncoTen ïC2fi.en TWà^T t<!io\\\ Av.ni- 
uocMOc oôwi^ ecGUjconi nevii THpoir eepenep neMnujôv mmoc piT€n riomot ucav. 

moins que ce que tu as vu ou entendu,'' comme le sait le seul Dieu unique. 
Garde donc avec fermeté la foi orthodoxe de notre Seigneur Jésus le Christ qui 
nous est apparu, qui s'est fait chair sans convertibilité, infusion ou division, qui 
a été enfanté d'une manière qu'on ne peut savoir et comprendre de la mère de 
Dieu, sainte Marie, qui a souffert et a été crucifié pour nous, est ressuscité des 
morts le troisième jour, qui a passé quarante jours apparaissant à ses disciples 
souventes fois, mangeant et buvant avec eux : et ainsi il a été enlevé au ciel, il est 
assis à la droite du Père et à la fin du temps il viendra des cieux dans une gloire 
terrible, en sa seconde présence, pour juger les vivants et les morts. Puissions- 
nous^ recevoir miséricorde et franchise, être dignes d'entendre de lui : -Venez à 
moi, les bénis de mon père, héritez du royaume qui vous a été préparé depuis 
l'établissement du monde.» Qu'il nous arrive à tous d'en être dignes par la grâce, 
la miséricorde et l'amour pour les hommes de notre Seigneur, notre Dieu et 

I.TuKi eniïp. — 2. Mr^'^itoT (sic). — 3. Tuki quHOTr. — 4. TiKi jrt,H*.ppiicu\ (sic). — 5. Tiki 
ei.piKAHpoiiojA.iti. — 6. Tuki «es», (sic). — 7. M. Revii.i.out traduit : «Rien de ce que tu as vu ou entendu 
ne me manqua»; il néglige la moitié de la phrase et ne donne pas du tout la traduction. Le mot cquje>.T 
employé dans le sens de moindre est très rare, s'il n'est nouveau. Cependant son opposition à l'ex- 
pression e^OTTO indique bien le sens qui d'ailleurs dérive de la racine ui<ot sans la moindre possi- 
bilité d'erreur. — 8. Mot-à-mot : afin que nous soyons dignes. 

20* 



228 E. AMÉLINEAU. 



MiMeTujen^HT neM '^■MeTMô.i pcoMi uTe nenoc oirop iiennoT'^- OTop iienccoTHp 
Ïhc nô^c ^à<i ère e£io7V.piTOTq epe coot niÊien «cm ta.ïo «lûen «eM npocuTrnHcic 
niùeïi epnpeni m^icot neMewq neM niiinev €eoTes.£i «peqTdvn^o otto^ «omoott- 
cioc MeMevq '^-noir tt€M «chott «lûen ncM lyev cnep nT€ «lenc^ THpoir d.MHn.' 

notre Sauveur, Jésus le Christ, d'où vient toute gloire, tout honneur, toute ado- 
ration qui convient au Père avec lui et à TEsprit-Saint vivificateur, consubstantiel 
à lui, maintenant et en tout temps et jusque dans les siècles de tous les siècles : 
ainsi soit-il. 

I. Cette dernière lettre est remarquable à plus d'un titre, surtout à cause de l'exposé doctrinal qui 
s'y trouve. Je ne suis pas bien certain que l'auteur se rendît un compte bien exact des expressions 
théologiques employées par lui, convertibilité, infusion, division : il est donc assez difficile de les bien 
rendre par un équivalent exact. Les nuances qui existent entre ces trois expressions sont assez diffi- 
ciles à saisir pour croire qu'un moine n'y a rien compris; mais il pourrait se faire que ce passage fut 
emprunté à une sorte de symbole courant que le moine aura transcrit. Malgré leur supposition évi- 
dente, ces lettres offrent donc encore une assez grande utilité pour l'historien qui s'occupe des idées 
autant que des faits. 

FIN. 



MONUMENTS, ETC. 229 



V. FRAGMENTS DIVERS. 

A. Encomhim abbatis Psiolis.' 

(Demi-feuille recto i'"'^col.)^ . . Toq ne evAAôc . . neqMe maioot . . . . e ujwuj uot 
.... ssLnooT . . . OT ^M ne2s. . . . nd^TTô^HO ewirai neq^opHuei . . muottô^ hotô». mwç- 

T€q€pxpeiô>>^ "^" ^^^ • •• ^ecopei evn nAevevT «^htot ep ncT^Top pti 

?V.A.Tr tt^coÊi enTHpq. ne neqcRonoc uis.p ne 2s.in niyopn eMopoir eneTepHT on 
OTTÉiioc nnoinconid».. neq*^ 2ve eTOOTOir ne nnenToAn jan nud».na)n TnpoT Mnpeq- 

ujMUïe noTTe neneKOT d».nd». n(TioA nn (2*^ 001.)"^ 

ev M 22. n ei n t 

€ T€ ^ïo neTT oien nev m 

(verso col. i)^ nés. 

n^ nôk. n ot? Mes. n nevc 

nev^ M T (?) {2^ col.) TiTe 2^e mmoott nTewqoinonoMei mmoott 

£« . . . Mn2fi.0€ic. ôi . . OTMepoc r^dvp eq(ep);x;^peidi*^ neMepoc 2!k.e eneTîî'pcocop Mn 

A. Éloge d'abba Bgoul. 

car son but dès le commencement était de les lier dans la vie 

commune, et le serviteur de Dieu, notre père apa Bgoul leur donnait toutes 
règles et tous ordres 



I. Je conserve le titre de Zoëga : cf. Cat. cod. copt., p. 375, n° CLXXXI. J'ai copié ces fragments 
à Naples. — 2. Ce fragment se compose de trois feuilles précédées d'une feuiile coupée par la moitié. 
Je commence par celle-ci sans en connaître la place. — 3. Cod. MncTcqcpxP"^- — 4- '' >' ^ '*^' "" 
intervalle de huit lignes. — 5. Lacune de huit lignes. — 6. Lacune de deux lignes. — 7. Lacune de 
six lignes. — 8. Cod. eq(ep)5cpi&.. 



23o E. AMÉLINEAU. 



ncTiy . . . Mtmccoc . . . 2s.iT0Tr eooTn enecunir . . . ïveMequô^n KOTq eK.o7V.ne nAô^ô^ir 
eqTto&c MMOOTT ^n eoxe Mïi2iLoeic ô^ttco eq-^ oirpoT nneTx^'irx" egoim CTMe htô. 
peTH. neqRco a^e uivir e^pevi noeti i\eg^Tno2s.eiuMô. ' ed.qTd.irooTr epooT AvnÊiioc 
iineTeqcooTJi m . . . . 

(pïû col. i) MMOOTT 2s.e ûvTTp coeiT ^ti TeTMttTpequjM ujenoTTe eiTe neT ^m 
ncwMA. MTieoToeiuj^ cta^mô^tt eiTe nenTevirÉiWR epô.Tq MimoTTe ô^ttùo neqcnoT- 
2s.d.3e ntiô^TT ïiiM e'^-iievir MneTrevi^ue7V.ïon MiinoTTe MMivTe d^n ev7V.Aev Teqi\e\5.'T;)(^H. 
nô.?y.in on eqiyd.nT(ouj eujev2s.€ nMMô.ir eircooTg ^i oTcon ^m nuîô.2i.€ MnnoTTe 
neMeq7V.o ne eq-^ pMein ujô^nTeqRô^ TOOTq eÊioTV. ^(oct€^ ncepiMe TnpoT n5l neT- 
cooTM e&oTV. nTes-icencic nneTeqssLto mmoot. es-irco (2*^ col.) Tevi Te ee eneqeipe 
MMOC nnepooTT THpoir. nssLoeic ss^e neqoTTCop epooT ne nneTeTnes-cyss-ô».! mmh- 
nne pi oTcon ô^tco om nconc Mnennev eTOTô^evCi neTrevujevi evTrco neTTUjoon ne 
on oirno^' «eipnnn Mn neTepmr qt^ q^ noTrqe Avn nnes.pnoc Avnennev eTOTivè^la 
eTTuocMei pn TpoMonoie».'^ née w^^n (TpooMne eT&oope eÊioTV. p^iaLen ^en moot 
eTTHiye nneTTes.^ic née nnnes.pM^ôJA. . . . Mneqeev\i (?) M'^gces. (?) p^n neq . . . enn 

il les régissait dans du Seigneur, car une partie était dans le besoin et 

l'autre indigente les mena vers les frères 

les stimulant dans la crainte du Seigneur et délectant leurs âmes dans la vraie 
vertu : il leur donna d'autres modèles, leur indiquant la vie de ceux qu'il con- 
naissait 

afin qu'ils fussent célèbres dans le service du Seigneur, 

soit ceux qui vivaient dans ce temps, soit ceux qui étaient allés vers Dieu; et il 
prenait soin à toute heure de leur dispenser non -seulement l'évangile de Dieu, 
mais aussi son esprit. Aussi s'il se déterminait à leur parler la parole de Dieu, 
lorsqu'ils étaient tous rassemblés, il ne cessait pas de pleurer jusqu'à ce qu'il eût 
fini, de sorte que ceux qui écoutaient pleuraient du sentiment de ce qu'il disait, 
et c'est ainsi qu'il agissait avec eux tous les jours. Mais le Seigneur était chaque 
jour avec ceux qui devaient être sauvés, et, par la prière de l'Esprit saint, ils se 
multipliaient, ils étaient dans une grande paix les uns avec les autres, donnant 
les parfums et les fruits de lEsprit saint, brillant d'entente comme des colombes 

I. Cod. R€o^noa..it-.M.ô>. — 2. Cod. A».neiroeiuj. — 3. Cod. otoca^c. — 4. Cod. -eoMOaie.. 



MONUMENTS, ETC. 23 1 



Môv iiTM^K ...(?) M . . . cooTT ... il UT . . . peti ... ec . . . »ô.iyO)Il . . , (??) . . , €C 



(pïâL col. i) pei MTiAouioti «noirû exoqT uqToe uvyue iu\ot& pi oi»\e mm(i ow 
n€Toires.es.& «weTO-yeves.£i «iieiyHn THpoir MTi7V.ifeis.Moc MnoTiyeai c-^ tioTqe nreipe 

pM nCHT MnCTTOTW. npH 2i.€ Ott ô^pHT MTl€qTÔ».d.Te tteÇ UTeÊipHTe UïV€'4ô^HTIJt 

enoire tiTeipe muccmot Mne^opoc nd.cï\HTHc nTdvqcp oToem p» nct^noAiTeiix. ' 
ttiM nenTivqeecopei mmcot ^n tcitôw^ic neTeMneqwuj efcoTV. oh OTooTe 2s.c 
TnevpeMÛoTVH AinnoTTC t€ mïi tôwI h «im nenTevqnô^pevUG UTeircirnes.- (2*" col.) 
u(Oi:^H Mn€q2s.ooc 2s.e necMOir Mn2i.o€ic GssLooTen. mmhcô». ues.i Aoniou ev-rô.p'\;;;^ei 
noTtoiyc efeoA mugitmô^ noirto^ evircMine 2^€ on npen av.ô< np po)fe a.tco es.Tr'jco(02s.€ 
noTTUjHi 2sLe neMttTivTr nujopn ne €imhti- gottuottï^ ttujcoT€ gmô^tg. ôv^rsiLi 2s.e 
M£€n ROTI nujHti Mtt p€n fenne Mn pen 2s.ogit ôv-yss-ooir es.Trco peu kotti uoTOOTe 
2SL€ nepe timô. on 2s.ô.ïe €Md.TG. ne oirn^ pen neMHHUje 2s.€ on MMe^i noTTe 
eûoApn n-^Me eTMTieiriicoTe (pie col. 1) 2s.ïd».nonei eTeT^peiô».'' noires. noTôs ue^res. 

se gonflant (?) sur les eaux,^ formant leurs rangs comme des 

rational d'or attaché de quatre chaînettes d'or sur des pierres pré- 
cieuses dans le saint des saints; tous les autres arbres du Liban n'ont pas exhalé 
un pareil parfum dans le temps de leur verdeur; et peut-être le soleil ne lan- 
çait-il pas des rayons comme des éclairs aussi loin que le chœur des ascètes 
éclairait par ses actions. Quiconque voyait cet ordre ne s'écriait-il pas avec trem- 
blement : c'est ici le camp de Dieu! et quiconque passait près de leur congréga- 
tion ne disait-il pas : Que la bénédiction du Seigneur soit sur vous! Ensuite donc 
ils commencèrent d'agrandir leur habitation, ils fabriquèrent des lieux de travail 
et creusèrent un puits, parce qu'ils n'avaient auparavant qu'un tout petit puits. 
Ils prirent quelques arbres avec des palmiers et des oliviers, ils les plantèrent 
ainsi que quelques légumes, parce que ce lieu était désert grandement. 11 y avait 
aussi des foules craignant Dieu (venant) des villages environnants, les servant 
dans leurs besoins, chacun selon sa force, (même) dans ce qui lui était nécessaire; 

I. Cod. neqnoA.HTi«k. — 2. Cod. eiA\.HT€i. — 3. Cod. cttroti. — 4- (^od. ivcTn. — 5. Cod. ct- 
cT3(;pi&.. — 6. Ce passage est assez difficile à expliquer. Peut-être y faut -il voir une allusion à une 
habitude des pigeons qui sont en grand nombre dans le pays d'Akhmin. A une certaine heure du lour, 
tous les couples de pigeons (je l'ai vu moi-même) vont se plonger dans le Nii, se baignent et se ca- 
ressent et par conséquence gonflent leur cou. Je ne sais si cette explication est bonne; mais je la pro- 
pose telle qu'elle m'est venue. 



232 E. AMELINEAU. 



ïieq(TbM OM îieTOTô.^e iiô.q ô^ttco nepe ^ô.^ nmr ujô^pooir Mïioire ^m TiTpeTcwTM 
€îi2i.ice iiTeTrô^nes-CTpo<^H ^oine Men eTpcTrp moïiô».^oc ^en Kooire 2s.e eTpeTreine 
nev-y noen p nMeeire eàoTV. 22.€ ncpe nss-oeic him en^HT ïieirceÛHc mïm expeirp ^(o£i 
enTes.po epôvTq MUMes. cTOTô^evÉï. i\es.Tes. i\eicAv.0T 2s.e ueirMooiyc een MMKHne ô.tco 
n2s.oeïc ïieqttMMevTT ne. ottô». 2s.€ efioA^n necnHir €TnMM£s.q €iieqpis.ti ne Mevp- 
THc nTepeqnevir 2SLe (2'' col.) ô».Tres.ujô».ï nTepeqnevir 2SLe ce^e2s.^co2s. ^n T€;)(;^peïiv ' 
UTeTQÊicco evq'|- neqoTTOi epoq es^qnpoTpene MMoq CTpeqcMine nô.q noirnevT 
nTô^7V.e pfiiooc 2S-e ne Tcqeione uô.p Te 2s.€newc eqecMine n^en 5ev5iTcon exeir- 
^peies..- nToq 2s.e evqniee nô.q. ne oirn-^ OTMonew^oc 2s.e eqp^n OTrMonôwCTnpion 
eqoïCio'A. eo7rTe^nïTnc+ ne gM neiMepoc. nevi (Te ev ncon MdvpTnc ôt^ioir MnMèv- 
His.pioc eTpeqss-OOTr nctoq nq'^ d».p^ei nes-ir enei^coà. evTTCo nTepoirss-OOTr nccoq 
evqei ^n o'!rno(f npevuje (pTë' col. 1) ô^ttoo d.qco£iTe nes^ir n^coÊi niM npoc Te;)(;^peiev5 
MnpcoCi nTTe;)(;^nn. eqnevÊicon 2s.e eÊioA^iTOOTOTT es.qTes.cce nes-ir 2s.€ Mnnces. ^en ne- 
noiri n^ooir nTe noMe ujooTe nTe nnôwT Tes.22.po TnnooT ncwi es.Tco '^nes.Tes.MeTn 
npoùCi HttTen née CTeujuïe. eiTes. Mnncd». ^en ^oott nTepe Te|)(^peiô^^ ujcone evT'^ 

un grand nombre (d'hommes) venaient de loin vers eux après avoir entendu 
(parler) de l'élévation de leur conduite, les uns pour se faire moines, les autres 
pour leur apporter des souvenirs, car le Seigneur mouvait le cœur de tout 
homme pieux pour le faire contribuer à l'établissement de ce Ueu saint. Selon 
cette forme, ils marchaient leur chemin de chaque jour, et le Seigneur était avec 
eux. Et l'un des frères nommé Martis, ayant vu qu'ils s'étaient multipliés et 
qu'ils souffraient du manque d'habits, s'approcha de lui (Bgoul), l'exhorta à bâtir 
un atelier de tissage afin qu'il fit les tuniques dont ils avaient besoin, car c'était 
son métier. Pour lui, il fut persuadé. Il y avait dcUis un monastère un moine 
ouvrier dans cette même partie : le frère Martis demanda au bienheureux qu'il 
le fit venir pour leur commencer cette œuvre. Et lorsqu'on l'eut fait venir, ce 
frère tomba dans une grande joie, il leur prépara tout ce qui était nécessaire à 
l'œuvre du métier. Sur le point de les quitter, il leur donna cet ordre : «Quelques 
jours après que la boue sera séchée et que le métier à tisser sera établi, envoyez- 
moi chercher, et je vous enseignerai la chose comme il faut.» Et quelques jours 

I. Cod. Tc;x!P'"^- — ■^- C!od. CTetp^^ipiô.. — 3. Cod. ntTH. — 4. Cod. Tcx^ixmwc. — 5. Cad. T£3(;pi&.. 
— 6. Cod. Te3(;piA.. 



MONUMENTS, ETC. 2 33 



neTTOTTOi cpoq eireviTei eTpeq2t.ooTr Jicev upcoMe n'Ti «ecwuT. uTo-4 2i.e d«.-4ue2s. 
n^co& enôw^oTT €q2£.o) MMOc 2s.e ncp^peiô.' d.u u-^^ice \\à.'\ uuecon feoiu mtootm 
«TeTnp g^coÊi d.Tco n2s.oeic uev'^ (col. 2) toot thtttm mt^ upoife coottu o\\ ueTu- 

{Jï2<L. «TOOTT 2»^€ ôvIT^'Ol) OH eTMHtl e&oA eTivUdS.UKdN.-5e MMO'^ UOô^O »COII eTÊiP lldvi 

&.TCO UToq ^toooq neqco&iy MMoq ne eqiio) npcoq. mhucooc ^e UTepe-^uevTr 2SLe 
Mneqeujniee mmoott ep ^ooû ^oopic ncott dvq2s.i Aie^pTuc ucô< otcôv Mds.Tô.d.-i ou 
oird>.uï es.ooM 2s.e es.iiycone uis.eHT utcotu eTCTUô^tievUKô^-^e mmoi outwc nevco\i 
ueiMeeire d>.n ne e2s.e TV.es.is.-y niyô^2i.e ev7V.7V.d. enei2s.u- MneieuîTiiee mmwtu eTpe- 
TeTUçTio (pi;5 col. 1) '^2$.co MMoc HÔ.R 2s.e ^M ne^ooTT uTô». ncou eTeTuujnie uccoq 
€1 eneiMô».^ UT'\oi(5'e Mneiue^T es.inds.Tr eoTnues.^ uds.Res.edvpTon eqTev7V.H eopds.1 e2s.u 
ueqnôwp& MiiecMOT uoTTuofS^ uoir^oop. exûe nes.i dvU2S-Uô^dvir e22.ooT nccoq uuecon 
MunoTe ^n Teq(j1nds.nes.UTds. epou uTe nss^e^iMcou eTug^uTq ^n ^^n np^v^ic Mnoun- 



pon ds.nes.Tds. n^^w uooire. ^en dvTcofcuî rô^p ne uenui^Tïnoc UTnonupids. ucht uiai 
es.7rco ceepenifcoT'A.eTre u^oiro eTMUTceMuoc^ uTe \yTr;)(;^H uceoT- (col. 2) couj a.u 
expe 7V.es.es.ir 0T2$.es.i. ds.cuîtone 2s.e UTepoirp Mes.es.& ucou n neooTo epooT es.qccûoirp 

après, lorsqu'on (en) eut besoin, les frères s'approchèrent de lui (Bgoul) le priant 
d'envoyer chercher l'homme; mais lui rejeta la chose en disant : «11 n'est pas 
besoin de le fatiguer une autre fois : allez vous-mêmes, travaillez et le Seigneur 
vous accordera que la chose aille droit en vos mains.» Mais eux, ils persévérèrent, 
voulant le contraindre une foule de fois à cela; mais lui n'y donnait pas attention, 
fermant la bouche. Ensuite voyant qu'il ne les avait pas persuadés de travailler 
sans le frère, il prit Martis à l'écart avec gémissement et dit : «J'ai été insensé, 
mais vous m'avez forcé; vraiment, mon frère, je ne voulais rien dire; mais puis- 
que je ne vous ai pas persuadés de cesser, je te dis que le jour où le frère que 
vous avez envoyé chercher est venu ici pour ce métier, j'ai vu un esprit impur 
monté sur ses épaules sous la forme d'un grand chien. C'est pourquoi nous avons 
tardé de l'envoyer chercher une autre fois de peur que, s'il vient à nous, le 
démon qui est en lui par des actions mauvaises ne trompe les autres; car en tout 
temps les esprits mauvais veillent, et ils tentent surtout la pureté de l'amc, ne 
voulant pas qu'il y ait quelqu'un de sauvé.» — iMais il arriva que lorsqu'ils 

I. Cod. ncp XP'*'- — 2. Cod. cnia^H. — 3. Cod. nnij^c^. — 4. Cod. G-rniiov. — 5. Cod. CTM.m- 

30 



1 



234 E- AMÉLINEAU. 



€TpcTujcjone «oiTAvppe ïvotoot gitg on T€ope eiT€ on ToeCicoo' eMn TVevô^ir nujiùe 
eoTTTcooTT OTTG ntop2i. on ^tofe niAV. €Tnèvdvi!vq eiTe ne\^"îr;)(;^iRon eiTC nennô^Ti- 
Hon. evTcoè^i 2s.e on on oirôvneviy eTpeiTMOouje oti nnevncon A\.n nTcouj TnpoTT 
MTipcoMe eTOTTô^dvÊi uTevniypTi ujevssLe epoq exe èvuev Ti5bo7v. ne^ Mn neTAV.nn-3 (pm 
col. i) ctoq ôwItol) TGiooMoTVoi^iôw èvqTpeirp AinTpe epoc èvq2S-i avmoc e-^Revô^c eTpeTT- 
Oôwpeo €poc noT2s.ïiveHKH4 ecTè^2s.pHT nnuGn€èv eTne>.iycone ^n nccooirg^ eooirn 
nTeqcTrnô.coocR ès-ttco eic tô^i ujoon MnooT on ne;)^èK.pTHc eoirp HMeeire" nnès.T- 
cooirn. Av.nticô^ nô.ï iS'e ô^qèvp^ei nyjev2î-e nMMèvir €ti eircooTro eooirn 2s.e '\- ^THTn 
necnmr ôwTto ncTunnc^e on owfe nix(. Tie2i.èvq n5l èvTiocTo7V.oc 2s.€ Rtop ene^is.- 
picMôv nno(f ô.Tto èvïTei*^ eneooiro. (col. 2) '^nèvTCèvÊieoTn €TieoiH ecjTô^Aio MMon 
Miievï 2SL€ MnTôwUj on Tès.peTH ôwirco avouic nxe npcoMe Moirn efioTV. eqenieiTMei 
€poc nnd.Tr niM nqeujcoir AinecMoeiT Tnpq. €i2s.w Avnevi nô^cnnir a\.hticùc \\t£ 
iiô.nTi2s.iRoc7 evuevTôw noTTô. ^n ottcmot AVMnTis.enT nqMeeire 2s.e nTô^nTevAe ot- 

furent trente frères et plus, il les réunit ensemble, il leur fit faire aux uns et aux 
autres une profession par écrit afin qu'ils n'eussent qu'une seule manière, soit 
de nourriture, soit de vêtement, qu'il n'y eut entre eux nulle différence, nulle 
division dans toute œuvre qu'ils feraient, soit psychique, soit pneumatique. Ils 
écrivirent volontiers pour marcher dans les règles et tous les ordres du saint 
homme que nous avons déjà nommé, apa Bgoul, et de ses successeurs. Et cette 
profession, il la leur fit testifier, il la prit, il la plaça sous leur garde dans une 
promesse confirmée pour les générafions à venir dans la réunion de sa congré- 
gation. Et voici qu'aujourd'hui, pour ceux qui ne la connaissent pas. elle est dans 
les papiers. Après cela, il commença de leur parler, comme ils étaient encore 
réunis, disant : «Prenez garde, frères, et soyez diligents en toute œuvre. L apôtre 
dit r Ayez envie des charismes élevés et demandez le plus. Je vous indiquerai le 
chemin par lequel il nous enseigne cela, car il n'y a point de limite à la vertu, et 
à peine l'homme peut-il continuer à la désirer à tout moment afin qu'il connaisse 
toutes ses voies. Je vous dis cela, mes fils, afin que l'adversaire ne trompe per- 

I. Cod. «eûcûj. — 2. Une faute a été corrigée ici : on croit encore lire nA. — 3. Une ligne a clé 
effacée ici à desseia : on y lit : . . . rivjioc «txLncHTn??? — 4. Cod. nc»T!^iA.^TKH. — 5. Cod. erp. — 
6. Cod. £Ti. — ~. Cod. ^^.u2>.lTmoc. 



MONUMENTS, ETC. 235 



tievoÊi e2s.cou eq^opoï ïi^oto. neipco.ue ci^p uTeAeioC €tuko)T mmou eopô.i e^tu 
TeqcnTC eTOTrevô<& mhoott eTe neneicoT ii^ajTV. (pïë col. i) ne !\Td.-4u*.^up nevu ^u 
uoTOiH «feppe OT2s.e UTôv^enes^moT evu »oe« euToAu- eTiyooùe ev^xivdvT çto- 
OTïi nevpev neuTes.Tcpes.icoTr uevii w^Ti ïieueiOTe «es.p;)(^es.ioe exe neiieioT ud.ûo)A< 
ne M» ïieuTes.Tei MHtvctoq. 07r2s.e «toot poiOT* ueiveioTe u&.^d.ioc cùoTV à^n- 
22.e eTrîjb2s.fec «iieirnpdv^ïc eTKco epp^^i ivpeti «oaioc e7r'TbaL&. o^uj o.h neTtiioc 
es.T(o TeTHiveiMe eTeirMnT2SLCowpe 2s.e cepAi nssLice ou Tô^pexH ô^to) a^ji uuji 
«MeTOice eTOi n'Ton 2s.€ MAvevTe on TCTcfeco (col. 2) npoc Te^pei*.^ MncojAid. om. 
nudvipoc eTAiMevTT eTiei2s.H+ ris.p HTevTôwpi^^^ei noTpw£i iiiappe eTe nevi ne hêioc 
«THOittconics. MivAicTd^ 2s.e n.v\.ne<wTe pe^p Av.A\.onev3x;^oc ujtone pAi ime^p uuHAie 
MneoTToeiuî' eTMMdvTr cti epe nepoTO «Te ^cop^^. aioss-T pu ucTTuueeidv u*.p- 
^d^ioc ô^TTCo eue MTies.T0ir'3'Ai.5'0Ai. eeiAie encooTu uT.uep uot2s.cok eùoA. eTfee7 

Tie^I evTT^pcO OCOOTT UTMUTCdvÊe AlïIôvnOCTo7V.OC nds.1 eT24.C0 AIAIOC 2S.e dwITCe THTTU 

noTepcoTe uoTope ô^u ec2s.oop ueMuevTeTueujTA^.'ToAv. uô<p ne (pu col. 1) d.7V.Aôv 
TenoT on AA.ïiô».TeTueuj5'AA.(TbM. è^irto is.TrcAv.iue tvoeu tcouj uô^Tev nuji utmut5coù 

sonne sous prétexte de folie pensant que nous avons pris sur nous un joug dur à 
l'excès. Car cet homme parfait qui nous a édifiés sur le fondement saint de la 
gloire, notre père Bgoul, ne nous a pas frayé une voie nouvelle, et il ne nous a 
pas loué des règles différentes; il nous les a données en dehors de celles qu'avaient 
écrites nos pères anciens, notre père Pachôme et ceux qui l'ont suivi; et eux, 
nos pères anciens nous ne disons pas qu'ils ont été infirmes dans leurs actions 
et ont institué des lois infirmes. Lisez leur vie, et vous connaîtrez leur vail- 
lance, car ils étaient élevés dans la vertu et il n'y avait point de mesu'-e à leurs 
travaux; ils jetaient seulement les fondements par leur doctrine selon le besoin 
du corps en ce temps-là. Car, lorsqu'ils commencèrent une œuvre nouvelle, qui 
était la vie cénobitique, surtout avant qu'il n'y eût une foule de moines dans la 
terre d'Egypte, la plus grande partie du pays en ce temps -là était attachée aux 
coutumes anciennes et ne pouvait pas parfaitement connaître la véritable science. 
C'est pourquoi ils se sont servis de l'enseignement de l'apôtre, disant : Je vous 
ai fait boire du lait, qui n'est pas une nourriture forte; mais vous n'en étiez pas 

i.Coi. nTcAioc. — 2. CoJ. jvoen utoA.h. — 3. CoJ. Tcxpi^^- — 4- ^<'''- «"•^»'- — ^- ^'<^'•'• 
AVTiGTToeiuj. — 6. Cod. nTCTJiiKvi*.. — 7. CoJ. CTt HiM (sic). 



30* 



236 E. AMÉLINEAU. 



nucT'^ MTieiroTOi epooir eTe ïiô^ï ne 2s.e ô^TrcTn;)(;^copei ' MncTne^ei ujes.pooTr 
eneiCiioc «ottcot eTpeToircoM MneiroeiK. ncon cnô^TT evirco ôwirTcoiy noirptouje 
niy7V.H7V. m», ^en ^Êihttc neAe^x^cTon eevir'^ MTon wà^s- ug^HTOT GTrnpoTpene 
MMOOir eTpeircoTr MnnoiTTe ooTVwc MTioTi\oo7V.Trei= 2s.e «TV-ivô^-y ep ott^otto rottô^ 
TioTô^ OM TieTeqneveiy5'M(TbM epoq. Tenoir (Te. Avnncev Tpe hrô.^ Moirp ecoir 

MTieooir MnnoiTTe oir ne nujï&e h ôwUJ ne ô»-Tes.q(?)- (col. 2) ujcoiie enTwpq 

2s.e ô^ TienneToirôvô.fe neiWT rcot noirgo e^pd^i erssLM TcnTe nneqeioTe. «Tevq- 
ô^eeTei uô^p ô^n nnoiroir evq'^ eTOOTOir ngen nooire ev?V.7y.es. nTis-^oireg es-Uô^eou 
eopevi essLoooTT ô^q^ocAvei MMOii on U0.1 a\.ïi neiuooire. Revi uô^p nno^' gcocoq 

MIipO<^HTHC MCOirCHC ilTô.qTevMIO ilOTTRïClCOTOC^ MnSSLOeiC niyopTl Mil OTTCRHUR 

p« TcpuMoc ecMonT eÊioA ng^en ujô^ô^p m\\ geii ujopT n7V.es.Tro ewirco g^en noS'e 
n5bo'y ne. d< cô^7V.OMCon 2s.e gco (sic exit.J 

capables, et maintenant encore vous n'en êtes pas capables. Et ils ont édifié des 
règles selon la mesure de l'infirmité de ceux qui les approchaient; c'est-à-dire 
ils ont permis à ceux qui venaient à eux pour cette vie de manger du pain deux 
fois, ils ont ordonné la suffisance de prières et de minimes œuvres qui leur don- 
naient le repos, les dirigeant à la connaissance entière de Dieu; ils ne les ont pas 
empêché de faire plus, chacun selon sa force. Mais à présent que la terre entière 
connaît la gloire de Dieu,^ quelle est la différence ou le changement qui a eu lieu? 
Il n'y en a pas eu du tout; car notre père saint a bâti davantage sur le fonde- 
ment de ses pères. Il n'a rien enlevé, il a ajouté autre chose, il a augmenté les 
biens, il nous a ornés en ceci et dans le reste; car le grand prophète lui-même 
Moïse a d'abord bâti une arche pour le Seigneur avec une tente dans le désert, 
la faisant de poils, de bandelettes, de voiles et de morceaux de sac; mais aussi 
Salomon (sic exit.) 

I. Cod. &TCTP5(;<opei. — 2. Cod. Av.noTR<oA.T. — 3. Cod. noTRTÛtoToc. — 4. .Mol-à-mot : que la 
terre est pleine connaissant la gloire de Dieu. 



MONUMENTS, ETC. 237 



B. De abbate Senuti.' 

(ne col. 1) . . (Tixi eircoTTcoii e&oTV. MnoTreajo7V.KOT epooir. ^omoio)c- umco cmô^t 
UTevUAies. Mil nMeg ujomut ujevuTeqnco^ enppo. neppo 2s.e uTepe'j^t\d^T çt-Tom 
MnnoTTe €TneMMes.q evquô^^Tcj evqoircoujT ïiô.q dvirco es.qTiowpdvUd.Ae1 MMoq 2s.euèN.c 
eqnôvTô.Aty'e nneqptoMe. neneitoT 2s.€ «ujevuô. ^THq ô».qcc5)pev- (col. 2) ui'^e mmootp 
evqTevAcTboir. nessLe nppo iies.q 2t.e ô.iTei mavoï MueTeuoTdvUjq. hcmcicot 2^€ e^nex 
ujenoTTTe iie2s.ô.q ïiô^q !2s.e Mes. Hes.1 nneipcoMe Mei<i^A\.eivÀcoi70c3 .... ei».Trw ottho'î' 
n^OT€ MTe nssLoeic es.cei eopevi e2s.coq mm TieqMHHoje es^q^^e^pi-^e ue^q unpHue^ 
.... n24.iti2i.H evq22.oop MMOOTT (h2s. col. i) £M Tieicpo ô«.qe!iTOTr enMOMôvcTHpion 
es.qeepes.neire mmoott THpoir. nenTes.ir2SLi coTe ^i MevivevT ô^q-^ ^n oo)AcoMev ud^T 
THpoT CTC^iH es-q*^ ^MMe oes-pooT es.qTe)v7V.ooir es.q'x.ooTco'y eneTHi on OTeipunn. 
emes.Tes.oire^ ou on (TbM MneneicoT Miipo<i![>HTHc e>.nev lyenoTTe*^ .... 2s.eKd<c. ste 
nneuTevuje nuîes.2s.e eue- (col. 2) goiro. "^«ô^sfi-co noT^cofi: nujuHpe ces.qc0.0q 

B. Sw abba Schnoudi. 

restèrent droites, ils ne pouvaient plus les plier; de même le second 

bataillon et le troisième jusqu'à ce qu'il parvînt au roi. Le roi, ayant vu que la 
force de Dieu était en lui, se prosterna, l'adora, l'exhorta de guérir les mains de 
ses hommes; mais notre père miséricordieux les signa et les guérit. Le roi lui 
dit : «Demande -moi ce que tu désires.» — Mais notre père apa Schnoudi lui 
dit : «Donne-moi ces hommes (qui ont été faits) prisonniers;» et une grande 
crainte du Seigneur tomba sur lui et sur ses multitudes; il lui donna les pauvres 
sans rançon. (Schnoudi) leur fit passer le fleuve, les emmena au monastère et 
prit soin d'eux tous. A tous ceux qui avaient été blessés par des flèches ou des 
traits,^ il donna des secours (?) sur le chemin, les réchauffa, les prit et les ren- 
voya dans leurs maisons en paix. Je vous dirai (seulement) quelques-uns des pro- 
diges de notre père le prophète Schnoudi, pour ne pas trop augmenter le dis- 

I. Ce fragment se trouve au musée de Naples où je l'ai copié. C'est celui qu'a décrit Zoëg.a, Cat. 
cod. copt., p. 377, n° LXXXII. 11 contient deux feuilles numérotées. — 2. Cad. ^oa^mûic. — 3. Ici se 
trouvent dans le manuscrit deux lignes effacées à dessein. — 4. Une ligne etlacéo à dessein. — 3. Cod. 
€ine.T«.OTrco. — 6. Une ligne efTacée à dessein. — 7. Mot-à-mot : à ceux qui avaient reçu des tkVhes 
ou des traits. 



238 E. AMÉLINEAU. 



uTOTq eïieqTVouoc eToirô.ev£i ^coc equjme ô^u «ces. o?reooT nptoMe mh ucneTto 
ô.7y.7y.ô^ eqoTcoiy nToq exe npô>.u MnnoTTe 24.1 eooir. evciycoTie 2s.e noiroeiuj eTpe 
OTTSs.oTT^ upeATV-Hn ei ees,JiTiJ\cooTr ev neoeTVAHîv THpoir çt^m nTS-eirGiT neM ujmïïi 
ccooTO d.TceMtte €neueioiT eTOTrevd.& €t£i€ uepTiHire (n€ col. 1) nTdwqujepujwpoTJ* 
MM nei2s.to'\on' «T«<qpoi\^oir. ewqssLOOir d.qTpeir€tiTq eô^tiTinoiOT. evTTMOone ^i 
OTMOire Mn€MtiT eô^nTittcooT ujev ^toottg iiô^tô. ee nTes.qcod.i. evqÉicoK 2s.€ eneupo 
es.qiy7V.H7V. £ô«. ottêw Jie7V.oo7V.e €qconc Mn2i.0€ic eTpeqTesMoq eneTnesujcone MA\.oq. 
es nnoTTTe ss.e ccotm eneqconc esqTevMoq 22.€ euMes. CTpeiiespe- (col. 2) pes.TR £i 
n&HMes. uTe T\es.p;)(;^con ujes.2s.e2 çpoj^ eï\nes£>epes.Ti\ nToq 01 Tne MHÊiHMes. nqujes2£.e 
eopesi epoi\. evciycone 2s.e MncqpesCTe es.irMOonG ee^nTinoioir es. Ti2s.oTrg OTTG^ces^nc 
eTpeiTTôi^oq epesxq uesnev ujettOTTTe^ MiiÊiHMev. es, HMHHuje THpq nesnTincooTT 
ccooTTp MpooTTT M« ^ iieoioMG eTOTCoiy eeiMe 2s.€ OTT TiGTues.ujcone neTcooirn ues,p 

THpOT 22.e OIT- (ïTt'CoI. l) pOOMG ttTG ntlOTTG HG. iVTGpGqis^G 2S.G GpdsTq MTlÊlHMev 

es. n2i.0T^ es.p[)(^Gi nujes2i.6 uMMô.q ^n 0TrMnT2s.es.ci oht Mti oires.iiGi7V.H.- gti 2!i.g cpc 

cours. Je vous dirai une œuvre étonnante qu'il a consignée dans ses discours 
saints, ne cherchant pas la gloire humaine, à Dieu ne plaise, mais désirant que 
le nom de Dieu soit glorifié. Il arriva une fois qu'un duc païen vint à Antinoë. 
Tous les païens qui étaient à Pleuit et à Schmin se rassemblèrent, accusant notre 
père saint à cause des temples qu'il avait détruits et des idoles qu'il avait brûlées; 
le duc leur dit de l'amener à Antinoë; ils firent escale à une île à l'ouest d' An- 
tinoë jusqu'au matin, comme il l'a écrit. Il arriva donc au rivage, il pria sous un 
pied de vigne, demandant au Seigneur de lui faire connaître ce qui lui arriverait. 
Le Seigneur exauça ses prières, il lui dit :" «Au lieu de te tenir sur le tribunal, 
afin que le duc te parle, tu te tiendras debout au dessus du ciel du tribunal pour 
qu'il te parle. »7 — Il arriva que le lendemain on le prit vers i\ntinoë. Le duc 
ordonna qu'on l'amenât sur le tribunal. Toute la foule d'Antinoë était réunie, 
hommes et femmes, désirant connaître ce qui arriverait, car ils savaient tous 
que c'était un homme de Dieu. Lorsqu'il se tint sur le tribunal, le duc commença 
de lui parler avec orgueil et menace, et, comme notre père saint voulait se justi- 

I. Cod. «i2k.<oAoii. — 2. Cod. vycvace eneciiT cpou. On a effacé ghccht. — v Les mots n&.n&. ^c- 
«lou-Te ont été ajoutés à la marge postérieurement. — 4. Cod. .\v€i\. ce qui est une orthographe peu 
usitée. — 5. Cod. OTev.nr\!i. — 6. Mot-à-mot : il lui apprit que : Au lieu, etc. — 7. Zokg.v a traduit 
ce passage en admettïint cntciiT que j'ai biffé. Le sens n'est pas d'ailleurs très différent. 



MONUMENTS, ETC. 239 



epôwTq Mn2i.ice^ MUÊiHMev^ ujô. uiyis.Tr «Te upoiAve iyô.2s.€ iieecoiTM* cpo'4 pi2s.Av. 
Y\\\.i!^(^ uô^Tes. ee nTis.qep MUTpe pu TeqTô.iipo !VdvT2s.i /o'\. iiMiuiuie 2^€ ^col. 2) 
THpq eTcooTp is.Trcouj elûo'A. 2s.e eic eeoe OTes. ue uuoTTTe Av.n€ueiO)T ii2vniô.ioc 
is.nd^ ujeuoTTTe es.-?rto «eTTMHii e&oTV. «ottuo^' uô^upiiTe eTTdwUjud^u e&oTV. ct-^ eeoT 
januoTTe eqô^pepôwTq pM nes.Hp wTi neneicoT eTOTrèvdK&. Muticèv otuoti 2s.e 
ds.Tr^d^'\ds. MMoq enecHT ivoiri kotï uje^uTcqncop enuè».p. tiTeTTUOT ô. u.uHHuje- 
THpq pô^puis. (u^ col. 1) ^e MMoq is.TTSs.iTq e^oTu eTeuuTVuciè^'' ô^ HA\.UHUje Tupq 
ccooirp es.T2s.ï cmott eûoApiTOOTq npooTT M.n~ iveirpioMC ue?y.e7reep6w mu t\eT 
ujcepe MUivpeeuoc ô^too ïicô<£ih7V. 2s.e 0^ unoTTe '\- (Tom uô^q ee». oeu poiMe ji2s.t- 
nevTOC is.pe epô^TOir pes.2s.toq'^ eujssLe ô>.quiu!2».Trueire piTU Tes.'^opMH a\.uav.hhuj€. 
^^n Me uèvp ue ev7V.uetoc ue ueiujds,2SLe co uecuRij TeqTis.npo uès.p ïiès.T2fi.i 5'o'A. Te 
ttTes.c2s.00Tr ues.u eiy2s.e ttTevq2s.coTr UToq pu^ oTTCTTUTOMies.'" equuT eÊioTV. .uueooT 
ttueptOMe ô^TV-TViv poMOioic " ttToq ueuTèsq2s.ooTr. uTepequToq 2».e euMouesCTu- 

fier, il fut aussitôt saisi et élevé au-dessus du tribunal jusqu'à la hauteur où un 
homme qui parle peut être entendu sur terre, selon qu'il l'a témoigné de sa 
bouche sans mensonge. Et toute la foule réunie s'écria : «Il est unique le Dieu 
de notre père juste, apa Schnoudi;» et ils persévérèrent un long temps criant, ren- 
dant gloire à Dieu. Notre père saint était élevé dans l'air; après quelque temps, 
il fut descendu peu à peu jusqu'à ce qu'il eut atteint la terre. Aussitôt la foule 
entière le saisit, on le conduisit à l'église. Toute la foule se rassembla : (tous) 
recurent sa bénédiction, hommes, femmes libres avec leurs filles vierges, et 
si Dieu ne lui eut pas donné la force (des hommes forts se tenant debout devant 
lui), il eut couru danger par l'empressement de la foule. En vérité ce sont là 
des paroles vraies, c'est sa bouche sans mensonge qui les a dites, quoiqu'il les 
ait dites en abrégé, fuyant la gloire des hommes; mais cependant c'est lui qui 
les a dites. Mais lorsqu'il fut retourné au monastère, il prononça ce discours 

I. On a biffé ce mot dans le manuscrit et on a mis euji\2ce. — 2. Ce mot est une correction faite 
dans le manuscrit. — 3. Les mots qui suivent : u}e^ nujo.Tr ivre uptoA\.£ u|ô.3te net cwt.w. cpo-^ ^itat.w 
nne^ç ont été effacés dans le manuscrit. — 4. Cod. ucccwtcsv, orthographe memph;tique. — r. (.oJ. 
6. nwHHu} THpq. — 6. On a effacé AvnjsvooTs». — 7. Cod. Ave.v. — 8. Les mots e.\ ocit pto.vvc «vs^TUis- 
Toc esç^e epe^TOTr çà.csLtoq ont été effacés. — 9. Cod. oeu. — 10. Cod. otc->mitco.vvu\. — m. Cod. 00- 
A\.ek.i<oc. 



240 E. AMÉLINEAU. 



pion ô.qTô.0Te nciTVouoc iiôvTev Hoe7V7V.Hn' eqnd.pô.2!.>.GiUMôwTi5e2 nneTreï2^oi7V.on 
2i.e ev Ti- (mi col. 1) 2i.0Gic '\- ^poTTÊid.! €&o7VoH Tne ôv TiTieT2S-0ce -^ nreqcMH.^ 
ei^TTîXLOOC a.e o« 2Le ô.qTô.OTr€ Ti€ïiyô.2s.e euGcnnir 22.e «v nnoTTe ^e^pj-^e ne<i 
MHô^oe MMcoTTCHc nttOMoeGTHc eojcoTie 2ve on GTeTenojevnTV.Trnei MnevTine< on + 
pen pûmre neM muô.0 n^nr '^nôvô.iTei MnnoiTTe nqTennooir nccoi oô. en nneipoMne 
GTMMô.Tr (d.Tr)(o TÔ.Ï T€ €►€ (col. 2) nTôwCiycoHe. nTepGqnd.Tr 2».g 6n2S-C0^GM Gevqnpo- 
iiOTiTG nooiro gutêiêo es^Trco n^oTV. nooTO gtmg d^TTco 1122.1 n5'onc nooTO gh^^ï- 

IiexIOn à^lPlù Td.MG7V.Gïô.- Tlô.ppHCIÔ.^G MMOC nOOTTO GTGCn0ir2s.H evTTCO on TITCOM 
nOHT Mn*^ TGÊlUJG Ô.TTd.Mô.pTG G2S.n~ OTOtt niM H^OTO 2s.G nOTTHHCl AV.n MMOHÔ».- 

y;ioc 7V.omon nTGpGqnevT g- (ne col. 1) pon Gnpoiie GTu^vUI^w nooTO GTd.pGTH 
ô.qd.iTGï MunoiTTG GTpGqnoonGq G&oTVon ccomô. om nTpGqnè^TopeoTT nn^veA-on 
THpoTT nTô^pGTH e>wqeviTGi MnnoTTTG GTpGqnoonGq 6&o7V.^n ctoAV^v ncGOTes-^q nnd».opGM 
nGq7V.ô<oc. nTGpGqg^con G^OTn gujg MnxujMnnG npoAV. (col. 2) tig ôvqGMTon MAioq 
ppes.1 on 8 coTT cexujq mhgÉiot ennn Gev nuocMoc "^ocg no-yno^f A\.np6c&GTTnc ev thg 
p(0(x)c lycon Gpoc MUGinoS^ npcoMG Gev hô. nuevp ccopcM nn^^uô^eon GTujoon nevT 

contre les païens, réfutant leurs idoles, disant : Le Seigneur a tonné du haut du 
ciel et le Très Haut a fait entendre sa voix. On dit aussi qu'il prononça ces 
paroles aux frères : «Le Seigneur m'a accordé l'âge de Moïse, le législateur. 
Mais si vous affligez mon esprit par (vos) œuvres et des afflictions, je prierai 
Dieu qu'il me mande avant (que je ne sois arrivé à) ces années.» Et c'est ce qui 
arriva. Lorsqu'il vit, comme il l'avait prévu, l'abomination plus abondante que 
la pureté, le mensonge en excès sur la vérité, la violence sur la justice et Tin- 
différence louée plus que le zèle, l'oubli et l'aveuglement s"emparant de tous, 
surtout des prêtres et des moines; du reste lorsqu'il nous vit inclinés à la ma- 
lice plus qu'à la vertu, il demanda à Dieu de le faire sortir du corps pour re- 
dresser tous les prix de la vertu, il demanda à Dieu de le faire sortir du corps 
pour êt'-e réuni à son peuple.^ Lorsqu'il fut arrivé à cent dix-huit ans, il se re- 
posa '° le septième jour du mois d'Épiphi; le monde perdit un grand intercesseur 
et le ciel reçut ce grand homme; les habitants de la terre perdirent tous les biens 

1. Cod. «vocAAcM. — 2. Cod. eqncvpak2>.n»Ave.Ti5e. — 3. On lit en face : R*.q Gna.ooT niM.&. uja. «e^K : 
Laisse ce passage en arrière jusqu'à la tin. — 4. Cod. çcn. — 5. Cod. tamcAux. — 6. Cad. Avcn. — 
7. Cod. e2ceit, orthographe mcmphitique. — 8. Cod. ^en. — 9. Je crois qu'il doit y avoir en ce pas- 
sage une rifpétition fautive. — 10. C'est-à-dire qu'il mourut. 



MONUMENTS, ETC. 24 1 



eT&€ T€Trd.MeAei*.' ^v ud^ MnHTe ooiOT oe eneTOTujue uco)-^. es.Tep .un-pe wà^n 
n(f\ ueHTivTrTô.ooq ^m ticwmôw 24.e «Tepe^^- (^ col. i) €av.to!i mmo-^ e*.Tco)TM eoTtK 



eqcoiy eCioTV. uTes-UMô.^ THpoT nuonpou mh ueuïtev Hd.erc7V.iuo»\ 2s.e a.jw.hiti\ €t;v- 
nô^nTH uiycnoTTC mutoott «ô^Tpene 22-e d< Ti2£.oeic uô^Aei ma\^o-^ epoTu enç-^M^v 
UMTOH. iKTiù n€2SLes.Tr 2S.C ev HeTAvneqiicoTC ccotm ctccmh «peu Muuuje i\oe Mnep 
pooTT Hoeu ppoTrfeeevi Mn^ pen moott (col. 2) eties^ujcooT eireM ne xne MneqccoM*». 



pM^ n*wHp e^^T^s.o^^o i\pen^ otaiuoc mu'^ peu \][^'d<7V.Aioc MnuôwTiuoc? eTun Mnuire.'' 
es-TCO eTou evOTruT*' ô^ottut e2s.u'" ueTrepHTT eTemeiTMei " euè^T epoq uivTds. ee ejcup 
22.e uôwi eTepe udii7ue7V.oc enieTTAici'- eues.Tr epooir e^22.e .... (sic exit.J 

C. De abbate Senuti.^^ 

(fol. séparé recto col. 1) . . . . mu uepiOMe ue'A.eTreepev evrco ueTue^pesiuNAei 
MMoq eTpeir22.ïTq epoTU eueiTHi THpoT. ô^tco ueqÉiHîv ummô^tt ne mu uccuht 

qu'ils avaient à cause de leur iildifférence. et ceux du ciel s'avancèrent pour le 
saluer. '+ Ceux qui ont été près de lui dans le corps nous sont témoins que lors- 
qu'il se reposa, ils entendirent une (voix) crier à tous les bataillons spirituels et à 
tous les esprits angéliques disant : «Venez au-devant de Schnoudi à la montagne 
d'Athribis, car le Seigneur l'appelle dans son lieu de repos.» Et l'on dit que ceux 
qui étaient autour de lui entendirent la voix des multitudes au-dessus de son corps 
en l'air, comme le bruit du tonnerre et des grandes eaux, chantant des hvmnes 
spirituels et des psaumes célestes.'^ Et les monastères se pressaient contre les 
monastères désirant le voir, comme il est écrit : ceux que les anges désirent 
voir (sic exit.J 

C. Sur abba Schnoudi. 
.... avec les femmes libres, et ils le priaient d'entrer dans leurs maisons. Et 
il y marchait avec les frères qui étaient là; et souventes fois il passa tout le jour 

I. Cod. TeTA.AVGA!&.. — 2. Cod. eÊoA. enxA.T'AVix. — '^. Cad. .\k<l\\. — 4. Cod. ocav. — 5. Cod. ^n. ce 
qui se rencontre quelquefois; j'écris ^eu pour ne pas changer l'orthographe. — 6. Cod. .wt.\\. — 7. i.od. 
MniiA.TiKOC. — 8. Cod. eAv.i\HTr£. — 9. Cod. evvHT. — 10. Cod. eatcii. — Il Cod. CTcnciv^^.wci. — 
12. Cod. eni-e^TAvei. — 13- Ce fragment se trouve au musée Je Naplcs où je l'ai copié. Il est signalé 
dans ZoËoA, Cat. cod. copt., p. 379, n° CLXXXIII. Il se compose de trois feuilles, dont la première est 
détachée : il n'y a pas de pagination. — 14. Ce passage est assez obscur, je ne vois que le mot saluer 
qui puisse donner un sens raisonnable. — i5. Mot-à-moî : des psaumes qui appartiennent aux cicux. 

31 



242 E. AMÉLINEAU. 



eTUMMèwiT evTTCo oè<o «coîi ne ujôwqep neg^ooir THpq mw tcttuih Twpc cTrqi MMoq 
e£io7V.oti OTTHi eoTHi' ôvTtco eCioTy-oen oTpèv'TH euepô^TTH eMcirepÊiG cottoom ô^ttco 
oôvp ïicon «e ujô^pe nectiHir ctummôv^ ^02s.^2i. oitm n^ici Mne^RO. eiTMCouje 
2s-e noTepooT pn^ Tno7V.ïc epe oirnos^ nRô^iTMes. G£io7V.2s.e3 ne nï\e>.ipoc janujcoM 
ne. iyd.Tr2fi.ooc uô.p ntTi nenTevirÊicoR (col. 2) ei\con(CTis.nTiMOTr)Tio7V.ic4 .... ne ... . 
pen noff nuô^irccon- om hmô. eTMMevir pM nujcoM. is.Tr(o nTepoiroice eirMoouje 
nceujwcM pi xepiH ô.-yujô.îfi.e Mn neirepHTr eT2fi.co mmoc 2sLe neneitoT nes.MOOTr- 
T€n MTeipe noTeuj otrotti mmoot eic Tinevir ud^p diqnes.po.ue. ô. nenpoc^RTHc 
2s.e eTOTTô^evÊi eiMe om nennes. eneToir^fi-Co maioott es.irco eTi*^ eqMoouje pi TepiH pn 
OTOip nTenoAic e^qTeS^ noirpo pi Tepin ô>.q£icoR epoTrn ô^tco ôiqMO-îrTe enecnH-y 
AiMond.^oc7 eooirn. nTepoTÊicoR 2s.e epoirn eevirnôvir eMèv noTCOM eqcÉiTcoT epe- 
(T)pevTie"5d. i\H eo(pôwi) mti€cmot (verso col. 1) (mumô. noTr)TrcoM (eT)oM (Tie'!r)MO- 
nA.cTHpion. ô^TTco epe Te^^peièv^ THpc eTeujdvir2fi.ïTc epooir rh eppevi Mn noeiR 
epe Kecon cnevTr d.pepes.Toir epe pen hotti n^ecTOcQ pn neir(5l2i. eTrc£iTtOT eep 
MOOTT npoc Te^piô^ nnecnmr. eiTô. 7\.oïiion'° ne2fi.e iipeATVo €TOTrô.ô.& nnecnnir 

et toute la nuit, on le menait de maison en maison, de rue en rue, sans qu'il y 
eut de maison pour manger, et souvent les frères qui étaient avec lui étaient 
pressés par les tourments de la faim. Comme ils marchaient un jour dans la ville, 
il faisait une grande chaleur parce qu'on était en été, car ceux qui sont allés à 
Constantinople disent qu'il y fait de grandes chaleurs pendant Tété; et comme 
(les frères) souffraient en marchant, ils murmuraient dans le chemin et se par- 
laient entre eux, disant : «Notre père nous fera mourir ainsi sans un peu d'eau, 
car voici que l'heure est passée.» Mais le prophète saint sut en esprit ce qu'ils 
disaient, et il poursuivit encore son chemin sur une place de la ville. Il s'arrêta 
près d'une porte en faisant chemin, il entra, il appela les moines, (ses) frères. 
Lorsqu'ils furent entrés, ils virent une salle à manger préparée : la table était 
dans la tc^rme même de leur réfectoire au monastère, il y avait avec le pain tout 
ce qu'ils prenaient d'habitude; et aussi deux frères se tenaient debout avant de 

I. Cod. CTTHi. — 2. Cod. ^en. — 3. Cod. iifioA-atc ne. — 4. Cod. CHtùc(Te<nTinoT')iioA.\c. — 5. J'ai 
considéré ce mot comme une faute {Voyage d'un moine ég)ytien dans le désert, p. 18); c'était une 
méprise. — 6. Cod. cTei. — 7. Cod. j«.moiio;x;oc (sic). — 8. Cod. Tc^^^puN. — 9. Cod. têcthc. — 
10. Cod. Aoincott. 



MONUMENTS, ETC. 243 



Tô^quicone ucecooTTu es.» 2i.e ot ee£io7V.T0iM ue. UTepoTOTro) s^^e ctotom ivTci 
efcoTV. evTTMOoiye. ^e2s.^s.^^ Hes.q 2SLe neueicoT him neiiTô^qcLTe neiMes. uo-tojm mtçioc 
(col. 2) K iiiM ne Tieic«A.ir ucou eT2s.idvuouei - cpou. wô^mq mocic uTeuTeti Tei- 
;)(;^peies.' ^m nenMOMô^cTHpioti UTei^e. iiToq 2s.e Tie22.ô<q wiKT ^Ji » othoT Mue^p- 
pHciev îx.e '^ eooTT MimoTTe ^n^ oirno^' «oju £mot. iiicTeire ue>.i co l\^vUJ»pe 2s.e 
nenTivqTnttooir Mneq^^picTon n2».ô^iiiH7V. MneioToeiiy piTeu ô.£iiQô.K07rM neupo'^H- 
THc ^M niyHi «MMOiri enq^ToiujT noHTq ô^n UToq oh TenoT ne uTdvqcofeTe 
nHTen MneiAi*. «ottcom tiee nT^s.TeTeunô^^^ cpoq MnooT. &.Trco nemecoj\ cue^T 

eT2!».iô».K0tt(ei) (sic exit foliiim.) 

(fol. 2 recto col. 1) . . . ^oiro ece upoMne eô^qo-rott^q eÉioTV. A\.d<7r6.e<q MCTevure- 
AicTHc. evircodwi Men CTÛe nevTiocToAoc 2SLe è^ neir^pooTr ei efeoTV. oi2£.av. mves.o rupq 
d^-yto iv He'yujd<22.€ ncoo*" ujev neupcooT «TOiROirMenH Mujd^ss-e îx.e ocoot a\.tic- 
neicoT evTiev ujcnoTTTe eviTMO^ Tiuevo THpq 2s.n1 ««î'oouj uj*' tiio5' MnoAic pevuoTe 

petits setiers à la main prêts à verser de l'eau pour le besoin des frères. Ensuite 
le vieillard saint dit aux frères : «Asseyez-vous, mangez.» Ils s'assirent, ils man- 
gèrent, tout étonnés de ce qui était arrivé, ne sachant pas d'où cela venait. Lors- 
qu'ils eurent fini de manger, ils sortirent, ils marchèrent; ils lui dirent : «Notre 
père, qui nous a ainsi préparé cette salle à manger et qui étaient ces deux frères 
qui nous servaient? En vérité à peine aurions-nous trouvé ainsi dans notre mo- 
nastère ce (dont nous avions) besoin.» — Mais lui, il leur dit avec une grande 
franchise : «Rendez gloire à Dieu dans une grande action de grâces : croyez-moi. 
ô mes fils, celui qui autrefois a envoyé son repas à Daniel par le prophète Ha- 
bacuc dans la fosse aux lions, ne fait acception de personne;" c'est lui qui vous 
a aussi préparé cette salle à manger, comme vous le voyez aujourd'hui; et ces 

deux frères qui servaient 

.... plus de soixante ans, se montrant seul évangéliste : on a écrit des apôtres 
que leur voix s'est répandue sur toute la terre et que leurs paroles sont par- 
venues jusqu'aux limites de la terre habitée; les paroles aussi de notre père, apa 
Schnoudi, ont rempli la terre entière depuis les Éthiopien., jusquïi la grande 

I. Cod. j\j\or\.oy^oz (sic). — 2. Cod. eTa».ievRtoHci — 3. Cod. tci^P"»-- — 4- ^''''^- "i.^*^- — -*• ^^**'- 
çcii. — 6. Cod. iv iicTraja^ace cntoo. — 7. Mot-i\-mot : il ii'v a point dacccption en lui. 

31* 



244 E. AMÉLINEAU. 



MU i\co«CTô.nTinoTrno7V.ic' Mn iiô.7v.ô.icTnm i^Trco on ec^ecoc om iiTpeqccooT^ 
otocoq Mti T10Ô.UI0C uTpiATVoc eô^TTRevee^ipei^ imecTopioc nio^ipeTiuoc^ i^-yco 
ujô. eopô^ï eo- (col. 2) pw(MH) . . . . ne . . . 00^ .winiMô. e(T)MMô.Tr i\ô.Tev ^e nTô.ir- 
p MïiTpe Hô.(ti ii)5l[ oen po3M€ MnicTOc 2s.e nAoïroc iiTes.qTd.Troq €T£ie 5'inei e^ioTV. 

^n CCOMÔ. MTiptOM€+ «.MCOiTCM €poq CTTCOiy MMOq on TnoTViC OpWMR. iVirtO Tôwl Te 

ee nTô. niyô.2SLe MneiieiooT eToird.ô.Ci Meo mô. mïav ô.A?Vô. iiRô^ipoc ccor. mmou 
eTpeussLOouo enueuo5" ttujiTHpe mïi oen 2S-ï rÊiô. eô. iinoirTe enepirei mmoott 
eÊioTV-OiTooTq. evcujtone 2s.e nessLôvir hotcoh epe^ oTrnponoRTOc'^ «Te ottô. <^\\. ntio'3' 

"^'PX^" iiTe TnoTVic u|mïu ottocx^h ntienpocoo2s^oc (verso col. 1) 

2i.in evq^touT (ep)oq ô.quô.2s.(q) eneiyTieino eqoT .... .w.ei(?)ii eTi7 MMoq nneq- 
Tipocoo2»^oc^ uTô.qoTTCO^'iiJ M.v\.ooT. ïie 0Tn'° OTppcoMe 2s.e oeu TnoTVïc eq2s.10.K0- 
nei" eneTOTn eooTTu eTec^irTVôvKH.'- 0. ïienpouoHToc sloott nTeqcoiMe MMin 
MMoq lyex npcojae eTMMôwir eTpecceiiccoiiq'^ nq&toi\ eopô.1 ujô. TieneiooT €TOTrdwev& 
ô^Tiô. ujeuoTTTe nqTiôvpdvUô.7y.ei MMoq eTpeq2i.ooTr lyev Tidwpx<J^« nqep otuô. UMMevq 

ville de Rakoti, Constantinople, la Palestine et aussi Ephèse lorsqu'il s'(y) réunit 

avec le saint Cyrille pour déposer Nestorios l'hérétique, et jusqu'à Rome 

et en ce lieu-là, comme nous Tont témoigné des hommes fidèles : «le discours 
qu'il prononça sur la sortie du corps, nous l'avons entendu réciter dans la ville 
de Rome;» et c'est ainsi que les paroles de notre père saint ont rempli tout lieu. 
Mais le temps nous presse de dire d'autres grands prodiges et les vengeances 
que le Seigneur accomplit par sa main. Il arriva, dit-on, une fois que l'intendant 
de l'un des grands personnages de la ville de Schmin détruisit les revenus .... 

(son maître) s'irrita contre lui et le fit jeter en prison voulant 

ses revenus qu'il avait détruits. Il y avait dans la ville un homme servant ceux 
qui étaient jetés en prison. L'intendant envoya lui-même sa femme vers cet 
homme pour le prier d'aller vers notre père saint apa Schnoudi et de le supplier 
d'envoyer vers le grand personnage, afin que celui-ci prît pitié de lui dans cette 

I. Cod. R(ùCTCwiiTnvOTno\ic. — 2. Cad. civ-yKis,<icpei. — 3. Cod. niocpcTiuoc. — 4- ('<^d. Avnp(OM.e< 
(sic). — 5. Cod. enpe (?). — 6. Cod. oTnpon-eii^c (sic). — 7. Ce passage est corrompu : les lacunes 
m'empêchent de mettre une orthographe rationnelle : au lieu de exi il faut peut-être lire cvitci. — 8. Cod. 
c«vueqnpocooa».oc. — 9. Cod. uTek.qoTOTtoo'n. — 10. Cod. u€ti\. — 11. Cod. eqi^ie<H<on.ei. — 12. Cod. 
cTec^icA.ÀA.KH (sic). — 13. Cod. erpecnctonq. 



MONUMENTS, ETC. 24? 



ujenoTTTe evqcncconq ^m npis.» MîienpououToc^ eevqTô^TTo epo-^ uTeoTViv^^-ic er- 
qenoHTc. ncueitoT 2s.e eTOTTôwô^fc oitu AiAiiiTajô^M^Tii-^ j^uivoTTe ctotho «oht^ 
e^oTTii eneT^HUj THpoir evqTeïuiooTT ujô. Tii)^p;;)(;^co» d.'^nevpdkKd.'i\ei mmo-^ c^^s^oj 
MMOC 2s.e Rev neipcoMe eÊioTV 2s.eKô<c ^cocor epe nivoTre i\oi «6.H eCioTV. nttcuucùe 
pM ne^ooTT UTeues>uevi7RH. ôvTco ôv neyss^iô^uotiei^ ei- eÊioTV.- (fol. 2 recto col. 1) oitm 
n^ATy.© evqei eTnoTVic ô<qujes.2i.e avu Tec^iMe MneTOTH e^oirn iicô. otcôv c^îslo) 
MMOC 2s.e eic^HHTe Meii*^ evi2i.i nTe>^iioupicic7 utm nno'T upoiA\.e Tô^poTUô. rotoô^i 
ne eûoTV. eujwne tcottcouj eTpevei «AiAve ujes. nevp;x;^con'' UTô^Tevire Tiiyd<2s.e epo-4 
eie TenoTT ne neiee «MMes-i ^co tiTeKô^evT TdviycoTie UM.v\.e. ne OTcevie cè^p copevc 
MMdvTe Te Tec^iMe eTMMes.ir evirco ne ottoôvuo t€ MnicTH enegoTO. nToc 2^e es.c- 
piAve ô^irco es. necpMeiooire lyoTO e2s.n'° necoiroojie ec2s.to a\.moc e- (col. 2) ne- 

(T2s.ies.Honei) 22.€ n . . . . cou mïiic .... ene^ .... TixTno .... onnuH.^i 

&COR nè< nôvTevuo on . . . coc][>poc7rnn . . . Mes.poirei TenoT nceccoT.vi n5'i ne- 

giioA\.e nAoïMoc nes.i eTees.nei^e" eTpe ^en pooTTT n0.Ro.e0.pToc ep noeiR epooT 

grande nécessité qui lui était incombée. Cet homme se rendit près de notre père 
apa Schnoudi, il lui parla au nom de l'intendant, l'informa de la tribulation dans 
laquelle était (ce malheureux). Mais notre père saint, par les miséricordes de 
Dieu qui habitaient en lui pour tous les affligés, envoya vers le grand person- 
nage, l'exhorta en disant : «Pardonne à cet homme, afin que Dieu te pardonne 
aussi tes péchés au jour de la nécessité.» Et celui qui servait (les prisonniers^ 
quitta le vieillard, arriva à la ville, parla à l'écart avec la femme de celui qui 
était enfermé, disant : «Voici que j'ai la réponse de ce grand homme, afin qu'on 
mette en liberté ton mari, si tu veux venir avec moi vers le maître, afin que je 
lui annonce la parole; maintenant crois-moi aussi, laisse-moi être avec toi;» car 
c'était une très belle femme et une compagne excessivement fidèle. Mais elle 
pleura, et ses larmes coulèrent sur ses joues, disant à 

qu'ils aillent maintenant écouter ces pestes de femmes qui soutfrent que les maies 

I. Cod. ^eu. — 2. Cod. T&.n«>.T^rK. — 3. Cad. A\.ncTipoua)jtTOC. — 4. Cad. ueT2^iA,Ka>uci. — :<. Lod. 
ei deest. — 6. Ce Aven qui est grec est écrit .sûî. — 7. Cad. iiT^Mioupucic. — S. Cod. lycv iu\v<;\"On. 
— 9. Cod. neTroft.H. — 10. Cad. caccn. — 11. Cod. ctc^-ui^vI^- 



246 E. AMÉLINEAU. 



Mn nes.1 eT<5'coujT Kes-Kooc nces. oirc^iMe MTOioir ô.n t€ g^n' ottÊiôv'A. npeqenieTMei. ^ 
iv\îiecoc RôJA-coc ôK. neneicoT Mnpoc^HTHc 2s.ooc g^n^ neq7V.ouoc 2SLe OTn ^0^^ nev- 
22.Ï uïiïie nô».g^pen ^à^^ pii^ TdvUMes. niM eiT€ ^oott eiTc cg^iMC tiAhu 2i.e nnei (verso 

col. 1) ev2s.c peM uô.c cg^es.1 (0 ec € (?) eio ^e Te 

oq Aiew MMo.Tr «(yi (iieT)2s.iis.iionei . . . oô<i 2s.€ ev^ep (ly)TiHpe iiTMtievT- 

ujïne MnpcoMe hAhïi g^iTen ee ïiTd>.qg^022.^e2i. ^iTen n€ï\£ii£ies.cMoc eTOTrein mmoott 
€2i.coq MMHïie iie22.evq ttTeqc^iMe 2sl€ €ic^hht€ TeHô^ir €«^ïce e'^-enoKTOir fetoiv 
née nTô.q2SL00c ne es^pic Monon Mô.poTri\ô<ô<T eÊioTV. ^ti^ Teies.nôwUHH. Tecg^iMe 2^e 
es.cqid.Tc e^pes-ï eTue ne2s.e>.c nTei^e ss.e nno-yTe «tok eTcooirn enew- (col. 2) 2sli 
n(ybnc. ewirco es.cei lyes, nTôJA.ô.iTitopoc €TMMes.Tr ec2s.(o mmoc 2S-e ô^mott Mô^poTHes. 
nd.pes.1 eÊoA es-iroo née CTe^nô^u evpic. neûinn 2!i.e eTMMes.Tr eTiei2s.H*5 es. ncevTevnes.c7 
Mes.oq THpq es.q2i.eR TôsnoMies. eÊioTV. ed.qcTr7V.es. nTMnTujes.Tr nTec^iA\.e née ^coc 
on^ OTTô.i^Mes'Xtocïev. Mnnccoc es.q£icoK. ujes. iies.p^con es.qTo.Tro nTei.noRpicic 
Mno7V.7V.o epoq e>.Trco nTCTrnoTr Mne nes.p;)(^(on evnTi?V.eue '° esA7V.es. nTeTrnoT esqTen- 



9 



impurs fassent l'adultère avec elles, avec ceux qui regardent mal (et) d'un œil 
de concupiscence les femmes qui ne leur appartiennent pas. Vraiment notre père 
le prophète a bien parlé dans ses discours, disant qu'un grand nombre rougi- 
ront en face d'un grand nombre de tout ordre, soit homme, soit femme; cepen- 
dant" 

Le mari s'étonna de l'imprudence de l'homme; cependant comme il souffrait 
des violences qu'on lui faisait endurer chaque jour, il dit à sa femme : «Voici 
que tu as vu les souffrances où je suis, va, fais comme il t'a dit; qu'on me lâche 
seulement de cette nécessité.» — Mais la femme leva les yeux au ciel et parla 
ainsi : «Dieu, tu vois la violence qui m'est faite!» et elle alla vers ce malheureux, 
disant : «Viens, qu'on lâche mon mari, et fais ce qu'il te plaît.» Et ce malheureux, 
rempli de Satan tout entier, il acheva son iniquité, il vola l'honneur de la femme 
comme ;^i:elui) d'une captive. Ensuite il alla vers le grand personnage, il lui 
annonça la parole du vieillard; et aussitôt ce personnage ne contredit point : sur 

I. Cod. çe«i. — 2. Cod. eneieirM.ci. — 3. Cod. çcn. — 4. Cod. oeu. — 5. Cod. ç^en. — 6. Cod. 
cni2s,H. — 7. Cod. nce.a..e.tn.c. — 8. Cod. otn. — 9. Cod. iiTe.noRpv\cic. — 10. Cod. evn-^Airc. — 
I I. Tout ce passage ne peut se traduire ù cause des lacunes. D'ailleurs on trouvera le passage cor- 
respondant dans les autres monuments. 



MONUMENTS, ETC. 247 



iiooT ôxquô. np(OM€ €&o?V. ctoth €^ot«. ô^ttco neTepo-4 Tiip-^ ôv-^wôw*.-^ nà^-\ ç.iioK 

.... (sic exit hoc fragmentum.) 

D. Vie d'apa Schnoudi.' 

(recto) . . . K€ ïieTdvq . . . euTeq .... otcom ne neu .... ne e'^MOuji ti€2s-ô. .... 
2S-IMÏ Mds.q 2s.€ 5i nà^w MUô^iMO ... M ... . MOiOTT çàoTV. A^.w wiiK^(o) cdv neieÊiT. 
neoq 2s.e evq(7i MTij7V.ô^K.on es.qAVd.2^ mmcoott eTô^qi enujwi d.q2s.€M î\i^€?V7V.o eqo£i 
epevTq eqTco&o a\.c]J)'^. exô^qiye e;6oTM e-^pi evq2s.iMi u'^ujioo ec^H e.îpHi ec£iep£iep 
ïiTe Tiïc|>ïci. TOT€ es-Êiûes. ujeno-y^ is.qRô.'^ ^en neq^HT 2s.e <^ôvi ne es.Mev ni2SLiMi 
c^H eTes-TTes-Moi eneqeponoc «eM Tieq;)(v\oM. €Tô».Truj7V.H7V. neM MOTepHOT ùk'V- 
OTTCOM MTiROTTSSLi Mc5>ici eviren(K)oT. ^en tc^ô^uji 2v.e Mii(ie)2s.copo ô^ttcootj\ot 
ôvirep CTnew^ic neM noirepnoT evTrep nie2£.copo THpq eir^^coc e'^*^ otoo eTepx^'-vTV.- 

?V.ein2 5en ^ô<n (02s.(h M)nnevTïnoc.3 Menences. nô.ï es.£i£iô. ujenoTr*^ (verso) 

npie €...€..p M eujcon ô^iti efcoTV. (d.TM)oujï ;$en 

le champ il envoya, fit mettre en liberté l'homme qui était enfermé et lui remit 
tout ce qu lui était dû (sic exit.) 

D. Vie d'apa Schnoudi. 
mange il marchait. Abba Bgimi lui dit : «Prends ce 



du fleuve à l'ouest. Mais lui, il prit le vase, il le remplit d'eau et lorsqu'il remonta, 
il trouva le vieillard debout, priant DieUo Lorsqu'il fut entré dans la cellule, il 
trouva la marmite placée (sur le feu), bouillant sous la cuisson. Alors apa 
Schnoudi comprit dans son cœur que c'était abba Bgimi dont on lui avait tait 
connaître la gloire et la couronne. Lorsqu'ils eurent prié ensemble, ils mangèrent 
un peu de ce qui était cuit, ils se reposèrent. Au milieu de la nuit, ils se levèrent, 
ils firent ensemble la cynaxe, ils passèrent toute la nuit à louer Dieu par leurs 
chants, à chanter des cantiques spirituels. Ensuite abba Schnoudi 

I. Ce fragment memphitique d'une feuille non paginée est pris des manuscrits de Lord Ckaw-kord : 
il est rangé sous le n° 38 et a pour titre : Acts 0/ abba Schmidi. La feuille est déchirée et malheureuse- 
ment presque illisible à cause du frottement. Je ne crois pas qu'on puisse en déchiffrer plus que je 
n'en ai transcrit. A cause de cet état, je publie le fragment tel qu'il est, me contentant seulement de 
corriger l'orthographe de quelques mots grecs. — 2. Cod. eTcpvVvvAni. — 3. C.oJ. avuujvtikoh. 



248 E. AMÉLINEAU. 



•^-ïioï «eM .... Md.Tr ô. ^rt) OTT ... uj Mne^ipH-^- eepe '^•M€(T)ccoTn . . €*<fe£iô. uje- 
noT'V OTTConp eÉioTV. cô^Ciêô. n2£.iMi. ô^ciycom citmouji mti& eviri e2SLen oirpeqMCOOTrT 

eqeOMC MTIIMÔ. Ç^T^MMiKlS- 2S.G OTTM OTOtt OTTMHUJ ÏICCOMÔ. eo(MC M)MÔ».ir nT€ 

Tiieettoc nô.px^'ioc. ' (€t)ô. ujenoT'^ 2>.e nô.qMoiyï . . epe m . . . ottssli hê . . ^en 
Teq . . . 22. . . . e2s.en (o)Tiipès.nïon ti€ OTr(pe)qMcooirT . . . ujenoT'^ 2i.€ ô.qH(o7V.p oa\. 
n . . . ïicoTi eniRpôittion . . . . oir ô^qo . . . . n . . . 22.e .... mcoottt ô. . . 2s. . . . . ô^Éiêiô. 

ujenoTT-^- 2S.ÏMI e '^ . . . . . ^ô^ipe^ . . . epe nip .... coiy .... «tô. r^'f 

^ÇQ OTTO^ m uj MeTevqTôi ....m.. .(p. ...t. eô^Tiejen 

(p)HnTie ud^p ic22.eu '^noT .... ndw ... . (sic exit fragmentiim.) 

E. Fragment de règle monacale? 

(P-^^) ttô^iycone THpoTT. pes-nc revp €Tpe oirott mim ô.2.^pô».Tq enCiHMô. 

MTie^c MTe noirev hottô. 2s.ï ttnev£io7V.2^iTM neqccoMes. npoc nenTô.qis.ô.TT eiTe ô.u^a.- 
eon eiTe neecoir 2s.eHô.c etieeipe MTieTpô^nôwq MTinoirTe ^n nen^ÉiHTre THpoTT 
MTnnoT^Aie nty'opS'c mm «notT nuoTV.is.cic nes.TOirco mïi nTiMtopies.^ ergô. ooTe htm- 
s\7V.HponoMei nneTeMne êiôwTV. hôvIt epooir Miie Mevô<2s.e cotmott MUOTevAe eopes-i 

ils sortirent, ils marchèrent dans la campagne Dieu voulut ainsi que 

l'élection d'abba Schnoudi fut manifestée à abba Bgimi. 11 arriva que, marchant 
tous les deux, ils rencontrèrent un mort enterré dans ce lieu, car il y avait une 
grande multitude de morts de l'ancien temps enterrés en cet endroit. Lorsque 
Schnoudi marcha 



(sic exit.) 



E. Fragment de règle monacale. 

car il est nécessaire que chacun se tienne au tribunal du (>hrist, 

que chacun reçoive pour son corps selon ce qu'il a fait de bon ou de mauvais, 
afin que nous fassions ce qui plaît à Dieu en toutes nos actions, que nous échap- 
pions aux embûches, aux tourments injmenses et sans fin, aux châtiments ter- 
ribles et que nous recevions en héritage ce que les yeux n'ont point vu, ni les 

1. Cod. n*>p;x;coc. — 2. Cod. ^«pc. — 3. Ce fragment est le CCXXX du musée de Naples. ZoKga 
en a publié les passages principaux sans les traduire. Cf. Cat. cod. copt., p. 553. — 4. Cod. na^ij^opiA. 



MONUMENTS, ETC. 2^ij 



e2s.M ng^iiT upcoMÇ Hôwj £\\riK nuoTTe cÉiTOiToir uuexMe mavo'^. CTÉie ua.i Av.;vpit 
oevpep epou pu pco& uïm evTrw «Ttmpoce;Xl^ ?*^ OTM«Tô.upi&Hc euivô^tuon Av.ne- 
u}7y.H7V. pu OTOOTC MTe ntvoTTe ud^Tds. îieqMTiujew eire pM ncwoTp eixe pM iicoot 
ncon eiTC p« «hï ^m mô». «im eiT€ pu Tccouje eiTe pu Tcooirpc. .uev m.w exu- 
upuTq uJ^s. pp^^i encTMOOUje pi Tepiu eTpetiujTV.u'A. eppevi enuoTTc pAv ueupuT 
Tupq eu(3toujT cncô». MneujTVuTV. epe ueu'j'122. no)p2SL efeoA .uneTTuoc MnecTe^-v- 
poc" euTô^To MneujTV-HTV. excup pM TieTTô.uç'eTV.iou epe ufedvTV. MnejiOHT A^.t\ t\iv 
neuccoMev quir eopô^i en22.oeic ïiô^Tds. ee eTcup 2£.e d.iqï ut\eviû6.7V. eop^«vI epou 



nsi-oeic TieTOTTHO ou Tue uee uufeô^TV. uupM0d.7V. eTTlouiT e- (p.vvs^) tootot uueir- 
2s.icooTre. UTUc^^pô^iTi'^e mmou UTevp;^H euaiTy-TV. UTec<^pô.uic .vv.n2iownTicAv.6w expeu-^ 
nMô^eiu MnecT^s.^^poc2 ereuTepue uee Mnepooir UTe^Tdô^nTi^e Av.Av.ot\ evTco uoe 
eTCHO ou le^emnA. eTA\.'^ Ten5l2s. enecHT euAiev upoou h eTMAv.opT uiyopn 
HTuqiTC eppôvï exeuTepue UTU2i.ooc pM neupuT 2s.e ô^ucc^pe^ui^e mmou uTevi 
e^u Te ee UTecc^pôwiric Ainfed^nTicMev ôv7V.7Ves. uTA.Tiyco'A.o Av.nAv.eveiu AvnecTevTpoc^ 

oreilles entendu, ce qui n'est point entré dans le cœur de l'homme, les (biens) 
que Dieu a préparés à ceux qui l'aiment. C'est pourquoi prenons garde en toute 
chose, appliquons-nous avec exactitude à (observer) les règles de la prière, dans 
la crainte de Dieu, comme il en est digne, soit dans la réunion, soit dans les six 
(prières), soit dans les maisons, en tout lieu, soit dans les champs, soit dans les 
groupes. En quelque lieu que nous soyons, même en marchant, prions Dieu de 
tout notre cœur, ayant égard à la beauté de la prière, les mains levées en forme 
de croix, récitons la prière écrite dans l'Evangile; que les yeux de notre cœur 
et ceux de notre corps soient levés vers ie Seigneur, comme il est écrit : l'ai levé 
mes yeux vers toi. Seigneur, qui habites le ciel, comme les yeux des serviteurs 
regardent les mains de leurs maîtres. Munissons-nous du sceau du baptême au 
commencement de la prière, faisons le signe de la croix sur notre front, comme 
au jour où l'on nous a baptisés et comme il est écrit dans Ézéchiel; n'abaissons 
point d'abord la main vers notre bouche ou notre barbe, mais portons-la à notre 
front en disant en notre cœur : Nous nous signons :^ (A vrai dire") ce n'est pas 
la manière dont (fut fait) le sceau du baptême, car, au jour où l'on nous a 

I. Cod. Mnc^f. — 2. Cod. AVTicT^. — 3. Cod. .suierf. — 4. Mot -à -mot : Nous nous scellons, nous 

nous marquons. 

33 



2 5o E. AMÉLINEAU. 



CTTCOne MTlOTTd. nOTÔv MMOn MKC^OOTT ejlTèvTTÉiô.llTI^e MMOn n^HTq. MTind.Tr Uô.p 

eiTîiô.iiwTVo eneujTVHA tiTen5'eTiH cTwoirti ô.ttco cttkwTV.^ eS'TVaL tiô.t nTn5"\2s. i\ô.t 
d.Too euvyô.uT\d.pT« e2s.M nenoo ïiTiipiMe §^m nen^HT g^ô. nenno£ie nevTe^ ee 
eTCHO 2i.e èvMHeiTïi uTïioTrwujT nTupiMC MTieMTO eÊioTV. Mn2s.oeïc KeiiTes.qTivMOïi 
UTeTM TV.ô.ô.TT MMon po7V.coc qi 2s.coq eopô^ï eqi\7V.2$. ïiô<t 22.e othoS' T€ Tevi MMttTe».- 
TooTC ô^TTco A\.MnTi!vTcÊ03. enujevttTcooTTn 2s.e on nTncq>pô<i:^ï5e ôwTroo M.n n . . . o' 
TpeuTô^TTO MneujTV-HTV. Avneirô.i^uGTV.ion utucotic €ii2s.(o m- (p^e) moc 22.e ii2s.o€ic 
'^- MTeupoTG eopivi GTien^^HT €Tp€np ocoÊi GTicon^ ujô. ene^ nTup ^ot€ ^htr «virco 
noTà. Tioirev eqcouj €Êio7V. om neq^HT on ottô.^ ô^^om eq^nn 2s.e t&ûoi ii2s.oeic 
€nôwTieTORn '^•co eneu^Mg^ô^A efeoTVon niyMMO eTTMp 2S-oeic €poi '^nevujcone 
€ioTô.e>.£i evirco '^-nevT&Éio e£io7V.pn oirno(r' nno£i€ ô^ttco 2SLe ot^^ht Q^o'S'à.à.Si conxq 
noHT ïinoTT€ oirnHô]^ eqcoiTTOon Mes.p€qp ûppe om nevcô. npoirn. es-irco eTriyô».n- 
KcoTVp epMooc nTncc^pô.i^i^e MMon on eTenTepne mtitttiioc MK€CTô.Trpoc= wt».- 
oMooc nTn'^ MnenoHT Mn nenMô>.ô<2S-€ €niyis.2s.e eTOTTôiô^û eToirMe?V.GTd.> ma^oott 
uô^Tiv e€ enTô^irpcon eTooxn g^n nei^pô.'^H gtotô^ô^Éi 2s.e neviynpe ô^pi poTe ohtot 

baptisés, on a oint le front de chacun de nous en forme de croix. Mais au 
moment où l'on sonnera pour la prière, hâtons-nous de nous lever; si l'on sonne 
pour ployer le genou, ployons le genou et lorsque nous nous serons prosternés 
sur notre face, pleurons dans notre cœur sur nos péchés, ainsi qu'il est écrit : 
Venez, adorons, pleurons en présence du Seigneur qui nous a créés. Que per- 
sonne ne lève la tête après avoir ployé le genou, car c'est une grande irrévé- 
rence et ignorance. Lorsque nous nous serons levés, signons-nous; et après avoir 
récité la prière de l'Évangile, prions en disant : Seigneur, donne-nous ta crainte 
en notre cœur, afin que nous travaillions pour la vie éternelle et que nous te 
craignions! Et que chacun criant en son cœur avec un gémissement caché dise : 
Purilie-moi, Seigneur, de mes (péchés) cachés, épargne ton serviteur parmi les 
étrangers, afin qu'ils ne dominent pas sur moi. Je serai saint et je serai purifié 
d'un grand péché; et encore : Crée en moi un cœur saint, ô Dieu, et renouvelle 
en mes entrailles un esprit droit. Et lorsqu'on sonnera pour s'asseoir, signons 
encore notre front du signe de la croix, asseyons -nous, appliquons notre cœur 
et nos oreilles aux discours saints dont on fait méditation, selon qu'il est ordonné 

I. Il y a une lacune : il faut lire sans doute Avnncck.. — 2. CoJ. mhc^. 



MONUMENTS, ETC. 23 i 



nud.iyes.2SLe eô^uiyouoT 2w.€ epow MeTes.tioei evTOi ou 2s.e uevujupe -^ othu exivco- 
(piis. p€KT nei\Md^es.22.€ 2s.€ eud.iuev2s.e. eTMTpe Aes.d.?r eToyyT epOTu om iipo MueTOi- 
TOTCoq ev2s.u' po)2i u^^^^peiô.^ uje^pe oircooCie av.u otuotttj; ujo)ne pAv uoo utr-V 
g^HTT evu H UTe oTfTcouT uîooue eT&e tiô^ï. Av.ovpupd.pep epou epoiCi uiav. pÂTFi epe 
TempT^rt Hôv'^- oce upuTq UT€UTô<7V.e neupuT e2s.u ueu^iss. uue^ppAv. ueu2s.oeic 
ejpn Tne eueipe nueuiyAHA pM neupuT Tupq eu2s.oiK e£ioA Mnuî*<2s.e 2s.e uioot 
nuôippAv. nuoTTe uoTe^Tciô. ucmott ue-^ uueuui7V.H7V MueT2s.oce uueniK6.Aei ma^oi 
MnepooTT eneKeTV.ïvyic ô^ttco '^uô.tottss.or uc^ eooir ue^i. Avnpjpe Ad.d.Tr '3'e 2£.ooe 
2s.€ MUTôki nes-ppHciô.-^ MMds.Tr nuô^ppM TiuoTTe ewuj eppd.1 epoq 2i.e ô.ur ota.- 
MeAuc. Mes.pn5toiyT eTuoS' MMUTUjes.u p^ruq MnnoTTe ou ueupes.'^H eTOTdsA.&. 
nujupe nT6.qoTcoM UTeqoTrcies. pu OTMUTUjues. uTepeqRToq pA\. ueqpuT Tupq 
eneqeicoT es.irto ^n oTrefeÊiio €q2s.co mmoc 2s.e u'^Av.niyès. ô.u AV-MOTTe epoi 2£.e 
TieHUjHpe 2SLIU UTenoTT is.uos.Tr 2s.e UTes. TMUTiyes.u pxuq MnuoirTe p ott uès.q. evirco 
UTeTVcouHC nTes.qp^ioTe epoTu pu TeqMeceuT MuqTo'A.Av.es. eqi ueq£iô<7V.» eopesi 

dans les Ecritures saintes en disant : Mon fils, révère mes discours et, après les 
avoir reçus, convertis -toi; et encore : Mon fils, donne ton cœur à ma sagesse, 
incline ton oreille à mes discours. Que personne ne regarde le visage de son 
voisin sans nécessité, car il y aurait rire et hilarité au visage, ce qui n'est point 
utile ou ce qui (causerait) de la colère.^ Gardons-nous de toute œuvre dont notre 
âme souffrirait dommage : plaçons nos cœurs sur nos mains en présence de notre 
Seigneur qui est dans le ciel, prions de tout notre cœur en accomplissant cette 
parole : Immole au Seigneur un sacrifice de louange, offre tes prières au Très 
Haut, invoque-moi au jour de ta tribulafion et je te sauverai, glorifie-moi. Que 
personne ne dise : Je n'ai point la franchise de m'écrier au Seigneur, car je suis 
un négligent. Voyons la grande miséricorde de Dieu dans les Écritures saintes. 
Le fils qui a mangé son bien dans la luxure, lorsque de tout son cœur il retourne 
vers son père avec humilité en disant : Je ne suis pas digne de me nommer 
maintenant ton fils; voyez ce que la miséricorde de Dieu lui a fait! et le publi- 
cain qui se frappa la poitrine n'osant pas lever ses yeux au ciel, et s'en alla dans 

I. Cod. €2c.n et ainsi dans tout ce fragment. — 2. Cod. wx^w. — 3. Cad. T,.\n\«\poncu\. le ç^ à 
cause de l'esprit rude sur le second p. — 4. Cod. cqme iv£rû<v\. — 5. Ce passaj^c indiquerait assez 
le caractère de Schnoudi. 



32* 



252 E. AMÉLINEAU. 



ToAoc neTpoc muucô. Tpe^ô^pnô^ Mîi2i.oeic uiyoMnT ncon «virco pu TMUTpequiM 



euep eTreTrc|)pd.ne pA\. npô^uje nTMUTepo mmïihtg. CTÊie nes^i Mes>piiTooR ïi^ht 
pcocon G2s.ti TMnTUjes.n OTnq eTiiôwOîcoc MnnoiTTe nT€ncouj eppes.! epoq pM nenpHT 
THpq nttes.ir ïiim. 

€'yiyô.tiuô< TiccooTrp eÊio'<V UTeiiMeTVeTôv ujevUTenncop enenHi cTMTpe Aô^ô^tt 
iyev2s.e MTieTpiToircoq ennes^ÉicoK enccooTp ko.» eoirpcoÉi' n^peiev- ne pn nepÉmire 
iiTcooij^oc. .vv.ôvpn5coiyT nTnei eueïiHi enpevpep enenTo7V.R Mnconp. €t£ig ïtavttcth- 
pioti 2!^e A\.iieuoT2s.ôwi Mniiôwir OTOTni^Tà^OM." e»eTpenc£iTC0Tïi on oTrno5' npoTG 
enconc Mnos-oeic om nenpnT Tnpq ^xn uenMeeTe THpoir eTpenp Mnyyev mmocj 
neino(3' n;)<^ô<pïCMô>. nqô^ô^n nÊippe eneTpè^nô^q MnnoTTe €n2s.Hn eÊ'o'A. om neq- 
OTTCouj ccoMô». v^TT^H nuô^ eunicTeiTe €niydw2sL€ MnccoTnp 2s.€ Tô^ces.p^ i^e^p oTppe 

sa maison justifié par le Seigneur! Et David dans sa conduite envers Bersabée 
et Urie qu'il fit mourir! et le grand apôtre Pierre après qu'il eut trois fois renié 
le Seigneur! Grâce à un clin d'œil du Seigneur et à sa miséricorde, dans les 
hauteurs de la gloire divine, éternellement, ils se réjouissent de la joie du royaume 
céleste. C'est pourquoi ayons aussi confiance dans la grande miséricorde de Dieu : 
écrions-nous à lui de tout notre cœur en tout moment. 

Lorsqu'on congédie la cynaxe, méditons jusqu'à ce que nous soyons rendus 
à nos maisons : que personne ne parle à son voisin en allant à la cynaxe, même 
pour une chose nécessaire à la communauté : allons à notre demeure* en obser- 
vant les commandements de vie. Quant au mystère de notre salut, -^ au moment 
où l'on fera l'appel, préparons nos cœurs avec une grande crainte, priant le 
Seigneur de tout notre cœur et de toutes nos pensées de nous rendre dignes de 
cette grande faveur, de nous renouveler dans le plaisir de Dieu, de nous parfaire 
selon sa volonté, corps, âme, esprit, croyant à la parole du Sauveur : Ma chair 

I. Cod. cTT^cùû. — 2. Cod. ny^^idK. — ■:^. La dernière lettre est effacée. — 4. Mot-à-mot : regar- 
dons à aller. — 5. Ce passage indique qu'il ne saurait s'agir des cénobites de Pachôme, car on trouve- 
rait ici inention de la peau de mouton dont les cénobites étaient vêtus et qu'ils devaient enlever en 
se rendant ù la communion. 



MONUMENTS, ETC. 253 



MM£ Te ôwTTCO llô.C»Oq OTTCCO MMC lie TieTïlô.O7r0iM UTd^Cô.p7 u-^eo) .W.Iiev.CUO'1 

quew^Tco ^pd.1 n^HT ô^ttco ô^uoii opôwi »^HTq. iitu^li MUMTCTiipiou ou OTiyil 
pMOT uTeufccoK eîieuHi ^h OTpô^iye mu OTTeAuTV. euo t10.T2s.pou om uencMOT 
THpq uôwopu ueT- (pMR) nev-y epou Tupoir eiTe i\Aupiuoc ciTe uepo)Av.e uce-V 
eooT AvnuoirTe om nTpeiruô^.'y eTeuicTUMU' Tupe uTMUTpequjMiye uoTTe ecTo- 
^icocou ^u OTTAve. uTUMe7V.eT*< ou euÊiUR encoooir^ ô^ttoo euÊiuu efcoAoAv. ucojoto. 
RTô^iye iye>.2s.e 2s.e m\\. Aô^ewir ottmouou ueT^ifeoA es.A7V.d. ueuuecuuir h eoiuj eiaoTV 
enujô».2S-e Môvpu£s.ô.q uCioTe epou Tdvi eô^p Te T^iup ^co£i uuevpcoc mu ueTeuce- 
Tipocex^ ^" euMOTT ^u TeTrvyTr;;)(;^H d.A7V.ô>. Mô^puKô». iiuje).2s.e MnjvoTTe m^w 
n^pe ucon^ ï\es.Tes. ee eTcu^ 2s.e epe npooMe uô^cou^ ô^u enoenv Md.To.ek-4 ^^♦\-*' 
euid.22.€ niM eTHUT eÊioAou pcoq MKuoiTTe epe npcoMe ue^coup epooir. uTuiyoiue 
euo npMMd.0 gô. ueuè^nocTue^oTTC^ neTeuquô.2s.i ootto ô.» eTMTpe^'fcoss.q eMUT 
MMepoc Mil OTTMepoc M\^ô.7V.THpiou d.Trco neTeuques.TevTro d.u uô^tô». ottujh eTpeq- 

Tô^OTTO MUT MV^Ô^AmOC H ^OT Mn OlTMepOC Ue^HOCTHeOTTC^ Ô^-TTOO neTUdvTCOOTJl 

est vraiment une nourriture et mon sang vraiment un breuvage; celui qui man- 
gera mon corps et boira mon sang habitera en moi, et moi en lui. Recevons le 
mystère avec actions de grâces, allons à notre maison dans la joie et l'exulta- 
tion, sans causer le moindre scandale dans toute notre manière d'être à tous 
ceux qui nous voient, soit clercs, soit autres hommes, afin qu'ils rendent gloire 
à Dieu en voyant toute l'application de la piété envers Dieu dont nous sommes 
vraiment revêtus. Ayons en abomination de multiplier les paroles avec quelqu'un 
non-seulement avec les étrangers, mais aussi avec nos frères, ou de crier en par- 
lant; car c'est l'œuvre des paresseux et de ceux qui ne s'appliquent pas à mourir 
dans leurs âmes; faisons au contraire pour nous une nourriture de vie de la 
parole de Dieu, comme il est écrit : L'homme ne vit pas seulement de pain, 
mais il vit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Soyons riches en les 
choses que nous apprenons par cœur : que celui qui n'en apprendra pas davan- 
tage n'apprenne pas moins de onze parties du psautier : que celui qui ne récitera 
pas toute la nuit, récite dix psaumes, ou cinq avec une partie par cœur, l^our 
celui qui se lève pour méditer pendant la nuit, si celui qui est avec lui dans la 

1. Cod. TcnicTHMci. — 2. Cod. iicnû.uocTi>'«OTC. — 3. Cet exemple prouve bien l'incertitude 
de l'orthographe pour le son 1. 



2 54 E. AMÉLINEAU. 



€Me7V.eTôk tiTeTUïK epujôiU neT^ïi Tpi iiMMe^q 5^0 e^nROTR nTqTMTcooirn eMeAeTev 

T(3l tiTcoMT eiinoTTe eTÊi€ nèvi Mii^nHÛ ^mcTom cpoq ô.n eqep T1Î20A Mupo ipM^) 
iiTpi nquwTVo euTOM eTpe iieTttROTR twotm nqMeAeTô^ 2SLei\ô.c eqeTdvgo eTdvTe 
neqvirôJ\MOC Mti neqMepoc nevnccTHeoTc Mne^TOU kcoTV.^ enctooirg. eqiyô.nTM- 
nepce on eqeMOiTTC eneqpôiit Mn£io7V mtitom uïôwttTqToooTrn. equiô^nne^ce 2s.e 
nqTMp pnoq eMcAeTev uqp^n oiTKinî^Trnoc ôwii nujcone mmot ô^7V.7V.es> eirti Soxk 
MMoq nnôw^pM nnoiTTe eqo npeq2$.nes.ô.ir ncô^goir îitôw nei7pô^(5)H Tô^TToq ess-Av. 
iipeq2s.»evô.T qnô.iv\HponoMei Av.Moq. es.irco on npeq2i.nd.es.Tr on R.d>.Tes. neq^ÊiHire 
eTOTTonp eÊioTV. 2i.e qTMp ^(o& ^n Teq(jbA\. Tnpc eTpeqoircoM Mneqoeiu pn ncq- 
^ïce evTTCo Teqp&cio Ain nô. TC^^peie^' THpc MneqccoMd^ eiTe eqTRR eiTe eq^n 
oiriyoone eqiyevnTô^^oq eiTe on oTTMnTgTVTVo ecujes-niycoTie ejpeq^e eoiron €2g.o 
eÊioTV. epoq noToeiiy m av. evirco nceoe ei\€oen\ nc(oq nceTes.è«.q enAie^ Avnpo d.7V7V.ev 
nqS'co eqoTTtoAV. pn ng^ice nneqcnmr esirco nq"^ oÊicco oitocoq on nenTev-ycooT^OTT 
epoirn on TeTMnTSS-cocope Ain TGTMnT^HT nujnpe i\is.n eoirujnpe- g^ootoq ne evirco 

cellule reste à dormir et ne se lève pas pour méditer pendant la nuit, que celui 
qui est éveillé par ce qu'il est vigilant, qu'il prend soin de son âme et (veut) aller 
à Dieu, et c'est pour cela que le sommeil ne prévaut pas sur lui, (que celui-là) 
sorte à la porte de la cellule, qu'il frappe sur le mur pour faire lever l'endormi, 
que celui-ci médite afin d'avoir fini de réciter ses psaumes et la partie qu'il (doit 
réciter) par cœur avant qu'on sonne pour la cynaxe. Que s'il ne se réveille pas. 
que l'autre l'appelle par son nom en dehors du mur jusqu'à ce quil se lève. S'il 
se réveille et qu'il fasse ce qui lui plaît au sujet de la méditation, sans être en 
danger d'une maladie mortelle, mais ayant la force aux yeux de Dieu, par pa- 
resse, il héritera de la malédiction que les Ecritures prononcent contre le pares- 
seux. Et de même pour le paresseux dont les œuvres montrent qu'il ne travaille 
pas de toute sa force pour manger son pain grâce à son travail, (pour gagner) 
les vêtements et tout ce dont son corps a besoin, soit en bonne santé, soit pen- 
dant la maladie si elle lui est survenue, soit dans la vieillesse si elle lui est arrivée, 
qu'il trouve quelqu'un pour semer pour lui en tout temps et lui trouver du pain, 
qu'on le mette à la porte, mais qu'il ne reste pas à se nourrir des travaux des 

I. Cod. TÇ-y^^Ms.. 2. Cod. CTTUJJipe. 



MONUMENTS, ETC. 255 



oireswTUOÊie ne evTVTvev d^qoeTn TMUTpeq2$.uôvd.Tr udvc^ Mo.Trdko.-4 (■■^nè.ujoue 2i.€ om 
Tiiiee^icoti eqTttTCiMi eoT- (pn) ^Hpe' tuvcT »d.p^o)u om nuocMoc ô^to) ueTccuHc 
cpe neqcioiT mh ueqcHHir THpoT om TieooT Mn t\ot!1o'4 »TM!\TpMMèkO mh 
neooTT ïiTeTrTiv^ic eneiTMô. ne «p KOAv.ec h ^nceMOiti uToq oojor^ e-^OM najine 
«TAinTpeqTcoÊig^ epe neT'Td.io Mti nec^HMô. «TMUTpeqTWÊio Mt\ nujme 01 re-^- 
udvoCi eqTcoÊig^ MMoq eq^tjoAe MMoq epe pcoMe uim TioiyT tvcev neqcou e^oMooc 
0Ï2S.M neepottoc iiTMYiTOHueMcon eirjjloujT ocoott mcô. hôvi om neiTonoc uotoït 
eqo «peqTcoÊi^. tôvï Te ee exepe MeTOTd.ô.& mh Hd.ui7e7Voc uèv'3'wiyT jicô. npeq- 
2i.nd.ô.Tr OM nueôwicon îiô.n OTr2s.ii\d.ioc ne eq^M nTonoc Mnoirnoq ujô. euep mu 
npes.uje «TMnTepo «MnHTe eqo «peqTcoÊi^. eT&e nô^i Môwpuoô.peo epo« TMUTpeq- 
22.ttevo.Tr ^M ocoû niM lyopn Me» eTpeq*^ Hd.pnoc MnnoTTTe ^« ttRei.pnoc eTOT- 
d.d.Êi Mttttcwc ^tt ttô. nccoMô. Res.Tô. Teq;)(^peïd..2 «ne^pnoc ^e Mnennè. eTO^^dve^Êi 
eTepe npcoMe nevssLi cûco epooir eiyô.q2£.nooTr ttes.q om npequToq nqes.iy d.ooM 
e2i.tt neqMttTo.Me7V.Hc ettTô.qd.d.Tr nqnes. eoTe MnnoiTTe tte).q ttqnicTeire 2s.€ u}ev2s.e 

frères et à se revêtir de ce qu'ils ont ramassé par leur courage et leur attention 
filiale, quoiqu'il soit lui-même un fils innocent; mais il a choisi pour lui la paresse. 
Il ressemblera dans l'autre vie au fils d'un grand chef dans le monde, bien né, 
dont le père et les frères sont dans la gloire et l'allégresse que (donnent) la 
richesse et les honneurs de leurs charges, que leur dignité soit d'être cojntc ou 
prœses. Mais lui, il est dans la honte de la mendicité : l'opprobre, l'extérieur de 
la mendicité et la honte sont sur son cou, l'humiliant, l'enveloppant. Tous les 
hommes voient son frère assis sur le trône de sa charge et voient aussi celui-ci 
assis dans ce lieu solitaire, mendiant. C'est ainsi que les saints et les anges regar- 
deront le paresseux dans l'autre vie; quoiqu'il ait été juste, il sera mendiant 
dans le séjour de l'allégresse éternelle et dans la joie du royaume des cieux. 
C'est pourquoi gardons -nous de la paresse en toute chose, tout d'abord pour 
fructifier en Dieu dans les fruits saints, ensuite en ceux du corps selon son besoin. 
Quant aux fruits du Saint Esprit^ que l'homme apprendra en les acquérant par 
sa conversion, qu'il gémisse sur les négligences qu'il a commises, qu'il place en 
lui la crainte de Dieu, qu'il croie que toutes les paroles éci ites dans les saintes 

I. Cod. cTTujHpe. — 2. Cod. TcqxP'*^- — 3- Toute cette phrase est peu compréhensible et la cons- 
truction me semble incorrecte. 



2 56 E. AMÉLINEAU. 



nnujd<2s.e «cô. tiô^^ott MMoq muccmot MoirptoMe «TTpôvnnoc oai hrocmoc Hpcqss.! 
«(Tbttc H oirnopnoc h oirpeqssLi oire eTrnoTrî2s.e neoTC MHMOTr efeoTV. mmoott ujevn- 
TOTp TicTeonô.ir eTnd.2i.i MoeiT ohtot cope^i enTe^RO. ô.Troi Avnnccoc «Te kmott 
TonoT n€UTd.T«e2i. TeqooTe e&oTV. mmoott cmu (SIsm expe T^ôvôvit ncoT «TOOTq 
eoTujdw2s.e ' Tie ed.qei eÊo7V.ott pcoq MunoiTTe slc om neg^ooir exe tmô^otcom 
eÊioAoM Ti€iujH« o« oiTMOU" TeTttevMOTT TÔ.I T€ ^6 M«ni€ujd<2SLe THpoTT enTdvq- 
2S.00T oiTM neqneTOTTô^evÊ nco« ô.q'^ con^ cTHpoir eMïi 7V.evevTr «ô.euî^'Ai^bM encoT 
MTOOTOTT. cTÊie Tiô^i «d^MepdvTe M«\pt\uev eoTG MnnoTTTe Môitt WTenncûT GÊiOTV. 
rtneo&HTe mucô^oott «tm'^ mô. TiecMOir oicoco» 2î.euô^c cire^^e epon €TrnTev« nevp- 

pHCIÔw OM TlHeô<ICO« è^TTCO UJÔ. «ôvIWii THpOTT nMd>.ICOH ^evMHH. 

cttOMOOc 2s.e on Mncwoiro MevpttOMooc gn oTTCô^no €pe «ett^oiTe ocofec nn€n- 
TIÔ.T eT5l37V.2s. epoirn ujô^pon à^Tiù MTipTpen(TcoujT e£io?V.OAv nccooTO €t\€00to ôvttco 
MTipTpen^coujT eMoniv^oc oiÊioTV. h iiepcoMe oir2s.e MnpTpett^coM g2s.h «cco gthh 

Écritures seront accomplies, qu'il ne rejette pas en arrière les paroles comme 
dans le monde un tyran violent, ou un fornicateur, ou un voleur qui ont rejeté 
loin d'eux la crainte de la mort, alin qu'ils fassent leur plaisir qui les conduira à 
la perdition. Et lorsque la mort dont ils ont rejeté la crainte loin d'eux les aura 
saisis, il n'y a pas possibilité que quelqu'un échappe, car c'est une parole qui est 
sortie de la bouche de Dieu : Au jour où vous mangerez de cet arbre, vous 
mourrez de mort; c'est ainsi que pour toutes les paroles qu"a dites son fils saint, 
il les accomplira toutes sans qu'il y ait possibilité pour quelqu'un d'y échapper. 
C'est pourquoi, mes bien-aimés, plaçons en nous la crainte de Dieu, fuyons les 
œuvres de malédiction, revêtons -nous de celles de bénédiction, afin que nous 
soyons trouvés ayant franchise dans l'autre siècle et jusque dans tous les siècles 
des siècles : ainsi soit-il. 

Et loisque nous sommes assis à la cynaxe, soyons assis avec décence, nos 
vêtements couvrant nos pieds et serrés contre nous; ne regardons point dans la 
cynaxe vers la plupart (des assistants), ne regardons ni moine du dehors ni 
homme (laïque); et lorsque nous allons vers nos sièges, ne foulons point aux 

I. Cad. €Truji\5te. — 2. Le manuscrit est érasé en ce passage, cette lecture et la construction ne 
sont pas certaines. 



MONUMENTS, ETC. 20-] 



(pnÊij ^dvpwoTT nncciiHiT eMMOoiyc cueHMôk «pMOoc è.TO) £0)£i niM CTiipeuei 
HTMttTpeqiyMiye MOiTTe eMnnssLOOTTTc «oir€«€pH7r «^htott è.TO) mtmi\o>t mmc- 



HTcofcc nnoiuonoMOC. 
Mes.pe noires. (Tè hotô^ mmo» npoc^icTev ud^TV-wc £« oTMUTqevi pooTruj enpoÊ 
nTes.TrToujq epoq g^» oir^oTe nT€ TiHOTTe. MoiuonoMOc cTpeTrqi npoo-yuj uuuev 
ttiM ^n TeTr2k-ies.Konies. eTMTpe Aes.è<Tr TdvKO m^htott h eTpeTOÉiujoTr cpcn ocm 
CTOM nMOOTT ttceTevKo H eTpeTTis.Mïe ^evg^ mmott m^mott ^n OTrMnTpeq2S-ni».A.Tr 
eTpeqpcouje «^oott cnes.ir evATV-d». TevMie npcouje AVMHiie exMTpe ottom ceene npoTO 

€OT2fi.OTl' nOTTOOM 2$.ip iVlTCO MCeTMttGSS- ^dv^ ttfctttte enMOOTT ÇTô^Mie ^evg MMOT 

nfcnne 2sl€ eqeptoiye ngooir CMes^ir h ujOMnT eTpe neoAo^' Mnfcnne iyi£ie om 

pieds les nattes (?) placées devant les frères : en toute œuvre qui convient à la 
piété, ne nous rendons pas impurs en elle, édifions-nous les uns les autres dans 
la doctrine de notre Sauveur, Dieu le Christ, Jésus notre Seigneur à qui appar- 
tient la gloire avec la puissance dans (tous) les siècles : ainsi soit-il. 

Avis POUR LES ÉCONOMES. 

Que chacun d'eux se conduise bien avec soin dans l'œuvre pour laquelle on 
l'a désigné, dans la crainte de Dieu. Que les économes veillent à toute chose 
dans leur service de peur que quelque chose ne se perde ou qu'ils n'oublient les 
pains qui sont dans l'eau et ne les laissent se perdre, qu'ils ne fassent dans leur 
paresse beaucoup d'eau salée de manière à ce qu'elle suffise pour deux jours. 
Au contraire, faites- en la quantité suffisante pour un jour; qu'il ne reste jamais 
plus d'un plat de saumure de poisson; qu'on ne jette pas trop de dattes dans 
l'eau pour faire beaucoup d'eau de dattes, afin que cela suffise pour deux ou 
trois jours, de sorte que la douceur de la datte se change en aigreur; qu'ils 
n'égoussent pas en un jour plus de tharmous qu'il n'en faut pour une semaine, 
qu'ils prennent soin qu'on les lave (une) ou deux fois par jour; si c'est possible 

I . Cod. CTcaton. 

33 



258 E. AMÉLINEAU. 



oooTT ncenpocex^ eneed.pA\.oirc eeïd.ô.Tr k ncon cnevir mmh- (pnu) ne eujcone 
pco CTU (ToM eTpeTTKô. TiMOOTT cqccoR ^ï2$.(ooTr nnô».'?r mim 2s.grôvC €pe necnmr 
ndvOTOMOTT eMn ?V.es-ewT ncToi mmoott eqpooir, eTMTes.ue OTTOore i^e on nevpd». 
nuji €TTHUj eTMOTpeujq 7V.is.d.ir nnRô. nÊi7V.2s.e lyes. ^pô».ï eoimoTri' n2s.oTi n£i?V.2s.€ 
on oirMnTd.M€7V.HC. ^coÊi niM gd.Ti7V.coc nTennpocex^ epooir gn oirnicTic ne^fen-ye 
uô^p nTHOintonies. ngen cevpuiKon ô.n ne K.es.Td. ee nneg£iHire mtirocmoc. ô^irto 
noinonoMOc eTCO&Te expeimpoce^xi^ enptoMe Mnpo gn ot^o eqnoTM Mn oir^'i 
nuïd<.2i.ï ecTHUj. neTOTrnes.Tis.evq 2s.e nes.q nceTd.es.q gn OToirpoT es.irco nceTes.Mïo 
nnnnôw eT0irnes.eÉiTC0T07r nnecnmr g^n oirno^' ncnoir2s.H Mn OT^OTe nTe nnoTTe. 
ncTOTrnevnevCTq ncenes.cTq nevAcoc eiTe gi nesiAcoq eiTe gi TeTpip. ncenô^pes.THpeï 
eTMTpeirpeng ges.g nuje es^TV-es. ujOMTe nuje €nes.iy nes.Tô^ nncoT es.irco nceTMneîs. 
gd^g nuje egoTn enucog^r eneooTTo Tino(3' ne ujon cnes.Tr nuje enRoopT. neT2s.epe 
e>.u} on OM Mô^ niM ues.Tes. tcï ge. nuje on eT0Trnes.n02s.0Tr CTeTpip cTMnes TV-ô^ô^tt 
epcong iyes.nTOTrgcon c^oth CTTOTrco^ eTTTMgo. nceTpe gen rotti pooRo nTne nn- 
(pn2s.j uje CTÉie ni\es.nnoc es.Trco ncepeM npesng^e eMes.Te on TCTpip eTpeTr5to eTT- 

qu'on fasse couler de l'eau sur eux à toute heure, afin que les frères ne mangent 
rien qui sente mauvais; qu'ils n'emploient pas de légumes en pure perte au-delà 
de la mesure fixée; que leur négligence ne leur fasse mépriser aucun ustensile 
de terre, pas même le plus petit plat de terre. En un mot, en toute chose appli- 
quons-nous (à agir) avec foi, car les œuvres du cénobitisme ne sont pas des 
œuvres charnelles à la manière des œuvres du monde. Que les économes soient 
toujours prêts à veiller sur le portier avec un visage plein de douceur et un 
langage convenable. Que ce qui lui sera fait soit fait avec joie, et quon fasse 
les choses que l'on prépare aux frères avec grand soin et crainte de Dieu. Que 
ce que l'on cuira soit bien cuit, soit dans le four, soit dans le feu ordinaire. Qu'ils 
se gardent de brûler une foule de morceaux de bois, mais (qu'ils brûlent) seule- 
ment trois morceaux par foyer selon la règle, qu'ils nen jettent pas trop dans le 
teu : c'est beaucoup que deux morceaux de bois dans le feu. Ceux qui allument 
le tour en tout lieu (doivent faire) ainsi. Les morceaux de bois qu'on jettera dans 
le feu, qu'on ne les laisse pas brûler avant que (les autres) soient sur le point 
d'être complètement brûlés et consumés. Que l'on fasse brûler de petites (choses) 

I. Cod. cTKOTi. — 2. (hd. eoToi. 



MONUMENTS, ETC. 209 



ujHp eueTrepHTT ncepoÉicoir ^i xnc mcot h Keei2s.oc 2s.euewc i\CT0TMd.«02SLq €T€t- 
pip H ncoTTO H «evpiym e-yeAcou ^iv otmotucc ne^oTo lyev^ uô^p ^u Td<p;)(^H 
Mcquevôvir e?V.(OK Kev7V.coc. Munccoc eTuid^uoirioîv epis.TC nxeTpip eTUd.^e' enpo^H 
THpq Mnnev-y tiTe^^^^peies.^ evToo neTOirnice MMoq ucenevCTq uevAoic. çtji 00.0 
tiutopT ujooïi eiTTco^ AVMoq eMôwTe ^n OTTCnoira^H ucencocone nu'TevAô.^T çTOTOiOT 
2i.ei\dwC npoKpe on CTpds.poo'y cTress-epo. n€TMnpocG^e ou e«eTujcoMe GTp€Teipe 
on nTei£e MTiGTOTnes.nôiCTq hô^tôk. Te^peiô^^ MneTujcone eirqi Mneqpooiruj on 
oirnos' MMeTujevn gTuq. pcoMe niM on eqTHUj e^wÊ niM nôvTôw T€i^e ujev ^pevi 
eneTndwcep mooit €Ti\(OTe enecnnir eTpeqeiô^ neq(Ti2SL MTiôiTeqMe^ moott ô<to) 
nqeiô». ngooMec KevA.coc RevTev nucoT ncon cnô».Tr Rô>.Tes. cdwfiifcèvTon ^n TnHCTeiew+ 
cnT€. n'^gMe 2s.€ nqGïd<es.q noTcon Kes.Td>. ces.fcfcekTon nqxep n^ooM€c nqnôw^Toir 
£!io\ ^XM.i\nç^ MTid.TC5M€g MOOTT. ujujG 2s.e on €noiRonoAv.oc eTMTpe'Sô.MeTV.ei eoT- 
pco^Te^ H eueTV.es.es.'y n€ï2k.oc eTpeqTes.ï\o ^m hrco^t ^TÊe moott h eTÛe vhm epooir 
ujev ^pô^i €ir '^ 

en dessus des morceaux de bois à cause de la fumée; que l'on brise les tisons, 
surtout dans le four, afin de les faire rester rassemblés (?) les uns avec les autres; 
qu'on les revête de fiente par- dessus, ou d'autre chose, afin que le blé ou les 
lentilles qu'on mettra dans le four cuisent tranquillement, car le trop de feu dans 
le commencement ne les laisserait pas bien bouillir. Ensuite lorsqu'on ouvrira 
le four, on trouvera le combustible entier à l'heure du besoin; et ce qu'on cuit, 
on le cuira bien. Lorsqu'il y a beaucoup de feu, qu'on le remue avec prudence, 
qu'on place les chaudières sur leurs trépieds (?), afin que les tisons qui sont en 
dessous brûlent. Que ceux qui veillent sur les malades fassent ainsi pour ce qu'ils 
feront cuire selon le besoin du malade, qu'ils en prennent soin avec une grande 
miséricorde. Que tout homme désigné pour toute œuvre de cette sorte, même 
celui qui répand de l'eau autour des frères, lave ses mains avant de puiser de 
l'eau, et qu'il lave bien la cruche selon la règle, deux fois par semaine, aux deux 
jours de jeûne. Quant au tihme , qu'il le lave une fois par semaine, qu'il secoue 
les cruches et les vide chaque jour avant de puiser de l'eau. 11 faut que les éco- 
nomes ne négligent pas les chaudières, ou quelque autre chose, de manière à 
ce qu'il y ait perte dans le feu à cause de l'eau ou du mouvement 

I. Cod. e-TKA.^. — 2. Coi. Tt-j^piô.. — 3. Cod. tcxP»*^- — 4- ^^^- TniiCTu\. — 5. Cod. crptooTC. 
— 6. Le premier fragment finit ici. 



200 E. AMÉLINEAU. 



(p^e-) 'es. on 2i.€ neir nô^noTn ocrt gevpô.TOT (evTr)(o neTrAevc 

uds.0Tre ereo iiTeTTTeviipo eT&e tiô^i ^e nô^cnHir Mô^peneiMG ^n OTtopsi. 2s.€ ^en 
iyiv2fi.€ dvii ne oTs^e n^en es.cne ô.n ne è^AXes. ceneviycone. Mô^pnp ^oTe eMe^xe 
€TMp 2s.poR ^oAcoc ^M nMôw eTepe cnevir h ujoMnr coott^^ epoq MTipevn nie 

qiyoon iTd.p nMMôiTr ô>.irco eq^n (T€)TrMHTe i\es.Tev €q2i.ooc ccotm 

Aï Ti 11Î2S.0 n n 

e eeT ûcor oo 

nTepoTT^^e 2^e e(pcoM)e Mn o&cco mm .... nuïe7V.eeT ^ . . . . 

touj Mnq*^ co . . . . n(yi nppo expeiTMOirp nneqoirepHTe Mn neq'Tiss- nceno2g.q en- 
i\d.,i\e eT^i&o'A. eqnô^ujcone MMes.Tr n^Ti npiMe Mn n^Tes.^y'^ nnoû^e Mes^pn'^ pTHxn S^e 
eniyn oht Mn^'es.^'g nno&^e 24.e pen es.uj n^or ne Mev\ïCTes. 2i.e ceMnn eÊioTV. es.Tco 
neMRes.^ Mni\e>ii\e (5to n^nxq ujes. ene^. Mes.pen'^ ^Tun on ex-^ MTies.peenoc ncoS* 
eTeMTioTTîs.ï ne^ MMes.Tr ste es.Trqi neTr7V.es.Miies.c ^coott es.TrMoouje Mn ncô^ûeeTre 
es.Trnpoce;)(;^e enes.Tiye7V.eeT ujes. Tnes.iye nTeTTujn ev7V.7V.ev es. (npo) ujTes.M epcooTT evTTco 
es.Trcco- (po) (tm) en22.oeic eq2s.co (m)moc 2s.e '^co(oTr)n MMcoTn es.n (2s.)e nTeTn pen 

C'est pourquoi, mes frères, sachons avec certitude 

que ce ne sont pas des mots et des paroles, mais que cela arrivera. Craignons 
beaucoup d'être une pierre de scandale dans le lieu où deux ou trois sont réunis 
au nom du Seigneur, car il est avec eux et au milieu d'eux, selon ce qu'il a dit 



Le roi (ordonna) de lui lier les pieds et les mains, et de le jeter dans les ténèbres 
extérieures, là où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Prenons garde 
à la misère des grincements de dents, (voyons) de quelle nature ils sont, surtout 
qu'ils sont éternels et que la souffrance des ténèbres les accompagne- éternelle- 
ment. Voyons les vierges folles qui n'ont pas pris d'huile avec elles; elles ont pris 
leurs lampes et ont accompagné les (vierges) sages, elles ont attendu l'époux 
jusqu'au nulicu de la nuit; mais on leur a fermé la porte et elles ont entendu le 
Seigneur dire : Je ne sais pas d'où vous êtes. Elles eurent ce grand chagrin et 
cette douleur' (de voir) qu'après avoir accompagné les vierges leurs compagnes 

I. Dans ce fragment il y a beaucoup de lettres disparues, je mettrai autant que possible deux points 
par lettre. — 2. M^t-à-mot : habite en eux. — 3. Mot-à-mot : Dans ce grand gémissement et dou- 
leur que .... 



MONUMENTS, ETC. 201 



^(OOTT ujô». THis-iye HTCirujH mm neiriy&p ndwpeeuoc evTrssLi ueTrcnnir e^o-vu euMew 
nujeTVeeT nTOOT as^e es-Tmoss-Oir e&oA. Mè^puiid». eoTe mô^h ïij\ujô.2s.e MnuoTTç «xn- 
ïie^ce MMon efeo'A.pM TÙuje mutô^ko mm rmott ujô^ eue^ MnpTp€Td..Mev^Tc mmou 
piTn noTTCoiy nTces.p^ mu noH2s^ottH MUiô^-ioott nxe neicoT me iyô«.d<Tu e&oApn 

TÛtto neAooTVe MnpTpenujtoue nis.n ncô^Êie (Mew)Trd».evtt utmêTV. OTrei e£io?V.p« u 

eTcoÊK n Mnpewti nT(MnT)e7V.es.;)(^icToc Mô.peti'jco THpoT pn t&o) «eAoo'A.e 

MM€ 2s.e nn€Trno22.ïi eftoA née MnuïAp nTnujooire nceno2s.e« enncopT «cepoKou. 
eTUîes.nujeT 0"yiy7V.p ues.p e&oApn tùco ncTV.ooTV.e €qnô».£icoH çtoom mh ues.p neiivioin 
MMivTC iieTcon 2£.o€ic n<5l[ TÉioo neTy-OoTy-e ôJ\7V.ev ettô^icon MevTC02s.M. ic ne;)^c UToq 

Ti2s.oeic H Tin eic tcc^ pTii 

... un (?) n Te eiy m (po*^) 

pn OTrMnTTes.M pnx h pn OTMtiTT&nH UTeiMine 2i.€ ottu «JbM MMon ereuî OTpco& 
H 2£.€ eïiTes.qT(oiy €T&e TenTMttTCdwûe h TenMnT2s.cocope ô^non nexeHT eiyssLe oth 
(ToM H T€no ncèvûe €T€uj oirptoli Mn&oTV. MnenpHT mïi nenccoMev . . . . p Teuj nett 
.... pHT pco Mti Tiew(cco)Mô^ €Tpe nes.(pe)pivTïi €nÛH(Mô».) Mïit\OTT€ (m)ïi 7V.eve<T 

jusqu'au milieu de la nuit, elles furent jetées à la porte, tandis que leurs sœurs 
étaient introduites dans l'habitation de l'époux. Mettons en nous la crainte des 
paroles de Dieu, tenons-nous éveillés et éloignés de l'oubli qui cause la perte et 
la mort éternelle : ne nous laissons pas prendre par les désirs de la chair et les 
plaisirs du siècle, de sorte que le père de Jésus nous retranche de la vigne. Ne 

soyons pas sages pour nous seuls Restons tous dans la vigne 

véritable, afin qu'on ne nous rejette pas comme des sarments desséchés, quon 
ne nous jette pas dans le feu, qu'on ne nous brûle pas. Si l'on coupe un sarment 
de la vigne, où ira-t-il? Ce n'est pas seulement pour ce siècle, mais pour les 

siècles sans fin, que^ 

dans l'aveuglement du cœur ou dans une pareille 

bestialité à savoir qu'il nous est possible de commander une chose, ou qu'elle a 
été commandée à cause de notre sagesse et de notre courage. Nous sommes in- 
sensés, si nous avons la force ou la sagesse d'ordonner quelque chose en dehors 
de notre cœur et de notre corps nous présenter au tribunal de 

I. Cod. T€iA.Tnei. — 2. Je ne comprends pas cette phrase dont le texte me paraît fautif. 



202 E. AMELINEAU. 



nTco(A)M ^M TienccoMô^ mïi Tenv^/ir^H mu Tiennnek eiuïô.2s.e eneTe Tev^o mm.oot. 
Md.pn22.n10 n22.ïii nnocT ujô. uroti eTpen^e^pc^ epon eMô^xe rottô. tiotô. ^m 

Tieqoco£i eneiccoiyq Mti TeiMnTTÉinH n(T€)iMme ère iiMeeTe mu 

KTevM € ô.7V.Aes. nôvCioMT Tre neTn .... noei n^coÊi niM evirco çttcouj 

MMOOT OiTii ncqevuueTV-OC eTTè^iH-y evirco ^ïth npcoMe. 

CTÊte eTeiyiye evô^c g-^ ncooc. 

nnoTTe nd.£ipev^is.M Mît icds.es.i\ Mn idvKcoÊi iiMoiTTe nis.Tid<' eqecMoir epon £i 
OTcon. TnoTTcoui 2s.e e*^ np nMeeTe nuTn eTÉie ee eTeujuje eivevc ^m Kcogc Mn 
Tie2s.nooir os^^wà^c n.nç. oTHÊiiye ujcone !\is.Tev TinoMOC nTROinwniôw eTpe npcoMe 

nTcooirpc Teuj npcoMe eTnô^Moo^e (poÊi) e nec i npoc (?) (o^c 

ô». couje eu necnnir eÊioTV. eTi(Mes. n)p ^coÊi nqpcouje on eT'oTV.OTr efeoA 

MTinô.'y eTeujuje ô.ttco rmô». eTqnô^oTrcoiy co^c npnxq h ue^coÊi Res.Td». ne^Êimre 
MTiccooirp epoirn h e('^) enoireie ^n TeuncoAin MnpcoMe nTcooT^c Mn npM nni 
nnoToeie.- ti^(o& eTqnes.Teiy tiottô». ïiotôw MMoq nnpcoMe eTnMMôwCj exMTpe TV.ôvô.tt 

Dieu sans qu'il y ait de souillure en notre corps, en notre âme et en notre esprit; 
je veux parler de ceux qui se donnent à eux-mêmes une charge. Réprimandons 
les grands comme les petits; que chacun de nous se garde dans ses actions de ce 

mépris et de cette sorte de bestialité qui est la pensée ., 

toute chose et qui les ordonne par ses anges glorieux 

et par les hommes. 

De ce qu'il faut faire dans la moisson. 
Que le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, que le Dieu d'apa (N.J nous bé- 
nisse tous ensemble. Nous voulons vous faire souvenir de la manière dont il 
faut agir dans la moisson et dans les aires, afin qu'il n'y ait point d'oubli, selon 
la règle du cénobitisme, afin que l'homme du couvent donne l'ordre à l'homme 

qui marchera les frères en dehors 

du lieu de travail; qu'il ait soin de les congédier à l'heure qu'il faut .... et lieu 
où il désire moissonner ou faire autre chose selon les travaux pour ramasser 
(les grains) ou pour travailler aux champs d'après la pensée de l'homme du cou- 

I. Le nom du fondateur est omis, comme l'a remarqué Zoëga. — 2. Le texte doit être fautif, car 
le verbe est absent. 



MONUMENTS, ETC. 203 



p ôwTccoTM «cooq ôwTV.'A.ds. CTpetip npoiCi cto'tuô.tô.ujiï epo'4 on oTOTpox e^stu- 
i\pMpM 2SLeues>c cpe oTrCieue lytone «ô^ti «Hô^^pM nuoTTe eTMTpe Aevè^T -Vron om 
^M. npô^p ^wÊ OTr2s.€ eTMTpe 7V.eves.Tr ep ujes.2s.e efeoTV. ôJ^Aô. eTpe noTrev noTes. MAvon 
p neq^ooÊi gn oT^OTe tiTe nHOTTTe evîsLn^ MttTujfoTTjujo ^i '^twu î2t(e;Rô.c epe iiec- 
MOTT MTinoTTTe €1 e2s.(on nqcMOTT ene^ÊiHTe THpoir enen'S'iss.. evirw eTMTpe Ae^e^T 
lyeT M^o eTi(eq)^ïTOTrcoq €q(ii(o)^c ev7V7V.ev eujui ... ne OTrn 'T'om m . . . eue^ nen- 
con . . . ujKUj iiMM . . . ^i iipev to^c. nTn2e>.pe2^ enett^HT eTMUTujOTujo uevTô^ *^*^P3 
nnoTTe uevp neT'^ mt^om eviroo tiTn^evpe^ epon eTMceujq neTpiTOirwn 2£.e nnenp 

^e Miie^ô«.picevioc enTevqceiyq nTe7V.oonHc. (pou) nTWTiiT tïmh Mnei2^ 

KevTd>. TieTOTrnev(7'co ne epcoTn. '^2s.w mmoc ^n OTMe 2i.eï\es.c eTCTueveipe k^vt*. 
Teig^e pn oirnicTic evss-M^ MnTpeqevpicRe nptoMe nnoiTTe nô^oircon ne^n Mne^e^po 
nevueveon eTe Tne nTne pcocTe UTe nuîev22.e eTcnp 2i.cou eÊioTV. e2s.con 22.e tmmt- 
pMMô.0 Heev?V.evccev «evuoTC epooT» evTTco Tes. n(p^)e^noc mu nTVevoc evirco 2i.e neTfe) 
Mil TOTrp^e7V.ïiïc mmô^it pu npcoMe «evci noirnoq. ujuje 2s.e on €tm'^ efeoTV. 07r2!k.e 

vent et de ïhomme de maison des laboureurs.^ En toute œuvre qu'il ordonnera 
aux hommes qui l'accompagnent, qu'il ne laisse personne y désobéir; mais fai- 
sons l'œuvre qu'on nous aura désignée avec allégresse et sans murmure, afin 
que nous soyons récompensés près de Dieu. Que personne ne dispute pendant 
le travail, que personne ne parle; mais que chacun de nous fasse son œuvre 
dans la crainte de Dieu, sans jactance ni dispute, afin que la bénédiction de 
Dieu vienne sur nous, qu'il bénisse toutes les œuvres de nos mains. Que per- 
sonne ne coupe le visage de son voisin en moissonnant 

en moissonnant. Gardons notre cœur de la jactance selon la 

chair, car c'est Dieu qui donne la force; gardons-nous de mépriser notre voisin, 
afin de ne pas faire comme le pharisien qui méprisa le publicain. Vous (recevrez) 

le prix de ce selon ce qu'on aura reçu de vous. Je vous le dis en vérité. 

afin que vous agissiez avec foi de cette manière, sans chercher à plaire aux 
hommes : Dieu nous ouvrira le trésor de ses biens, c'est-à-dire le ciel, de sorte 
que la parole écrite s'accomplira pour nous : La richesse de la mer se tournera 
vers nous, ainsi que celle des peuples et des nations; et : Ceux dont l'espoir n'est 

I. Cod. cattt. — 2. Cod. cDcn. — 3. Cod. eatM. — 4. C'est-à-dire du surveillant des laboureurs qui 
habitaient la même maison. 



264 E. AMÉLINEAU. 



€TMUÏ(On 0T2i.€ GTMp 7Vô.ô.-y H^COfe 22.1» OTTHOtS' Ujev OTTROTTI Ô.2S.M' TipCOMe «TCO- 
OT^C Mil Hô^T " Te^ (?) 

ûcoR n evTPco ejpe ç^coÊi niM ujcone €qcH^ ^m hmô». uTOiKono- 

Miô. 2S-m oTTROTi ly^x OTttO^^ eiroTon^ efcoTV. €To no7ro€in 2s.€i\dwC epe npô^n 
MTiHOTTe 2$.! €0oir 0» gcofe ttiM efeoA^n ne^&HOTe THpoir ÇTnev^iTOOTH epooT 
eôwôwTT «ceu|(oïie eTTCô^nHir CMevTe €Mes.T€ £coct€ rô.» epujô».» pcoMe «ïm nd^T 

epOOTT tlTMMTOn n^HT €2i.(007r €p€ nOTTiS. TlOTTè». MMOM 2S.C0 AIMOC ^tt ^Oofc HIM 

€Tneipe maioott 2s.in Mnno5' yyev ^pevi enROin (po2!i.) 

uj noi €Tco .... € MnptoMe tiTcooir^c lyev opôwi 

en€Tp oe£i2s.0MdwC mh hgt^ô^tm ^€n TÊnooire mm ^€ïi pip mu n€Tp€i enoiroeie 
Mtt ocofe niM His.Tèk ïi€nTcooM MTie AevdvTT es-MeAei e\es.es.ir eTpeqTes^Ro eqcooTn 
2s.e npice ne m^g» uootg h neq^ice nToq ne eTpeqssLoq e&oTV. €poq k CTpeq- 
Tô^ô^cj Ods.poq MMUTnev CTCcoTe- nTeqvyir^^H mmïi Aewis-TT ues>p ^hti ennoiTTe ujev 
ppevi cAeiiTon cttA.Tr noTr;)(;^Hpes. mu oT2i.co aimott ttoopuj. evTTco neittoS' nTeiS'oT 
evÉïpèvpdvM ne2s.d>.q 2sl€ 2i.in ot^wc ujô». otmottc «Tooire. evirco nssLoeic €quïev2s.e 

pas dans les hommes seront rassasiés de joie. Il ne faut ni vendre, ni acheter, ni 

faire quoi que ce soit de petit ou de grand, sans l'homme du couvent et 

et que toute chose soit écrite à 

l'économat depuis la plus petite jusqu'à la plus grande, que (tout) soit manifeste 
et lumineux, afin que le nom de Dieu soit glorifié en toute chose que nous entre- 
prendrons de faire, afin qu'elles soient ornées beaucoup, beaucoup, de sorte que 
quand même tout homme les verrait nous soyons en repos à leur sujet. Que 
chacun dise en toute œuvre que nous faisons depuis la plus grande jusqu'à la 

plus petite 

homme du couvent, jusqu'au semainier et à celui qui garde les bestiaux et les 
cochons, jusqu'à celui qui travaille aux champs, et en toute chose selon notre 
vocation. Que personne ne néglige quoi que ce soit de manière à le perdre, 
sachant que c'est le labeur des autres ou son propre labeur qu'il dépense pour 
lui ou dont il fait miséricorde pour le salut de son âme, car rien n'est caché au 
Seigneur, même les deux oboles d'une veuve et un verre d'eau fraîche. Et un 
aussi grand (homme) qu'Abraham dit : depuis un fil jusqu'au cuir des sandales. 

I. Cod. JVSCM. 2. (lod. eTCtOTC. 



MONUMENTS, KTC. 2b3 



MMOiTTcuc e&o'A.gti TMiiTe «TcevTe eq^oiu €toot^ uneT^n^vd^ô^T t\jtMOMOc uitujupe 
MniH'A. ^M nTpeir^M^oM eTecMH cfeoA^ti TCis.T€ ueq^ou ctootot çT&e oo)& uim 
lyes. ^p^vI eoTT&uii' eiTMô^ndw^q ^iTn oir^upiou- h «ceuc«cq ^it» OTMevce. *.7eTi\- 

€iMe «Te €T&e ^cofe uim d^Anecoc cènes. ^ e^ojÊi uim. mii p)Tpe«d.M€'\e(i) 

nTV.es.is.T n€^(ïce) 1^ cd.p THpoTT HTiioinoonidv^ ^cn Twiy «e giT.v^. tiuottc d>.TO) 
TticooTH 24.e OTTU oTTHeK ttes.Tes.^on ^ïTU TMiiT^ô».! pooToj uueofeuoTe uuec- 
nHTT enenTdvniiAHponoMei MnnoMoc nTivoincottie^ gi2SLM niiev^ uTuiv7V.HpouoMei 
ttMMèK.7r MTipevuje «TMttTepo MMTiHire. CTÉie nd.ï iid^n eup ^oife €«ep&H-!re cTnô».- 
Tôvuo enTes.00 €pes.Tq MnctoAiô». i\evTiv OTT^peies.' Mô.pn'TcoujT mkhotc oit» TAoï'j'e 
ttTe;>^peï*.7 €Tnes.Tevi\o Tev^-T^H ^^cococ ctototû exe^pe nT«evd<c mulJaiavo enouo 
ujôs. eneo. ôvtco nuôk.nto« MTieiyA7V. «ôi ticcoott^ mm Mes. ticoot ncon nT«eve<T ou 
neTOTruooire eTTUuj uôvtô. nucoT. 

Et le Seigneur parlant à Moïse du milieu du feu, lorsqu'il lui ordonne les lois qui 
devraient être données aux enfants d'Israël, dans leur crainte de la voix sortant 
du feu, il leur donna des ordres sur toute chose, jusqu'à la bête qu'ils couperont 
en morceaux pour un animal, ou qu'ils immoleront pour un veau. Vous savez 

que pour toute chose, vraiment on toute chose. Ne soyons négligents en 

rien, car toutes les souffrances de la vie cénobitique sont des statuts de Dieu, et 
nous savons que l'on nous traitera d'après le soin que nous aurons eu (de rem- 
plir) les œuvres des frères qui ont reçu en héritage les lois du cénobitisme sur 
terre, afin que nous héritions avec eux la joie du royaume des cieux. C'est pour- 
quoi, quand même nous travaillons à des œuvres périssables pour le soutien du 
corps, selon la nécessité, prenons garde que sous prétexte de la nécessité péris- 
sable, nous ne rendions aussi étrangère à la vie éternelle Tâme qui est plus pré- 
cieuse que la nourriture. Quant aux règles de la prière, celle de la cynaxe et celles 
des six prières que nous faisons à leur heure, elles sont marquées par la règle.^ 

I. Cod. eu-TÊHH. — 2. Cod. oT^Trpioii. — 3. Le manuscrit est érasé, on pourrait y voir le mot 

cen&.3cuc, qui ne donne pas de sens. — 4. Cette restitution n'est pas certaine. — ."'. Cod. uTOinorto- 

Aiies., ce qui est une faute évidente. - — 6. Cod. ot;x!P'*'- — 7- ^'^'^- »T€;>^pi&,. — 8. Il s'agit sans doute 

ici de certaines prières que l'on devait faire six fois par jour; mais je ne sais pas à quelles heures elles 

se devaient faire. Je n'ai jamais rencontré dans les divers monuments coptes ou traduits du copte que 

j'ai eu l'occasion d'étudier, une seule allusion à cette règle des six prières. 11 y est sans doute tait 

allusion plus d'une fois, mais non pas d'une manière évidente. 

34 



266 E- AMÉLINEAL. 



nUCOT MnMô. ÏITCOO. 

CTÊe ee eTCUjuje €ô.d.c ^m hmôv noTTCoujM epajô.» neoiroeiu} ujcoTie ecMn nen- 
uoTTi uocni. Ô.UO» THpu Mè^petip' ^co£i eKTô^Mio MnenoGiR eiTe ^05" eiTe rotti 
ou oTOOTe UTG nuoTTTe Mil oTTiio^' nenicTHMK^ €UMe7V.€Tes. Mniyds.2s.e MnnoiTTG 
ou oTMUTceMuoc ivssLU^ MUT^SLevci ^UT ^i ujoTTUjoTr ^i MUTpeqô.picï\e nupcxiMe.4 

OTT MOUOU^ eT^MOOC GTHHkTCQ^ àXkd>. UG^&UTTI TUpOTT MUMôv UOTCOUJM GUCipe ^COÊ 

\iiM TioTTô. noTTô. U€^e eTOTTuevToiyq mmoc ^u ottmutctmht uqp neq^cofo X^P^^ 
p pes.p uiyo.2i.e7 pi coiy €&o?V. evirco eTMTpe oires. oo7V.coc toAmô». eccofce 2s.eRd.c \u\g 
Tiôwpiue (poeT) uuGi7pes><^H Tis.oou 2s.€ eiTTèvMïo MneToeiR^ eTTCcoÊie. epujd.H tg^.- 

pGIÔ».'^ UiWRG UTG OTÔ. 2S.UG nGT^ïTOTTCOq GO-yUJÔ.22.G "o UJUJG GTpGC^SSLUOTTq ^U OTTOpOR" 

X^'ipic oovy GÊioA. eviroo GTMTpe Advenir ottcom gïtg no5' gitg uotti A\.TioTri\to7V.o 

GHOTTCOM. TIUOTTÏ 2s.G Gqujes-Up p^Uô^q'" GOTTCOM GTMTpGqOTTCOM pcAcOC MïlMes. UUGT- 
pip H UTMHT6 UUGCURTT UCGOTTCOAV Ô<U ov7V7V.es. G'^ OGIIl Uô^q UqÛCOR GOTTMÔ..'^ MevTT- 

Règles de la boulangerie.'* 

Sur la manière dont il faut agir dans la boulangerie, si le temps est venu de 
faire notre petit pain. Travaillons tous à faire notre pain, grands ou petits, dans 
la crainte de Dieu et une grande prudence, méditant la parole du Seigneur avec 
respect, sans orgueil ni jactance, sans désir de plaire aux hommes. Non seule- 
ment pour mettre le levain, mais pour toute œuvre de la boulangerie, que chacun 
de nous fasse l'œuvre qui lui à été commandée avec obéissance^, qu'il travaille 
sans beaucoup parler et sans crier. Que personne n'ose rire le moins du monde, 
afin que l'accusation de l'Écriture ne s'applique pas à nous : Ils ont fait leur 
pain en riant. S'il est nécessaire que quelqu'un interroge son voisin pour une 
parole, il taut qu'il l'interroge avec calme, sans crier. Que personne ne mange, 
grand ou petit, avant que l'on n'ait sonné pour manger. Le petit, s'il lui plaît de 
manger, o l'il ne mange pas dans le lieu où sont les fours, ni au milieu des frères 

I. Ce passaf,'c se trouve aussi dans le cod. CCXXXI : j'ai choisi les meilleures leçons en indiquant 
les variantes. Cod. CCXXX : ivcxp. — 2. Cod. eniCTHAvei. — 3. CCXXX : eacn. — 4. CCXXX : npto.vvc. 
— 5. CCXXX : OTOwui.sv^. — G. CCXXXI : cTHOtrc. — 7. CCXXXI : .smito^xo «u|c<îsc.c. — 8. CCXXX : 
•vvnociK. — 9. Cod. Tcxpiiv- — 10. Cod. CTiy^ate. — II. CCXXXI : oTp.\u. — 12. CCXXXI : c^- 
ujiNHcp ^ii^tj. — ; s Cod. cTTAvev. — 14. Tout ce qui suit est d'une grande difficulté de traduction, à 
cause de la rareté dcè mots et de l'ignorance des coutumes. 



MONUMENTS, HTC. 267 



ôwdvq «qOTTCOM. ÔwITCl) AV.UUCdW TpCUTCiiOTTU' ^I TeTpè^RÇ-^A. MlUtd^T MOT0)M ,UM€€p€ 

cTAvoireM 5e- Aevô^ir «oeiH ujes-UTOTuev ncwoir^ efcoTV. MMeepe. eTii]d.t\j\es, nco)OTo 
e&oTV. eTpe npwMe Mn5ôvô.5"e^ ness. Tipcouie «oeiu^ ccTrfcip^ u-4\id<d.-^ pu otma. 
eqc'S'pdig^^'' Mïi OTTUjHM n^MOT eqoTTOssL eÊio7V.7 gmu KeAds.dw7r tho cpo-^ oT2s.e 
gMOTT iire tritAh nques-ô^q eg^pô^i m\\ nÊiip n^'dves.'fe 2s.eï\es.c TieTOTOiuj çotoïm 
eqefecou QMà<^ «qoircoM. neToirooM 2s.e eTMceTn 'Tdvis.'Te ^oAoje evAAô. neTt\uT 
GTOOT» €neqiTq HTnoiroMq €iTe ^m nûip eiT€ ^ti TeTpe«.ne-5ô. mucht MW'Td^iK'jç 



eTeqnevHOss-Oir enÊiip h eTeTpe^iie^d». cirnoce evirco GUdwUOTOir »e€ uotogiu n- pop 
OTTtoT €q«ôvCOTîiq nd.q eoiroMq. es-Too €TMTpe TV.d^.ô.'y upcojue ^m noTOiuj.u THp-4 
eiT€ MO(3' eiTc ROTi'o ujô. ^P^ï €OTres. equjcone €iiïeirA\.ei " eTes.Aiie oem «ô^q n^vp*. 
ee exepe necnnir ottcom mmoc ujev ^p^^i CTROTRe eTMTpe'- crev otomc .ue<Tes.èv-4 
ô<7V.7V.d< €pG npcoMG MTcooTT^c ^lis. TipooTTiy Hivq H tiTe neT2s.ie<Rouei eiVGTUjo3ue 

qui ne mangent pas; mais qu'on lui donne du pain, qu'il sorte dans un endroit 
solitaire et qu'il mange. Et lorsqu'on aura élevé la table à l'heure du repas, à 
midi, il ne faut pas manger avant qu'on ait congédié la réunion à midi. Lorsqu'on 
aura congédié la réunion et que l'homme (chargé) des morceaux de pain aura jeté 
dans une corbeille le (nombre) suffisant de pains, qu'il la place dans un lieu tran- 
quille avec un peu de sel pur où il n'y ait rien d'autre chose de mélangé, et sans 
sel de la porte (?), Qu'il place le (sel) avec la corbeille des morceaux de pain, afin 
que celui qui désire manger s'y rende et mange. Que ceux qui mangent ne choisis- 
sent pas le pain, mais qu'ils prennent ce qui se présente à leur main, qu'ils le man- 
gent soit dans la corbeille, soit sur la table au temps où les morceaux de pain sont 
mous (et trempés). Que l'homme (chargé) des morceaux de pain, avec une charité 
parfaite, choisisse les morceaux de pain qu'il mettra dans la corbeille, cuits et bons, 
comme un seul pain qu'il choisirait pour le manger lui-même. Qu'il ne laisse per- 
sonne de la boulangerie, grand ou petit, même un malade, désirer se faire du pain 
en dehors de ceux que les frères mangent,'"* même un gâteau; que personne ne le 

I. CCXXXI : cTpcqTtooirn. — 2. CCXXXI : ue. — 3. CCXXXI : .\vn=r.\(3'c, et toujours ainsi quand 
ce mot revient. — 4. CCXXX : npwuje sans nociu. — 5. Cod. cTÛip. — ô. CCXXXI : ncTpvxoT. — 
7. Le cod. CCXXXI n'a pas cûoA. — 8. CCXXXI : cqTiio. — 9. CCXXXI : -^c. — 10. CCXXXI : uo-n 
u|ev2sLG (!!).— II. CCXXXI : e^c^I<y^yMeI. — 12. CCXXX : eTpe. — 13. -Mot -i\- mot : en dehors de 

la manière des frères. 



268 E- AMÉLINEAU. 



Tô.Moq tt^TpeTTCMine hô^tt THpoT nceoTWM on OTiycouî noircoT.' ô^ttco epiyevn^ 
tn\OTri\e ou ujwne «Te npcoMe Mn5'dv5'e ^^-pe^ epooir nqTô.evir enMô. uneT^cone. 
eiy2s.e oirn ^om on eTô^Mie ^en rotti noeiu ^n oircnoTSs.H e'^--' KeujHM ncô^one 
epooTT nè.pev Mepoc tiTUTd^Miooir i\ô.7V.coc enuiô^ir n-^-oir^ n&ip nre TipcoMe MTi5'd.5'e 
pô^pep epooT nd.pev Mcpoc nqTô^ivy enMes. nneTujcone on TeenooMH AinpcoMe 
nTcooTpc. Mô.pnTô.Miooir KivTes.^ nevi neTpè^nô^q'^ AVTieTiywne Monon' MMon nei- 
poi& 2i.e <cooL>7V.e oTenieirMid. Te. TvfiK'S'e i^ô^p eTnoce ô^ttco cttêhit^ ndvnoir Teq- 
'^ne epoTTC neT5lî2s. ujcoTe efiioTV. OTô^ô^q n5tocoAe9 ujes-qppouj 'o c'es.p e2s.M ti^ht 
eneooTTo." ivTco neTiipocG;^e enciKe n TinoTTT'^ eTpeirciioirss.ô^'^e enotoÉi eToireipe 
MMoq on oTTOOTe nTG nnoiTTe eTMues-Tevc5>poneï po7V.toc encooirn (pon) 2s.e Mn 
Aes.evTr nocofc enô^noirq nd.oe e&oTV. €p€ nptoMe nevô^ô^q'-* eT&e nnoiTTe ô.AAd. cenev- 
lytone nô.n Tnpoir MMOTnec om nepooTT A\.Tino5' npivii. t5'i noTTcoujM Ss.e epoTrpe 
OM nMô< noTTWiyM i\d^Td». HTCOUJ nneTOTrtoujM on n7V.d^pM. neTpcouje eiiMCv noircoujM 
uiô<qMO"!rT€ enenTdiqTOiyoTr'4^ Mnnes-ir AmoTTCoiyAv p^n TeuncoMH MnevMpe'- evirio 

mange seul, mais que l'homme du couvent y veille, ou que celui qui prend soin des 
malades l'en informe, qu'ils leur en préparent à tous afin que (tous) en mangent 
également. S'il y a des gâteaux, que l'homme (chargé) des morceaux de pain les 
garde, qu'il les mette à l'infirmerie. S'il est possible de faire quelques petits pains 
avec soin et de leur donner quelque assaisonnement en dehors de la portion, 
faisons en bellement la valeur de cinq corbeilles; que l'homme (chargé) des mor- 
ceaux de pain les garde en dehors de la portion, qu'il les mette à Tinfirmerie en 
la connaissance de l'homme du couvent. Faisons-les selon ce qui plaît au malade : 
seulement que cette chose, à savoir le pain beurré (?) ne soit pas une concupis- 
cence, car le pain cuit et pur est meilleur au goût que celui pour lequel on coupe 
la pâte pour le pain beurré, car celui-ci est trop lourd pour l'estomac. Que celui 
qui veille à la meule et à la farine exhorte les (frères) à faire ce qu'ils font avec 
soin et da';s la crainte de Dieu. Ne méprisons rien, sachant qu'aucune des bonnes 

I. CCXXXI n'a pas uottoit. — 2. Cod. epvy». : les deux ont la même faute. — 3. CCXXXI : cKe-\-. 

— 4. CCXXX : n«v '^oir. — 5. Ce mot manque et semble nécessaire au sens. — 6. CCXXXI : ncxp noÈpe. 

— 7. CCXXX n'a que Monoti, et CCXXXI que AVMOn. — 8. CCXXXI : tTÛnT. — 9. CCXXXI : iiooto 
cna)2t(r iiiywTe cfioA eA.A.q. — 10. CCXXXI : ujA.qo^XocT. — II. CCXXXI : iiooto. — 12. CCXXXI : 
cnuoTTft. — 13. CCXXXI : nA.A.q. — 14. CCXXXI : eiienTc^TTO^OT. — l5. CCXXXI : ne<A».pH. et de 
même ensuite. 



MONUMENTS, ETC. 269 



on OTTujtouj noTcoT^ çTMivev ^onve u^htott çtmotu'^ uotoîujm pu oTod< MdvTi^ekT. 
ô^TTco tiqTeuj ncTUô^OTTCouïM eu7Vd.0M uô^Tes. uopouvou^ uuiu utçtm AevevT cçtr 
AèvgM uè<q OTres.ôs.q. oiron uim ^m timô^ uottwujm eTpejiMeAexev THpu ou oTojiy 
efeoTV. ôwU è^TVTVd. ^m oiropou. utc neTpcoiye enuoeiT uji uoçit «re ttot^v uot^v uô. 
neq&ip nnoeiT oewTti Teq7Vd.pM eTquôvOTrcoujM uoutc ujd^tvTe nô^.upe uo>Ap uuc-4- 
(jl2SL eoTr7V.es.OM7 h^ nq2SLOOc 2S.3 otwujm. eTMTpe 7V.es.es.7r 2s.e oTrwujM' oT^k-e CTMxpc 
uujtoTe'" eopevi pu u7V.espM cimhti" ut€ nesMpe 2s.ooc. euueuoTTooojM 2s.€ uoTCiy 
MMe7V.eTèv OTTUTes.» Te^OTCies. eMe7V.eTes. es.irco oiruTesu Te^oTcie». e-To) euiy^.uoTeu| 



Me- (poo) 7V.eTes. ou ^m Tien^HT iyes.HMe7V.eTo.. euujesup ^peies'- uotkoti mmoot 
eues.i\coAp eT\es.pM uoireiy uujôiSSLe ueTnpoce^e enAvooir uceeiue pu oTTenu 
uceuco upcooTT e£ioA es.n utoott eirMeTVeTes. esTco eirpespep eTMneoT av.oot e£ioA 

œuvres que l'homme aura faites pour Dieu ne sera perdue, et qu'elles nous seront 
toutes un (sujet de) repos au jour du grand jugement. — (Règles) pour pétrir le 
soir selon les règles de ceux qui pétrissent dans des pétrins. Celui qui préside à 
la boulangerie doit appeler ceux qu'il aura désignés à l'heure du pétrissage, en 
la connaissance du boulanger (en chef); qu'il désigne ceux qui pétriront et ceux 
qui devront verser l'eau; qu'il distribue les pétrins avec égalité, qu'il ne laisse 
personne des travailleurs se reposer du pétrissage seul dans un coin. Quils 
placent ceux qui pétrissent dans les pétrins selon la bonne disposition des lieux; '-^ 
que personne ne se choisisse lui-même un pétrin. Tous autant qu'il y en a dans 
la boulangerie, méditons, non à haute voix, mais en silence. Que celui qui est 
préposé à la farine pèse la farine, que chacun place sa corbeille de farine près 
du pétrin où il doit pétrir jusqu'à ce que le boulanger (en chef) frappe de ses 
mains contre un pétrin ou dise : Pétrissez. Que personne ne pétrisse ou ne mette 
de la farine dans le pétrin avant que le boulanger ne l'ait dit. Ne pétrissons pas 
sans méditer, si nous pouvons méditer, et lorsqu'on peut s'arrêter, si nous dési- 
rons méditer, méditons dans notre cœur. Si nous avons besoin d'un peu d eau. 
nous frapperons sur le pétrin sans parler; que ceux qui fournissent l'eau se hâtent 

I. CCXXXI : nqTwuj. — 2. CCXXXI : «Àe^OMe, et de même ensuite. — 3. CCXXX n'a pas no^wx. 

— 4. CCXXXI : e7rj«.e.Tii. — 5. Cod. nopa.iuo.i. — 6. CCXXXI n'a pas uji uoêjt. - 7. CoJ. «ttovO-h. 

— 8. CCXXXI n'a pas h. — 9. CCXXXI n'a pas tTA^xpe \.\.\y i^c oTtovy^. — 10. Ici cesse le CCXXXI. 

— II. Cod. ciAVHTci. — 12. Cod. XP»*'- — -i- Mot-à-mot : selon la droiture des maisons. 



Syo E- AMÉLINEAU. 



pô.DÔ.TOTT nnpCOM€ CTOTCOiyM. neTOTCOUÎM 2».€ €TpeTrtt€2S. HttOeiT eTAô.OM HOT€UÎ 

iiujTODTp 2SLe nne niyoeiuï MnnoeiT Éicor h ïiTe pooq Mn&ip Êicor enecHT en- 
MOOTT. evTTOi) ncecTioTr2s.dw'5e pn 0'y(T'eTiH ncexeia nnoeiT eTMKô^ Aô^ô^tt HHoeiT ^i- 
necHT MpevTc «TVivOM 0Tr2s.e «ceTMRô^ 7V.es-es.Tr tiujcoTe eq7V.02s.T enccoMô. «tAô^^m 
es.Trco ïtceTAV^ pevo mmoctt epoc €Tpe niyooTe (fnon evirco eiruîô.HUîi 2s.cooi5" eopes.i 
on tTV.ô.om «ceRô.ô.c cÉioTV. noTROiri eTpcirAve7V.eTô. eTô^^epô^TOir. Av.nnccoc nceoir- 
coujAi ott ujô^iiTC ndwMpG iitoxe €pooTr nq-Ç- eevCi nô.7r. eTriyô^uoTrco 2s.e eTTOT- 
coujM eTpe noTTô^ noTres. eies. Teq7V.es.pAi Ke)^7V.a3C nqnepT mmoott enMes. eTOimcopT 
epoq eTpe TiMèsnepip qiTOTT. Mtincooc Kceuj7V.7V. 2s.ih Tevp;)(^H kô^tô. nî\es.ncon tvce- 
£icoi\ eneiTHi eTMeAeTô. THpoir. eMTie 7V.eves.Tr ujd.2S-e pM nMes. ttoirooujA\. ev7V7v.ô^ en- 
2SLC0R eÊioA nTeuToAn pn oTiyîi pMOT. evTTco Tes.! Te Tffi noTTCoujM ^m nAv.es. ipn) 
noTcoujM. eTMTpe 7V.e)vev'!r mS'i noTTCOM ujcone equjoÊie npcoMe niM eqp pcoÊi om 
HAves. noTTCoiyM ev7V7V.es eTpe OTr(Ti noircoM noTcoT ujcone nevir THpoir. neTTCo'f 2s.e 
Mn neTTHUj eotoCi niAV nevTev ee nTes.cjToujc 2s.in nujopn n5l neicoT nTnoinconiev 

de l'apporter sans parler. Qu'eux aussi ils méditent et qu'ils prennent garde de 
ne pas répandre Teau à côté, sur les pieds des hommes qui pétrissent. Que ceux 
qui pétrissent mettent la farine dans le pétrin sans trouble, afin que la poussière 
de la farine ne s'en aille pas ou que le bord de la corbeille ne descende pas dans 
l'eau. Qu'ils aient soin en toute hâte en mettant la farine de ne laisser aucune 
farine tomber aux pieds du pétrin, de ne pas laisser de pâte adhérer au pétrin, 
de ne pas verser trop d'eau pour rendre la pâte trop molle. S'ils relèvent la tête 
au-dessus du pétrin, qu'ils l'écartent un peu et qu'ils méditent en se tenant de- 
bout. Ensuite qu'ils pétrissent de nouveau jusqu'à ce que le boulanger (en chef) 
fasse le tour pour leur donner du levain. Lorsqu'ils on fini de pétrir, que chacun 
lave bien son pétrin^ qu'il verse l'eau dans le lieu où l'on doit la verser, afin que 
le porcher l'emporte. Ensuite qu'ils prient dès le commencement selon la règle, 
qu'ils aillent vers leurs maisons en méditant. Que personne ne parle dans la 
boulangerie, et que chacun accomplisse avec actions de grâces les ordres 
(donnés). Tel est le pétrissage dans la boulangerie. Qu'il n'y ait point de manger 
différent pour tout homme qui travaille à la boulangerie, mais que le manger 
soit le même pour tous. Telles sont les prescriptions et les règlements pour tout 
travail comme l'a ordonné depuis le commencement le père du cénobitisme apa 



MONUMENTS, ETC. 27 1 



evnd». .... neuTA.TTTivng®''"^'^ piTM ntioTTe eneinoT ivTOiOM wèvti nueeioTc !\tô>.t- 
lycone Mnuccoq ô^ttuô». «uôwMcoïi e^pô^i ^u ot'jî «oiroiM eciyo&e utiô^MpuT euTis.T- 
evivc uA.Tèv ee uTô^qô^evc n(S'i mcottchc «ee €tvTd.«ccoTM om TieTTô.ure'A.iou €-425.05 
MMOc 2SLe ÇTÛe TCTiiMUTties-iyT ^iiT ô». MCOTTCHc "^^ TeoiH «HTii eivoTr2s.e eèo'A. 
iineTuoioMe 2i.ïïi TG^OTeiTe 2s.e MTiciycone 01 \\à.i. Guj2s.e nptoMe 2s.e nd^ixoipss. 
eneqcon nqiy£iTq cpoq ^n xeq^i hottwm eTÊe ottroti Hoice «ootto eneTu^^^ioiR 
€Cio7V. encore h euepcoû €ujd<irp i\evTrMev noHTq MTipTpeTiiev tiecnHir ht^^ttouj- 

OT €UG^(0£i 2^ïl TCOOTT^C eOTTCOM «MMÔ^TT €fiio7V.2S.e AlTlOTTÉlCOK G&oA. ttTOOIT Çp Ud^TMdk 

H euj€n ^ice d.7V.7V.d>. TMnToirè^ ht i\oi «tomes, ottuîï mottcot neTujoon noiron niM 
i\es.Tes. T(3l np ^co& «MeTOTrô^è^Êi née UTes. 2s^es.Tr€i2s. ei ujes neTeMUoir&coR çSioA 
ennoAeMoc ô>.quîôi2s.€ «mmô^tt ^n oireipHiiH ô^ttco ô<q- (pnô».) "^ neiTMepoc ncvT 
^n nujoAc gn oiriyco^ «ottcot née nnenTô>.Tr£icoï\ nMMes.q €iino7V.eMoc mk^ccotm 
nces. nenTis.TrnottHpcTr€ 2s.€ nTunes.'^ nevir is.«. es.Tto nss-oeic om neireK.uee'A.ion ïieq- 
TôvMOtt oiTYi Tnevpis.&o7V.H ^M TiTpeTi\pMpM tt(3'i nenTeK-Trqi gô. Ti£ie%.poc mucocott 
MU nïvevTrccon eirs^-co mmoc 2s.e eTÊie oir nenTevTrp oiro'ytto'y noTtoT eirp ^co£i evu- 

fA^ auquel a été confiée par Dieu cette grande vocation. Mais si d'autres pères 
qui sont venus après lui ont donné des règles pour une nourriture différente des 
boulangers, ils ont fait comme Moïse, ainsi que nous l'avons entendu dire à 
l'Evangile : C'est à cause de la dureté de vos cœurs que Moïse vous à donné la 
permission de répudier vos femmes; au commencement il n'en était pas ainsi. 
Mais si l'homme se distingue de son frère de manière à changer pour lui la nour- 
riture, à cause d'un peu plus de fatigue pour ceux qui vont moissonner ou taire 
quelque autre travail où ils ont chaud, qu'on ne laisse pas les frères à qui l'on 
a ordonné un autre travail dans la communauté manger avec eux, car ils ne sont 
pas sortis pour avoir chaud et peine. Mais l'unité du cénobitisme (veut qu'il n'y ait) 
qu'une seule mesure pour chacun selon la manière de faire des saints, selon la 
manière de David qui alla vers ceux qui n'étaient pas sortis combattre avec lui : 
il leur parla à tous pacifiquement, et il leur donna dans le butin une part égale à 
(celle de) ceux qui avaient avec lui marché au combat, il n'écouta pas les mé- 
chants qui disaient : Ne la leur donnons pas. Et le Seigneur nous instruit en pa- 
rabole dans l'Évangile par le murmure de ceux qui avaient supporté le poids 
de la chaleur et du jour et qui disaient : Pourquoi as-tu traité également avec 



2-72 E. AMÉLINEAU. 



2s.e ô.nu oTd.uo.eoc ô.noii. eTÊie 110.Ï ncTeujuje ne eTleTn^vp XP^^^' ^^'^"^ ^o''** 
€iTe MO^ neTTHUj eooofe niM ^m nenccooir^ e^oirtt uevTd. nenToo^M. eptyô^n^ ottô. 
ep wà.is'Mix eneooTO eTpeTirpocex^ cpoq n5ï ncTpcoiye. eujcoiie ne^Me muc^Tm- 
5bM GOTeM neqoem ^i TeTpè^ne^ô. nnecMinr Md.peqTd.MOOTr epe neqoHT tht 
epoq MMô^opM TinoTTG 2S-€ nqKô.Tô.q)pon€i d.n 0T2s.e «nequji&e evH MMoq €uec- 
«HT Rô^Tes. OTTio.pes.2s.ocic MU oTTCimHeeiô..^ OTr2s.€ on OTenieTMiev ô.» non2s.onn 
€uuîine ncô. OTnpn n oirtS'i noTcoM €qu}o£ie d.7VAd. nô.Td. 0Tr0.n0.URH Mn ot^P^ï^ 
d.Tw nT€ioe £n OTnô.ppHcid.^ MMnTUjnpe «TnssLOOc nce nTen^pi^" Tnpc ô.n 
nô.Td. TfjOM eTUjoon nô.n Mti ncTepe nnoTTe nô.Tô.ô.q nô.Tô. (pnÊi) oiroeiuj. Hô.n 
€puîes.n n€cnmr TnpoT p XP^^^ noirnoTri non ne n n€7V.e).ô.T n5'i noTCOM nô.Tô. 
nnoMOc nTRoinconiô. cpe npcoMe nTcooT^c nd.Toiyq nd.ir ^n OTTMnTujevn ^Tnq 
Mn oToirpoT. epiyô.n nnoTxe 2s.€ "^ <To^\ nnGT^ô.Tn nexpip ^n t^om nTd.qTô.è.c 
nHOd.uioc on Teopco MnpTpeTujine ^n oTMnTîTcoû eujÊiTOTr enecnnir nô.Tô. oTnes.- 
p0.2s.0c1c. Monon ô.Hon eTpen(TcoiyT ^SidA. eTMUjine ncô. ncTMon^ e^hTq n neT- 

iious ceux qui n'ont travaillé qu'une heure? ils entendirent ces reproches : Ton 
œil est- il mauvais parce que je suis bon? C'est pourquoi c'est ce qu"il faut faire 
à celui qui (en) aura besoin, petit ou grand de ceux à qui l'on ordonne n'importe 
quel travail dans notre communauté selon notre vocation. Si quelqu'un a trop 
chaud, que les surveillants y fassent attention; si vraiment il ne peut pas manger 
son pain à la table des frères, qu'il les avertisse de ce que son cœur lui a per- 
suadé en présence de Dieu, afin qu'il n'ait pas de mépris et qu'il ne se distingue 
pas des frères, selon la tradition et la coutume; ni par concupiscence, ni par 
plaisir ne cherchons du vin ou une nourriture différente, mais par nécessité et 
besoin. Et ainsi dans la franchise des lils dont nous parlons, ne buvons pas tout 
ce qu'il nous faut, selon la puissance que nous avons et ce que Dieu fera en tout 
temps. Quand même tous les frères auraient besoin de Tune ou l'autre nourriture, 
selon la loi du cénobitisme, l'homme du couvent la leur donnera avec miséri- 
corde et allégresse. Si Dieu donne la force à ceux qui sont chargés des porcs, 
selon la force qu'il a donnée aux saints dans la fournaise, qu'on ne cherche point 

I. Cad. XP'*^- — -• Cad. epuje. OTe.. — 3. Cod. OTrcTiviie^iA.. — 4. Cod. oTHApoHcie.. — 5. Cod. 



MONUMENTS, ETC. 2']2> 



euqcÊiTcoT evti \Ki><\\ enuwT ne e)<A?V.es. UTU^e UToq eTiiô^ppiiciô.' usslooc !i«e mi\*»,t 

TV-OC 2£.€ '\^2£.0ilT «pHTOTT THpOTT ecei €^U0 ô^ip ^OTO €UJ030iT '\'r>\'ro>X OM pO)fe 

MiM ^M TicT'^ (ToM «dvi Tie;^!^ **^- ^'^^ ue^oofe ou etjuje eôwô.-^ uô^tô. nuoMoc 
nTKOincotiiô». eTOTrevô^û ^u TemcTHAiH - uTMnTpequjMuje uoTTTe uTjtd^evT* Tupu 
«ee ttOTpcoMe noTCOT K^s.T^s. ee eTCH^ 2s.e neiVTevirîVHCTeTre THpoir ueTo ttOTpuT 
ttOTtoT M» oTrv][nr^H noTtOT 2s.eud.c epe nuoirTe cmoit eneMoeiu ivtmotom-^ ^i\ 
OTOTHoq Mil OTTpevuje g^M Tiennes. eToirdid.& ô^tco nje necMOir lywne C2$.o>'j[ 
nqMOTn efcoTV. nqTMOirco ^n OTT^yenn ôsTroo on nc^cMOT on niTi nss-oeic epo)& niM 
eTnnô^oï tootu epooir eô^ô^ir. (pnu) g^coÊ 2s.€ hïm eTeujuje ees.ô^q uô^tô. nenT0)OA<. 
MoipneK.es.ir eoTreooir^ nTe nnoiTTe eiTe ^n TfTi hotwm es.Trco ^n neofemre nTccouie 
Ain nccooT^ Mn T(5'i nujev2i.e Mn nnocMinon €Tnes.TcoMnT epon çi Te^in A\.n nMès. 
A\.npo H neTnnes.£ia)n epevToir eTÊie g^wÊi niM Ain iyex2s.e niAi on otcoot utg 
nnoTTTe encooirn 2s.e oitmc ne nuje>i22-e ctch^ 2S-€ neTnes.'^ eooir nes.i '^hô^'V coott 
nevq. niaes.2s.e ire^p nneupdwc^n nniqe nTe nnoiTTe oen Aie ne ekirw cenooT eAievTe 

une faiblesse pour les échanger avec d'autres frères, selon la tradition. Seulement 
gardons-nous de chercher celui qui est faible pour le trouver et celui qui n'est pas 
préparé, quand même c'est pour l'édification, mais trouvons la franchise de dire 
comme Paul : J'ai enduré tout, la faim, la soif, j'ai été dans une extrême indigence; 
je peux tout en celui qui me fortifie, le Christ Jésus. Ensuite (voici) une autre chose 
qu'il faut faire selon la loi du cénobitisme saint dans la science du service de Dieu, 
agissons tous comme un seul homme selon qu'il est écrit : Tous ceux qui jeû- 
naient n'avaient qu'un cœur et qu'une âme; afin que Dieu bénisse le pain que 
nous mangeons avec joie et allégresse dans le Saint Esprit, que la bénédiction 
repose sur lui, qu'elle dure, qu'elle ne cesse pas promptement et que le Seigneur 
bénisse toute œuvre que nous entreprendrons de faire. Toute chose qu'il faut faire 
selon notre vocation, faisons-la pour la gloire de Dieu, soit le manger, soit le tra- 
vail de champs, soit la cynaxe, soit la conversation avec les mondains qui nous 
rencontrent sur le chemin ou à la porte, ou ceux vers lesquels nous irons pour 
une œuvre quelconque, une parole quelconque; (agissons) pour la gloire de Dieu 
sachant qu'elle est vraie la parole écrite : Celui qui me gloritiera, je le glorifierai; 
car les paroles des Écritures sont vraiment le souffle de Dieu et sont très tîdèles 

I. Cod. eTn&.pç^HCiek. — 2. Cod. çn rcniCTHMÊi. — 3. Cod. ctcoot. 

35 



274 E. AMÉLINEAU. 



€iTe CTÊe «d^uô^eon eiTe CTÊie nuo7V.ô.Cïc d^Tto nTncnoTr2s.ev3e gn pô. np ^co£i niM 
Mïi nMev «oTooujM eTpen2SLC0K eCioTV. nneiaATV. nev nccooT^ mm iiiv ncooTn ncon 
pii ne-yoTrnooire RevTô. nucoT nTROiticoniev ^n OTruofS^ uconc mk OTpiMe euTcoÊi^ 
MnuoTTTe n0.u0.eoc eTpeq^ô.pe^ nô.n cneqnô. mw req^^P^*^ enTô^qne^ce mmou 
HpHTc €Tpeqô.ô.n nfeppe ïi^htc nuecon on Teqô.ï7ô.TiH tiq*)- 5'om nô.n on nen- 
MUT^coq nqTMRô. d.n ecRopRp on nRecon eopô^i ene^ieiT nTMnTd.Me?V.nc nqRev 
TcqpoTe ec2s.epo pM ivenpHT MuepooT Mn TGTTUjn ne^e noiTRCopT eqMOTrp. p^iTn 
T€ipoT€ ud.p nT€ïMinG OTT Monon 2s.e Tnnô^p fcoTV. eTc^epennes. nTces.Te fpn^s.) Mn 
HMô. Mn^'ô.^'p nnoÊipe Mn nujiTie eTMt^p nccouj om ïiMes. Mnecoir ô.7V.7V.d. Tnnd.K- 
'\HponoM€i nneT€ mîig£iô.A nev-y epooir Mne Md.ôw2s.e cotmott MTiOTrô.?V.e eppô^i 
€2SLM TipHT npcoMC nô.ï nTô. nnoiTTG CÊTCOTOTT nneTMG MMoq dvTTCo OM îieiô^icon 
on qnes.;);;;^ô.pi3€ nô.n nnecMOTT nneTOTreves^fe THpoir e2s.n pooCi niM eTnn0.p1 TOOTn 
€pooT €ô.ô.7r eiTe pM n'^Me gitc pn Tccouje ôvirco qnô. caiott enenoenv m\\ iien- 
MOOTT i\ô.Tô. ee eTCHp 2i.e €l\ly^».np^>.pep enenToTVn Mn22.oeic TieRnoTTG ï\nô.ujcoii€ 
€i\cMes.Mè.ô.T pn Tno7y.ic ô^ttco pn tccoujg Mn UReceene ncMOir. eniyd.nT£iÊie ncev 

soit pour les biens, soit pour les châtiments. Soyons soigneux dans tout ce que 
nous faisons et dans la boulangerie, accomplissons les prières, celles de la cynaxe 
et celles des six fois à leurs heures, selon les règles du cénobitisme, avec de 
grandes supplications et des larmes, demandant au Dieu bon quïl nous conserve 
sa pitié et sa grâce en laquelle il nous a éveillés, qu'il nous renouvelle en elle 
une autre fois par son amour, qu'il nous fortifie dans nos faiblesses, qu'il ne nous 
laisse pas nous rouler une autre fois dans les fossés de l'insouciance, quil laisse sa 
crainte embraser notre cœur jour et nuit comme un brasier qui brûle; car par une 
semblable crainte non seulement nous échapperons à la géhenne de feu, au lieu 
où l'on grince des dents et au lieu de la honte remplie de confusion (pour aller) 
au lieu de la gloire, mais nous recevrons en héritage les choses que nul œil n"a 
vues, nulle oreille entendues, qui ne sont entrées dans le cœur d"aucun homme, 
les choses que Dieu a préparées à ceux qu'il aime; et. dans ce siècle, il nous 
donnera aussi les bénédictions de tous les saints en toute chose que nous entre- 
prendrons de faire, soit dans le village, soit dans les champs, il bénira notre pain 
et notre eau selon qu'il est écrit : Si tu gardes les commandements du Seigneur 
ton Dieu, tu seras béni dans la ville et dans les champs; avec toutes les autres 



MONUMENTS, ETC. 273 



MUSsLoeic eviro) epujdwtt nc^^ç^c oirw^ ^m Tie«pcoMe er^igo'^" <^\Tn thictic pu «gm- 
OHT uTH2s.e noirne efcoA ^i c«t€ ^u OTevUô.TiH TOTt tumô^cotm o\\ oi\ ugm- 
Mô<ev2i.e GnnoTTG enTd.qoTr(Ott^ efcoA eqssLCo mmoc 2s.e ueTe MTiuexiTei mmoot 
d.iTes.e)k.Tr nô>.i\ OTeooT Mil OTMnTpMMes.o e«evujcoc. ô^tw cpuîevM uPie^TV. Mne«0HT 
2S.I OTro€ïn nTnoTrds.2^n ncôw nÊiioc MneToires.es.fe mu TiTev2s.po «TeTTnicTic eooTM 
ennoiTTe mm TGTrMnT2s.cocope pti eAi\\.'ic «im totc THMevue».'^ enoTroiyc efcoA 
ïies.&pô>.oe>^M MM icevôsU mm iô^rcoû mm looÊi mm ioochc^ mm as.es.Teiss. mm e^nes. 
TieicoT MTïioiMcoMies. 2i.e M€ OTTei». n€ eev TiMOirTe Tes^g^Aveq ô.qcM07r epot^ ev^MG- 
piTq ô^TTOi es^qTeviyoq GMevTe. 

MToouj M'^- enoTToeie. 
MeTMevMOOuje efeoTV. gi en MMecMHir enpev p ^cofe eTpeTTievpe>^THpei e.TMev'5' 
€TGiyuje eMooujG efeoTV. mm nMei^ir €Teuju)€ e^TcAoïr efeoTV.. eujcone 2s.e TevMes.UKH t€ 
MOTT^tofe €es.es.q H e22.oïvq efeoA McecocK mottrotï (^m. Tipe< p ocofe MMecpe h poToe. 

MMpTpeMeUUe»sl\€I 07r2s.e MUpTpeMRpMpM MOMOM nCCOOTT^ MM nujes. Mïl TlMes. 

bénédictions. Si l'intérieur de la coupe et du plat est nettoyé, l'extérieur sera 
aussi nettoyé selon la parole du Seigneur, et si le Christ habite dans notre homme 
intérieur par la foi, dans nos cœurs, et que nous fassions pousser des racines sur 
le fondement de l'amour, alors nous entendrons de nos oreilles dire à Dieu qui 
se sera manifesté : Ce que tu n'as pas demandé, je te l'ai donné, la gloire avec 
une grande richesse. Et si les yeux de notre cœur sont lumineux et si nous imi- 
tons la vie des saints, la solidité de leur foi en Dieu et leur vaillance en toute 
affliction, alors nous verrons la joie' d'Abraham, d'Isaac, de Jacob, de Job, de 
Joseph, de David et d'apa N., le père du cénobitisme, car il est Tun (de ceux) 
que Dieu a appelés, il l'a béni, aimé et l'a multiplié grandement. 

Règles pour le travail des champs. 

Ceux qui marcheront devant les frères pour travailler, qu'ils veillent à l'heure 

où il faut sortir et à l'heure où il faut les congédier. S'il y a nécessité de faire 

quelque travail et de l'achever, qu'ils prolongent un peu b travail, à midi et le 

soir. Ne soyons pas méchants et ne murmurons pas. Seulement ne négligeons 



I . Mot-à-mot : la dilatation. 



35* 



276 



E. AMELINEAU. 



uoT(OM MTipTpeno.Me7V.ei epooT ^o'^^c. noireem eTpcTrqi TipooTTUj «^wÊi «ïm 
H'f enoToeeie rô^Agoc ^u OT^oTe tiTe nnoTTe. noice udvp exepe JiOTà. noirev 
Hd.ivèvc^ epoTe TieT^iTOTTCoq eqnô^ojwne iid^q née MnenTevcjss-i mr-^-ott n^în^top 
Mil nô. necnd.Tr Mn nd. hottô. eT&e 110.Ï ujiye erpeniywne enpoToeT on pen noiri 
eTMHô. oTpoofe eTd.no £n oirMnTpeq2i.nô.d.Tr. neTnpoce^^ eujAe^ enAiooir eTAV.nev 
nMOOT eÊioon e2s.M neTco Mnepooir oT2s.e TeiruîH evirco eTMnô. oèvp (pne'j mmootp 
eopô.1 eoTriyes.Tc' n ottmô. eqp^oCie es-Trco eTMRô. 7V.es.is.Tr mmô. e£io7V. noireiy ncto om 
neioope eTOTrnes.Tcoq ô^ttco eTMneuj nMooTT enpivuj cnd.Tr. npnTe i»d.p eTepe npô.iy 
cnd.Tr nd.cto eTepe umoott nnuj epooTT Tiô7V.7V.d.ï\ïc OTrn ujoMnT nd.cco €nu}d.nTcooTr 
OTTd. oTTd. nuTMUd. ^d.p MMOOTT enenpd.iy d.Trco eTpeTT'^ othtt eTMnepn Od.p noem 
pn nÊioujHM eTTTco^e Mneio^pe d<7V7V.d. necRT npwTc nTÉio mmôvtc neTpi cnip 2s.e 
nTÛio eTpeTrpd.nTOTr ncd.£ioA nceTpe otthotti noMe d.Md.p^Te mmoott d.Trto ncend.- 
pô.THpeï eneTTOTrepHTe eTMOTeujq ncnqe n(no)eiR. d.Trco epe îimoott MOTn ncessLi 
opd.Tr e2s.i pen kotti nnTHîf ^ï np«viy7V.Hp^. nceMOTrujT nTno5' n&o MMnne ujd. 

ni la cynaxe, ni la fête (?), ni le réfectoire. Que les laboureurs prennent souci de 
tout travail du labourage, bellement (et) dans la crainte de Dieu; car celui qui 
endurera plus de peine que son voisin sera comme celui qui a reçu cinq talents, 
celui qui en a reçu deux et celui qui en a reçu un. C'est pourquoi il faut que 
nous soyons pleins de zèle dans les petites choses et que nous ne laissions rien 
perdre par paresse. Que celui qui est préposé au puisement de l'eau ne laisse 
point l'eau couvrir la terre arrosée, ni le jour, ni la nuit; qu'il ne laisse pas une 
(trop) grande quantité d'eau dans les canaux ou dans un endroit peu élevé; qu'il 
ne laisse aucun endroit du champ qu'il arrose sans l'arroser et qu'il ne partage 
pas l'eau en deux canaux; car comme il y a deux canaux, ainsi l'eau est par- 
tagée, et souvent il y a trois ruisseaux. Si tu arroses avec un seul canal, n'y mets 
pas beaucoup d'eau. Qu'on fasse attention à ne point arracher dans les petits 
canaux c^'iantité de brins de blé plantés dans le champ, mais dans la partie in- 
férieure du canal seulement; pour ceux qui sont sur les côtés, qu'on les courbe 
seulement à l'extérieur, qu'on contienne l'cîau avec un peu d'argile et qu'on veille 
à ne pas briser les brins de blé avec les pieds. Si l'eau cesse, qu'on se hâte de 
placer quelques herbes sur la machine à arroser; que chaque jour on inspecte 

I . Cod. CTtycTC. 



MONUMENTS, ETC. 277 



^OTTU eng^oi MCujôiU oirn os-Mis. Tds.Tre moott e£ioA 11 ottu uTu'f e-4iu.)'\TP miimoot 
H OTTMes. eqp ^peies>' hotthotti «ô^mtco^ h o-thotti ucot h oTMis. e-^oiy mavoot 
Guess. OT&ip «Rd.0 €poq H RG^coÊi eqp uoÊipe eTpeud^d^'^. upM niu »\uoToeiH 
GTpeqMOTiUT MTipô.iyTV.HO MMHue ^u oir^Top ô^TTco iieMô. eqMou^ j\u}Aho epo.\ 
eTpeqTcuj uepcoMe mïi ti€tujAh^ 2$.e u«e nMooir t6.i\o utoot-^ ji2S-Ud.p iy*<t\Te 
HMev GTMOïi^ cco. eK-Tcc^ GnoTToeie on th (sic exit.) 

F. Fragmentiim.'^ 

(iïr=) cou MCii iyes.R^G epooir gtorm en2S-iu2sLH ^eu cou Sii^e ôwup ooto 

dvnes.Tèw ^M nGTOTpoT CTCMOttT ô<ii es-TTCo npô^uje Tiôs-pes. ncqoTOGiuj TTV.-rnH 2^e 
UTOc RevTdv nnoiTTe evirco ii^HÊie oirevTfybM ne CTpe ncpcoMC cTçpc ucoêihtg 
Ain2s.HMioTpuoc o npooTTuj nèK.q h^htott ncooottc enco. euj2SLe iièvnoT TAv.nTi2i«<7V. 
tt^HT ô^TV-Adv ecp ^OTTO CMevTC ^ïi TMttTCô^Êie d^TTco euj2s.e nevnoT TAinTCô^Êie èvA'\ev 
ecujevevTôitt nTMnTis.RGpes.ioc noTToeiiy niM ^pô..i g^n nicirnevucouH nnGT2S-i evpHfc 

le grand canal jusqu'à la digue, de peur que quelque endroit ne laisse échapper 
l'eau, qu'en quelque place il n'y ait besoin d'un peu de paille ou de fumier, que 
des herbes n'empêchent l'eau (de couler), ou qu'il n'y ait quelque endroit où il y 
ait trop d'eau, afin d'y jeter une corbeille de terre, ou pour toute autre chose qu'il 
est bon de faire. Que Vhomme de maison des laboureurs visite chaque jour les 
(lieux) d'arrosage par nécessité, et tout autre lieu qui a besoin d'être arrosé; qu'il 
désigne d'autres hommes avec celui qui arrose, afin que l'eau ne soit point per- 
due violemment, jusqu'à ce que le lieu qui a besoin (d'eau) soit arrosé 

F. Fragment. 

quelquefois tu les trouves tristes sans cause, d'autres fois nous sommes 

trompés à l'excès par leur joie inconvenante. La joie inopportune, c'est le deuil 
selon Dieu; le deuil c'est une impuissance qui fait que l'homme qui prend souci 
des œuvres du démiurge change éternellement. Si la simplicité est bonne, elle 
est abondante en sagesse; si la sagesse est bonne, elle ne manque pas de sim- 
plicité. En tout temps dans les églises qu'on ne prenne rien en prêt, même un 

I. Cod. XP'«^- — 2. L'original se trouve dans la bibliothèque de la mission permanente du Caire. 



278 



E. AxMELINEAU. 



TCTTIMH 2SLeHd.C ttUepCOMe 2S.I OTd. CpOtt ^M TITpC T€TIMH tt^tiekô.'y UJ022.TI «TOOTH 

neuTd. nd.1 ottco equjwne. ô^ttco d.non pwcon enuje><tt2SLi nenciss^oc ennev'^- reqTiMH 
Mnnô.-y eTMMd.Tr. ïitutm'^ d.pH& n7V.evo.Tr x^P^^ OTT^nevevTT eTrnevnTq nevn MTioTre 
H nToq Reevnevc^RH ^n neT^nn epon evTTO) euj2s.e nevnoTrc eoTrnTevn epcoMC n^OTTO 
GOTrnTevTT epon. ne^noTTc e^n on eccopM nn€^nes.ô.Tr nTROinwniôw A\.nnoTrT€ çtêg 
'^pev €£ipev H copT. noooÊi oTTon^ efeoA evTrco neqTcouj cn^ ne^n ^n g^en ReMev. exûe 
necnHTT eTnevMOTr ^pevi n^wTn. noTroeiuj niM eTrnekToujoTT e^en Tii^ion^ €Tp€ 



cnes.Tr npco- (n2s.) Me onoMes.5e i\ô».Tis. cou. eTriyes.nes>uîevi 2s.e on eneooTTo 2sLe ott- 
ptoû eqMun eÊioA ne eTrnes.Tpe p^OTro on onoMô^^e noTToeiuj niM oTTMonon 2SLe 
'^pton €t£i€ neiowÊi CTMTpe pcoMe oêiujott epoq evAT^es. '^5'onT npevo ncon piTM 
neqMRevp npHT eiîSLCo mmoc 2s.e nes.n eTeTnuiTVHTV. n Tev7V.e eTcies. eppe^i p nevi 
Tes-^TT evTTCo nMunp fiioTV.^ enequjcocoT ujes. TenoTT n OTrptoÊi enoTrevujq es.n eô^e^q 
nes.n enes.Me7V.ei ees.e).q i\(^ç.n ROOTre nevuj npe eoTrnoÉie nd.n evn ne. eTÊie 110.Ï neq- 
HpiMes. eppes.1 pï2s.n ncTqo npooTTiy nes.Tr evn pd>.poq eiiyes.2s.e eneTnssLi es.Trco en-^ 

livre ou un vase; mais à l'heure où on les donnera, on recevra leur prix, afin 
que les hommes ne blasphèment pas contre nous, parce que le prix des vases 
reste en nos mains, alors qu'on vient de les vendre. Et nous aussi, lorsque nous 
achèterons quelque chose, nous le paierons sur l'heure. Ne donnons rien en prêt, 
sinon un vase qui vient de loin ou qui est nécessaire à ceux qui se sont appro- 
chés de nous, et si ce qui appartient à l'homme vaut mieux que ce qui est à 
nous : il n'est pas bon de disséminer les vases de la communauté de Dieu. Sur 
la vente des grains et de la laine (?). — La chose est connue et les règles en sont 
écrites pour nous ailleurs. — Sur les frères qui mourront parmi nous. — En tout 
temps on les inscrira sur des tablettes, afin que deux hommes à la fois les men- 
tionnent. S'ils se multiplient à l'excès de sorte que la chose est continuelle, la 
plupart h.-, mentionneront en tout temps. Non seulement je donne un ordre à 
ce sujet, afin que personne ne l'oublie, mais je m'irrite souvent à cause de cette 
triste (chose), disant : Quand même vous prieriez et feriez l'offrande pour cent, 
faites- le vite; et nous n'avons pas jusqu'à présent efîacé (?) sa faute. De même 
quelque chose que nous ne voulons pas faire, et nous négligeons d'en faire 

I. Cod. cirattowM*. — 2. Cod. mr^ion. — 3. Le copiste avait d'abord écrit eûoA, puis il a biffé l'ft. 



MONUMENTS, ETC. 279 



ilMMÔ^T MU OTOtl «IM CT'foei'A.e «pOiOTT ««eUCTtlôwrOiUH eTAVOCU CuTy.'T WQTix 

TioTô». €&o7V. «HCUTevqei ctêhuto-ît es^iroo eeiMe Tes.;)(;^Tr 2s.e CTTOiOM ct&c ot. oti\ 
ueoo5& o« eqTUTCou ctiôvI Avne neq'TocmT qi MMô«.ir ^m tioht MTieTpo)»\ eT&uuT'j 
\^ts. TCïioTT eiuie<2SLe etieTHdiMTon mmoott pu TCTUè^uoiCH çtom n-^MÇ «euuwu 
uptoMC eirpMOOC pô^pTu neTMOOTT lyô^ nuivir exeg^uevu e£i(OK exoMcq ss-c u'40 
es.u upooTiy uô.u î2$.€ ueupÊuiri ccou mmou upoTo enp nMecTre uTdv!iè<riui gt- 

MMÔvTT H UJÔ^ TUiS^TT UTevITU TIOTTCO ni>.\\.. UqpWUJÇ ôwU CTpe UeTMUe^CloTV. p OHT 

ujHM uceePKôvuei u €iy2s.e ueTU- (ne) pfeuire e^Me^pTe mmcotu eneTeuoiTu n€- 
TevqAv.oir MnTencuTd>.irei cuoocq poo£i utoott h utô.u'^ tvevTT MUCTÉie^e u cÊio7V.2SLe 
îieuAV-eeTre ne nô».ï 2SLe is. nuoiTTe uô^noTr 2s.e èvq5'Ai ueiriyiue eujtoTie ceoT02s. 
eAïuouupou exe uèvuj enexeipe mmoott pA\. nuè^ue aimou euuu evu epiA<.e h 
eujôiirueoiie ô.u eueTue^Moir ôv7v7V.ds. muô^i ô^u ne. MnpTpe pcoMe piA\.e ennicToc h 
Ti2s.ii\es.ioc eTues.Moir ou neiTOnoc piMe UToq e^Tco uTernuepue essLU ueTUô».A\.OT 
pu MMUTes.ce£iHc Mn(jepH5' uueTMup €2s.u ueT'^Tie pM n^ToTV. t-jcouh eTO Av.nTV.'j'e 

d'autres! comment ne serait-ce pas un péché? C'est pourquoi son jugement sera 
sur ceux qui n'y prennent pas garde. Je dis à ceux qui vendent et qui achètent avec 
eux et avec quiconque habite près des portes de nos couvents de ne point tarder 
d'achever chacune des choses pour lesquelles il est venu et de savoir prompte- 
ment pourquoi on appelle. Il y a aussi une autre chose qui ressemble à celle-ci et 
qui n'a pas mis de colère dans le cœur de celui qui donne des ordres à ce sujet, 
je veux dire ceux qui se reposeront dans le couvent qui est dans le village. Pla- 
çons des hommes près du mort jusqu'au moment où il nous plaira d'aller 1 en- 
terrer, car nous nous soucions peu que nos œuvres nous entraînent trop à taire 
souvenir de cette nécessité, ou jusqu'au moment où Ton nous apportera la nou- 
velle. Il n'est pas convenable que les absents soient découragés, qu'ils s'attristent 
si vos œuvres vous ont retenus loin de celui qui était vôtre et qui est mort, parce 
que ce n'était pas l'œuvre de ceux qui l'ont enseveli, ou que nous les avons récom- 
pensés, ou que notre pensée est que Dieu a été bon de les visiter, s ils étaient 
purs des péchés que beaucoup commettent dans les ténèbres. Nous ne devons 
pas pleurer et nous lamenter sur celui qui va mourir, cai ce n'est pas colui-ci 
(qui va mourir). Que personne ne pleure le fidèle ou le juste qui meurt ici. mais 
pleurez et lamentez-vous sur ceux qui mourront dans l'impiété du chasseur, qui 



28o E. AMÉLINEAU. 



nMô. noTcoM ep neT^ÛHTe epe trc^Ic otmott ujhm «ô^p ott mmucô. TpeTPRCoTV.^ 
cnccooTTo pi poirpe cTpiTe eTOTeiy qi niptteves^TP euô». Tien\ep^nô.dwTr eppes-i ewirco 
€C(onT GpoT» efeoA pM nMd. cTMMevTT ïtpo-yo enpHir nTGTr\^nr;xi"- ^'^^^ "^^ noirev 
noTô. ttneTnd.ô.MG7V.€ï eTCTrnô.^ic ppô^i «pHTn eiyss.*! d.ttoî\ neT-^- c£i(o nô.T eTMq- 

MMÔ^-y MTl€TepOOT «TOOTq MnSSLOGIC €!€ HeTTRpiMÔ^ eppdvJ €22.001. Gaj2i.e «TOOTT 

nGTOTrd.Mes.pTe mmoott oav. utoom «pHT GTMp UGirp&Hire peveH Ainnev-y d».Trco nce- 
ujcone eTTcÛTCoT gîigujAhTV. €ie nGTRpiMô. eppô^i essLCo- (ner) ott. pen pcoMe ppô>.ï 
npHTtt eT'^ iiA\\T es.Trto e-ypioTe ep^en ujnpe ujhm €TpeTrp Ti€Tp(o& on Tcrnè^^ic 
eires.Me7V.ei 2s.e ooooir eeve»<q eoirn (Tom mmoott ncecoTTCon es.H h eiy2s.e oir7V.eKd.Tr 
dktt Tie nKeud.nuî n m» noirp h nToq «.epcoÊt eneipe MMoq om nMev eTA\.Av.es.ir 
esTTW oirnouHpon ne nneTnevoÊiujoir eô.es.q Kô».Tes. T€nTo7V.H ;)(^wpic ujcone eiy2s.e 
Tnttev2S-i 5b7V. d.n eTMecneviywne. ncon eujevï^p pto& eneiyes-ircd.pq nr^'^ ne^pHT 
epoq 2i.e eHnes.ujoirujoir 2i.e e^ip oir h p ptoÊi niM eTÊie pcoMe. nes.ï 2s.e pcoooq AV.n 

ceignent faussement leurs reins d'une vieille ceinture qui se déchirera à Theure 
de la mort. Si le jour entier ne suffit pas à ceux qui agissent avec négligence 
dans le réfectoire pour faire leur ouvrage et qu il leur faille encore une petite 
demi-heure après qu'on a sonné la réunion du soir, lambinant, voulant dé- 
placer ce vase pour en placer un autre, s'occupant dans ce lieu plus qu'il n est 
utile à leur âme; c'est pourquoi pour chacun de ceux qui négligent la cynaxe. si 
c'est moi qui le leur apprends, ils n'ont point de dette envers le Seigneur, que 
leur jugement soit sur moi; mais si ce sont eux qui dans l'égarement de leur 
cœur se retiennent pour ne point faire leur ouvrage à l'heure (voulue) et ne pas 
être prêts pour la prière, que leur jugement soit sur eux. 11 y a des hommes parmi 
nous qui donnent des coups de poing aux enfants ou qui les frappent, afin de 
leur faire faire leur ouvrage pendant la cynaxe, négligeant eux-mêmes de le faire, 
il n'est pas possible qu'ils agissent droitement. S'il n'y a rien autre chose (à faire), 
il y a les terrains incultes, les cordes ou d'autres choses que nous faisons ici, et 
ce serait mal si nous oubliions de le faire selon la règle, à moins de maladie, si 
nous ne mentons pas; que cela n'arrive pas! Quand tu travailleras à ce dont tu 
auras reçu Tordre, prends garde de te glorifier en disant : .lai fait cette (chose) 
ou j'ai fait toute chose pour l'homme. Cela et d'autres choses dont nous croyons 



MONUMENTS, ETC. 28 1 



Tii^iTeu pHTq Ji eiy2s.e oiru OTTiipMTc uAiutu ^m ncupuT auv uueTonoc exu- 
£M00c MMiKip A\.noTru ues.Ke o« ^hh ennoTrxe. u»epo5ue epuT ope^i «oH7t\ 2c€ 
eiMôwOireM oirHp «ï\7V.es>cMd^ «oeiu MA\.HHe Mnudwir c-^HeKOTTOiM 01 poToe qoictc 
d.c;X;^HMOUH' t\€ uôwTT €Tiei\Aô.cMô. eïiTô.iroMq eupcooT ujcon MM0-4 è<\\ ivô^t^v oc 
iiTô^unevir ô.TVTV.ôv TieTHis.OTr(joiy ecpuT 2g.€ €i«d.0TreM ott emvd^yyi ueT-^tiô^oTOAv-^ 
£^ïi TMd.aje. OTTO»! MiM opô<